Le 30 mars 2010 : Le mythe du crédit bon marché - séminaire avec Guido Hülsmann
Par Institut Turgot le lundi 6 septembre 2010, 16:40 - Réunions - Lien permanent
Quelles sont les propriété macroéconomiques du crédit et de la finance ? De quelles façons et dans quelles conditions contribuent-ils au progrès et à la croissance ? Tel était le coeur de la conférence donnée par le professeur Guido Hülsmann de l'Université d'Angers le 30 mars dernier, dans le cadre des activités du séminaire monétaire piloté par Philippe Simonnot.
Guido Hülsmann appartient à l'école économique autrichienne. Il est notamment l'auteur d'une monumentale biographie de Ludwig von Mises. Senior Fellow au Mises Institute, il a publié, il y a deux ans, un petit livre sur la déflation qui est en soi un petit bijou tant il court (avec raison) à contre-courant des idées écononomiques conventionnelles. Il prépare actuellement la parution d'un nouvel ouvrage sur les fondements intellectuels d'une réforme monétaire.
Guido Hülsmann ouvre sa conférence en faisant observer que, paradoxalement, aucun manuel n'offre véritablement de théorie économique du crédit. De même pour la finance, dont on décrit généralement les outils, mais sans expliciter quels avantages globaux (macroéconomiques) celle-ci apporte à la collectivité.
C'est cette lacune qu'il s'efforce de combler, en procédant en deux temps. Dans un premier temps il présente (et discute) une liste de cinq arguments qui donnent une explication acceptable des avantages productifs qui sont liés à l'usage du crédit . Dans un second temps, il reprend et démolit toutes les fausses thèses qui soit parent le crédit de toutes les vertus et conduisent à construire des pyramides de sable, soit au contraire voudraient nous faire croire que l'on pourrait ainsi échapper à toutes les contraintes de l'argent.
On notera au passage une critique dévastatrice des thèses Schumpétériennes qui sont aujourd'hui de nouveau si à la mode. On y trouvera aussi une explicitation de la contribution que les nouveaux instruments complexes de la finance contemporaine, aujourd'hui tant décriés, apportent à l'économie globale.
De manière générale, Guido Hülsmann met en garde contre toutes les croyances qui voudraient nous faire croire que de généreuses politiques de crédit liées à des actes de violation ou de violence à l'encontre de certains droits de propriété pourraient, d'une manière ou d'une autre, jamais favoriser la croissance.
Commentaires
La Banque des Règlements Internationaux vient de détruire le peu de crédibilité qui restait aux "stress tests" des banques européennes.
La Banque des Règlements Internationaux vient de montrer que les "stress tests" des banques européennes, c'était du pipeau.
Prenons l'exemple des banques françaises :
1- Les "stress tests" prétendaient que les banques françaises possédaient 4,9 milliards d'euros de dette portugaise : la Banque des Règlements Internationaux montre que c'était en réalité 15,1 milliards d'euros !
2- Les "stress tests" prétendaient que les banques françaises possédaient 11,6 milliards d'euros de dette grecque : la Banque des Règlements Internationaux montre que c'était en réalité 20 milliards d'euros !
3- Les "stress tests" prétendaient que les banques françaises possédaient 6,6 milliards d'euros de dette espagnole : la Banque des Règlements Internationaux montre que c'était en réalité 34,7 milliards d'euros !
Lisez cet article :
Le Wall Street Journal a également cité un économiste de Royal Bank of Scotland, qui a estimé incompatibles les montants de titres de dette publique détenus par les banques européennes tels que les comptabilise la Banque des règlements internationaux (BRI), et tels qu'ils apparaissent dans les tests.
D'après la BRI, les banques françaises détenaient, au 31 mars 2010, 35 milliards d'euros de dette de l'Etat espagnol et 20 milliards d'euros de dette de l'Etat grec.
Or, selon les tests, quatre banques représentant près de 80 % des actifs du secteur (BNP Paribas, Crédit Agricole, Natixis et Société Générale) n'en détenaient respectivement que 6,6 milliards d'euros et 11,6 milliards d'euros.
Seules sept des 91 banques européennes soumises à ces tests censés vérifier leur solidité financière avaient été recalées, dont cinq caisses d'épargne espagnoles, une banque allemande fortement investie dans l'immobilier, et une banque grecque.
"Nos conclusions mettent à mal un but essentiel des tests de résistance, à savoir de rassurer les investisseurs et les banquiers dans le monde entier quant à la santé du système financier européen", a affirmé le Wall Street Journal.
http://www.google.com/hostednews/af...
Vraiment très intéressant .
C'est vrai que la notion de financement a phagocyté celle de crédit, mais la crise oblige à le revisiter puisque là se trouve la logique de la production monétaire.
C'est vrai que le keynésiannisme et la tendance actuelle pourrait être considérée comme néo-mercantilisme. A cette différence près que le mercantilisme était pensé dans un système à monnaie pleine (monnaie étalonée, gagée, marchandise, en quantité finie) . C'est à dire que même si on privilégiait la dépense comme moteur, et non plus la constitution difficile d'une épargne, on restait quand même dans une logique où le crédit restait couvert par une épargne préalable.
Le néo-mercantilisme va plus loin , grâce à la progressive disparition d'une couverture en marchandise de la monnaie . Car en 2 siècle la monnaie mute et devient une dette qui circule : l'absence de gage ou de couverture de droit en un bien quelconque n'est compensée que par la force de la loi qui impose sa circulation , et améliore ainsi la confiance dans son utilisation.
C'est donc la société elle même qui fixe la quantité et le niveau des signes monétaires dont elle estime avoir besoin.
A partir de ce moment là , le crédit prend le pas dans les raisonnements : production et consommation , les deux actes fondamentaux de l'économie ne doivent pas être soumis à la rudesse d' une épargne préalable en forme de monnaie gagée, mais être fixés par le niveau général de l'activité et donc de l'emploi et de la richesse, qu'on souhaite (donc le plus haut) : si l'épargne fait défaut et bien on fait fonctionner le pur crédit ex-nihilo.
Dans ce système le crédit , bien entendu, l'épargne existe toujours (le fait qu'il ne s'agisse que d'un crédit/dette qui s'épargne et non plus d'une monnaie marchandise ne change rien) et cette épargne finance l'économie et l'investissement , soit directement, soit par prêt , soit par du crédit basé sur des immobilisation à court terme. Mais la nouveauté c'est que le pur crédit ex nihilo vient peu à peu fonctionner comme un volant régulateur qui prime et qui impose une autre logique. On dirait , mais c'est un autre problème- que l'épargne se place dans un système dominé par le crédit , on peut même presque dire que les mécanismes d'épargne suivent le crédit à postériori : de sorte qu'on a l'impression de vivre dans une société qui passe son temps à rembourser ses dettes , alors que ce n'est que de l'épargne différé -et aussitôt détruite- , mais cette impression d'être plumé est bien réelle lorsqu'on regarde le coût des intérêts cumulés versé au système bancaire. Mais je digresse.
Bref, lorsque Hulsmann parle d'un bon crédit qui serait 'couvert' par de l'épargne et d'un mauvais crédit qui ne le serait pas et qui aurait une tendance à détraquer le système ... même si je comprends ce qu'il veut dire, je n'en comprend pas l'articulation .
Le crédit couvert n'est jamais complètement couvert (où alors c'est un prêt classique et c'est du crédit au sens large) , et même , juridiquement, le lien n'existe pas : l'intermédiation est un procédé un peu magique qu'il est difficile de saisir surtout lorsqu'on débat du cas extrême des dépôts à vue : comment soutenir que juridiquement et comptablement , comme semble le penser Hulsmann, un dépôt devient propriété du banquier ? D'ailleurs la banque ne finance pas ses pertes sur les dépôts mais sur ces fonds propres, et lorsqu'elle fait faillite elle ne peut plus vous rembourser votre dépôts parce que la valeur de sa propre monnaie s'est évanouie, et pas parce qu'elle l'aurait perdu ou même pris.
Bref, lorsqu'un crédit est accordé d'ailleurs , la problématique de son financement , et donc de son éventuelle couverture, ne se pose que statistiquement et ne se posera pas entièrement , pour la banque émettrice, puisque qu'un partie sera financé par elle même (la partie du crédit qui , bien que circulant, ne sortira pas de la banque) , et une autre partie fera l'objet de compensation interbancaire ... C'est plus un problème de trésorerie que de couverture même si la trésorerie est une forme de couverture.
Dans ces conditions le crédit non couvert que Hulsmann appelle fiduciaire (?) si j'ai bien compris, me paraît difficile à saisir.
Au total , le bon et le mauvais crédit sont intimement mêlés , difficile donc de les traiter concrètement.
Mais , de plus, si le crédit était entièrement couvert et ne résultait que d'une sorte d'épargne ou d'immobilisation de signe monétaire, je ne vois pas trop comment la monnaie ferait pour exister : il faut bien au départ , puisque nous vivons dans un système ou la monnaie est un crédit qui circule , un crédit monétisé , qu'un système de crédit non couvert soit le moteur.
Bon, si quelque chose m'a échappé -la chose est envisageable- signalez-le moi ! ;)