Autre transfert de vocabulaire : le terme "couple" s’est imposé pour les homosexuels alors que le mot "paire" s’applique mieux à la vie en commun de deux personnes de sexe identique. Le fait que le couple et la paire unissent chacun deux êtres ne justifie pas que l’on use du même terme, entraînant de ce fait une confusion qui n'est pas innocente.

Il est à noter que l'utilisation du mot paire éviterait que les gens en couple se voient préciser qu'ils forment un couple "hétérosexuel", alors qu'ils sont un couple normal ou, plus simplement, un couple.

L'égalité

Objectivement l'union d'un homme et d'une femme est substantiellement différente de l'union entre deux hommes ou entre deux femmes. On ne peut donc donner un même nom, en l'occurrence "couple"? ni surtout un même statut juridique, en l'occurrence le "mariage", à ces deux types d'unions, sauf à considérer que l'homme est identique à la femme.

Le principe d'égalité ne peut s'appliquer qu'à des choses identiques. L'homosexualité est le rejet de l'altérité sexuelle alors que l'hétérosexualité fait vivre la complémentarité sexuelle. Ce sont donc deux comportements incompatibles.

La loi et le mariage

Le mariage n’a pas été créé pour permettre au législateur de remettre en cause la liberté individuelle en se préoccupant de sexualité récréative, homo ou hétéro, ni pour s’occuper d’amour. Le maire n’a d’ailleurs pas à demander aux futurs époux s’ils s’aiment ou non. Il ne leur demande pas non plus leur orientation sexuelle. Cette dernière, quelle qu'elle soit, ne confère aucun droit.

A la base de la vie, et du mariage, se trouve la différenciation sexuelle. Aucune autre relation ne contribue au bien commun autant que l'union entre un homme et une femme. La loi reflète cette réalité en consacrant par le mariage l'alliance d’un homme et d’une femme.

Le mariage ne crée pas une injustice envers les personnes qui sont incapables d’établir une relation complète avec le sexe opposé. Il n'y a pas égalité biologique entre un comportement hétérosexuel et un comportement homosexuel. Malgré le chantage à l'homophobie, le législateur n’a pas à modifier le mariage, d’autant plus qu’avec le mariage, le plus souvent, un tiers est concerné : l’enfant

L’enfant

Le législateur, par le mariage, propose un cadre au couple afin de l’aider à se stabiliser et à protéger ainsi l’enfant né ou à naître. S’il est exact que des homosexuels peuvent avoir la charge d’enfants, la demande de reconnaissance juridique de l’homoparentalité comme une forme de paternité apparaît inintelligible, l'enfant ayant un état civil et donc un régime juridique clair.

S’agissant d’homosexuels cette reconnaissance juridique de la vie à deux n’offre pas plus de pertinence qu’une reconnaissance juridique de la vie à trois, quatre ou cinq. Si l’on autorise l’adoption d’un enfant par deux hommes ou deux femmes, on ne voit pas pourquoi l’on refuserait un cadre juridique à 2 hommes et 3 femmes qui souhaiteraient élever un enfant ensemble : ce serait la destruction volontaire de la cellule familiale sur laquelle repose une grande partie du pacte social des sociétés durables.

L'adoption

Une fraction du lobby homosexuel souhaiterait assimiler le couple avec enfant et une paire d ' homosexuels élevant un enfant. En effet l’apparence de ces derniers se rapproche de celle du couple normal. Les demandes d’accès au mariage et à l’adoption peuvent de ce fait apparaître comme destinées à faire oublier le caractère spécifique de l’homosexualité. L’enfant deviendrait alors un moyen mis au service d’une cause qui n’est pas la sienne. Cette instrumentalisation de l'enfant au profit des parents adoptifs pose un vrai problème d'éthique.

De même les maltraitances d'enfants doivent être sanctionnées si des parents sont indignes. Les enfants placés dans une famille d’adoption doivent y retrouver le père et la mère qui leur manquent. On ne doit pas utiliser le malheur de ces enfants afin de démontrer qu’ils seraient mieux dans une famille de deux hommes ou deux femmes que dans leur famille d’origine et les transformer ainsi en propagandiste obligés de l’homoparentalité. Quant à l’adoption par un célibataire elle existe de manière traditionnelle pour que des enfants puissent être adoptés par leur oncle, leur tante, ou un autre membre célibataire de sa propre famille. Le principe en a été depuis dévoyé. C’est au législateur de prendre les dispositions pour que soit respecté l’esprit initial de ces formes d’adoption.

Avec le mariage la société reconnaît juridiquement l’union d’un homme et d’une femme car cette union est vitale pour assurer son avenir. La loi n’a pas à entériner toutes les situations de fait découlant du comportement de tel ou tel individu sauf à créer une règle par individu et par situation ce qui entraînerait la disparition de la notion même de droit.

L’homosexualité a toujours existé. Elle est admise comme une liberté individuelle. Ce comportement n’a cependant pas vocation à être à l’origine d’une modification de la législation sur le mariage.

Jean Tevilo