Nous sommes dans une situation difficile parce que nos hommes politiques nous y ont collé, alors que personne ne leur demandait rien. Ces braves gens ont décidé que les investissements dans le monde devaient non pas suivre la rentabilité marginale du capital investi, comme cela avait été le cas de 1980 a 2000 mais les directions obligatoires que, dans leur grande sagesse, ils savaient être les bonnes. Pour faire simple, nous sommes en crise parce que nous avons des hommes politiques qui veulent laisser leurs noms dans l’Histoire (à ce propos, quelqu’un connait il le nom d’un homme politique suisse ? Est ce pour cela qu'il n’y a pas de crise en Suisse ?…) et, bien sùr, ils s’y sont tous mis…

Les Chinois ont décidé de suivre une politique mercantiliste en sous évaluant systématiquement leur monnaie. Le capital là bas est donc investi non pas en fonction de la rentabilité du capital dans une économie libre, mais en suivant un « faux prix » (le taux de change est anormalement bas).Tout le monde sait que cette politique n’est pas durable et entraine de graves déséquilibres à l’échelle du monde. Pour assurer le succès de cette brillante idée, les dirigeants Chinois pratiquent inévitablement le contrôle des changes et empêchent donc leurs citoyens d’investir à l’étranger les surplus que leur travail a engendré; ce qui déchaine l’inflation et la spéculation immobilière chez eux. On se croirait en France en 1981

Les Européens pour ne pas être en reste ont créé un monstre financier sous le beau nom d’Euro. J’ai écrit il ya 10 ans que ce « machin », comme aurait dit de Gaulle, allait amener à la plus mauvaise allocation de capital depuis l’invention de l’Union Soviétique, et qu’il allait mener à trop d’usines en Allemagne, trop de maisons en Espagne, et trop de fonctionnaires en France, tout cela se terminant par la faillite de certains états lorsque l’Allemagne, selon une tradition bien établie, ne voudrait plus payer. Nous y sommes; l’épargne française a été dirigée manu militari vers les obligations d’états européens, tous plus malades les uns que les autres, et a donc une valeur « faciale » élevée, mais une valeur réelle douteuse. La nymphe Europe avait été enlevée par le Dieu Grec Zeus déguisé en taureau. Il est a craindre que l'Euro ne souffre à nouveau du fait des Grecs. L’histoire se répète.

Enfin, aux USA, les Keynésiens, qui avaient disparu de la scène après les désastres qu’ils avaient suscité dans les années 70, sont revenus au pouvoir, et expliquent à qui veut les entendre que la solution pour les USA est de ruiner les épargnants en maintenant des taux réels négatifs, d’appauvrir le consommateur en faisant baisser la monnaie, et de créer de la richesse en faisant croître le poids de l’état dans l’économie (la base philosophique de toute bonne politique Keynésienne) - ce qui, là encore, n’incite personne à investir ou à embaucher, à la grande surprise des économistes, en particulier français, convertis depuis longtemps à la religion étatique qui les nourrit . "COMMENT ? la croissance de l’Etat ne nourrit pas la croissance economique?"; stupéfaction générale.

Cette description est un peu inquiétante. Aussi, pour ne pas désespérer, non pas Billancourt, mais la mythique veuve de Carpentras, je me dois de signaler quand même trois très bonnes nouvelles.

La première, comme je ne cesse de le répéter, est que parallèlement a ce désastre étatique, jamais les sociétés industrielles ou commerciales n’ont été aussi bien gérées et profitables;

La deuxième est que nous arrivons à la fin de ce que j’ai appelé le "social clientélisme". Ce qui veut dire que nous avons devant nous, non pas une crise économique, mais une crise des états,; ce qui n’est pas du tout la même chose, et ce qui va les forcer à se réformer comme l’avait fait la Grande Bretagne de Mrs Thatcher, la Suède après sa faillite de 1992, le Canada après 1994, la France sous Pinay, il y a hélas ! bien trop longtemps déjà.

La troisième est que tous ces blocages vont sauter un jour ou l’autre et que, quand ils sauteront, ce sera une bonne nouvelle et non pas une mauvaise.

La stratégie d’investissement que je préconise est donc fort simple et n’a pas bougé depuis plusieurs trimestres :

- acheter les sociétés à cash flow positif qui ne dépendent pas, pour leurs chiffres d’affaires, de l’un ou l’autre des états endettés;

- mettre des limites stupides (à l’achat) sur ces valeurs, en espérant que, dans une panique, elles seront touchées. Les conserver précieusement ensuite, puisqu’elles ont une valeur intrinsèque, ce qui n’est pas le cas du reste;

- n’avoir aucune obligation d’état a l’intérieur de l’euro sauf allemandes : qu’est que vaut une obligation émise dans une monnaie qui ne devrait pas exister par une Etat qui a vocation à faire faillite ?

- pou les plus braves, faire du « trading » en achetant au son des canons quand le marché est bien « survendu », pour vendre aux sons des violons quand il est bien « suracheté »