Que faire avec l'or ?
Par Charles Gave le dimanche 25 septembre 2011, 03:11 - Article - Lien permanent
Beaucoup de lecteurs me demandent pourquoi je ne recommande pas d’acheter de l’or. Voici une raison.
Il est toujours extrêmement difficile de préserver le pouvoir d’achat de son épargne, surtout quand les gouvernements accumulent les erreurs, comme c’est hélas malheureusement le cas en ce moment.
La tentation est grande alors de se tourner vers l’or, qui a comme vocation première d’être la ligne de défense des citoyens martyrisés par les pouvoirs publics.
L’or est, de fait, une façon pour le citoyen qui ne peut pas voter avec ses pieds de s’en aller tout en restant dans son pays. Il retire au gouvernement de son pays la gestion de son épargne en manifestant qu’il ne croit plus dans la monnaie de son Etat.
Le problème est que, de temps en temps, la panique gagne nos chères fourmies à un point tel que l’or cesse d’être une protection de qualité. Déterminer ce moment est l’une des choses les plus difficiles, mais enfin je peux toujours essayer…
Sur le long terme (trente ans), la plus grande qualité du marché des actions est qu’il donne accès à des dividendes qui montent avec le temps. Celui qui achète de l’or abandonne donc ce droit à ces hausses, ce qui, de temps en temps, peut être une bonne idée, mais hélas pas toujours.
Si donc je prends les dividendes effectivement payés par l’indice S&P 500 et que je compare leur évolution historique à celle de l’or, je peux essayer de déterminer les moments où la panique est telle que les acheteurs d’or «surpayent » le métal jaune pour en quelque sorte garantir leur sécurité.
J’ai donc établi un ratio entre le cours de l’or et le paiement des dividendes depuis… 1871. En voici le résultat.

L’or est aujourd’hui plus haut qu’il n’était au moment de la dépression de 1890, plus haut que pendant la grande dépression des années 30, plus haut que quand les Japonais avaient attaqué Pearl Harbour, et à peu prés au même niveau que quand le Shah d’Iran était renversé avec la complicité active de l’administration Carter, que le pétrole triplait de prix, pendant que les Russes envahissaient l’Afghanistan.
L’or est donc dans l'une des plus grandes paniques à l’achat que l’Histoire ait enregistré, et pour ainsi dire jamais les flux à venir des dividendes n’ont été aussi bon marché vis-à-vis de l’or.
Acheter de l’or en 2000 et vendre les actions était une bonne idée. Faire le contraire aujourd’hui me parait éminemment raisonnable, comme en 1980…
Commentaires
Merci pour cette analyse fort intéressante. Avez-vous lu celle-ci :
http://leblogalupus.com/2011/09/25/...
Il y a une panique à la hausse sur l’or.
Il y a une panique à la baisse sur les actions.
Il faut être contrarian.
Vendre de l’or (pour celui qui en possède) pour acheter des actions est l’attitude la plus logique, car aux cours d’aujourd’hui, le potentiel de hausse à moyen terme sur les actions est probablement supérieur au potentiel de hausse à moyen terme sur l’or.
Mais, est-ce le bon timing ? Faut-il encore attendre que la crise s’accentue ?
Personne ne le sait.
Mais lorsque le mouvement de bascule se fera, il sera extrêmement rapide.
Personnellement, si j’avais de l’or, et si j’avais l’esprit joueur, je le vendrais au moins partiellement sans attendre et j’achèterais des bancaires.
De manière plus raisonnable, une bonne méthode consiste à garder en valeur les mêmes pourcentages d’investissements (allocation stratégique d’actifs) les plus diversifiés possibles que ceux choisis initialement pour conserver dans le temps le même niveau de risques (même variabilité) sur le montant total des actifs : c’est le « rebalancement ».
Sur les « Vertus et performance du rebalancement » :
http://www.dauphine.fr/cereg/cahier...
Il a fallu 25 ans, aux USA pour que les actions reviennent à leur niveau d'avant 1929.
Ce coup-ci, il faudra bien plus qu'une génération, vu la multiplication des moyens utilisés dans les domaines de l'économie, et vu l'étendue du désastre. Et vu enfin la capacité multipliée des états pour intervenir et prélever "urbi et orbi", partout et en tout, cacher de l'or reste encore quelque chose de raisonnable, et de possible. Le jour où on ne tient plus, on peut partir avec cet or, partir avec des promesses, voire de simples bouts de papiers.... oui, si on a besoin de passer par les toilettes, certes !
On en reparlera après la guerre !
l'analyse est jolie mais
1 , le SP500 a été créé en 1920 et pas en 1875 , ce qui reduit dejà la portée de l'analyse
2 , je ne pense pas que ce tableau tienne compte de l'inflation , ce qui rendrait ce tableau inutilisable ou complètement faux (rappel par exemple , un dollars en 1914 équivaut à 22 dollars 2011 ...)
je demeure pour ma part profondément attaché à l'or , puisque la crise que nous entamons n'a jamais été vécu , nous ne pouvons donc pas deviner ce qui va se passer .
Dans le doute je compte sur ce qui a servi de base aux échanges depuis des millénaires;
Je vous renvoie aux articles de Sartoni , très pédagogue et convainquant sur l'or.
In Gold I Trust !
L'article ci-dessus n'est peut être pas totalement en contradiction avec le lien suivant, mais un peu tout de même: qu'en penser?
http://stephanemontabert.blog.24heu...
@erwan. Le deuxième graphique élimine l'effet de l'inflation.
Acheter de l'or ça veut dire quelque chose !
Acheter des actions, ça ne veut rien dire. Quelles actions ?
Du total, du Atos, de la SG, etc.
Le CAC40 a pris -25% en 2 mois, c'est surement une bonne affaire à court terme, mais ceux qui achètent de l'or n’achètent pas que ça, et il le font comme une assurance, non comme un investissement.
M. Gave,
Quel empressement à expliquer pourquoi l'or n'est pas recommandable lorsqu'il se prend une bonne chute !
Je vais attendre la fin de l'année avant de conclure sur la pertinence de vos analyses.
l'or n'est pas un investissement, c'est une monnaie la seule qui garantisse un pouvoir d'achat et protège des gesticulations fiduciaires et boursières,les belles courbes de Monsieur Gave sont totalement fausses partant sur des hypothèses_erronées farfelues ,seule compte la valeur intrinsèque d'une monnaie
M.Gave.
L’or reste pour vous un mystère profond !
Vous commencez par lui attribuer des « attitudes humaines », l’or n’a aucune « vocation », c’est un métal précieux et la seule monnaie existante avec l’argent.
Vous n’avez toujours pas fait la différence entre une monnaie et une devise, vous comparez une monnaie avec des actions cotées en devises.
Vous estimez la valeur de l’or en fonction de la fluctuation d’une devise ! C’est grandiose ! Voyez vous il se passe exactement l’inverse, parce que l’or a une valeur intrinsèque qui varie très peu avec le temps, alors que votre devise n’a aucune valeur intrinsèque mais seulement une réputation attribuée par des gouvernements et des banquiers.
Votre histoire de dividendes est divertissante, mais cela n’est qu’un avatar bancaire relatif aux actions, rien à voir avec l’or.
L’or représente une richesse, et la richesse est le résultat de vos efforts, le résultat de votre travail productif.
L’or n’est donc pas un investissement, parce qu’on n’investit pas dans une richesse, on la possède !
Alors voici une petite piqure de rappel sur la définition d’une monnaie :
Un moyen d’échange ne peut être une monnaie que s’il possède les propriétés nécessaires et indispensables suivantes :
- Il doit d’abord être tangible et non pas virtuel
- durable
- homogène
- divisible
- transportable
- rare
- n’avoir aucun assujettissement possible
- qualités qui lui donnent une valeur intrinsèque, en plus de l’effort de production.
C'est pour toutes ces raisons qu’il est détesté par les gouvernements et les banquiers, parce que ceux-ci n’ont aucune emprise sur lui, c’est un métal qui garanti votre liberté car il n’est assujetti à rien et en particulier à aucune décision de ceux qui nous gouvernent.
On comprend donc votre petite aparté qui reproche aux acheteurs d’or un sombre sentiment antipatriotique, ils ne voteraient pas bien ou pas du tout parce qu’ils auraient perdu confiance dans la « devise » (je corrige), et non monnaie, de leur pays.
N’y aurait il jamais eu de gouvernants qui auraient martyrisé leur peuple ? Imbéciles sont ceux qui n’apprennent pas de l’histoire, à moins qu’ils soient vendus idéologiquement et/ou pécuniairement, à ceux qui les gouvernent.
On vous a demandé de faire un article, alors vous avez écrit à peu près n’importe quoi. Ce n’est hélas pas la première fois.