Contre le mariage gay et la reconnaissance juridique de l'homoparentalité
Par Jean Tevilo le jeudi 1 mars 2012, 11:25 - Article - Lien permanent
Puisqu'il est question de placer "les valeurs" au centre de la campagne électorale, eh bien discutons-en - même si cela implique d'aborder des sujets politiquement incorrects !
Depuis une douzaine d’années on a pris l’habitude d’utiliser les termes d’homosexualité ou d’hétérosexualité à tel point que personne ne parle plus de d'orientation sexuelle normale ou d'orientation sexuelle déviante. Certains sympathisants de la cause homosexuelle refusent en effet l’emploi du terme « normal » quand il s’applique à la sexualité, ne tolérant pas que l’on puisse porter un jugement sur les orientations sexuelles et donc, en particulier, réfléchir au sujet du mariage gay et l’homoparentalité.
Autre transfert de vocabulaire : le terme "couple" s’est imposé pour les homosexuels alors que le mot "paire" s’applique mieux à la vie en commun de deux personnes de sexe identique. Le fait que le couple et la paire unissent chacun deux êtres ne justifie pas que l’on use du même terme, entraînant de ce fait une confusion qui n'est pas innocente.
Il est à noter que l'utilisation du mot paire éviterait que les gens en couple se voient préciser qu'ils forment un couple "hétérosexuel", alors qu'ils sont un couple normal ou, plus simplement, un couple.
L'égalité
Objectivement l'union d'un homme et d'une femme est substantiellement différente de l'union entre deux hommes ou entre deux femmes. On ne peut donc donner un même nom, en l'occurrence "couple"? ni surtout un même statut juridique, en l'occurrence le "mariage", à ces deux types d'unions, sauf à considérer que l'homme est identique à la femme.
Le principe d'égalité ne peut s'appliquer qu'à des choses identiques. L'homosexualité est le rejet de l'altérité sexuelle alors que l'hétérosexualité fait vivre la complémentarité sexuelle. Ce sont donc deux comportements incompatibles.
La loi et le mariage
Le mariage n’a pas été créé pour permettre au législateur de remettre en cause la liberté individuelle en se préoccupant de sexualité récréative, homo ou hétéro, ni pour s’occuper d’amour. Le maire n’a d’ailleurs pas à demander aux futurs époux s’ils s’aiment ou non. Il ne leur demande pas non plus leur orientation sexuelle. Cette dernière, quelle qu'elle soit, ne confère aucun droit.
A la base de la vie, et du mariage, se trouve la différenciation sexuelle. Aucune autre relation ne contribue au bien commun autant que l'union entre un homme et une femme. La loi reflète cette réalité en consacrant par le mariage l'alliance d’un homme et d’une femme.
Le mariage ne crée pas une injustice envers les personnes qui sont incapables d’établir une relation complète avec le sexe opposé. Il n'y a pas égalité biologique entre un comportement hétérosexuel et un comportement homosexuel. Malgré le chantage à l'homophobie, le législateur n’a pas à modifier le mariage, d’autant plus qu’avec le mariage, le plus souvent, un tiers est concerné : l’enfant
L’enfant
Le législateur, par le mariage, propose un cadre au couple afin de l’aider à se stabiliser et à protéger ainsi l’enfant né ou à naître. S’il est exact que des homosexuels peuvent avoir la charge d’enfants, la demande de reconnaissance juridique de l’homoparentalité comme une forme de paternité apparaît inintelligible, l'enfant ayant un état civil et donc un régime juridique clair.
S’agissant d’homosexuels cette reconnaissance juridique de la vie à deux n’offre pas plus de pertinence qu’une reconnaissance juridique de la vie à trois, quatre ou cinq. Si l’on autorise l’adoption d’un enfant par deux hommes ou deux femmes, on ne voit pas pourquoi l’on refuserait un cadre juridique à 2 hommes et 3 femmes qui souhaiteraient élever un enfant ensemble : ce serait la destruction volontaire de la cellule familiale sur laquelle repose une grande partie du pacte social des sociétés durables.
L'adoption
Une fraction du lobby homosexuel souhaiterait assimiler le couple avec enfant et une paire d ' homosexuels élevant un enfant. En effet l’apparence de ces derniers se rapproche de celle du couple normal. Les demandes d’accès au mariage et à l’adoption peuvent de ce fait apparaître comme destinées à faire oublier le caractère spécifique de l’homosexualité. L’enfant deviendrait alors un moyen mis au service d’une cause qui n’est pas la sienne. Cette instrumentalisation de l'enfant au profit des parents adoptifs pose un vrai problème d'éthique.
De même les maltraitances d'enfants doivent être sanctionnées si des parents sont indignes. Les enfants placés dans une famille d’adoption doivent y retrouver le père et la mère qui leur manquent. On ne doit pas utiliser le malheur de ces enfants afin de démontrer qu’ils seraient mieux dans une famille de deux hommes ou deux femmes que dans leur famille d’origine et les transformer ainsi en propagandiste obligés de l’homoparentalité. Quant à l’adoption par un célibataire elle existe de manière traditionnelle pour que des enfants puissent être adoptés par leur oncle, leur tante, ou un autre membre célibataire de sa propre famille. Le principe en a été depuis dévoyé. C’est au législateur de prendre les dispositions pour que soit respecté l’esprit initial de ces formes d’adoption.
Avec le mariage la société reconnaît juridiquement l’union d’un homme et d’une femme car cette union est vitale pour assurer son avenir. La loi n’a pas à entériner toutes les situations de fait découlant du comportement de tel ou tel individu sauf à créer une règle par individu et par situation ce qui entraînerait la disparition de la notion même de droit.
L’homosexualité a toujours existé. Elle est admise comme une liberté individuelle. Ce comportement n’a cependant pas vocation à être à l’origine d’une modification de la législation sur le mariage.
Jean Tevilo
Commentaires
Je suis d'accord avec vous sur le bon usage des termes "couple" et "mariage".
Le problème est qu'il aurait fallu s'y prendre plus tot, au moins à l'époque de la révolution française. Le mariage était alors un sacrement religieux, et la révolution a introduit le "mariage civil". Là aussi il aurait fallu introduire un autre terme que "mariage". Le soit-disant "mariage civil" n'est qu'un contrat passé entre deux individus. On peut réserver le terme "mariage" à des individus de sexes différents, mais il n'y a aucune raison que des contrats strictement identiques n'existent pas pour des personnes de même sexe.
En ce qui concerne les enfants vous risquez d'être rattrapé par la bio-technologie. Peut-être verra-t'on dans l'avenir des enfants de deux parents de mêmes sexes, voire de plus de deux parents. Ce n'est qu'une question de recombinaisons de fragments d'ADN.
Chacun trouve surtout ce qu'il veut dans ce qu'il veut. A partir du moment ou on est contre quelques chose on trouvera toujours de quoi discréditer l'autre. Vous n'apportez rien au débat sur l'homosexualité.
1. "Si l’on autorise l’adoption d’un enfant par deux hommes ou deux femmes, on ne voit pas pourquoi l’on refuserait un cadre juridique à 2 hommes et 3 femmes qui souhaiteraient élever un enfant ensemble : ce serait la destruction volontaire de la cellule familiale sur laquelle repose une grande partie du pacte social des sociétés durables."
En définitive, ne serait-ce pas cela qui est visé par là tentative d'étendre le mariage aux homosexuels ? Ne serait-ce pas là le véritable but recherché ?
2/ "L'homosexualité est admise comme une liberté individuelle. Ce comportement n’a cependant pas vocation à être à l’origine d’une modification de la législation sur le mariage."
Ajoutons qu'il serait contraire à nos libertés de fixer par la loi des comportements individuels sexuels, alors que des conventions libres peuvent parfaitement les cadrer sans avoir recours à aucune règle d'ordre public. A défaut, nos libertés en paieraient le prix. Peut-être est-ce cela même que souhaiteraient les propagandistes d'un prétendu "mariage homosexuel".
@Dorian
Le problème n'est pas de savoir si l'on est pour ou contre l'homosexualité, si c'est "bien ou mal". L'auteur de l'article ne porte pas de jugement de valeur sur ce comportement. Il s'agit d'un domaine de liberté personnelle sur lequel on peut exprimer, à titre particulier, un jugement de valeur, mais qui ne concerne pas le législateur. Il ne s'agit donc pas d'un "débat sur l'homosexualité", auquel l'auteur n'a effectivement rien à ajouter.
Votre réaction est typique de ce que l'auteur essaie précisément de dénoncer. A savoir que le fait même de débattre du "mariage gay" est immédiatement interprété par les mouvements concernés comme une prise de position "contre les homosexuels", et donc une atteinte à leur liberté. Ce qui n'est pas le cas. Le problème en cause est celui de la nature même de ce que l'on appelle le "mariage" et de savoir si il y a des raisons d'étendre les règles d'ordre public qui concernent l'union de deux êtres de sexe différent, à celle de deux personnes de même sexe.
Il n'y a rien à redire à ce que deux êtres de même sexe s'unissent par un contrat privé qui définit le cadre de leurs relations réciproques. Cela ne concerne qu'eux. Le "mariage" en revanche est un acte public qui ne fait pas seulement qu'entériner un contrat passé entre deux êtres, mais encadre celui-ci en dictant aux contractants des contraintes (par exemple en matière de liberté de tester et donc d'héritage), en leur attribuant des prérogatives vis à vis de tiers (l'autorité et la responsabilité parentale) ou encore des privilèges (en matière fiscale). Cet encadrement juridique se justifie par des objectifs considérés comme étant d'ordre public où la faculté de procréation joue un rôle essentiel : la reproduction, l'entretien et l'éducation des enfants, ou encore la transmission et la sauvegarde d'un patrimoine familial vu comme un facteur essentiel d'ordre social (ce qui était l'inspiration principale du code de la famille vu par Napoléon).
Il est effectivement possible qu'un jour la bio-technologie change totalement la donne en matière de reproduction, la procréation n'en étant peut-être plus qu'un élément secondaire. Mais ce jour là on sera dans un univers totalement différent, où les questions même de la liberté et du mariage en tant qu'institutions changeraient totalement de sens. Nous en sommes fort heureusement encore loin, mais peut-être est-ce vers cette évolution que certains voudraient nous projeter sans attendre, comme le souligne Jean-Pierre.
En prenant les choses au ras des pâquerettes tout cela m’évoque, sans que je sache dire exactement pourquoi, l’époque où les soviétiques retiraient leurs enfants aux familles jugées antisoviétiques. Cela voulait dire en fait, trop attachées à la religion orthodoxe. Ces enfants étaient envoyés dans des orphelinats où ils étaient endoctrinés, formatés chez les pionniers etc. pour devenir les cadres de la future société sans classe et sans état. (Notez déjà la contradiction entre l’idée de cadre et celle d’absence d’état).
Allez savoir pourquoi, un certain nombre d’entre eux ont quand même rejeté ce système et quelques uns ont même redécouvert une foi qui ne leur avait pas été transmise. Cette «expérience» en vraie grandeur vaut bien celle de Frédéric de Hohenstaufen qui avait fait enlever des enfants à leurs parents pour les faire élever par des serviteurs qui avaient interdiction de parler devant eux. Il pensait que les enfants se mettraient à parler spontanément une langue qui serait celle des premiers hommes. Le résultat fut un monstrueux échec.
Pourquoi faut-il que, périodiquement, l’homme rêve d’être son propre créateur ? Est-il si difficile de comprendre que la complexité de l’être humain et de sa vie sociale dépasse infiniment son propre entendement ? Je ne veux pas dire pour autant qu’il doive renoncer à se comprendre ainsi que le monde qui l’entoure, bien au contraire. Je crois seulement que cet effort vers la connaissance doit rester humble et se garder de la tentation de la démesure (υβρις - HYBRIS). Dès que nous cédons à cette tentation séculaire notre entendement déraille. La «sagesse des nations» est-elle si méprisable qu’il n’y ait rien de bon à en tirer ? Bernard de Chartres, souvent cité, disait que : «Nous sommes des nains juchés sur les épaules de géants et, si nous voyons plus loin qu’eux, c’est parce que nous nous appuyons sur eux». Les tables rases nous ramènent à la barbarie, il faut vraiment avoir la mémoire courte pour l’oublier.
Sur la castration du débat public français, lisez le meilleur de Philippe Nemo :
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il y a 2 éléments clés:
- pour la société, et le député Vanneste a bien défini les termes du débat
- pour la démocratie: la question du mariage est une autre opportunité pour le lobby en question et ses amis de tous les partis de verrouiller le débat.
la loi HALDE a instauré le délit d'opinion sur ce sujet, une première dont on se passerait bien. Que l'on soit pour ou contre ce "mariage", le démocrate sincère devrait s'indigner de telles méthodes.
Platon écrivait déjà que les institutions mourraient de l 'excès de leur principe de base; la démocratie est en train de mourrir de l'excès d'égalité....