Fantasmes sur la fécondité musulmane
Par Yves Montenay le mardi 13 juillet 2010, 21:50 - Article - Lien permanent
Un amalgame entre des problèmes réels et l’ignorance des données de base a conduit à répandre des fantasmes sur la fécondité musulmane, qui serait débridée et déclencherait une telle marée humaine que l’Europe en serait submergée.
Certains annoncent la prise de pouvoir « démocratique » d’une majorité musulmane avec imposition de la charia à la clé. Ces fantasmes se diffusent au Nord dans un contexte de crainte et au Sud dans un contexte triomphaliste, ces sentiments se renforçant mutuellement.
Tout le monde est d'accord pour dire que certains musulmans posent un problème grave à l'Europe. Mais pour traiter un problème il faut en connaître les données. Or, celle évoquée ci-dessus ne donne pas une idée pertinente de la question.
Il y a environ 500 millions d'habitants en Europe, dont environ 20 millions de musulmans. De plus ces musulmans sont profondément divisés, par exemple entre Turcs, Pakistanais et Arabes. Ils le sont aussi par leur rapport à la religion, qui va de l'athéisme à l'extrémisme.
Pour que 20 millions deviennent une majorité, et même compte tenu d'un dépeuplement probable de plusieurs pays européens, il faudrait un taux de fécondité de 8 enfants par femme pendant 150 à 200 ans. Et supposer qu'il y a "un gêne de l'islam" et que les arrières petits-enfants seront toujours musulmans et hyperféconds. Or le taux de fécondité varie de 1,5 à 3 enfants par femme pour la plupart des communautés musulmanes du Nord comme du Sud, à part quelques exceptions subsahariennes (détails sur échosdumondemusulman.net, numéro 88 et la vidéo de Youssef Courbage sur le site Turgot). Hors d'Europe, une telle fécondité n'existe désormais que dans de rares campagnes ou montagnes reculées, aussi bien chrétiennes, animistes ou bouddhistes que musulmanes. Or on vit en ville, surtout dans le cas des immigrants en Europe.
Il faut certes rajouter une immigration non négligeable. Mais elle est probablement très inférieure à 500 000 personnes par an pour l'ensemble de l'Europe, et comprend des gens de tous niveaux, des médecins dont nous avons besoin aux analphabètes. Et l'immigration apporte aussi d'autres personnes, des Africains chrétiens aux Chinois.
Certes encore, des excités proclament sur certaines télévisions arabes qu'ils vont « conquérir l'Europe avec le ventre de leur femme », proclamations qui sont soigneusement relayées par ceux qui vivent du commerce de la peur. Il faut renvoyer tous ces gens à un cours d'arithmétique élémentaire.
Cela n'empêche pas qu'une minorité, même faible, puisse être extrêmement dangereuse. Elle est d'ailleurs également dangereuse pour la grande majorité des musulmans d'Europe, et pour une grande partie des musulmans du reste du monde. Mais la lutte contre une minorité agissante se fait par d'autres moyens que contre une forte minorité en voie de devenir majoritaire. Notamment par une action énergique en matière de respect de l’ordre public, toute minorité active essayant de compenser par l’intimidation sa faiblesse numérique. La première chose à faire est de l'empêcher d'être « comme un poisson dans l'eau » dans une partie de la population.
D'où ma conviction, pour moi qui connais bien les pays musulmans, qu'il faut s'allier à cette grande majorité, et non pas l'ostraciser pour la renvoyer chez l'ennemi.
Commentaires
Monsieur Monteney,
les statisques relatives au nombre de musulmans en Europe sont extrêmenent difficiles à établir car il est interdit dans la plupart des pays concernés de faire des statistiques ethniques ou religieuses.
Ce qui conduit à avoir des chiffres qui varient entre 20 et 50 millions selon les services européens et les organisations musulmanes.
D'autre part, votre estimation est une moyenne européenne et ne tient pas compte de la répartition réelle de cette communauté en Europe.
Pour ne citer que Roubaix, les musulmans sont aujourd'hui majoritaires dans cette ville. Mais il en sera bientôt de même à Bruxelles ou à Amsterdam, sans parler de la ceinture nord de Paris et de Marseille.
Le danger d'enclaves musulmanes est réel et représente autant de Kosovo en puissance, compte tenu de la radicalisation de cette communauté, dont les polémiques sur le voile intégrale et autres interdits de l'Islam ne sont que les manifestations.
Ce n'est pas parce que vous ne désignez pas d'ennemi que votre ennemi ne vous désigne pas.
Votre interprétation est trompeuse. Vous noyez volontairement une population musulmane de 20.000.000 de personnes dans une population européenne de 500.000.000 d'habitants. Or, il aurait fallu comparer les différents pays européens indépendamment les uns des autres. En effet, il n'y aucun rapport avec des pays comme la Hongrie, la Pologne, la Tchèquie, l'Islande qui ont la chance de ne pas avoir toute cette diversité musulmane avec des pays comme la Belgique, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas qui ont choisi d'importer des esclaves des temps modernes plutôt que de compter sur leur propre force. Résultat, je suis convaincu que les prophètes de malheur auront raison cette fois-ci à savoir que notre civilisation européenne s'effondrera par le ventre des femmes musulmanes, le regroupement familial et la volonté des mondialistes de maintenir poreuse les frontières de l'Europe.
Dans ces 500.000.000 d'européens, avez-vous compté les russes, biélorusses, ukrainiens?
Pour Breughel et Bismark
Je répondais à 2 affirmations
1) L'Europe sera bientôt à majorité musulmane ; réponse : non
2) Du fait de la fécondité musulmane ; réponse : non, la différence n'est pas assez forte et décroît
Par contre, comme dit, il faut rajouter l'immigration, mais même à 500 00 personnes par an, il faudrait du temps pour dépasser 500 millions, d'autant qu'arrivent aussi des non musulmans (voir les Chinois de Belleville).
Enfin, comme dit également, l'islam n'est pas héréditaire : regardez autour de vous !
Une précision pour Bismarck : les 500 millions sont ceux de l'UE à 27, donc SANS une partie des Balkkans, ni la Biélorussie, ni l'Ukraine, ni la Russie. Remarquons que c'est dans ce dernier pays que la proportion de musulmans est la plus élevée de toute l'Europe géographique.
Un mot maintenant sur les enclaves musulmanes. Il est effectivement très inquiétant que dans certains quartiers se recréent des groupes souvent plus « traditionnalistes » que dans le pays de départ, en partie parce que certains migrants viennent de parties reculées de ces pays, sans parler de l'action d'imams étrangers. Cela inquiète les sociologues soucieux du sort des femmes et de l'assimilation (ils sont nombreux même si le mot est maintenant tabou).
Mais les acteurs locaux (élus, éducateurs, associations d'insertion) font face un danger qui leur paraît plus grave, celui de délinquance, du trafic de drogue etc. Or dans ce domaine ils sont dans le même camp que les traditionnalistes voire que les islamistes, dont les associations « ramènent les jeunes dans le bon chemin ».
bonjour,
la question évoquée est vaste et complexe, je m'en tiendrai à un seul des aspects, ainsi je m'interroge sur la réponse de M.Montenay, sur la convergence des actions de élus et des "responsables" religieux.
A Voir fonctionner certaines villes du sud de la France, il est clair que l'action des responsables est, pour ainsi, dire nulle: exemple: les zones de non droit, les quartiers interdits aux blancs, passée une certaine heure, marchés parallèles et délinquances associée, effraction et vols dans les maisons, et parmi d'autres, attitudes des élèves d'origine maghrébine dans le cadre de l'école, collèges, lycée.
On pourrait dire aussi quelques mots sur le recul des principes de laïcité, sans cesse soumis aux attaques de la religion...
Il ne s'agit pas de stigmatiser sans discernement, mais avoir la lucidité d'évoquer les défaillances du politique et des conséquences de plus en plus préoccupantes pour les valeurs de la république, qui jusqu'alors avaient le mérite d'assurer un équilibre du vivre ensemble.
Monsieur Montenay, il n'y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Il est idiot de nier la guerre des ventres. L'islam est déjà le maître à Rotterdam, Malmoe, dans les banlieues violentes françaises, à Bruxelles et dans dizaines d'autres villes colonisées. L'islam y était pourtant absent, il y a 40 ans seulement. Ces villes sont l'avant-garde de l'islamisation forcenée de l'Europe. Nos enfants n'auront que 2 choix : combattre ou se soumettre. Je peux vous dire que les miens combattront contre cette barbarie islamiste qui est en train de nous détruire de l'intérieur. Pas besoin de me répondre. Car des sornettes comme les vôtres, j'en entends tous les jours. La réalité de la rue, par contre, est bien différente de vos fantasmes.