L'Europe et le piège grec : toujours plus haut sur la pyramide de Ponzi
Par Gilles Dryancour le lundi 20 juin 2011, 19:48 - Note de synthèse - Lien permanent
Plus la zone euro s’enfonce dans la crise grecque, plus l’élite dirigeante européenne semble perdre pied et rechercher des expédients pour camoufler cette évidence qui s’impose, chaque jour un peu plus, aux marchés financiers : la Grèce est en déconfiture. Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, écrivions nous fin octobre 2010:
« La Grèce est virtuellement en faillite : Si l’on reprend le critère du solde budgétaire primaire qu’il faudrait mobiliser en 2015 pour stabiliser la dette grecque sur la base 2008, on se rend rapidement compte que l’effort budgétaire est techniquement hors de portée. C’est en effet 12,3% de son PIB que le gouvernement d’Athènes devrait allouer, en 2015, au remboursement de la dette. Le défaut de paiement devient tellement prévisible qu’il commence à être publiquement évoqué par les hommes de l’Etat grec » (2).
En huit mois, la situation économique et financière d’Athènes s’est considérablement dégradée et les illusions d’un éventuel redressement envolées. Ceci malgré les injections massives de liquidités effectuées par l’Union Européenne et le FMI. En d’autres termes, les lois économiques commencent à produire tous leurs effets et les artifices étatiques pour les contourner se réduisent à néant.
1. Des données brutes de plus en plus brutales
Lorsqu’on rassemble les dernières données publiées par Eurostat, le FMI et la presse financière, on comprend rapidement que la Grèce est structurellement devenue insolvable (3). Fin 2010, le ratio d’endettement public par rapport au PIB atteignait 142,8%. Il dépasse aujourd’hui 150% (4). Le taux de croissance a, pour sa part, été négatif en 2010. Selon les chiffres du FMI, le PIB grec a reculé l’année dernière de 4,2% (5). Et, sur les trois premiers mois de l’année 2011, la récession s’est accélérée avec un recul de 5,5% du PIB (6). Concomitamment, le déficit public s’aggrave. Un article paru dans le Monde du 14 juin résume bien le dérapage des finances publiques grecques :
« Alors que les ministres des finances de l'Eurogroupe tenaient mardi une réunion pour évoquer le plan d'aide à la Grèce, le ministère des finances grec a annoncé que le déficit budgétaire du pays a dérapé sur les cinq premiers mois de 2011, s'établissant à 10,275 milliards d'euros alors que l'objectif était de 9,072 milliards. En un an, le déficit public grec s'est donc creusé de 12,9 %, malgré le plan de soutien de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI). Ce résultat, sur la base d'estimations "provisoires", découle surtout d'un manque à gagner de 1,936 milliard sur le total des recettes par rapport aux objectifs fixés par le budget. Les dépenses budgétaires, elles, sont en hausse de 6,4 % par rapport aux cinq premiers mois de 2010, à 27,592 milliards, soit 1,015 milliard de plus que prévu (…) La hausse des dépenses se poursuit.Le ministère a imputé dans un communiqué cette évolution au recul plus grave que prévu de la croissance au dernier trimestre 2010, à un tassement des recettes des impôts, et à une hausse des retours sur avances "du fait du règlement de différends d'années passées". La hausse des dépenses, en dépit d'un an de rigoureuse austérité, est, elle, due au déblocage d'une ligne de crédit de 375 millions d'euros pour acquitter une part des lourdes dettes des hôpitaux, et au poids du service de la dette, avec des dépenses en hausse de 8,3 % sur un an, à 5,844 milliards » (7).
Inévitablement, les taux d’intérêt des obligations grecques explosent :
« Les taux d’intérêt à long terme sur les emprunts d’Etat de la Grèce ont atteint mercredi 15 juin des niveaux record alors que la contestation monte dans le pays et que les Européens ne parviennent pas à se mettre d’accord sur les modalités d’un second plan d’aide au pays jugé de plus en plus proche du défaut. A 18H30, ces taux à dix ans se tendaient à 17,439% contre 17,156% la veille au soir et après avoir atteint 17,68% en séance, du jamais vu » (8).
De manière encore plus spectaculaire, le rendement des obligations grecques à trois ans est passé de 8 à 29% en moins d’un an. Une variation qui, à elle seule, entraînerait un coût théorique supplémentaire de refinancement de la dette de plus de 100 milliards d’euros.
Au vu de toutes ces données, on est légitimement en droit de se demander si la Grèce sera un jour en mesure d’honorer ses engagements envers ses créanciers. Pour répondre à cette question, nul besoin de modèles mathématiques complexes ou d’équations au énième degré. Il suffit pour cela d’utiliser une arithmétique élémentaire basée sur la règle de trois et accessible à tous les enfants de cours moyen.
2. Calculs élémentaires d’une déconfiture déjà réalisée
Supposons, un instant, que la Grèce n’ait pas le soutien de l’Union Européenne et qu’elle doive emprunter sur les marchés des capitaux. Quel devrait être, alors, le taux de croissance de son PIB pour payer les seuls intérêts de sa dette à un taux de 17,5% sur 10 ans ou de 30% à 3 ans ? Pour obtenir le taux à dix ans, on procède en multipliant le ratio d’endettement par le taux d’intérêt divisés par 100 soit : (150 X 17,5)/100 = 26,25%. Et, en appliquant le même calcul pour le taux d’intérêt à 3 ans, on obtient 45%. Inutile de préciser que de tels taux de croissance du PIB ne se rencontrent pas dans l’économie réelle, même en Chine. De facto, la Grèce est incapable d’emprunter sur les marchés financiers. C’est bien pour cette raison que, il y a exactement un an, l’on a créé du Fonds de stabilisation européen. Ceci de telle sorte que la Grèce puisse continuer à emprunter, envers et contre tous les marchés, à un taux de moyen de 5%.
A 5% d’intérêts, il faudrait à la Grèce un taux de croissance du PIB de 7,5% pour rembourser ses seuls intérêts. Cela sans augmenter les impôts de manière insoutenable. Or, nous l’avons vu, au lieu d’une croissance de son PIB, la Grèce a subi une décroissance de 4,8% en 2010. Et, en 2011, elle se trouve actuellement sur une pente de - 5%.
De ce point de vue, la Grèce est prise entre l’enclume de son PIB et le marteau du montant de sa dette qui, en dehors de la charge des intérêts, continue à augmenter mécaniquement au fur et à mesure que son PIB se contracte.
Ainsi, si l’on retient l’hypothèse d’une récession à 5% en 2011, on peut calculer l’augmentation mécanique de la dette au début de l’année 2012 soit : (100/97 X 150) = 154%. Un chiffre auquel, il faudra ajouter les 7,5% de croissance manquants pour payer les intérêts de ladite dette soit : 161,5%. On peut donc estimer qu’à la fin de l’année 2011, la dette publique grecque franchira le cap des 160% de son PIB.
Bien entendu, les hommes de l’Etat peuvent faire fi des questions de croissance et tenter d’augmenter les recettes de l’Etat en augmentant les impôts. C’est la politique très dangereuse adoptée par le gouvernement socialiste de Papandréou. Un pari d’autant plus risqué, que la hausse des impôts peut entretenir la récession et encourager la fraude fiscale. Ceci, dans un pays où elle est notoirement considérée comme un sport national.
De toute évidence, la Grèce n’est plus en mesure de payer les intérêts de sa dette. Et, chaque jour qui passe diminue ses capacités de remboursement.
L’agence de notation Moody’s ne s’y est pas trompée. Le 1er juin, elle a abaissé la note de la Grèce de trois crans :
« Moody's a dégradé de trois crans la note de la Grèce. Athènes reproche à l'agence de notation d'ignorer ses efforts pour réduire sa dette. La Bourse de New York affiche sa plus forte baisse à la clôture depuis août dernier. Une fois encore, les agences de notation vont faire parler d'elles. Alors que les marchés financiers avaient retrouvé un semblant de confiance, Moody's vient de doucher leurs derniers espoirs. Trois semaines après Standard and Poor's, l'agence de notation a dégradé de trois crans la note qu'elle attribue à la dette publique de la Grèce à un niveau (Caa1) reflétant un risque réel de non-remboursement. ‘’L'abaissement de la note reflète l'accroissement du risque de voir la Grèce échouer à stabiliser sa dette sans la restructurer’’, explique l'agence de notation. Autrement dit, Moody's craint que la Grèce fasse défaut. Un risque qu'elle évalue à environ 50%. Deux jours après que l'Allemagne avait rassuré les marchés financiers en écartant une restructuration de la dette grecque, l'agence de notation américaine, elle, ne croit pas que la Grèce puisse stabiliser sa dette sans une restructuration » (9).
Après cette nouvelle dégradation de sa note, la Grèce se retrouve le pays le plus mal noté du monde, après le Pakistan. C’est dire l’ampleur de sa déroute financière.
On ne se sera, toutefois, pas totalement d’accord avec Moody’s quant à la crainte d’un risque de défaut dans l’avenir. En vérité, la Grèce a déjà fait défaut. C’est là une évidence qui semble échapper à tous les commentateurs : ce n’est plus le contribuable grec qui paye les intérêts de la dette publique grecque, ce sont les contribuables allemands, français, hollandais, autrichiens, suédois, danois... et même chinois.
La réalité que masque le Fonds de stabilité européen, c’est que la Grèce est actuellement renflouée par des débiteurs, contraints par leurs hommes de l’Etat de soutenir un débiteur insolvable. Pour prendre une analogie, c’est comme si une banque privée voulait récupérer ses créances sur un mauvais payeur. Qu’elle mandate à cette fin un huissier. Et, que cet huissier, en cheville avec un juge ami du débiteur de la banque, revenait avec une injonction du tribunal pour que la banque octroie un crédit supplémentaire à son débiteur…
Dans le cas présent, ce sont les hommes de l’Etat qui jouent le rôle du juge ami du débiteur et les contribuables celui de la banque. Quant au rôle de l’huissier, il incombe sans doute à l’euro…
Le motif avancé pour justifier une telle perversion des rôles est que si l’on ne sauvait pas la Grèce, il se produirait un effet de contagion à toute la zone euro qui risquerait alors d’éclater. Cependant, rien ne prouve que les interventions du Fonds de stabilisation européen sauveront la Grèce ni que la contagion ne se produira pas. L’analyse des interventions récentes du Fonds de stabilité européen et des résultats obtenus laisse penser le contraire.
3. Le soutien à la Grèce fragilise la zone euro
C’est une évidence marquée au fer rouge de l’actualité : le premier plan de sauvetage européen de 110 milliards d’euros a échoué. Moins d’un an après, il faut dans l’urgence mettre en œuvre un second plan évalué, à ce jour, entre 100 et 120 milliards d’euros. Or, sans retour d’une forte croissance en Grèce, ce plan sera aussi voué à l’échec. Quant à la contagion, elle a déjà touché le Portugal et l’Irlande. Cela se lit très clairement dans l’évolution des taux de leurs obligations à 3 ans et à 10 ans. Comme pour la Grèce, ils ont battu des records historiques. Au 14 juin, ces taux étaient, pour les obligations portugaises à 3 ans de 12,9 % et de 10,6% pour les obligations à 10 ans. Pour les obligations irlandaises, le taux à 3 ans était de 13,4% et à 10 ans de 11,3%.
Et, le vendredi 17 juin, Moody’s annonçait la dégradation prochaine de la note de l’Italie :
« Au
plus fort de la
crise grecque, l'agence d'évaluation financière Moody's a
indiqué vendredi qu'elle envisageait d'abaisser la note de dette de
l'Italie, actuellement fixée à "Aa2". L'agence souligne
les risques pesant sur la croissance, les marchés financiers et la
capacité du gouvernement à réduire le déficit. Moody's a annoncé
dans un communiqué avoir placé "sous surveillance en vue d'un
éventuel abaissement" la note de la dette publique italienne à
long terme, qui est la troisième meilleure possible sur son échelle,
après "Aaa" et "Aa1".
Elle a invoqué "les
défis pour la croissance économique dus aux faiblesses
structurelles et une probable hausse des taux d'intérêt au fil du
temps". Elle s'inquiète des "risques pesant sur la mise en
oeuvre des projets de rééquilibrage du budget nécessaires pour
réduire le niveau de la dette de l'Italie et maintenir le coût de
son refinancement à des niveaux abordables (…) Enfin, Moody's
envisage "une évolution [défavorable] des conditions de
financement pour les Etats européens ayant de hauts niveaux de
dette", une allusion à la crise dans d'autres pays de la zone
euro » (10).
Rappelons que le ratio d’endettement public de l’Italie est de 120% de son PIB. Ce n’est donc pas, directement, la crise de l’endettement public grec qui affecte la capacité d’emprunt de l’Italie, c’est son endettement propre et ses capacités limitées de croissance. C’est une lapalissade de le dire, mais la ‘’contagion’’, c’est-à-dire la hausse des taux des obligations publiques, ne pourrait se produire si les pays de la zone euro avaient des finances publiques équilibrées et des perspectives positives de croissance. Les pays de l’Euroland aux économies les plus saines ne sont d’ailleurs pas touchés par la crise grecque. Cela se reflète parfaitement dans les spreads de taux longs, par rapport à l’emprunt Bund allemand. Pour le mois de mai, ceux-ci étaient, en points de base, de 0 pour le Luxembourg, 26 pour la Finlande, 34 pour les Pays-Bas, 43 pour la France, 47 pour l’Autriche.
Par contre, pour les PIIGS, les spreads s’élevaient à 1228 points pour la Grèce, 758 pour l’Irlande, 657 pour le Portugal, 226 pour l’Espagne et 170 pour l’Italie (11).
Là où la crise grecque se reflète marginalement dans la notation des pays de la zone euro, donc dans le taux d’intérêt de leurs obligations, c’est dans l’estimation qui est faite de leur capacité d’emprunter pour renflouer la Grèce. Très certainement, cette estimation intègre aussi le degré d’acceptation des opinions publiques européennes à soutenir le gouvernement d’Athènes qu’ils n’ont pas élu et des services publics grecs dont ils ne bénéficieront sans doute jamais.
Or, sous cet angle, les marges de manœuvre des Etats de l’Union Européenne ne cessent de se réduire. Cela se lit dans leurs déficits et le ratio de leur dette publique :
« En 2010, les déficits publics les plus élevés, par rapport au PIB, ont été observés en Irlande (-32,4%), en Grèce (-10,5%), au Royaume-Uni (-10,4%), en Espagne (-9,2%), au Portugal (-9,1%), en Pologne (-7,9%), en Slovaquie (-7,9%), en Lettonie (-7,7%), en Lituanie (-7,1%) et en France (-7,0%)… A la fin de 2010… quatorze États membres ont affiché un ratio de dette publique supérieur à 60% du PIB en 2010: la Grèce (142,8%), l’Italie (119,0%), la Belgique (96,8%), l'Irlande (96,2%), le Portugal (93,0%), l’Allemagne (83,2%), la France (81,7%), la Hongrie (80,2%), le Royaume-Uni (80,0%), l'Autriche (72,3%), Malte (68,0%), les Pays-Bas (62,7%), Chypre (60,8%) et l'Espagne (60,1%). En 2010, les dépenses publiques dans la zone euro ont représenté 50,4% du PIB et les recettes publiques 44,4% » (12).
Quant aux opinions publiques européennes, le moins que l’on puisse dire c’est qu’elles s’impatientent. Particulièrement en Allemagne, où les électeurs ont l’impression d’avoir été trahi par le gouvernement Merkel qui avait adopté le premier plan de sauvetage de la Grèce contre leur gré et avait laissé entendre qu’il n’y en aurait pas de second. Ils le lui ont d’ailleurs fait payer politiquement très cher aux dernières élections régionales.
Relevons, au passage, que le ratio d’endettement de l’Allemagne (83,2%) est désormais supérieur à celui de la France (81,7%), ce qui progressivement affecte le taux de ses obligations :
« La confiance est loin d'être revenue et le manque de coordination des Européens y est pour quelque chose. Le Bund allemand, avec un rendement de 2,91% à 10 ans, fait toujours office de valeur refuge. Mais ce statut commence à être remis en question. Le mois de décembre a d'ailleurs été marqué par une forte volatilité pour les titres souverains allemands. Après avoir démarré le mois de décembre à 2,67%, le Bund a touché un plus haut de 3,05% durant le mois avant de terminer l'année à 2,96%. Un certain nombre d'investisseurs notent que compte tenu des désordres au sein de la zone euro, et en l'absence d'une plus grande coordination des politiques économiques, acheter la dette allemande n'est plus vraiment protecteur puisque l'Allemagne ne serait pas à l'abri en cas de crise majeure. Quelques grands investisseurs institutionnels, comme Legal & General, ont récemment indiqué être à la recherche d'alternatives, regardant du côté des Pays-Bas ou de la Finlande » (13).
La très grande hostilité de l’opinion allemande au renflouement de la Grèce ne permet plus au gouvernement Merkel d’agir comme bon lui semble. Aussi, la chancelière a-t-elle tenté, ces dernières semaines, de ménager la chèvre grecque et le chou allemand en proposant de faire contribuer les banques privées au second plan de sauvetage. Ce qui, dans un premier temps, a suscité l’ire de la France et a empêché la conclusion d’un accord sur les modalités du nouveau plan de renflouement.
4. L’introuvable plan de sauvetage
Depuis le mois d’avril, les négociations au sein de l’Eurogroupe, pour la mise en place d’un second plan de renflouement en faveur de la Grèce, se sont enlisées faute d’une option satisfaisant les attentes contradictoires de toutes les parties prenantes.
Afin de comprendre pourquoi il n’y aura désormais plus de plan consensuel, il est utile de se livrer à une revue des options théoriquement disponibles pour liquider la dette grecque :
Première option : c’est la vieille recette de la monétisation de la dette, de l’inflation puis de la dévaluation de la monnaie. Elle n’est plus possible dans le cadre de l’euro, même si la BCE a partiellement monétisé la dette publique grecque en la rachetant sur le second marché. L’Allemagne s’y oppose absolument. En outre, la monétisation est interdite par les statuts de la BCE qui, si elle ouvrait cette boîte de Pandore, devrait également monétiser la dette irlandaise, portugaise, espagnole, voire italienne. Ce qui dépasse de loin ses capacités financières.
Deuxième option : la reconduite à l’identique du premier plan et l’octroi d’une nouvelle tranche de 110 à 120 milliards d’euros. C’était jusqu’au mois de mai l’option préférée par les pays latins et interventionnistes, France en tête. Là aussi, l’Allemagne a fait comprendre qu’un tel plan n’était plus politiquement acceptable. Et, comme l’a observé Jean-Jacques Rosa, dans une entrevue donnée au Figaro le 15 juin, ce type d’intervention ne résout pas les problèmes de la Grèce, il les aggrave :
« Avec des inflations plus élevées que la nôtre - et surtout que l'allemande -, une compétitivité fortement dégradée, des problèmes aigus de dette, certains de ces pays vont sortir très probablement de la zone euro. Je pense à la Grèce, mais aussi au Portugal, à l'Irlande, et peut-être même l'Espagne. C'est une prédiction sérieuse ? Pour les Grecs, assurément. Le pire est le problème du renouvellement de la dette qui arrive à terme. Il leur faudra réemprunter beaucoup entre 2012 et 2014. On multiplie donc les plans de prétendu sauvetage, alors qu'en vérité on alourdit encore leur dette en pourcentage du revenu national. Et les plans d'austérité contractent davantage l'activité économique, si bien que le rapport de la dette à la capacité de remboursement augmente au lieu de se réduire. Chaque prêt aggrave leur problème » (14).
Troisième option : contraindre les banques à échanger les obligations grecques arrivant à maturité contre de nouvelles obligations à maturité plus longue. C’est l’option allemande du roll-over, défendue par Merkel et Schäuble. Cette option a contre elle la BCE :
« A Berlin, le gouvernement allemand ne cache plus son irritation à l'égard de la BCE, dont il défend d'ordinaire bec et ongles l'indépendance. L'institution monétaire européenne insiste pour que les créanciers privés de la Grèce ne soient appelés que sur une «base volontaire» à accorder un sursis à un pays dont les agences de notation attendent la banqueroute. C'est loin d'être suffisant aux yeux des députés de la coalition de centre droit de Merkel, pour lesquels cette participation doit être contraignante. Afin de s'assurer le soutien du Bundestag de plus en plus regardant sur les deniers de l'Allemagne, le gouvernement fédéral demande donc que tous les créanciers soient priés d'échanger leurs titres contre les obligations grecques à maturité plus longue. Pour la BCE, un tel échange contraint équivaudrait à reconnaître qu'Athènes est en défaut de paiement » (15).
Cette option est également rejetée par le FMI, la communauté financière internationale et les agences de notation pour les mêmes raisons. Incidemment, elle est repoussée par la France dont les banques Société Générale, Crédit Agricole et Paribas sont surexposées à la dette grecque. C’est ce qu’a montré leur mise sous surveillance, le 15 juin, par Moddy’s.
Comme on le comprend facilement le plan de Berlin ferait peser une charge plus grande sur les banques françaises que sur les contribuables allemands. Un plan qui n’arrange pas Paris qui rêve toujours, un peu naïvement, de diluer la dette grecque portée par ses banques entre les pays solvables de l’Euroland. C’est bien pour cette raison que le gouvernement français défend, pour la Grèce, l’approche volontaire d’une initiative dite de ‘’Vienne’’, sachant qu’elle a très peu de chance d’aboutir concrètement :
« Cette solution, qui s’apparente à l’initiative de Vienne de 2009 pour traiter la crise en Europe centrale, ‘’fait figure de solution technique pour permettre aux dirigeants européens d’affirmer que les banques participent au sauvetage de la Grèce, en contrepartie d’une deuxième ligne d’aide publique’’, explique Etienne Pourny, président de Stelphia Asset Management. Les banques françaises s'y étaient déjà engagées en mai 2010 lors de l'octroi du premier plan d'aide à Athènes. Mais sa mise en œuvre s’annonce délicate, pour des effets certainement limités. Comme les porteurs de dette grecque sont non seulement des banques, mais aussi des hedge funds, des compagnies d’assurance et des fonds de pension, il sera difficile de les persuader tous de participer à l’initiative, soulignent les économistes de marché de BNP Paribas. Si les banques grecques sont les seules concernées… les bénéfices seraient moindres. Les banques domestiques détiennent 46 milliards d'euros d’obligations d’Etat grecques et les étrangères environ 40 milliards. Surtout, une initiative de Vienne ‘’ne résout pas le problème de l’endettement trop important du pays. Elle réduirait simplement les problèmes de liquidité. Cela revient à déplacer les chaises longues sur le Titanic’’, concluent les économistes de marché de BNP Paribas » (15).
Quatrième option
La sortie de la Grèce de l’euro et la dévaluation. Selon nous, cela serait la moins mauvaise des solutions. Car privée d’industries et de services performants, la Grèce n’est pas en mesure de générer une croissance endogène assez forte qui lui permettrait de rembourser sa dette publique. Certes, cette solution aura un coût. Et, même un coût élevé avec des répercussions pour les autres pays surendettés de la zone euro. Mais ce coût sera toujours moins élevé que de faire gonfler artificiellement la dette publique de la Grèce jusqu’au jour où plus personne ne pourra on ne voudra plus la financer.
5. Conclusion
Quelle que soit l’option qui sera retenue d’ici juillet ou septembre pour éviter le défaut de paiement de la Grèce (sans doute un mélange du plan français avec une nouvelle tranche de prêts directs et une dose allemande de roll-over bancaire plus ou moins volontaire), elle ne donnera satisfaction à personne et renforcera les antagonismes entre les partenaires de l’Eurogroupe dans la gestion future de la crise.
Sans doute ces derniers commencent-ils à prendre conscience qu’ils sont victimes du piège dialectique qu’ils ont eux-mêmes créés : en renflouant la Grèce pour sauver la monnaie unique, ils empêchent la Grèce de se sauver elle-même. Tant qu’ils refuseront de sortir de ce labyrinthe conceptuel, ils n’auront d’autre issue que de monter toujours plus haut sur la pyramide de Ponzi. Jusqu’au jour où tout l’édifice s’effondrera.

Notes
(1) Gilles Dryancour, Institut Turgot, L'Allemagne et le dossier grec : les juges constitutionnels feront-ils dérailler l'euro ?, juillet 2010. La démocratie européenne périra-t-elle en Grèce ?, avril 2010. Sortie de crise (3): vers la dislocation de l’Euroland ?, décembre 2009.
(2) Gilles Dryancour, Institut Turgot, Union monétaire : en route vers l'eurodrachme...., novembre 2009.
(3) Eurostat, Communiqué de Presse, EuroIndicateurs, n° 60/2011, 26 avril 2011.
(4) Libération, Grèce la crise sans fin, Jean-Louis Quatremer, Les coulisses de Bruxelles, 29 mai 2011.
(5) Le Figaro Economie, Le FMI plus pessimiste sur la croissance grecque, 14 décembre 2010.
(6) Agence Reuters, Greece GDP dives as cabinet aims to back austerity, 9 juin 2011.
(7) Le Monde avec AFP, Grèce : le déficit budgétaire continue d'exploser en 2011, 14 juin 2011.
(8) Le Monde avec AFP, Les taux d'intérêt des emprunts grecs s'envolent à des niveaux record, 15 juin 2011.
(9) Le Figaro Economie, La Grèce aurait moins de 50% de chances de rembourser sa dette, 3 juin 2011.
(10) Le Monde avec AFP, Moody's pourrait dégrader l'Italie, 17 juin 2011.
(11) BCE, Long-term interest rate statistics for EU Member States, 14 juin 2011.
(12) Eurostat, Communiqué de Presse, EuroIndicateurs, n° 60/2011, 26 avril 2011.
(13) Bourse Reflex, Le Bund voit son statut de valeur refuge contesté, 10 janvier 2011.
(14) Le Figaro, Rosa : «L'euro est un contresens économique», 15 juin 2011.
(15) Le Figaro, Grèce : les Européens jouent la montre, par Patrick Saint-Paul, 16 juin 2011.
(16) L’Agefi, Une « initiative de Vienne » pour la dette grecque aurait un effet symbolique
Commentaires
Toutes ces analyses qui semblent justes ne sont pourtant pas corroborées par la belle tenue de l'euro sur le marché des changes.
@ Francis,
Parce que le dollar n'inspire pas plus confiance. Regardez plutôt l'or!
A Francis,
La valeur de l'euro n'est pas uniquement déterminèe par la crise en Grèce.
Si vous faites allusion à la valeur de l'euro par rapport au dollar, la comparaison ne nous donne rien d'autre que le taux de change entre deux monnaies de papier. Or, la politique monétaire de la FED est bien plus keynèsienne que celle de la BCE. En cela le dollar est en plus mauvaise santé que l'euro qui, de ce point de vue, ressemble beaucoup plus au mark qu'au.dollar.
Mais si vous prenez le taux de change de l'euro par rapport au franc suisse ou son pouvoir d'achat en or physique vous constaterez que la monnaie unique européenne a perdu de la valeur.
Il faut également éviter de tomber dans l'íllusion selon laquelle une monnaie forte serait une bonne monnaie.
C'est certainement une bonne monnaie pour l'Allemagne, mais c'est une mauvaise monnaie pour l'Italie et a fortiori pour la Grèce.
Merci de nous lire,
GD
@ Lio,
Vous avez résumé mon commentaire d'un mot en prenant l'or comme référentiel. En d'autres termes on peut dire que la valeur du dollar se dégrade seulement un peu plus rapidement que celle de l'euro.
Quant à l'or, il faut conserver à l'esprit qu'il ne crée aucune richesse.
C'est une valeur refuge.
En cas de remontée des taux directeurs aux Etats-Unis, sa valeur pourrait baisser à nouveau.
Bien à vous,
GD
Merci à M. Dryancour pour cet exposé clair et approfondi de ce qui nous attend ; je crains malheureusement que vous ne soyez lu que par les libéraux et non par ceux qui nous ont mis dans ce pétrin et veulent nous y enfoncer encore davantage pour sauver leur peau...
A Daredevil2007,
Merci pour votre aimable commentaire:
Compte tenu des orientations de l'Institut Turgot et de la culture économique dominante en France, je crains que vous n'ayez raison.
Quant à l'action du politique; elle s'explique notamment par le travers que vous soulignez : on retarde l'issue inévitable de la crise grecque à la prochaine échéance électorale, toujours à un cout supérieur.
Toutefois deux éléments psyhologiques s'y ajoutent : l'illusion constructiviste qui laisse croire que la volonté politique l'emporte sur les lois économiques et ce que l'on appelle la dissonance cognitive qui est un schéma par lequel on persévère dans l'erreur pour ne pas reconnaitre que l'on s'est trompé.
Un mélange dangereux s'il en est.
In fine, les faits trancheront au-delà de tous les partis pris personnels ou idéologiques et nous verrons bien qui, dans ses analyses, s'en sera le plus approché.
Bien à vous,
GD
Bonjour,
Je vous remercie pour cet excellent article. Comme d'habitude je ne suis pas déçu par les analyses de l'institut turgot. Je reste sceptique sur la conclusion finale, cependant...
Au passage, j'ai trouvé un très bon site parlant essentiellement d'économie : http://www.intelligence-strategique... ; apparemment l'équipe compte évoquer d'autres thématiques, mais l'un des auteurs (Adrien Gévaudan) traite principalement de la crise de la dette européenne.
A lire notamment leurs articles sur la recevabilité de l'opinion consistant à prôner la suppression pure et simple de la dette publique.
Bonne continuation!
Merci Jordyn pour votre commentaire élogieux.
Pourriez-vous me dire quelle partie de ma conclusion vous laisse sceptique.
Bien qu´assez courte, elle contient plusieurs hypothèses.
L´idée de supprimer purement et simplement la dette publique est une idée puérile. Bien entendu, cela pourrait se faire par un méfait du prince.
Mais, la Grèce et quelques autres pays parmi les PIIGS ne pourraient plus émettre d´obligations pendant au moins une génération.
Politiquement, entre deux options, il serait moins coûteux de sortir de l´euro et de dévaluer.
Merci aussi pour vos encouragements, bienvenus.
Avec ma sympathie,
GD
En fait, on assiste à du "Madoff étatique" discrètement encouragé par la BCE
A Charly06,
On peut aussi parler de ´´Madoff´´ systèmique.
A la différence de l'escroc dèsormais cèlèbre, il n'y a pas la volonté collective de mal faire; c'est plutot l*envie de faire le bien dictè par une certaine idèologie qui conduit à monter toujours plus haut sur la pyramide de Ponzi;
Phénomène accentuè par la dérive qui constitue à renvoyer aux prochaines èlections les dècisions douloureuses, ce qui en augmente nècèssairement le cout.
Bien à vous,
GD
Der Spiegel (le Miroir) est le plus grand et le plus influent hebdomadaire allemand d'investigation, créé par Rudolf Augstein en 1946-1947.
Der Spiegel est un grand magazine d'enquêtes et d'investigation allemand de tendance centre gauche.
(Source : Wikipedia)
Pour Der Spiegel, la cause est entendue : l'euro est mort.
Regardez bien la photo de couverture :
http://www.spiegel.de/spiegel/0,151...
Nachruf auf eine gemeinsame Währung = "Nécrologie de la monnaie unique."
Bonjour,
J'avais posté une réponse hier, mais apparemment elle s'est "perdue"!
Ce qui me laisse sceptique dans votre conclusion, ce ne sont pas vos hypothèses, avec lesquelles je suis plutôt d'accord ; c'est uniquement le fait que vous présentez la voie qui est, sans doute, la plus probable ; mais qui n'est pas la seule. J'adhère, personnellement, à la conclusion de cet article :
http://www.intelligence-strategique...
... et espère donc un saut fédéral.
Quant à la possibilité de supprimer unilatéralement la dette publique, elle est puérile aujourd'hui, bien sûr ; et seul un gouvernement irresponsable pourrait prendre une telle décision. Mais on sait que beaucoup de décisions économiques sont prises pour des raisons politiques, ce qui est un tort. Et quand on voit les "programmes économiques" de certains candidats, on se pose des questions quant à leur intelligence...
Votre article dit exactement ce que je pense. Alors, hier, je suis allé acheter de l'or physique. Suis je un vieux jeton qui fait comme sa grand-mère pendant les dernières guerres où ai-je raison ?? Quels sont les pièges de l'or ?
Merci pour cet article.
Bonjour,
Je trouve également cet article très intéressant ; je regrette cependant l'absence d'analyse critique envers les agences de notation, que vous citez plusieurs fois. Bon, cela n'est sans doute pas le propos du billet, mais il me semble que Moody's, S&P's et autres Fitch jouent un grand rôle dans ce que les médias appellent "la spirale négative", qui est en réalité l'incarnation même de la procyclicité vicieuse de certains acteurs.
Dans tous les cas j'avoue être très surpris par la qualité des articles de ce blog, que je parcoure(nt) longuement et régulièrement. Vous semblez réconcilier libéralisme et humanisme, dichotomie certes plus souvent effectuée par les médias que justifiée par les faits. Il est trop souvent oublié que les courants économiques sont au final assez peu conflictuels, et qu'aucun n'affirme détenir la vérité (économique).
Je suis d'ailleurs en train d'écrire un billet sur le sujet, agacé par la confusion entre les courants de la pensée économique et l'interchangeabilité qu'il existe entre certains termes (libéral, ultra-libéral, classique, néoclassique, keynésien, etc).
Dans tous les cas : bonne chance pour la suite!
AG
Bonjour M Dryancour
Je partage votre analyse sur la Grèce: elle est déjà en faillite et le mieux aurait été de la sortir de l'euroland pour éviter la contamination. Mais cela ne doit pas masquer la situation du dollar ou de la livre comme vous le dites dans le commentaire 3. A ce sujet, on pourra lire le dernier résumé du GEAB (http://www.leap2020.eu/GEAB-N-56-Sp...)
A BA pour son commentaire sur l'Allemagne,
Vivant en Allemagne, j'observe chaque jour le ressentiment monter contre la décision de renflouer la Grèce. C'en est à ce point que les gens placent spontanément des affiches, de leur confection sur les murs pour dénoncer la trahison du gouvernement dirigé par Madame Merkel. La chancelière est sous une pression politique croissante. Elle a contre elle les rangs de l’opposition et la majorité de sa majorité. Malgré tout, je pense que le gouvernement Merkel financera le plan de sauvetage de la Grèce contre 80 à 90% de l’opinion publique allemande. Ce qui montre bien que, même en Allemagne, la démocratie est souffrante. L’euro n’est donc pas mort. Il n’est que moribond.
Cependant, les hommes de l’Etat allemand exigeront des Grecs un plan d’austérité ‘’à l’allemande’’ n’ayant pas compris que l’économie de la Grèce ne pouvait se permettre un euro-mark fort mais ne peut tourner qu’à la drachme.
Un troisième plan de renflouement sera donc nécessaire d’ici un an ou deux. Et, à mon avis, cela sera la goutte d’eau qui fera déborder le tonneau des danaïdes. Encore, sommes-nous là dans une hypothèse où seule la Grèce devrait être renflouée. Si l’Irlande et le Portugal doivent également être placés sous transfusion fiscale, l’implosion de l’euroland se produirait alors bien plus tôt.
Cela sera, peut-être, une catastrophe politique en ce sens que les hommes de l’Etat ne pourront plus financer leurs politiques keynésiennes à faible coût. Mais cela sera, sans doute, une opportunité historique de remettre les économies européennes sur les rails de la croissance.
Bien à vous,
GD
Bonjour Jordyn,
Oui, j’ai vu votre premier commentaire. J’y ai répondu. Et comme vous le dîtes, le votre et le mien ont été ‘’perdus’’.
Vous avez raison de souligner qu’il y a plusieurs voies pour sortir de la crise grecque. La combinaison des facteurs économiques, sociaux, politiques, culturels… est souvent telle que le dénouement se produit d’une manière inattendue. On peut donc théoriquement imaginer que la crise grecque se termine comme celle des emprunts russes. Cependant, ce n’est pas l’option la plus probable. Elle ne viendra pas en tout cas dans l’immédiat, d’une initiative de la Grèce (je vous dirais pourquoi dans un instant). Elle ne serait possible que si l’élite qui dirige l’Allemagne et la France verraient un plus grand avantage à sortir de l’euro qu’à y rester. Or, ce n’est pas encore le cas. Notamment, parce que cette élite a imposé l’euro unique à ses électeurs.
Quant aux hommes de l’Etat grec, ils ont structurellement intérêt à retarder la suppression unilatérale de la dette. Si l’on prend, en effet, l’hypothèse que c’est l’option inévitable, (C’est à dire celle du remboursement 0 aux dépends des créanciers), il est bien plus intéressant de ne pas rembourser 700 milliards que 350. Entre-temps, la classe politique au pouvoir a maintenu ses revenus et privilèges aux dépends de ses créanciers. Selon l’expression populaire c’est autant de gagné. Et, avec un peu de chance, c’est le gouvernement suivant qui devra porter tout le poids historique d’une décision aussi grave.
Selon un article récent, paru dans le Figaro, je crois, si la Grèce faisait défaut maintenant cela coûterait 500 euros à chaque européen (enfants compris). Si elle faisait défaut dans trois ans, cela serait plus de 1200€. Il faut donc s’attendre à payer encore plus.
Pour ce qui est de l’intelligence ou de l’imbécillité des hommes politiques, vous me permettrez cette remarque sociologique, elle n’est pas différente de celle des autres groupes humains constitués. Vous trouverez, selon la loi de Gauss, la même répartition qu’ailleurs. Les propositions qui nous apparaissent comme les plus stupides, sont souvent les plus ‘’intelligentes’’ pour servir au mieux leurs intérêts personnels. C’est ce que nous enseigne l’école du public-choice qui démystifie les discours idéologiques mais reconnaît la permanence du phénomène humain.
Enfin pour ce qui est de l’Etat fédéral européen, c’est à mon tour d’être relativement sceptique. Si l’on entend par-là une communauté économique qui définit des règles du jeu commune, pourquoi pas. S’il s’agit d’un super-Etat centralisé qui se sert du paravent fédéral : c’est le système à bout de souffle qui prévaut actuellement .
Merci beaucoup d’être revenu en ligne et d’avoir précisé votre point de vue une seconde fois.
Bien à vous,
Gilles Dryancour
A Pierre,
Pour ce qui est de l’or, il n’y a pas de piège tant que la politique monétaire des banques centrales consiste à augmenter la masse monétaire à des fins de relance keynésienne. Ce qui est actuellement le cas. Quelques pièges existent cependant :
1) A l’achat. toujours acheter des pièces sous pochette scellée avec certificat, sinon, il y a un risque de forte décote à la revente.
2) Se méfier des achats émotifs (par exemple après la lecture de l’un de mes articles). Plutôt que d’acheter une grosse quantité en une fois, acheter des petites quantités sur de longues périodes.
3) Pour les épargnes modestes, préférer les pièces aux lingots plus facilement négociables ou échangeables en cas de crise majeure.
4) Risque de confiscation de l’Etat. Cela est arrivé dans plusieurs pays, notamment aux Etats-Unis. S’il s’agit d’une petite quantité, garder l’or dans un endroit inaccessible aux voleurs. Grande quantité : dépôt dans dans un coffre facilement accessible dans une banque d'affaires de préférence. Evitez les grandes banques proches de l'Etat et sous risque systémique de la dette grecque.
5) Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, même des œufs en or. Ne pas dépasser un certain montant de son épargne liquide (mon avis sur la question est 5% minimum, 30% maximum).
6) Il y aussi le risque d’acheter de l’or à son prix plafond et de devoir le revendre à un prix inférieur. C’est la part de risque associée à tout choix économique que l’on pourrait qualifier de spéculatif dans la mesure où il constitue un pari sur l’avenir.
Non vous n’êtes pas un vieux jeton. Par contre, les pièces en ferraille clinquante et la monnaie de papier risque du jour au lendemain de devenir de mauvais et faux-jetons.
Prudence et raison, telle serait ma devise en la matière.
Merci de votre confiance,
Gilles Dryancour
Merci à vous Adrien Gévaudan pour votre appréciation, notamment sur la qualité des articles publiés sur ce site.
Faute de données et d’expérience, je ne suis pas qualifié pour disséquer le rôle des agences de notation.
Je peux cependant formuler quelques observations générales.
Sur les agences de notation privées : qu’elles puissent se tromper et jouer un rôle dans la formation de prophéties auto-réalisatrices, on ne peut le nier. Mais, la perception d’une valeur quelconque est toujours subjective. Ce sont donc par nature des acteurs de la subjectivité dans un jeu économique donné.
Sur un autre plan observons que les hommes de l’Etat n’aiment pas voir les données publiques évaluées par des instances privées. C’est pour cela qu’il y a tout un débat sur les agences de notation avec cette idée particulièrement saugrenue qu’il faudrait créer des agences publiques de notation pour évaluer la ‘’véritable’’ valeur des obligations émises par les Etats. Autrement dit, il conviendrait de fondre le juge et la partie pour enfin connaître la vérité objective…
Gageons que les marchés financiers ne se laisseront pas duper par ce genre de manipulations grossières.
Pour ce qui est de l’humanisme et du libéralisme, l’histoire des idées politiques et philosophiques montre très clairement que le libéralisme est issu de l’humanisme de la renaissance, voire de l’humanisme antique. Le libéralisme est donc un humanisme par définition.
Les catégories que vous mentionnez sont uniquement d’ordre pratique. Au fond, il y a autant de théories économiques qu’il y a d’économistes. Chacun percevant la réalité à son heure. Le seul défaut de la pensée dont il faut vraiment se méfier, c’est celui qui consiste à vouloir imposer une théorie réductrice de toute réalité.
Bonnes lectures ici et ailleurs. Bonne chance pour votre papier. Merci de me signaler le lien à l’occasion en ajoutant un commentaire à ce papier ou lors du prochain.
Bien à vous,
GD
@ l'auteur,
Je suis vos articles depuis de nombreux mois. Je voulais simplement vous signaler la large diffusion de ce papier en francophonie avec de nombreux commentaires des plus élogieux comme celui-ci:
Gilles Dryancour, la meilleure analyse de la situation grecque à ce jour
Publié le 22 juin 2011 par Objectifliberte
Une brève ultra rapide pour signaler la remarquable analyse de la situation en Grèce par la meilleure plume libérale francophone toutes catégories confondues, Gilles Dryancour.
http://webcache.googleusercontent.c...
N'est-ce pas un peu frustrant d'être considéré comme parmi les meilleurs analystes et de ne pas être entendu par ceux qui nous dirigent ?
Une autre question : comment la dette grecque saurait-elle être dévaluée alors qu'elle est garantie en euros ?
Un grand bravo en tout cas de l'une de vos lectrice de Belgique.
VS
"L'or est une valeur refuge" vous dites. Non, l'or est simplement une monnaie internationale qui existe depuis 5000 ans alors que les monnaies papier ont une durée de vie de 50 ans. Le Nap valait 60 € en 2005, 180 € en 2010. Il vaudra 360 € en 2015 et 720 € en 2020. Nous sommes dans un hiver de Kondratieff qui se terminera vers 2020 après la destruction de l'euro et du dollar US. L'or est la seule alternative aux monnaies papier. La Dette est une création des banquiers anglo-saxons pour réduire les peuples en esclavage. Le droit régalien de création de la monnaie a été enlevé par Georges Pompidou, ancien banquier des Rotschild, en 1973. L'Etat ne peut plus créer sa monnaie, il doit l'emprunter aux banques privées et payer un intérêt. La Dette ne pourra pas être remboursée, ni par la Grèce, ni par l'Espagne, ni par la France. La Dette est une arme de destruction massive. Elle n'a pas pour but d'être remboursée. L'objectif est le pillage des ressources publiques des pays par les multinationales. La Grèce devra vendre à bas prix ses ressources naturelles et licencier ses fonctionnaires. Idem pour l'Espagne et la France en 2012. La Dette est un problème monétaire inventé par les banquiers. Ce problème pourrait être réglé en une semaine : on ferme les banques, on sépare les banques d'affaire des banques de dépôt, on met en faillite les banques d'affaire et on nationalise les banques de dépôt, on crée un nouvel Euro comme on a eu un nouveau Franc et on repart sur une nouvelle monnaie. Malheureusement, ça ne se passera pas comme ça. Le processus de destruction ira jusqu'à son terme. Le plan Brezsinski se déroule comme prévu en Afrique et au Moyen Orient. Après avoir récupéré le pétrole Lybien, la Syrie va être nettoyée. L'étau se ressert autour de l'Iran. Ben Laden a été retrouvé au Pakistan. En septembre, un attentat aura lieu en Inde et on accusera les Talibans Pakistanais. Cet attentat servira d'alibi à l'Inde pour attaquer le Pakistan, tandis que Israël attaquera l'Iran, obligeant la Chine à intervenir, ce qui déclenchera la 3eme guerre mondiale. Albert Pike l'avait annoncé en 1870 : la 1ère guerre mondiale devait réduire le pouvoir des tsars et installer le communisme, la 2eme guerre mondiale devait permettre la création d'Israël. S'agit-il d'un complot juif ? Non, car la 3eme guerre mondiale verra la destruction de l'état d'Israël et la mise en place d'un gouvernement mondial. Jacques Attali nous le dit régulièrement : nous aurons le chaos puis un gouvernement mondial. L'ordre par le chaos. Le chaos de 2013 à 2020 et l'ordre ensuite pour les survivants. Cette idéologie est portée par les Francs-maçons et l'Eglise de Scientologie. La théorie économique n'est qu'un habillage scientifique pour justifier l'idéologie. Ces gens là, les Rotschild, les Rockfeller, les Busch ont financé Hitler en 1939. Ils contrôlent la FED, la Banque d'Angleterre et la BCE dont le futur président, M. Dragui, avait participé au maquillage des comptes de la Grèce chez Goldman Sachs. Tout cela n'est qu'une immense pyramide de Madoff, une immense fraude dont la fin est connue. Les Francs-Maçons nous emmènent à la 3eme guerre mondiale...Réveillez-vous ! Indignez-vous ! Et achetez de l'or. Rappelez-vous que pendant la 2eme guerre mondiale, un petit pays sans armée avait résisté à l'envahisseur : la Suisse ! Normal, aucune armée au monde ne peut s'attaquer aux Rotschild...
Merci à Erwan pour l'article signalé que j'ai lu avec intérêt,
Celui-ci peut laisser penser que ce à quoi l'on assiste, c'est au début de l'effondrement du système économique construit depuis les années 1970, d’abord sur la pression fiscale, puis sur la dette publique et les politiques keynésiennes en général. Ce qui a de frappant, c'est l’interconnexion des maillons les plus faibles, si la Grèce fait défaut, l’euro sera au plus mal. Si la Californie est déclarée en faillite, les Etats-Unis perdront inévitablement leur triple A, les taux d’intérêt sur toutes les dettes publiques monteront en flèche. En résumé, l’effondrement systémique est possible et peut se produire un peu n’importe où. Deux évidences criantes : a) la Grèce est déjà en faillite et peu d’auteurs osent le dire. Mais la vérité, c’est qu’on emprunte de force le capital des pays solvables pour payer les intérêts d’un pays insolvable… b) Sortir la Grèce de l’euro maintenant, coûtera moins cher que dans deux ans (comme je l’ai mentionné dans le commentaire 17).
A ce propos, je signale ma source (Le Figaro) que je cite pour la circonstance :
http://blog.lefigaro.fr/economie/20...
« Au total, l'exposition à la dette publique grecque est de 330 milliards d'euros. Le secteur privé étranger en détient 42%, soit 138 milliards, le secteur privé grec 32% (107 milliards) et le secteur public - la BCE, les États membres et le FMI - actuellement 85 milliards. Si l'on considère que la BCE et les états membres sont, d'une manière ou d'une autre, financés par les contribuables (même si c'est un peu plus compliqué dans le cas de la BCE je l'admets), cela signifie que chaque ménage de la zone euro (on en dénombre 140 millions) supporte un risque de 535 euros sur la Grèce. Dis autrement, en cas de défaut d'Athènes c'est la créance que nos États ne récupèreront pas, et c'est donc ce que nous devrons payer, en impôts. Peu importe la véracité scientifique de ces chiffres. Ce qui compte, indique OpenEurope, c'est que plus nous attendrons pour restructurer véritablement la dette grecque plus la facture potentielle va s'alourdir pour les ménages. En 2014, 64% de la dette grecque (qui devrait s'élever à 390 milliards d'euros) sera détenue par le secteur public. Et dans ce cas, la facture d'un défaut ne sera plus de 535 euros mais de 1.450 euros par ménage de la zone euro.
Il serait donc plus urgent de sortir la Grèce de l’Euroland que de la renflouer.
Bien à vous,
GD
Merci à VS, lectrice de Belgique,
En tant qu’auteur, je me réjouis naturellement des compliments que l’on me fait.
Toutefois, au-delà de la fausse modestie, sachons garder la tête froide.
Le qualificatif signalé, des plus aimables au demeurant, est l’appréciation de celui qui l’a formulé.
Quel serait le critère objectif pour définir le meilleur auteur ?
Personnellement, j’en tiens pour Popper et la démarche scientifique.
Pour évaluer la qualité d’une analyse contenant des prévisions, il faudrait prendre ces dernières une à une et vérifier si elles se sont vérifiées.
Et, sans doute, cela ne suffirait pas. Je connais un auteur natif de votre pays, qui a annoncé avec une très grande précision la crise financière de 2008, avant beaucoup d’autres. Mais, je tiens, personnellement, ses références conceptuelles comme erronées.
Enfin, j'estime beaucoup d’auteurs écrivant sur ce site et ailleurs dont la profondeur des analyses inspirent mes papiers. Il y a donc une part collective dans mon travail et c'est à l'ensemble de l'équipe Turgot que s'adressent de tels compliments.
Sur votre question plus technique : observez que vous partez de l’hypothèse où l’euro sera conservé. Mais que ce passera-t-il, s’il disparaît ? Comment garantir un emprunt dans une monnaie défunte ?
Si la Grèce se retire de l’euro, avec un ou deux autres pays, l’Euroland aura beau jeu de dire que l’euro n’est plus vraiment l’euro et que les obligations doivent être libellés dans la nouvelle monnaie. Croyez-moi, en matière d’artifices, les gouvernements ont aussi plus d’un tour dans leur sac.
Merci pour votre fidélité.
Avec toute ma sympathie,
Gilles Dryancour
Voici notre sympathique L687 de retour.
Il me semble avoir déjà échangé avec vous dans le passé et je risque donc de me répéter.
Pour moi, l'or est une valeur refuge et pas une valeur en soi. Si méga-crise, il y a, on ne pourra pas manger ses pièces ou ses lingots d'or. Il faudra donc les échanger contre des biens encore plus précieux : un bol de riz ou un sac de pommes de terre. Il sera donc bien plus avantageux de produire des biens nécessaires que de détenir un moyen de paiement stérile.
Pour le reste de vos prévisions apocalyptiques, j'ai du mal à trancher si vous les mentionnez comme un scénario possible ou comme une suite de prophéties millénaristes.
Dans ce cas, puisque vous les datez (septembre pour l'Inde), pourquoi ne pas les conserver en mémoire et voir si elles se sont réalisées.
Cela me semblerait un début d'approche scientifique.
Sans vouloir polémiquer inutilement, permettez-moi de signaler quelques contradictions dans votre raisonnement, notamment dans ce passage :
"La Dette est un problème monétaire inventé par les banquiers. Ce problème pourrait être réglé en une semaine : on ferme les banques, on sépare les banques d'affaire des banques de dépôt, on met en faillite les banques d'affaire et on nationalise les banques de dépôt, on crée un nouvel Euro comme on a eu un nouveau Franc et on repart sur une nouvelle monnaie"
1. Non, la dette publique n'est pas un problème inventé par les banques. C'est une décision politique prise par les hommes de l'Etat qui sont les seuls à pouvoir émettre des obligations d'Etat. Pourquoi alors punir les banques d'affaires pour la gabegie publique ?
2. Si l'or a tant de valeur à vos yeux, pourquoi en revenir à des néo-nouveaux francs ? Ne vaudrait-ils pas mieux en revenir à l'écu d'or ou au ducat d'or ?
Merci de nous lire dans tous les cas.
GD
Bonjour,
Vous avez parfaitement raison de noter la subjectivité des agences de notation, en la mettant en parallèle avec la nécessaire subjectivité de tout acteur. Mais tous les acteurs n'ont pas le même poids, et encore moins la même écoute (souvent les deux notions sont déconnectées) ; et je pense que c'est cette confusion entre "subjectivité réelle" et "objectivité d'apparence" qui rend ces agences de notation si nuisibles.
Il n'est pas question de nier leur importance ; si elles ont été créées et développées, c'est tout même en raison de leur expertise indéniable. D'ailleurs, quand Moody's dégrade la Grèce, il n'est personne pour dire qu'elle a eu tort, ou que rien ne le justifie rationnellement. Encore une fois ce n'est pas tant l'idée ou la position économique qui pose problème, mais bien l'attention que l'on accorde à ce qui n'est que l'expression d'une subjectivité.
Je suis parfaitement d'accord avec ce que vous dites sur le libéralisme ; mon papier sera publié lundi 27 juin à 9h, sur http://www.intelligence-strategique... ; il critiquera certaines tendances à assimiler classiques, néoclassiques et keynésiens à leurs caricatures. La liste des erreurs ne sera pas exhaustive, bien sûr ; ce sera juste un petit "coup de gueule". ;-)
Bien à vous,
AG
Merci à vous Adrien,
pour la référence de votre prochain papier et aussi pour l'excellente formule : "subjectivité réelle" et "objectivité d'apparence". Je ne sais si elle est de vous, mais elle évoque singulièrement la pensée d'Hayek.
Je la retiendrai vous pouvez en être certain
Au fond toute la problématique idéologique consiste à faire passer des subjectivés personnelles en objectivité collective. Jusqu'au jour où le miroir aux illusions se brise.
Bien à vous,
GD
Re-bonjour,
Merci du compliment ; la formule est de moi, et se réfère principalement aux travaux de Chomsky et Popper (étrange de rapprocher les deux? Pas tant que ça) sur la notion de subjectivité du langage et de connaissance objective. Elle était plus d'ordre philosophique qu'économique, mais les domaines ne sont sans doute pas très éloigné (ou ne devraient pas l'être). Bref, c'était une référence à d'anciens travaux, qu'il serait peut-être intéressant de réactualiser depuis le prisme économique.
Et je trouve votre point de vue sur l'idéologie assez cynique, même si je le partage complètement! Est-ce réellement le propos d'une idéologie que de chercher à travestir la subjectivité en objectivité? Idéologie n'est pas doctrine, ni dogme ; je garde encore espoir en une idéologie intellectuellement et philosophiquement honnête. ;-)
Quant à votre rapprochement entre ma formule et Hayek, je dois dire qu'étant assez largement keynésien, je le prends assez mal! :-) Mais au delà de la majeure partie de ses idées économiques, que je désapprouve, il est impossible de dénier à Hayek la place qu'il occupe dans l'histoire des idées, à savoir celle d'un penseur important.
Au plaisir,
AG
ALERTE ! Publié sur le Figaro en ligne il y a quelques instants. On repart pour un tour à 110 milliards. Si je sais bien compter 350 + 110 = 460 milliards et ce qui reste de la tranche précédente : on est déjà à + de 500 milliards d'euros d'endettement. Scandale et consternation:
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...
Le premier ministre grec a déclaré que ce «prêt gigantesque» en négociation à Bruxelles serait «similaire» au premier. Pour en profiter, la Grèce doit adopter un nouveau plan de rigueur et de privatisations.
Rebelote. L'union européenne et le Fonds monétaire international sont sur le point d'allouer un deuxième prêt «similaire» au premier de 110 milliards d'euros, accordé au printemps dernier, a indiqué ce vendredi le premier ministre Georges Papandréou. «C'est un prêt gigantesque» qui est actuellement en négociation, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse donnée à l'occasion du Conseil européen des chefs d'État et de gouvernement. «Le second prêt -je ne peux donner de chiffre particulier- pourrait être l'équivalent (du premier)».
Merci pour votre réponse sur la dette que l'on refacturera en drachme.
Bravo aussi pour votre modestie scientifique.
Vous n'êtes pas comme la plupart des auteurs français qui se prennent la tête. C'est pour cela qu'on vous apprécie en Belgique et de ce que je sais au Canada et en Suisse.
On attend la suite de vos papiers.
VS
AG,
Juste pour l'anecdote, il y a presque une vingtaine d'années j'ai effectué un vol en compagnie de Noam Chomsky. J'ai eu le privilège d'avoir un cours particulier pendant plus d'une heure sur le thème qui l'occupait à l'époque à savoir celui du remplacement, dans la langue anglaise, des mots-concepts par des mots-images, traduisant l'appauvrissement intellectuel, selon lui, des masses.
Ces derniers travaux sur ''The fabric of consent'' me tentent assez et dès que j'aurais un peu de temps, je m'y plongerai.
Comme vous l'avez compris, je ne suis pas keynésien pour un sou. Hayékien sans doute un peu. Mais la pensée de cet auteur est tellement vaste que l'on ne peut sans doute y adhérer en bloc ni la rejeter en bloc.
Vous pourriez me dire la même chose pour Keynes.
Après tout pourquoi pas. Il bien une ou deux phrases que j'ai retenues de ses oeuvres.
On lui attribue aussi cette boutade : si l'on doit 10.000 livres à la banque et qu'on ne peut la rembourser, on a un gros problème avec cette banque. Si on lui doit 10 millions, c'est la banque qui a un problème.
A la lecture du commentaire précédent, on peut dire que la Grèce nous devra bientôt 500 milliards d'euros et que nous aurons un très gros problème. Mais, si tout va bien pour les hommes de l'Etat, cela sera en 2014. Soit après les élections de 2012 en France et de 2013 en Allemagne.
Bon timing en apparence.
Au plaisir aussi.
GD
Merci à vous VS pour cette information prise sur le vif.
Ainsi, on s'achemine vers un mélange de l'option 2 et 3 de mon papier.
Aux sommes que vous indiquez, il faudra ajouter la part des intérêts non remboursés. D'ici à 2014, qui sait si la dette publique ne franchira pas 600 milliards d'euros. Si la récession se poursuit, la dette publqiue atteindra alors un ratio de 300% par rapport au PIB. Bonne chance donc à tous les porteurs d'obligations grecques.
Dès que les taux d'intérêt remonteront pour les obligations allemandes, cela sera la fin de la ''cavalerie'' financière européenne.
Bien à vous,
GD
bonjour GD,
je ne suis pas médium, j'analyse les tendances et j'essaie de deviner les étapes suivantes comme un joueur d'échec. Je ne suis pas le seul à penser que nous sommes entrés dans l'Apocalypse. Je peux citer mes sources :
l'excellent livre "La stratégie du choc" de Naomi Klein qui explique comment la mondialisation a permis aux multinationales de piller les ressources des pays, ce qui est de nouveau en train de se passer en Grèce et qui arrivera ensuite en Espagne et en France. Pierre Hillard qui dénonce la destruction des Etats-Nations selon le principe "diviser pour mieux régner", le GEAB qui annonce l'effondrement du système financier international en octobre 2011, Pierre Jovanovic qui explique dans "Blythe Masters" comme la JP Morgan manipule les marchés et comment les CDS, véritable cancer financier, a contaminé tout le système financier de manière irréversible, "Les secrets de la réserve fédérale" de Mullins, l'article de Paul Craig Roberts sur mondialisation.ca, et d'autres sites comme infoguerilla.fr ou 911nwo.info qui dénoncent le système totalitaire qui se met en place, François Asselineau qui dénonce l'Europe totalitaire gouvernée par des non-élus financés par la CIA (Barrosso) et poussés par le club Bilderberg (Van Rampoy). Quand on finit ce tour d'horizon, on revient à la Commission Trilatérale de D. Rockfeller et au plan Brezsinski "Le grand échiquier". Et là, on comprend ce que Jacques Attali voulait dire dans "Une brève histoire de l'avenir" : vous aurez le chaos et la guerre avant l'hyper-dictature. Je comprends aussi que la théorie économique ne sert qu'à justifier l'idéologie. La Dette va permettre aux multinationales de piller les pays endettés. L'élite mondialiste contrôle la planche à billet et peut tout acheter. Pourquoi un attentat en septembre ? Pour enrayer l'effondrement du dollar et de Wall-Street...Je ne suis pas médium mais je constate que tous les évènements sont liés : l'attentat de Madrid 911 jours après le 11/9/2001, l'explosion de la centrale de Fukushima (Tokyo sera évacuée d'ici un an), les révoltes en Afrique du nord et au Moyen Orient, le corps de ben Laden retrouvé comme par hasard au Pakistan, prochain objectif du Nouvel Ordre Mondial..
Quelques sites pour comprendre la Crise Globale :
http://auxinfosdunain.blogspot.com/
http://denissto.eu/node/314
http://infoguerilla.fr/
http://911nwo.info/
http://www.jovanovic.com/blog.htm
http://mondialisation.ca/index.php?...
http://www.centpapiers.com/le-japon...
http://weboose.wordpress.com/catego...
http://bankrun2010.com/ puis cliquez sur Comprendre
http://cequevousdevezsavoir.com/art...
Bonjour L687,
Juste une petite remarque méthodologique d'abord, en vous répondant je précise aussi ma pensée pour tous les lecteurs qui animent ces commentaires.
En vous lisant, je dirais à chacun sa méthode pour interpréter le monde. Et, comme je l'écrivais : nous pourrons vérifier la force des prédictions des uns et des autres à la lumière des faits. Quant à la question de savoir si nous nous acheminons vers des temps eschatologiques, 'en bon stoïcien je ne m'en soucie point. Si a fin du monde prédite depuis l'an 999 pour l'année prochaine et que l'on ne puisse rien y faire, alors il vaux mieux vivre le monde comme s'il allait durer éternellement,, sachant que ce monde-ci finira de toutes les manières avec notre existence.
Mais, pour revenir au coeur de mes analyses, je voudrais vous dire que vous avez une vision romantique des multinationales. L'idée selon laquelle elles voudraient piller le monde est contraire même à leur intérêt de se perpétuer. Sous la seule impulsion de la concurrence et du désir de reproduire les hiérarchies humaines, les multinationales valorisent leur capital humain et, quand elles le peuvent, le capital naturel.
Entre un pays, comme le Zimbabwé où il n'y a pas de multinaionales, qui se pille tout seul, et la Confédération helvétique où l'état de droit et la démocratie directe existent, j'opte définitivement pour la Suisse.
Cependant, vous avez raison sur un point, des réseaux existent, des intérêts particuliers essayent de s'approprier la notion d'intérêt général pour se créer des monopoles. Mais leur influence est d'autant plus forte que l'Etat est fort. Dans un état de droit régalien, ces réseaux voient leur action limitée par les droits de propriété et la concurrence.
Merci de nous lire,
GD
Encore une remarque :
Le PIB de la grèce a été égal en 2010 à 224 milliards d'euros.
En douze mois exactement, le FMI et l'UE se sont engagés à prêter 110 + 110 milliards €. Soit presque l'entiéreté du PIB.
Pourquoi travailler dans ce pays quand l'argent tombe de l'olympe ?
Qui dit mieux ?
VS
Samedi 25 juin 2011 :
Une majorité d'Allemands n'a plus confiance en l'euro en raison de la crise que traverse la monnaie unique liée à la quasi-asphyxie de l'économie grecque, selon une étude du prestigieux institut Allensbach à paraître demain.
Au total, 71 % des personnes interrogées affirment avoir "moins", "à peine" ou "pas du tout confiance" en l'euro, selon ce sondage publié par le Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung.
Seuls 19 % déclarent à l'inverse avoir "une grande" ou "une très grande" confiance en la monnaie unique, selon la même source.
La défiance à l'égard de l'euro ne cesse de grimper chez les Allemands : en avril 2011, ils n'étaient encore que 66 % à affirmer ne pas avoir confiance en la monnaie européenne.
En 2008, moins de la moitié des personnes interrogées partageaient cette opinion.
"Les citoyens allemands sont plus sceptiques qu'il y a un an face à la monnaie unique. La crise grecque est passée par là", constatait récemment Peter Matuschek, analyste de l'Institut allemand de sondage Forsa.
"Certains estiment s'être suffisamment serrés la ceinture ces dernières années pour que l'Allemagne soit performante. Ils ne comprennent pas pourquoi ils doivent maintenant aider d'autres pays qui n'ont pas fait les mêmes efforts", assurait également Dominik Hierlemann, politologue de la fondation Bertelsmann.
En complément des deux commentaires précédents :
Les langues commencent à se délier parmi les hommes de l'Etat. Selon le premier ministre slovaque, la Grèce est en faillite :
La Grèce, de facto, est en faillite", a déclaré Radicova lors d'un débat diffusé par la radio slovaque. "Aujourd'hui, nous cherchons des moyens de minimiser l'impact de ce fait sur les autres membres de la zone euro", a-t-elle ajouté.
En mai, Radivoca avait déclaré à Reuters qu'une restructuration de la dette grecque serait inévitable à un moment ou un autre, pour que le pays puisse faire face au fardeau croissant de sa dette publique.
La Slovaquie, pays le plus pauvre de la zone euro, qu'elle a rejoint au début 2009, a refusé de contribuer au premier plan de sauvetage de la Grèce l'an dernier, dont le montant était de 110 milliards d'euros.
Selon Radicova, la Grèce doit avant tout effectuer un travail sur elle-même avant de pouvoir regagner la confiance des pays européens et obtenir les fonds nécessaires pour éviter une catastrophe fiscale. (Martin Santa, Eric Faye pour le service français)
Source: agence Reuters, 25 juin.
http://fr.reuters.com/article/frEur...
On peut se demander pourquoi la Grèce est déjà reconnue en déconfiture par les uns et pas par les autres ???
Merci à VS pour l'addition : prêter à un pays l'intégralité de son PIB (si le second plan est approuvé) en douze mois, c'est sans doute un record historique qui mériterait de figurer au Guiness des records.
L'ennui, c'est qu'au troisième plan il faudra prêter encore plus peut-être 150% du PIB, à condition que les contribuables allemands l'acceptent et si on les laisse s'exprimer.
GD
Dimanche 26 juin 2011 :
Grèce : pas de participation des banques britanniques.
Il n'y a pas de projet spécifique sur la table prévoyant la participation des banques britanniques à tout plan pour la Grèce impliquant la participation du secteur privé, a déclaré dimanche le Trésor.
Selon le journal The Observer, le gouvernement britannique a appelé les banques du pays à prendre leurs pertes sur les titres de dette souveraine grecs inscrits dans leur portefeuille, dans le cadre d'un plan européen visant à empêcher que les problèmes grecs ne se transforment en nouvelle crise financière.
"Le Trésor suit la situation de près, mais aucun projet spécifique pour une implication du secteur privé n'est au programme", a dit une porte-parole du Trésor.
Les "Big Four" ou quatre grandes banques britanniques - Lloyds, Barclays, Royal Bank of Scotland et HSBC - ont une exposition relativement limitée à la Grèce.
Elles sont plus exposées à d'autres pays de la zone euro traversant une zone de turbulences, comme l'Espagne et l'Irlande.
Bonjour,
Merci beaucoup pour cette contribution.
Un autre article sur l'énorme dette de la Grèce :
http://www.objectifeco.com/economie...
Cordialement.
Bernard
Bonjour,
Comme promis, voici le lien vers l'article sur les courants de pensée économiques ; j'ai essayé d'être juste, et ce n'est bien sûr pas exhaustif. N'hésitez pas à poster vos commentaires.
http://www.intelligence-strategique...
Bien à vous,
AG
A Bernard,
Merci pour la référence et l'article.
Une analyse très complémentaire de la mienne au demeurant.
En outre, je suis assez d'accord sur la manière préconisée pour sortir la Grèce de l'impasse : rééchéolonnement de la dette, sortie de l'euro et dévaluation de la future drachme.
Observons qu'il aurait été bien moins coûteux d'abandonner la dette grecque l'année dernière que de l'auto-entretenir. Plus on attend, plus la situation sera catastophique. Le piège risque de se refermer sur nous tous avec des répercussions inattendues sur la bulle des CDS notamment.
Toute la question maintenant est de savoir combien de temps le prochain subterfuge tiendra. 18 mois ? Deux ans, au grand maximum.
Après cela sera ;le grand saut dans la purge. Peut-être salutaire.
Cordialement,
GD .
A AG,
Merci de m’avoir signalé votre billet, je l’ai lu avec intérêt. Vous avez raison de dire que les frontières des grands courants de la pensée économique ne sont pas aussi claires que le disent les journalistes des médias. Non seulement, les frontières sont floues, mais les individus que l’on classe quelquefois dans un courant en début de leur carrière académique, l’abandonnent en fin pour se retrouver pratiquement dans un autre. Je pense notamment à Rawls dont l’œuvre est classée en Rawls 1 et Ralwls 2 pour bien distinguer les deux périodes de sa pensée. Ou encore Maurice Allais. Vous pourriez appliquer cette analyse aux keynésiens eux-mêmes. Entre les keynésiens, les néo-keynésiens et les postkeynésiens qui ont donné lieu à la fameuse querelle des deux Cambridge, on peut avoir quelque mal à définir une ligne unique de pensée. Vous trouverez donc un éventail important de penseurs keynésiens plus ou moins favorables à l’intervention de l’Etat et pas uniquement adeptes du stop and go. Par contre, il serait juste de dire que tous les keynésiens ne sont pas favorables à l’Etat Léviathan. Soit ! Mais, 1) lorsque l’Etat perturbe le jeu de la catallaxie, par les politiques de relance keynésienne, il a tendance à intervenir de plus en plus pour corriger les erreurs qu’il impute au marché mais qui résultent de son intervention 2) on ne peut empêcher la récupération du keynésianisme économique par les hommes de l’Etat à des fins politiques.
Une partie de la critique libérale du keynésianisme porte justement sur le fait que le keynésianisme contient en lui-même sa dérive systémique pro-étatique. Là où nous pouvons nous retrouver, c’est de dire que toute théorie discutable et vérifiable, mérite que l’on s’y intéresse.
Bravo pour votre ouverture d’esprit. Et qui sait si, comme Rawls, vous ne connaîtrez pas une période 1 et 2 de vos analyses qui vous rapprocheraient davantage du doute et de l’individualisme méthodologique.
Bien à vous,
GD
Bonjour,
Merci beaucoup pour le temps que vous prenez à répondre à chacun. Ce qui contribue à nous aider à comprendre votre opinion sur le présent et l'avenir.
Un autre article consacré à la sortie de l'euro et au poids de toutes les dettes :
http://www.objectifeco.com/economie...
Cordialement.
Bernard
A propos de cet excellent papier, i faudrait je pense rappeler quelques vérités de bon sens qu’on a tendance à oublier. Il est vrai qu’en économie, le bon sens est très suspect.
1. Dans des situations comme celle de la Grèce, toutes les solutions sont mauvaises pour tout le monde. Certaines sont plus ou moins mauvaises que d’autres pour telle ou telle catégorie d’acteurs, d’où les conférences internationales, mais aucune n’est bonne.
2. Le véritable problème de fond est : comment ne pas arriver à cette situation ? Or ce qui crée, ces situations, ce sont les actions des gouvernements, encouragés par au moins une partie de l’opinion publique. Pour empêcher ces situations, c’est donc les gouvernements qu’il faut surveiller et empêcher d’agir comme ils l’entendent, même s’ils sont soutenus par la majorité de leurs opinions publiques, au lieu de les considérer comme bienveillants, omniscients et intouchables. Et qui peut le faire sinon la collectivité à travers les mécanismes du marché ? Contrairement à une idée reçue, le danger vient des gouvernements et la protection vient des marchés.
3. Il faut empêcher les dérives le plus tôt possible, dès leurs premiers signes, sans attendre que les bulles ou les déficits grossissent et surtout sans rien faire pour les alimenter. C’est le rôle des « pactes » de stabilité et autres, et c’est aussi le fonctionnement normal des marchés non entravés. Quant aux agences de notation, un de leurs rôles est de donner l’alerte. Quand on a la fièvre, ce n’est pas le thermomètre qu’il faut accuser.
4. Quand un pays est dans la m…, la justice voudrait que les solutions retenues (toutes mauvaises je le rappelle) pénalisent d’abord les gouvernements responsables, puis la partie de l’appareil économique et de l’opinion publique qui les a soutenus, et évite au maximum de pénaliser les autres.
5. Il ne faudrait quand même pas oublier que dans un prêt, c’est généralement le débiteur qui est demandeur et le créancier qui rend service au débiteur. Il est tout à fait paradoxal et profondément injuste de s’en prendre ensuite aux gens qui ont prêté. On ne mord généralement pas la main qui vous a nourri, surtout si on lui demande de vous nourrir encore. Les gens (et les institutions) ont le droit (certains disent même le devoir) de se montrer généreux, mais personne n’est en droit d’exiger qu’on lui fasse la charité. Personne n’est obligé de prêter de l’argent, surtout s’il n’en a pas.
6. Il faudrait envoyer aux galères (ou à leur équivalent moderne) tous les économistes qui disent « les États ont le droit de faire ce qu’ils veulent, de toute façon c’est dans l’intérêt des peuples, et ils s’en sortiront toujours ». Il y aurait de quoi faire naviguer des flottes entières.
7. Rétrospectivement, il aurait fallu faire une monnaie commune, en concurrence avec les monnaies nationales, et non une monnaie unique. Ça aurait été un pas bienvenu pour saper le monopole des banques centrales nationales et évoluer vers un système de banques libres.
8. Puisqu’il y a eu un détour par la définition du libéralisme et les écoles de pensée économique, je signale deux articles (de moi) à ceux que ça intéresserait et qui ne les connaîtraient pas déjà
http://gdrean.perso.sfr.fr/articles...
http://gdrean.perso.sfr.fr/articles...
9 .Merci à L687 pour son remake de LOST (en beaucoup moins bien… déjà y’a pas Kate…)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lost_:...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kate_A...
"le danger vient des gouvernements et la protection vient des marchés" : oui quand les marchés sont concurrentiels, non quand ils sont sous le contrôle d'une élite. C'est ce qu'explique Naomi Klein dans "La stratégie du choc". Aujourd'hui les élites contrôlent tous les indicateurs : Wall-Street monte grâce au High Frequency Trading, les agences de notation appartiennent à l'élite, l'or est maintenu à un cours artificiellement bas grâce à d'énormes positions à découvert de la JP Morgan. F. Lordon écrivait "la concurrence, c'est pour les salariés tandis que les entreprises recherchent le monopole".
Je n'ai pas vu LOST, je ne regarde pas ces séries stupides. Je vous rappelle simplement des évidences écrites par d'autres personnes lucides il y a bien longtemps. Nous sommes dans un hiver de Kondratieff et il va se passer entre 2013 et 2020 ce qui se passe toujours pendant un hiver de Kondratieff : la monnaie papier sera détruite. Kondratieff expliquait que le capitalisme fonctionne comme cela : il né, se développe, veillit puis meurt avant de renaître. Nous sommes à la fin d'un cycle monétaire et, en 2020, nous redémarrerons un nouveau cycle. Toutefois, cet hiver sera différent des autres car les élites vont en profiter pour mettre en place un gouvernement mondial, une monnaie mondiale, une dictature mondiale. Relisez Jacques Attali, il est très clair sur ces projets. La démocratie est morte le 11 septembre 2001.
Naomi Klein, Frédéric Lordon, Jacques Attali, ... dans le genre stupide, je préfère nettement LOST.
Réponse à Bernard,
C'est un plaisir rare de pouvoir dialoguer avec ses lecteurs et de préciser son point de vue en ligne. Un ami m'avait déjà communiqué l'article que j'ai lu ce matin: Là aussi, je suis d'accord dans les grandes lignes: Il est possible de sortir de l'euro. Techniquement, c'est ce qui s'imposera quand tous les taux d'intérêt remonteront.
La dette publique assèche le marché des liquidités: A la fin; il n'y aura plus assez d'argent pour tous: A partir d'un certain seuil, chaque Etat pensera davantage à re-financer sa propre dette qu'à renflouer la Grèce:
Merci encore de nous lire.
Cordialement;
Gilles Dryancour
A Gérard Dréan,
Merci pour votre long commentaire auquel je souscris dans les grandes lignes.
Je vous retourne mes réflexions sur vos différents points
1/ La moins coûteuse des solutions est toujours la meilleure. Celle-ci existe. Comme je l’ai signalé, plus haut, elle consiste à rééchelonner la dette et dévaluer la future drachme. Ce n’est donc pas la solution qui fait défaut, c’est le manque de courage politique. Notamment, celui de reconnaître qu’une monnaie unique ne peut fonctionner pour des économies dont les structures sont multiples. On gagne du temps pour cacher une erreur de jugement politique. Jusqu’au jour où le coût de la dissimulation deviendra exorbitant.
2/3/4 Tout à fait d’accord, la concurrence est le gage de la transparence. Sur les moyens d’empêcher la dérive des finances publiques, il y a, quoiqu’on en dise, des solutions institutionnelles : i) l’interdiction constitutionnelle de voter des budgets en déficit. Cela sera bientôt le cas pour l’Allemagne. Certes, les Etats peuvent violer la constitution, comme ils ont violé le traité de Maastricht, mais avec une cour constitutionnelle indépendante qui serait saisie par des citoyens, un certain contrôle peut s’opérer. ii) Comme Hayek le suggère quelque part (si mon souvenir est exact), il faudrait établir un système bicaméral (deux chambres parlementaires) élues au suffrage direct. La première chambre vote les recettes. La seconde les dépenses. Ce qui ne permet plus aux mêmes de taxer les uns pour acheter les voix des autres. Ainsi, une partie de la dérive financière systémique serait corrigée. iii) Le référendum d’initiative populaire.
5/6 Ce que vous mettez en avant, c’est la non-continuité des droits de propriété dans nos Etats de droit incomplets. Entre particuliers, les droits de propriété sont grosso modo garantis. La justice procèdera à la saisie du débiteur indélicat. Et, il fut un temps où le droit pénal prévoyait (jusqu’en 1867) la contrainte de corps, soit la prison pour dettes, sauf pour l’Etat. Il n’existe donc aucune garantie juridique pour un particulier de recouvrer sa dette sur l’Etat. De ce point de vue, les hommes de l’Etat sont parfaitement irresponsables. Si les obligations du trésor étaient garanties par le patrimoine public, cela mettrait également un frein à la dérive de la dette.
7/ Tout à fait de votre avis. Le premier papier sérieux que j’ai écrit sur l’euro remonte à 1998 (refusé à la publication) dans lequel j’expliquais qu’une monnaie unique ne pouvait fonctionner et qu’une monnaie commune présenterait tous les avantages de l’euro sans aucun de ses inconvénients. C’est ce qui me fait dire depuis lors que l’euro est une monnaie politique et pas une monnaie économique. Les faits ont largement démontré que tel était le cas.
Juste un souhait personnel me sentant, aussi, responsable de la tenue des débats liés à mes papiers : merci d’éviter les querelles personnelles (Lost…) entre commentateurs. Toute opinion exprimée, dans des formes respectueuses des autres, mérite de figurer dans ces colonnes.
Personnellement, j’écris pour tous ceux qui veulent bien me lire.
Bien à vous,
Gilles Dryancour
@Gilles Dryancour
Mes excuses. J'ai du mal à résister à la tentation d'une petite blague, surtout quand elle est en forme de provoc.
Je prends note de votre souhait quant à la tenue de ce blog.
ALERTE - Adoption du plan d'austérité au parlement grec.
Le plan d'austérité portant sur la période 2012-2015, nécessaire à la Grèce pour sécuriser une nouvelle aide financière de ses créanciers, a été adopté mercredi par le Parlement grec, selon un décompte des voix réalisé par les journalistes de l'AFP. A 13H02 GMT, le projet avait reçu 151 voix pour sur les 300 que compte le parlement.
http://www.romandie.com/news/n/_ALE...
Score à la mi-temps :
Députés grecs : 1. Peuple grec : 0.
La seconde mi-temps va être intéressante.
Je doute de jamais devenir libéral... ;-) Mais qui sait?!
AG
A Gérard Dréan,
Je salue votre courage de publier des excuses publiquement. Je les reçois bien volontiers, même si ce n'est pas à moi qu'elles s'adressent en pratique.
Cette petite provocation estudiantine me semblait diminuer la valeur de vos excellents commentaires.
Merci encore de nous lire.
GD
A BA,
La seconde mi-temps peut prendre plusieurs formes : a) graves troubles sociaux. b) Plan d'austérité dépouvu d'effet : j'ai lu ici et entendu là (sur France 24) que le premier ministre grec pratiquait un double language. Aux Européens : on assainit la situation. A ses troupes : on videra la plan d'austérité de son contenu. 3) L'impossibilité de renflouer la Grèce une troisième fois sur la base d'une dette publique qui s'achemine vers les 250% de son PIB, si le second plan de 110 milliards est mis en place.
Appliquer des recettes rigides d'austérité, sans donner la possibilité d'ajustement par la monnaie, c'est ce condamner à la récession, voire la dépression à tous les coups.
La mi-temps sera sans doute intéressante. Mais la fin du match sera homèrique.
Bien à vous,
GD
Après un court séjour en prison, DSK, rendu plus docile par ses maîtes, remportera les prochaines élections en France au 2eme tour face au FN et sera chargé d'appliquer le plan d'austérité : licencier les fonctionnaires et privatiser les biens publics. Lire : http://denissto.eu/node/318
Etre keynésien ou libertarien, cela n'a plus de sens quand les dés sont pipés, que l'oligarchie financière tire toutes les ficelles et que le scénario écrit depuis longtemps se déroule comme prévu...
Lundi 4 juillet 2011 :
Standard & Poor' sème le trouble sur l'issue de la crise grecque.
Standard & Poor's a jeté lundi de nouveaux doutes sur l'issue de la crise grecque en prévenant que les solutions proposées par Paris pour rééchelonner la dette grecque par des échanges de titres reviendraient à placer Athènes en situation de défaut sélectif.
La mise en garde de l'agence de notation a du coup donné un coup d'arrêt au rally boursier observé la semaine dernière sur les valeurs bancaires européennes alors que les ministres des Finances de la zone euro ont donné samedi leur feu vert à une nouvelle tranche d'aide de 12 milliards d'euros à la Grèce.
Par l'intermédiaire de la Fédération bancaire française (FBF), les banques françaises, qui sont les banques étrangères les plus exposées à la Grèce, ont proposé deux plans d'action pour le rollover de la dette grecque pour couvrir les besoins d'Athènes de 2011 à 2014.
Mais, selon S&P, l'un comme l'autre impliquent des pertes pour les créanciers privés de la république hellénique.
"Si l'une ou l'autre de ces options étaient mise en oeuvre dans sa forme actuelle, et à défaut d'information complémentaire, nous considèrerions probablement cela comme un cas de défaut", prévient l'agence de notation américaine dans un communiqué.
"Dans ce cas, nous abaisserions probablement la note souveraine grecque à 'SD', ce qui indiquerait la restructuration dans les faits d'une partie, mais pas de la totalité, de sa dette obligataire."
En Bourse, les valeurs bancaires européennes, qui avaient profité la semaine dernière d'un certain optimisme autour du dossier grec, sont repartis à la baisse.
Vers 13h15, l'indice de référence Stoxx 600 des banques européennes est en baisse de 1%.
A Paris, les valeurs bancaires accusent les plus fortes baisses du CAC 40.
BNP Paribas, Crédit agricole, et Société générale abandonnent respectivement 1,76%, 1,95% et 2,05%.
CDS GRECS EN HAUSSE
"Le soulagement venu la semaine dernière du vote des députés grecs est maintenant quelque peu éclipsé par cette annonce (de S&P, NDLR)", fait remarquer Marc Ostwald, stratégiste chez Monument Securities.
La mise en garde de S&P "pourrait venir perturber la succession d'annonces crédibilisant que la situation grecque était de nouveau sous contrôle à horizon 12 mois", soulignent de leur côté les analystes de CM-CIC Securities dans leur note de recherche.
@ l'auteur:
Même commentaire que BA tiré de la voix écoçnomique mis ce matin en ligne :
Grèce: S&P inflige un camouflet à la proposition des créanciers français
lundi 04.07.2011, 06:37 Le schéma proposé il y a une semaine par les créanciers privés français pour alléger le fardeau de la dette de la Grèce, qui avait recueilli une large adhésion en Europe, s'est vu infliger un sérieux camouflet lundi par l'agence de notation Standard and Poor's. Les analystes de l'agence ont fait savoir que les scénarios envisagés "conduiraient probablement à un défaut de paiement selon (leurs) critères", ce que les Européens tentent précisément d'éviter à tout prix. Ils redoutent notamment, à l'instar de la Banque centrale européenne (BCE), un "scénario de l'horreur" dans lequel la contagion d'une restructuration grecque gagnerait d'autres pays fragiles de la zone euro comme le Portugal voire l'Espagne.
Un plan proposé par la Fédération bancaire française (FBF) offre de réinvestir 70% des sommes remboursées par la Grèce au titre des obligations arrivant à échéance....
Qu'en pensez-vous ? N'EST-CE PAS LA FIN DES SUBTERFUGES QUE VOUS ANNONCIEZ ?
Dans le prolongement des commentaires de BA et VS:
Ce qui apparaît très clairement dans cette mise en garde de Standard & Poor, c'est que le temps des subterfuges étatiques arrive à sa fin. Simple question de logique et de bon sens. A partir du moment où l'on fait payer les créances aux créanciers et non plus aux débiteurs, on est en présence d'une faillite. Comme je l'ai écrit dans mon article, même un enfant de douze ans comprendrait cela. Les mots, les formules magiques ne suffisent plus à dissimuler une situation intenable.
Quand j'en parle à des relations qui travaillent dans le milieu bancaire ou financier, on me fait observer que tout le monde est au courant de la faillite de la Grèce et qu'il n'est pas bon de le dire. Ce qui importerait, ce serait de gagner du temps pour liquider le passif grec dans les bilans bancaires.
Toute la question est de savoir aux dépends de qui. Des porteurs de la dette ou des contribuables ?
Merci d'animer cet article dont j'ai moi aussi noté la bonne diffusion.
Bien à vous,
GD
A lire : http://www.ieim.uqam.ca/spip.php?pa...
Pour rembourser la Dette, les retraits sur les comptes courants seront limités à 250 € par semaine et les assurances vies confisquées (elles vous appartiendront toujours mais vous ne pourrez plus retirer votre argent). Entrée en vigueur progressive à partir de septembre 2011...Au moins, vous pourrez dire que vous étiez prévenu...Nous commençons à voir le vrai visage de l'Europe : un régime totalitaire sous une apparence de démocratie...