Chacun sait qu’un certain nombre d’Etats aux « Etats–Unis » sont dans une situation budgétaire très difficile. La Californie par exemple a frôlé la faillite à plusieurs reprises depuis eux ans, et est loin d’être tirée d’affaire. Des situations similaires se retrouvent dans nombre d’autres circonscriptions politiques outre Atlantique, (comtés, municipalités, Etats…).

Ce que le lecteur sait peut être moins est que, lors des dernières élections, les Démocrates ont subi des défaites massives tant aux postes de gouverneurs qu’à tous les autres échelons locaux (assemblées législatives, municipalités : postes de maires ou de contrôleurs financiers etc.). Lorsque les nouveaux élus Républicains sont arrivés aux commandes, remplaçant des Démocrates, ils ont constaté que ces déficits trouvaient leurs sources presque toujours dans la même pratique : les élus Démocrates avaient acheté les voix qui les avaient élus aux syndicats de la fonction publique.

Je m’explique.

Aux USA aujourd’hui, il n’y a plus que 7 % des salariés du secteur privé qui soient syndiqués. Par contre, dans la fonction publique (enseignement, administration locales, police, pompiers) les troupes sont massivement syndiquées. La fonction publique aux USA est donc le dernier bastion des syndicats qui se trouvent être également les principaux financiers du parti Démocrate. Comme ces élections locales suscitent rarement l’enthousiasme, l’abstention y est très forte. L’arrangement était simple : les syndicats faisaient voter leur troupes en rangs épais pour les Démocrates, ce qui, compte tenu du faible taux de participation, assurait l’élection des partisans du parti de l’Ane, et, une fois au pouvoir, les Démocrates légiféraient la retraite à 50 ans, des soins médicaux gratuits pour les fonctionnaires et toutes autres sortes de privilèges auxquels le commun des mortels n’avait pas accès. Ce sont toutes ces gentillesses que les Démocrates ont fait voter au profit de leurs alliés qui sont en train d’arriver à maturité et qui mettent toutes leurs administrations locales en faillite virtuelle, puisque rien n’avait été fait pour en assurer le financement.

Devant un tel désastre il ne peut y avoir que deux attitudes:

1.ou bien dire qu’il n’est pas question de revenir sur ces « droits acquis », et que la solution est de taxer les populations locales (les fameux riches) pour continuer à servir leurs prébendes à tous ces serviteurs désintéressés de la communauté. C’est en gros l’attitude des Démocrates et de la classe politique française dans son ensemble.

2. ou bien analyser tous ces versements et faire un peu le ménage, en revenant sur certaines promesses qui n’engagent, comme chacun sait, que ceux qui les ont crues.

Venons-en au Wisconsin.

Le Gouverneur local, républicain, et les assemblées locales, devenues républicaines, se sont rapidement rendu compte que les fonctionnaires de l’Etat ne contribuaient à leurs retraites qu’à hauteur de 20 % de ce que faisaient les agents du secteur privé, que ces retraites étaient prises beaucoup plus tôt, et à des taux beaucoup plus élevés par rapport au dernier salaire - toujours manipulé à la hausse pour la dernière année, bien entendu. Pour les dépenses médicales, les contributions étaient encore plus faibles et l’utilisation du système beaucoup plus forte, ce qui aggravait les déficits locaux.

Comme chacun s’en doute, et « parce qu’il n’y a pas de repas gratuit" (Milton Friedman), c’était toujours le contribuable local qui payait la note. Le Gouverneur et les assemblées prirent donc trois décisions:

1. Faire payer aux fonctionnaires le vrai coùt des largesses qui leur ont été accordées au fil des années, ce qui parait bien normal. S’ils refusaient, et compte tenu des contraintes budgétaires, il faudrait en mettre à peu prés un cinquième au chômage. A eux de choisir.

2. Amender la Constitution locale pour interdire aux politiques de négocier avec les syndicats de fonctionnaires des accords pouvant avoir un impact sur des budgets ultérieurs, du type retraites à 55 ans ou soins médicaux gratuits.

3. Rendre l’inscription aux syndicats purement volontaire et renouvelable chaque année. Plus de carte forcée pour des années…Si vous voulez faire carrière dans la fonction publique ou dans l‘enseignement, il ne sera plus nécessaire d’être syndiqué.

L’analyse est simple : quand un patron négocie avec un syndicat, il sait que s’il « lache » trop, son entreprise va faire faillite. Un politique qui négocie avec un syndicat de fonctionnaires des avantages qui devront être payées bien après qu’il ait pris sa retraite n’a pas cette contrainte et sera prêt à tout abandonner pour être élu ou réélu. D’où l’interdiction de négocier à plus d’un an.

Les élus Démocrates du Wisconsin ont alors eu recours une grosse astuce pour que le projet ne puisse être voté : ils quitterent physiquement le Wisconsin pour aller se cacher dans les Etats voisins (absence de quorum dans les assemblées et donc pas de vote). Du coup, cette révolte locale fait la une de tous les journaux; les avantages des fonctionnaires ailleurs qu’au Wisconsin sont révélés, et tout le monde trouve que la solution n’est pas aussi idiote qu’il y parait. Ramener les fonctionnaires à un niveau de revenu et d’avantages sociaux équivalent au reste de la population parait d’autant plus raisonnable que nous sommes dans une période difficile. Fureur des fonctionnaires…et de leurs élus qui se retrouvent dans la situation de monsieur Moubarak (qui avait capturé, lui aussi l’Etat, à son profit) ne comprenant pas pourquoi le peuple se révolte. On a beau leur expliquer que « tant va la cruche a l’eau qu’elle se casse », ils ne veulent pas y croire…

On voit donc que les mêmes problèmes existent dans tous les pays du monde, qu’il s’agisse de l’Egypte, de la France, ou du Wisconsin. Une classe de profiteurs s’empare de l’Etat et traie la vache à lait à son profit exclusif. Grâce à la société d’information parfaite dans laquelle nous sommes, aujourd’hui les propriétaires de la vache - les contribuables/citoyens - prennent soudain connaissance de cet état de fait et se révoltent contre tous ces privilèges abusifs.

Ce qui est en train de se passer dans le Wisconsin est donc capital.

Tous nos Etats sont dans des situations budgétaires abominables. A l’origine de ces quasi- faillites : des promesses inconsidérées faites il y a vingt ans, trente ans, et qui bien entendu ne pourront pas être payées. Il faut donc de toute urgence rétablir la justice sociale si nécessaire au Contrat Social qui unit les citoyens entre eux. Ce qui veut dire que ceux qui prennent moins de risque dans leurs vies professionnelles, et qui sont payés par les impôts, doivent être moins payés que ceux qui prennent des risques. Ce retour à la justice passe donc nécessairement par une remise a plat des avantages indus que se sont octroyés les agents de l’Etat grâce à leur poids politique.

On voit bien qu’il s’agit là d’une révolution dont les lignes de bataille sont tracées aux USA : les forces de la réaction - hostiles à tout changement, et dont le but essentiel est de protéger les avantages de la classe (au sens marxiste du terme) qui a pris le contrôle de l’Etat, sous la conduite de monsieur Obama et du parti démocrate - contre les forces du mouvement qui préféreront toujours la liberté a l’encadrement. Ces forces du mouvement sont décentralisées et sans leaders; elles veulent retourner aux racines de ce qui a fait le succès des Etats-Unis, le contrôle sans concession par les citoyens de leurs Etats. · Contre ces remises à plat, le parti démocrate et toutes ses troupes qui, pour l’instant, n’ont rien proposé - si ce n’est des dépenses nouvelles au profit de leurs troupes

Pour ces remises à plat, le « Tea Party » et une partie du parti républicain, (les républicains du sud ou de l’ouest), et de plus en plus d’Américains de base tant méprisés par nos élites européennes.

La réaction, historiquement, parce qu’elle cherche à protéger des avantages acquis, perd toujours et partout contre le mouvement, et les aristos perdent toujours leurs privilèges s’ils ne sont plus mérités.

Les bonnes nouvelles s’accumulent donc mais la guerre sera longue, et la dernière bataille aura lieu sans aucun doute en France, la matrice intellectuelle de tous les totalitarismes étatiques. Encore une fois, le plus tôt sera le mieux.