L'absurdité des fatwas anti OGM
Par Dominique Garrigues le mardi 3 mai 2011, 19:41 - Note de synthèse - Lien permanent
Les plantes génétiquement modifiées (dites PGM, ou couramment OGM) sont autorisés en agriculture partout dans le Monde ; sauf en Union européenne, nous savons mieux ce qu'il en est !
Plus précisément, la directive les autorise, mais elle prévoit que tout Etat membre de l'Union peut refuser la présence d'un OGM chez lui en activant une "clause de sauvegarde", fondée sur un risque pour l'environnement ou la santé, dûment mis en évidence et documenté…
Dans la réalité, les arguments scientifiques présentés furent faibles et incertains, ce qui n'empêcha pas les nombreux blocages nationaux d'être prononcés et appliqués, avec la tacite bienveillance de Bruxelles.
Pour plus de sûreté, les acteurs anti-OGM tentent actuellement une manoeuvre qui bloquerait le processus encore davantage : selon le projet en cours d'examen, tout Etat membre pourrait interdire les OGM chez lui pour tous les motifs possibles, y compris qualitatifs ou moraux (on parle de motifs socio-économiques) – et non plus seulement pour un risque sanitaire ou environnemental démontré. Un projet de révision de la Directive dans ce sens est à l'examen.
La Commission de Bruxelles, et le Parlement européen, sont à la pointe de ce combat : le commissaire européen à l'Environnement, Janez Potocnik (qui a depuis passé le dossier à son collègue à la Santé, John Dalli), disait le 1er juillet 2010 :
"nous comprenons qu'il existe des considérations socio-économiques et des réactions émotionnelles propres à certains Etats membres. C'est pourquoi nous proposons qu'ils puissent décider de ne pas autoriser les cultures d'OGM sur leur territoire malgré l'avis de la Commission."
Je suis leur chef, il faut bien que je les suive ?
La Commission Environnement du Parlement, cornaquée par l'incontournable Corinne Lepage, vient d'approuver la proposition de la Commission européenne de juillet 2010, donnant la possibilité à chaque Etat-Membre d'interdire la culture d'OGM sur son propre territoire pour toute une série de motifs ("protection de la biodiversité'' mais aussi motifs socio-économiques). Le Parlement se prononcera le 7 juin prochain en première lecture. La Commission a déjà donné son feu vert de principe.
Il restera à se mettre d'accord avec le Conseil européen, ce qui sera peut-être moins facile.
Que faut-il en penser ?
Tout se passe comme s'il s'agissait de modifier la législation européenne pour faciliter le blocage des OGM par les Etats membres : l'Article 23 de la directive existante 2001/18/CE (et un article semblable de la directive précédente, 90/220) prévoyait déjà la possibilité pour un Etat de bloquer les OGM sur son territoire (clause dite de sauve-garde), sous la condition de présenter des motifs scientifiques sérieux concernant les risques évoqués.
Dans la pratique, la France présentait des arguments, mais leur solidité n'était pas probante. Philippe Joudrier (spécialiste OGM de l'AFSSA, en France) disait le 9 janvier 2008 :
"Sarkozy a précisé qu'il n'activerait cette clause que s'il y a des éléments nouveaux qui laisseraient penser que le maïs MON 810 pourrait être dangereux. … Le comité de préfiguration de l'AFSSA serait bien en peine de fournir des éléments qui vont dans ce sens. Le maïs MON 810 est cultivé depuis maintenant dix ans …. Et, si l'on en croit les bilans de cultures, qu'a-t-on pu constater ? Rien de négatif. Il est bien évident que si quelque chose d'anormal avait été constaté, on l'aurait su."
Avec la modification en cours, n'importe quel motif pourra donc être invoqué ! Le résultat risque d'être un détricotage de l'Union, un retour à l'isolation du marché de chaque Etat membre, et tous les dysfonctionnements qui vont avec : contrôle des "importations", di-minution de la pression concurrentielle, accroissement des coûts, dont souffriront les plus faibles…
L'autre grande option serait d'autoriser les OGM, et d'organiser l'étiquetage efficace des produits, pour que le consommateur décide par lui-même (avec un seuil d'OGM admissibles raisonnable, pour éviter les surcoûts inutiles, et sans y inclure les produits animaux, pour qui la question ne se pose pas). Tout en maintenant un contrôle étroit sur les impacts sanitaires et environnementaux.
Une problématique d'ensemble quelque peu illogique
Les Organismes génétiquement modifiés seraient refusés en France par le grand public sur des bases affectives ? Liées à notre rapport particulier à l'alimentation, élément essentiel du patrimoine culturel national ?… Jacques Chirac l'avait joué en trois temps : déclarant à la TV que les OGM sont dangereux, puis inquiétude de l'homme de la rue interviewé, et un président conclusif :
"nous sommes contre les OGM parce que les Français n'en veulent pas !"
Dans la pratique, nous voyons que les Français veulent bien manger de la viande d'animaux nourris aux OGM, puisque les importations d'alimentation animale à base d'OGM sont autorisées…
Nous avons ainsi décidé que ces végétaux inquiétants ne pousseraient pas chez nous.
C'est loin d'être anodin : il faudra mettre davantage d'insecticides (le total répandu actuellement est de 78.000 tonnes par an en France), d'herbicides, d'engrais, d'eau, accepter des rendements diminués… Des coûts économiques et des coûts écologiques de grande ampleur. La Chine et Inde ont la chance de ne pas avoir nos inhibitions : 4 milliards de dollars économisés en pesticides et engrais chinois sur un riz OGM, l'Inde est passé d'importateur de coton au statut de premier exportateur mondial grâce aux OGM…
Nous continuons à résister à la tentation, mais sur la base de quelles justifications concrètes : consommation dangereuse pour la santé humaine, contamination des plantations et des cultures non OGM alentour, cultivateurs captifs des fournisseurs de semences modifiées…?
- 1. La santé humaine ?
"Notre décision se fonde sur les avis de l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA), qui assure que les OGM ne présentent aucun risque pour la santé humaine", a rappelé le président de la Commission, José Manuel Barroso après un entretien à Bruxelles avec le Premier ministre français François Fillon (février 2009).
L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) annonce officiellement que le maïs OGM "MON 810" est sans danger pour la santé (février 2009) ; cela n'empêche pas le gouvernement français de déclarer aussitôt qu'il maintient l'interdiction, "en attendant la décision de la Commission européenne, qu'il respectera".
Le principe de précaution n'a pas lieu de s'appliquer, puisqu'il n'y a pas de risque repéré. Rappelons que ce principe ne dit pas qu'il faut "prouver l'absence de risque", ce qui n'est pas possible, on ne peut démontrer l'inexistence. Bernard Chevassus-au-Louis le disait excellemment en mai 2005 :
"Si les scientifiques mettent en avant que l’évaluation a priori ne peut éliminer tous les risques (comme dans le cas du médicament), ils doivent développer des systèmes de vigilance a posteriori efficaces et crédibles."
- 2. La dissémination dans les champs et espaces naturels alentour ?
Marc Laffineur, député français, avait regardé ce point :
"La question de la "dissémination" des OGM a déjà été étudiée. L'Autorité européenne de sécurité des aliments, entièrement constituée de scientifiques totalement indépendants, a déjà dit qu'il n'y avait pas de difficulté et qu'elle autorisait les cultures : on aurait dû suivre son avis, ainsi que celui, identique, de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA)." (10 janvier 2008).
En octobre 2008, l'Autorité européenne EFSA s'exprimait ainsi :
"Après avoir évalué les informations fournies par la France à l’appui de sa clause de sauvegarde et examiné toutes les publications pertinentes concernant ce sujet, le groupe scientifique GMO conclut qu’en termes de risques pour la santé humaine et animale, ainsi que pour l’environnement, l’ensemble des informations fournies ne présente aucune nouvelle preuve scientifique qui pourrait invalider les évaluations antérieures des risques du maïs MON810. Par conséquent, aucune preuve scientifique spécifique, en termes de risques pour la santé humaine et animale, ainsi que pour l’environnement, n’a été fournie qui pourrait justifier l’invocation d’une clause de sauvegarde au titre de l’article 23 de la direc-tive 2001/18/CE et une mesure d’urgence au titre de l’article 34 du règlement (CE) n° 1829/2003".
L'Union européenne aurait donc dû refuser le bénéfice de la clause de sauvegarde, et assigner la France devant la Cour de justice en cas de non conformité…
- 3. Les agriculteurs captifs ? _ Nous ne voyons pas qu'il en résulte des difficultés particulières aux Etats-Unis ; la situation de l'Inde a été citée, comme porteuse d'exemples dramatiques (suicides d'agricu-teurs) mais c'était déjà le cas avant leur introduction.
Aujourd'hui 60 % de la production mondiale de coton est transgénique…
Voici ce que dit la FNSEA sur les OGM :
"Si nous laissons la recherche sur les OGM aux mains de pays tels que les Etats-Unis, nous allons irrémédiablement accroître notre dépendance vis-à-vis d'eux. La FNSEA et les JA sont favorables à la recherche sur les OGM et s'insurgent contre les arrachages sauvages handicapant cette même recherche. Détruire la recherche c'est cultiver notre dépendance. C'est au Gouvernement de prendre ses responsabilités pour fixer les limites qui sont nécessaires. La FNSEA et les JA sont persuadés que des filières OGM, non-OGM et bio peuvent coexister sur le terrain. Avec les règles de traçabilité et d'étiquetage, le consommateur devra pouvoir choisir au final en connaissance de cause." (site, pris ce jour).
Les positions en présence
L'Association Française des Biotechnologies Végétales présente des arguments intéressants :
"L’innocuité sanitaire ou environnementale scientifiquement prouvée par les instances officielles d’évaluation d’une part, l’étiquetage, la traçabilité et les bonnes pratiques agricoles d’autre part, sont suffisants pour assurer la liberté de choix de l’agriculteur et du consommateur. L’AFBV craint que cette proposition [de laisser chaque Etat membre décider, pour ce qui le concerne] renforce les choix idéologiques au détriment de décisions s’appuyant sur des bases scientifiques."
Ajoutons qu'il en résulterait un compartimentage de l'Union européenne en plus de 20 marchés, au rebours de la logique profonde de sa construction. On voit mal pourquoi la Commission admet de telles options : comme pour Schengen, M. Barroso n'est-il pas le gardien du temple de la cohésion communautaire ?
Pour nous Français, ce n'est guère plus satisfaisant : l'agriculture est l'un de nos points forts, que nous décidons de mettre en péril pour des raisons politiciennes peu explicitées…
Jean de Kervasdoué (professeur au CNAM) :
"Nous somme aujourd’hui dans la pire ses situations : en faisant le choix d’interdire la culture des OGM, nous voici dans l’obligation d’en acheter. Nos animaux en mangent : les porcs bretons sont nourris au soja américain. Et des milliards d’hommes en mangent sans conséquences néfastes. Nous avons tout perdu dans cette affaire : une industrie, une recherche et la possibilité d’avoir la moindre légitimité dans les débats internationaux." (Le Figaro, 31 décembre 2010).
Les écologistes anti-OGM sont les mêmes qui se demandent avec angoisse comment nous nourrirons les 9 milliards d'humains de 2060… Ecoutons Arnaud Apoteker :
"Greenpeace s’oppose à la dissémination des OGM dans l’environnement : leurs conséquences écologiques à long terme sont totalement incon-nues, et imprévisibles. Il faut savoir que nous sommes en face d’une science relativement jeune et imprécise. … L’inquiétude que nous avons, de façon générale, concerne le manque de connaissances scientifiques de l’impact des OGM sur l’environnement. Les changements opérés sur le génome sont en réalité peu maîtrisés. Par exemple, le soja OGM, cultivé aux Etats-Unis, souffre de rendements très faibles quand il fait chaud et sec… sans que l’on comprenne pourquoi. Un certain nombre d’impacts ne peut apparaitre qu’en cas de stress du climat ou de l’écosystème."
En d'autres termes, ils se placent dans l'aporie classique du principe de précaution poussé à l'absurde : démontrez-moi que votre projet est totalement et définitivement inoffensif, sinon je le bloque . Laissons enfin la parole à un bon socialiste, Manuel Valls :
"Je trouve tragiques les fatwas anti-OGM. Là encore, je regrette que la peur du progrès ait circonvenu la gauche – et la droite aussi. Qu’on s’interdise cette piste, quand il va falloir nourrir 9 milliards d’êtres humains, c’est de la non assistance à humanité en danger ! … Toute cette affaire a été détournée par les marchands de peur. Je veux revenir au politique. Je suis pour le progrès et pour l’encadrement de ce progrès. Je suis progressiste, parce que je ne laisse pas tout le pouvoir au marché : ça me paraît très cohérent. Encore une fois, c’est la réalité qui doit primer. A-t-on besoin des OGM ? Oui, je le crois. En matière de santé, d’environnement, mais aussi d’agriculture."
Que faire ?
Il serait souhaitable que l'Union européenne manifeste une maîtrise plus volontariste de ce dossier, et remette en cause cette logique de décision par chaque Etat membre.
La directive telle qu'elle existe semble bien rédigée : les OGM sont admis en Union européenne, et les consommateurs seront informés par étiquetage, pour pouvoir exercer leur choix individuel. Un Etat membre peut refuser un OGM sur son sol, à condition d'apporter la preuve de sa nocivité sanitaire ou environnementale, et d'en convaincre les comités scientifiques de l'Union. Ne modifions pas la règle, sauf pour renforcer la preuve du risque invoqué, peut-être en prévoyant que l'EFSA devra le valider (et aussi pour assou-plir les conditions d'étiquetage), appliquons-la, tout simplement !

Dominique Garrigues est président de l'Institut européen pour la gestion raisonnée de l'environnement. Ce texte a été publié sur Ecoraison Action, la lettre mensuelle de l'Institut diffusée avec le concours de Heritage et Progrès, en date du 30 avril 2011 (n°8).
Commentaires
malheureusement l'opposition aux OGM fait partie des vaches sacrées de notre pauvre pays avec l"ISF, la préférence pour la dépense publique, etc
Pauvre pays que la France d'aujourd'hui, pays pauvre demain ....
"Pauvre pays que la France d'aujourd'hui, pays pauvre demain ...."
Jolie formule !
Si les français ne veulent pas des OGM, pourquoi les forcer ou pire les manipuler au travers d'un article bien incomplet et superficiel sur le sujet.
Les OGM ne sont pas la solution idéale : depuis l’introduction et l’utilisation de ces derniers dans l’Agriculture, l’utilisation de pesticides a en effet globalement augmenté. Dans les cultures OGM résistantes aux pesticides, elle est due à l'émergence de "mauvaises herbes" qui sont elles aussi devenues résistantes aux pesticides par transmission génétique.
Aux seuls États-Unis - où plus de 63% des surfaces agricoles sont cultivées avec des semences génétiquement modifiées - le bilan de l'agriculture transgènique, après plus de quinze ans de cultures à grande échelle, ne se traduit pas par des résultats globalement positifs. Suite aux cultures de maïs, de soja et de coton transgéniques, la quantité de pesticides utilisée a par exemple augmenté de 144 000 tonnes durant les 13 premières années de mise en culture des OGM. À cause de ces mauvaises herbes résistantes qui se propagent dans les champs, les agriculteurs doivent utiliser de nouveaux pesticides et / ou en plus grande quantité. Ce qui cause des coûts supplémentaires pour les agriculteurs et des dégradations importantes de l'environnement.
Durant les dernières décenies l'agriculture industrielle - très dépendante des intrants chimiques et faisant usage d'OGM, qui sont les uns comme les autres responsables d'une réduction sensible de la biodiversité et posent des questions liées à la santé humaine et leur impact à long terme - n'a pas réussi à vaincre la faim dans le monde contrairement à l'objectif initialement affiché.
Sur la planète, 75% des OGM cultivés sont des OGM tolérant au Round Up de Monsanto. Une façon habile pour la firme qui commercialise à la fois l'OGM et l'herbicide, de s'assurer une double source de revenus, puisque l'exploitant agricole qui cultive les semences transgéniques Round Up Ready est "légalement" tenu d'utiliser exclusivement du Round Up comme herbicide. Les herbicides représentent d'ailleurs, aux États-Unis, les deux tiers des pesticides utilisés en culture.
L'usage exclusif d'un herbicide unique de manière extensive, ne manque pas de créer une tolérance progressive à cet herbicide, allant dans le cas du glyphosate, jusqu'à favoriser l'existence d'espèces résistantes à l'herbicide. Aux États-Unis, une vingtaine d'espèces de plantes sont désormais le plus souvent résistantes au glyphosate. De sorte que depuis l'introduction et l'expansion rapide des cultures OGM Round Up Ready (coton, soja, colza et céréales), le département américain de l'agriculture est forcé de constater des hausses toujours plus importantes de l'usage des pesticides, alors que la surface cultivée a baissé : les volumes de pesticides utilisés ont ainsi augmenté de 20% en 2007 et 27% en 2008 etc
De plus les pathologies végétales sont en augmentation aux États-Unis depuis une quinzaine d'années comme l'a analysé l'équipe du Pr Huber, spécialiste de pathologie végétale à l'Université de Purdue. Pour exemple un effet secondaire bien connu du glyphosate, la chelation, lui permet de priver la plante ciblée de l'usage de nutriments tels le zinc, le manganèse, le potassium, le calcium, le cuivre... nutriments essentiels pour résister aux toxines et agents pathogènes. De sorte qu'en bouleversant la microbiologie des sols l'usage du glyphosate a un impact élevé sur une quarantaine de maladies des cultures.
Il y a plus important encore, aggravation de la destruction de la biodiversité agricole. Comme le souligne la FAO, à l'instar des plants de pommes de terres cultivés en Europe au XIXème siècle, qui ont entrainé la grande famine Irlandaise lorsqu'ils ont été décimés du fait de leur uniformité génétique lors de l'apparition du mildiou, le recours aux OGM fait paradoxalement courir à l'humanité tout entière de dangereux risques de famine en cas d'épidémie qui sont régulières.
L’Argentine a officiellement publié une étude tirant la sonnette d'alarme : la monoculture du soja OGM entraîne l’érosion des sols, l’augmentation de l’usage des pesticides, la perte de biodiversité et l’exode rural. On est loin des rêves enfantins de plantes merveilleuses, aux rendements extraordinaires… !
Les ogm ont par ailleurs ruiné des milliers de paysans en Afrique du Sud et en Inde car les rendements n’étaient pas au rendez-vous. Au Brésil, en Argentine, au Paraguay des centaines de milliers de familles de paysans et d’ouvriers agricoles ont été chassées vers les bidonvilles des grands centres urbains.
On pourrait continuer ainsi longtemps et rentrer plus avant dans le détail concernant le bilan des ogm appliqués à l'agriculture et l'alimentation.
Quant à l'étiquetage évoqué des produits (comme s'il n'y en avait pas déjà assez à "décrypter") on sait ce qu'il en est et de son respect et contrôle. De même en ce qui concerne l'indépendance de l'Efsa entre autres :
http://www.lemonde.fr/planete/artic...
Il est quasi certain que l'étiquetage ne serait consulté que par une minorité de convaincus plutôt que le prix. C'est probablement la que git le problème: l'introduction des OGM dans l'alimentation des français provoquerait probablement un rétrécissement de l'agriculture bio, laquelle est portée en même temps qu'un projet de société alternatif par une catégorie d'agriculteurs militants. En attendant le banissement sans nuance des OGM profite indiscutablement aux grands semenciers qui deviennent les seuls a pouvoir parcourir le chemin semé d'embuches que la règlementation leur propose.
http://www.institutmolinari.org/int...
Réponse à "Agronome"
Votre article reprend à peu près entièrement la liste des arguments qu'opposent les écologistes militants aux OGM. Beaucoup de ces arguments sonnent comme des slogans, alors qu'il faudrait dérouler une analyse scientifique, économique et environnementale rigoureuse et approfondie.
Quelques réactions, au fil de la lecture.
Vous nous dites : "Si les Français ne veulent pas des OGM, pourquoi les forcer ?" : vous avez raison, ce serait absurde ; c'est pourquoi il faudra avoir des moyens clairs et simples de distinguer les PGM des autres, au moment du geste d'achat au détail ; un étiquetage simple et lisible y pourvoira (il y aura un autre indice, c'est que le prix des PGM sera inférieur : ne perdons pas de vue cet aspect social – qu'on retrouve sur beaucoup d'autres chapitres de l'écologie, et que vous vous gardez bien d'évoquer).
Vous affirmez que l'utilisation des pesticides a gravement augmenté à cause des PGM ? Elle a augmenté, vous avez raison ! – mais très partiellement… Le glyphosate a augmenté, certes, mais de nombreux rapports décrivent les diminutions des insecticides de synthèse notamment, ou encore des herbicides sélectifs. Or savez-vous que les herbicides sélectifs sont sensiblement plus dangereux que le glyphosate pour la santé humaine et pour l'environnement ? Pourquoi l'utilisation du glyphosate a-t-elle augmenté ? C'est assez simple, il faut tenir compte de la différence entre un herbicide total et sélectif : par définition, un herbicide total ne peut être utilisé qu’une seule fois et en pré-levée (avant donc d’avoir semé) – sinon il tuerait votre culture… Lorsqu’une PGM donnée tolère cet herbicide total… alors l’herbicide va pouvoir être utilisé une deuxième fois… et cela conduit mathématiquement à en utiliser deux fois plus…
Ceci étant, ne parlez pas trop du "Round-Up" : ça fait 10 ans que son produit actif, le glyphosate, est dans le domaine public.
Vous nous parlez des "mauvaises herbes qui sont elles aussi devenues résistantes aux pesticides par transmission génétique"… Mais non, il ne peut pas y avoir transmission génétiques de la PGM cultivée à ces mauvaises herbes, ce sont des espèces différentes…
Les risques pour la santé humaine ? Aucun n'a été démontré, à ce jour ; mais bien sûr, si vous nous dites "prouvez-moi qu'il n'y a rigoureusement aucun risques sur les 40 ans qui suivent l'introduction d'un OGM, personne ne pourra vous répondre. Le principe de précaution a été inventé – par les écologistes – pour traiter ce genre de situation : il ne demande pas qu'on démontre l'absence, ce qui est impossible par définition, mais qu'on reste vigilant, avec mise en place d'une surveillance précise, et qu'on agisse si jamais le moindre indice de risque apparaissait.
Sur la planète, les PGM sont cultivées dans les pays développés et dans les pays en développement, avec des impacts positifs sensibles sur les progrès agricoles. Pourquoi croyez-vous que les agriculteurs continuent à les utiliser ? par masochisme ?
Plus globalement :
Quand on argumente, il faut fournir des références à des études parues dans des revues scientifiques à comité de lecture.
Vous savez qu'il va falloir nourrir 9 milliards d'humains vers 2060… Si les PGM sont susceptible d'améliorer la productivité agricole au global, faut-il prendre le risque de les bannir intégralement ? Lourde responsabilité à l'égard de vos petits-enfants, que vous semblez prendre d'un cœur léger, …
Pourquoi cette peur du progrès ? je ne vous fais pas l'injure de vous soupçonner de manipulation, je veux bien croire que vous être sincère. Mais auriez-vous réagi de la même manière devant tous les progrès technologiques qui ont tiré l'humanité hors de la faim, de la maladie, de la misère, qui ont libéré la femme, depuis deux siècles ?? Vous voulez donc le porteur d'eau, la voiture à âne, interdire les vaccins ? Méditez plutôt le discours du bon socialiste Valls…
j'approuve totalement vos propos MAIS ,même si je suis un peu brutal, j'ai peur que vos propos soient vains :vous voulez parler raison à des religieux.... qui ont pour but la décroissance .Sauver Gaia de l'espèce la plus dangereuse de la terre l'espèce Humaine voila le but des anti OGM, tout comme ils ne veulent pas entendre parler d' énergies non conventionnelles qui ruinent leur fonds de commerce basé sur la peur.
nous avons mis des siècles pour être débarrassés des dogmes religieux :la nouvelle bible se construit et se propage sous nos yeux
@konebien
je souscrit totalement à ce que vous dites là, formulation comprise.
@ konebien
Toujours le même discours ringard et éculé ces Pro-OGM.
Ils n'ont aucun argument , alors ils se défendent avec la même ânerie et ils se la repassant les uns les autres, celle de traiter les anti-OGM d'obscurantistes ou de religieux (entre parenthèse, les croyants et les religieux se sont TOUJOURS trouvés beaucoup plus nombreux dans le camps des pro-OGM qui sont très souvent des ultra libéraux conservateurs de droite traditionnelle catholique et bien pensante).
Après la catastrophe nucléaire de Fukushima, un maximum de Japonnais remettent en cause l'énergie nucléaire (il n'y a pas qu'eux du reste) . Faut-il en penser qu'ils seraint devenus des "obscurantistes" ???
Voilà, c'est ce raisonnement qu'ont les pro-OGM : les anti seraient des obscurantistes.
Elle est surfaite, dépassée (comme les OGM) ringarde celle-là konebien.
Trouves en une autre.
D'ailleurs, ce Dominique garrigues n'est-il pas un membre de " Démocratie Libérale " Parti de Madelin . Un parti dont le chef dans sa jeunesse faisait parti de l'extreme droite (donc catholique , bien pensante, intolérante, proche des "Monseigneurs Le Févristes"?
Comment des gens comme çà peuvent traiter les anti-OGM (il n'y a pas plus progressistes et non-croyant que les anti-OGM) d'obscurantistes?
réponse à Garrigues :
et oui, nous pensons à nos petits enfants... soyez vraiment au courant des problèmes de l'agriculture pour avoir une discution censée avec un agrobiologiste !!! vous devez certainement voir l'état de l'agriculture en France !!! voyez vous que la France est le premier utilisateur de produits phytosanitaires en Europe!!! voyez vous que tous nos agriculteurs sont complètement dépendants des firmes multinationales car ils achètent chaque année pesticides, engrais de synthèse et SEMENCE !!!!! et oui après la seconde guerre mondiale ont à forcé les agriculteurs a produire davantage, on leur a proposé des variétés commerciales à haut rendement. ok super, seulement maintenant la majorité des agriculteurs ne savent et ne veulent même plus produire différemment! car rappelons que les engrais et les pesticides sont fabriqués avec du pétrole !! super et le jour où il n'y en a plus ou qu'il coute horriblement cher????? ces agriculteurs ne savant plus faire autrement et considère que le bio est une connerie !!! vive l'enseignement général, je ne savais pas que Mère nature ne faisait confiance qu'à l'espère humaine pour vivre!!!
De plus, petit à petit les variétés locales qui ont évolué depuis le début de l'agriculture (10 00 ans) ont peu à peu disparu!! les agriculteurs préfèrent utilisés des semences a haut rendement car eux aussi ont besoin de vivre !! mais tout ceci que dans une vision du court terme !!
non seulement ils achètent pour la plupart des variétés fixées (car pour être commercialisé, elle doit être homogène, stable et distincte des autres variétés) que l'on peut cultivés du nord au sud de la France sans problème (bien entendu en assistant la plante par les pesticides et les engrais...). ces variétés ont aussi beaucoup moins de surface foliaire et moins de racine pour remplir le grain (avant les blés pouvaient faire 2 m de haut et les racines descendent à 3 mètres !!! aujourd'hui nos blés sont touts petits et les racines ridicule...car pour augmenter le rendement, on augmente le poids de l'épis et il y a risque de verse pour des variétés à haute paille, donc on a raccourcie les pailles... mais on a aussi diminué la surface foliaire et les racines, passons ces un petit détail!
mais aussi, je vous rappelle que la situation avec l'agriculture française ou ailleurs est dramatique, car il n'y a aucune prise de conscience de la vie du sol ! sans vie du sol, le sol ne peut assurer la fertilité qui permet à la plante de se nourrir. en effet si vous n'apportez que de la nourriture liquide à ma plante, celle ci se régale mais les microorganismes n'ont plus rien à manger et disparaissent (ils leur faut de la matière organique qui se transformera par la suite en élément solubles assimilables par la plante) et sans matière organique, pas de stabilité structurale, ne rétention d'eau, d'où aujourd'hui tous ces problèmes d'érosion, d'éboulement de terrain, d'inondation (trop d'eau qui arrive ne peut rentrer dans le sol car il est complètement tassé!), puis les problèmes de sécheresse car les sols sans vie et sans matière organique ne peuvent retenir l'humidité!!
alors avant de parler d'OGM qui peuvent nourrir le monde, il faut repenser l'agriculture et notre façon de cultiver!
les OGM ne résoudront pas le problème de faim dans le monde, nous laissons volontairement mourir des populations car non seulement aujourd'hui nous produisons pour 12 milliards de personnes mais en plus nous gaspillons 25 % de notre nourriture.....
non seulement nous privons des paysans de leur terres pour produire des cultures pour l'exportation (soja OGM pour nos animaux d'élevage, mais aussi de l'huile de palme pour les voitures et l'agroindustries!), et nos exploitants agricoles d'aujourd'hui considèrent nourrir le monde...je préfère apprendre aux paysans à produire leur nourriture et ne pas leur voler leur terre, c'est plus humain...
de plus, chaque année les agriculteurs vont devoir acheter leur semence car un gène terminator interdit de ressemer une partie de sa récolte....merci l'asservissement! et de façon tout à fait légale!
voila pour dire qu'avant de proposer des OGM pour soit disant nourrir le monde, nous devons avoir des variétés qui s'adaptent aux conditions du milieux et que l'agriculteur conservera sur sa ferme et pourra transmettre à ses petits enfant...
désolé de vous avoir inondé de fautes...
@ Paysanne63: Si vous n'aviez commis que des fautes d'orthographe!
Plutôt que de relever la liste de vos inepties: si vous êtes réellement agricultrice, continuez à exercer votre profession à la manière qui vous convient, mais laissez vos collègues en faire de même librement, comme bon leur semble, dans leur intérêt et dans celui de leurs successeurs!
vous avez raison, je laisse manger des pommes à des enfants qui ont reçu 30 à 45 traitements chimiques pour laisser mes chères (malheureusement) semblables faire comme bon leur semble....
Que dit la fiche de Dominique GARRIGUE ?
"Il est diplômé de Sciences Po, de l'ENSAE et de Centrale Paris."
Honnêtement étant agriculteur c'est quand même la première fois que je vois un littéraire (Science Po) aussi pointu en matière d'agronomie !
Entre la réponse que vous faites à "Agronome" et votre article je crois bien que le sujet est épuisé, rien ne manque et en si peu de lignes !
Sinon je pense tout comme "konebien" qu'il est bien difficile d'infléchir la position des ayatollah Verts (les gourous du triste Zeppe), convaincre des croyants par la raison est une bien longue tache.
Maintenant qu'est ce qui terrorise les défenseurs de Malthus ?
La croissance de la population humaine !
Si les OGM apportent encore plus de productivité agricole, ce n'est pas bon signe pour leurs idéaux.
Hors qu'en est-il exactement ?
La sur-population menace-t-elle vraiment l'occident ? Avec 1,7 enfants par couple en France on ne renouvelle même plus les générations ! Et la France est en tête de L'Europe sur ce plan.
Faire une ribambelle de gosses c'est le lot des populations qui (sur-)vivent d'une maigre agriculture vivrière Ultra-BIO tendance fondamentaliste.
Il leur faut des petites mains pour palier au manque de moyens de production ....
Les Malthusiens devraient y réfléchir à deux fois avant de condamner l'agriculture productive ....
Plus de confort pour les humains conduit à plus d'instruction, moins de travail manuel, et .... moins de natalité.
Au final que reste-t-il CONTRE ce nouveau progrès agricole ?
- Un dossier scientifiquement VIDE
- Une peur de sur-population sans fondement
- Une cohorte de ragots que trop peu vont "vérifier"
(Sympa ce blog ! Mené par quelqu'un qui a de l'esprit !)
L’amarante, plante espiègle :
Cette plante est en train de faire tourner les beaux rêves de Monsanto en cauchemars.
Les OGM, pour Monsanto, c’est la réponse absolue à la prédation des insectes.
Pour les écologistes, et pour beaucoup de citoyens responsables, les OGM sont une menace pour l’environnement.
Mais là où tous les militants du monde se cassent les dents contre le puissant loybby OGM, une petite plante fait de la résistance.
L’amarante est une plante bien connue de nos ancêtres, puisque les Incas la considéraient comme une plante sacrée.
Mais pour le lobby OGM, c’est plutôt une « sacrée » plante.
Chaque plante produit environ 12.000 graines par an, et les feuilles contiennent des vitamines A, C et des sels minéraux.
Elle est même plus riche en protéine que le soja, pourtant considéré comme champion en la matière.
Les diététiciens affirment que la protéine de l’amarante est de qualité supérieure à celle du lait de vache.
Ils conseillent d’utiliser les graines moulues d’amarante, mélangées à celle du blé pour faire du pain à qui elles donnent un délicieux goût de noisette.
Mais revenons aux OGM.
La scène du « drame » s’est tenue aux USA, à Macon, en Géorgie.
Un agriculteur remarqua en 2004 que certaines pousses d’amarantes résistaient au Roundup dont il arrosait généreusement ses plants de soja.
Les champs victimes de cette amarante comportaient une semence qui avait reçu un gène de résistance Roundup.
Depuis cette date, le phénomène s’est étendu à d’autres états : la Caroline du Sud, et du Nord, l’Arkansas, le Tenesse et le Missouri.
Le 25 juillet 2005, the Guardian publiait un article de Paul Brown qui révélait que des gènes modifiés avaient transité vers les plantes naturelles, créant ainsi une graine résistante aux herbicides.
Ce que confirment les experts du CEH (centre for ecology and hydrology), et ce qui contredit les affirmations des pro-OGM qui ont toujours prétendu qu’une hybridation entre une plante génétiquement modifiée, et une plante naturelle était impossible.
Pour le généticien britannique, Brian Johnson, spécialisé dans les problèmes liés à l’agriculture : « il suffit d’un seul croisement réussi sur plusieurs millions de possibilités. Dès qu’elle est créée, la nouvelle plante possède un avantage sélectif énorme et elle se multiplie rapidement. L’herbicide puissant utilisé ici, à base de glyphosphate et d’ammonium a exercé sur les plantes une pression énorme qui a encore accru la vitesse d’adaptation ».
La seule solution qu’il restait aux agriculteurs était d’arracher les plants d’amarante à la main.
Sauf que cette plante s’enracine très profondément, rendant cette solution quasi impossible à réaliser.
Du coup, les agriculteurs ont renoncé à cet arrachage.
5000 hectares ont été à ce jour purement et simplement abandonnés, et 50.000 autres hectares sont menacés.
Depuis, ils sont de plus en plus nombreux ces agriculteurs américains qui renoncent à utiliser les plants OGM, d’abord parce qu’ils coûtent de plus en plus chers, et que la rentabilité est de mise en agriculture comme ailleurs, et enfin parce que l’efficacité des OGM est contestable au vu de ce qui est en train de se passer.
Pour Alan Rowland, producteur et marchand de semences de soja, à Dudley, Missouri, personne ne demande plus de graines Monsanto, au point que les graines OGM ont purement et simplement disparu de son catalogue.
Pourtant, cela représentait il y a peu 80% de son catalogue.
Il constate que les agriculteurs retournent aujourd’hui à l’agriculture traditionnelle.
Comme le dit Sylvie Simon dans un article à paraître dans la revue « votre santé ».
L’amarante est en quelque sorte un boomerang renvoyé par la nature à Monsanto.
« Elle neutralise le prédateur, et s’installe dans des lieux ou elle pourra nourrir l’humanité en cas de famine. Elle supporte la plupart des climats, aussi bien les régions sèches que les zones de mousson, et les hautes terres tropicales et n’a pas de problèmes ni avec les insectes, ni avec les maladies, donc n’aura jamais besoin de produits chimique ».
Les plantes vont-elles réussir là où tous les militants anti OGM du monde ont jusqu’à présent échoué ?
En tout cas, comme disait un vieil ami africain :
« Le mensonge donne des fleurs, mais jamais de fruits »
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