De plus, comme pour masquer la détérioration des finances publiques, les emprunts depuis des années ont tous été effectués a très court terme, les besoins de refinancement de la dette en 2010 sont gigantesques. On parle de plus de 50 milliards d’Euro…

On peut donc légitimement se poser la question : mais qui donc va prêter a l’Etat Grec ? Et si personne ne prête, que va-t-il se passer ?

Première hypothèse, peu probable, la Grèce fait faillite, nous fait un scenario Argentin. Dans ce cas, la panique gagne le Portugal (dans une situation similaire) et l’Espagne, puis l’Italie, et tout le système financier Européen se ratatine, banques et compagnies d’assurance étant bourrées d’obligations de ces pays. Peu probable donc.

Deuxième hypothèse, le gouvernement Grecque essaie de nettoyer les écuries d’Augias et baisse les salaires des fonctionnaires de 25 %, retarde l’âge de la retraite, diminue ces mêmes retraites, augmente les impôts, bref fait tout ce que l’Irlande confrontée aux mêmes problèmes vient de faire. L’ennui c’est que 25 % de la population Grecque est soit anarchiste soit communiste et qu’une telle politique mettrait le pays a feu et sang en quelques jours, la rue se révoltant comme l’an dernier a la même époque. Souhaitable, mais peu probable également.

Troisième solution. L’Europe s’unit et tous les pays Européens lancent de concert un grand emprunt dont le produit sera réparti en fonction des besoins. Excellente idée, mais on voit mal les Allemands ou les Hollandais accepter de donner leur garantie pour que la gabegie des pays du Sud de l’Europe puisse continuer, sans que le moindre effort soit fait pour régler les problèmes au fond. Peu probable donc également.

Si je comprends bien ce que je viens d’écrire, nous nous trouvons donc devant un classique de la Science Politique, le problème sans solution, du style le conflit Israélo-palestinien. Quand ce genre de situation se presente, en général, l’irrationnel et l’Inattendu se produisent. Nous sommes donc peut être donc en train de rentrer à nouveau dans un monde irrationnel, ce qui en soit est une mauvaise nouvelle pour les marchés.

Il existe cependant peut être une porte de sortie. Au niveau actuel de l’euro, les économies Grecques, Italiennes, Espagnoles, Portugaises voire Françaises ne sont pas compétitives. Si l’euro venait à vraiment s’écrouler contre le dollar, il s’effondrerait aussi contre la monnaie Chinoise, collée au dollar. De ce fait, toute l’Europe du Sud retrouverait des couleurs. Si cela venait à se passer, voila qui serait éminemment favorable aux grandes sociétés exportatrices du style Air Liquide, Siemens etc.…

Je réitère donc le conseil que je donne depuis des mois aux lecteurs : Il faut vendre toutes les obligations d’Etat autres que les obligations Allemandes et se reporter sur les belles valeurs exportatrices Européennes. Au moins avec ces actions là, il ya un espoir non négligeable d’engranger des profits substantiels à terme. Les obligations d’Etats quant à elles ne représentent qu’un risque certain avec un espoir de gain au mieux nul

Mais Dieu, que l’Euro aura fait des dégâts gigantesques ! Et comme tout le monde se porterait mieux si ce monstre n’avait jamais vu le jour !

Cet article a été initialement publié dans le Journal des Finances en date du 20 décembre 2009.