Si les promoteurs de ces mesures connaissent un seul pays dans l’Histoire qui se soit enrichi en augmentant les impôts, je serai très intéressé que l’on m‘explique lequel et à quelle époque; personnellement je n’en connais aucun exemple.

Mai il y a un deuxième problème : personne, dans ces braiements, ne se donne la peine de définir ce que c’est qu’être "riche" . Je vais m'y employer pour essayer de préciser les choses.

Si un inspecteur des finances, ou un conseiller d’état, ou n’importe quel énarque se met à faire de la politique très jeune, et qu’il soit élu jusqu'à sa retraite de fonctionnaire à 60 ans, bien qu’il ait été détaché de l’administration toute sa vie, il touchera sa retraite.

Imaginons qu’il ait été élu député plus de trois fois, il touchera sa retraite de député à taux plein. S’il a été maire d’une grande ville de Province et/ou conseiller régional, re-retraites.

Bref, imaginons que notre homme, qui a atteint 60 ans, touche toute une série de retraites additionnées les unes aux autres, qui se montent à 250 000 euros/an.

Sa chère épouse (beaucoup plus jeune que lui, bien sùr) touchera quant à elle une pension de réversion qui, au Sénat, se monte à 100 % de ce que touche le Sénateur à la retraite. On est content pour elle.

L’espérance de vie de notre héros, qui a fait don de sa personne à la France, est d’environ 30 ans. La question est donc toute simple : quel capital un homme comme moi doit il déployer pour toucher une retraite équivalente a 250000 euro/ans, qui passera ensuite à mon épouse (qui a mon âge), et pour que cette retraite soit complètement garantie par L’Etat français, et totalement indexée sur l’inflation ?

Réponse ; les obligations indexées sur l’inflation, très longues et garanties par l’Etat français donnent aujourd’hui un rendement sur le marché inférieur à 2 %. Mettons 2 %, je suis bon prince.

Pour toucher 250000 euros de revenu, il faut donc que mon capital soit de 250000/0.02, soit de 12 500 000 euro

Malheureusement, et compte tenu de l’impôt sur la fortune, ce capital devra payer 1% du capital chaque année, ce qui réduit ma rentabilité de moitié. Il faut donc que mon capital soit de 25 millions d’euros pour que je touche ce que mon haut fonctionnaire va toucher dans les trente ans qui viennent.

Comme je serai mort avant, ma veuve ou mes ayant droits devront payer 60 % sur ce capital à mon décès, alors que la veuve éplorée de notre homme d’Etat/fonctionnaire, que le monde entier nous envie, ne payera rien.

Bref, bon libéral et chaud partisan, et depuis toujours, de la justice fiscale , je propose que tous ces hommes ou femmes qui nous ont mis dans la situation de faillite dans laquelle nous nous trouvons soient taxés sur le capital virtuel qu’ils ont accumulés à nos dépens depuis des années . Ces gens sont en fait puissamment « riches » et ne payent RIEN sur cette richesse.

Qui plus est, ils ont un risque zéro sur le flux de revenus à attendre, ce qui est loin d’être mon cas .

On devrait passer, toutes affaires cessantes, une loi qui préciserait que toute retraite payée par le secteur public et dont la valeur actualisée serait supérieure au montant à partir duquel l’impôt sur la fortune s’applique, devrait supporter cet impôt sur la fortune.

Il s’agit là d’une question de Justice sociale, et je n’ai pas le moindre doute que, dans l’esprit de sacrifice au bien du public qui a toujours été le leur, ils ne se bousculent au portillon pour payer encore plus, comme ils le réclament aux autres « riches ».

Voila qui redonnerait au citoyen de base la confiance dans nos élites.

Je n’ai pas le moindre doute que cette proposition, pleine de bon sens et d’esprit civique, va être retenue dans un avenir très proche. Cependant, quand je soumets cette idée à certains d’entre eux qui se trouvent être parmi mes amis, je ne recueille que des ricanements et me fait traiter de « démagogue ».

Pourtant, de Gaulle, quand il a quitté l’Elysée en 1969, n’a accepté que sa retraite de Colonel.

Il faut, à leur décharge, dire qu’il avait été beaucoup moins utile au pays que nos énarques…