Pour la concurrence des monnaies en lieu et place du monopole de l'euro
Par Richard Ebeling le dimanche 12 décembre 2010, 22:04 - Note de synthèse - Lien permanent
Si certains pays choisissent un jour de sortir de la zone euro, il faudrait qu'ils le fassent à la condition de laisser à leurs citoyens la liberté d'épargner, d'échanger ou de contracter en euro.

Une étude, rédigée au printemps par la banque néerlandaise ING et intitulée « Quantifier l'impensable » a mis en garde : un éclatement de l'euro en tant que monnaie commune entrainerait un cataclysme économique. Le système financier mondial aurait à affronter une nouvelle crise, plus désastreuse encore que celle endurée au cours des deux dernières années. La récession menacerait la planète entière.
Si l'Europe fait face aux troubles actuels, on ne peut oublier que l'euro est une construction des gouvernements et des planificateurs en matière monétaire qui ont imposé l'euro sur le continent. A l'image du Dr. Frankenstein, ils sont aujourd'hui pris de vitesse et incapable de maitriser leur créature.
Il est essentiel de rappeler que l'euro n'est pas une institution qui a émergé sur un marché libre. C'est une création politique inspirée par les gouvernements français et allemand, en rupture avec les aspirations et les décisions de leurs propres citoyens. Les référendums sur la mise en œuvre de l'euro ont été soigneusement évités ; quant aux pays qui ont eu à se prononcer, ils ont souvent répondu « Non ». Seules la crainte ou des pressions politiques extérieures ont poussé un nombre croissant de pays à rejoindre l'Eurozone, quand bien même l'intégration économique et la prospérité étaient possibles sans l'instauration d'une monnaie monopolistique.
Les dirigeants européens, français en particulier, ont envisagé la monnaie européenne comme un moyen de s'affirmer dans la période post-soviétique face à la domination financière et politique des États-Unis. Cela a été conçu comme un instrument dans le « grand jeu » de la diplomatie internationale et des influences stratégiques. Les références aux « coûts de transaction » économisés du fait de l'adoption d'une monnaie unique s'étendant de l'Atlantique aux frontières de la Russie n'ont été que de la communication masquant des desseins politiques plus ambitieux : des États-Unis d'Europe centralisés et réglementés depuis Bruxelles, influencés par Paris et Berlin pour les grandes décisions.
D'un point de vue économique, toutes les justifications apportées à l'appui d'une monnaie unique émise et gérée par une banque centrale européenne, ont été autant d'exemples de ce que l'économiste autrichien et prix Nobel Friedrich A. Hayek a nommé « prétention de la connaissance ».
N'oublions jamais que l'activité des banques centrales est une forme de planification. Une banque centrale fixe de manière monopolistique la masse monétaire. Elle détermine la quantité de monnaie en circulation et, de facto, altère la valeur de chaque unité monétaire, c'est-à-dire son pouvoir d'achat. Elle peut aussi décider (au moins à court terme) des taux d'intérêts, ce qui influe tant sur le montant des investissements que sur leur direction.
Tout au long au XXème siècle, les gouvernements n'ont cessé de faire appel aux banques centrales pour combler leurs déficits budgétaires par la création monétaire – et ils continuent au XXIème siècle. Les conséquences d'une telle impéritie en matière monétaire ont été de longues périodes d'inflation qui ont fait fondre les stocks d'épargne, des distorsions des prix de marché ayant déséquilibré l'épargne et les investissements aussi bien que l'offre et la demande, et enfin une désincitation à accumuler du capital et à développer une vision stratégique à long terme pour les entreprises.
Il y a trente-cinq ans, Hayek nous avertissait contre les dangers d'un monopole monétaire en Europe, défendant à la place des monnaies en concurrence entre lesquelles les citoyens pourraient librement choisir (Voir, F.A. Hayek, Choice in Currency: A Way to Stop Inflation, publié par l'Institute of Economic Affairs de Londres en 1975).
Hayek explique qu'en raison de l'influence des doctrines keynésiennes sur la politique macroéconomique et monétaire, les gouvernements ont été immuablement guidés par des objectifs à court-terme au service de groupes d'intérêts particuliers. La conséquence en a été l'usage abusif de la planche à billets pour satisfaire les exigences en apparence insatiables de groupes influents ou privilégiés. L'inflation en a résulté.
Hayek en a tiré la conclusion qu'une méthode devait être trouvée pour libérer les citoyens de tout contrôle monopolistique sur les intermédiaires de l'échange (la monnaie). La réponse qu'il suggère consiste à les laisser utiliser la monnaie qu'ils désirent choisir, quelle qu'elle soit. Il écrit :
« Il ne peut y avoir de garantie plus efficace contre l'abus par le gouvernement de ses prérogatives que la liberté pour les individus de refuser toute monnaie qui ne leur inspire pas confiance pour préférer une autre monnaie. De même, il ne peut exister de plus vive incitation pour les gouvernements à maintenir la stabilité de leur monnaie que la connaissance de ce simple fait : aussi longtemps qu'ils maintiendront l'offre de monnaie à un niveau inférieur à la demande, cette demande tendra à croître. Dès lors, privons les gouvernements (ou leurs autorités monétaires) de tout pouvoir monopolistique qui leur permet de protéger leur monnaie contre la concurrence : s'ils ne peuvent plus dissimuler la mauvaise qualité de leur monnaie, alors ils devront en restreindre les volumes en circulation.
Introduisons par la loi de telles possibilités, et les citoyens refuseront rapidement leurs monnaies nationales une fois qu'elles se seront considérablement dépréciées ; ils échangeront alors une monnaie en laquelle ils auront confiance.
Au final, les monnaies des pays poursuivant une politique monétaire responsable tendront progressivement à remplacer les devises les moins dignes de confiance. Une réputation de vertu en matière financière deviendra un actif jalousement gardé par les émetteurs de monnaie, car ils sauront que même la plus petite malhonnêteté réduirait la demande pour leur service ».
A l'heure actuelle, les gouvernements demeurent, ainsi que le dit Hayek, sous l'influence d'idéologies qui insistent sur le devoir de l'État de réguler le marché au service de groupes d'intérêts puissants, de redistribuer la richesse, de maintenir des « filets de sécurité » contre les nombreux revers de la vie. Les budgets et les déficits de nombreux pays de l'Union Européenne, aussi bien que la crise budgétaire dont ils souffrent, le démontrent plus qu'il n'est nécessaire.
Ceux qui dirigent l'euro présument encore à l'heure actuelle qu'ils disposent de la sagesse et des compétences nécessaires pour cibler un taux d'inflation particulier ou fixer les taux d'intérêts au niveau qu'ils considèrent « optimal ». Mais de même que le Gosplan dans l'ex-URSS n'était ni suffisamment sage ni suffisamment informé pour diriger avec succès la production de chaussures ou de pain, les dirigeants de la BCE ne peuvent savoir ce que doivent être les taux d'intérêt ou le niveau de l'inflation. Les taux d'intérêt doivent être fixés par le marché afin d'équilibrer les stocks d'épargne avec la demande de crédits.
On dit que le mot chinois pour « crise » signifie aussi bien « danger » qu'« opportunité ». Il est certain que l'irresponsabilité budgétaire de nombreux gouvernements de l'UE précipite aujourd'hui les structures économiques et financières de ces pays vers de graves dangers. Et même en espérant que la Banque Centrale Européenne puisse les en sortir – ou retarder l'inévitable jusqu'à ce qu'« un jour », « quelque chose » permette de sortir de ce bourbier sans avoir à assumer les conséquences de décennies de mauvaise gestion publique – cela signifiera qu'une dynamique inflationniste dangereuse aura été enclenchée. Le seul moyen pour la BCE de noyer ce problème est en effet d'imprimer d'abondantes quantités de papier-monnaie. Au cours des derniers siècles, l'Europe a pu voir à plusieurs reprises où cela conduisait.
L'opportunité pour sortir de la crise consiste à admettre que l'euro fut une mauvaise idée. Il est nécessaire pour les gouvernements de l'Eurozone d'entamer un plan de « retrait ordonné » vers leurs monnaies nationales. Ce ne serait pas la première fois qu'une monnaie unique se dissoudrait en plusieurs monnaies. Une telle situation s'est produite en 1919, du fait de la désintégration de l'ancien empire d'Autriche-Hongrie en Europe Centrale. Plus récemment, la dislocation de l'Union soviétique en quinze républiques indépendantes en 1991, la séparation de la Tchécoslovaquie ou l'éclatement de la Yougoslavie ont été de nouveaux exemples.
Des leçons doivent être tirées de ces épisodes historiques. Elles méritent d'être soigneusement étudiées et appliquées afin de mener à bien la fin de l'« expérience » de l'euro en minimisant les turbulences dans un environnement fiscal et financier où chaque gouvernement européen devra redresser l'économie de son propre pays.
Même à court terme, quelle que soit la difficulté de cette transition, les pays européens dont les difficultés budgétaires sont les moins importantes éviteront ainsi d'être pris au piège dans une spirale néfaste par leurs voisins les plus irresponsables, ce qui sera le cas s'ils restent au sein d'une zone monétaire unique.
De surcroit, si de multiples devises devaient à nouveau circuler en Europe, ce devrait être accompagné, ainsi que l'a suggéré Hayek, par la liberté pour les citoyens de tous ces pays de choisir celle qu'ils préfèrent détenir et utiliser dans l'échange. Les gouvernements ne doivent point tenter d'enfermer leurs citoyens derrière des barrières monétaires.
La liberté dans l'échange des monnaies agirait comme une puissante incitation pour chaque gouvernement européen à mener une politique budgétaire plus responsable, s'ils ne veulent pas voir leur propre monnaie se déprécier par rapport aux autres devises. Cela agirait comme autre forme de discipline extérieure poussant les dirigeants à conduire localement des politiques plus stables et plus durables, ainsi que Hayek l'a souligné.
Ou l'Europe s'enfermera-t-elle, par contraste, dans une marche aveugle vers un gouffre monétaire et budgétaire qu'elle pourrait pourtant choisir d'éviter ?

Richard Ebeling est un professeur libertarien américain, ancien Président de FEE (The Foundation for Economic Education). La version originale de ce texte a été publiée au début du mois de juillet 2010 sur le blog In Defense of Capitalisme. Traduction de Guillaume Vuillemey.
Commentaires
"Les gouvernements ne doivent point tenter d'enfermer leurs citoyens derrière des barrières monétaires."
Les nombreux exemples historiques cités par l'auteur montrent que les Etats tendent systématiquement à recréer le monopole de la monnaie. Bien que les thèses de Hayek soient plutôt sympathiques, il convient de rester réaliste : la probabilité d'une libéralisation de la création monétaire est tout simplement nulle à court ou moyen terme.
Dans ces conditions, quitte à subir un monopole monétaire plutôt qu'un autre, autant conserver l'euro. Au moins, ce dernier offre une certaine stabilité aux échanges commerciaux internes à l'Europe qui représentent, faut-il le rappeler, plus de la moitié du commerce mondial.
La fin de l'euro n'aurait qu'une conséquence pratique : le monopole absolu du dollar. Abandonner le monopole de l'euro, en l'état actuel du monde, c'est tout simplement se livrer pieds et poings liés à un autre monopole, mais bien plus nocif celui-là.
La réponse est peut-être très simple, mais j'ai peu de souvenirs de la période pre-euro...
Pourriez-vous m'expliquer en quoi la situation post-euro serait différente de celle qui prévalait avant l'euro ? Par exemple, en quoi étions nous empêchés de convertir notre épargne libellée en francs en achetant des marks ? Une interdiction de transférer les capitaux hors de France ?
Merci.
Le franc, c'était le contrôle des prix (donc des salaires) combiné à la hausse des impôts, le contrôle des changes (limitation voire interdiction d'achat et de vente des monnaies étrangères par les résidents) et de nombreuses dévaluations. Avec un pic au début des années 80 : 3 dévaluations en moins de 3 ans !
Bref, le franc, c'était la possibilité donnée au gouvernement d'appauvrir les salariés, les épargnants, les entrepreneurs et les investisseurs résidents, selon son bon vouloir.
Il est toujours possible de le critiquer, mais l'euro présente un avantage immense : il empêche le gouvernement français de manipuler la monnaie pour financer ses lubies politiciennes.
@bubulle
l'euro empêche peut-être le gouvernement de manipuler la monnaie pour financer ses lubbies politiciennes, mais il lui permet de s'endetter sans limite et sans se voir sanctionner immédiatement par les marchés. Ce sont toujours les lubbies qui gagnent. ll n'est pas prouvé que l'euro ait permis d'endiguer davantage ces lubbies et de moins appauvrir de ce fait les citoyens.
Ceci dit, il est vain de discuter des avantages ou désavantages de l'euro ou d'un retour au franc. Le problème aujourd'hui est que l'ensemble des déséquilibres accumulés depuis les erreurs commises lors de la création de l'euro rendent inévitables la sortie de certains pays - et cela quels qu'en soient les inconvénients (énormes) qui pourraient en résulter.
Admettre que certains pays sortent de la zone euro, mais les inciter à conserver l'euro comme monnaie parallèle permettrait de réduire sérieusement certains de ces coûts (notamment en empêchant que la sortie de l'euro ne conduise à l'engrenage funeste du retour au contrôle des capitaux et aux mesures protectionnistes). La présence d'un euro concurrent empêcherait les gouvernements de faire n'importe quoi tout en bénéficiant temporairement d'une marge de dévaluation.
J'ai lu ton article et visite ton blog que je trouve vraiment tres interessant. Je l'ai ajoute dans mes favoris
Il est effectivement inquiétant de constater que les gouvernements français successifs, de tous bords, se laissent aller à accumuler les déficits. Incurable optimiste, je garde l'espoir que la crise de l'euro va leur donner la justification politique d'un retour à l'équilibre budgétaire par réduction des dépenses publiques.
Au vu de leur incapacité à équilibrer les budgets publics hors contrainte, je n'arrive pas à imaginer nos gouvernants accepter des monnaies concurrentes si jamais il nous fallait revenir au franc. Dans ces conditions, le retour au franc serait une catastrophe pour tous les Français.
@bubulle
1. Oui, la crise de l'euro va les contraindre, et les contraint déjà à revenir à des pratiques budgétaires plus raisonnables; On peut être effectivement relativement optimiste sur ce plan là. Mais cela n'élimine pas le prix à payer pour l'ensemble des déséquilibres accumulés en dix ans du fait de l'erreur de conception commise à la création de la zone euro. Nous allons tous le payer dans notre niveau de vie, certains plus que les autres, mais nous sommes tous concernés. Je crois qu'il n'y a aucune chance de sortie de crise "douce". C'est une illusion qu'entretiennent les politiques en nous laissant croire qu'il devrait y avoir quelque part une recette miracle où nous ne perdrions presque rien. Les recettes keynésiennes ont cette fois-ci démontré définitivement leur inopérance, puisque c'est le retour de la croissance stimulées par elles qui devait enrayer la dégradation des déficits. Ce qui ne s'est pas produit, à l'évidence. Quant aux autres solutions ou propositions réglementaires, il s'agit de mécanismes qui ne seront pas opérationnels avant des années et qui, dans le meilleur des cas, ne serviront véritablement à quelque chose que pour la crise suivante.
2. Je suis plus nuancé sur le second point. Oui, le retour au franc serait catastrophique en ce sens qu'il s'agirait d'une mesure qui ne pourrait s'accompagner que d'une grande dureté économique pour les français. Mais le problème est de savoir si cette "grande dureté" serait moins grande, ou encore plus grande que le fait de rester dans la zone euro sous la contrainte de plans drastiques d'austérité et de réduction des dépenses publiques imposés par le refus (justifié à mes yeux) des allemands de banquer pour tous leurs partenaires.
Sur ce plan je suis plutôt de l'avis de Jacques Raiman. On ne connait pas de sortie de crise sans dévaluation, accompagnée d'une politique d'assainissement (ce qui n'est pas la même chose qu'une austérité keynésienne).
Cette sortie de la zone euro peut être temporaire, et se faire sans retour nécessairement au franc. Le scénario le plus vraisemblable, et le moins nocif, serait celui d'une rupture temporaire de la zone euro en deux, un euro fort, un euro faible, accompagnée de la contrainte de conserver l'euro fort comme monnaie parallèle. Ce n'est pas inconcevable. ON aurait alors un double standard monétaire, comme à l'époque du bi-métallisme. Je ne pense pas que l'état français, en raison de l'énormité de la dette détenue à l'étranger, pourrait refuser cette solution temporaire de compromis qui permettrait d'introduire un peu de souplesse dans le système - et donc permettrait de réduire un peu l'état de la rigueur nécessaire - tout en maintenant un mécanisme de pression sur la gestion des finances publiques.
Mieux vaudrait acheter du temps de cette façon, que croire l'acheter en s'accrochant à l'euro tel qu'il est.
3. La grande crainte est qu'accepter que certains pays sortent de l'euro n'entraine un cycle cumulatif de mesures commerciales et réglementaires de rétorsion pour se protéger contre des dévaluations que les partenaires fidèles à l'euro fort considéreraient comme "sauvages". C'est cela le plus grand danger, et cela qu'il faut éviter à tout prix. Sortir de l'euro n'implique pas l'éclatement, ni la fin de l'Europe - comme beaucoup le disent pour nous faire peur -, à condition que l'on maitrise ce risque. Et c'est là, je pense, l'intérêt de la formule de cohabitation de deux monnaies, car cela constituerait un réel engagement du pays concerné à rester dans la construction européenne, et de ne pas renoncer à ses acquis réels, au prix toutefois d'une sorte de moratoire temporaire.
Je ne dis pas que j'ai raison, mais je crois que c'est là une piste qui mériterait d'être explorée<<.
La Banque Centrale Européenne est devenue une gigantesque fosse à m….
La Banque Centrale Européenne a racheté des dizaines de milliards d’euros d’obligations d’Etat, mais ce sont des obligations pourries : ce sont des obligations de l’Etat portugais, de l’Etat irlandais, de l’Etat italien, de l’Etat grec, de l’Etat espagnol.
La Banque Centrale Européenne a dans son bilan des dizaines de milliards d’euros de ces obligations DONT LA VALEUR REELLE EST EGALE A ZERO.
Lundi 13 décembre 2010 :
La Banque centrale européenne (BCE) envisage de demander une augmentation de son capital aux pays membres de la zone euro, a-t-on déclaré à Reuters de sources proches de la BCE.
L'une d'entre elles a précisé que l'une des options sur la table était le doublement du capital de la BCE, qui, selon les sources, s'inquiète des pertes potentielles liées aux achats d'obligations auxquels elle procède depuis le mois de mai.
La banque centrale de la zone euro a annoncé lundi avoir acquis pour 2,667 milliards d'euros d'obligations lors de la semaine au 10 décembre, contre 1,965 milliard la semaine précédente, ce qui porte ses rachats totaux à 72 milliards d'euros.
La BCE avait décidé de procéder à ce type de rachats après le plan de sauvetage établi par la Grèce.
Les montants hebdomadaires achetés atteignent ces semaines des niveaux jamais vu depuis le mois de juin dans un contexte de plan d'aide à l'Irlande, deuxième pays membre de la zone qui a dû faire appel à une assistance extérieure.
La Grèce et l'Irlande ont ou vont recevoir un total de 195 milliards d'euros, des fonds fournis par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI). Bon nombre d'analystes pensent que le Portugal sera bientôt le prochain sur la liste.
La BCE ne donne pas de détails sur ces achats, mais la plupart des analystes estiment que la banque centrale concentre ses achats sur la dette des pays en difficulté tels que l'Irlande, la Grèce et le Portugal.
"En ce moment, les montants achetés par la BCE restent modestes, mais que se passerait-il si, d'une part, les volumes achetés augmentaient de manière sensible et que, d'autre part, les obligations perdaient tout à coup 30 % de leur valeur", a dit l'une des sources.
La BCE s'est refusée à tout commentaire.
Sa base de capital souscrit est de près de 5,8 milliards d'euros, alors que la taille de son bilan s'approche des 138 milliards d'euros, selon le dernier rapport annuel de la BCE.
http://fr.reuters.com/article/busin...
M. Lepage a découvert une drôle de pierre philosophale qui autoriserait au gouvernement français à transformer l'or en argent ; j'ai peur que la transmutation ne devienne incontrôlable et ne nous laisse qu'avec du plomb. Dans l'hypothèse d'un euro faible, la dette extérieure exploserait, le coût de la vie au quotidien monterait en flèche tellement nous dépendons de l'étranger, l'engrenage des prix et des salaires tournerait à plein régime et l'inflation ruinerait les revenus fixes ainsi que les épargnants français qui ont acheté de la dette française, sacrifiés au profit des épargnants étrangers remboursés, eux, en euro fort. Allez donc vous indigner qu'à certaines époques on brûle les sorciers.
quel avenir pour l'euro?
@Louis
Je n'ai aucune prétention à découvrir une quelconque pierre philosophale. Les sorties de crise sans pleurs, ça n'existe pas. Il n'y a que les hommes politiques pour y croire, et continuer sans cesse leur quête pour nous promettre une solution sans douleur.
Pour bien faire, une sortie de l'euro (que ce soit seul ou en groupe, ce qui serait préférable) devrait se faire en étant jumelée à une opération de défaut partiel sous forme de rééchelonnement ou de restructuration des dettes publiques. De toute façon, ce défaut, nous l'aurons, et cela ne concernera pas seulement la Grèce. Il faut se faire à l'idée qu'à un horizon de temps encore inconnu c'est le monde occidental lui-même, c'est à dire y compris les Etats-Unis, qui sera amené à recourir à des opérations de rénégociation et de rééchelonnement de sa dette. La liquidation des dettes par l'inflation, solution traditionnelle, est aujourd'hui impraticable du fait de la sophistication des produits financiers modernes. L'allègement du fardeau des dettes pesant sur l'avenir de la croissance des économies occidentales ne pourra donc se faire que par des coupes dramatiques des dépenses publiques, ou par le recours au défaut - vraisemblablement les deux combinés.
On ne déclenche pas une spirale inflationniste sur commande. Pour que le scénario que vous évoquez se réalise, il faudrait d'abord que l'on retourne vers une économie fermée. L'avantage de la solution sortie de l'euro/dévaluation/maintien d'un euro concurrentiel est précisément de limiter les risques de dévaluations prédatrices et de maintenir sur les pouvoirs publics du ou des pays en questions une pression constante des marchés pour limiter le recours soit à des expédients protectionnistes (contrôles des capitaux par exemple), soit à la planche à billet. Accepter la présence d'un euro concurrentiel constituerait pour les pouvoirs publics une sorte d'engagement concret à rester dans le cadre de mesures d'essence temporaire qui ne mettent pas en danger les coeur dur' de la construction européenne.
L'opération simultanée de défaut limiterait l'aggravation automatique du fardeau de la dette, et reporterait une partie des coûts de rétablissement économique et financier sur les créanciers extérieurs dont tout le monde est aujourd'hui d'accord pour reconnaître qu'il n'y a pas de raison qu'ils soient les seuls à tirer leurs marrons du feu de la crise (ce qui est accepté dans les cas des grandes faillites privées). Concernant les chinois, ce ne serait d'ailleurs que justice sachant qu'ils n'ont accumulé leurs fantastiques créances qu'au prix d'une politique de changes en violation avec les règles qui auraient été nécessaires pour assurer la stabilité à long terme du système monétaire et commercial mondial.
Ceci dit, une telle opération de défaut partiel sur la dette des pays occidentaux est un événement qui accélèrera le processus de glissement et de transfert du pouvoir économique et géostratégique vers l'Asie (notamment par les conséquences que cela entraînera inévitablement sur les budgets militaires). La relève par la Chine et l'Inde pourrait bien se faire beaucoup plus vite que les scénarios actuels ne le prévoient.
Comme l'écrit l'historien anglais à la mode, Niall Ferguson (Harvard), en histoire les basculements se font selon des modèles de rupture beaucoup plus brutaux que ne le laissent penser nos schémas traditionnels sur l'ascension et le déclin des civilisations. Et ce sont toujours des problèmes de finances publiques qui constituent l'élément déclencheur de ces ruptures.
HL
@devis mutuelle sante
A mon sens, la solution que j'esquisse est la seule qui permettrait raisonnablement de sortir de la crise de l'euro sans compromettre la construction européenne, et donc l'euro - mais dans une perspective à moyen-long terme. L'idée, paradoxale, serait que certains sortent de l'euro pour mieux assurer l'avenir à long terme de celui-ci en lui permettant de se reconstruire sur une démarche de monnaies concurrentielles qui aurait du prévaloir dès le début en lieu et place de la solution monopolistique mise en place par le Traité de Maastricht.
L'UE a voulu mettre la charrue avant les boeufs. Or l'histoire est claire à ce sujet : il n'y a jamais eu d'union monétaire qui réussisse sans union politique préalable. Reprenons donc le chantier là où, pour des raisons d'aveuglement politique, nous l'avons laissé en commettant dès le départ une erreur colossale.
La solution que j'esquisse pourrait peut-être nous y aider et sauver l'Europe en nous redonnant du temps, malgré le prix élevé que, de toutes façons, nous aurons à payer en termes de niveaux de vie.
La BCE songe à une augmentation de capital. L'Allemagne serait d'accord.
La Banque centrale européenne (BCE), qui soutient depuis plusieurs mois en achetant de la dette les pays les plus fragiles de la zone euro, envisage d'augmenter son capital, a indiqué mardi 14 décembre à l'AFP une source européenne, et l'Allemagne appuierait cette démarche.
La BCE envisage de demander aux banques centrales nationales qui détiennent son capital de l'augmenter, selon une source européenne proche du dossier.
Une augmentation de capital sera à l'ordre du jour de la prochaine réunion du conseil des gouverneurs de la BCE jeudi 16 décembre, et des discussions sont en cours entre l'institution monétaire européenne et les banques centrales nationales, selon cette source.
Le capital de la BCE a une valeur nominale de 5,76 milliards d'euros par rapport à une somme de bilan de 138 milliards d'euros, selon son rapport annuel de l'an dernier.
Son capital est détenu par les banques centrales de tous les pays de l'Union européenne. Les pays de la zone euro en possèdent environ 70%, les autres pays de l'Union Européenne 30%.
La BCE, garante de la stabilité des prix dans la zone euro, a décidé au printemps dernier sur fond de crise de la dette grecque d'intervenir directement, en achetant des titres des pays les plus malmenés sur les marchés.
A ce jour, elle a acheté pour 72 milliards d'euros d'obligations principalement grecques, portugaises et irlandaises.
En réalité, ces achats sont réalisés par la BCE et les banques centrales nationales qui composent avec elle l'Eurosystème, dont la somme de bilan avoisine les 2.000 milliards d'euros.
http://www.romandie.com/ats/news/10...
La concurrence monétaire à laquelle nous sommes invités devient vertueuse si et seulement si les gouvernements le sont également, ce qui relève de la gageure lorsque l'état-providence est hypertrophié et que le clientélisme électoral constitue l'acmé du système politique, aujourd'hui financé par la dette (l'euro), hier par l'impéritie monétaire (le franc).
Oui, l'euro a amplifié le recours à la dette des pays laxistes. Mais, ainsi exposés les termes du problème, c'est bien la dette qui est en cause, non la monnaie.
Au-delà de l'équilibre des finances publiques au coeur de la crise, on peut, comme il est proposé, s'interroger sur la meilleure façon de créer et de détruire la monnaie. Etalon-or, bimétallisme, bi-monétarisme, serpent monétaire, monnaie unique, concurrence monétaire entre pays, concurrence monétaire entre banques au sein d'un pays ? Tous les systèmes passés et actuels ont montré leurs limites. Un seul n'a pas encore été testé : la monnaie mondiale (à moins que le sesterce puisse être considéré comme un exemple de monnaie mondiale). D'avance, on peut craindre le pire à son sujet !
En empêchant (involontairement ?) son appropriation par les gouvernements, les concepteurs de l'euro n'ont-il pas rendu en réalité un grand service aux populations européennes ? Certes, l'euro est en crise, mais cette crise nous conduit à une véritable prise de conscience de l'impasse de nos modèles sociaux (comme on le voit en Grèce et en Irlande). Cette prise de conscience, particulièrement nécessaire en France, permet d'entretenir l'espoir que l'euro, jouant un rôle de révélateur, permettra à l'Europe de sortir de la crise des dettes publiques sans passer par la case "faillite".
Il suffit de lire les chiffres pour comprendre les besoins de la BCE. Ses comptes affichent un montant de capital souscrit de 5,8 milliards d'euros pour un total de bilan de 138 milliards d'euros, et encore, ces données remontent à fin 2009, avant que la BCE ne se lance dans des opérations de sauvetage.
Le ratio de levier financier s’élève donc à 24, score que l’on jugerait dangereux pour une banque commerciale et qui est à peine inférieur… à celui qu’affichait Lehman Brothers avant d’imploser.
http://www.lemonde.fr/economie/arti...
Ces données remontent à fin 2009.
Et fin 2010 ?
Où en est la BCE fin 2010 ?
A combien s’élève son ratio de levier financier ?
En tout cas, la situation de la BCE est à ce point désespérée que jeudi 16 décembre, les dirigeants de la BCE vont aller à Bruxelles mendier auprès des chefs d’Etat et de gouvernement.
Les dirigeants de la BCE vont implorer les chefs d’Etat et de gouvernement :
« Nous avons fait le sale boulot : nous avons racheté des obligations pourries, que plus personne ne veut ! Nous avons racheté des obligations pourries de l’Etat portugais, de l’Etat irlandais, de l’Etat italien, de l’Etat grec, de l’Etat espagnol ! Et maintenant, nous sommes en faillite ! Vous devez nous recapitaliser ! Vous comprenez, la Banque Centrale Européenne est TOO BIG TO FAIL ! »
Comme d’habitude, les chefs d’Etat et de gouvernement vont renflouer une banque en faillite avec l’argent des contribuables.
Cette fois, les contribuables européens vont payer des milliards d’euros pour recapitaliser la Banque Centrale Européenne.
Mais à part ça, c’est toujours la même chanson : recapitaliser une banque en faillite avec l’argent des contribuables.
Comme d’hab.
@bubulle
Tout à fait d'accord avec le premier paragraphe de votre dernier post. Je crains malheureusement que vous n'ayez définitivement raison. Auquel cas, il n'y a vraiment rien à faire, sinon attendre le catasclysme. Ce que j'ai, personnellement, tendance à penser. Mais cela ne dispense pas d'émettre des idées dont on pense qu'elles pourraient quelque peu, dans les hypothèses les plus favorables, réduire la douleur de l'addition.
Ceci dit, votre dernier paragraphe est quelque peu contradictoire avec le pessimisme du premier. Là je serai nettement plus sceptique que vous. Je ne pense pas que le choc actuel soit suffisant pour que l'on s'en sorte "sans faillite".
La zone euro n'est pas une zone monétaire optimale : l'euro n'appartient à aucun pays, aucun gouvernement. Ne pouvant manipuler leur monnaie, les Etats non vertueux se sont enfermés dans l'impasse de l'hyper-endettement.
L'excès de dette menace les Etats non vertueux d'une éviction pure et simple des marchés. Les gouvernements n'ont désormais plus d'autre possibilité que d'accepter un recul significatif de l'état-providence : le même schéma se répète en Grèce, en Irlande, au Portugal, en Espagne et bientôt en France, après les élections. C'est un merveilleux paradoxe de constater que les gouvernements sont conduits à des choix vertueux, justement parce que la zone euro est imparfaite.
Vive la crise ?
L'Espagne emprunte des milliards d'euros sur les marchés internationaux.
Jeudi 15 décembre 2010, l'Espagne a lancé un emprunt à 10 ans, et un emprunt à 15 ans.
Pour l'émission à 10 ans, le Trésor a émis 1,782 milliard à un taux moyen de 5,446 %, en forte hausse par rapport à celui de la dernière émission de ce type, le 18 novembre (4,615 %), mais dans la lignée de la clôture de mercredi (5,452 %).
Pour les obligations à 15 ans, il a émis 619 millions d'euros à un taux moyen de 5,953 %, là aussi très supérieur à celui de la dernière émission (4,541 %, le 21 octobre) et similaire à la clôture de mercredi (5,984 %).
http://www.google.com/hostednews/af...
Conclusion : plus les jours passent, plus l’Espagne emprunte à des taux d’intérêt de plus en plus élevés.
Plus les jours passent, plus l’Espagne se surendette.
Plus les jours passent, plus l’Espagne se rapproche du défaut de paiement.
@bubulle
Espérons que vous aurez raison. Je ne doute pas que la crise force nos gouvernants à se montrer davantage vertueux. Mais ce que vous dites très justement à propos des contraintes du social clientélisme fait qu'il y a toutes chances pour qu'ils restent toujours en retard d'une vertu nécessaire. D'où mon scepticisme.
Ce recul de l'état providence est inévitable. Tout le problème est de savoir s'il se fera en Occident selon un scénario plus ordonné que celui de la chute du communisme. J'en doute. Mais peut-être, espérons !, ais-je tort.
La zone euro va exploser. L'Espagne sera l'étincelle.
- Emprunt à 12 mois :
En août 2010, l’Espagne avait lancé un emprunt à 12 mois : l’Espagne avait dû payer un taux d’intérêt de 1,836 %.
En septembre 2010, l’Espagne a dû payer un taux d’intérêt de 1,908 %.
En novembre 2010, l’Espagne a dû payer un taux d’intérêt de 2,363 %.
Mardi 14 décembre 2010, l’Espagne a dû payer un taux d’intérêt de … 3,449 % !
- Emprunt à 18 mois :
En août 2010, l’Espagne avait lancé un emprunt à 18 mois : l’Espagne avait dû payer un taux d’intérêt de 2,078 %.
En septembre 2010, l’Espagne a dû payer un taux d’intérêt de 2,146 %.
En novembre 2010, l’Espagne a dû payer un taux d’intérêt de 2,664 %.
Mardi 14 décembre 2010, l’Espagne a dû payer un taux d’intérêt de … 3,721 % !
- Emprunt à 10 ans :
Jeudi 16 septembre 2010, l'Espagne avait lancé un emprunt à 10 ans : l'Espagne avait dû payer un taux d'intérêt de 4,144 %.
Jeudi 18 novembre 2010, l'Espagne a dû payer un taux d'intérêt de 4,615 %.
Jeudi 16 décembre 2010, l'Espagne a dû payer un taux d'intérêt de ... 5,446 % !
Dernier chiffre connu (jeudi 16 décembre, vers 21 heures) :
Espagne : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 5,516 %.
http://www.bloomberg.com/apps/quote...
- Emprunt à 15 ans :
Jeudi 21 octobre 2010, l'Espagne avait lancé un emprunt à 15 ans : l'Espagne avait dû payer un taux d'intérêt de 4,541 %.
Jeudi 16 décembre 2010, l'Espagne a dû payer un taux d'intérêt de ... 5,953 % !
Assez d'accord avec Ebeling : la coexistence de l'euro avec une (des) monnaie(s) locales serait un premier pas bienvenu vers la banque libre.
Mais si des pays comme l'Allemagne sortaient de l'euro, ça serait pour gérer leur monnaie plus rigoureusement que la BCE, alors que si des pays comme la Grèce (ou la France) sortaient de l'euro, ça serait pour gérer leur monnaie moins rigoureusement que la BCE.
Étant donné qu'en absence de cours légal, c'est la bonne monnaie qui chasse la mauvaise (pardon Gresham), en cas de coexistence, les Allemands cesseraient vite d'utiliser l'euro et les grecs ou assimilés d'utiliser leur monnaie locale. La sortie de l'euro aurait bien les effets visés en Allemagne, mais pas en Grèce ou dans les pays assimilés.
La proposition d'Ebeling a donc infiniment peu de chances de voir le jour, à moins que les gouvernements soient ou bien plus stupides ou bien plus honnêtes qu'on ne le pense.
L'euro fut créé par la France et l'Allemagne dans une optique d'intégration forcée après l'expérience concluante du SME qui avait vu Beregovoy accepter de financer en creux une partie de la reconstruction des länder orientaux allemands en calant le franc sur le marc, ce qui modérait notre compétitivité relative.
La fin de l'euro actuel ne sera obtenue que par un divorce des créateurs. Et nous n'en sommes pas si loin peut-être, à ce qui se débat en Allemagne aujourd'hui. Les pays du Nord (germanophones) continueraient l'aventure de l'euro (rebaptisé peut-être euromark), quand aux cigales latines criblées de déficits, elles retourneraient à leurs piastres nationales, voire commerceraient dans une monnaie commune, style "eurosud", pour sauver l'honneur, mais qui serait assez vite dévorée par l'euromark ou le dollar.
La reine des gitans serait bien sûr la France, et Berlin gouvernerait en sous-main ce qui resterait de l'Europe institutionnelle. Ces gens sont très sérieux
quand il s'agit d'argent. On parle déjà d'un arc monétaire vertueux depuis le Danemark jusqu'en Slovénie. Comme un avatar tardif du Saint-Empire :)
@ Catoneo
D'après les informations (sérieuses) qui me viennent d'Allemagne il semble en effet que le fameux "couple franco-allemand" ne fonctionne plus aussi harmonieusement qu'on veut nous le faire croire. Les liens sont en train de se déliter.
Pourquoi s'escrimer à prévoir quoi que ce soit sur une monnaie à partir d'un cadre théorique - la macroéconomie - qui n'explique rien de l'émergence de la monnaie, de l'évolution de ses formes, de la concurrence des monnaies libres ou réglementées.
C'est ce que font, malheureusement, un certain nombre de billets précédents. Et c'est vain.
Les arabesques rhétoriques faites pour justifier une réglementation monétaire de plus - "super" banque centrale - ou d'ordre nouveau - zone monétaire ... optimale ou non - n'y changeront rien.
Elles sont en décalage avec la réalité.
On ne plante pas un clou avec un tournevis, on n'introduit pas une vis avec un tournevis : ce sont des inefficacités physiques.
Pourquoi le parachutage de quantités d'euros d'un hélicoptère imaginé par des économistes prétendus sérieux ou leur création politique, i.e. ex nihilo, aurait-elle la moindre efficacité économique ?
C'est vain sinon que cela retarde l'échéance.
Pour comprendre les maléfices de l'euro, il faut d'abord vouloir remettre la macroéconomie à l'endroit d'où elle n'aurait jamais dû sortir et ensuite ne pas se laisser abuser par la microéconomie "néo classique", mathématique ou autre.
Il faut enfin (s')acclimater aux concepts de l'"économie autrichienne", en particulier en les distinguant de leur maquillage microéconomique, quand celui-ci a été pratiquée. C'est la voie que propose Ebeling.
"le parachutage de quantités d'euros d'un hélicoptère imaginé par des économistes prétendus sérieux"
Keynes proposait de payer des gens pour les enfouir (les livres sterling, pas les euros...), puis d'en payer d'autres pour les déterrer. Compterait-t-il parmi les "économistes prétendus sérieux" ?