Appel aux écolos raisonnables !
Par Dominique Garrigues le mardi 14 juillet 2009, 10:57 - Article - Lien permanent
Les élections européennes ont mis au jour les récentes évolutions de l’opinion publique française : pour une bonne proportion des votants, le socialisme a fait son temps et l’écologisme, à son tour, détient les clés de l’avenir.
Pourquoi pas ?
Nous savons que l’explication de la motivation populaire en faveur de l’environnement est fondée sur une logique simple : les sociétés pauvres n’y prêtent guère attention, elles ont d’autres soucis ; à l’inverse, les sociétés riches ont résolu les principaux problèmes de la vie quotidienne, elles ont le loisir et les moyens de s’occuper de l’environnement et de l’écologie.
Dans nos pays riches, de puissantes associations de défense de l’environnement se développent et agissent activement. Les entrepreneurs créateurs de richesse et autres innovateurs qui ont œuvré à notre développement économique depuis deux siècles les regardent avec satisfaction, comme porteurs de l’évolution normale et attendue de l’esprit public, à laquelle ils ont contribué eux-mêmes en rendant possible leur émergence.
Donc tout va bien, tout le monde est content ? Pour les pays développés, la réponse est oui globalement, mais apportons tout de même un bémol, au risque de jouer les trouble-fête : l’action des écologistes militants est bonne et positive, et les décisions publiques qui s’ensuivent sont appropriées, mais… il ne faut pas tomber dans l’excès (c’est banal, certes). Notamment, il faut maintenir une bonne petite dose de rationalité économique. Le risque sinon est d’enclencher des processus en retour vers l’appauvrissement, qui nous feraient revenir vers des situations sociales révolues, qui seraient nuisibles pour tous y compris pour les écologistes.
Quand on voit l’Union européenne, modèle du monde, s’engager dans l’enthousiasme général à dépenser 100 milliards d’euros par an pour lutter contre le risque climatique… cela ne laisse pas de susciter une certaine perplexité devant l’écologisme triomphant.
L’éminent climatologue Edouard Bard avait vu cela. Après avoir été vice-président du groupe de travail n°1 du Grenelle de l’environnement, il constatait : « Je m’attendais à des passes d’armes entre les représentants des entreprises et ceux des ONG. Mais les plus virulentes ont opposé les syndicats et les ONG. Car si l’on prend des mesures trop contraignantes financièrement, elles ont des répercussions sur l’outil industriel, et donc menacent les emplois. »
Ceci nous fait remarquer au passage que les syndicats ne mettent pas beaucoup de leurs inquiétudes écologiques sur la place publique. Peut être pas assez ?
La CGT s’était exprimée comme suit lors d’un entretien avec J. L. Borloo (22 septembre 2008) : « Nous butons sur le contenu social de la transition vers une économie durable ; il n’est pas question que les salariés et l’emploi paient les frais de cette évolution.
Et les « emplois verts » ne doivent pas servir de miroir aux alouettes dans cette affaire : les Ateliers nationaux de 1848 ont confirmé que tout emploi non économiquement justifié appauvrit la société et non pas l’enrichit
Peut-être faut-il continuer le parallèle avec le sort des socialistes, pour mieux voir la dynamique des interrelations entre tendances politiques. Les socialistes, depuis toujours, se heurtaient aux conservateurs et autres libéraux, peu importe leur appellation, qui critiquaient leurs thèses et proposaient un autre modèle. Cela permettait de trouver un point milieu, ou en tout cas d’identifier les positions les plus extrémistes et mal justifiées.
Or de nos jours, personne ne tient ferme devant les écologistes pour contenir leur influence intellectuelle, pour rappeler que d’autres approches sont possibles, pour jouer ce rôle d’arc-boutant qui permet d’aboutir à des synthèses pas trop déséquilibrées… La droite au pouvoir, qui n’était pas Verte a priori, ne mène pas une politique moins écolo que les Verts quand ceux-ci sont au pouvoir (sauf sur le nucléaire probablement…). J. Chirac se voulait le champion mondial, et son successeur ne lui cède en rien quasiment. Il n’y a pas de majorité et d’opposition sur ces thèmes. Si tout le monde pousse dans le même sens, la porte est ouverte à tous les débordements, toutes les surenchères. N’oublions pas que notre époque est celle des bulles, notamment grâce à internet. Et l’enflement de la bulle verte est à son comble…
Nous n’appelons pas ici à la constitution d’une opposition politique aux thèses écologiques : qui serait contre la préservation du crapaud buffle ou contre la prudence dans le maniement de l’amiante ? Nous demandons seulement que l’économie soit prise en compte, en tant qu’excellent outil pour résoudre les problèmes de l’environnement et des risques sanitaires avec sérieux et équilibre. Les calculs coûts bénéfices sont indispensables, il faut internaliser les externalités à condition de faire des évaluations raisonnables des risques, en ampleur et en timing, et n’utiliser le principe de précaution que très précautionneusement. Le vrai bon principe maintenant est ALARA (as low as reasonably achievable), dommage qu’il ne soit pas dans la Constitution…
Ecolos raisonnables de tous les pays, unissez-vous !
Dominique Garrigues est président de l'Institut européen pour la gestion raisonnée de l'environnement.
Commentaires
Il faut que les raisonnements des écologistes soient scientifiquement exactes. D.R.
Il ne faut pas oublier que dans les pays riches il y a une tendance à ne pas laisser la place à des technologies nouvelles( monoples partagés des gros)...
Les vendeurs d'énergies et d'eau n'ont pas intérêt à laisser les particuliers attraper le vent , le soleil et l'eau de pluies pour être indépendants....
Prenons par exemple le problème climatique.
On nous dit que le co2 est le grand responsable du changement de climat et que le réchauffement climatique dérègle le climat.
D'abord je note qu'on nous parle uniquement des émissions de co2 et non pas de l'augmentation du co2 dans l'atmosphère.
Cela semble équivalent mais en fait si le co2 augmente c'est aussi parce qu'il est de moins en moins recyclé.
Si on oublie ce "détail" ( comme dirait " marchin chose") c'est qu'en parlant uniquement des émissions on veut s'arrêter à la production d'énergie , autrement dit: il faut abandonner les énergies fossiles et donc choisir le nucléaire. De plus on nous met dans la tête qu'il n'y a pas mieux...
Parlons donc de la raison qui fait que le co2 s'accumule dans l'atmosphère parce qu'il n'est plus recyclé.
L'activité humaine agit directement sur le cycle de l'eau dans le sens d'un assèchement souterrain de certaines parties des continents .
Les déforestations , le drainage agricole , l'endiguement des cours d'eau , l'imperméabilisation des sols, la surexploitation des réserves souterraines d'eau sont responsables de cet assèchement qui va dans le sens d'un aggrandissement des déserts et zone arides .... et urbaines.
L'énergie solaire qui servait à la croissance végétale et donc au recyclage du co2 ne sert qu'à chauffer les sols et donc s'ajoute à l'augmentation de température de l'atmposphère par le co2 et l'effet de serre.
Le volume disponible pour le cycle de l'eau dans l'atmosphère est donc réduit( les déserts sont plus grands ) et donc l'eau ,dans l'atmosphère, augmente ses vitesses de circulation.
On constate ce phènomène par la fréquence et l'intensité des tempêtes.
Cet accélération de l'eau dans l'atmosphère permet aussi de transporter plus de chaleur sur les zones de condensation des pôles et des sommets et donc d'y faire fondre plus de neiges et glaces éternelles.
Dans l'atmosphère circule aussi le cycle de l'air ( dont on nous parle moins) qui sert à transporte l'eau depuis les zones d'évaporation jusqu'aux zones de condensation. L'air débarassé de son eau qui est sec et froid continue son trajet pour reprendre de la chaleur et de l'eau. C'est ce cycle de l'air qui est responsable de la sécheresse des déserts et on observe une augmentation des sécheresses dans des pays comme l'Australie et l'Argentine au sud et le Canada et l'Europe centrale pour le nord.
Le problème mondiale actuel qui fait que les symposuims tournent en rond vient que l'hypothèse climatique est mal posée . On cache la vraie cause du climat qui est l'asséchement de la planète qui n'est pas une conséquence des émission de co2.
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