Pourquoi l'euro ne peut pas fonctionner
Par Charles Gave le dimanche 6 novembre 2011, 15:51 - Article - Lien permanent
J’aimerais expliquer encore une fois, et aussi simplement que possible, pourquoi l’Euro ne PEUT PAS être la monnaie entre des pays ayant des productivités du travail différentes.
Que le lecteur veuille bien considérer le graphique suivant.

Ce graphique se lit très simplement : de 1981 à l’arrivée de l’Euro, la croissance économique en Allemagne et en Italie était exactement la même. L’Italie était « mal gérée » nous disent les spécialistes, et donc, pour remettre les pendules a l’heure elle dévaluait tous les trois ou quatre ans.
Depuis l’arrivée de l’Euro, la production s’est effondrée en Italie et a explosé en Allemagne. Pourquoi ?
Tout simplement parce que les Italiens ne se sont pas réformés, pas plus d’ailleurs que les Français, les Grecs ou les Portugais, ET QUE DONC LE COUT DU TRAVAIL (ligne fine sur le graphique du bas) est beaucoup monté en Italie par rapport a l’Allemagne. Même coùt du capital, coùt du travail plus élevé en Italie, que voulez vous qu’il arriva ?
Tous les investissements ont eu lieu en Allemagne, aucun en Italie.
Le taux de croissance annuel moyen de l’économie italienne a été de 0 % dans les 10 dernières années, et le commerce extérieur Italien se retrouve bien entendu fortement déficitaire.
Du coup, sans aucune croissance, déficits budgétaires et dette explosent à la hausse et L’Italie se retrouve au bout de 10 ans au bord de la faillite.
Nous avons donc remplacé la probabilité d’une dévaluation Italienne périodique par la certitude d’une faillite de l’Italie qui est inconcevable tant elle aurait d’implications.
Il est bien trop tard pour introduire les mesures qui auraient dues être prises il y a 10 ans pour mettre l’Italie en situation concurrentielle avec l’Allemagne; et l’Allemagne ne veut pas , on la comprend , subventionner l’Italie ad vitam aeternam.
Si la BCE se met à acheter les obligations Italiennes dont personne ne veut, cela ne règlera rien, puisque le problème de fond - l’absence de compétitivité Italienne - ne sera pas réglé.
Seule solution pour l’Italie, sortir de l’Euro et revenir à sa monnaie nationale, ce qu’il faudra bien finir par faire. Et la dévaluation de la nouvelle Lire devrait avoisiner les 40 %, ce qui mettra la France dans une situation impossible.
Seule question : combien encore de souffrances inutiles à supporter par les populations avant que nos élites n’admettent qu’elles se sont lourdement trompées ?
Mais quand même , quelle étrange et désastreuse idée que cet Euro…
Commentaires
Et pourtant le dollar est bien la monnaie commune de Bill Gates et de tas de gens qui ont (et ont toujours eu) une productivité nulle.
Cherchez l'erreur.
Avec ce raisonnement, le $ devrait avoir plusieurs valeurs differentes entre la côte est et la côte ouest. Et le franc 'français" devrait valoir 1 à Paris, 0,33 en Corse et 0,01 à Mayotte....
Ou commence, ou fini la couverture monétaire? Rien de grand ne se fait seul et face aux mastodontes chinois, indiens, russes un jour, américains hier, que serait notre petit franc d'ile de France ?
Etre réaliste, ce n'est pas revenir incessamment sur les défauts de jeunesse d'une monnaie, c'est assumer les faiblesses de ceux qui nous coutent aujourd'hui et nous profiterons demain.
Pour les 2 premiers commentaires, Il faut chercher à comprendre les différences entre le $ et l'€.
L'argument 'cela marche aux US, ça doit marcher ici" serait correct si les 2 monnaies avaient les mêmes mécanismes. Ce n'est pas du tout le cas.
Le problème avec l'euro est que chaque état crée des euros et modifie ainsi la masse monétaire.En effet, vu que les dettes sont utilisées comme réserves, c'est comme si les états imprimaient de la monnaie qui paie des intérêts.
Aux US, c'est les Treasuries qui sont utilisés comme réserves par la Fed. En aucun cas les banques ne peuvent utiliser les dettes fédérales ou municipales comme réserves.
En Europe, les fluctuations qu'il y avait avant sur les monnaies ont été reportées sur les obligations alors que l'Euro était censé supprimer ces fluctuations.
C'est une énorme ânerie que ne peuvent comprendre nos politiques et qui échappent à beaucoup vu que votre argument est souvent utilisé dès que quelqu'un s'attaque à l'euro.
L'euro est un monstre, un idée politique sans aucun fondement économique.
L'acceptation du Franc en France ou du Dollar aux Etats-Unis est peut être aussi une conséquence et le fruit de l'histoire de chacun de ces pays.
Dans ce qui paraît être une stratégie qui consiste à forcer les pays à ce plier et à s'adapter à l'euro, des questions ne sont jamais évoquées par les "politiques".
Comment savoir si la France peut par des réformes avoir une productivité et une compétitivité lui permettant d'assumer l'euro ? Son système éducatif, vivier de de PME exportatrices, positionnement des produits en milieu de gamme peuvent-ils évoluer rapidement ?
Quelles seraient ces réformes et combien de temps prendraient-elles ?
Est-ce que dans la situation actuelle la France aura le temps nécessaire pour les mettre en place ?
Est-ce que ces réformes seraient acceptées ?
Est-il pertinent d'utiliser une "monnaie" pour "forcer" des réformes ?
Les dévaluations qu'auraient connu le Franc depuis vingt ans n'auraient-elles pas progressivement abouti à ces réformes sans les souffrances inutiles dont parle Charles Gave ?
Bonjour pareto.Je ne comprends pas lorsque vous dites"chaque état crée des euros" et"les dettes sont utilisées comme réserve".Merci de préciser les mécanismes aux non-spécialistes. Cordialement.
"les dettes sont utilisées comme réserve"
Les obligations grecques, allemandes, ... toutes libellées en € sont utilisées comme réserves par les banques.
"chaque état crée des euros"
Chaque état émets des obligations libellées en € (au lieu de sa monnaie nationale). Ces obligations étant utilisées comme réserves, cela est équivalent à créer de la monnaie (qui paie des intérêts).
Ceci est complètement différent du $.
L'euro devait supprimer les mouvements des devises nationales. Le problème c'est que comme il a été construit, les obligations des états sont maintenant utilisées comme des dérivés sur devises.
En ne consolidant pas les dettes au niveau européen, pour vous protéger du risque politique d'un pays, vous shortez ses obligations (ce qui était fait avant en se hedgant sur la devise nationale). Cela n'est pas possible avec le $.
Dire que parce que le $ a marché, l'€ peut marcher a autant de sens que dire que parce qu'une F50 va au delà des 300 km/h, une fiat panda devrait les atteindre (après 10 ans pour corriger ses défauts de jeunesse). Ce sont 2 voitures pourtant ... leur conception est différente.
Merci Pareto.
Le problème n'est donc pas que différents utilisateurs de l'euro ont des productivités différentes, c'est que les États peuvent créer des euros de façon désordonnée.
Pourquoi devrions-nous subir la même monnaie qu'un fonctionnaire marseillais ou qu'un lillois au RSA, plutôt que celle d'un berlinois, d'un madrilène ou d'un turinois productifs ? Nous devons pouvoir choisir notre monnaie et refuser de nous laisser imposer les monnaies monopoles étatiques. En attendant la privatisation de la monnaie, l'euro est le seul outil qui nous protège des manipulations monétaires irresponsables et liberticides des hommes politiques.
@ Pareto. Lorsque les Etats s'endettent auprès d'établissements bancaires privés, il n'y a pas création monétaire (à part les intérêts légitimes, contrepartie d'un service rendu, donc d'une création de richesse). Pour qu'il y ait création monétaire, il faudrait que les Etats s'endettent directement auprès de la banque centrale, ce dont la BCE nous protège plutôt efficacement jusqu'à présent. Le contraste avec la FED est d'ailleurs saisissant, cette dernière pratiquant la monétisation de la dette publique à haute dose. Ce faisant, la FED crée un risque majeur d'aggravation de la crise aux USA dans les prochaines années, lorsqu'il faudra compenser toute cette monnaie "gratuite" par la déflation des actifs. Mais on sait également que le statut de monnaie internationale du dollar protège en partie les USA de ce risque, en le diffusant au reste du monde.
Maintenant, sans tomber dans l'erreur d'analyse qui attribue aux dettes publiques une fonction pseudo-monétaire, la conclusion à laquelle vous devriez aboutir est leur interdiction, non seulement du fait de l'euro mais également par pure logique économique. Seule une administration fédérale minimale, sorte de "police" des administrations nationales, permettrait d'atteindre cet objectif, puisque la BCE n'a pas de pouvoir de contrainte sur les Etats de la zone. Mais finalement, la crise actuelle n'aboutit-elle pas à ce résultat positif ?
Malheureusement les problèmes s'additionnent.
Contrairement au $ ou les anciennes dettes des états ont été consolidées, en Europe les anciennes dettes ont été simplement converties en euro.
Ce qui nous donne le massacre que l'on a aujourd'hui pour la grèce qui a une productivité bien plus faible que l'allemagne. Elle n'a pas la possibilité d'annuler la dette cumulée par des dévaluations. Cela a augmenté en termes réels son ancienne dette.
En plus de l'ancienne dette, pendant des années, elle a pu continuer à emprunter grâce au camouflage de l'euro, ce qu'elle n'aurait jamais du pouvoir faire.
Et là, on est dans le réveil qui je pense va être brutal et pas que pour la Grèce.
On a commencé petit jeu avec Papandreou. On va pouvoir admirer Berlusconi, le nouveau roi d'Europe, il a dans les mains une arme de destruction massive, on va vivre des années magnifiques :(.
@bubulle
La création de fait est que la nouvelle dette est utilisée comme réserve par les banques.
@ Pareto. Il n'y a pas création monétaire à proprement parler sur le marché monétaire mais variation du potentiel de création. Il faut comprendre la "monnaie banque centrale" (ou base monétaire) que les banques s'échangent, non pas comme de la monnaie, mais comme un "droit" à créer de la monnaie.
Si la dette publique est utilisée comme garantie entre les banques, c'est avant tout pour compenser l'opacité inhérente aux échanges de gré à gré, mais il n'y a pas création monétaire pour autant. La création monétaire a lieu principalement lorsqu'un crédit est accordé au secteur privé non financier (ou lorsque l'Etat a la possibilité de s'endetter directement auprès de la banque centrale, ce qu'il faut éviter à tout prix).
Il peut exister autant de monnaie banque centrale qu'on peut l'imaginer, si vous refusez de prendre un crédit, il n'y aura pas création monétaire. D'ailleurs, si les dettes publiques levées auprès de banques privées créaient de la monnaie, M3 serait beaucoup plus élevé dans la zone euro, mais ce n'est pas le cas : M3 correspond à peu près au PIB de la zone (entre 9000 et 10000 milliards pour les deux agrégats : http://www.ecb.int/stats/keyind/htm...).
Nous sommes au bord de la ruine
Parce qu’on se préoccupe plus de la maison
Que de ceux qui y habitent
De la toiture ou de la devanture
Plus que de la fondation
C’est drôle… mais j’ai l’impression
Que tout nous ramène à un problème de fondation
Ce sans quoi… rien ne tient… ce sur quoi … tout se tient
L’économie… trop compliquée pour nos rois fainéants ?
Non… beaucoup trop simple, au contraire, si on se remet en tête les fondamentaux…
Que l’on doit en premier et en dernier équilibrer les comptes :
Autant de dépenses que de recettes.
Y a pas plus bête!
Équilibre, si je puis dire entre le matériel et le spirituel… entre l’âme et le corps… pour retrouver l’homme… à la jointure.
Seulement voilà, on n’en est plus là
Nous sommes tous des enfants tiraillés
Entre deux parents divorcés qui s’entredéchirent sous nos yeux :
Nature et culture …. Matrice et repère…
Maman… papa …que faire ?
La Révolution? Non… les libres enfants ne nous suivront peut-être pas… je propose un autre itinéraire… un autre vocable… une autre vocation… que j’appelle la REFONDATION.
On ne détruit pas les tours mais on en revoit les contours
Dans quel but et pour quelle fin on fait tout ce qu’on fait ?
C’est là la question et la seule qui mérite d’être entretenue :
La Refondation… la cause initiale et la cause finale.
On ne détruit pas … On ne construit pas… On reconstruit… l’Homme!
http://www.lejournaldepersonne.com/...
@bichenaïve
"le franc 'français" devrait valoir 1 à Paris, 0,33 en Corse et 0,01 à Mayotte...."
Sinon il faut faire des transferts, on dirait des bail-out aujourd'hui, pour combler les trous.Les DOMs sont sufisamment "petits", et le décalage des niveaux entre France métropolitaine et DOMs sont très élevés , un chômage de masse !
On ne veut pas faire à l'échelle européenne ce que la France consent pour ses DOMs !
Citons Séguin , son fameux discour de 1992 (mais oublié depuis ) qui a provoqué le référendum de Maastricht :
"
"A la décharge des absents, je reconnais bien volontiers que le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terrorisme intellectuel qui règne aujourd'hui, disqualifie par avance quiconque n'adhère pas à la nouvelle croyance, et l'expose littéralement à l'invective. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d'opinion (...) au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste forcené tout prêt à renvoyer l'Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur. "
"L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti-1789"
"On pourra toujours objecter bien sûr que tout cela n'est pas très important puisque les traités ne sont jamais euxmêmes totalement irréversibles et que, le cas échéant, chaque pays membre pourra toujours les dénoncer en bloc. Les choses ne sont pas si simples.
D'abord parce que, vérification faite, le traité ne prévoit ni sécession ni retrait. C'est même la première fois qu'un traité est ainsi marqué par la notion d'irréversibilité, et on ne sait que trop ce qu'il en est dans les systèmes où les États fédérés gardent pourtant, théoriquement, le droit de quitter la fédération. On sait comment aux États-Unis les États du Nord ont interprété ce droit quand les États du Sud ont voulu faire sécession. On sait aussi ce que celui-ci signifiait dans la Constitution soviétique. "
"ientôt, pourtant, comme nous l'a annoncé M. Delors, au moins 80 p. 100 de notre droit interne sera d'origine communautaire, et le juge ne laissera plus d'autre choix au législateur que le tout ou rien : ou se soumettre totalement ou dénoncer unilatéralement et en bloc des traités de plus en plus contraignants.
Bref, quand, du fait de l'application des accords de Maastricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait. "
"Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences"
Allez relire son discour "fleuve" sur http://www.assemblee-nationale.fr/c... .Copiez le sur votre disque dur avant que la nomenclatura n'en efface la moindre trace à la 1989 !
Séguin avait déjà tout dit ...et dans un français exemplaire.Par charité, je ne dirais pas à qui je fais allusion.
Les plus jeunes ne se rappellent de rien, certains n'étais même pas nés.Il ne peuvent pas réaliser la qualité du débat Mitterrand/Séguin.
Avec deux généraux de qulité à leurs flancs, Séguin à droite et Chevènement à gauche, ils ( la majorité "européiste") ont du ceder et demander son avis au peuple.Déjà, un battage médiatique à peine moins intensif que celui pour la constitution tentait de décrédibiliser les opposants au "grand projet".Pour obtenir une victoire peu glorieuse de 51%.
Remercions Chirac d'avoir lui aussi posé la question au peuple.
Un truc me gratte depuis longtemps : cet appel au peuple était-il un retour de ce que certains on appelé ironiquement "l'appel de Cochin" ?
Il est encore vivant et sain d'esprit .Il peut nous le dire , il ne risque plus rien !
Y a-t-il une solidarité entre les citoyens des Etats-Unis ?
Oui, il y a une solidarité entre les citoyens des Etats-Unis.
Conséquence : le dollar va survivre.
Y a-t-il une solidarité entre les citoyens des états de la zone euro ?
Non, il n'y a pas de solidarité entre les citoyens des états de la zone euro.
Conséquence : l'euro va mourir.
Lundi 7 novembre 2011 :
Les investisseurs internationaux n'ont plus aucune confiance dans la capacité de l'Italie à rembourser ses dettes.
Les taux de l'Italie sont en train d'exploser leurs records : le taux des obligations à 10 ans est aujourd'hui de 6,656 % !
Le graphique ci-dessous montre que l'Italie va bientôt demander l'aide du FMI, de la Banque Centrale Européenne, et de l'Union Européenne :
http://www.bloomberg.com/apps/quote...
Les Etats européens du Nord vont-ils accepter de payer des centaines de milliards d'euros pour sauver le Portugal, l'Irlande, l'Italie, la Grèce, l'Espagne, etc, etc ?
Réponse bientôt.
Revenir aux pièces d'or et d'argent comme monnaie mondiale serait la seule solution.
Mr Gave a totalement raison/Cela me rappelle une conversation dans un train avec une distinguée prof d'économie au retour d'un voyage d'affaires en italie , la veille de la mise en vigueur de l'euro
je lui avais dit pour que l'euro fonctionne il faudra une totale révision de la vision politique des pays beaucoup de vertus budgétaires donc beaucoup d'efforts et j'avais un doute sur la capacité culturelle des pays à connotation colberto- socialiste à entreprendre pareille révolution.
l'arme de la dévaluation dite compétitive étant impossible ,seule la révolution culturelle et le changement de mentalités donneraient de bons résultats .Bons résultats possibles pour certains pays
Le problème c e n'est pas Berlusconi ce sont les italiens , le problème ce n'est pas sarkozy ce sont les français... laissés depuis 1945 dans la totale ignorance du fonctionnement économique d'une société et attendant sous la pluie de la Bastille en 1981 ,le soleil de Mitterrand
"Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences"
Philippe Seguin a été le dernier politique à s'exprimer dans cette ligne gaullienne.
Il denonçait clairement le projet de gouvernance financière et économique mondiale mis en oeuvre depuis 1973, notamment par la "commission trilatérale"
L'euro n' est qu'un de ses multiples vecteurs.
Nous sommes en plein Coeur de la Bataille de France.
L’Italie visée comme elle l’est n’a pas d’autre motif que de casser le tandem Franco-Allemand même si l’arithmétique nous démontre que l’Italie est, comme la Grèce, dans la panade.
Elle ne l’est pas plus que l’Espagne ou le Portugal ou l’Irlande mais elle est un raccourci pour atteindre la France et en finir avec l’Euro, cette insolente idée que les Français ont imposée aux Allemands en échange du oui sur la réunification.
Elle est surtout moins dans la panade que les US mais comme d’habitude, les guerres ne se déroulent pas sur le sol anglo-saxon.
Conséquence des tirs d’artillerie sur l’Italie, les spreads France-Allemagne qui s’envolent. C’est évident, la France détient une très grosse partie de la dette Italienne dans sa tirelire nommée Assurance – vie…
Une petite fuite sur le triple A savamment orchestrée par S&P, rien de tel pour déstabiliser encore plus l’ennemi.
Vous aurez bien compris que nos alliés ne sont pas ceux de toujours dans cette bataille. Au contraire, ils nous canardent tant et plus. Mers el Kebir en grand.
Tout cela pour sauver la £ et le $. Rien de tel pour sauver le $ et l’explosion sociale aux US, que de saborder l’Euro. Que restera-t-il une fois l’€ disparu ? Suivez mon regard…. Donc comment en sortir?
Il ne reste qu’une possibilité : l’euro devient la Drachme ou la Lire ou l’Escudo ou la Peseta et émerge de tout cela le nouvel Euro centré autour de quelques pays économiquement vertueux depuis toujours.
Le passage Drachme à Euro est toujours possible mais il n’y a pas de ticket retour. Donc nous aurons l’€ actuel qui ira vers le nouvel € pour quelques privilegies.
A ce stade, la France qui veut sauver la monnaie unique - son projet qu’elle considère comme central à l’ancrage de l’Allemagne dans l’UE – est arc-boutée pour faire partie des heureux élus du nouvel €. Tout faire pour sauver le triple A car dans le nouvel € il n’y aura que des triples A. Les Allemands ne voudront rien d’autre et n’ont qu’une confiance très limitée dans un gouvernement Français dans lequel le ministre de finances, comme la fiscalité, change en moyenne tous les 2 ans…Ils s’en réfèreront donc au jugement des agences anglo-saxonnes.
Tout va donc aller très vite maintenant car l’Espagne est la prochaine sur la liste (d’un point de vue purement arithmétique). On va parler de l’Espagne en Janvier-Février 2012 comme on parle de l’Italie actuellement. Sauf que d’ici là, si l’Italie n’est pas défendue – et on ne voit pas comment elle pourrait l’être - on ne parlera plus que du nouvel €.
Le FESF est mort né (heureusement d’ailleurs si vous avez lu le projet sur le portail de la commission Eu.), donc il n’y a plus de filet pour l’Italie ou personne d’autre. Ce ne sont pas 40 milliards de dépenses en moins en Italie qui vont changer la donne. De même que 60% de haircut en Grèce. La messe est dite, l’exponentialité a parlé une fois de plus.
Donc seule avenue : (ce que M. Jean-Claude Junker appelle une stupidité…) le nouvel (et super) € pour les bons de la classe. Je prends les paris sur sa date d’émergence….
En attendant, pas un mot sur les US mais l’horloge tourne : n’etait-ce pas en Août que Républicains et Démocrates se bouffaient le nez pour contenir le déficit aux alentours de $14 trilliards.. ? Voyez ce qu’il en est aujourd’hui, 2 ½ mois plus tard… :
http://www.usdebtclock.org/
En résumé : si vous avez un compte en banque en Allemagne, Hollande, Autriche, Finlande, versez-y quelques euros pendant que la libre circulation est possible. Sinon, l’or reste plus que jamais attractif d’autant que les US ne pourront pas se cacher très longtemps derrière le brouhaha de l’€ qu’eux et leurs proxy Anglais s’évertuent à entretenir. Une vrai pièce de Kabuki.
Notre état major est mauvais :
des gens qui ne sont d'accord sur rien, qui ne parlent pas la même langue.Quelques SOROS suffiront à nous défaire complètement.
On dirait la bataille d'Austerlitz .Sauf que nous sommes dans la coalition...
Pauvres de nous !