Mariage homosexuel : dépasser le Pour et le Contre
Par Pierre-Marie Guillon le dimanche 3 juin 2012, 18:15 - Article - Lien permanent
Après une première pièce versée au débat il y a quelques semaines (voir le texte de Jean Tevilo), voici la réponse de notre ami Pierre-Marie Guillon, auteur d'un remarquable petit livre consacré à cette question.
La question du mariage homosexuel témoigne de nos difficultés à pratiquer la démocratie.
D’abord, parce que ce problème pourrait recevoir une solution simple, propre à ne blesser personne. Or nul n’en propose, ce qui montre que notre société se satisfait plus de luttes partisanes que de concertation et de bonne entente.
Ensuite, parce que le domaine en cause fait partie de ceux où la majorité, quelle qu’elle soit, ne saurait imposer sa loi sans un grave déni de démocratie. Or chacun souhaite que le parlement soit saisi et impose le POUR ou le CONTRE.
Une solution simple ne blessant personne
La difficulté du problème provient de ce qu’on se trouve, ici, en présence de deux vérités concurrentes.
Qui est POUR le mariage entre personnes de même sexe en appelle à la liberté, à l’égalité, à la fraternité, à la laïcité. Appel parfaitement motivé : la loi ne saurait attribuer ou mesurer leurs droits et leurs obligations aux citoyens en fonction de leur préférence sexuelle.
Qui est CONTRE en appelle au respect – par la loi, l’État, ses concitoyens –, d’une morale et d’une institution millénaires auxquelles il croit, qu’il révère et qu’il veut pouvoir recommander à ses enfants sans que la communauté le désavoue. Cette prétention se fonde donc également sur des prérogatives et droits citoyens.
Deux positions par conséquent contradictoires et irréconciliables ? Absolument pas. Deux conceptions qui se situent tout simplement sur des plans différents et, cela compris, qui apparaissent complémentaires.
Considérons une naissance. C’est, en quelque sorte, un évènement à trois dimensions :
une dimension affective, naturelle, à savoir le bonheur des parents et des proches ;
une dimension administrative, obligatoire, constituée par la déclaration d’état-civil ;
une dimension religieuse, facultative, consistant à faire ou non baptiser l’enfant dans une religion ou une autre.
Il en va exactement de même pour le mariage : l’amour de deux personnes constitue la dimension affective ; l’obligation de déclarer l’évènement et les dispositions juridiques prises à cette occasion constituent le volet administratif ; un sacrement reçu dans une église, bien entendu facultatif, représente la dimension religieuse.
Malheureusement, ce que nul ne songe à confondre dans le cas de la naissance, nous le mélangeons, sans même en prendre conscience, s’agissant du mariage.
Ce n’est pas exactement de notre faute.
En 1792, l’Assemblée législative institua le mariage civil. Elle le fit pour enlever à l’Église catholique le monopole que celle-ci détenait en matière d’état-civil. C’était une bonne chose. L’assemblée commit toutefois, à cette occasion, l’erreur d’utiliser le terme de mariage et de prévoir une cérémonie en mairie pour sa célébration.
Elle a ainsi implicitement légitimé l’introduction, dans le droit civil et le droit pénal d’un pays se voulant laïc, de règles liées à la conception religieuse du mariage – sur le divorce, l’adultère, la parenté, la différence de sexe, etc.
Elle a simultanément, en utilisant un terme et une pratique empruntés à la religion, sacralisé un acte qui aurait dû apparaître juridico-administratif.
Deux erreurs compréhensibles eu égard aux mœurs du temps, mais deux erreurs quand même.
De fait, en a résulté un piège qui devait se refermer dès que la baisse du sentiment religieux rendrait non supportable la survivance de règles morales dans notre droit, notamment la prohibition frappant l’union de deux personnes de même sexe. Une telle évolution devait en effet conduire l’opinion à demander la révision du statut juridique du mariage civil. Or modifier un mariage ayant été sacralisé, une telle révision devait inévitablement être ressentie comme sacrilège par une fraction de l’opinion.
En a résulté le conflit que nous connaissons.
L’erreur étant repérée, la solution apparaît clairement : il faut cesser de mélanger le civil et le religieux en matière de mariage, ce à quoi nous invite expressément le principe de laïcité. Procédons, en ce domaine, comme nous le faisons d’instinct en matière de naissance en distinguant l’affectif, le religieux et le juridico-administratif.
Quelques mesures simples permettraient de mettre cela en œuvre et d’effacer définitivement l’erreur de 1792 :
- il faut désormais appeler Union civile le lien juridique forgé par deux personnes désireuses de pérenniser et d’officialiser leur désir de vivre ensemble – le terme mariage étant ainsi ‟rendu” aux églises – et, dans nos codes, époux devant être remplacé par conjoints ou personnes (1).
- Le contrat d’union civile peut être conclu entre deux personnes, une même personne pouvant passer un seul contrat de ce type.
- Ce contrat doit se former, comme se forme actuellement le Pacs, par le dépôt d’une convention au tribunal d’instance. Cette formalité, publique mais non spectaculaire, intéresse les seuls déposants ; qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels les concerne seuls ; cela ne saurait pas plus scandaliser que l’obtention, par les mêmes, d’un passeport ou d’une carte d’identité.
- L’union doit entraîner les conséquences juridiques, fiscales, sociales et autres actuellement liées au mariage civil, sauf s’agissant de sa rupture et de l’adoption qui méritent des règles particulières.
- Le pacs ayant perdu sa raison d’être, il peut être supprimé sans dommage.
- Pour définitivement marquer l’hétérogénéité du religieux et du civil dans le domaine en cause, il serait bon que soit levée la prohibition faite aux ministres du culte de marier des personnes n’étant pas préalablement passées devant Monsieur le Maire.
Ces dispositions mises en place, tous les couples seraient enfin égaux en formalités à accomplir, en statut, droits, obligations et considération, sans que nul n’ait motif à s’en trouver choqué.
Remarquons, ce qui n’est peut-être pas inutile, que les mesures en cause, loin de nuire aux églises, leur conféreraient une plus grande liberté. La laïcité, c’est aussi cela.
Dans l’absolu respect du Pacte social
La liberté de pensée et d’expression constitue l’assise la plus solide des régimes démocratiques, ainsi que la première et la meilleure garantie de nos libertés. C’est donc un point sur lequel les démocrates doivent se montrer d’une intransigeance sans concessions.
En résulte une conséquence très importante et malheureusement trop souvent oubliée. Il convient donc de la rappeler avec force : s’agissant d’opinion, de culture, de morale, de religion, de mœurs, nul personne ou groupe ne doit jamais se trouver dans l’obligation de plier devant la majorité (ni devant la minorité, bien sûr). À défaut on poserait en principe que la majorité peut légitimement priver de leurs libertés une minorité de citoyens, ce qui est évidemment impensable et bafouerait notre pacte social, ou plus exactement le supprimerait. Dans les domaines qui viennent d’être cités, il en va un peu comme des goûts et des couleurs dont une expression populaire affirme, assez justement, que « ça ne se discute pas ».
En résulte l’incompétence absolue du législateur en matière de convictions et de comportement moral, que ce législateur soit parlement ou peuple consulté par référendum. En ces domaines, le législateur n’est pas en droit de favoriser, régir, approuver ou refuser ; il peut se saisir des questions d’opinion, de mœurs, de morale et de comportement dans le seul et unique but d’assurer définitivement, à chacun, la liberté et les moyens de son développement et de son épanouissement ; il peut seulement – il doit – mettre en place les conditions de la plus entière tolérance – exception évidemment faite de ceux qui voudraient instituer l’intolérance.
Appliquons ces règles à notre problème : vouloir que le parlement légifère – pour ou contre – sur le mariage homosexuel constitue une faute contre la démocratie. Cette opération figure dans le programme de la gauche qui l’a rangée parmi ses priorités et se dit POUR. Cela montre qu’on peut se prendre pour des esprits libérés sans pour autant avoir bien compris les règles démocratiques. En se prononçant CONTRE, la droite n’a pas fait preuve d’une plus grande intelligence politique et d’une meilleure connaissance de l’esprit de nos lois.
Voilà sur quoi se fonde, au regard des grands principes de notre droit public, la proposition de solution qui précède.
Sa mise en œuvre soulève, bien sûr, quelques problèmes d’application, en particulier s’agissant de d’adoption, question délicate entre toutes. Je suis conscient de ces problèmes et les ai attentivement examinés. Je peux donc affirmer qu’ils peuvent tous recevoir une solution satisfaisante, ce qui serait toutefois trop long à développer ici. 
Pierre-Marie Guillon, journaliste économique, entrepreneur, et spécialiste de l'épargne des particuliers, est l'auteur d'un petit livre qui vient de paraître et dont le titre est le même que celui de cet article : "Mariage homosexuel : dépasser le pour ou contre" (Editeur : Les Cahiers de (Dé)raison). Cet ouvrage se trouve en lecture libre et gratuite sur son blog . La question de l’adoption s’y trouve traitée de la p.75 à la p.81. On peut le trouver en libraire, sur Amazon et Fnac livre (96 pages, 12 €).
Commentaires
Bonjour,
l'idée de cantonner le mariage dans le domaine religieux, et de créer une "union civile" flatte mon esprit laïc.
Mais en ne traitant pas le thème de l'adoption, qui est la question centrale, j'ai le sentiment que vous éludez le problème. Je comprends que vous n'ayez pas le temps de développer longuement cette question ici, mais pouvez-vous brièvement donner votre avis sur la question suivante: pensez-vous que les règles conditionnant d'adoption doivent dépendre de l'orientation sexuelle des parents ?
Merci
L'Etat, ni aucun autre tiers ne peut légitimement interdire des relations longues ou brèves entre adultes consentants. Mais la question du mariage homosexuel n'est pas là. La question est, amha, une question de vocabulaire et de destruction du vocabulaire. Deux homosexuels peuvent évidement et légitimement convenir d'un lien contractuel entre eux. L'Etat a alors le devoir de protéger ce contrat.
Le mariage est défini, depuis la nuit des temps, comme l'union sexuelle d'un homme et d'une femme. Il ne peut donc pas exister de "mariage homosexuel". Il faut s'opposer à une destruction du vocabulaire. Chaque destruction du vocabulaire contribue à une destruction de la culture et de la civilisation.
@Morziloeil
"...pensez-vous que les règles conditionnant d'adoption doivent dépendre de l'orientation sexuelle des parents ?"
IMHO, non, mais seulement de la faculté du couple à donner la vie. Cad 1H + 1F, ou 2 F.
Donc dans ce cas, deux hommes devraient être exclus du droit d'adopter un enfant, car leur relation ne permet pas le don de la vie.
Pour deux femmes le problème réside à trouver la semence mais pas à donner la vie.
Le déterminant c'est la femme, pas de femmes pas d'enfants, et pas d'adoption.
Je dis que si l'on veut donner un "droit" d'avoir un enfant par adoption, Il faut bien que l'enfant accueilli s'insère dans une filiation "crédible", sans quoi, l'enfant devient une marchandise.
Depuis la nuit des temps, on a voulu promouvoir la reproduction : le fameux croissez et multipliez vous !
.La mortalité était très élevée, l'espérance de vie courte (30 ans), il fallait faire très vite de nombreux enfants.La relation homosexuelle étant stérile ( comme la masturbation et certaines pratiques ) était condamnée par les sociétés qui y voyaient du gaspillage...
De nos jours, 2.x enfants par femmes suffisent.On peut se permettre le luxe d'unions stériles tant hétérosexuelles (combien de femmes ne veulent pas d'enfants ? ) qu'homosexuelles.
Et puis laisser les y gouter...qu'ils proffitent également des affres du divorce !
Morziloeil a raison de souligner que, alors qu'existe déjà un succédané (le PACS), le coeur du sujet est l'adoption, ce qui fait que l'on reste un peu sur sa faim, même si M. Guillon voit juste en revenant au sens initial des choses : le mariage est religieux...
En revanche, il me semble qu'il y a erreur, à parler d'orientation sexuelle des parents pour les règles d'adoption. D'abord, cette terminologie est précisément celle que souhaitent les groupes de pression homosexuels, ensuite et surtout : les règles de l'adoption doivent à mon sens reposer exclusivement sur l'intérêt de l'enfant !! lequel est par trop ignoré dans les débats.
Vous pourrez donc poser la question suivante à toute personne voulant prendre position sur le sujet : "vous qui avez eu une maman (et cela vaut aussi pour chaque homme homosexuel), savez quel bonheur c'est... voulez vous refuser cela à un petit enfant ?" car c'est bien la conséquence d'une adoption par des couples homosexuels, alors que des couples hétéros sont disponibles.
Et inversement, avec la présence d'un père.
On en arrive forcément à constater qu'avoir deux parents, un de chaque sexe est la situation optimale pour l'enfant. Les besoins de normalité, par définition impossibles à satisfaire, de telle ou telle minorité pèsent alors peu en regard du droit de l'enfant.
La notion de "droit à l'enfant" me semble du coup absurde, comme le droit au logement, droit au soleil, droit au bonheur et tous les droits dit positifs. Ce sont autant de dénis de réalité qui ne peuvent que conduire à de cruelles déconvenues.
Pourquoi faut-il "légaliser" d'une façon ou d'une autre un lien affectif/amoureux ?
En quoi cela concerne-t-il l'administration ?
Le mariage a pour but non pas de légaliser une relation amoureuse mais de gérer le fruit de cette relation, à savoir "l'enfant" en lui donnant une "existence" administrative et des références affectives par l'engagement que se font les parents. L'ensemble ayant prouvé son efficacité pour la constitution de la personnalité, aspect hélas bafoué aujourd'hui parce que totalement incompris. La preuve, l'auteur de cet article passe lui-même à côté.
Jusqu'à plus informé, les homosexuels ne procréent pas et des lors, leurs relations amoureuses doit rester dans la sphère privée. Donner d'avantage de pouvoir à un gouvernement en déclarant ses sentiments amoureux afin de mieux être "maîtrisé", "imposé", "différencié", catégorisé", me parait aller à l'encontre des intérêts des pauvres bougres qui réclament à tout rompre une reconnaissance administrative.
Ne leur suffit il pas de vivre leur passion dans leur intimité qu'il leur faudrait en plus une espèce de reconnaissance de leur différence ? qu'ont ils besoin de l'afficher ?
@gidmoz
Cela dépend: le mot mariage a peut être une définition "depuis la nuit des temps" mais ce n'est pas une fatalité: le sens des mots évolue avec le temps, il suffit d'ouvrir un dictionnaire éthymologique pour le remarquer. Certains pays ont choisi de gommer cette différence des sexes dans leur définition légale du mariage.
Il me semble que la chose la plus importante dans notre appréhension du mariage c'est l'Amour, et assez curieusement, il est possible d'écrire des pages et des pages sur le sujet sans jamais voir ce mot apparaître.
A l'église, le serment des mariés commence par "je promets de t'aimer et de te chérir ..." ce qui montre bien que cette question est essentiel pour les religieux.
L'état lui même considère l'Amour comme un élément essentiel de cette union et, par exemple, réprime les mariages blancs, donc les mariages sans amour.
Ceci étant, une définition intuitive du mariage serait "une union entre 2 êtres qui s'aiment".
Les relations amoureuses existent depuis plus longtemps que le mariage : il semble intuitif là aussi que le mot est venu désigner la chose, ensuite seulement se sont développés les codes et les normes sociales relatives.
Et donc pour conclure, supprimer le mot mariage, c'est supprimer toute référence à l'amour dans l'union civile entre les être humains. C'est plus qu'une question religieuse: même si l'état est laïc, il peut reconnaître l'Amour, auquel cas le mot mariage est le plus adapté.
@AlexL
Ma foi, si l'adoption doit être conditionnée à la faculté des parents à donner la vie, les couples hétéros stériles devraient en être exclus ^^
Il me semble bien que la question centrale est l'orientation sexuelle: par exemple, les célibataires ont le droit d'adopter, sauf s'ils sont homosexuels.
Les commentaires qui ont été faits sur mon article appellent de ma part trois remarques.
1/ Je n’ai pas éludé le problème de l’adoption, même si je n’en ai pas parlé dans mon article. J’ai bien sûr traité de ce problème dans mon livre, pour développer un point de vue qui ne colle pas tout à fait avec les positions pour et contre. Ce petit livre étant en lecture libre sur mon blog – www.pmguillon.fr – je n’hésite pas à vous y renvoyer (la question est abordée de la p.75 à la page 81).
2/ Que le mariage ait été défini comme l’union d’un homme et d’une femme depuis la nuit des temps ne me semble pas constituer un argument de poids. Depuis la nuit des temps, l’esclavage, le servage et l’obéissance passive due aux autocrates ont également existé et cela ne me semble pas constituer un argument valable contre la démocratie. Si l’on croit à la liberté, à l’égalité, à la fraternité et à la laïcité, il me semble que la puissance publique ne peut attribuer les droits et obligations aux citoyens en fonction de leur préférence sexuelle.
3/ Je ne pense pas qu’il faille s’étonner de ce que l’administration s’intéresse à l’union de deux êtres. Il y a à cela une raison très simple : un pays moderne doit être doté d’un état civil parfaitement en ordre pour que la puissance publique, chacun d’entre nous, les organismes sociaux et les agents économiques sachent qui est qui et de qui et quels sont les liens familiaux.
Ce qui me chagrine dans ces échanges concerne l'aspect administratif. Effectivement la question est de savoir si les liens contractuels à publier doivent ou non prendre en compte d'éventuels héritiers. Ce n'est pas la même chose d'organiser ces liens en sachant qu'ils disparaitront à la mort du dernier survivant ou en postulant qu'ils auront à se poursuivre, sous une autre forme biens sûr, dans une postérité. On en revient donc à la question de la descendance. Or, à ce niveau, il paraît difficile de mettre d'emblée sur le même plan la procréation naturelle et les formes de procréation assistée qu'on nous promet pour demain. C'est aussi intelligent que de vouloir dès maintenant que notre énergie dépende dès demain de sources qui en sont encore à leurs balbutiements. Encore dans ce domaine peut-on espérer une évolution rapide. Je vous laisse imaginer ce que serait notre avenir s'il devait dépendre essentiellement de procréations assistées !
@Pierre-Marie GUILLON
Merci pour ces précisions. Elles appellent de ma part une question et une remarque:
1/ si l'union civile remplaçait le mariage, serait-il alors possible de la conclure entre plus de 2 personnes ?
2/ votre point 3 est critiquable: beaucoup de personnes vivent en concubinage sans subir de préjudice et sans que l'administration en soit perturbée. Les formulaires administratifs contiennent le choix "concubinage" et "conjoint de fait" pour décrire la situation familiale. Ce qui laisse penser que tant qu'à supprimer le mariage civil, pourquoi le remplacer par une union civile ? Pourquoi ne pas se contenter de laisser les personnes librement contracter des contrats privés de solidarité entre eux par exemple ?
Et les enfants...merci
Vous simplifiez le problème en traitant que ce que vous voulez bien voir
J'arrive un peu tard dans la discussion, mais je crois utile d'évoquer un point qui pour moi n'est pas de détail même s'il peut être vu comme tel dans le texte : le statut du mariage religieux.
Certes, la religion relève de la sphère privée, nous en sommes tous d'accord. Mais il ne faut pas oublier que les religions veulent toutes (oui, toutes, pas seulement l'Islam) peser sur l'organisation sociale. En abrogeant la loi qui interdit à une religion d'ajouter son propre sacrement à autre chose qu'une union civile déjà sanctionnée par l'Etat, il est inévitable que les religions s'engouffrent dans l'ouverture. Les unions religieuses, lorsqu'elles seront possibles sans union civile, seront la base d'une exigence de reconnaissance. Juridiquement, on pourra bien sûr refuser, en restant ferme sur le fait que seule l'union civile ouvre des droits, mais sociologiquement, combien de temps pourra-t-on tenir cette position ?
C'est une vérité historique constante que les religions, qu'elles l'admettent ou non, ont par nature vocation à gérer la sphère publique. Je ne le leur reproche pas, je dis simplement que c'est dans leur essence même : s'il existe une vérité divine, révélée le cas échéant, il est inévitable (et normal) que le croyant sincère ne puisse pas accepter de vivre selon des principes qui contrediraient cette vérité. Et ce corps de doctrine n'est pas que métaphysique : les religions ne se contentent pas de simplement « décrire » à leur manière l'origine du monde ou la nature de l'univers : elles en déduisent toutes des préceptes régissant les comportement humains. C'est même l'esssentiel de leur message.
Certaines peuvent s'accomoder (temporairement ?) des législations civiles, mais il n'en restera pas moins qu'en cas de conflit entre les deux types de lois, c'est toujours la loi religieuse qui l'emportera dans l'esprit, et les actes, du croyant.
Il en suit qu'aucune institution ou loi ne peut faire comme si les religions n'existaient pas, en se contentant de dire « c'est privé ». Pour exister face à ces Etats dans l'Etat que sont potentiellement les religions, toute loi, et toute institution, doit posséder un volet expulsant (oui, je pèse le mot) explicitement les religions du domaine qu'on veut organiser.
Allons jusqu'au bout des choses, (un peu loin du sujet initial mais la notion de laïcité est évoqué edans l'article...) : la laïcité, ce n'est pas, comme les plus remuants des religieux tentent de le faire admettre ces derniers temps, la « neutralité » de l'Etat vis-à-vis des religions : c'est l'affirmation que les religions ne sont pas légitimes en matière d'organisation sociale. Pour une raison simple : n'y aurait-il qu'un seul athée sur terre, il aurait le droit absolu à ce que RIEN de ce qui conditionne sa vie ne soit déterminé par les religions.
C'est pourquoi, entre autres, et pour retomber dans le concret, il n'est pas possible d'admettre l'existence d'une union religieuse si l'union civile ne la précède pas.
comme le dit Alain Soral "" la sodomie étant somme toute une activité de loisir privée ,je ne vois pas en quoi l'état devrait légifèrer pour l'officialiser "cette démarche ne fait pas partie de ses devoirs régaliens