9 mars 2011 : Faut-il supprimer l'Armée française ? Séminaire autour de Pierre-Marie Guillon
Par Institut Turgot le mardi 12 avril 2011, 16:03 - Réunions - Lien permanent
Le 9 mars dernier, Pierre-Marie Guillon était notre invité dans les locaux de l'Institut Turgot pour y développer l'analyse déjà esquissée dans son article publié sur ce blog deux mois plus tot.
Le titre de la présentation était évidemment une provocation. L'objectif de la réunion était de sensibiliser notre public au fait qu'au delà d'une recherche constante de nouvelles économies budgétaires pour réduire le déficit public, via la chasse aux gaspillages, l'heure était venue de réfléchir à nouveau aux fondements mêmes des grandes fonctions qui sont confiées à l'Etat - notamment en matière de Défense.
La provocation a parfaitement fonctionné puisque, après des débuts hésitants, la discussion - avec l'active participation de plusieurs militaires qui s'étaient déplacés, non sans nourrir a priori quelques inquiétudes - a effectivement débouché sur la nécessité d'appuyer un débat social et politique, ouvert à tous, sur les grandes options stratégiques de ce que devrait aujourd'hui impliquer le concept de "défense nationale".
En accompagnement de la vidéo des débats, nous vous invitons à lire le compte-rendu et commentaire qui en a été publié, dès le lendemain de la réunion, par l'un des participants, Olivier Kempf, sur le site de l'EGEA (Etudes Géopolitiques Européennes et Atlantiques). L'auteur ne manque pas de faire part de ses critiques sur le contenu de l'exposé de Pierre-Marie Guillon. Mais il termine aussi en soulignant ce que la discussion engagée avait de positif :
Car PMG (ierre-Marie Guillon), écrit-il, a au fond un immense mérite quelles que soient son tropisme libertarien plus ou moins caché, ses erreurs d’analyse ou la fausseté de telle ou telle conclusion. Je pourrais bien sûr me référer à Voltaire (je ne suis pas d’accord avec vos idées mais je me battrais pour que vous les exprimiez) et ce ne serait pas faux. Je crois qu’au-delà de cette position de principe (elle met toujours celui qui la cite dans une position avantageuse, mais suggère également que l’autre raconte n’importe quoi : c’est une très habile figure rhétorique) PMG pose en subliminal des questions de fond, et qu’il est très sain qu’un « citoyen » les pose, avec courage (car dans le débat d’hier, il a quand même ressemblé à Saint Sébastien, avec tout un tas de flèches partout) :
- pourquoi une puissance moyenne a-t-elle une défense ?
- comment doit-elle effectuer ces choix ?
- vous, politiques, ne pouvez vous abstraire de ce débat qui est, au sens premier, fondamental et que vous avez tendance à négliger. Quelles sont vos options stratégiques ?
Qu’un débat vienne de la base et suscite l’intérêt, voilà ce qui est essentiel aujourd’hui et qui mérite de faire écho, en les discutant, aux thèses de PMG. Autrement dit, c’est de façon très intéressée, et bien que pas d’accord avec lui, que je le remercie de sa position hétérodoxe : elle favorise le débat. Et un débat de fond. Salutaire.
Merci à lui, et débattez ...
C'est ce que nous espérons faire en organisant, pour les mois à venir, une série d'autres rencontres qui devraient permettre d'aller plus loin dans l'analyse et les réponses aux questions ainsi posées.
Commentaires
"pourquoi une puissance moyenne a-t-elle une défense ?"
Est ce que l'armée française est une armée moyenne pour une puissance moyenne?
A mon avis non, elle fait parti des trois armées dans le monde qui ont une capacité d'intervention réelle, USA, GBR, FRA.
C'est une grande armée sur le papier et sur le terrain, contrairement à la Russie ou à la Chine. Je ne parle même pas des pays du Moyen Orient.
A quoi sert ce surplus de puissance à la France?
C'est une grande armée sur le papier et sur le terrain, contrairement à la Russie ou à la Chine. Je ne parle même pas des pays du Moyen Orient.