La tentation est grande alors de se tourner vers l’or, qui a comme vocation première d’être la ligne de défense des citoyens martyrisés par les pouvoirs publics.

L’or est, de fait, une façon pour le citoyen qui ne peut pas voter avec ses pieds de s’en aller tout en restant dans son pays. Il retire au gouvernement de son pays la gestion de son épargne en manifestant qu’il ne croit plus dans la monnaie de son Etat.

Le problème est que, de temps en temps, la panique gagne nos chères fourmies à un point tel que l’or cesse d’être une protection de qualité. Déterminer ce moment est l’une des choses les plus difficiles, mais enfin je peux toujours essayer…

Sur le long terme (trente ans), la plus grande qualité du marché des actions est qu’il donne accès à des dividendes qui montent avec le temps. Celui qui achète de l’or abandonne donc ce droit à ces hausses, ce qui, de temps en temps, peut être une bonne idée, mais hélas pas toujours.

Si donc je prends les dividendes effectivement payés par l’indice S&P 500 et que je compare leur évolution historique à celle de l’or, je peux essayer de déterminer les moments où la panique est telle que les acheteurs d’or «surpayent » le métal jaune pour en quelque sorte garantir leur sécurité.

J’ai donc établi un ratio entre le cours de l’or et le paiement des dividendes depuis… 1871. En voici le résultat.

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L’or est aujourd’hui plus haut qu’il n’était au moment de la dépression de 1890, plus haut que pendant la grande dépression des années 30, plus haut que quand les Japonais avaient attaqué Pearl Harbour, et à peu prés au même niveau que quand le Shah d’Iran était renversé avec la complicité active de l’administration Carter, que le pétrole triplait de prix, pendant que les Russes envahissaient l’Afghanistan.

L’or est donc dans l'une des plus grandes paniques à l’achat que l’Histoire ait enregistré, et pour ainsi dire jamais les flux à venir des dividendes n’ont été aussi bon marché vis-à-vis de l’or.

Acheter de l’or en 2000 et vendre les actions était une bonne idée. Faire le contraire aujourd’hui me parait éminemment raisonnable, comme en 1980…