Dans un "état", qui par définition a imposé un prétendu "espace public" avec l'accord conditionnel de certains mais en violant aussi massivement le consentement de ceux qui s'y opposaient et qui s'en sont trouvés dépossédés, viole le Droit naturel de propriété tout usage de cet "espace public" que n'approuvent pas ses véritables propriétaires, c'est-à-dire ceux qui n'ont accepté la création de cet "espace public" qu'à certaines conditions déterminées, ainsi que les victimes de cette usurpation qui ne l'ont de toutes façons pas acceptée.

Cet usage abusif, et injuste, de cet "espace public" en partie usurpé ne se limite pas au fait de s'approprier les richesses qu'il contient contre le gré de ses véritables propriétaires spoliés pour vivre sur leur dos comme le font les receleurs des prétendus "droits sociaux" : il inclut aussi le fait de s'y conduire d'une manière que ces véritables propriétaires n'acceptent pas, y compris de s'y trouver contre leur gré.

Il est donc crucial de distinguer dans ce qui, au sein de ce prétendu "droit public", cherche à se faire passer pour des "libertés publiques", ce qui reflète les vestiges de la liberté naturelle et ce qui n'est qu'un moyen de rationaliser l'intégration forcée.

Par conséquent postuler un "droit" d'occuper ce prétendu "espace public" à n'importe quelles conditions, y compris d'y construire ce qu'on veut ou de s'y montrer habillé n'importe comment, cela veut dire qu'on est dupe d'un étatisme usurpateur de ce prétendu "espace public", et qu'on se fait sans le vouloir le complice de cette injustice que Hans-Hermann Hoppe appelle l'"intégration forcée".

C'est ce que Rothbard avait fini par comprendre, après avoir pour un temps prôné cet accès inconditionnel, dans l'idée de faire voir l'anomie qui découle de l'usurpation : prôner cet accès inconditionnel est bien une forme d'injustice envers les véritables propriétaires de l'"espace public", une forme de complicité avec son usurpation qui contribue à aggraver celle-ci, une forme d'approbation implicite non seulement de ses prétendus "droits sociaux" qui ne peut rendre leur esclavagisme que plus écrasant, mais encore de l'intégration forcée qu'elle nous impose d'une façon de plus en plus totalitaire.

Alors, le prétendu "droit public" qui prétend régir le prétendu "espace public" n'est par nature qu'un Ersatz de Droit, qu'un simulacre du véritable Droit, puisque celui-ci ne peut être assis que sur la propriété naturelle ; dans une pseudo-démocratie socialiste il n'en a même plus que les apparences, n'étant plus guère là que pour dire à quelles conditions ses Parasites Sociaux Institutionnels abusent de ce prétendu "espace public" aux dépens de ses propriétaires légitimes, qu'il a spoliés et qu'il spolie.

Il n'en est que plus crucial de distinguer dans ce qui, au sein de ce prétendu "droit public", cherche à se faire passer pour des "libertés publiques", reflète les vestiges de la liberté naturelle et ce qui n'est qu'un moyen de rationaliser l'intégration forcée.

A défaut, on prendra pour du "libéralisme" ce qui n'est en réalité que de l'anarcho-communisme, directement contraire au premier : c'est d'ailleurs peut-être pour ne pas l'avoir compris que, dans les pays anglo-saxons, les soi-disant "liberals" sont devenus de purs socialistes, avec seulement un mensonge de plus, alors que les "conservatives" sont beaucoup plus libéraux, quand ce ne serait que parce qu'ils en tiennent pour une forme d'organisation politique plus ancienne et de ce fait, désormais, moins usurpatrice du pouvoir social.

A ce titre la gestion démocratique de ce prétendu "espace public", c'est-à-dire conforme aux voeux de la majorité de ses supposés "co-propriétaires" plus ou moins forcés est certainement elle aussi un minable substitut à la véritable solution, qui serait de réduire celui-ci à ce que ces propriétaires-là accepteraient vraiment -- y compris si c'était pour l'abolir ; mais elle est moins injuste que de permettre à n'importe qui d'en faire n'importe quoi.

Ce serait donc un contresens sur le libéralisme, contradictoire avec à son principe, que de croire que n'importe qui aurait nécessairement un "droit" inconditionnel de construire n'importe quoi ou de s'habiller n'importe comment sur le supposé "espace public" conditionnellement accepté par certains et imposé à d'autres en violation de leurs Droits légitimes.

C'est le contresens que commettent les"libertaires" qui conçoivent "la liberté" d'une façon subjective comme un absurde rejet de toute contrainte juridique, donc en-dehors du principe de la propriété naturelle et en fait contre elle.

Cette incohérence des soi-disant "libertaires", en fait des "anarcho-communistes", a pour conséquence qu'ils n'ont en fait aucune pensée politique, et qu'ils ne se retrouvent jamais qu'à jouer plus ou moins consciemment les auxiliaires du gangstérisme socialiste, que celui-ci soit pseudo-démocratique, fasciste ou communiste.

Ne pas reconnaître que la "propriété publique" est par essence conditionnelle ou usurpée engendre une conception contradictoire du Droit et des libertés, dont tous les gangsters antisociaux profitent pour en abuser au détriment de ses propriétaires véritables.

Ce n'est pas un hasard si c'est pour l'essentiel la gauche socialo-communiste qui soutient le prétendu "droit" inconditionnel des intrus à conquérir le prétendu "espace public" par leur présence marquée, en violation des préférences de ses véritables propriétaires -- c'est-à-dire au mépris affiché de leurs Droits : le sans-papiérisme est un communisme, et tout autant dans les faits l'affirmation du "droit" des islamistes à y porter les marques de leur volonté de conquête.

Ce n'est donc pas de la "démocratie libérale" qu'il méprise, mais de son ennemie la pseudo-démocratie socialiste, que l'islamiste Tariq Ramadan exploite les contradictions : la pseudo-démocratie socialiste n'a rien à opposer à la Loi islamique puisque ni l'une et l'autre ne peuvent être justifiées en raison, l'une et l'autre foulant aux pieds la justice naturelle.

En effet, ne pas reconnaître que la "propriété publique" est par essence conditionnelle ou usurpée engendre une conception contradictoire du Droit et des libertés, dont tous les gangsters antisociaux profitent pour en abuser aux dépens de ses propriétaires véritables ; et qui par conséquent n'est que faussement "universaliste" et n'inspire aucune espèce d'"égalité" des Droits, puisqu'au contraire elle conduit à ce qu'on attribue des privilèges à ceux qui sont les plus résolus à les violer, ces Droits.

A bien des égards, c'est la prétention même de les dire "universels" qui signale l'injustice de ces "principes", puisqu'en l'espèce, dans une société vraiment juste, ce ne seraient pas les mêmes choses que les différents propriétaires légitimes autoriseraient ou interdiraient.

Qu'elle vise à rationaliser l'usurpation ou au contraire à combattre ses effets, le stigmate qui permet d'identifier comme contradictoire cette conception du Droit et des libertés est que sa prétendue "légitimité" ne se réfère pas à la propriété naturelle, c'est-à-dire au caractère objectivement juste ou injuste d'actes accomplis et de contrats conclus dans le passé ; mais qu'elle prétend au contraire mettre en avant de prétendus "principes", qu'elle peut bien présenter comme universels et donc intemporels, mais qui ne peuvent pratiquement pas l'être, dans la mesure où ils sont le règlement intérieur d'une "propriété publique" incompatible avec le seul principe qui le soit vraiment : celui de la non agression.

Et dans la mesure où ils la contredisent, cette propriété naturelle, les prétendus "principes" de ce pseudo-"universalisme" seront contradictoires entre eux et contradictoires en eux-mêmes : avec pour conséquence nécessaire qu'ils ne peuvent pas être appliqués jusqu'au bout, et qu'ils ne l'ont jamais été. A bien des égards, c'est la prétention même de les dire "universels" qui signale l'injustice de ces "principes", puisqu'en l'espèce, dans une société vraiment juste, ce ne seraient pas les mêmes choses que les différents propriétaires légitimes autoriseraient ou interdiraient. C'est évidemment le cas de prétendus "droits" de construire n'importe quoi ou de s'habiller n'importe comment sur le prétendu "espace public".

C'est pourquoi les Suisses défendaient la justice naturelle contre les pseudo-élites juridiques qui entendaient la violer -- en même temps que leur propre législation ! quand par referendum ils ont interdit la construction de minarets sur leur territoire. C'est aussi pourquoi c'est à bon Droit que les nudistes sont parqués dans des propriétés privées, et que la burqa l'a été en Belgique et pourra l'être en France.

Quant à ceux qui se plaignent de l'excès de contraintes qui s'ensuivrait, ou qui crient à l'injustice, qu'ils réclament la privatisation de cet "espace public" qui en est la véritable cause ; pour une fois ils ne feront pas dans l'absurdisme ni dans la malhonnêteté.

Voir aussi :

- les articles de Hans-Hermann Hoppe sur le sujet :

Pour le libre échange et une immigration limitée

La vertu de la "Discrimination"

Natural order, the state and the "immigration problem".

- Les émissions de Lumière 101 avec Georges Lane

L'intégration forcée

Les pseudo élites judiciaires contre la justice naturelle

Le sans-papiérisme est un communisme