La réponse est simple : je n’en ai pas la moindre idée. Les génies qui ont créé l’Euro ont bâti un système qui ne peut pas marcher et dont on ne peut pas sortir. Prévoir ce qui va se passer c’est essayer d’être rationnel dans un asile de fous, tâche impossible s’il en est.

Par contre, si je n’ai aucune idée de ce qui va se passer dans les semaines ou les quelques mois qui viennent, je sais très bien où nous en serons d’ici deux ou trois ans. Et donc, la solution pour l’investisseur doit être de construire son portefeuille en prenant en compte ce que nous avons déjà avec une grande certitude.

De quoi suis-je sùr exactement ?

1. Je sais que tout ou partie de l’Europe a vécu au dessus de ses moyens, parfois depuis des lustres, en empruntant pour « stimuler la consommation » et donc financer des déficits budgétaires qui, à la longue, sont insoutenables. Cela veut donc dire que la consommation européenne a été déterminée par la somme (argent gagné+ argent emprunté). D’ici très peu de temps la consommation va devoir s’aligner sur une nouvelle loi d’airain, puisque nous ne pourrons plus emprunter, qui sera : consommation égale argent gagné moins remboursement de la dette passé. Nous allons donc tout droit vers un effondrement de la consommation en Europe. La première conclusion financière est donc toute simple : n’avoir aucune valeur de consommation dans son portefeuille

2. Cet écroulement inéluctable de la consommation veut dire que la consommation de matières premières et de pétrole va beaucoup baisser en Europe, et que donc le prix du pétrole et des autres matières premières va baisser fortement. Quand l’Asie a saute dans des circonstances similaires en 1998, le prix du petrole est passé en quelques semaines de $ 22 dollars par baril a $ 10 dollar par baril. Il faut donc vendre toutes les valeurs de matières premières.

3. Cette baisse des matières premières est équivalente à une forte baisse des impôts pour les Etats-Unis et l’Asie. On peut donc y acheter des valeurs de consommation locales ainsi que de l’immobilier et des financières, surtout en Asie

4. Cette baisse de la consommation va se traduire par une forte récession en Europe. Comme une grande partie des recettes fiscales sont indexées sur la TVA, laquelle repose sur la consommation, les recettes vont s’effondrer et donc les déficits budgétaires vont exploser. Comme les taux d’intérêts sont très supérieurs aux taux de croissance, le financement de la dette étatique va devenir impossible et il nous faudra réformer les dépenses étatiques dans la douleur, un peu comme la Grèce et l’Espagne sont en train d’en faire l’expérience. Il ne faut donc pas avoir une action d’une société qui aurait l’Etat comme client, ou que l’Etat contrôle…

5. La dette étatique, qui a été créée à tout va depuis si longtemps, n'a financé aucun actif productif mais juste des transferts sociaux pour gagner des voix à la prochaine élection. Cette dette constitue le principal actif de tout le secteur financier, et elle ne vaut en aucun cas sa valeur à l’achat. Le secteur financier est donc en faillite virtuelle. Comme je le dis depuis des mois et des mois, il ne faut avoir aucune valeur financière

Résumons nous en revenant aux grands économistes du passé.

Il faut vendre tout ce qui a prospéré en s’appuyant sur des analyses keynésiennes ou marxistes et qui bénéficiaient de la croissance ininterrompue d’un état obèse.

Il faut vendre tout ce qui touche de prés ou de loin à Malthus (trop de Chinois, pas assez de pétrole) puisque nous rentrons dans une période où il va y avoir trop de pétrole et pas assez d’Européens qui pourront l’acheter.

Il faut acheter Schumpeter, c’est dire toutes les sociétés à forte valeur ajoutée intellectuelle, l’endroit où elles sont cotées important peu.

Il faut acheter Ricardo, c'est-à-dire les valeurs qui participeront aux investissements d’infrastructure au Brésil, en Chine , en Inde, etc.., là encore l’endroit où elles sont cotées n’ayant aucun intérêt, encore une fois.

Il faut avoir son cash en dollars, et ses obligations en monnaies asiatiques pour les raisons que j’ai souvent mentionnées dans le passé.

Il faut construire ce portefeuille dans les semaines qui viennent tant le dénouement de cette crise se rapproche.

Bonne chance !