Nous sommes l’objet d’une propagande fortement partiale et soigneusement organisée, de ce côté de l’Atlantique, ce qui rend plus que nécessaire la raison, l’objectivité et l’impartialité dans le débat de la politique publique. C’est pourquoi je considère que la création du Global Warming Policy Forum est un important pas dans la bonne direction.

Nous devrions dire en permanence et très haut que le débat actuel sur le réchauffement global fait partie, dans sa substance même, non pas du discours scientifique sur le rôle respectif de myriades de facteurs qui influencent les fluctuations de la température globale, mais bien du débat politique à propos de l’homme et de la société. En cela, je suis d’accord avec le paléo climatologue australien, le Professeur Carter, lorsqu’il dit que nous devrions toujours parler d’un «changement climatique causé par l’homme » qui serait « dangereux » parce que ce n’est pas « le réchauffement en lui-même qui est inquiétant pour nous » (1). Comme R.M. Carter le met en évidence dans son récent livre

« le thème du réchauffement global a depuis longtemps cessé d’être un problème scientifique »(2).

Le débat actuel est un débat de politique publique aux énormes implications (3)]. Il ne s’agit plus de climat. Il s’agit du gouvernement, des hommes politiques, de leurs scribes et des lobbyistes qui veulent plus de pouvoir et de capacité décisionnaire en leur faveur. Il m’apparait que l’acceptation totale du dogme du réchauffement global est devenue la faute principale, la plus coûteuse et la plus anti-démocratique de la génération. La précédente, c’était le communisme.

Le débat a, bien sur, sa dimension scientifique, mais là n’est pas le sujet du débat d’aujourd’hui. Je n’ai pas non plus l’intention des jouer au climatologue amateur. (4)

Ce qui fait partie du débat de ce jour, c’est notre insistance sur le fait indiscutable qu’il existe des hypothèses scientifiques respectables mais hautement conflictuelles sur ce sujet. Ce qu'il nous appartient aussi d’affirmer, c’est notre opposition résolue aux tentatives de clore un débat public aussi crucial pour nous-mêmes et pour notre mode de vie, au prétexte qu’un consensus scientifique massif existe et que nous devons agir maintenant. Ce n’est pas vrai. La liberté de soulever des questions et d’opposer des idées politiquement au goût du jour, ou bien promues dans le cadre de groupes de pression, constitue un élément irremplaçable de notre société démocratique. Ne plus avoir le droit d’agir ainsi serait la preuve que nous avons déjà évolué vers « le meilleur des mondes » d’un ordre post-démocratique. (Je suis tenté de dire que nous en sommes déjà très proches).

Nous avons besoin de l’aide des scientifiques. Ils ne devraient pas se borner à tenter de maximiser les crédits de recherche ou le nombre d’articles revus par les pairs, mais devraient aussi aider les hommes politiques, ainsi que le public, à distinguer les mythes écologistes des réalités. Ils devraient présenter des théories scientifiques et des découvertes pertinentes d’une manière telle que nous puissions décider pour nous-mêmes ce qu’il convient d’accepter et ce sur quoi il faut s’interroger. J’ai essayé de suivre les publications théoriques pendant une paire d’années et je me range résolument du côté de ceux qui disent que

« le dioxyde de carbone est un acteur mineur. Il ne constitue pas la cause principale du réchauffement climatique et en conséquence on ne doit pas accuser l’humanité». (5)

En remontant le temps géologique, Le Prix Nobel de Physique de 1998, Robert Laughlin (6) a dit que

« le changement climatique est quelque chose auquel la Terre procède habituellement sans demander la permission à quiconque », et que, « loin d’être responsable de la dégradation du climat de la Terre, la civilisation ne pourrait pas empêcher la manifestation de tels changements dès lors que la Terre a décidé de les faire" (page 11).

Il ajoute que

«les données géologiques suggèrent que le climat ne devrait pas nous préoccuper excessivement lorsque nous nous fixons sur le futur de l’énergie, non pas parce que ce n’est pas important, mais parce que le problème se situe au-delà de notre pouvoir de contrôle» (p 12).

Ces formules me paraissent plutôt convaincantes.

Notre assemblée n’est pas composée de climatologues ou de scientifiques des sciences de la nature, mais réunit des économistes, des juristes et peut-être également des hommes politiques ou d’anciens hommes politiques qui ont été impliqués pendant des années ou des décennies dans les débats de politiques publiques. C’est pourquoi nous suivons avec intérêt et même avec une plus forte préoccupation le climat politique actuellement dominant, ses partis pris et ses idées fausses, ainsi que ses conséquences politiques dangereuses.

Nombre d’entre nous en sont arrivés à la conclusion que l’argument couramment soutenu de l’hypothèse d’un réchauffement climatique anthropique est très mauvais. Nous savons également que c’est toujours une erreur de choisir une hypothèse scientifique simple, séduisante, attrayante éventuellement, surtout lorsqu’elle n’a pas suffisamment été éprouvée et qu’elle n’est pas exempte de contestation. C’est une faute également de fonder des politiques ambitieuses, radicales et portant loin, sans prêter attention à tous les arguments et à tous les coûts directs et indirects qui y sont associés, ainsi qu’à leur opportunité. Le sentiment que c’est exactement ce qui est en train de se produire m’a poussé à écrire une livre intitulé « Planète Bleue en Péril Vert », publié en 2007, dans lequel j’ai essayé de placer le débat du réchauffement global dans une perspective plus large (7). Un an plus tard, j’ai été extrêmement heureux de recevoir le livre « An Appeal to Reason, ; A Cool Look at Global Warming » (8])) à bien des égards semblable au mien, et écrit par Nigel Lawson.

Nous ne sommes pas du bord dominant, mais en jetant un coup d’œil en arrière, nous pouvons nous permettre d’affirmer que depuis le lancement de la propagande massive du réchauffement global au Sommet de Rio de 1992, et de l’accueil qui lui a été réservée dans le monde entier, divers événements sont intervenus pour inspirer un certain degré d’optimisme :

- La température globale a cessé de s’élever.

- De nouvelles hypothèses expliquant les fluctuations du climat ont vu le jour.

- La réputation de « qualité scientifique » attachée à certaines interprétations majeures de la doctrine du réchauffement global a été fortement ébranlée récemment (l’exemple le plus scandaleux étant celui de la « crosse de hockey », qui constituait la base du troisième rapport du GIEC de 2001).

- La Conférence de Copenhague de décembre 2009 a révélé à tous ceux qui ouvrent les yeux l’hétérogénéité des points de vue et les contradictions manifestes des intérêts en présence.

Pourtant, l’alarmisme du réchauffement global et, en particulier, les mesures de politique publique qui s’y rattachent ont continué leur avance triomphale. Même la récente crise financière et économique mondiale et l’énorme confusion, la peur et l’endettement qui en ont résulté, n’ont pas arrêté cette « longue marche » victorieuse.

Qu’on m’autorise à répéter les trois faits simples dont la plupart d’entre nous, - j’espère -, sont conscients.

Commençons par le fait à long terme que, oui, le climat global moyen change. Personne n’en doute. Il est en train de changer, il a changé autrefois et il changera sans doute aussi dans le futur. Malgré cela, nous devons ajouter que pendant les dernières dix milles années (l’ère de l’Holocène), le climat a été dans une large mesure le même qu’aujourd’hui et que la température moyenne à la surface n’a pas varié de façon significative (10). S’il y a eu une tendance à long terme, ce fut une tendance d’ensemble à un léger refroidissement.

Présenter les changements climatiques que nous avons connus dans les précédentes décennies comme une menace pour la planète et laisser les alarmistes du réchauffement global user de cet argument bizarre en vue de justifier leurs tentatives pour changer considérablement notre mode de vie, pour affaiblir et restreindre notre liberté, pour nous maîtriser, pour dicter ce que nous devons faire et ne pas faire, c’est inacceptable (11).

Leur réussite à influencer des millions de gens raisonnables partout dans le monde est plutôt surprenante. Comment est-il possible qu’ils y réussissent aussi bien ? Et si vite ? Pour les doctrines et les idéologies d’autrefois, il fallait d’habitude plus de temps pour atteindre un tel niveau d’influence et de partage des idées au sein de la société. Est-ce spécifique à notre temps ? Est-ce parce que nous sommes en permanence « branchés » ? Est-ce parce que les idéologies religieuses et métaphysiques ont perdu de leur attrait et de leur pouvoir de conviction ? Est-ce à cause du besoin de combler promptement le vide spirituel d’aujourd’hui, - en relation avec les théories de « fin de l’histoire » - par le recours à une nouvelle « noble cause », telle que sauver la Planète ?

Les écologistes ont obtenu un succès, en trouvant cette nouvelle « noble cause ». Ils essaient de limiter la liberté de l’homme au nom de « quelque chose » de plus important et de plus noble que nos vies terre à terre. Pour quelqu’un qui a passé la plus grande partie de sa vie dans la « noble » époque du communisme, il est impossible de l’accepter.

Le deuxième fait indiscutable, - mis à part les problèmes bien connus de mesure et de collecte de données (12) -, est que les cent cinquante années passées, ce qui constitue une échelle de temps moyenne en climatologie, ont vu se succéder des alternances de réchauffement et de refroidissement de la température moyenne globale, avec une faible tendance résultante au réchauffement. C’est une tendance qui existe depuis que la Terre est sortie du Petit Age glaciaire, il y a environ deux cents ans (du moins en ce qui concerne l’Hémisphère Nord, vu qu’il n’existe pas de données disponibles pour l’Hémisphère Sud) (13).

Nous savons également que cette tendance générale a été plusieurs fois interrompue, un important exemple étant la période allant des années 1940 au milieu des années 1970, une autre étant celle des dix ou douze dernières années. Le réchauffement des 150 dernières années est modeste et tout porte à croire que le réchauffement à venir et ses conséquences ne seront ni dramatiques, ni catastrophiques. Cela ne semble pas être une menace qui exige notre intervention.

Le troisième fait est que la quantité de CO2 dans l’atmosphère fluctue dans le temps. Parfois elle précède l’augmentation de température et parfois elle lui succède. Et, abstraction faite des problèmes nés de séries de données chronologiques en partie non compatibles, nous enregistrons au cours des deux derniers siècles une quantité croissante et d’origine principalement anthropique de CO2 dans l’atmosphère. La concentration est passée de 284,7 ppm en 1850, à 310,7 en 1950 et à 387,3 en 2009 (14).

Il n’est nul besoin de se quereller sur ces faits là. La controverse commence lorsqu’on est confronté à une doctrine qui clame que la coexistence de changements climatiques, d’augmentation de températures et d’ajouts anthropiques de CO2 dans l’atmosphère, - et cela dans un intervalle de temps relativement court-, est une preuve de relations de cause à effet entre ces phénomènes. Pour autant que je sache, de telles relations n’existent pas (15). C’est pourtant cette revendication qui constitue la base de la doctrine écologiste.

Il ne s’agit pas d’une nouvelle doctrine (16). Celle-ci a existé sous des dénominations différentes et des formes variées, et s’est manifestée pendant des siècles, toujours basée sur l’idée que le point de départ de notre réflexion devait être la Terre, la Planète, ou la Nature, et non l’Homme ou l’Humanité (17). Elle a toujours été assortie du projet que nous devions revenir à l’état originel de la Terre, préservée des atteintes que nous, les humains, lui faisons subir (18). Les adeptes de cette doctrine ont toujours considéré que nous, le peuple, nous étions un élément étranger (19). Ils oublient qu’il est insignifiant de parler d’un monde sans peuple, parce qu’il n’y aurait alors personne pour en parler. J’ai noté dans mon livre que

« si nous prenons au sérieux le raisonnement des écologistes, nous constatons que le leur est une idéologie contre l’humanité » (p. 4).

Il est inacceptable de réduire l’interprétation de la cause de toutes sortes de changements du climat et du réchauffement global à une seule variable, le CO2, ou à une petite proportion d’une variable, la part de CO2 produite par l’homme. Le rationalisme le plus élémentaire, et mon expérience multi-décennale des modèles économétriques et des analyses statistiques d’hypothèses scientifiques, me disent qu’il n’est pas possible d’aboutir à des conclusions solides basées sur la simple corrélation de deux séries chronologiques (ou de plusieurs séries). De plus, il apparait dans le cas considéré qu’une telle corrélation simple n’existe pas. L’augmentation de température globale a débuté il y a environ 150 ans, mais les émissions humaines de CO2 n’ont pas commencé à croitre de façon manifeste avant les années 1940. Les changements de température se sont également produits à plusieurs reprises dans un sens inverse à celui suggéré par la tendance des émissions de CO2 (20).

La Théorie est un élément crucial, et, en l’occurrence, elle est absente. Une simple analyse statistique n’explique ni ne confirme quoi que ce soit. Deux scientifiques chinois, Guang Wu et Shaomin Yan, ont publié une étude (21) dans laquelle ils ont utilisé le modèle de la marche aléatoire pour analyser les fluctuations de la température globale au cours des 160 ans passés. Leurs résultats, plutôt désagréables pour les alarmistes du réchauffement global, montrent que le modèle de la marche aléatoire colle parfaitement aux changements de température. Parce que, disent-ils,

« le modèle de la marche aléatoire est en cohérence parfaite avec la température enregistrée…il n’y a aucune nécessité d’inclure divers facteurs d’origine humaine tels que le CO2, et des facteurs non humains tels que le soleil » pour améliorer la qualité du modèle.

C’est là un résultat important. Est-ce que d’autres modèles donnent une meilleure concordance ? je n’en ai vu aucun (22).

L’insoutenable argument qu’il existerait une relation causale simple, une simple relation fonctionnelle, entre la température et le CO2 d’origine humaine n’est qu’une partie de toute l’affaire, et seulement un des dogmes de l’écologisme (23). L’autre partie, et ce n’est pas l’aspect le moins important de cette doctrine, est la revendication qu’il existerait une relations très forte et exclusivement dommageable entre la température et son impact sur la Nature, sur la Terre et sur la Planète.

L’ambition originelle coutumière était de sauver la Planète dans l’intérêt des êtres humains, mais on constate maintenant que cet objectif est devenu de moins en moins important. Nombre d’écologistes ne se préoccupent pas du sort du peuple. Ils veulent sauver la Planète, pas l’humanité. Ils parlent de la Nature, et pas des hommes (24). Pour ces gens là, le raisonnement économique raffiné que nous proposons est hors de propos.

Seuls quelques uns d’entre eux s’intéressent au peuple. Ce n’est qu’avec ceux-ci qu’on peut prendre en considération un débat sur la discrimination inter-générations et sur la solidarité, ainsi que sur l’importance des taux d’actualisation à utiliser dans n’importe quelle analyse. Là, seulement, l’économiste peut utiliser certains de leurs concepts (25). Le taux d’actualisation injustifiable utilisé par les écologistes (en particulier dans le rapport Stern (26)) a été, pour moi, la motivation initiale à entrer dans le débat (27).

Le chapitre IV de mon livre est consacré à l’importance d’une actualisation pertinente. Nigel Lawson a produit quelque chose de très similaire dans son chapitre 7 sous le titre « Actualisons le Futur : Ethique, Risques et Incertitude ».

Pour lui,

« le choix d’un taux d’actualisation est critique dans la formulation de politiques qui auraient une sens, et qui manifestement n’en ont pas ».

Je suis d’accord avec son affirmation :

« avec un taux d’actualisation plus élevé, l’argument pour une action radicale contre le réchauffement global s’effondre complètement » (p 83) 28.

De nombreux économistes sérieux soutiennent la même chose, et sont pour l’utilisation de taux d’actualisation plus élevés. Le Professeur Murphy, de l’Université de Chicago (29), déclare avec fermeté :

« nous devrions utiliser le taux du marché comme taux d’actualisation, parce que c’est le coût présent de l’atténuation du changement climatique ».

C’est ce dont ne veulent manifestement pas N. Stern et d’autres. Ils pensent en termes éthiques infondés, et ils ont tort. Nous ne nions pas que si la tendance actuelle continue, la hausse des températures fera des gagnants et des perdants. Même si l’impact total s’avérait négatif, - ce dont je ne suis pas convaincu -, l’actualisation judicieusement déterminée pour le futur garantira que la perte de valeur dans les années qui viennent seront trop faibles pour que la génération actuelle s’en soucie.

Comment est-il possible que tant d’hommes politiques, leurs lourdes bureaucraties, d’importants groupes de l’Establishment scientifique, un important segment du monde des affaires et presque tous les journalistes aient une vision différente des choses ? La seule explication raisonnable est qu’ils ont déjà trop investi dans l’alarmisme du réchauffement global, sans avoir suffisamment prêté attention aux arguments. Certains craignent que leur réputation politique et professionnelle ne souffre de la chute de cette doctrine. Les hommes d’affaires espèrent en tirer fortune et ne sont pas disposés à la rayer d’un trait de plume. Tous ont des acquis très tangibles là dedans. Nous dirions haut et fort : cette coalition d’intérêts particuliers puissants nous met en danger.

Notre intérêt réside, ou devrait résider, dans une société libre, démocratique et prospère. C’est la raison pour laquelle nous devons nous dresser contre les tentatives de sape dont elle est l’objet. Nous devons nous préparer à n’importe quel type de changement climatique à venir (y compris un refroidissement), mais nous n’accepterons jamais la perte de notre liberté.

Václav Klaus, Conférence annuelle de la Global Warming Policy Foundation, Londres, 19 octobre 2010. Traduit par Jean-Michel Bélouve

NOTES

1 Point soulevé dans une correspondance privée, 27 juillet 2010

2 R. M. Carter, Climate: The Counter Consensus, Stacey International, London, 2010; p. 148.

3 Gregory Melleuish a raison de dire que « le changement climatique est devenu un problème seulement parce qu’on a vu en lui une implication politique pratique ». (p. 9). G. Melleuish, “The Dubious Future of History,” Quadrant, May 2010.

4 Il n’est pas facile de dire qui est ou qui n’est pas climatologue ou expert du changement climatique et du réchauffement global. Ross McKitick a dit que « il n’existe personne qui soit un ‘expert’ du réchauffement global, parce que personne n’est capable de maîtriser tous les sujets qui s’y rattachent. Sur le thème du changement climatique, tout le monde est amateur sur de nombreux sujets, si ce n’est pas sur la plupart des sujets ». (note de R.M. Carter “The Futile Quest for Climate Control,” Quadrant, November, 2008, p. 10; ). Dans un livre publié récemment, « Climat : le Contre-Consensus » (2010), le Professeur carter suggère que « les scientifiques qui étudient la changement climatique viennent d’un large éventail de disciplines », qu’il «  regroupe en trois catégories » (p 22). Il affirme que « la plupart des alarmes scientifiques sur les dangers du changement climatique sont engendrées par des scientifiques modélisateurs en météorologie, tandis que de nombreux géologues (mais pas tous) ne voient aucun motif d’alarme lorsque l’on compare le changement climatique moderne à l’histoire du climat » (p. 23). Cette classification parait utile.

5 Einar Vikingur, “Carbon and Our Climate”, Quadrant, May 2010, p. 79; w

6 Robert B. Laughlin, “What the Earth Knows”, The American Scholar, Summer 2010.

7Version originale Tchèque du livre: Modrá, nikoli zelená planeta. Co je ohroženo: klima nebo svoboda?, Dokořán, Prague, 2007. Version anglaise: Blue Planet in Green Shackles. What is Endangered: Climate or Freedom? Competitive Enterprise Institute, Washington D.C., 2008.Le livre a été publié dans 16 pays et en 16 langues. L’année dernier, j’ai rassemblé un recueil de mes textes consacrés à ce sujet, Blue Planet Endangered, Dokořán, Prague, 2009 (en langue tchèque).

8 Duckworth Overlook, London, 2008. J’ai écrit la préface de son édition tchèque, lancée peu après sa publication en anglais (Vraťme se k rozumu, Dokořán, Prague, 2009).

9 Ce fut récemment discuté de manière convaincante par B.D. McCullough et Ross McKitrick (“The Hockey Stick Graph”, Fraser Forum, No. 2, 2010) et par John Dawson (“The Tree Ring Circus”, Quadrant, July-August 2010 ). John McKitrick a écrit que « la Crosse de Hockey résultait d’une approche pseudo-scientifique, d’une sélection défectueuse de données, d’une méthodologie statistique douteuse, de mathématiques viciées, d’un processus pervers de révision par les pairs, d’une campagne de propagande frénétique et de mécanismes de soutenance sans scrupules » (p 22)

10 C’est spécifiquement vrai pour les latitudes moyennes de l’hémisphère nord. Il n’y a pas de données suffisantes pour l’hémisphère sud et il est nécessaire de distinguer entre les régions tropicales et polaires.

11 Il est juste de dire que les écologistes veulent contrôler non seulement nous-mêmes, mais également le climat. Dans son immodestie, son arrogance et son irrationnalité, la théorie du climate control (le terme exact forgé par Ray Evans) me rappelle les ambitions des planificateurs centralistes communistes pour contrôler la société tout entière. R. Evans, “The Chilling Costs of Climate Catastrophism,” Quadrant, June 2008, dans lequel il argument que les “réchauffistes” essaient d’introduire un tel “degré de contrôle sur nos existences, qui reste sans précédent hors du temps de guerre » (p. 12). Cette idée est développée dans son “Laputans in Retreat”, Quadrant, juillet-août 2010; ). Il parait utile de répéter ce que j’ai dit lors d’une conférence à Palm Beach, Floride, plus tôt cette année : « Il y a nombre d’arguments qui suggèrent que la véritable menace pour notre société n’est pas le réchauffement global lui-même. La véritable menace survient lorsque les hommes politiques se mettent à manipuler le climat et nous tous » dans “Global Warming Alarmism is a Grave Threat to our Liberty”, Club for Growth Economic Winter Conference, Palm Beach, Floride, 5 mars, 2010.

12 Selon l’Organisation Météorologique Mondiale il n’y a que 1311 station météorologique qui fournissent des données de surface. Cela signifie qu’il y a 132000 km² par station, principalement dans des villes. Les thermomètres existent depuis plusieurs siècles, les ballons sonde métérologiques depuis un demi-siècle et les mesures par satellites depuis 30 ans, et la compatibilité des données est très douteuse. Il n’y a aucune chance de créer des conditions « ceteris paribus ».

13 Cette ère plus froide d’approximativement quatre cents ans a suivi la période de l’Optimum Médiéval de la première partie du dernier millénaire. Cette période chaude se situait en période préindustrielle, ce qui apparait absolument crucial pour nous et notre argumentation. Cela rend l’impact du CO2 sur la température difficile à défendre.

14 Les données relatives au CO2 proviennent de l’Institut de Physique de l’Université de Berne, de l’Organisation de la Recherche Scientifique et Industrielle du Commonwealth, en Australie, et de l’Administration Nationale Océanique et Atmosphérique (NOAA) aux USA.

15 L’argumentation la plus complete à rejecter cela se trouve dans S. F. Singer et al. (Climate Change Reconsidered. The Report of the Nongovernmental International Panel on Climate Change, The Heartland Institute, Chicago, 2009), in I. Plimer (Heaven and Earth: Global Warming, The Missing Science, Connor Court Publishing, Australia, 2009), in R. M. Carter (Climate: The Counter Consensus, Stacey International, London, 2010), in the Czech scientist M. Kutílek (Racionálně o globálním oteplování /Rationally about Global Warming/, Dokořán, Prague, 2008; and in his recently published Facts About Global Warming: Rational or Emotional Issue? Catena Verlag GmbH, Reiskirchen, September 2010), et dans bien d’autres livres, articles et études.

16 L’écologisme est quelque chose de différent de l’écologie. Mais l’écologie elle-même est une science dérivée (R. Nelson) et peut être considérée comme science seulement dans un « sens classificatoire ». Elle n’est parfois que de la « poésie scientifique » truffée d’équations mathématiques.

17 On peut trouver une excellente discussion de cet aspect du débat chez Robert H. Nelson “Ecological Science as a Creation Story''”, The Independent Review, vol. 14, no. 4, Spring 2010, pp. 513-534.

18 Pour croire en cela, il faut être une personne dotée d’une foi quasi-métaphysique dans l’existence du Jardin d’Eden originel (La Terre préservée des hommes), dans la chute de l’homme de ce jardin, en la fin des temps à venir à cause des hommes qui l’ont dégradée par leurs activités économiques fondée sur leurs insatiables exigences, et dans la nécessité d’un renouveau spirituel de nous tous comme la seule voie pour sauver la Terre. Cela peut être une croyance, et même respectable pour un individu, mais impossible et indigne de respect lorsqu’il s’agit de politique publique.

19 Certains auteurs (ex. E. O. Wilson) vont jusqu’à suggérer que « les humains sont les vecteurs d’un holocauste des autres espèces de la Terre ».

20 Les écologistes ont également réussi à changer la méthode scientifique habituelle. Alors que l’hypothèse nulle serait que les changements climatiques observés aujourd’hui sont d’origine naturelle, les alarmistes du réchauffement global inversent la procédure. Ils nous obligent à réfuter leur hypothèse de changements climatiques d’origine humaine (cf Carter, 2010, ch. 6). Il est difficile de réfuter une relation qui n’existe pas.

21 “Fitting of Global Temperature Change from 1850 to 2009 Using Random Walk Model,” Guangxi Sciences, Vol. 17, No. 2, mai 2010, pp. 148-150.

22 Il existe, et ce n’est pas surprenant, une très bonne prevision de temperature faite par un modèle de prévision naïf qui se base sur l’idée que la température de l’année qui suit restera la même que celle de l’année qui la précède (cf Carter, pp. 128-129).

23 Les écologistes, en outre, oublient très souvent que leur relation hypothétique n’est pas linéaire (ou exponentielle), mais qu’elle est logarithmique et que, - je cite le rapport 2001 du GIEC-, « chaque augmentation unitaire de dioxyde de carbone exerce un réchauffement plus faible ». Ceci n’est pas la déclaration d’un négationniste climatique. C’est celle du GIEC.

24 Le titre d’une des bibles de l’écologisme, « Thinking like a Mountain », écrit il y a plus de six décennies par l’auteur américain Aldo Leopold prouve cela de façon tout à fait convaincante.

25 V. Klaus, D. Tříska, “Ke kritice používání konceptu solidarity a diskriminace v intertemporální analýze tzv. globálních problémů” (To the Critique of Using the Concepts of Solidarity and Discrimination in the Intertemporal Analysis of so called Global Problems), Politická ekonomie, No. 6, 2007. Document in langue tcèque, disponible ici http://media.klaus.cz/files/kekriticepouzivani.pdf . (pdf, 400kB)

26 Le Rapport Stern sur l’Economie du Changement Climatique, 10 octobre 2006.

27 Une pareille motivation découle du débat à propos des droits de générations futures, excellemment résumé il y a peu par O. M. Hartwich, “The Rights of the Future,” Policy, Vol. 25, No. 3, 2009; . J’acquiesce à sa proposition : « avons-nous l’obligation de laisser aux générations futures un éventail spécifique de ressources ? Ou bien devons nous simplement faire nos meilleurs efforts pour leur laisser une société libre et prospère au sein de laquelle ils pourront exercer leurs propres choix ? » (p 8). Remarque pertinente ! Il ne s’agit pas seulement de ressources, mais de prise de décision inter-temporelle en général. Je suis également convaincu que la meilleur chose que nous puissions faire maintenant est de léguer à nos successeurs une société démocratique et libre.

28 J’aime en particulier son rappel du Bleak House de Charles Dickens et de Mrs Jelleby, le soi-disant « philantrope télescopique » qui tente d’aider à distance, mais néglige ses propres enfants. J’aime aussi sa remarque que, en demandant un taux d’actualisation plus élevé, « Ce n’est pas que nous ne nous souciions pas des générations lointaines. C’est que nous nous soucions bien de la génération actuelle et de nos enfants » (p. 83).

29 K. M. Murphy, “Some Simple Economics of Climate Change,” communication à l’Assemblée générale de la Société du Mont-Pèlerin, Tokyo, Septembre 2008.