Aussi bien les problèmes de vie quotidienne des «gens» (comme il dit) que ceux qui relèvent d’une gestion globale.

- Les loyers sont-ils trop élevés, on va les encadrer !

_ les terrains à bâtir sont-ils insuffisants ? l’Etat va donner les siens aux collectivités locales !

- les logements sociaux manquent ? On va obliger les communes à en construire plus !

- Notre industrie fout l’camp ? on va pénaliser les entreprises qui délocalisent et favoriser celles qui restent !

- Le niveau de l’Education baisse ? On va recruter 60 000 personnels enseignants !

- Le budget est par trop en déficit ? on va augmenter les impots de 29 milliards d’euros !

- les profits des banques sont scandaleux ? on leur colle une super-taxe !

- La classe moyenne est laminée ? On va essorer les riches !

- Les retraites ne sont pas financées ? Les cotisations sur les salaires augmenteront de 0,2% par an !

… Et ainsi de suite.

Un sectaire-public

Sur toutes les questions évoquées la réponse est la même : l’intervention publique est toujours la solution (et jamais le problème…).

On se contentera de faire remarquer que les plus lucides des petits camarades de François Hollande sont un peu moins sectaires («sectaires-public»). Quelqu’un comme Manuel Vals semble faire un petit peu plus confiance au secteur privé… Un de ses «camarades» du PS ne le traitait-il pas de «Mitterrand au petit pied» ?

Chacune de ses propositions mériteraient un plus long commentaire. Elles partent d’ailleurs, souvent, d’un constat exact. Qui peut nier que les entreprises françaises ont perdu en productivité (depuis 2002, puisque la référence à cette élection présidentielle semble plaire au candidat socialo) ? Encore faut-il, à partir de là, porter une juste explication avant de proposer une bonne thérapie. Et ce ne sont pas ses petits copains de la même promotion de l’ENA, tous stipendiés, qui sont pour ce faire les meilleurs économistes…

On est surtout frappés par les questions non évoquées, ou presque, dans ce petit catalogue.

Au plan sociétal, l’immigration, la sécurité… (sauf à lutter contre «le délit de faciès» et «développer les relations avec les pays de la rive sur de la Méditerranée», propositions 30et 58).

Au plan économique, sur la croissance (sauf à considérer que la création d’une nouvelle banque publique et la sanctuarisation des entreprises publiques puissent être la bonne réponse, propositions 1 et 5).

Au plan financier, pas un mot sur la politique monétaire.

Au plan institutionnel : rien sur la Démocratie locale (mais beaucoup pour «les forces vives syndicales»).

Bref, un programme 100% démago !… (A noter : toutes les propositions sont énoncées à la première personne du singulier).

Et si, le 17 juin 2012 le président élu le 6 mai n’avait pas une majorité parlementaire à sa botte ? Et si les Français, directement ou par leurs représentants, prétendaient discuter un peu ce paquet cadeau ? Et si les affreux jojos du «monde de la finance» ne voulaient plus refinancer une dette publique qui, selon le candidat lui-même, va encore augmenter pendant quelques années ? Et si les riches allaient voir ailleurs ?…

Bref, même crédité de 60% d’intentions de vote au deuxième tour de la présidentielle de mai prochain, les engagements de ce politicien «normal» sont à prendre pour ce qu’elles sont : des «promesses», qui, pour être inquiétantes, n’en sont pas moins verbales. Pour l’instant.

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''La version originale de ce texte a été publiée sur Le Journal d'Alain Dumait en date du 26 Janvier 2012".