Ce simple fait va avoir des répercussions sur ce qu’il est convenu d’appeler le « mix » de politique économique.   

Partout, mais en commençant par les pays qui sont attaqués en ce moment, la politique budgétaire va devoir devenir restrictive, content pas content, content quand même. Les  gouvernements  pensaient qu’ils allaient avoir un ou deux ans  pour « consolider » les budgets. Il n’en sera rien. Les marchés vont exiger une consolidation budgétaire beaucoup plus rapide. Si la politique budgétaire devient restrictive, cela veut dire que la politique monétaire doit rester super laxiste. En termes clairs, cela veut dire que la BCE DOIT maintenir ses taux courts très bas pendant beaucoup plus longtemps que ce à quoi on pouvait s’attendre il ya encore un mois. Parallèlement, comme la demande interne va baisser fortement, à cause du retrait de la stimulation budgétaire un peu partout en Europe, il va falloir à tout prix aller chercher de la demande externe; ce qui ne peut se produire avec le niveau actuel de l’euro, bien trop cher pour être compétitif en ce moment.

Ce retour du contrôle des politiques par les marchés obligataires implique donc deux choses :

1.       Des taux courts qui restent très longtemps très bas;

2.       Une dévaluation profonde de l’euro.

Quelles conclusions d’investissements tirer de ces deux évidences ?

On ne voit rien de bien favorable là dedans pour les marchés obligataires.

Par contre, voilà qui va être très porteur pour toutes les grandes societés industrielles européennes qui, dans l’ensemble, sont extraordinairement bien gérées et gagnent de l’argent avec un euro à 1.50 au dollar. Imaginez la rentabilité de ces sociétés si l’Euro allait à 1, c'est-à-dire sa parité des pouvoirs d’achat !   

Il m semble donc tout à fait évident que le lecteur doit utiliser la période actuelle  pour vendre ses obligations d’Etats européens pour acheter les fleurons industriels de la cote en France, en Allemagne, en Hollande, ainsi sans doute  que les grandes multinationales européennes qui seront les seconds gagnants de ce changement dans le « policy mix »

Nous nous trouvons en fait dans un cas de figure assez rare dans les marchés sur ces véhicules : pile, je gagne, si l’Euro plonge; face, je ne perds pas si l’euro se maintient. Voila qui arrive peu souvent.

La version initiale de ce texte a été publiée dans le Journal des Finances.