Banques : pourquoi Lagarde ne comprend rien à l'économie
Par Charles Gave le lundi 29 août 2011, 19:01 - Article - Lien permanent
Comme les nouvelles réglementations sur les banques (Bâle III) Madame Lagarde considère qu’il faut renforcer la solidité financière des banques européennes, et qu'elles vont donc devoir procéder à des augmentations de capital massives pour éviter une répétition de la crise de 2008.
Ces tentatives de "renforcer" les banques en les forçant à effectuer des augmentations de capital m’amènent à formuler deux remarques :
· La première est qu’il n’est pas du tout prouvé que les banques aient été responsables ou uniquement à l’origine de cette crise, les Etats ayant une énorme part de responsabilité dans ce désastre (Voir mon livre "Libéral mais non coupable", chez Francois Bourin éditeur).
· La deuxième est que Madame Lagarde et les autorités de Bâle ne comprennent pas grand-chose à la façon dont fonctionne un système bancaire, ce qui est plus qu'un peu …inquiétant. C’est ce point que je veux développer aujourd’hui. Je vais le faire de manière un peu caricaturale, mais je pense que ce que je vais dire est juste, quoique volontairement schématique.
Le métier d’une banque est de prêter l’argent que ses déposants lui ont confié, mais aussi de l’argent qu’elle a elle-même emprunté à l’extérieur (à une autre banque par exemple). Ces dépôts et ces emprunts constituent son passif. A l’actif, elle aura les prêts qui ont été consentis, mais comme tous les prêts ne sont pas remboursés, certains emprunteurs faisant faillite, il faut que la banque ait un capital suffisant pour absorber ces pertes sans que les déposants aient à en souffrir. Bien sur, il faut que les taux d’intérêts soient suffisamment élevés pour que la banque couvre ses frais de financement + une prime qui couvre les risques de faillites « normales». Au cas ou nous entrerions dans une période anormale (récessions, dépressions), il faut en plus que la dite banque ait un CAPITAL suffisant pour absorber ces pertes anormales
Imaginons que les autorités de contrôle, pour couvrir ce dernier risque, décident que les banques soient dans l’obligation de conserver à tout moment un capital égal à 10 % des prêts consentis. Cela veut dire que cette banque peut « porter » 900 euros de prêts et avoir une taille de bilan de 1000 euros (900 de prêts+100 de capital). Comme de nos jours la plus grosse partie de la masse monétaire (M2 par exemple) a comme contrepartie des prêts bancaires, on peut avancer sans craindre de se tromper beaucoup qu’il existe une relation forcement assez stable entre la masse monétaire dans un pays et le capital du système bancaire. Si le capital des banques est équivalent à 1000 euros, on voit bien que la masse monétaire doit être à peu prés de 10000 euros…
Imaginons encore que les génies qui nous gouvernent décident que les banques doivent avoir soudain un capital égal non plus à 10 % de leurs prêts, mais à 20 %. Les banques qui pouvaient porter une masse monétaire de 10000 euros, avec le capital dont elles disposent ne peuvent plus porter une masse monétaire « que « de 5000 euros. Elles ont donc le choix soit de faire une augmentation de capital de 1000 euros, pour pouvoir porter leurs prêts existants, soit de réduire leurs prêts de moitié (diviser leur bilan par deux).
Dans le premiers cas, on peut légitimement se demander qui va souscrire à une augmentation de capital dans un secteur dont la rentabilité va s’effondrer (fonds propres deux fois plus importants, même taille de volume de prêts= une rentabilité qui s’effondre) et dans le deuxième, comme l’a très bien montré Milton Friedman, une effondrement de la masse monétaire entraine TOUJOURS un effondrement de l’activité économique au travers d’une "déflation par la dette".
Il est donc tout à fait évident que l’effondrement des bourses a comme « cause première » ces nouvelles règles établies à Bâle par des comptables qui ne comprennent rien à l’économie, et qui cherchent à établir des règles pour que le risque bancaire disparaisse à tout jamais, ce qui est proprement idiot puisqu'un monde sans risque est un monde en dépression.
Le plus foudroyant est que les hommes politiques ne cessent de réclamer aux banques qu’elles accordent PLUS de prêts alors qu’à l’évidence les mesures qu’ils prennent, ou font prendre, vont arriver exactement au résultat inverse…
Ce qu’il faut faire, c’est casser les grandes banques en une multitude de petites pour que des risques soient pris à nouveau et que la concurrence règne dans le monde bancaire comme partout ailleurs; interdire aux banques d’acheter des obligations d’Etat avec leurs dépôts, pour que l’Etat emprunte à un coùt normal et cesse d’être subventionné de façon éhontée; et, bien sùr, BAISSER les ratios entre capital et prêts pour que les banques puissent financer à nouveau le secteur privé.
La probabilité que cela se passe ainsi est, à mon avis, exactement égale à zéro , mais je peux toujours rêver…
Commentaires
Les banques européennes sont très très mal parce qu'elles ont prêté des centaines de milliards d'euros à cinq Etats européens en faillite : Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne.
Autrement dit : les banques européennes ont dans leurs livres des centaines de milliards d'euros prêtés à cinq Etats européens ... qui ne les rembourseront jamais.
L'exemple le plus énorme est la Grèce.
Comment interpréter les chiffres des taux des obligations d’Etat grecques ?
Quelle interprétation pouvons-nous faire de ces chiffres tsunamiens ?
Que signifient ces chiffres razdemaréesques ?
Mon interprétation : les investisseurs internationaux pensent que la Grèce va se déclarer en défaut de paiement avant un an.
La Grèce est insauvable.
La Grèce est insolvable.
Grèce : taux des obligations à un an : 60,843 %.
http://www.bloomberg.com/apps/quote...
Grèce : taux des obligations à 2 ans : 45,624 %.
Grèce : taux des obligations à 10 ans : 18,103 %.
Deux excellentes propositions de Charles Gave : "casser les grandes banques en une multitude de petites ", "interdire aux banques d’acheter des obligations d’Etat avec leurs dépôts".
On pourrait ajouter un petit complément : "interdire tout déficit public".
Tout d'abord je tiens a souligner que les mesures de Largarde ne sont pas aussi dépourvue de connaissance en économie qu'on veuille nous le faire croire. Premièrement il faut savoir que si on prend l'exemple cité, c'est a dire si les banques doivent détenir 20% au lieu de 10% en capital he bien certes il y'aura une compression de la masse monétaire, mais l'effet sera plus visible au niveau des prêts existant, mais au niveau des prêts futurs ca ne sera pas le cas. Oui l'activité économique va ralentir, mais ceci sera a cour terme car a long terme il y'aura une adaptation. Une autre chose qu'il faudrait éclairer, c'est qu'il ne faut pas confondre l'activité économique domestique des banques de commerce et celle des banques d'investissement. Les mesures de Bâle sont surtout la pour empêcher les banques d'acheter des obligations n'importe commenté je pense qu'a contraire changer le ration 1-10 a un ration 2-10 permet au banquent de ne plus créer de l'argent a partir de rien et d’être plus sérieux dans l'analyse du risque pris au moment des prêts. En plus la gestion de l'inflation sera plus facile dans ce cas
Mardi 30 août 2011 :
Banques européennes : l'Autorité bancaire européenne est inquiète.
L'Autorité bancaire européenne (EBA) s'inquiète de la sous-capitalisation de certaines banques européennes, au diapason de la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, selon le Financial Times Deutschland paru mardi 30 août.
Face à ce constat, le patron de l'EBA Andrea Enria a écrit au conseil Ecofin à Bruxelles pour lui demander que le Fonds d'aide européen (FESF), créé pour prêter aux Etats de la zone euro en difficulté, donne de l'argent directement aux banques dans une situation critique pour accélérer leur recapitalisation, affirme le quotidien germanophone.
Vendredi 26 août, Mme Lagarde avait estimé "urgent" de recapitaliser les banques européennes pour qu'elles soient "suffisamment solides pour faire face aux risques que représentent les dettes publiques et la faiblesse de la croissance".
Casser les banques géantes, oui, c'est ce que disent de nombreuses personnes sensées, comme le gouvernement de la BOE. Toutefois, comment ?
La conclusion à tirer de cette dénonciation de la démagocratie occidentale n' est elle pas que la République doit,comme à Rome ,laisser place à l' Empire sinon au dirigisme chinois éclairé?
"La conclusion à tirer de cette dénonciation de la démagocratie occidentale n' est elle pas que la République doit,comme à Rome ,laisser place à l' Empire sinon au dirigisme chinois éclairé?"
Le dirigisme éclairé ne dure jamais longtemps. Et Rome a duré plus longtemps comme république que comme Impériale. Je préfère la démocratie "éclairée" (même si, elle non plus, elle ne dure jamais longtemps) à la dictature qui vire inévitablement à la catastrophe.
@Drieu
Comment ? Bonne question ! Fisher (http://dallasfed.org/news/bios/fish...) a quelques idées à ce sujet. La déconcentration du système financier semble une conséquence plutôt qu'un préalable au recul de l'Etat-providence. Lorsque l'Etat amaigri et équilibré n'aura plus besoin de l'oligopole pour se financer, des solutions apparaîtront, peut-être sur le principe des lois antitrust.
Navrant comme d'habitude pour cet universitaire qui n'a rien vu venir de la
crise des subprimes et qui ne comprends rien de la crise à venir..
Rejeter la crise sur les états?. M.Gave a bien mérité du systéme financier
@bubulle : merci pour cette référence. Voici une conférence de l'intéressé qui n'est pas sans intérêt :
http://dallasfed.org/news/speeches/...
M. Gave,
Je me demande qui de Mme Lagarde ou de vous ne comprend rien à l'économie. Vous croyez encore que les dépôts bancaires précèdent les prêts alors que c'est l'inverse. Les banques réalisent une création monétaire grâce aux prêts. Elles ne prêtent pas 9/10ème de leur fond propre pour obtenir des créances avec intérêt, elles ont le droit de créer de la monnaie dans un rapport de 9 pour 1 grâce à un jeu d'écriture : dans la case débit de la banque, il y a -1€ de fond propre et - 9€ de monnaie créée. Dans ses crédits il y a une créance de +10€. La banque touchera un intérêt sur l'argent prêté qui sera son bénéfice. A la ligne crédit de l'endetté, se trouvera +10€, et dans sa ligne débit, il y aura le capital à rembourser de -10€. Evidemment, l'emprunteur devra payer, pardonnez l'euphémisme, le service de la dette. Tout s'équilibre, au niveau des écritures du moins.
Cet argent prêté circulera et ira sur des comptes bancaires de toutes sortes. Ces derniers alimenteront d'autres fonds propres de banques. Ces fonds augmentés permettront de créer de la monnaie dans le rapport de 9 pour 1 lors d'un autre prêt. C'est l'effet multiplicateur de la monnaie et c'est pour cela que la masse monétaire ne cesse d'augmenter.
D'autres produits financiers permettent de créer de la monnaie dans un rapport supérieur à 9 pour 1.
M. Gave, ces dernières années les banques ont trop prêté, et en plus, à des gens , des entreprises,... qui n'étaient pas ou n'allaient plus être solvables. Les délocalisations sont une des causes de cette perte de solvabilité.
A chaque fois que je lis vos articles, j'ai l'impression que votre intention est de désinformer. J'espère que je me trompe sur ce point et qu'il s'agit plutôt d'un manque d'information de votre part.
Mr Gave
L'actif des banques en soi (et par construction la masse monetaire) ne depend pas de ses sources de financement. Les banques peuvent augmenter leurs fonds propres au depend de la dette. Il est clair que cela fait baisser le RoE mais le risque de l"actionnaire est bien moindre, sans parler du risque systemique. Les banques utiliseront moins l'effet de levier
pour gonfler leur RoE et par une meilleure selectivite de leurs prets ou placements pourront ameliorer le R du ratio.
Il est difficile de croire que les banques soient trop capitalisees. A titre d'exemple, BNP paribas porte un bilan de €2 trill avec des fonds propres de €85bn!! Lorsque l'on sait que les banques ont de la dette souveraine en grande quantite dans leur bilan, je ne trouve pas les propos de Mme lagarde particulierement choquants ou faisant preuve d'ignorance.
Les organismes de reglementations, aussi incompetants soient-ils , ne sont pas responsables de la baisse recente des marches financiers. La crise de la dette souveraine en est en grande partie la cause car elle a mis en evidence la dependance des bilans bancaires a des creances dont on consideraient il n'y a pas si longtemps qu'elles etaient sans risque! Rappelez-vous que la Grece emettaient de la dette avec moins de 50bp de spread avec l'Allemagne avant 2007!
En accord aux idées exposées par Mirza, il me semble qu'il faut pas, partant du constat que les accords de Bâle sont une mauvaise réglementation , en déduire que l’objectif qu’ils poursuivent est mauvais.
En effet, un principe essentiel du droit comptable est le recours aux provisions – principe de bon sens, qui devient indispensable lorsqu’on abandonne le cadre de la comptabilité patrimoniale et cette autre limite qu’est l’obligation de réserves métalliques à 100 %.
Alors certes, les accords de Bâle sont pro-cycliques et non contra-cycliques, ce qui conduit à une contraction du crédit au pire moment qu’il soit – une erreur qui, au passant, aurait évité si nos têtes pensantes connaissaient l’épisode de Joseph, des vaches maigres et des vaches grasses – mais il est néanmoins nécessaire, sur le long terme, d’exiger des banques qu’elles constituent des réserves.
A cet égard, Monsieur Gave devrait plutôt se demander si la crise des subprimes – qui, si elle révèle l’inquiétante défaillance de la régulation publique, montre également les limites de la régulation privée, et notamment l'inefficacité totale des procédures de contrôle internes aux établissements bancaires, ne lui en déplaise – aurait eu un tel impact, si les USA s’étaient pliés à ces règles de bon sens, et avaient incité leurs banques à renforcer leurs fonds propres, plutôt qu’à distribuer sans compter (ce qu’était, en définitive, l’intervention publique à l’origine des subprimes).
On peut donc critiquer des accords mals rédigés, mais certainement pas le principe [et puis, mais c'est un autre débat, sans doute aurait-il mieux valu dire "Madame Lagarde", ce qui est plus respectueux].
@ Drieu
Merci d'avoir posté ce lien, assez intéressant mais la solution esquissée par Fisher me laisse songeur ; diviser – de manière arbitraire – une grande entreprise en plusieurs petites entreprises, c’est là le bon gros mythe de l’atomicité du marché, théorisé par les tenants de la concurrence pure et parfaite – et dont les économistes autrichiens ont démontré l’incohérence et le caractère contre-productif.
Du reste, et au-delà de toute théorie, la pratique démontre que démanteler un ancien monopole provoque… un cartel (même si pour moi ce n’est pas nécessairement un mal), comme le prouve l’exemple des baby bells (puisque les filiales vont chercher à nouveau à s’associer pour profiter des économies d’échelle de ce type d’industrie). Certes il n’y a pas d’externalités de réseaux en matière bancaire mais le nom (UBS, Deutsche Bank…) demeure un moyen d’appeler, d’attirer le client. Les banques divisées se reconstitueraient en holding le lendemain.
Vous conviendrez sans peine que ce dont a besoin l’industrie bancaire, c’est à la fois d’une monnaie saine (donc pas de déficit public, ni de dévaluation, etc.) mais aussi de responsabilité, corollaire de sa liberté. Il est faux de répéter à longueur de journée que les banques constituent le secteur le plus réglementé de l’économie… Il suffit de lire vraiment le Code de commerce et le comefi en France pour s’en rendre compte : toutes proportions gardées, un commercant est plus contrôlé qu’une banque, dont les rares exigences légales demeurent justifiées sur le plan des principes (cf supra).
Là encore critiquer une mauvaise réglementation ne signifie pas qu’il faille abandonner toute régulation – qu'elle soit normative et concurrentielle.
@ Bubulle :
Juste deux remarques sur ce que vous avez écrit.
Remarque a : Pourquoi donc protéger les banques contre elles mêmes, en interdisant certaines pratiques ? la loi est là pour interdire les actes qui portent atteinte à des valeurs supérieures, pas à dire aux gens ce qu’ils doivent faire de leur argent. Si une banque privée est mal gérée, qu’elle fasse faillite : telle est la dure – mais nécessaire – sanction d’une économie de marché.
Maintenant, et comme l’a souligné Econosopher il faut bien distinguer banques traditionnelles (qui doivent, de par la loi, conserver un certain montant d’argent des clients) et les banques d’investissement (qui sont toutes des filiales plus ou moins autonomes, mais qui disposent de leur propre patrimoine). A ce titre le « too big to fail » mérite également d’etre relativisé dans la mesure où ces entreprises restent des sociétés indépendantes… et je trouve plutôt sain qu’une banque puisse constater qu’une de ses filiales investissant dans l’equity, ou le credit revolving, fasse faillite, tandis que d’autres réussissent mieux à tirer leur épingle du jeu (par ex : les filiales en crédit hypotécaire quand elles ne versent pas dans le subprime, le lease…). Là encore, la concurrence suffit.
Remarque b : Si les banques et, plus généralement, les investisseurs investissent (dslé pour la redite) dans des obligations d’Etat, c’est uniquement parce que les marchés financiers sont devenus trop complexes pour le quidam, confronté à une multitude d’opérateurs, d’officines, de titres… sans qu’on sache vraiment ce qu’il y a dedans (ce qui, mais c’est une autre histoire, mériterait quand même un jour qu’on réglemente la titrisation, pas comme la gauche le veut – en l’interdisant – mais en imposant une transparence du contenus de ces titres).
Pour éviter toute erreur d’interprétation, je ne dis pas que prêter à l’Etat est un choix judicieux (puisque creuser le déficit via l’emprunt est suicidaire sur le long terme…) mais que cela s’explique rationnellement. Donc, ce ne sont pas les investisseurs (banques comprises) qu’il faut blâmer, ni les pouvoirs publics, mais les entreprises privées qui sont largement incapables d’entretenir une relation directe avec l’actionnaire.
D’où le perpetuel triomphe des (mauvais) emprunts d’Etat sur les (plus ou moins bonnes) actions privées.
@Mirza : merci pour votre puissant éclairage de la question ! Gave me paraît toutefois plus empli de sa propre valeur qu'incompétent ou manipulateur.
@Philippe Jaunet : comme vous l'a proposé Henri Lepage, tachez de ramasser vos idées - intéressantes, not. sur la reconstitution de cartels post-break up - dans un papier qui vous soit propre, plutôt que poster d'interminables réflexions en réaction à des bribes de réponses. Cela permettra d'y voir clair dans votre position sans avoir à la reconstruire au départ de considérations disparates.
Sur le papier de Fischer, vous semblez l'avoir survolé le temps qu'il vous "inspire" ce qu'était déjà votre position. Fisher ne propose PAS de casser les banques géantes. C'est même exactement le contraire, puisqu'il explique, lisez ne serait-ce que la conclusion, que nous n'en arriverons là qu'à défaut de nous montrer à la hauteur du défi "too big to fail" : "previous measures directed at containing too big to fail proved ineffective, with no one too surprised that when crisis came, many large-bank counterparties were protected under implicit guarantees. Let’s hope that going forward, regulators can do better, avoiding both unintended consequences and time inconsistencies. For if they don’t, and they are unable to solve the too-big-to-fail issue in a timely manner, we will ultimately have to take more draconian measures and simply break up the largest banking organizations to eliminate the threat they pose to financial stability and economic growth."
Du 1er septembre 1963 au 31 août 1973, le Français Pierre-Paul Schweitzer est resté 10 ans directeur général du FMI.
Du 17 juin 1978 au 15 janvier 1987, le Français Jacques de Larosière est resté 9 ans et demi directeur général du FMI.
Du 16 janvier 1987 au 14 février 2000, le Français Michel Camdessus est resté 13 ans directeur général du FMI.
Christine Lagarde sait qu'elle va rester plusieurs années à la tête du FMI. Christine Lagarde sait que, maintenant, elle ne peut pas être virée du jour au lendemain par le président de la République.
Donc maintenant, elle dit ce qu'elle pense : "En Europe, les banques ont besoin d'une recapitalisation urgente."
Mardi 30 août 2011, nous apprenons que l'Institut international des normes comptables s'inquiétait des mensonges et des trucages des banques européennes. Des banques européennes n'utilisent pas les prix de marché pour calculer les dépréciations sur les obligations d'Etat grecques qu'elles détiennent. Mais elles utilisent "un modèle interne de valorisation" ! En clair : elles sous-estiment leurs pertes en mentant effrontément !
Lisez cet article :
L'Institut international des normes comptables (IASB) s'inquiète des différentes méthodes utilisées par certaines entreprises européennes pour valoriser et passer des dépréciations sur les titres de dette publique grecque, lit-on dans une lettre de l'IASB mise mardi 30 août sur son site internet.
Dans un courrier adressé début août à l'Autorité européenne de contrôle des marchés (Esma), l'IASB met en garde les régulateurs contre le recours par certaines entreprises à des méthodes internes de valorisation de la dette publique de la Grèce plutôt que par utilisation des prix de marché.
L'Institut international des normes comptables ne cite pas nommément les entreprises en question. Mais d'après le Financial Times, qui se réfère à une source ayant eu connaissance du courrier, la lettre de l'IASB vise sur les banques et les compagnies d'assurance, et en particulier BNP Paribas et CNP Assurances.
"C'est un sujet de grande importance pour nous", écrit dans le courrier Hans Hoogervorst, le président de l'IASB.
"Parce que ce cas (la dette grecque, NDLR) fait clairement apparaître des applications incohérentes, nous jugeons de porter ce sujet à votre attention", poursuit le responsable.
Selon le quotidien britannique, les banques et les compagnies d'assurance européennes auraient par conséquent dû passer des provisions et des dépréciations plus importantes sur la dette souveraine grecque lors de la publication de leurs derniers résultats.
"BNP Paribas a provisionné son exposition sur la Grèce en plein accord avec ses auditeurs et les autorités compétentes, conformément au plan arrêté par l'Union européenne du 21 juillet", a réagi une porte-parole de la banque française.
CNP Assurances n'a en revanche pas souhaité commenter les observations de l'IASB.
La banque et l'assureur français ont chacun annoncé des décotes de 21 % sur leurs actifs grecs, comme convenu fin juillet lors du dernier plan d'aide à Athènes, ayant jugé que la dette grecque ne pouvait être évaluée au prix du marché en raison du manque de liquidité des titres grecs.
Début août, BNP Paribas, qui a passé une charge de 534 millions d'euros sur la Grèce dans ses comptes du deuxième trimestre, a expliqué avoir valorisé ses titres de dette grecque en appliquant un modèle interne de valorisation plutôt qu'en utilisant leurs prix sur le marché, jugés "non représentatifs" par la banque.
Les établissements financiers qui ont en revanche utilisé les prix du marché, comme Royal Bank of Scotland, ont opté pour des décotes beaucoup plus lourdes, de l'ordre de 50 %.
Au total, par des méthodes comptables différentes, les banques européennes ont déprécié quelque trois milliards d'euros sur leurs obligations grecques.
Toutefois, selon les calculs de Citigroup, les banques européennes pourraient encore devoir passer 6,65 milliards d'euros sur la Grèce.
http://lexpansion.lexpress.fr/econo...
@ Drieu :
Ce que je voulais simplement dire c’est que cette idée du TBTF, qui est aujourd’hui un lieu commun de la pensée économique, peut être remise en cause si l’on s’intéresse aux structures de marché. Sous réserve de ce que j’ai écrit plus haut (l’autonomie des filiales, fait quand même important qui semble passé sous silence par ceux qui parlent de « trop grosses » banques) certains marchés sont structurellement oligopolistiques. Vouloir changer ce donné c’est, pardonnez-moi, quelque peu chimérique. Et bien que dans le cas du papier que vous citiez, c’était peut-être plus de la rhétorique qu’autre chose (bien que, je ne crois pas me tromper, M. Fisher dit bien que le problème c’est que « the potential cumulative impact of the many regulations demanded by Dodd–Frank will be to artificially raise the cost structure of the non-too-big-to-fail depository institutions », ce qui est malheureusement le résultat immédiat de toute réforme juridique d'ampleur), le fait est que le problème n’est pas tant la taille, ou le nombre d’opérateurs, que le cadre institutionnel dans lequel ils se meuvent.
Cela suppose de cesser d’opposer naïvement régulation publique (SEC) et privée (agences de notation), mais bien de dépasser ce clivage en les entremêlant (not. par le private enforcment, objet d’un papier que je suis en train de rédiger).
Maintenant pardonnez-moi, d’une part, de "poster d'interminables réflexions en réaction à des bribes de réponses" – j’avais la naïveté de penser qu’un post servait justement à écrire ses réflexions, suscitées par une remarque constructive – et, d’autre part, de ne pas écrire autant que d’autres des papiers plus importants, car j’aime à fournir des références précises lorsque j’invoque un élément, et ce travail de recherche préalable prend du temps.
@ Mirza
"Vous croyez encore que les dépôts bancaires précèdent les prêts alors que c'est l'inverse."
A mon avis, ce que veut dire Charles Gave, c'est que dans un système vertueux, les dépôts devraient précéder les prêts et non l''inverse comme c'est le cas actuellement. Ceci étant, la banque centrale n'a pas que le taux des réserves obligatoires pour contrôler l'évolution de la masse monétaire. Elle le fait aussi et surtout au moyen de son taux de refinancement (taux directeur). Les banques commerciales sont surtout sensibles à leur compte d'exploitation, et en agissant sur le coût de la liquidité les banques centrales contrôlent en réalité la masse monétaire. Je crois que Charles Gave connaît bien tout ceci.
Quand un mec est en train de se noyer, c'est vrai que lui dire d'aller apprendre à nager ou de prendre une bouée ne lui sert pas à grand'chose. C'est à peu près ce que dit Charles Gave. Mais c'est vrai aussi qu'il aurait bien dû apprendre à nager ou prendre une bouée avant de plonger.
Autrement dit, demander maintenant aux banques de renforcer leurs fonds propres est en effet problématique. C'est bien avant qu'elles auraient du le faire pour ne pas tomber dans la situation actuelle. Mais hélas, il y a un prêteur en dernier ressort qui pense qu'elles sont "too big to fail"...
@Charles Gave:"Ce qu’il faut faire, c’est ... BAISSER les ratios entre capital et prêts pour que les banques puissent financer à nouveau le secteur privé."
Monsieur Gave, vous êtes un fin connaisseur du monde financier, vous avez donc j’imagine une idée raisonnablement précise des ratios de fonds propres et de liquidité en usages parmi les "Banquiers Privés" suisses.
Je doute FORTEMENT que ceux-ci soit inférieurs en qualité et en quantité aux ratios réglementaires.
http://www.pictet.com/fr/home/about...
« Pictet & Cie offre une sécurité maximale à sa clientèle en disposant de fonds propres très largement supérieurs aux normes légales suisses »
Peut être y a t'il un lien entre cela et la responsabilité ILLIMITÉE sur biens propres qui est la leur ...
Généralisation de la responsabilité illimitée que j'appel de mes vœux en lieu et place des réglementations tout autant pléthoriques qu'absurdes qui prétendent lui être substituées.
http://blog.turgot.org/index.php?po...
Votre problème de taille des banques se réglera alors d'office...
Pas de liberté sans responsabilité, c'est écrit en tête de ce blog.
@Gérard Dréan:"Mais hélas, il y a un prêteur en dernier ressort qui pense qu'elles sont "too big to fail"..."
et aussi un État, législateur ET très gros client, qui demande de l'argent pas cher.
Et les fonds propres et la sécurité, CA COUTE CHER !
@Patrick Madrolle
en effet...
Et le plus (tristement) marrant de tout ça, c'est que c'est ce même Etat qui vient à leur secours quand il les a mises dans la m... (remarquez, ça ne serait que justice si in fine ça n'était pas le bon peuple qui payait les pots cassés)
Le problème n'est pas de juger si les réglementations de Bâle III sont bonnes ou mauvaises. C'est un autre débat. Mais de faire remarquer que leur mise en application intervient au plus mauvais moment, et joue un rôle majeur dans la mauvaise surprise de cet été - c'est à dire l'arrêt de la reprise, et la menace de nous voir retomber dans la récession (le fameux "double dip".
Dans ces circonstances les déclarations de Madame Lagarde reviennent à jeter de l'huile sur le feu. Il est incontestable que les banques doivent se recapitaliser, mais le dire n'est pas contradictoire avec le fait de dire aussi que cette recapitalisation est actuellement en train de faire replonger la conjoncture. Et comme l'un des commentaires le fait remarquer, c'est bien avant que les banques, mais aussi les autorités auraient du s'en préoccuper.
Charles rejoint tout simplement le diagnostic de Steve Hanke qui nous a expliqué il y a déjà quelques semaines pourquoi , dans les circonstances présentes, il fallait s'attendre à une conjoncture américaine faiblarde au cours des mois qui viennent. Il s'agit d'un diagnostic et d'une explication sur les perspectives de la conjoncture et non d'un débat sur le système bancaire et les comportements des banquiers.
Ceci dit, la situation en Europe est rendue plus compliquée et plus inquiétante du fait que ce retournement de la conjoncture par rapport à ce qui était anticipe entraîne des conséquences sur le problème de la dette souveraine et de sa solution dans la zone euro.
En un mot, toutes les solutions qui étaient envisagée sont rendues caduques par la perspectives de voir les rentrées fiscales s'effondrer dans un certain nombre d'états clé (comme la France). D'où la montée de la méfiance sur les marchés interbancaires et la crainte du déclenchement d'une nouvelle crise de liquidité.
C'est la réaction en chaîne, et en tête de cette chaîne il y a incontestablement le mauvais timing de tout ce débat sur la recapitalisation des banques. Mais peut-être après tout est il vrai que de toute façon il s'agit d'un engrenage qui ne pouvait pas être évité, et dont on doit un jour ou l'autre solder l'addition;
@ Henri Lepage : je me permets de revenir sur votre commentaire. Vous dites ; "Le problème n'est pas de juger si les réglementations de Bâle III sont bonnes ou mauvaises. C'est un autre débat." Je ne suis pas tout à fait d’accord : si les banques américaines avaient correctement appliqué les précédentes règlementations prudentielles et respecté les principes traditionnels du droit comptable, alors la crise des subprimes aurait revêtu un aspect bien moins important. Certes, les accords de Bâle sont pro-cycliques, et ont été appliquées au mauvais moment ; mais les milieux professionnels savaient très bien à quoi s’en tenir.
Quant aux autorités, je ne vois pas ce qu’elles auraient pu faire de plus dans la mesure où rien n’empêchait aux banques américaines d’anticiper l’application des principes de Bâle II (dont il ne faut oublier que le contenu était connu des années avant l’édiction des normes les imposant).
"Dans ces circonstances les déclarations de Madame Lagarde reviennent à jeter de l'huile sur le feu."
Non, elles consistent simplement à dire tout haut ce que tous les professionnels savent depuis longtemps, à savoir que les marchés financiers – notamment aux USA – traversent une fort mauvaise passe, en ce qu'elles prêtent à n'importe qui (Etats en failite, créanciers insolvables...).
Cf. sur ce point, entre autres, les toujours très bonnes analyses de Marc Fiorentino.
@ Philippe
Nous sommes bien d'accord sur le fond : " si les banques américaines avaient....". Effectivement nous n'aurions pas eu tous les em....ts qui ont suivi et nous n'en serions pas là où nous en sommes, c'est à dire dans une impasse à laquelle il n'y a pas de solution - sinon payer la note que la réalité nous présente aujourd'hui.
Mais cela n'empêche pas que l'explication de la reprise qui avorte, et qui entraîne la zone euro dans les abysses, est un produit des politiques de recapitalisation, même si elles sont évidemment souhaitables. En ce sens elles sont les agents de l'inévitable, elles sont la courroie de transmission du "double dip". Il n'est pas inutile de le savoir.
A long terme, oui, mais à court terme il ne faut pas compter sur la recapitalisation des banques sur des bases plus saines pour relancer la croissance, bien au contraire. Le problème des politiques est de ne pas faire la différence, et de créer ainsi de faux espoirs, de maintenir l'illusion qu'il y aurait des solutions, alors qu'il n'y en a pas (à court terme, j'insiste).
*Le danger maintenant est que le "double dip" ne débouche sur un effondrement du multiplicateur monétaire et de la liquidité et l'engrenage d'une "debt deflation" - donnant ainsi définitivement raison aux schémas autrichiens de description du l'engrenage d'une grande "crise".
Ce faisant, vu l'urgence de la situation ainsi créée, le problème des ratios n'est plus le problème du jour. Oui, c'est le problème de l'après la crise qui vient, lorsque l'on pourra sereinement se poser la question de savoir ce qu'il faut faire pour éviter que tout cet engrenage que nous vivons depuis trois ans ne se reproduise à l'avenir. En ce sens, c'est bien un autre débat - je le maintiens.
Chers amis
Merci de vous interesser a mon petit papier dont le seul but etait de montrer qu'il y a une contradiction totale entre ce que les gouvernements demandent aux banques-de preter plus pour soi disant permettre a l'activite economique de se developper- tout en prenant des mesures pour forcer les banques a augmenter leurs fonds propres pour reduire les risques systemiques.
Cest l'un ou c'est l'autre, mais ca ne peut pas etre les deux a la fois
Donc , ou ils sont incompetents (hypothese qu'on ne peut pas exclure d'emblee) ou ils ont un autre projet.
L'autre projet consiste peut etre a affaiblir les banques a un point tel que la seule solution soit leur prise de controle par l'ESF
En realite, je crains que le but ultime des technocrates qui nous gouvernent ne soit de faire souscrire a ces augmentations de capital rendues necessaires par Bale 3 le fonds de garantie Europeen (ESF), ce qui permettrait au systeme bancaire Europeen d'etre nationalise (europeanise) et gere par nos chers Inspecteurs des Finances avec le talent qu'on leur connait
Le but dans ce cas est bien sur que et la monnaie et le systeme du credit (banques) deviennent de intruments sous le controle de nos elites, ce qui reviendrait a leur confier la gestion de toute les economies Europeenes.
Voila qui fait froid dans le dos et nous amene tout droit a la Chine actuelle que nos technocrates admirent tant et ou sevissent possession par lEtat du systeme bancaire et politique industrielle
La corruption dans ce cas va bien sur exploser en Europe
L'etape suivante sera a l'evidence le controle des changes et le protectionnisme que la Chine pratiquent avec le talent que l'on sait
Je suis donc tres inquiet et mon seul espoir est que le peuple Allemand refuse tout cela et que la Liberte reprenne ses droits
Incorrigible optimiste
Amicalement
Charles Gave
quand on voit le bilan d'une BCE indépendante d'un coté et des financiers privés de l'autre, je me dis que le projet que M gave croit deviner n'est pas plus mal.
ce qui compte c'est l'emploi en france et en europe, les chinois et les armerlos n'ont qu'à aller se faire voir chez les grecs, c'est de saison!
Charles,
Je relisais vos papiers des derniers mois.
Vous nous avez d'abord annoncé que l'Europe allait se germanismer (et de convoquer vos ancêtres d'Alsace-Lorraine). Puis que l'Allemagne allait se "déseuropéaniser", en quittant l'euro (soit exactement le contraire de l'annonce précédente). Voici à présent que nous devrions attendre notre salut des Allemands, institués en gardiens de "la Liberté" ?! Pardonnez-moi, mais tout ceci ne me paraît pas très cohérent, d'autant que vous affectez à chaque fois le même ton péremptoire de la certitude quant au crétinisme généralisé de ceux qui ne sont pas d'accord avec vous.
Bien à vous
Cher Drieu
Il y a une chose sur laquelle je n'ai jamais varie, c'est que l'Euro etait un Frankeinstein financier qui allait amener a une deroute financiere sans precedent (voir des Lions menes par des anes) publie en 2003 dans lequel j'annoncais que tout cela se terminerait par trop d'usines en Allemagne, trop de maisons en Espagne, trop de fonctionnaires en France et la faillite de l'italie
Dans Liberal mais non coupable, bien avant la crise Greceque je precisais les mecanismes qui allaient faire sauter l'Europe (divergence des marches obligataires)
Si donc l'on part du principe qui a ete le mien depuis des annees que l'euro ne peut pas marcher, l'arbre de decision est tres simple
Ou l'Allemagne paie et l'Europe se Germanise, le payeur etant toujours le controleur.
Ou l'Allemagne refuse de payer et ne peut rester dans une allIance monetaire avec les autres pays puisque son refus implique qu'elle cesse d'accepter les effets financiers (obligations d'Etats) emis par la Grece, l'Italie l'Espagne ou la France en reglement de ses produits
Je ne comprends pas ou est la contradiction
La realite est et reste que l'euro est un Frankeinstein financier qui comme je l'annoncais en 2003 est en train de detruire l'Europe que j'aimais, c'est a dire celle de Schuman en essaynt de creer une Europe que j'abhore, celle de Delors
Amicalement
Aux lecteurs du blog: une petite remarque methodologique
L'une des choses les plus difficiles lorsque l'on analyse les economies et les marches financiers est de se departir de ses preferences et prejuges personnels.
C'est ce a quoi j'essaye de mastreindre, helas pas toujours avec succes, et chaque fois que je laisse mes opinions personelles l'emporter sur mon jugement, je perds de l'argent et je m'en veux a mort
Dans mon dernier papier, je ne cherchais donc pas a trouver des solutions a la sous capitalisation des banques en Europe ni a recommender quoique ce soit, je voulais simplement attirer l'attention du lecteur sur le caractere profondement contradictoire des propositions faites par les Etats aux banques qui ne peuvent a la fois preter plus d'argent et augmenter leurs fonds propres pour reduire le risque systemique
Quand un gouvernement preconise des mesures qui sont totalement contradictoires les unes avec les autres, il est dans la situation d'un conducteur qui met un pied a fond sur l'accelerateur et l'autre sur le frein
Le resultat inevitable est que le moteur explose et que je n'ai aucune envie de rentrer dans cette voiture conduite par un schyzophrene profond
Quand on a la certitude que les hommes au pouvoir ne comprennent rien a rien et qu'on les voit tirer sur toutes les manettes sans bien comprendre les repercussions de leurs actions, il est urgent de ne rien faire ou plutot de prendre la fuite
C'etait la le but de mon article et pas tellement de parler des banques
CG
Charles,
Merci pour vos précisions et votre dernier post, qui atteste de qu'il vous arrive de douter. Sincèrement, quand on vous lit, surtout les titres de vos contributions (Tel est un âne, Telle n'y comprend rien, etc.), cela ne va pas de soi ;-)
Tout à fait autre chose (transition un peu rapide, j'en conviens), que pensez-vous du yuan ? Vous paraît-il condamné à s'apprécier ?
Bien à vous
Depuis que Lagarde est au FMI, elle ne peut pas dire autre chose que ce que son staff lui dit de dire. Elle est devenue un agent des Etats Unis qui défendent leurs banques face aux européennes.
Le reste n'est qu'un écran de fumée car en économie, une seule chose est sure, les économistes se trompent tout le temps donc même pas la peine da faire attention à leur discours.
Cher Monsieur
Je vous trouve bien severe pour les economistes qui se tromperaient "tout le temps"
Deux remarques
Je vous renvoie a mes livres qu' a l'evidence vous n'avez pas lu, soit des Lions menes par des anes, soit Liberal mais non coupable dans lesquels je decrivais comme ineluctable tout ce qui en train de se passer
La seule incertitude pour moi residait dans le moment ou cela allait se passer
La deuxieme remarque est qu'il y a deux sortes d'economistes: Ceux qui travaillent pour le gouvernment, les Universites ou les grandes entreprises. Ceux la peuvent se tromper , cela n'a aucune influence sur leurs carrieres ou leurs niveaux de vie.
Les autres qui travaillent dans les marches financiers, comme moi, avec leur propre argent.
Si ceux la "se trompaient tout le temps" ils seraient tres pauvres. Hors ce n;est pas mon cas et ce n'est pas le cas de la plupart des economistes qui sont dans mon cas
Donc ne pas confondre les chiens attaches a la niche et les loups
Amicalement
CG