Immigration et politiques migratoires : ce que personne n'ose dire
Par Gilles Dryancour le lundi 24 janvier 2011, 11:49 - Note de synthèse - Lien permanent
Un article récemment publié sur ce site, intitulé : « Pour l’immigration musulmane » et le débat passionné qu’il a suscité nous incitent à revenir sur le thème des flux migratoires et à en présenter une analyse libérale approfondie.
Cet exercice nous semble d’autant plus nécessaire que l’opinion exprimée par André Teissier du Cros a été mal interprétée par quelques-uns des lecteurs qui ont pris le titre de son papier au pied de la lettre.
C’est ce qui fait dire à ceux qui n’étaient pas de son avis qu’il est un « dangereux utopiste » ou un partisan de « l’islamisation ».
Sans vouloir nous faire l’exégète de la pensée de Teissier du Cros, il nous semble que ce qu’il a voulu dire, c’est qu’il n’y a pas de raison objective d’interdire l’immigration « musulmane » pas plus qu’il y en aurait à interdire l’immigration « protestante », « bouddhiste », « orthodoxe », « shintoïste », « animiste », etc.
De fait, la pluralité des points de vue en la matière – sans compter celui de l’opposition doctrinale à toute immigration – nous rappelle qu’il n’est pas possible de vouloir imposer une préférence individuelle à l‘ensemble de la société sans tomber dans le constructivisme.
Pour nous, la question essentielle n’est d’ailleurs pas de savoir quels groupes humains devraient être autorisés à immigrer dans un pays donné, mais d’assurer les conditions institutionnelles qui permettent aux individus d‘intégrer le coût économique de leurs préférences subjectives en matière de migration.
A cette fin, il est nécessaire d’avoir recours à ce que l’on appelle communément l’individualisme méthodologique. Plus précisément aux concepts liés aux droits de propriété et au capital humain, tels que définis par Gary Becker. Concepts auxquels nous ajouterons quelques enseignements tirés de l’école du public choice, toujours utiles pour démystifier le discours politique en matière de justice sociale et d’immigration.
A l’aide de ces cadres de pensée, nous essaierons d’interpréter le fonctionnement du phénomène migratoire et la manière dont il sert les intérêts des hommes de l’Etat.
1.Le phénomène migratoire est malthusien
Sans tomber dans une psychologie réductrice, on peut soutenir que les mouvements migratoires sont engendrés par le désir de trouver un espace physique qui optimise les besoins des individus ou de groupes constitués. Historiquement, on constate que la migration est un phénomène plus particulier aux tribus de cueilleurs-chasseurs et aux éleveurs nomades qui sont, en permanence, à la recherche de ressources alimentaires nouvelles.
En ce sens, on peut affirmer que la migration est surtout le fait de sociétés malthusiennes qui ne parviennent pas à satisfaire les besoins de leurs membres en fonction d’un espace délimité par des droits de propriété (enclosures). A cet égard, l’apparition de l’agriculture a plutôt ralenti les mouvements migratoires. D’abord pour une raison très pratique : la mise en culture des terres implique la sédentarisation. Ensuite, parce que l’agriculture a permis la formation d’un proto-capitalisme basé sur l’appropriation des terres, la bonne gestion des semis et l’amélioration progressive des rendements susceptibles d’absorber la croissance démographique. L’opposition entre les valeurs des sociétés nomades (prédatrices) et sédentaires (productrices) a alimenté d’innombrables études anthropologiques sur lesquelles il n’est pas nécessaire de revenir ici.
Selon nous, cette opposition n’est, d’ailleurs, pas aussi radicale. Même les sociétés sédentaires peuvent produire d’importants flux migratoires lorsqu’elles traversent un cycle malthusien de croissance trop rapide de la population par rapport à l’évolution des rendements agricoles ou lorsque la production s’effondre accidentellement.
La famine de la pomme de terre en Europe du Nord (1845) en est un exemple caractéristique. Causée, par le mildiou de la pomme de terre cette famine a eu des effets tragiques :
« L'effet de la crise sur l'Irlande est incomparable à toutes les autres zones pour les ravages qu'elle a causés, entraînant un million de morts et un autre million de réfugiés et déclenchant un siècle de déclin de la population. (…) Outre les morts de faim et des suites des maladies liées à la famine, d'autres formes de souffrance ont existé. Alors que l'impact démographique des famines est immédiatement visible dans la mortalité, des baisses à plus long terme de la fertilité et de la natalité peuvent aussi affecter la population de façon spectaculaire. En Irlande, les naissances ont baissé d'un tiers, provoquant la « perte » de 500 000 vies. (…) L'émigration pour échapper à la famine toucha principalement l'Irlande et les Highlands écossais. (…) Plus d'un million de personnes ont émigré des Highlands écossais, assistés par de nombreux propriétaires terriens et le gouvernement, principalement vers l'Amérique du Nord et l'Australie. Plus d'un million de personnes ont également quitté l'Irlande pour les mêmes destinations, et plusieurs dizaines de millions de plus au cours des décennies suivant la famine » (1).
De nos jours, on assiste, pour des raisons analogues, à des mouvements de population tout à fait comparables en provenance des zones rurales des pays en développement, à forte natalité, vers les zones urbaines intérieures ou vers les pays développés. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est possible de qualifier la décision de migrer comme une décision rationnelle en vue de préserver ou de valoriser son capital humain. Une décision que l’individu prendra en fonction des moyens dont il dispose.
Comme on le verra plus loin, cette notion de moyens est souvent ignorée par ceux qui prônent l’immigration comme un devoir de solidarité des ‘’riches’’ à l’égard des ‘’pauvres’’. De facto, ce ne sont jamais les plus pauvres qui émigrent. Ce sont ceux qui en ont les moyens. On le constate pendant les grandes famines. Si un million d’Irlandais sont morts de faim au milieu du XIXe siècle et n’ont pu émigrer vers l’Amérique du Nord, c’est que très probablement ils n’en avaient pas ou plus les moyens.
C’est une tautologie de dire que les Irlandais qui n’avaient pas de quoi s’acheter à manger avaient rarement les moyens de s’acheter un billet transatlantique, fut-il de troisième classe. Et ceux qui sont partis ont souvent été aidés par des tiers.
De même aujourd’hui, les huit millions d’individus qui souffrent, en 2011, de la famine au Niger demeurent là où ils sont, car ils n’ont pas les moyens de prendre un billet d’avion vers Paris ou Montréal.
Cette contrainte de moyens nous aide à comprendre que la décision de migrer est toujours une décision économique, même si elle peut prendre des formes illégales.
2.La décision de migrer repose sur un calcul rationnel
La décision de migrer est toujours spéculative. Elle repose sur le calcul – juste ou erroné, peu importe – qu’en fonction d’un état individuel donné et des ressources dont on dispose, l’état futur qui résultera de la migration sera meilleur.
Cet énoncé a une portée universelle. Il s’applique à presque toutes les formes de migration. Qu’on en juge. Elle est valable pour les Français fortunés qui émigrent en Suisse pour ne plus payer l’Impôt de Solidarité sur la Fortune, comme pour l’Africain qui risque sa vie sur mer pour rejoindre l’Europe, comme pour le retraité japonais qui va s’installer en Thaïlande pour bénéficier d’un plus grand niveau de vie.
L’une des conséquences de ce principe est que, lorsque les perspectives de croissance d’un pays deviennent négatives, les incitations à émigrer augmentent. Cela a été longuement le cas en Afrique où, pendant quatre décennies, le taux de croissance de la population dépassait, dans presque tous les pays, le taux de croissance du PIB (2).
Toutefois, cette tendance a commencé à s’inverser au début des années 2000 sous l’effet combiné de la mondialisation des échanges et des réformes. Ainsi, après un survol rapide des données disponibles, il semblerait qu’à l’exception du Zimbabwe et du Tchad tous les pays africains aient connu un taux de croissance réel positif de 2003 à 2008 et renoueront avec une croissance positive en 2011 (3). Certains pays ont même enregistré des taux de croissance supérieurs à ceux de la Chine, comme l’Angola (13%), l’Ethiopie (12%) et le Rwanda (11%). Aussi, lorsqu’on accuse la mondialisation et le libéralisme d’être à l’origine de la pauvreté et des mouvements migratoires qui touchent l’Europe, l’on porte une fausse accusation. Car, en pratique, la mondialisation augmente le coût d’opportunité à quitter des pays en forte croissance.
De ce point de vue, le dirigisme étatique qui a sévi en Afrique et soumis de vastes populations à l’aléa économique est bien plus responsable de l’émigration massive des années 1970-2000 que la libéralisation des échanges.
Que ces mouvements migratoires se poursuivent, aujourd’hui, en dépit de l’augmentation remarquable du taux de croissance n’a rien d’étonnant. L’émigration est également déterminée par des facteurs sociaux et politiques indépendants du taux de croissance du PIB national. Par exemple, l’absence d’Etat de droit est un puissant facteur incitant à l’émigration (à condition que les frontières ne soient pas fermées comme elles le furent dans le défunt bloc soviétique ou comme elles le sont actuellement en Corée du Nord). Lorsqu’on risque quotidiennement sa vie du fait de l’arbitraire d’un régime politique ou du crime organisé, on est bien entendu poussé à chercher un asile ailleurs.
Aux incitations locales à l’émigration, il faut ajouter les incitations qu’offre le pays d’accueil potentiel. Une étude de l’INED datant du milieu des années 1990 montrait que plus de 90% des primo-arrivants hors OCDE étaient, d’une manière ou d’une autre, pris en charge par le système social et ne trouvaient pas de travail dans les 18 mois suivant leur entrée en France (4). Sans vouloir polémiquer sur ces données, qui ne sont plus aujourd’hui disponibles, on observera que la promesse d’avantages sociaux certains dans une économie socialisée est plus attrayante que la recherche d’un revenu incertain dans une économie libéralisée, même en forte croissance.
La perspective de bénéficier d’avantages sociaux quasi-automatiques, d’infrastructures publiques gratuites et des garanties juridiques de l’Etat de droit constituent de toute évidence une incitation à l’émigration qui dépasse, de loin, les coûts psychologiques associés à la perte de sa langue, du réseau social et familial, des habitudes culturelles et religieuses, etc.
Ces premières analyses nous permettent de comprendre qu’on ne peut agir sur les flux migratoires sans modifier la structure des coûts et des avantages liés à la décision de migrer. En d’autres termes, il faut réaliser les conditions du développement économique dans les pays d’émigration et augmenter les coûts d’opportunité à l’entrée dans les pays d’immigration, notamment en ne permettant plus l’accès aux avantages sociaux pour les immigrés qui ne cotisent pas ou sont en situation de séjour illégal.
Au passage, relevons que le thème du développement comme moyen de lutte contre l’immigration non-désirée est également utilisé par les thuriféraires de l’aide publique au développement. Ce n’est bien entendu pas l’option que nous défendrons dans ce papier. A propos de l’aide publique au développement, nous partageons davantage les thèses défendues par la Zambienne Dambisa Moyo dans son livre « L’aide fatale », paru fin 2009. L’auteur qui a travaillé à la Banque Mondiale et enseigne aujourd’hui à Oxford, montre comment les mille milliards de dollars d’aides transférés à l’Afrique depuis les années 1960 ont nourri la corruption, détruit l’épargne, empêché l’investissement productif et finalement paralysé nombre d’économies (5).
Les conclusions tirées par Moyo nous renforcent dans la conviction que l’aide prioritaire dont l’Afrique a besoin, c’est une aide institutionnelle à la formation de l’Etat de droit, au respect des droits de propriété et à l’intégration dans l’économie mondiale. D’ailleurs, les pays qui suivent cette voie (Angola, Ethiopie) sont ceux qui connaissent les taux de croissance les plus élevés. Par contre, ceux qui s’arc-boutent sur la dictature socialiste (Algérie, Tunisie, Zimbabwe) sont aussi ceux qui connaissent les plus mauvaises performances économiques.
Quant à espérer, comme Dambisa Moyo, le démantèlement de l’aide publique des pays riches pour réduire la corruption politique en Afrique, c’est pour l’instant un vœu pieu. Effectivement, la corruption des gouvernements des pays en développement est, souvent, le reflet du financement occulte des partis politiques des pays développés. Les mécanismes en sont bien connus et reposent sur des rétro-commissions qui, dans la pratique, échappent au contrôle des cours de justice compétentes.
Quoi qu’il en soit, on notera l’intéressant paradoxe par lequel l’aide publique versée aux pays en développement, avec la justification idéologique de stabiliser les flux migratoires, crée les conditions de l’émigration. Néanmoins, le paradoxe n’est qu’apparent. Il n’est qu’une variante de ce que Garrett Hardin a appelé ‘’la tragédie des biens publics’’ (6). Une tragédie qui caractérise l’immigration étatisée.
3.L’immigration non-désirée est une tragédie des biens publics
Lorsque l’on pense aux effets de l’immigration non-désirée, on pense plus souvent aux problèmes de voisinage ou de délinquance qu’aux conditions institutionnelles dans laquelle elle se réalise. Or, de notre point de vue, les effets négatifs de l’immigration, dans les social-démocraties, sont principalement liés au fait qu’elle est insuffisamment encadrée par les droits de propriété. Pour saisir cette idée, on peut mentalement se figurer le ‘’voyage’’ de l’immigré qui vient s’installer en France. Celui-ci commence par un trajet en avion ou en bateau.
A la frontière de l’espace Schengen, l’immigré est contrôlé ou non par une police des frontières publique. Ensuite, lorsqu’il n’a pas de ressources propres ou de travail, l’immigré est pris en charge soit par des organismes publics, soit par des associations caritatives financées ou cofinancées par des collectivités publiques. Selon la manière dont l’immigré est entré dans le pays, il reçoit ou non un revenu public. Il est logé dans un logement public (H.L.M.). Si l’immigré a des enfants, il les envoie à l’école et à la cantine publiques. Il reçoit des soins du système de santé publique. Il s’éclaire à l’électricité publique, etc.
Ce constat nous avait fait dire dans une conférence donnée en 2001, à l’Institut Turgot à Bruxelles, que
« techniquement un immigré peut vivre toute sa vie en France dans un espace public ».
Dix ans plus tard, cette prédiction se trouve confirmée par une étude du gouvernement français dans laquelle on découvre que les ménages immigrés demeurent durablement dans la dépendance du système social. Même vingt ans après leur installation, ils continuent à bénéficier d’allocations sociales représentant l’essentiel de leurs revenus. Presque la moitié de ces ménages vit dans des H.L.M. et la majorité d’entre eux éprouve des difficultés à payer leur loyer pourtant modéré. Ceci bien qu’ils i) bénéficient d’une aide personnalisée au logement (APL), que ii) leur loyer moyen est d’un peu moins de 300€ et que iii) le loyer qu’ils doivent effectivement débourser est de 100€ (7).
Ce qu’il faut relever du point de vue de la systémique sociale, c’est que tous ces espaces publics où l’immigration aboutit sont des anciens espaces privés. Et, parce que ces espaces sont devenus publics, les individus n’ont plus le pouvoir de faire jouer leur droit naturel à décider qui en use ou non. Ainsi, ils ne peuvent plus exprimer leurs préférences subjectives, ce qui est une source de mécontentement collectif.
Ajoutons à cela que l’existence de la propriété publique, où loge au moins la moitié de la population immigrée, permet la diffusion d’un phénomène que les économistes anglophones appellent le NIMBY (Not in my backyard – pas dans mon jardin). Ainsi, lorsqu’on voit des célébrités du monde du spectacle se mobiliser pour la régularisation de ‘’sans-papiers’’ qui occupent tel ou tel édifice public, elles sont d’autant plus enclines à le faire qu’elles n’ont pas à payer les coûts de cette régularisation en accueillant chez elles lesdits sans-papiers. Elles savent qu’elles peuvent collectiviser les coûts de leur revendication en les transférant vers la propriété publique. Ceci, tout en bénéficiant des avantages, en termes de réputation, d’une posture charitable.
Dans ce registre, on se souviendra de l’occupation de l’église Saint Bernard, par des sans-papiers (1996), pour lesquels des artistes et des personnalités médiatiques s’étaient mobilisés afin d’obtenir leur régularisation. Notamment, Emmanuelle Béart qui, depuis, poursuit son combat. En 2008, l’actrice a fait cette déclaration révélatrice du phénomène NIMBY:
« La comédienne tient à redire que les familles sont envoyées dans ces hôtels par les services sociaux, que ces endroits sont agrées par l'Etat. "Il est révoltant de découvrir que l'argent public (…) et les modestes salaires de ces familles servent à enrichir (des) Thénardier du monde moderne", martèle la comédienne. Elle conclut sa tribune en assurant être engagée "jusqu'au bout dans ce combat, qui touche 3,2 millions de personnes mal ou non logées » (8).
On peut légitimement penser que tout autre serait la posture d’Emmanuelle Béart si elle devait intégralement soutenir ces familles de ses propres deniers et les accueillir en son logis. De même, serait très différente la relation des Français à l’immigration si elle était encadrée par les droits de propriété. Aucun immigré ne trouverait, effectivement, de logement aux dépends des contribuables. Il paierait son loyer ou ceux qui désireraient sa présence, au nom d‘un principe charitable, le paieraient pour lui. L’immigré devrait subvenir à ses besoins par son travail. C’est-à-dire, créer de la valeur, source primordiale d’intégration et de reconnaissance sociale. Plus important encore, il s’insérerait dans un réseau de relations contractuelles où les individus sont systémiquement amenés à prendre soin de leur propriété et de celle des autres, étant responsables des dommages qu’ils peuvent occasionner aux biens d’autrui. Matériellement, il serait impossible à l’immigré d’occuper un lieu physique ou une position économique sans qu’il ait obtenu le consentement préalable de son propriétaire.
Loin de cette économie du consentement, on assiste à la prise de contrôle des droits de propriété par les hommes de l’Etat grâce aux lois fondées sur le principe de la non-discrimination. Or, l’exercice du droit de propriété suppose la pleine liberté d’allouer les ressources que l’on possède aux fins que l’on juge utiles. Par nature, le pouvoir d’allocation d’une ressource rare est discriminatoire. Y superposer le concept égalitariste de non-discrimination relève de l’absurde. In fine, celui qui bénéficie de l’usage d’un bien loué ou d’un emploi a été favorablement discriminé contre tous ceux qui étaient en concurrence pour son obtention. Or, il n’y a pas, selon nous, de raison méta-économique de préférer un individu à un autre. Le choix étant subjectif, il doit être laissé au propriétaire qui fera toujours un usage plus optimal de ses ressources que les hommes de l’Etat qui seront tentés de les détourner à leur profit. C’est d’ailleurs la situation qui domine en Europe où l’immigration est une variable d’ajustement du marché politique.
4.Immigration de masse et marché politique
Si l’immigration est devenue massive et, paraît-il, irréversible selon le discours politique médian, c’est qu’elle sert des objectifs non-avoués. Dans un article paru en 2002 et qui a fait date, Hans-Hermann Hoppe nous donne les raisons de l’immigration de masse :
« L’immigration de masse, par contraste avec l’immigration à petite échelle de travailleurs qualifiés à la recherche d’un environnement plus productif est entièrement un phénomène étatique (…) Avant tout, dans l’ordre naturel, il n’y a rien de tel que ‘’le droit à migrer’’. Les individus ne peuvent se déplacer à leur guise. Quand une personne se déplace, il se meut sur une propriété privée ; et la propriété privée implique le droit d’en exclure les autres. Essentiellement, une personne peut se déplacer (dans un espace donné) s’il reçoit la permission de son propriétaire. Et le propriétaire peut révoquer à tout instant cette permission et expulser ses hôtes quand il estime que leur présence devient indésirable (aux yeux de son propre code de l’hospitalité)… En admettant quelqu’un sur son territoire, l’Etat permet également à cette personne d’accéder aux routes et espaces publics, au seuil de chaque domicile privé, d’utiliser tous les services publics et les logements résidentiels protégés par une multitude de lois contre la discrimination. Un seul élément manque dans cette reconstruction. Pourquoi l’immigration serait-elle, en quoi que ce soit, un problème pour l’Etat ? Qui désirerait émigrer d’un espace gouverné par le droit naturel dans un espace étatique ? Un espace étatique aurait tendance à perdre ses occupants, particulièrement ses sujets les plus productifs. Il ne présenterait un intérêt que pour ceux qui sont attirés par les avantages offerts par l’Etat-providence. (Leur admission à ces avantages ne fera que renforcer davantage la tendance à l’immigration de masse). S’il y a bien un phénomène qui n’est pas un problème pour l’Etat, c’est l’émigration. Dans les faits, l’institution de l’Etat est une cause d’émigration. En réalité, la cause la plus importante, voire la seule cause des migrations de masse, bien plus puissante et dévastatrice que le plus puissant des ouragans, des tremblements de terre et seulement comparable aux effets des différentes périodes de glaciation » (9).
Hoppe ajoute que les hommes de l’Etat n’ont aucun intérêt à changer le système actuel. Ils ne se soucient pas de voir les électeurs plus productifs émigrer, car ils ont moins de valeur à leurs yeux que l’assisté qui vote pour des mesures égalitaristes, alors que les plus productifs voteraient contre. Pour Hoppe, les immigrés servent à justifier l’intervention de l’Etat et la croissance du pouvoir des hommes de gouvernement. Dans le contexte européen, on ajoutera que l’immigration sert également de nouveau moteur idéologique aux partis constructivistes. Vers la fin des années 1960, le prolétariat tel que le représentait les intellectuels marxistes avait quasiment disparu. Les immigrés ont permis, à la gauche politique, de récréer un prolétariat de circonstance qui lui a fourni de nouveaux prétextes pour redistribuer les revenus en fonction de sa conception de la justice sociale et de prendre des mesures collectivistes telles que :
- L’intervention massive de l’Etat dans la construction de logements sociaux (source notoire de corruption et de financements occultes des partis politiques).
- La réquisition de logements privés inoccupés au bénéfice de clientèles ciblées.
- La ‘’discrimination positive’’ (officiellement non pratiquée, mais des plus manifestes) dans l’attribution d’emplois publics
- Des politiques de la ville et d’intégration aussi dispendieuses qu’inefficaces.
- Des politiques de mixité sociale forcée, par lesquelles on crée des îlots publics dans des zones résidentielles privées dont la valeur immobilière est rapidement dévaluée.
Comme souvent, les moyens utilisés par l’Etat pour favoriser l’intégration sont précisément ceux qui empêchent les immigrés de s’intégrer. Ainsi, plus les quartiers ‘’sensibles’’ deviennent ‘’sensibles’’, plus on dépense d’argent pour acheter la paix sociale auprès de médiateurs. Une politique que dénonce, par exemple, la journaliste Elizabeth Lévy :
« Cette realpolitik est peut-être réaliste quand le but recherché n’est pas le règne de la loi mais, plus modestement, celui de l’ordre. Appliquée à nos banlieues, elle a des conséquences fâcheuses. D’abord, elle oblige à “travailler” avec des gens dont la moralité n’est pas absolument irréprochable. De plus, au lieu de regagner les “territoires perdus”, on y encourage la privatisation du pouvoir et la création de hiérarchies fondées sur la force et la peur – à peu près le contraire de l’ordre républicain. Enfin, ce clientélisme a ses limites : en cas d’épreuve de force, un maire n’est jamais sûr de pouvoir compter sur ses obligés. Le médiateur-modèle peut jouer un rôle actif dans l’émeute au cours de laquelle on incendiera une école maternelle. En clair, quand on croit acheter la paix sociale, on est sûr de se faire arnaquer » (10).
Dans tous les cas, on est certain de perturber les schémas comportementaux de base en inversant les liens de causalité et en donnant l’impression que les actes délictueux payent davantage que l’intégration. Pour être complet sur la question de l’instrumentalisation des flux migratoires par les hommes de gouvernement, il faut ajouter cette considération : ceux-ci ont un intérêt électoral systémique à l’immigration de masse et à l’octroi rapide du droit de vote aux immigrés. Car, les nouveaux arrivants attirés par l’Etat-providence ont, faute de formation adéquate et de réseau social structuré, un capital humain assez faible. Ils forment de facto, une catégorie d’individus plus réceptive aux techniques de manipulation politique et aux promesses de rentes sociales. Le fait d’octroyer massivement la citoyenneté à des immigrés non-intégrés et peu productifs peut paraître à d’aucuns irrationnel. Mais, en termes de public choice, c’est une décision des plus rationnelles, puisqu’elle consiste à remplacer des électeurs dont le coût de la voix est élevé (en termes de rentes à mobiliser par l’impôt) par des électeurs captifs dont les voix sont à bon-marché.
Parvenus à ce stade de nos réflexions, il nous reste à passer en revue quelques mythes et idées reçues sciemment entretenus autour de l’immigration.
5.Mythes et fausses idées entretenus à propos de l’immigration
a) L’accueil des immigrés serait une mesure de solidarité à l’égard des plus pauvres de la planète.
Le mythe de l’accueil obligatoire des immigrés au nom de la solidarité est propagé par les partis les plus hostiles au libéralisme. En France : le parti communiste, la Nouvelle Gauche, les Verts et une partie de l’élite culturelle, comme celle réunie au sein du ‘’Collectif des cinéastes pour les sans-papiers’’, proche du P.C. et pour lequel :
« Des milliers d'habitants de ce pays sont descendants de sans-papiers. Tout le monde s'accorde à dire que la solution est dans le développement, j'estime que régulariser est une forme d'aide aux pays pauvres » (11).
Cette idée que l’on accueillerait les plus démunis de la planète ne correspond à aucune réalité sociologique. Comme nous l’avons vu au début de ce papier, les plus pauvres, ceux qui souffrent de la famine, n’ont pas les moyens d’émigrer. Selon la FAO, ils sont plus d’un milliard à la surface du globe. Si l’Europe avait l’impératif catégorique de les accueillir, de les loger et de les nourrir, c’est toute l’économie qui s’effondrerait. En vérité, les immigrés qui s’installent en Europe sont les mieux organisés pour utiliser les filières légales ou même illégales d’immigration. Or, selon le pays de départ et de destination, les filières d’immigration clandestines exigent entre 5.000€ et 15.000€ par individu. Un coût astronomique pour certains pays où le revenu annuel par tête ne dépasse pas quelques centaines d’euros. Précisons toutefois que, dans de nombreux cas, les organisateurs de ces filières acceptent une avance de 30% (somme qui reste néanmoins très conséquente) et offrent un ‘’prêt’’ dont le taux est calculé sur la capacité de remboursement tirée des futurs revenus sociaux et/ou criminels.
C’est également un sophisme de dire que la solidarité doit s’exprimer par l’immigration. Des aides individuelles directes et volontaires sont bien plus efficaces. Le coût de la vie étant incomparablement plus bas dans les pays en développement, il vaut mieux donner 10€ à un individu, dans un pays en développement, pour faire fructifier un projet créateur de richesses, que 100€ d’allocations stériles à un immigré chômeur en France.
En défendant l’immigration de masse, les partis hostiles aux droits de propriété défendent, en vérité, leur fonds de commerce idéologique et électoral.
b) L’immigration est nécessaire pour lutter contre le vieillissement de la population et assurer le paiement des retraites par répartition.
Cette affirmation n’a rien de libéral. C’est une posture macroéconomique qui s’appuie sur une vision idéalisée de la population et de la répartition de ses classes d’âge. Une vision en partie héritée d’un préjugé archétypal selon lequel une population jeune est nécessaire pour mener et gagner la guerre.
Dans une société où toute propriété serait privée, ce concept serait dépourvu de sens. Chaque propriété aurait son taux de natalité propre. Et chacun pourrait déterminer un taux de natalité en fonction de ses préférences pour une famille plus ou moins nombreuse. L’efficacité économique d’un taux de natalité bas ou élevé pourrait alors être mesurée par le prix de cession des actifs familiaux.
Précisons que l’affirmation selon laquelle l’immigration permettrait de lutter contre le vieillissement de la population est une contre-vérité démographique. Pour rajeunir la pyramide des âges, il ne faudrait laisser entrer, sur le territoire, que des nourrissons ou des enfants en très bas-âge et exclure tous les adultes.
Pour cette raison, l’immigration de masse qu’a connue la France depuis cinquante ans n’a pas sauvé le système de retraite par répartition. Pourtant, l’on parle d’ici d’un ordre de grandeur de 25 millions d’immigrés nets :
« Pour l'ensemble de la période 1960-2005, on enregistre une moyenne annuelle de 590.307 d’entrées nettes » (12).
Si vingt-cinq millions d’immigrés n’ont pu sauver le système de retraites par répartition, c’est parce que le système n’était pas intrinsèquement viable. Et, comme nous l’avons écrit :
« Quel que soit le scénario démographique retenu, la comparaison sera toujours plus favorable au régime de retraite par capitalisation. Car, un système de retraite par capitalisation est moins sensible aux variations démographiques qu’un système par répartition. Il soutient les gains de productivité qui compensent partiellement ou totalement la réduction de l’offre de travail » (13).
De cette constatation on peut déduire la réflexion suivante : pour que l’immigration ait un impact positif sur le système social, dans une phase de déclin démographique et de vieillissement de la population, il faut que les immigrés soient plus productifs que ne l’ont été ceux dont ils doivent prendre en charge les coûts de retraite et de santé. Or, toutes les études montrent que le niveau moyen de qualification des nouveaux arrivants est moins élevé que celui des nationaux. De surcroît, les données disponibles laissent également penser qu’une large fraction des immigrés reçoit plus d’allocations qu’elle ne paye de cotisations (14). L’immigration étatisée n’est donc pas une solution à la crise des régimes sociaux. Elle en est l’une des composantes systémiques.
A ce propos, on peut affirmer que l’immigration a soutenu les illusions inhérentes au système de retraite par répartition et accentué le phénomène de passager clandestin vis-à-vis des choix familiaux. Non seulement, chaque participant au système a eu tendance à penser que les enfants des autres paieraient sa retraite future mais on lui a collectivement suggéré que les immigrés tiendraient plus particulièrement ce rôle. En conséquence, on peut postuler que l’immigration étatique a exercé une pression à la baisse sur la natalité. Nos observations empiriques tendraient à confirmer cette tendance pour tous les pays de l’Union Européenne.
De ce point de vue, la France dont les hommes de l’Etat vantent le taux de fécondité comme un signe de bonne santé de la nation (taux de 2,1 en 2008 et de 2 en 2009) ne se distingue pas, malgré tout, foncièrement de la moyenne des autres pays européens (1,5). S’il était, en effet, possible de recomposer le taux de fécondité de la France hors-immigration, jusqu’à la seconde génération, on se rendrait compte que ce taux s’approche très probablement des pays européens qui ont connu une immigration nettement moins forte (15).
Sans entrer dans la polémique des chiffres, il nous semble que ce à quoi à les hommes de gouvernement sont parvenus, c’est à importer la natalité d’autres groupes nationaux dans les espaces confisqués par l’Etat. Une natalité, ensuite autoentretenue par le biais des allocations familiales auxquelles les immigrés les moins qualifiés sont très sensibles, car elles représentent une part importante de leur revenu net.
c) Il faut remplacer l’immigration de masse par une immigration de qualité
L’idée selon laquelle il faudrait désormais remplacer l’immigration de masse par une immigration plus restreinte d’individus qualifiés commence à faire son chemin dans les milieux conservateurs officiels et chez quelques-uns de nos amis libéraux. Si cette proposition paraît en soi plus raisonnable que celle de soutenir une immigration massive, elle n’en est pas pour autant libérale. Conceptuellement, elle demeure d’inspiration macroéconomique et constructiviste. Qui dit choix des qualifications et nombre restreints d’immigrés, dit quotas. Qui dit quotas, dit planification centralisée par les hommes de l’Etat. Une planification de l’immigration qui se fera en fonction de leurs représentations des politiques industrielles à conduire ou de leurs intérêts personnels. Si une telle politique de quotas était conduite, les grandes entreprises publiques et les lobbies bien introduits auprès du gouvernement seraient les premiers servis. Ceci, indépendamment des besoins de l’économie.
En outre, l’idée même qu’il faudrait sélectionner certains individus qualifiés et pas d’autres est contraire aux principes de l’individualisme méthodologique. On peut individuellement estimer, en fonction de sa structure de consommation, qu’un boulanger ou un ramoneur est plus utile qu’un ingénieur de l’armement ou un dentiste. Pour nous, le seul moyen de trancher la question de l’utilité relative de tel métier ou tel métier est d’avoir recours au mécanisme des prix. C'est-à-dire au contrat et au marché.
d) L’immigration a un effet modérateur sur les salaires
L’idée selon laquelle l’immigration permettrait de limiter les hausses de salaires et de maintenir la compétitivité des industries à faible valeur-ajoutée faisait partie de ces idées que les gens du monde des affaires partageaient du bout des lèvres, dans les années 1960-1990, et que les syndicats dénonçaient hypocritement, appartenant eux-mêmes à des mouvements idéologiques favorables à une immigration de masse.
Dans le contexte d’une économie partiellement internationalisée, caractérisée par des barrières tarifaires et réglementaires élevées, cette idée n’était pas a priori fausse. Toutefois, elle n’a plus aucun fondement dans une économie globalisée où les produits et les capitaux circulent presque librement. Dans une telle économie, les salaires s’ajustent automatiquement ou, s’ils ne s’ajustent pas, les entrepreneurs délocalisent leur production. L’immigration ne joue donc pratiquement plus aucun rôle dans la formation du prix des salaires en Europe. On peut d’ailleurs formuler l’hypothèse qu’elle jouait un rôle assez marginal dans le passé. L’analyse montrerait, sans doute, qu’il n’y a pas de corrélation forte entre l’évolution des salaires en France et les flux migratoires. Qu’il y a eu des années avec des entrées nombreuses et de l’inflation salariale (1968-1972) et des années avec des entrées relativement plus faibles et une hausse modérée des salaires (2000-2003).
En France, l’évolution des salaires a été bien plus conditionnée par la politique monétaire, les rapports de force avec les syndicats et le droit social que par le marché et l’offre de travail des immigrés. Et, si ces derniers acceptaient effectivement de travailler à un prix moindre, c’est que l’Etat a, comme nous l’avons vu, socialisé une partie de leurs coûts spécifiques : logement, santé, éducation, transports, etc.
Cette observation a amené, Edward Crane, le Président du Cato Institute, à proposer, pour les Etats-Unis, que l’immigration soit libre mais que les immigrés ne bénéficient pas des avantages sociaux. Pour Crane, cela serait le moyen de se doter d’une immigration de qualité, tournée vers l’effort, la liberté d’entreprendre, une meilleure éthique de vie, etc.
Si l’idée a quelque mérite, elle est incomplète à un double titre : il ne serait pas juste de faire payer des cotisations sociales aux immigrés et de les priver du droit aux prestations qu’elles procurent aux nationaux. A contrario, il ne serait pas juste d’exempter, totalement ou partiellement, les immigrés de ces cotisations, car l’Etat subventionnerait, alors, leur emploi aux dépends de ses citoyens. En la matière, il n’y a pas d’autres alternatives que celles de permettre à tous de bénéficier des avantages sociaux (et d’en payer les coûts) ou de privatiser le système social.
Néanmoins, cette privatisation des régimes sociaux n’effacerait pas toutes les distorsions économiques liées au phénomène migratoire. Il demeurerait le fait que, dans une économie mixte, chaque nouvel arrivant n’a pas contribué au financement des actifs publics existants : infrastructures, institutions, état de paix… Pour prendre une analogie boursière, c’est comme si chaque nouvel arrivant recevait à titre gratuit des actions du ‘’capital France’’, accumulé au fil des décennies, au seul motif qu’il désire en être actionnaire. C’est là un transfert de propriété auquel personne ne pense mais qui est bien réel. Ce transfert réalisé par les hommes de l’Etat, à l’insu des électeurs, conduit arithmétiquement à la dévalorisation des actifs publics existants - par l’inflation du nombre des propriétaires. En cela, il est antidémocratique car il remet, insidieusement, en cause le principe de l’approbation de l’impôt.
Ce que l’on découvre ici, c’est que, pour se constituer des clientèles, les hommes de l’Etat promettent non seulement des rentes (aux nationaux comme aux étrangers) mais offrent également des actifs gratuits (aux seuls étrangers). L’équité voudrait donc que tout candidat à l’immigration doive payer sa part du capital public du pays où il désire s’installer. Actuellement, la valeur des actifs matériels publics français est estimée à 1500 milliards d’euros (16). En conséquence, chaque candidat à l’immigration en France devrait payer au moins 23.000€ de droits d’entrée pour être placé dans une condition égale à celle des contribuables durablement installés sur le territoire.
e) La France aurait cessé d’être un pays d’immigration de masse
A la lecture de certains médias la France serait devenue un pays hostile à l’immigration. Pourtant, aux dires mêmes d’Eric Besson tel n’est pas le cas :
"En 2009, nous avons délivré 1.850.000 visas et 174.000 titres de long séjour. 50.500 nouveaux étudiants étrangers ont rejoint nos établissements d’enseignement supérieur. 110.000 naturalisés ont intégré la communauté nationale. La France s’illustre aussi en étant le premier pays européen et le deuxième au monde pour l’accueil des demandeurs d’asile, juste derrière les Etats-Unis. Je voudrais vous parler très directement : ceux qui décrivent la France comme une forteresse racontent des histoires. 80% des demandes de visas reçoivent une réponse favorable. 1 demandeur d’asile sur 3 se voit octroyer la protection internationale. Je vous demande de ne rater aucune occasion de porter ces faits et ces chiffres à la connaissance de vos interlocuteurs, au plan bilatéral comme dans les différentes enceintes internationales » (17).
Ces chiffres ne nous éclairent cependant pas sur les flux migratoires réels. Mais, si l’on regroupe les différentes catégories d’immigrés légaux, on approche les 200.000 entrées par an (sur la période 2007-2010), auxquels il faut ajouter les illégaux dont le nombre est difficile à apprécier. Selon un rapport du Sénat datant de 2005, ceux-ci approcheraient 30.000 par an :
Dans la mesure où les régularisations menées en France et en Europe montrent que la durée de séjour des immigrants illégaux s'étale sur au moins une dizaine d'années, l'arrivée de 90.000 immigrants irréguliers supplémentaires en moyenne par an devrait porter le « stock » d'immigrants illégaux présents sur notre territoire à environ 800.000 personnes ; si l'on considère en revanche que 300.000 immigrants irréguliers séjournent sur notre territoire, alors le flux annuel d'entrées se situe entre 30.000 et 40.000 personnes, évaluation tout à fait compatible avec celle de l'INED (18).
Selon des données plus récentes publiées par le BIT ce chiffre se situerait aux alentours de 45.000 entrées, puisqu’il y aurait 450.000 immigrés clandestins vivant en France. Sur la base ces chiffres, probablement sous-estimés, on peut donc évaluer l’immigration annuelle (de 2007 à 2010) aux environs de 250.000 personnes. Cela peut sembler un nombre assez faible, par rapport à la moyenne des entrées nettes entre 1960 et 2005 (presque 600.000), mais cela représente une ville comme Montpelier ou Strasbourg à construire chaque année. Plus fondamentalement encore, ce chiffre dépasse de presque 100.000 personnes le nombre d’emplois nets qui devraient être créés en 2011, selon les projections du ministère du budget (19).
Dans un pays qui compte presque 10% de chômeurs (soit 2,6 millions d’individus), un taux aussi faible de création d’emplois et une croissance atone, l’immigration accentuera mécaniquement la pression de l’Etat sur la société. Pression qui, rappelons-le, bat des records historiques absolus avec une part des dépenses publiques qui a dépassé les 56% du PIB en 2009 et 2010 (20).
Une dérive des politiques et des comptes publics qui laisse penser que le moment se rapproche où le système social risque de d’effondrer sous le poids de ses contradictions.
Conclusion
Ceux qui concluraient de cet article que l’individualisme méthodologique conduit à s’opposer à toute immigration seraient dans l’erreur. Les libéraux ont toujours défendu la liberté de mouvement. Mais, celle-ci doit-être encadrée par l’exercice souverain du droit de propriété, seul capable de transformer l’immigration de masse, étatisée, non-désirée, vouée à l’échec en immigration librement acceptée et réussie. Dans le cas contraire, la paix sociale et la prospérité risquent d’être gravement menacées en France comme en Europe. Connaissant le tropisme des hommes de l’Etat à reporter le traitement des questions sociales délicates aux prochaines élections, on doit hélas s’attendre, dans un futur proche, à des ajustements brutaux.
Notes
(1) Références
(2) Relevons qu’en Afrique le taux croissance de la population reste remarquablement élevé et se situe entre 1% et 4,5% par an. Pour un panorama rapide de la démographie en Afrique on peut se référer à un article du journal Jeune Afrique de novembre 2009, consacré au baby-boom africain.
(3) Les taux de croissance réels pour l’Afrique sont répertoriés par Index Mundi et sont disponibles en ligne.
(4) A la différence des Etats-Unis, les statistiques ethniques sont interdites en France. Ce qui laisse croire à beaucoup qu’il y aurait des données à cacher. Malgré tout, le débat sur les statistiques ethniques gagne, depuis deux ou trois ans, de plus en plus de terrain. Voir à ce sujet l’article du Figaro en Ligne du 17 mars 2009 : Statistiques ethniques : les-enjeux du débat
(5) Source : Magazine Challenges, 12 novembre 2009.
(6) Garrett HARDIN., The tragedy of the Commons, Science, n° 162, 1968.
(7) Source, Ministère de l’immigration, Info migration, n°6, janvier 2009.
(8) Emmanuelle Béart soutient les mal-logés, Nouvel Observateur, 23 juin 2008.
(9) Hans-Hermann Hoppe Journal of Libertarian Studies, Volume 16, no. 1 (Winter 2002), pp. 75–97. Traduction libre de l’auteur.
(10) Référence
(11) Nouvel Observateur, Régulariser est une forme d'aide aux pays pauvres, 26/02/2007.
(12) Source Usherbrooke, Statistiques démographiques pour la France.
(13) Blog Turgot, Débat : explosion des retraites et implosion de la natalité, produits inéluctables de la social-démocratie, 18 mai 2010, Gilles Dryancour.
(14) Par exemple, Selon le Figaro, : les immigrés maghrébins sont trois fois plus au chômage que les nationaux ».
(15) Source, Insee.
(16) Source Wikipedia, voir chapitre consacré à la dette et aux actifs publics.
(17) Intervention d'Eric Besson lors de la conférence des Ambassadeurs, 25-27/08/2010.
(18) Rapport du Sénat,, Immigration clandestine : une réalité inacceptable, une réponse ferme, juste et humaine, janvier 2005.
(19) Les Echos, 16/09/2010.
(20) Le Figaro, 20 octobre 2010
Commentaires
Considérations justes et passionnantes, mais qui éludent le principal problème, que M. Teissier du Cros abordait frontalement: L'islam et, plus précisément, la charia.
Selon moi le terme "immigration" est généralement utilisé, dans le contexte français actuel, comme un euphémisme pour parler d'islamisation, et plus précisément d'islamisme, c'est-à-dire de la charia.
C'est évidemment impropre puisque l'islam pose essentiellement les mêmes problèmes chez les français de souche que chez les immigrants Arabes; et que les immigrants ne sont pas tous musulmans - du reste on ne parlerait sans doute pas de lutte à l'immigration s'ils étaient tous chinois ou vietnamiens.
La gestion illibérale et économiquement inepte de l'immigration indigne sans effrayer.
L'immigration musulmane, et l'islamisation qu'elle entraîne chez le "peuple autochtone", comme on dit au Canada (les souchiens), suscite, elle, l'alarme.
Et les arguments de M. Tessier du Cros ne font que transformer cette alarme en panique.
Ce point de vue très répandu (d'où la panique) est catastrophique.
Il consiste à considérer que nos institutions sont un roc sur lequel notre société est solidement et définitivement fondée. Pire, il prétend que le christianisme, notre ancienne religion, est essentiellement similaire à l'islam, ce qui prouverait que nos institutions sont efficaces contre les "dérives" de ce dernier.
La réalité selon moi est tout autre, et l'erreur de diagnostic si gigantesque qu'elle mène à l'autodestruction.
En effet nos institutions ne sont pas une rupture avec notre culture chrétienne, elles sont le produit de cette culture et du temps.
L'islamisation de notre culture, qui crèverait les yeux d'un voyageur temporel provenant des années 60, déracine donc nos institutions.
L'existence d'un État détenteur du monopole de la force, la démocratie, la séparation des pouvoirs, la liberté de religion et d'expression, sont formellement ou en germes dans les textes chrétiens, ou, au minimum, n'y contreviennent pas. En revanche toutes ces notions sont contraires aux références islamiques les plus sacrées.
Ainsi, toute institution islamique a la faculté d'émettre des fatwas condamnant tel ou tel à mort, et appellent les bons musulmans à exécuter la peine.
Par exemple Rushdie, les caricaturistes danois, ou Mohamed Hegazy, un Égyptien ayant officiellement demandé à l'État de son pays de reconnaître son choix d'embrasser le christianisme (fatwa émise en 2007 par la mosquée Al Azhar, autorité la plus respectée de l'islam sunnite).
De cela il résulte que l'autorité religieuse musulmane s'arroge les prérogatives d'État et concentre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, ce qui définit l'absolutisme. Comme les textes musulmans de référence affirment que la compétence islamique est sans limite, il s'agit d'un totalitarisme.
Les manifestations de ce totalitarisme sont devant nos yeux: La plupart des individus actuellement menacés pour avoir exprimé une opinions le sont par des fatwas.
Une grande partie de nos contemporains sont privés de la liberté de religion par les régimes islamiques.
La Bible leur est interdite, formellement ou pratiquement - un autodafé permanent.
Les institutions sont fondées sur les valeurs et non l'inverse.
C'est pourquoi la Déclaration des droits de l'homme est le préambule de notre constitution, et la prééminence de la charia celui des institutions de pays musulmans.
C'est pourquoi il existe un pendant musulman de la déclaration universelle des droits de l'homme, qui n'est donc universelle que de nom.
L'exstence même de la déclaration des droits de l'homme en islam, document officiel de l'OCI (tous les pays musulmans), prouve que nos institutions son nulles et non avenues du point de vue musulman.
Dès lors l'islamisation, donc l'immigration musulmane, est subversive.
Les musulmans qui viennent chercher refuge contre l'islamisme sont inconséquents: Ils fuient des effets dont ils propagent la cause.
Les occidentaux qui se félicitent de leur apporter les bienfaits de nos institutions et de nos valeurs les invitent cordialement à cultiver ici, et sous leur protection bienveillante, le contraire de ces valeurs et de ces institutions.
La déroute de la neutralité de l'espace publique (en général) est sous nos yeux: Les manifestations ostensibles d'adhésion à l'islam sont maintenant partout en permanence. Les métiers de la restauration, de l'enseignement, de la santé, de gardien de prison, de la banque etc. sont de plus en plus bouleversés par l'application de normes islamiques, dont la source est la même que celle de toutes les lapidations du monde actuel.
Comment peut-on demander aux infirmiers de ne jamais toucher à mains nues un exemplaire du coran en arabe ?!?
Jusqu'où ces histoires de mépris d'autrui iront-elles ? Jusqu'à l'horreur si on considère les pays plus avant dans l'islamisation: Au Pakistan, un chrétien a été lynché pour avoir bu du thé dans une tasse pour musulmans.
À méditer devant l'essor de du hallal ici...
Ronald Reagan est plus d'actualité que jamais:
Freedom is never more than one generation away from extinction. We didn't pass it to our children in the bloodstream. It must be fought for, protected, and handed on for them to do the same.
Don't be afraid to see what you see.
Facts are stubborn things.
A tree's a tree. How many more do you need to look at?
One picture is worth 1,000 denials.
Trust, but verify.
Merci à Fucius pour votre très long commentaire qui vaut presque un article.
D'une certaine manière vous répondez davantage au papier de Teissier du Cros qu'au mien.
Permettez-moi de préciser le sens de ma démarche. Ce que j'ai essayé de faire, c'est de déterminer le cadre conceptuel par lequel ceux qui se réclament du libéralisme devraient aborder les flux migratoires.
Cela m'a conduit, par exemple, à mettre de côté mes préférences individuelles, en la matière, pour concentrer mes réflexions sur la méthodologie.
Personnellement, je crois que les droits de propriété seraient mille fois plus contraignants que n'importe quelle politique publique pour encadrer l'immigration.
Comment expliquez-vous en effet que l'immigration était quasiment nulle (malgré le discours offciel) du haut moyen-âge à la fin du XIXe siècle, alors que l'Etat était beaucoup faible qu'aujourd'hui ?
La raison en est toute simple : les immigrés n'avaient pas d'espace public où s'installer et les individus étaient liés par leur culture qui n'était pas très favorable aux mouvements de population (Le simple fait d'être du village voisin faisait que l'on était déjà mal considéré).
Aujourd'hui cette culture a été remplacée par les canons enseignés par l'éducation ''nationale''.
Avec la restitution des droits de propriété, vous pourriez exercer votre préférence individuelle pour ou contre tel type d'immigration sans déléguer ce droit aux hommes de l'Etat. Un droit dont vous êtes privé désormais. Pensez-y.
Historiquement, je ne partage pas votre analyse sur ce point :
" L'existence d'un État détenteur du monopole de la force, la démocratie, la séparation des pouvoirs, la liberté de religion et d'expression, sont formellement ou en germes dans les textes chrétiens, ou, au minimum, n'y contreviennent pas."
Le propre d'une religion monothéiste révélée est de ne pas accepter la séparation de l'Eglise et de l'Etat car sa vision du monde est mono-centrique. L'église catholique n'échappe pas à cette règle. Elle a longuement contrôlé la société civile en Europe. Ce qui a amené, bien avant la révolution française, les princes européens à s'opposer à elle pour satisfaire leur propre libido dominandi (comme Henri VIII et Louis XIV par exemple). Sans compter les Etats et provinces gouvernés par l'Eglise et les privilèges juridictionnels dont elle jouissait. (Il faut toutefois admettre qu'après la chute de l'empire romain, elle était la seule force de cohésion sociale qui demeurait, ce qui l'a conduit à s'imiscer dans la gestion de la Cité)
La différence entre le catholicisme moderne et l'islam me semble être que le premier est devenu une religion du doute, tandis que le second reste une religion des certitudes avérées.
Ainsi, l'église repentanté de 2010 réhabilite Galilée qu'elle a condamné en sans le moindre doute en 1633. Il n'est pas certain que si elle n'avait pas été séparée de l'Etat, elle aurait procédé à une telle réhabilitation.
Belle citation de Reagan. Certainement, un homme selon notre goût. Plus on découvre l'homme, plus on l'apprécie.
Bien à vous,
GD
Une rapide mise au point à propos de Galilée avant de revenir au sujet plus tard:
Cette histoire emblématique de l'obscurantisme catholique est fort méconnue, et le résumé qui en circule est trompeur.
Remarquons tout d'abord que l'idée qu'on se fait de l'obscurantisme chrétien contredit le constat du progrès scientifique en Occident, et qu'une théorie contredite par les faits devrait être mise en doute, du moins si on n'est pas obscurantiste...
Gregor Mendel était moine, Darwin avait "la foi d'un évêque" en rédigeant "De l'évolution des espèces", Pascal était janséniste, et il n'est pas sûr que Galilée apprécierait sa postérité d'étendard de l'anticléricalisme.
Il était normal que Galilée réponde de sa théorie héliocentrique devant l'Église: Toutes les idées ont une histoire, même celle de distinction entre science et religion.
L'obscurantisme est normal, notre époque n'en est pas exempte.
En Italie, au 17e siècle, ses tenants allaient inévitablement utiliser la religion chrétienne contre Galilée, ou du moins essayer de le faire.
Il faut rappeler que leur thèse, le système ptoléméen, n'avait rien de chrétien lui non plus.
L'Église fut donc amenée à se prononcer sur la thèse héliocentrique de Galilée en 1616, et elle refusa de trancher, exigeant simplement de Galilée qu'il présente dorénavant sa thèse comme une théorie et non une certitude.
Et objectivement, c'est bien ce qu'elle était.
Il faut ici souligner que Galilée n'était pas infaillible: Il fut impliqué dans des controverses scientifiques où il avait tort.
Le second procès, en 1633, fut consécutif à une tentative de vulgariser les thèses héliocentriques au moyen d'un livre, et sous la forme d'un dialogue entre tenants des deux systèmes. C'était donc autrement audacieux et provoquant pour le camp adverse.
Or le pape en fut vraiment l'initiateur: C'est lui qui demanda en 1620 à Galilée de rédiger ce dialogue didactique.
Il n'est pas étonnant qu'une entreprise de vulgarisation sur un tel sujet se soit heurtée à une résistance plus forte.
Mais c'est aussi à cause d'événements malencontreux et de l'énorme maladresse de Galilée que l'entreprise échoua.
Il y a donc lieu de penser qu'il s'en fallut de peu qu'elle ne réussît.
Conclusion:
Cette affaire n'établit pas du tout une tendance chrétienne ou catholique à engendrer ou promouvoir l'obscurantisme. Cet épisode est plutôt un accident de parcours dans une marche vers le progrès et la science qui semble avoir bénéficié d'un contexte pour le moins favorable dans l'Occident chrétien, si on le compare au contexte historique global de l'époque plutôt qu'à l'époque moderne.
A Fucius,
Je concède volontiers que le procès de Galilée ne fut pas tout à fait ce que la vulgate anticatholique en dit. C’est à dessein que j’ai pris cet exemple somme toute symbolique. Mais j’aurais pu citer d’autres noms, comme Jeanne d’Arc, Copernic, Giordano Bruno, le Chevalier de la Barre, sans compter le bûcher des vanités de Savonarole ou les centaines de milliers de victimes de l’inquisition. Mais, je tiens à le souligner, mon intention n’est pas de faire un procès en obscurantisme à l’Eglise qui s’est repentie depuis. Il serait d’ailleurs injuste de juger l’Eglise d’aujourd’hui pour son passé. S’il y a bien un travers dans lequel je ne souhaite pas tomber, c’est celui de la responsabilité collective. Le point central de ma réponse est de dire qu’une religion mono-centrique et révélée est structurellement encline à s’emparer du pouvoir temporel pour asseoir ses vues. Mon point de vue est, d’ailleurs, plus institutionnel que théologique. Depuis Montesquieu, nous savons qu’il n’y a pas de société pluraliste sans séparation des pouvoirs et contre-pouvoirs. De ce point de vue, l’Eglise me semble être un contre-pouvoir des plus utiles comme le pensait Tocqueville. Il est d’ailleurs symptomatique de voir que les régimes communistes ont persécuté les religions. Tout ceci nous éloigne du sujet que j’ai voulu traiter dans cet article et qui sont les conditions institutionnelles de l’immigration. C’est à juste titre que l’on peut s’inquiéter de la remise en cause, par tel ou tel groupe, le principe de laïcité qui est, dans sa version de 1789, un principe libéral. Aussi, pour répondre à votre préoccupation, on pourrait imaginer que tout immigrant aspirant à s’installer en France prête le serment de respecter ce principe. Pourquoi pas ? Mais, en ce qui me concerne, j’en tiens davantage pour la régulation des flux migratoires par les droits de propriété.
Bien à vous et merci de nous lire.
GD
A Gilles Dryancour,
L'inquisition non plus ne fut pas ce qu'en dit la vulgate anticatholique, comme le montre par exemple Jean Sévilla dans Historiquement correct.
Elle ne fut surtout jamais ce qu'a toujours été, ce qu'est encore, une autorité islamique, comme je le signale dans mon premier commentaire.
Je ne m'explique pas que vous considériez que tous les monothéisme soit également enclin à s'emparer du pouvoir temporel pour exercer un pouvoir hégémonique, puisque le christianisme est précisément à l'origine de la distinction entre autorité religieuse et temporelle, qui n'existait pas sous les polythéismes antiques, que je sache.
C'est pourquoi j'y vois la matrice de la séparation des pouvoirs.
L'islam, qui est un monothéisme, représente au contraire une fusion extrême les deux. Le communisme, qui n'est pas un monothéisme, est presque aussi totalitaire.
Bref, d'un point de vue institutionnel, selon moi, on ne peut rien dire du monothéisme en général, ni de la religion en général, et tout dépend de la religion considérée.
Les religions ne sont aps des auberges espagnoles.
L'histoire de notre civilisation prise depuis la christianisation est longue prendre quelques événements choisis pour en donner une mauvaise image s'apparente à la critique communiste contre la capitalisme.
Elle fut donc imparfaite, mais elle aboutit néanmoins à nos institutions démocratiques modernes, ce qui ne la situe pas si mal en comparaison aux autres.
Qui peut savoir si l'Inquisition elle-même ne fut pas un progrès dans cette direction ? Il faut se méfier des anachronisme.
L'évolution que suivirent les pays musulmans fut différente, et son aboutissement aussi.
Quant à savoir si tout ceci nous éloigne du sujet, je ne le crois pas.
Vous signalez dès l'abord votre accord avec M. Teissier du Cros:
"Pour nous, la question essentielle n’est d’ailleurs pas de savoir quels groupes humains devraient être autorisés à immigrer dans un pays donné, mais d’assurer les conditions institutionnelles qui permettent aux individus d‘intégrer le coût économique de leurs préférences subjectives en matière de migration."
La question de la condition culturelle (donc "identitaire") à l'existence d'institutions libérales précède, selon moi, celle de l'approche proprement libérale de la gestion de l'immigration.
Ainsi, si, comme vous le montrez, il serait préférable d'appliquer strictement la propriété privée et de permettre la discrimination libre, les individus propriétaires libres de discriminer auraient à s'interroger quant aux critères selon lesquels le faire.
La question des conditions culturelles de la survie de leurs droits se poserait donc dans les mêmes termes.
Si les institutions se passaient de contexte, pourquoi la constitution aurait-elle un préambule citant la Déclaration des Droits de l'Homme ?
Or, je le maintiens, sur ce sujet, il y a incompatibilité avec l'islam, puisque c'est ce qu'en disent les autorités et l'OCI - qui s'y connaissent !
L'islamisation de la France devrait donc saper ses institutions démocratiques et (relativement) libérales.
Sur le reste de votre article, mon seul commentaire est pour vous dire mon complet accord.
Je lis d'ailleurs actuellement Dead Aid de Dambisa Moyo, qui confirme ce que J-F Revel disait 20 ans plus tôt.
D'ailleur Revel n'était pas moins lucide sur l'islam:
http://aperto-libro.blogspot.com/20...
(il y aussi un chapitre sur ce sujet dans Le regain démocratique)
"Sans vouloir nous faire l’exégète de la pensée de Teissier du Cros, il nous semble que ce qu’il a voulu dire [...]" Si le besoin d'éclairer la pensée de l'auteur se fait ressentir, c'est que sa pensée n'est pas claire ou, pour le moins, qu'elle abuse de la provocation.
La confusion (involontaire ?) entre arabe et musulman est la principale critique que je porte à l'encontre de l'auteur. Une telle confusion revient en effet à nier la possibilité pour un arabe d'être autre chose que musulman, athée, agnostique, ou pourquoi pas chrétien. L'auteur prend le risque de légitimer la criminalisation légale ou arbitraire de l'apostasie, qui malheureusement fait florès dans le monde arabe, comme on l'a vu récemment en Irak, en Egypte, en Algérie.
Pour le reste, la question migratoire met en lumière l'extrême faiblesse de notre société, incapable de fournir un modèle fort auquel les migrants peuvent adhérer sans pour autant renier leurs origines culturelles. Décidément, le socialisme peut être brutal (URSS, Chine), mafieux (dictatures nord-africaines) ou larmoyant (France) : il conduit systématiquement à l'échec, quels que soient les pays qu'il gangrène.
Le problème de la France est le socialisme (ou le collectivisme à droite), pas l'immigration !
Dernière réponse à Fucius,
Par un glissement des plus singuliers, je me retrouve engagé dans un débat aux résonnances théologiques, ce qui me fait bien dire que je m’écarte de mon sujet.
Aussi vous me permettrez de préciser une dernière fois ma démarche et mes intentions. L’ambition de mon papier est purement méthodologique. Elle vise à définir le cadre d’un raisonnement libéral sur les flux migratoires. En cela, mon point de vue subjectif sur telle ou telle composante humaine de l’immigration n’a aucune importance. Il pourrait d’ailleurs être proche du votre, sur certains points, mais là n’est pas la question essentielle.
Pour résumer toute ma démarche, je dirais que ceux qui se réclament du libéralisme doctrinal ne peuvent pas logiquement prôner la gestion des flux migratoires par l’Etat.
Gestion qui nourrit l’accroissement de la sphère publique, conduit au démantèlement des droits de propriété et au transfert des coûts des préférences subjectives des gouvernants, en matière d’immigration, sur l’ensemble de la société.
Ajoutons à cela que l’immigration ne doit pas davantage servir de prétexte à la suppression de la liberté d’opinion. Ce qui est pratiquement le cas dans certains pays où la critique de l’immigration s’assimile progressivement à un crime de la pensée (raciste), pour reprendre une formule chère à Orwell.
Je ne reviendrai pas non plus sur l’histoire du christianisme en Occident et la répression des opinions non-conformes. Ceux qui sont intéressés par ce sujet peuvent se référer à cet article sur Wikipedia qui se situe, me semble-t-il, entre vos analyses et les miennes : http://fr.wikipedia.org/wiki/Inquis...
Deux remarques pour conclure. L’une qui irait plutôt dans votre sens et l’autre dans le mien. Si vous souhaitiez me voir écrire que la religion chrétienne actuelle offre plus d’espace que la religion musulmane pour la séparation du pouvoir spirituel du pouvoir temporel, c’est un exercice superfétatoire. C’est une évidence incontestable. Mais cela n’enlève rien au tropisme général des religions révélées à vouloir imposer leurs vues par les moyens du droit (par la contrainte publique et collective). J’ajouterais que cette analyse se situe hors du champ conceptuel de mon papier.
La seconde remarque que je voudrais faire concerne le polythéisme antique et l’analyse que vous semblez en suggérer. Pour ne parler que de celui que je connais le mieux (le paganisme gréco-latin), on ne peut le juger avec les catégories de raisonnement héritées du christianisme. Le paganisme antique est, en effet, une pensée polycentrique et mythique. Non-révélé, il permet la pluralité des points de vue. Aussi n’est-ce pas un hasard si la démocratie, l’esprit de science sont nés en Grèce et le droit civil à Rome. Ils sont le fruit d’une pensée qui accepte le dialogue contradictoire comme moyen de la raison. Ce qui de toutes les disciplines de vie est certainement la plus contraignante.
Bien à vous,
Gilles Dryancour
Réponse à Bubulle,
Merci pour votre commentaire dont la première partie s'adresse à Tessier du Cros aquel je laisse le soin de répondre au besoin.
Une remarque cependant très intéressante de votre part dans ce passage. C'est à juste titre que vous soulignez que l'on peut être Arabe et chrétien. De même l'on peut-être Asiatique et musulman. En cela la criminalisation de ''l'islamophobie'' en tant qu'opinion raciste est une aberration caractéristique de la pensée constructviste qui revient à transformer les cours de justice en tribunaux religieux.
Même si le terme de constructivisme est un peu plus académique et moins répandu que celui de socialisme, c'est celui que je préférerais pour caractériser l'échec des idéologies. Le constructvisme, c'est en effet le désir de vouloir soumettre les lois matérielles et sociales à une vision donnée du monde (Plutôt changer l'ordre du monde que ses caprices dit l'adage dénonçant cette façon de penser). Un travers que vous retrouverez dans toutes les familles politiques.
Pour vous paraphraser, le problème de l'immigration en France, c'est qu'elle est collectivisée à 90%.
Pour les 10% restants, il y a en effet beaucoup moins de problème et de ressentiment.
Bien à vous,
GD
Une confirmation par l'actualité des thèses avancées dans votre article. Lu dans Le Figaro:
"Le secrétaire d'État au Logement Benoist Apparu a annoncé que 131.509 logements sociaux avait été construits en 2010. Un niveau jamais atteint depuis 30 ans.
Un total de 131.509 logements sociaux ont été créés en 2010, ce qui constitue un «record absolu depuis 30 ans», a annoncé jeudi sur Europe 1 le secrétaire d'État au Logement Benoist Apparu. À titre de comparaison, il a affirmé qu'entre 1978 et 2003, gouvernement de droite et de gauche confondus, en moyenne 50.000 logements sociaux sortaient de terre chaque année. «Depuis 2004 on en fait 100.000 par an», a-t-il ajouté.
En ce qui concerne le quota de 20% que doivent respecter les villes de plus de 3500 habitants selon la loi SRU, le secrétaire d' État s'est dit satisfait".
L'équation française c'est : jamais autant de logements sociaux, jamais autant de déficits, jamais aussi peu de croissance et de création d'emplois. Et, une immigration de masse...
Plutôt explosif comme composé social.
http://www.lefigaro.fr/immobilier/2...
Merci à VS pour cette référence très intéressante.
A votre liste des superlatifs composant votre liste explosive, vous pourriez ajouter des prélèvements publics records : 56% du PIB en 2010.
Et les hommes de l'Etat cherchent de nouvelles niches fiscales pour imposer davantage les contribuables.
Chaque jour qui passe, le système vacille un peu plus.
J'ai beaucoup appris en lisant votre brillant exposé. Merci.
A Alexandre,
Merci de votre commentaire élogieux.
Le propos de mes articles est justement d'offrir des pistes de réflexion qui sortent des chemins convenus de la pensée médiane.
Bonnes lectures sur ce site.
Gilles Dryancour
Exposé intéressant et tout à fait vrai s'il s'agit de dire que l'application des principes du libéralisme, et d'abord des droits de propriété, éviterait le problème actuel de l'immigration de masse. C'est plaisant pour l'esprit de prouver la cohérence de ses principes, mais après cela, comment résoudre le problème dans la vraie vie ?
En cliquant sur mon nom dans la liste ci-contre, on trouver deux articles sur l'immigration de masse et le droit du sol. Comme tu l'expliques, ce droit du sol est un peu un droit pour les enfants d'immigrés d'entrer dans une communauté sans avoir payé le capital historique. Mais,comme on ne va pas faire payer un droit d'entrée de 23 000 € à chaque immigrant, ni à chacun de ses (nombreux) enfants destinés à devenir français par droit du sol, que faire ?
Un mot sur le terme "arabo-musulman". Soit on parle des deux milliards de musulmans, arabes, indiens ou autres et le premier terme est inutile. Soit on parles des 300 millions d'arabes musulmans et il vaudrait mieux dire musulmans arabes. Mais comme les arabes chrétiens sont tout juste 12 millions (2 au Liban et en exil, 2 maxi en Syrie et Irak, 8 en Egypte) soit moins de 4% du monde arabe, il va sans dire que quand on parle des Arabes, c'est presque toujours pour parler des Arabes musulmans.
Et puis, on devrait dire arabophone plutôt qu'arabe, car l'immense majorité des populations des pays dits "arabes" ont été arabisés lors des conquêtes musulmanes, sans pour autant perdre totalement leurs précédentes identités : berbère en Afrique du Nord, copte en Egypte, méditerranéenne au Liban et en Syrie, sémite en Irak, philistine en Palestine... Sachant que même ceux qui se disent arabes en Afrique du Nord sont en général des berbères légèrement métissés d'arabes (des enfants des femmes berbères prises par les envahisseurs arabes). Il n'y aurait de vrais Arabes que les habitants de la péninsule arabique (bédoins et Yéménites) et quelques descendants de tribus arabes installées dans les pays conquis, soit environ 100 millions.
Un dernier mot sur le droit d'immigrer. Même si les immigrés payaient leur quote-part de capital historique, les Français de souche pourraient très bien en limiter le nombre au nom de leur bon plaisir, comme on limite les accès à un club privé.
«Je suis pour les blancs, parce que je suis blanc. Je n'ai pas d'autre raison, et celle-la est la bonne,» déclarait Napoléon au Conseil d'État en 1802.
Préférer ses semblables aux autres races n'est pas du racisme. Simplement une question de goût, de préférence ou d'affinités.
Yves,
Merci pour ton commentaire qui soulève un certain nombre de vraies questions, non pas embarrassantes, mais qui appellent des réponses de fond. La première qui rejoint les interrogations des lecteurs est de savoir que faire pratiquement lorsqu’on a énoncé une théorie dont les principes sont apparemment cohérents. Avant de répondre à cette question, je voudrais simplement souligner le fait que l’exercice qui consiste à formaliser sa pensée de manière cohérente est un exercice qui semble de plus en plus difficile à nos contemporains. Depuis que l’on enseigne plus, à dessein, la logique et la rhétorique, nombre d’individus qui tiennent le devant de la scène publique vivent dans une sorte de confusion mentale permanente. Cela au regard de leurs principes mêmes. Je vais en donner un exemple immédiat. Ainsi, en matière d’immigration ce sont les mêmes qui prétendent que l’Etat est capable d’apporter une solution à tous les problèmes sociaux et économiques qui soutiennent que l’Etat ne peut rien faire pour arrêter les flux migratoires. Et, ajoutons à cette considération, comme tu l’as montré dans ton article, que ceux qui contestent cette impotence à réguler les flux migratoires sont immédiatement condamnés comme criminels de la pensée. Or, d’une chose l’autre. Ou l’Etat est omnipotent, ou il ne l’est pas. S’il ne l’est pas. Autant, alors confier la gestion des flux migratoires à la société civile puisque de l’aveu même des constructivistes, il n’y a rien que l’on puisse faire.
La difficulté de plus en plus grande de contester l’immigration de masse et l’impossibilité d’obtenir des données statistiques rappellent l’interdiction de critiquer les chiffres du plan dans la défunte Union Soviétique. Ce que tu appelles l’immigrationisme dans tes articles est, en fait, une nouvelle idéologie qui est mise au service du pouvoir politique. Ce n’est que l’énième avatar du constructivisme qui se sert de l’altruisme comme d’un écran idéologique pour dissimuler des motivations purement égoïstes : dominer son prochain, s’accaparer des fruits de son travail, faire preuve de conformisme grégaire, etc. Ce comportement est sans doute hérité de notre lointain passé biologique. Aussi est-il très difficile de le combattre, si ce n’est par l’exercice de la raison et la formation d’un cadre institutionnel qui empêche ces dérives.
A partir de ces considérations, je peux avancer quelques pistes pour répondre au désir légitime de passer de la théorie à la praxis. Pour arrêter l’immigration étatique de masse :
1) Mettre un terme aux programmes de logement social (voir le commentaire de VS)
2) Ne donner des droits sociaux (gérés par des organismes privés ou non) que sur la base d’un système de cumul de points qui définissent le montant et la durée des droits.
3) Mettre un terme à toutes formes d’aides publiques aux immigrants illégaux.
4) Appliquer les lois relatives à l’immigration intégralement (la régularisation des illégaux par exemple consacre dans le droit le principe du viol de la loi, ce qui conduit à la fin de l’Etat de droit).
Dans la sphère politique : pourquoi pas ne pas envisager le référendum d’initiative populaire ? Et, comme en Suisse, sur une base régionale. Une mesure à laquelle l’élite française s’oppose radicalement sachant bien qu’elle bouleverserait les rapports de pouvoir.
Pour ce qui est de la citation de Napoléon de 1802, je ne sais dans quel contexte elle a été prononcée. Si elle date de mai 1802, elle pose un sérieux problème car c’est la date à laquelle l’empereur a décidé de rétablir l’esclavage aboli par la révolution française. Il y aurait là une dimension qui dépasse la tendance naturelle à préférer ses semblables et qui vise à justifier l’asservissement des autres. Une vision à laquelle nous ne pouvons souscrire en aucune façon. Si l’argument de la préférence des siens est une tendance naturelle observable, elle n’est toutefois plus universelle. On trouve aujourd’hui un grand nombre d’individus qui préfèrent les étrangers à leurs compatriotes. Que leur point de vue soit ou non forgé par leurs préférences individuelles ou le politiquement correct importe peu s’il est encadré par l’exercice des droits de propriété. Pour cette raison, il me semble fondamental pour la protection des libertés publiques et privées de restaurer intégralement les droits de propriété sans limitation d’usage (droit de louer, de vendre, de transmettre, d’employer à toutes fins jugées utiles). Ainsi, ce que tu appelles le principe de ‘’ bon plaisir’’ et ce que j’appellerais par académisme « préférence subjective serait totalement préservé. Cela quels qu’en soient les motifs. Car, en matière d’allocation des ressources, il n’y a pas que des préférences dictées par le sentiment communautaire. Au sein d’une même communauté, tel ou tel propriétaire, préférera louer son bien à des locataires célibataires ou mariés, avec ou sans enfant, avec ou sans animaux. Et dans le sous-ensemble ‘’avec animaux’’ certains propriétaires préféreront encore, ceux qui ont des chats, des chiens, des oiseaux, des poissons ou des serpents. Etc. En d’autres termes, les critères de choix sont infinis et ne peuvent être traités objectivement par les hommes de l’Etat.
Pour conclure cette longue réponse, j’ajouterais que j’ai été frappé par ta remarque, dans ton premier article, sur l’incomplétude de l’individualisme méthodologique. Personnellement, je crois qu’il existe une dimension sociologique du phénomène humain qui, à cause des travaux de Marx, a été entièrement phagocytée par les intellectuels de gauche, Gustave Le Bon à part. Ce qui amène beaucoup de libéraux et, aussi, les intellectuels de droite à se méfier de toute approche collective qui nierait la réalité individuelle. Cependant, Aristote nous l’a bien dit, l’être humain est un animal politique (zoon politikon). Il dirait sans doute aujourd’hui un animal sociologique.
Or, on voit bien qu’il existe une dimension collective irréductible au seul individualisme méthodologique, notamment parce qu’il n’y a pas de société sans hiérarchie, ni division du travail. Nous devons donc aussi tenir compte de cette dimension dans nos analyses. Toutefois, j’ajouterais que l’individualisme méthodologique est plus qu’une méthode d’approche du réel. C’est aussi un principe socialement structurant. Et, de surcroît, un principe efficient. C’est parce que nos sociétés l’ont oublié qu’elles risquent de péricliter. Il n’y a qu’à lire les chiffres que tu donnes en matière d’immigration et qui recoupent les miens (basés sur des sources officielles) pour comprendre qu’à force d’ajouter des poids au fond de la barque France, elle risque de couler.
Encore un grand merci pour ce commentaire très éclairant.
GD
Gilles Dryancour, j'apprécie beaucoup votre article, et de façon générale, votre point de vue s'approche du mien.
Une chose dont on ne parle jamais, ou peut-être cela veut dire que j'ai tort.
Si les immigrés ne sont pas intégrés, ils sont sans doute plus enclin à se réunir (c'est le cas en Allemagne avec les musulmans; où il y a une vraie fracture culturelle), et à se "ghettoiser". Si la violence due à l'exclusion sociale et au manque d'intégration est concentrée dans un quartier en particulier, les autochtones vont fuir cet endroit, les prix du logement vont baisser, et ailleurs ils vont monter, ce qui signifie que les pauvres se retrouvent aspirés dans ces quartiers à forte population immigrée. Le quartier se stigmatise de plus en plus en "un quartier à problème", et il devient pour ceux qui y habitent de plus en plus difficile de trouver un emploi.
A votre avis, est-ce que cela peut être vu comme une cause de la formation de quartiers sensibles ?
Merci de votre commentaire et aussi pour l’honnêteté intellectuelle de votre raisonnement qui accepte, a priori, d’autres hypothèses que la vôtre pour appréhender une réalité complexe.
A tout phénomène social, il y a souvent plusieurs causes. Et en limiter l’explication à une seule c'est encourir le risque de l’erreur de diagnostic.
En ce qui concerne la formation des ghettos, il y a d’autres explications qui viennent compléter votre analyse.
La difficulté est qu’une fois qu’un cercle vicieux se met en place, il est difficile d’en identifier les causes primordiales.
Apparemment, l’échec se nourrit de lui même comme l’œuf sort de la poule et la poule de l’œuf.
Mais, là n’est pas le fond du problème.
Il s’avère que j’ai lu quelques études sociologiques (dans les années 1990) sur les quartiers dits sensibles et que les conclusions ne sont pas celles que la pensée médiane tire généralement.
Première observation : ces quartiers (les fameuses barres HLM) ont d’abord absorbé, dans les années 1950-1970, les générations nombreuses de l’après-guerre , les rapatriés d’Algérie, les importantes vagues de l’exode rural des années 1950-1960 oubliées aujourd’hui. Je rappellerai simplement qu’en 1954 la population rurale représentait 34% de la population totale de la France, contre 3% en 2011. Il a bien fallu les loger quelque part.
(Source : http://1000gifs.free.fr/France/popu...).
Ensuite, dans la période 1965-1975, ces quartiers se sont ouverts à l’immigration latine, principalement portugaise. Or, de 1950 à 1975 environ, ces quartiers ne présentaient pas de problèmes sociaux particuliers. Le taux de criminalité était, à condition sociale comparable, égal au reste du territoire. Les personnes qui y vivaient m’avaient pas de difficulté particulière à s’intégrer. On ne parlait pas, alors, de cités sensibles.
Les problèmes ont commencé à changer quand les premières générations d’habitants sont parties et que l’immigration extra-européenne s’y est concentrée en masse. Or, cette immigration présente plusieurs particularités nouvelles, i) elle est massive, ii) elle intervient dans un contexte de socialisation de l’économie (entre 1973 et aujourd’hui la part de l’Etat dans l’économie est passée de 35 à 56%) et de montée du chômage, iii) elle porte sur des populations dont la culture est très différente du pays d’accueil et leur rapport au droit de propriété nettement moins ferme que dans le pays d’accueil. Il y a pléthore d’études anthropologiques à ce sujet, assez peu connues du grand public, il est vrai.
Malgré tout, il faut se méfier des approches uniquement basées sur l’ethnologie. L’école de Chicago (courant sociologique) a montré que les conditions économiques et institutionnelles d’accueil comptent tout autant que les patterns culturels.
A ce sujet, je vous conseille de vous reporter à la très célèbre étude de W. I. Thomas et Florian Znaniecki datant de 1918, The Polish peasant in Europe and America par laquelle ils rejettent le réductionnisme biologique. En Toutefois, les conclusions de Thomas et Znaniecki ont ceci de politiquement incorrect qu’elles postulent que plus les conditions économiques d’accueil sont difficiles, plus l’intégration est réussie.
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89...)
Or, c’est un fait incontestable aux yeux de l’histoire, aucune immigration n’a été autant subventionnée et assistée que l’immigration en Europe depuis 1970. C’est ce qui m’a fait dire que les politiques d’intégration conduites par l’Etat menaient au résultat inverse de celui qui était poursuivi.
Les subventions publiques massives à l’immigration de masse devraient d’ailleurs nous aider à nous dégager du sentiment de culpabilité qui habite parfois la lecture purement socialisante de l’immigration, pour l’aborder de manière rationnelle.
Pour ce qui est de la formation des ghettos, c’est une loi bien connue de certains sociologiques. Elle porte même un nom que j’ai, hélas, oublié. A partir d’un certain seuil, le ghetto se développe de lui-même, car il est de plus en plus facile pour tel ou tel immigrant d’y retrouver ses us et coutumes, ses réseaux familiaux. En termes économiques, le ghetto communautaire offre l’opportunité d’une immigration à un coût d’opportunité plus bas : plus besoin de s’adapter à la langue, aux codes informels de la société d’accueil. En outre, on peut y recevoir l’aide bénévole de ceux qui sont déjà installés et savent comment accéder aux aides sociales offertes par l’Etat.
L’effet de solidarité communautaire serait tel qu’on observerait dans ces quartiers (dans le même espace territorial), une criminalité entre communautés plus grande qu’au sein des mêmes communautés (ce qui se traduit notamment par des confrontations très violentes entre groupes n’ayant pas la même origine). Incidemment, des phénomènes tout à fait semblables ont été déjà observés dans la Rome impériale. Des bandes de Gaulois se battaient contre des bandes de Syriens, des Germains contre des Daces, etc.
Néanmoins, faute de données fiables et d’études disponibles, je vous demanderai de prendre ces analyses avec toute la réserve académique requise.
Voici quelques analyses complémentaires aux vôtres. Quant aux solutions pratiques que je propose, vous pouvez vous référer à mon commentaire 14.
Merci de nous lire.
Bien à vous,
GD
J'avoue que ma phrase était mal tournée. Ce n'est pas évident pas ce que je voulais dire. Il suffit qu'un quartier soit plus violent qu'un autre pour qu'il y ait plus de départs venant de la classe moyenne. Par effet boule de neige, ça se transforme en ghetto (la classe moyenne part, les plus pauvres s'y engouffrent du fait des hausses de prix ailleurs). Il me semble qu'au Québec, les immigrés s'intègrent plutôt bien, mais il y a des ghettos quand même.
Simplement, quand les immigrés ne s'intègrent pas, que les lois sur le travail plafonnent un SMIC prohibitif affectant les immigrés qui ont souvent une plus faible productivité que les autochtones et que le système social généreux encourage l'oisiveté expliquent le manque de participation dans la vie active; d'où il en résulte un chômage plus élevé pour les immigrés, les rendant plus violents, les stigmatisant encore plus auprès des employeurs etc.
Il est vrai que c'est difficile d'expliquer en détail les causes de formation de ghetto. Je lis dès fois qu'on dit que c'est parce que les riches veulent vivre dans les beaux quartiers. Je pense plutôt que c'est la violence qui pousse les gens (et pas seulement les riches) à fuir certains quartiers, car si les prix du logement deviennent plus attractifs et que la demande est inélastique, il doit forcément y avoir une raison; la violence en est une, à plus forte raison si elle émane d'un "étranger" et d'une "ethnie" dont on finit par nourrir plus de peur que de curiosité.
Comme vous l'écrivez dans votre article, l'absence de propriété privée des "biens publics" débouche sur un phénomène bien connu sous le nom de la tragédie des biens communs. Il y a surexploitation des avantages sociaux, on ne s'en prive pas, et on ne sent pas non plus dans la nécessité de contribuer au système.
Merci pour les quelques rappels historiques.
Cordialement, MH
A MH,
Votre second commentaire complète bien nos échanges précédents. Cela fait partie de ces causes multiples qui sont toujours difficiles à identifier individuellement. A propos du Canada, d’autres facteurs peuvent jouer que l’on ne retrouvera pas en France, tels que : l’étendue du territoire et la densité de la population qui permettent une cohabitation plus facile. La culture du pionnier qui n’est pas non plus celle des nations historiques européennes dont l’espace limité. Je ne sais s’il existe un salaire minimum au Canada. En France, c’est très certainement un facteur qui joue contre l’intégration des moins productifs et pas seulement les immigrés.
Encore quelques remarques incidentes : ce sont les fortunés qui font les beaux quartiers. La hiérarchisation de l’espace est inhérente au phénomène social. Même en Union Soviétique, il y avait de ‘’beaux quartiers’’ pour la nomenklatura. Pour ce qui est de la demande de logement, on peut dire qu’elle a une élasticité atypique car elle peut porter sur deux objets différents. Lorsque le logement est un bien inférieur, destiné à couvrir des besoins primaires, son élasticité-revenu est négative. Par contre, quand le logement devient un symbole de statut, culturel ou social, l’élasticité-revenu peut-être supérieure à 1. En d’autres termes, les quartiers chers attirent aussi les individus parce qu’ils sont chers…
Plus important pour l’analyse de l’immigration et de la formation des ghettos, on peut se demander quelle est la vitesse de ‘’sortie du ghetto’’ en fonction du taux de croissance, de la rapidité des flux d’immigration, de l’élasticité de l’offre de biens immobiliers. Il y aurait là de belles thèses à écrire.
Dernière remarque que je déduis de l’une de vos observations : même dans les économies ouvertes des ghettos se forment. Si les droits de propriété sont respectés, cela signifie que les immigrés s’installent dans des quartiers dont les biens immobiliers sont : souvent amortis (d’une qualité inférieure aux normes acceptées par les consommateurs nationaux° et/ou divisés en petits espaces pour en augmenter la rentabilité. Cette dynamique basée sur le libre consentement contractuel devrait poser moins de problèmes en théorie. Cependant, on formulera la réserve que si ces ghettos font augmenter la délinquance et aboutissent à la chute des prix de l’immobilier de leur voisinage, les propriétaires louant leurs biens aux habitants desdits ghettos parviennent à externaliser une partie des coûts de l’immigration sur la collectivité. Un point d’analyse qui mériterait de plus amples réflexions.
Bien à vous,
GD
@l'auteur.
En vous lisant, on comprend que vous êtes doctrinalement opposé à l'immigration choisie.
Pourquoi ? N'est-ce pas une solution réaliste pour l'Europe qui a besoin de main d'oeuvre qualifiée ?
Merci de préciser votre point de vue.
VS
A V.S.
Aux considérations déjà exposées dans mon papier (gestion centralisée par les hommes de l'Etat, lobbies publics et approximation du concept d'immigration ''qualfiée"), j'ajouterais que le bonheur macroéconomique des uns fait le malheur microéconomique des autres.
Si les individus qualifiés quittent des économies en développement, ils feront défaut à la croissance de leur pays.
Ce défaut de croissance entraîne à son tour le départ des moins productifs par manque d'opportunités. En cela, vouloir une 'immigration de qualité, c'est créer aussi les conditions d'une immigration de quantité.
Pour cette raison également, je demeure attaché à la régulation des flux migratoires par l'exercice souverain des droits de propriété.
J'espère que cette réponse aura permis de clarifier ma position.
GD
Théoriquement l'article est intéressant mais dans la pratique vous comptez faire comment? tenez je me prend comme exemple : je suis immigré en France mon grand père paternel et et mon grand père maternel ont tout deux libérés la France des mains des nazis; vous comptez me faire payer combien, aurais-je droit à une ristourne ? à combien évaluez vous la vie des mes deux grands pères?. si je rentre dans l'essence même de votre analyse: il se peut même que je me retrouve avec un droit de propriété sur la France(capital) supérieur au votre; qu'allons nous faire dans ce cas?
bien cordialement.
A vous-même,
Vos grands pères étaient donc peut-être aux côtés de mon grand oncle J de L de T (pour rester discret) dans l'armée B... Quant à mon grand-père maternel, il est mort exécuté, lâchement en 1944, devant les yeux de ma mère qui avait deux ans... je ne vous fais pas un dessin.
Heureusement, tous les immigrés ne doivent pas participer à une guerre pour avoir le droit de résider dans un pays. Une tradition bien établie est que lorsqu'on fait appel à des étrangers pour défendre sa nation, ils obtiennent la citoyenneté au bout de leur service. C'est le principe qui prévaut dans l'armée américaine et (je n'en suis pas certain) dans la légion française.
Ce droit s'hérite bien entendu. Comme on devrait hériter de l'intégralité des biens de ses parents. Pourquoi devriez-vous payer pour un droit hérité ? Ceci répond aussi à votre question de l'évaluation de toute vie. Celle-ci n'a pas de prix. Et, l'étranger qui la met en jeu, pour protéger le capital historique d'autrui risque tout ce qu'il possède. Il est donc parfaitement légitime qu'il reçoive une part gratuite de ce capital qui ne pourrait être conservé sans son engagement (volontaire ou forcé d'ailleurs).
Deux remarques quant à mon analyse, elle n'est pas, au sens strict, polémique. Elle ne porte pas sur les temps de guerre, mais sur les temps de paix et sur l'immigration économique. Contrairement à ce qui est suggéré par un commentaire d'un autre lecteur plus haut, la dette vis-à-vis des biens publics devrait s'acquitter une fois pour toute. Soit une fois à l'entrée du territoire. Soit par le simple fait d'avoir payé des impôts dans le pays de résidence. Ajoutons à cela que toute personne ayant légalement immigré dans un pays donné, avant l'instauration du système que je préconise, serait automatiquement exempte des droits à payer. C'est une simple conséquence de l'Etat de droit.
Sinon, on pourrait demander aux contribuables nés en 1910 de payer rétroactivement toutes les hausses d'impôts intervenues d'années en années (la pression fiscale était de 10% en 1910. Elle est de 56% aujourd'hui. On pourrait donc demander aux générations précédentes de payer 46% de plus à titre rétroactif)..
Dans mon système, personne ne peut se retrouver dans une situation où l'on détiendrait une part de capital des biens publics supérieure à autrui. Pour conclure, j'ajouterais ces quelques considérations que je n'ai pu développer dans mon article :
a) Au sein d'une zone économiquement homogène (l'Union Européenne par exemple), il n'est pas nécessaire de payer des droits d'entrée. Un accord de réciprocité suffit.
b) Pour les immigrés économiques qui viennent de pays dont le capital en biens publics est moins élevé, il serait possible de payer leurs droits d'entrée en prenant un crédit. Les entreprises qui veulent les employer pourraient également prendre ce coût à leur charge. Ajoutons que par accord de réciprocité, ils ne devraient payer que le delta qui sépare le montant des biens publics de leur propre pays du pays d'accueil. Par compensation, ceux qui voudraient immigrer dans les pays en développement bénéficieraient, par exemple d'un crédit d'impôt du montant du delta en question.
Dans tous les cas, on est bien obligé de raisonner en termes de capital public matériel. Le capital historique et culturel ne se mesure pas. Pensons, par exemple à l'Egypte et à ses trente dynasties de pharaons.
Ai-je répondu à vos questions ?
Quant à moi, je ne désire rien faire payer à qui que ce soit. Je trouve que nous payons déjà beaucoup trop et qu'au-delà de 30% de prélèvements obligatoires, la liberté économique n'est plus qu'un vain mot.
Bien à vous,
Gilles Dryancour
bonjour
Merci pour votre réponse efficace et rapide; ça témoigne de l’intérêt que vous portez aux observations et aux remarques venant des lecteurs. concernant votre analyse je la trouve vraiment pertinente en théorie. j'ai cru comprendre que vous êtes un libéral. j'aurais aimer avoir des précisions quant à la vision libérale sur la liberté de circuler; en fait je pense que j'ai tout faux, moi qui croyais naïvement que les libéraux étaient pour l'abolition des frontières des Etats. concernant la mise en pratique de cette manière de faire, vous pensez pas qu'elle aura des effets pervers? je m'explique; en imposant un droit d'entré en euro a toute personne voulant s'installée en France, nous allons en quelque sorte faire une sélection qui n'est basée que sur l'agent...doit-t-on résumé l'attachement à une nation, à une patrie ..etc à quelques unités monétaires?
Moi je pensais plutôt qu'être libéral c'est vouloir ouvrir les frontières, toutes les frontières pas seulement celles qui permettent aux firmes voraces de spolier les richesses des pays pauvres.
bien à vous ;
GS
A vous-même,
Merci de votre sympathique commentaire. J'écris en effet principalement pour nos lecteurs et suis donc sensible à leurs observations, particulièrment à celles qui me permettent de faire progresser les cadres de ma propre réflexion.
Les doctrines servent souvent de refuge aux opinions personnelles. A la seconde série de questions que vous posez vous trouverez sans doute autant de réponses qu'il n'y a d'auteurs dans ce site.
Mais, je vais essayer d'esquisser une réponse : les libéraux sont nécessairement favorables à la liberté de circulation. Mais, cette circulation doit se faire dans un cadre institutionnel donné. Celui des droits de propriété privée. Moins l'emprise de l'Etat sur la société civile sera grande, plus la liberté de circulation sera déterminée par les règles de l'hospitalité. A ce sujet, je vous recommande de lire l'article de Hoppe que vous trouverez dans mes références. Si vous avez voyagé dans des sociétés traditionnelles au Moyen-Orient ou en Asie, vous avez une idée de ce qu'est cette hospitalité nullement déterminée par des critères de sélection fondés sur l'argent. Notez que vous devez être accueilli par des individus car il n'y a pas d'Etat social pour le faire.
L'abolition des frontières n'est théoriquement possible qu'entre pays partageant les mêmes règles de droit, ce qui implique souvent le même ordre politique (L'empire romain, ou l'Union Européenne). Les frontières sont toujours nécessaires pour protéger les droits de propriété.
Quant aux firmes voraces... je ne vous suprendrai pas en disant que je ne partage nullement votre analyse. Des centaines de millions d'individus ont été tirés de la pauvreté en Asie par les investissements de grandes entreprises. Les pays africains qui commencent leur percée en bénéficieront aussi si ils se dotent d'un cadre institutionnel stable et respectueux des libertés fondamentales.
Merci encore de nous lire,
Bien à vous
GD
Que de palabres et de mots grandiloquents alors que bien peu suffirait, Molière n’est pas loin derrière tout ça.
1- Oui l’émigration musulmane pose problème, et en posera de plus grands encore dans un futur qui se rapproche à grands pas.
La France se met déjà a genoux devant eux alors qu’ils ne sont encore que très minoritaires.
Air France se glorifie de ne pas servir de porc, et il y a de quoi écrire un journal sur l’abdication quotidienne que l’on nous oblige a accepter. La Charia dirigera l’Europe dans moins de 50ans. Qu’ils viennent vos filles porteront le voile au minimum où se feront lapider selon la volonté du mâle dominant.
2- Les Ghettos ont été faits par ceux qui y vivent, j’ai vu ces quartiers neufs en construction puis habités par des gens éduqués et travailleurs. Puis sont arrivées ces populations avec leur famille grâce a Giscard, elles se sont bien sur installées dans les quartiers les moins onéreux, et elles ont vite fait le ménage et ont aspirées leurs concitoyens dans ces quartiers tel un vortex, en chassant par toutes les ruses les occupants d’origine.
3- Capital de bien Public pour un immigré, quel non sens, quelle théorie inepte !!!.
4- Nous n’avons besoin que d’immigrés compétents pas des gardiens de chèvres. Ces gens feraient défaut dans leur pays d’origine ?, encore faut-il que ces pays puissent leur donner un travail a leur niveau.
5- Combien de Français quittent leur pays, j’en fais partie, que peut m’offrir la France, rien, je ne fais donc pas défaut a mon pays.
6- Les pays Africains qui commencent leur percée ?, oui on voit ça dans des articles de presse, mais pas sur le terrain. J’y vis, je suis donc un immigré, quel capital peuvent-ils me réclamer ?. La progression de certains pays ne vient que d’une accélération de l’exploitation de leurs ressources minières ou autre, aucune industrialisation au contraire, de grosses sociétés qui avaient investi lourdement s’en vont. Tant qu ils seront gérés par le tribalisme ils ne pourront jamais se développer durablement et on ne viendra que prendre ce qu’il y a a prendre. Dans 40 ans le continent sera a feux et a sang, il n’y aura plus a manger et ils seront 2 milliards.
7- Pour en revenir aux débuts : Arrêtons le flux Musulmans, l’Europe peut se suffire a elle-même, les pays de l’Est ont besoin d’émigrer vers l’Europe. Je suis témoin des difficultés qu’a rencontré un jeune Roumain infirmier pour travailler en France, les barrières administratives sournoises, les coups bas des fonctionnaires je peux en témoigner a visage découvert, il est parti en Belgique. Et pendant ce temps on laisse entrer les familles de notre ex-département, qui ne vivront que d’aides sociales payées par nos impôts, car j’en paie aussi, mais surtout par les emprunts car la France est en faillite.
Salut Gilles
Ancien du Lycée CEZANNE (Quid Jean Luc.. Roland.....) J’ai lu avec grand intérêt quelques uns de tes posts et notamment cet article sur l’immigration. On peut être d’accord ou pas (moi je suis pas trop d'accord avec toi sur certains points) , mais ils (les articles) ont au moins le mérite de soulever le questionnement. En tous les cas bravo pour le job fournis.
Ave GB,
(Ne serait-ce pas Georges ton prénom ?)
Puisque je lis une touche personnelle: Jean-Luc B. et Roland G. sont toujours mes amis depuis... 1974 et j'ai dîné avec eux il y a peine deux semaines, lors d'un petit cour que j'ai donné à la fac de droit. Bref passage, car je vis à l'étranger. Je les vois toujours régulièrement.
Cela ne me dérange nullement que tu ne sois pas d'accord avec tel ou tel de mes arguments. Cela alimente la réflexion.
Si tu le désires, tu peux être plus explicite. Tu as certainement des choses à dire d'intéressantes.
Lis aussi les commentaires qui précisent mes développements sur certains points.
Si tu es bien LE Georges, auquel je pense, je t'adresse mon meilleur souvenir et toute mon Amitié,
Gilles
Réponse tardive au commentaire 25 de Misskapoo que j'ai manqué par mégarde:
Merci de me gratifier du talent de plume du divin Molière. Mais, je ne suis qu'un modeste économiste sans grande prétention littéraire.
Votre point de vue est ce qu'il est. Votre pensée se pose nécessairement comme cohérente et juste. Autrement, vous auriez une autre opinion. De même pour tous ceux qui ne pensent pas comme vous.
Où se trouve alors la vérité ?
Toutefois, vous gagnerez en force de conviction si vous passiez d'un discours émotif de pure dénonciation à celui du débat argumenté.
Pour ce qui est de votre point 3) qualifiant les théories développées dans ce papier d'ineptes, apprenez que les théories se réfutent par le raisonnement démonstratif et non pas par des formules expéditives. Car à ce genre d'exercice nul ne peut être gagnant. Je pourrais ainsi qualifier tous les énoncés qui qualifient d'ineptes les théories comme ineptes à leur tour. Et, nous serions, alors, vous et moi prisonniers de nos raisonnements syllogistiques.
De toutes les théories, celles que je préfère sont celles qui essayent de dévoiler un petit pan des systèmes qui influencent les choix et les comportements humains.
Depuis Platon et son mythe de la caverne, on sait que c'est un pari dangereux.
Et depuis Socrate que les frontières du savoir n'ont point de limites.
Bravo d'avoir eu le courage de me lire.
La contestation ne fait jamais de tort et je l'accepte toujours en bonne part.
GD