Un plan d’économies, sans économies...Devinez qui va faire des économies ?
Par Alain Dumait le lundi 7 novembre 2011, 17:10 - Article - Lien permanent
Pour essayer - à notre avis en vain - d’éviter le déclassement, en janvier 2012, de la dette souveraine de la France, le gouvernement de François Fillon a donc présenté ce lundi 7 novembre 2011, un nouveau plan «de rigueur», annoncé pour 7 à 8 milliards d’euros.
Sans doute y a-t-il un nouveau coup de rabot sur les dépenses. Mais l’essentiel porte, comme le 24 août 2011, sur des augmentations d'impôts. L’objectif étant, non pas de réduire le déficit, mais d’essayer de le maintenir à un niveau égal au quart des dépenses du budget de l’Etat.
Dans ces conditions, le débat entre les ministères est assez vain, nos responsables politiques étant davantage à la recherche d’une présentation que de potions miraculeuses, qu’ils savent ne pas avoir.
Car un impôt, une taxe, une cotisation, sera toujours un prélèvement, directement ou indirectement opéré dans les poches des contribuables.
On ergote sur les taux intermédiaires de TVA. mais, contrairement à ce qu’on essaye de nous faire croire, la TVA est toujours payé par les consommateurs, les producteurs de valeur ajoutée intermédiaires n’étant que des percepteurs successifs.
On nous bat les oreilles avec la TVA «sociale». Comme si un produit importé avait jamais payé l'impôt. C’est encore le consommateur qui le paye.
On se réjouis souvent de voir payer les entreprises. Mais celles-ci ne sont que des écrans. Tout ce qu’elles payent manque aux salariés, et coûte aux clients ou aux actionnaires.
Mieux vaudrait taxer directement ceux-ci. Le seul inconvénient est qu’ils fuiraient (ceux qui restent)...
Tous les prélèvements sans exception sont anti-économiques, anti croissance et anti-emplois. Le reste n’est que fioritures.
Il est quand même insupportable d’entendre dire qu’il s’agit d’un «plan d’économies». Alors que ce sont encore les contribuables qui vont devoir faire la quasi totalité de ces «économies».
Ce n’est rien d’autres q’un plan d’augmentation des impôts. Qu’aucun contribuable ne peut donc approuver.
Commentaires
Pire encore, ce gouvernement achète du temps à crédit pour se maintenir aux prochaines élections. pendant ce temps les OAT montent, les intérêts augmentent et les créditeurs vont se lasser.
Mais le calcul politique me semble erroné car il est très possible que les français aient accepté un vrai plan de réduction des dépenses publiques, le courage aurait été compris par l'opinion publique.
Après l'élection présidentielle, droite ou gauche, les prélèvements obligatoires vont bondir!
Pendant ce temps-là, Mme Merkel baisse les impôts ; ce qui va augmenter la consommation, donc la croissance et l'emploi.
Notre gouvernement, lui, préfère supprimer la loi Scellier. La conséquence sera, certes, un peu plus de rentrées fiscales, mais, ce qu'il ne voit pas, c'est que l'activité du bâtiment va baisser et le chômage augmenter.
Pourtant, le vieil adage "quand le bâtiment va, tout va" est toujours d'actualité.
c'est la réflexion que je me faisais :toujours plus d'imposition et toujours pas de réformes structurelles
Tout le système est vicié trop rigide ,trop lourdement imposé par d es dépenses "fuite en avant" au nom de l'Etat Providence synonyme de démagogie .
dés lors que l'on ne touche pas à l'édifice , les assouplisseurs " niches fiscales" étant progressivement retirés,il ne fait aucun doute que le chômage va flamber . Vu l'état de nos finances et l'impossibilité de dévaluer comme au bon vieux temps ,pendant combien de temps le schéma établit depuis 1945 peut il tenir sans arriver à l'explosion sociale et à une situation à la Grecque?
mais il est quand même incroyable que le discours officiel parle d'économies alors que d'économies il n' y en a pas ou si peu ( ce si peu étant parait il un signe de guerre pour les syndicats)
une mesure emblématique augmenter l'IS de 5% pour le s PME faisant + de 250 millions de CA ??c'est ubuesque .nous n'en avons pas assez c'est celle là que nous allons pénaliser
il faudrait interdire aux énarques sans expérience dans une entreprise d'être élus
@Patrick-Louis Vincent
Je vous conseille de lire tout ce qu'a écrit Vincent Bénard au sujet de la crise immobilière. Les problèmes de logement, en y incluant ceux des entreprises du batiment, viennent principalement d'un politique malthusienne concernant le foncier, et des restrictions de toutes sortes imposées à la construction. Politique qui a pour unique but à mon avis de favoriser la clientèle électorale de l'UMP, constituée de gens déjà installés, pour qui ces restrictions entrainent une valorisation de leur patrimoine immobilier.
Les financements publics vont donc quasi-intégralement dans la poche des vendeurs de terrains lorsqu'il s'agit de Scellier, ou de logements lorsqu'il s'agit du PTZ.
Comme il devient impossible de financer cet enrichissement des vendeurs, le pouvoir retourne complètement sa veste. Voir la déclaration de Benoit Apparu, citée dans un article des Echos :
« Il faut revoir le modèle économique de la politique du logement en remplaçant la dépense publique par davantage de droits à construire. C'est-à-dire libérer du foncier et densifier les constructions, en construisant par exemple 6 étages au lieu de 4, afin de produire plus de logements »
Bonsoir,
je trouve que vous y allez fort avec "Tous les prélèvements sans exception sont anti-économiques, anti croissance et anti-emplois. Le reste n’est que fioritures."
Votre assertion est fausse car cela voudrez dire que l'impôt ne sert à rien. Or, est-il nécessaire de rappeler que sans impôt, pas de routes, pas d'écoles/collèges/lycées/universités, pas de recherche fondamentale, etc. donc finalement pas développement économique possible. Il est des investissements que seul l'État peut mettre en oeuvre (éventuellement en partenariat avec des entreprises privées). De cette manière on peut voir un l'impôt comme un prix et non un prélèvement.
Ce qui est particulièrement choquant, c'est l'utilisation de l'impôt pour rembourser une dette structurelle et non pour investir.
#toto
je connais bien la thèse de vincent Bénard que je partage.mais je crois que vous allez au devant de bien de déceptions si vous croyez que l'armée d 'empêcheurs de construire va déposer armes.
ma réflexion était la suivante
.bien au delà de l'immobilier tout le système est vicié par trop de rigidité trop de bureaucratie ,trop de millefeuille administratif encore augmenté récemment, trop de fonctionnaires;trop de réglementations ( ça va avec) .Pour éviter l'arrêt total on a inventé les niches fiscales et comme les hommes sont plus malins que ceux qui réglementent ; tous les systèmes sont détournés au profit de quelques uns.
Vous avez donc le choix , soit un choix indispensable revenir à un Etat plus léger ( quand je dis Etat faut entendre Puissance Publique) et dans ce cas les niches fiscales deviendront inutiles soit le maintien de l'Etat providence mais dans ce cas sous peine d'arrêt total,le niches fiscales doivent exister
c'est pourquoi le gouvernement va droit dans le mur avec une perte d'activité économique qui se profile rendant les recettes prévues illusoires et nécessitant ..un nouveau tour fiscal et ainsi de suite jusqu' à la situation Grecque
c'est d'autant plus probable que le personnel politique français est trés largement anti capitaliste ( y compris chez sarkozy la droite populaire..)ils sont soit marxiste soit fasciste ( sans l'admettre mais tout y est) soit au pays des bisounours dans le retour à l'état de nature et des petits oiseaux qui valent bien plus que l'être humain
je lisais ce matin que 51% d es français ne savent que 100 euros placés à 2% /an ça fait 102 euros..... et tous ces bons français votent..
@ Pixys
"Or, est-il nécessaire de rappeler que sans impôt, pas de routes, pas d'écoles/collèges/lycées/universités, pas de recherche fondamentale, etc."
Vraiment! Pourquoi? Croyez-vous que si l'Etat se désengageait de ces secteurs là, il n'y aurait aucun individu pour s'en occuper? Mon raisonnement est que, là où il y a un réel besoin, il y a toujours des individus pour le satisfaire à un certain prix et ce prix là, du fait de la concurrence, sera toujours inférieur à celui proposé par l'Etat à qualité équivalente. Pour les activités que l'Etat réalise, en prétextant qu'en son absence personne ne s'en occuperait : si cela est vrai, la conclusion logique est que ces activités sont trop couteuses par rapport au service rendu. Dans le cas contraire, pourquoi les agents privés ne s'en occuperaient-ils pas dès lors qu'ils pourraient en vivre?
@Lio
Si une entité privée pourrait en effet faire des routes il est absolument improbable qu'il en soit de même pour la recherche fondamentale (par exemple) pour la bonne et simple raison que l’investissement nécessaire est colossal aussi bien dans dans la durée que dans l'intensité. De plus le retour sur investissement n'est absolument pas garanti.
De même, je ne vois aucune entreprise qui soit prête à investir 60 Md€ par an pour en tirer les bénéfices qu'au bout de 20 ans. C'est pourtant le budget annuel de l'Éducation Nationale. Et 20 c'est le temps qu'il faut pour former un ingénieur depuis la classe de CP jusqu'à sa dernière année d'école.
Il ne faut pas oublier qu'une activité n'intéresse une entité privée qu'à la condition qu'elle rapporte. À partir de là il est aisé de voir qu'il y a des secteurs qui ne peuvent pas rapporter, ils n'intéresseront donc pas les entreprises d'autant plus si le retour sur investissement tarde à arriver.
La grosse difficulté avec les investissements publics est que par définition ils ne disposent d'aucun critère de rentabilité. Cela pose donc un problème redoutable.Tout au plus peut-on peut être essayer d'estimer leur contribution à la croissance économique.
En effet, s'ils génèrent de la croissance cela engendre des rentrées fiscales qui permettent de rembourser les emprunts qu'ils ont coûté et génère les revenus nécessaires à leur entretien.
Une problématique des investissements publics se situe au niveau des investissements pour lesquels l'usager n'en paye pas directement le coût: par exemple les routes. Or les autoroutes sont payantes en France: cherchez l'erreur!
Quant aux autres: enseignement et recherche fondamentale, permettez moi d'être sceptique. En effet, en matière de recherche fondamentale, les résultats sont publics, il n'y a donc aucune raison de faire "cavalier seul". Il est étrange que bien des états ne mutualisent pas d'avantage leurs programmes de recherche au niveau mondial...
Quant à l'éducation: j'entendais déjà quelqu'un affirmer qu'en 1993 on exigeait un diplômé BAC+4 là où 30 ans avant on ne demandait que le certificat d'études primaires...Il est permis de douter de l'utilité de l'inflation des diplômes ce qui produit une génération exigeante estimant que tel diplôme mérite tel salaire même si le diplôme en question n'est pas très utile...