1. Le pire n’est jamais certain, mais toujours probable

Lorsqu’on résiste à la tentation de faire des prévisions certaines sur les événements futurs, le monde extraordinairement complexe des échanges économiques retrouve une certaine simplicité. Nul n’est alors besoin de modèles statistiques informatiques pour poser des choix dictés par la raison. Ainsi, pour se faire une idée de la probabilité de la survenance d’un krach global, peut-on commencer par une revue des hypothèses en présence sur l’évolution de la crise actuelle. En consultant la presse, générale ou spécialisée, on s’aperçoit rapidement que les analystes proposent trois scénarios auxquels ils donnent les couleurs explicites du noir, du rose ou du gris, selon leurs inclinations (2).

Notre approche se voulant prudentielle, on ne retiendra que les scénarios noir et rose, sachant que la réalité sera sans doute bien plus grise.

1.1L’œil du cyclone

Ces derniers mois, le scénario dominant chez les analystes financiers est celui ‘’de l’œil du cyclone’’. Nous vivrions une période d’embellie boursière avant un nouvel effondrement global du système financier. Ces analystes fondent leurs prévisions sur l’excès de l’endettement des pays développés :

« La crise actuelle n’est pas … une récession entre deux périodes de croissance, comme ce que nous avons connu depuis quatre-vingts ans. La crise actuelle est une crise profonde, aussi grave (voire plus grave) que celle de 1929, et différente. Le recours à l’endettement public pour nationaliser les banques et engager les plans de relance n’a rien résolu, c’est ce que le monde découvrira avec effroi en 2010. (…)Tous les Etats dits riches ont atteint des niveaux d’endettement et de déficit budgétaire dangereux, permis par un maniement risqué de la monnaie fiduciaire. Les Etats ont jugé bon de sauver les banques, en croyant qu’ils allaient sauver l’économie. Qui dit "sauver l’économie" dit "sauver la croissance" ; les dettes se paieront lorsque celle-ci sera retrouvée, pense-t-on. Hélas, avoir transféré la dette du privé vers le public, pour ensuite vouloir que les ménages consomment toujours sans en avoir les moyens, ne résoudra rien (…) Beaucoup fondent leur croyance de reprise sur des évolutions statistiques de court terme. J’attire votre attention sur un point important : le recueil des données et le calcul des statistiques se sont construits dans les périodes fastes. Ils sont inadaptés à la situation actuelle et donnent des indications trompeuses (…) Nous avons également attiré votre attention à maintes reprises dans ces colonnes sur la manipulation des indices des prix à la consommation. Cet indice sert de fondement au calcul de l’inflation et est systématiquement sous-évalué par les organismes publics, qui n’ont aucun intérêt à étaler une quelconque baisse de pouvoir d’achat. Il sera très difficile de savoir qui de l’inflation ou de la déflation l’emportera en 2010, car de mauvaises décisions politiques ont été prises sur la foi de mauvaises méthodes statistiques »(3).

On trouve des analyses, tout aussi sombres, dans une étude de la Société Générale destinée à ses clients privilégiés. Sous le titre de « Worst-case debt scenario – Protecting yourself against economic collapse », cette étude met en relief des données qui ne laissent rien présager de bon (4).

Ainsi, il est observé que l’endettement public des Etats-Unis est particulièrement préoccupant dans la mesure où l’écart entre les rentrées fiscales et les dépenses s’est brusquement accru avec la crise, creusant un déficit annuel de 1600 milliards de dollars depuis 2009. Or, selon ce scénario, il y a peu de chance que cet écart puisse être réduit à court terme et sans douleur.

Sans le dire, cette étude prédit que le pari keynésien de la relance est perdu d’avance. Car, dans les prochaines années, les recettes fiscales augmenteront moins vite que ne se creusera le déficit. Et, les auteurs du rapport de mettre en avant l’exemple du Japon pour lequel on observe une corrélation négative entre le niveau de la dette publique et la croissance du PIB. Cette corrélation devrait aussi se vérifier aux Etats-Unis et en Europe où l’augmentation du chômage et le vieillissement de la population entraîneront mécaniquement une hausse des dépenses publiques.

Fondamentalement, ce n’est pas une grande surprise de constater qu’il existe une corrélation négative entre déficit public et croissance. L’argent emprunté par les Etats est, en effet, détourné de l’investissement productif privé pour soutenir toutes sortes de programmes clientélistes. Ainsi, la France emprunte actuellement plus d’un milliard d’euros par jour pour financer son budget de fonctionnement et le service de la dette (5). Pour leur part, les Etats-Unis empruntent presque 4 milliards de dollars par jour

Dans ce registre, il faut savoir que les Etats-Unis, la Chine, l’Union Européenne et le Japon ont emprunté plus de 1800 milliards de dollars en 2009 pour leurs plans de relance, soit 2,7% du PIB mondial. Observons encore qu’à l’échelle planétaire, la dette publique augmente de 1 million de dollars toutes les 6 secondes (6).

A ces données vertigineuses s’ajoute l’endettement total des nations (cumulant la dette publique, celle des entreprises et des ménages) qui a atteint 375% du PIB aux Etats-Unis. En comparaison, cet endettement était de 250% en 1929.

Plus remarquable encore, l’explosion de la dette entre 2001 et 2007 s’est accompagnée de la volonté des agents d’en transférer la charge à des tiers : les entreprises aux banques, les banques à l’Etat, l’Etat aux contribuables. Le résultat de cette aversion collective au risque a été de transmuter des dettes conditionnelles – soumises au risque de faillite – en des dettes publiques certaines. Ce qui, si l’on réfléchit bien, a rendu impossible l’assainissement de l’économie par la liquidation des créances toxiques.

Tous ces éléments amènent de plus en plus d’analystes à penser que le système financier mondial est construit sur une gigantesque pyramide à la Ponzzi-Maddoff qui risque de s’écrouler à tout instant. Seuls des néo-keynésiens invétérés, comme Joseph Stiglitz peuvent encore déclarer que : « les déficits publics ne sont pas un problème » (7).

Excepté le cas très particulier et provisoire de la Chine, il faut bien avoir conscience que la dette finira par se solder d’une manière ou d’une autre. Soit par l’inflation entraînant la destruction d’une partie de l’épargne liquide et la régression du pouvoir d’achat. Soit par la hausse des impôts et la récession. Sans omettre la déconfiture possible des Etats, la hausse des taux d’intérêts, les dévaluations, les krachs obligataires (8).

A Dubaï, comme ailleurs, il n’y aura pas de miracle (9). Les pendules financières et monétaires seront remises à l’heure des lois économiques.

Malgré ces données alarmantes, il se trouve des personnalités pour croire que l’on a atteint le fond du gouffre et que la reprise a commencé. Mais, comme l’a observé Simone Wapler, ces porteurs de bonnes nouvelles sont souvent des institutionnels ou des hommes de l’Etat.

1.2 Le fond du gouffre ?

Le premier à prédire la reprise économique a été Dominique Strauss Kahn. En avril 2009, le directeur du FMI a déclaré que la reprise se ferait début 2010 basant sa prédiction sur :

 « la fin de la baisse des prix de l'immobilier américain qui constituera un signe important. On peut penser qu'on n'est pas trop loin du plancher, d'où notre schéma de reprise au premier semestre 2010» (10).

Si la reprise dépend de la hausse des prix de l’immobilier, alors elle n’est pas au rendez-vous des données conjoncturelles de ce début d’année 2010 :

« Depuis le début de la semaine, les chiffres sur l'immobilier aux Etats-Unis donnent la chair de poule. Jour après jour, une série de statistiques décevantes sur le secteur outre-Atlantique confirme que le marché reste vraiment très fragile, ce qui pourrait bien envenimer les perspectives d'une reprise confortable de la croissance. En terme de transactions, que ce soit dans le neuf ou l'ancien, les chiffres font état de situations préoccupantes, avec des chutes en décembre qui n'ont jamais été atteintes depuis que les indices ont été créés » (11).

Après le directeur du FMI, c’est le président de la FED, Ben Bernanke qui a déclaré, fin septembre, que la récession était « probablement terminée ». Il est vrai qu’à cette date Bernanke venait d’être reconduit par le président Obama et qu’il lui fallait encore passer l’épreuve difficile de sa confirmation par le Congrès des Etats-Unis (12).

Au ‘’crédit’’ de Bernanke, il faut admettre que le PIB des Etats-Unis a augmenté de 2,2% au troisième trimestre et de 5,7% au quatrième, soit un gain de 310 milliards en six mois (13).

Pourtant, aussi bons ces résultats soient-ils, il ne faut pas être grand financier pour constater que le compte n’y est pas. Effectivement, si l’on admet, un instant, l’équation keynésienne selon laquelle : plans de relance = croissance, il faut quand même se demander à quel coût économique. En faisant généreusement grâce des trois trimestres précédents – en décroissance - on s’aperçoit que les 310 milliards de croissance ont été générés par un plan de relance de 780 milliards de dollars, entièrement financé par la dette. Soit un rendement négatif du plan de – 61%. En d’autres termes, on a détruit plus de ressources que l’on en a produit (14).

Les keynésiens objecteront que cette manière de voir n’est pas recevable, car le passif de l’Etat doit être porté à l’actif des emprunteurs. Mais, il s’agit là un d’une formule de rhétorique. Car, le passif de l’Etat est garanti par l’actif des contribuables. De surcroît, le transfert comptable des actifs toxiques des banques vers les contribuables n’a rien résolu :

« Neil Barofsky… citant les éléments qui ont mené à la crise, à savoir la bulle des prix de l'immobilier et les risques démesurés pris par les banques… a estimé "difficile de voir en quoi l'un ou l'autre des problèmes fondamentaux du système a été réglé à ce jour". Il a cité le fait que "les efforts concertés du gouvernement pour soutenir les prix des logements risquent de regonfler cette bulle étant donné la prise de contrôle effective par l'Etat du marché immobilier", rehaussant artificiellement des prix qui s'enfonceraient encore sans lui. "L'Etat a fait plus que soutenir le marché du crédit immobilier. Par de nombreux moyens, il est devenu le marché immobilier", a relevé l'inspecteur. En effet, rappelle-t-il, "l'Etat fédéral et les organismes qu'il soutient garantissent ou émettent désormais presque tous les emprunts nets nouveaux pour des prêts immobiliers ou des titres adossés à ces prêts. Discernant un "objectif politique explicite du gouvernement" de soutenir les prix de l'immobilier, il s'est inquiété que "le contribuable" soit voué à assumer "le risque qui était autrefois porté par le secteur privé", principalement par le biais des organismes semi-publics de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac » (15).

A la lecture de cette note de conjoncture du 31 janvier, on est pour le moins surpris de retrouver Fannie Mae et Freddie Mac au centre d’une nouvelle bulle immobilière, alors qu’ils portent une responsabilité centrale dans la crise des subprimes de 2007 (16).

Plus près de nous, dans l’espace et le temps, Christine Lagarde, ministre de l'économie a déclaré à Paris, le 15 janvier :

« En 2010, le retour à une croissance a été significativement positive et sans inflation. La sortie de récession a été rapide en France, dès le 2ème trimestre 2009 avec une croissance du PIB de +0,3% qui s'est prolongée sur le même rythme au 3ème trimestre. Pour 2010, les organisations internationales considèrent que la progression de l'activité sera plus rapide en France qu'en zone euro (OCDE: +1,4% en France vs +0,9% en zone euro / Commission européenne: +1,2% en France vs +0,7% en zone euro). L'amélioration du climat conjoncturel depuis la rentrée reflète le redressement du commerce international, la fin du déstockage et surtout la montée en charge des effets des mesures de relance. L'inflation devrait demeurer contenue à +1,2% en 2010 (après +0,1% en 2009 en lien avec la chute du prix du baril). Nous n'avons à craindre ni déflation, ni reprise d'inflation. Cette situation est favorable aux ménages » (17).

Ni déflation, ni inflation ? C’est ce que l’histoire monétaire future enseignera. En attendant, on relèvera que le plan français de relance de 26 milliards aurait permis de créer 0,3% de croissance entre le deuxième et le troisième trimestre. Soit un milliard de gains de PIB pour un rendement du plan de – 97%. Parmi les statistiques que le ministre aurait pu citer, il y a celles du chômage aux Etats-Unis qui :

« touche 10 % de la population, un record depuis 26 ans. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont progressé de 36.000 à 482.000 aux Etats-Unis lors de la semaine du 16 janvier, contre 440.000 attendues en moyenne. Avec 15,3 millions de chômeurs en décembre, l'économie américaine a perdu 7,6 millions d'emplois en deux ans et certains analystes prévoient encore un pic de chômage à 10,8 % en octobre 2010 » (18).

A l’échelle des pays industrialisés du G20, c’est 61 millions d’emplois qui ont été détruits entre fin 2007 et fin 2009.

Un chiffre sans précédent dont on ignore encore la portée sociale et économique. Quant à la reconstitution des stocks des entreprises, citée par le ministre, elle gonfle artificiellement les résultats de la croissance et sa portée sociale est nulle si elle ne s’accompagne pas de création d’emplois (19).

Néanmoins, toutes les perspectives économiques ne sont pas aussi sombres de par le monde. La Chine a mieux résisté à la crise que ses concurrents.

Avec 8,7% de croissance en 2009, un plan de relance de 585 milliards de dollars et un gain de PIB annuel de 600 milliards, la Chine donne l’impression d’être la seule nation à avoir réussi le pari de sa relance avec un rendement de son plan de + 2,5% (20). A ce propos, il faut se méfier d’une lecture trop rapide du keynésianisme chinois. La Chine combine, en effet, un taux d’endettement public particulièrement bas (23% en 2009) et un taux d’épargne des ménages record à plus de 45%. En outre, 80% de son PIB est tiré par des exportations à bas coûts. Conséquemment, la Chine était idéalement placée pour tirer profit des plans de relance de ses concurrents et recentrer sa croissance sur le développement de son marché intérieur qu’elle avait volontairement bridé depuis deux décennies.

Pour les Européens et les Américains, la croissance chinoise n’est pas nécessairement une donnée positive :

« Entre 2000 et 2009, la Chine a gagné 5% de part du PIB mondial, soit plus d’un doublement de sa part en neuf ans. En 2009, le succès de la Chine apparaît clairement puisqu’elle devrait devenir le deuxième exportateur mondial, juste devant les Etats-Unis et le Japon… L’on assiste à l’accélération de la tendance du transfert de la richesse des économies développées vers les économies émergentes. Allant plus loin, on peut anticiper que la Chine va porter une attention de moins en moins grande au marché américain pour développer, en priorité, son marché intérieur. Ce changement radical dans les équilibres du système économique et financier mondial forcera les Etats-Unis à revoir, dans la douleur, leur problème de dette » (21).

Ainsi, même la croissance chinoise renvoie au problème central de la dette publique qui pourrait, fin 2010, atteindre 115% du PIB aux Etats-Unis, 250% au Japon et 110% en Europe. Fatalement, ces niveaux d’endettement amèneront des réajustements systémiques dont l’ampleur et la nature sont encore imprévisibles.

Face à de tels déséquilibres se pose la question de savoir en quoi et en qui faire confiance pour protéger ses biens ? Faut-il écouter les hommes de l’Etat et se laisser guider par leurs promesses de reprise ? Faut-il acheter les recettes miracles proposées par certains organismes financiers ?

Autant de questions auxquelles, il convient de répondre pour esquisser une stratégie raisonnée de survie en temps de krach économique.

2. Revenir à l’individualisme méthodologique

Dans ces temps incertains où les analyses économiques divergentes se multiplient, il est sage de revenir à une bonne dose d’individualisme et de doute méthodologique. Au fond, nul n’est meilleur gestionnaire de son patrimoine que soi-même.

2.1 Les conseilleurs ne sont pas les payeurs

L’un des rares mérites de la crise actuelle aura été d’avoir redoré le blason du proverbe « les conseilleurs ne sont pas les payeurs ». Proverbe libéral s’il en est, dans lequel se concentrent nombre de vérités psychologiques et politiques. C’est une règle de psychologie universelle remarquablement illustrée par Adam Smith dans La richesse des nations : tout individu poursuit ses intérêts propres. Même le plus altruiste des comportements vise à satisfaire un besoin égoïste (en l’occurrence, celui d’être altruiste).

Ainsi, l’auteur de cet article vous suggère-t-il que la création ex-nihilo de monnaie ne constitue pas une pratique économique saine ? Il promeut la cohérence de ses cadres de pensée. Les hommes de l’Etat annoncent la reprise ? Ils défendent leurs politiques de relance et vous incitent à consommer davantage pour soutenir la croissance. Votre conseiller financier vous fait miroiter des rendements boursiers exceptionnels ? Vous suggère de liquider votre portefeuille avant le prochain krach? Sa rémunération est basée sur les conseils qu’il vous donne et son bonus sur le volume des transactions. Des experts au-dessus de tout soupçon vous conseillent de placer toutes vos économies dans les tulipes ? Ils préparent une bulle spéculative dans laquelle ils ont eux-mêmes investi.

Nul n’est besoin de forcer davantage le trait pour comprendre que tout conseil économique – fut-il mathématisé - est orienté par les motivations qui le sous-tendent. Faut-il, pour autant, sombrer dans une défiance totale ? Ne plus lire les économistes ? Ne plus faire appel à des intermédiaires pour gérer ses actifs ou conserver ses liquidités ? Revenir à l’autarcie et à la cassette de napoléons-or que l’on enterre au fond du jardin ?

La vie moderne, les coûts d’opportunité et les coûts d’agence nous montrent que l’option autarcique n’est pas réaliste, même si l’on peut en retenir quelques leçons utiles pour renforcer son autonomie financière face à l’adversité (22).

Mais, avant de traiter ce point, on retiendra quatre grands principes, dérivés de l’individualisme méthodologique, pour orienter ses choix économiques en temps de crise.

2.2 Quatre principes raisonnés pour des temps de crise

2.21 Favoriser la pluralité des sources d’information

Pour se faire une opinion individuelle raisonnée, économique ou politique, il convient de favoriser la pluralité des sources d’information. Une réalité aussi complexe que l’économie, formée par des millions d’interactions individuelles, ne se laisse pas enfermer dans un cadre d’analyse monolithique. Dépendre d’une seule source d’information financière, c’est dépendre d’une seule catégorie d’intérêts. C’est prendre le risque de voir ses choix dictés par autrui (c’est bien pour cela que le politique est toujours tenté ‘’d’encadrer’’ l’information).

En traitant des informations contradictoires, on prend l’habitude d’envisager plusieurs développements possibles à un problème donné. Ainsi, à ce jour, il est très difficile de savoir quelles seront les conséquences, à moyen-terme, des politiques de relance. Déboucheront-elles sur l’inflation ou la déflation ? Les arguments ne manquent ni dans un sens, ni dans un autre.

Pour Véronique Riche-Florès, chef économiste de la Société Générale :

« Face à un risque de déflation très important … les réponses des politiques économiques ont été … exceptionnelles de part et d'autre de la planète… elles risquent d'aboutir à créer de l'inflation. Parmi ces réponses, la création monétaire des banques centrales, les dépenses publiques, le repli sur soi des différentes économies, constituent chacune des conditions propices à un retour de l'inflation à terme » (23).

Pour ses collègues de la Société Générale, auteurs de l’étude déjà citée, c’est la déflation qui est davantage un risque :

« Inquiets au sujet de l’inflation ? L’expérience japonaise suggère que la déflation est un plus grand risque. Avec un chômage qui explose, il est illusoire d’espérer un retour de l’inflation dans les douze mois ».

Il est vrai que l’expérience japonaise a un côté déconcertant. Avec un endettement public qui frise les 200% du PIB et un endettement total de 500%, l’empire du soleil levant ne parvient pas à sortir d’une déflation décennale (24). Comme on le voit, les avis sont partagés au sein d’une même groupe d’experts. Aussi, est-il bien difficile d’élaborer une stratégie optimale de protection de son patrimoine face aux scénarios possibles de l’inflation et de la déflation. Un choix raisonnable sera donc de se préparer simultanément aux deux options en recherchant des classes d’actifs peu sensibles aux variations monétaires. Il en existe. Ceux que cela intéresse auront à cœur de les rechercher (L’étude de la Société Générale, leur en donnera un premier aperçu).

Toutefois, l’on notera qu’en recherchant la sécurité, on limitera ses espoirs de gains.

2.22 Limiter ses ambitions de gains

C’est une règle d’économie générale que l’on a tendance à oublier en période d’euphorie boursière, mais à des gains exceptionnels (i.e. supérieurs à la progression du PIB ou à la moyenne boursière) correspondent des risques exceptionnels : risque d’insolvabilité, technologies nouvelles, marchés émergents, etc. Sauf à être en position d’initié ou de manipuler les marchés, il n’est pas individuellement possible d’être durablement plus performant que l’indice boursier ou celui de la progression du PIB. En cela, tous les établissements financiers qui promettent des rendements sûrs et faramineux vendent, en vérité, des prises de risque élevées que les clients ne peuvent évaluer. Ajoutons que le risque augmente avec le degré de dématérialisation des placements. Plus on s’éloigne de la détention physique des biens, plus grande est la probabilité de les voir partir un jour en fumée. Accessoirement, on rappellera qu’il en va de même pour les comptes bancaires qui ne sont que des dettes chirographaires de dernier rang. Pour ceux qui seraient, malgré tout, tentés de rester en bourse, dans cette période de bulle, on recommandera de diversifier leurs placements soit en se positionnant sur plusieurs indices boursiers (trackers), soit en investissant dans des SICAV qui ont particulièrement bien résisté à la présente crise. A notre sens, cette stratégie devrait être doublée par l’achat d’une quantité raisonnable d’options qui joueront comme une police d’assurance (sous forme de straddle = put + call) en cas d’effondrement de la bourse. C’est d’ailleurs ce que font les grandes institutions financières pour limiter leurs pertes, sans toutefois en donner la recette à leurs clients. Ces produits financiers étant d’un maniement complexe, ils ne sont pas recommandés aux néophytes.

2.23 Eviter les mouvements de foule

Une autre règle à suivre pour protéger ses avoirs est de ne pas suivre le consensus général. Les phénomènes de bulle sont, toujours, amplifiés par l’instinct grégaire. Indépendamment des facteurs monétaires, les valeurs mobilières et immobilières fluctuent simplement parce que les investisseurs croient en leur hausse ou en leur baisse. En période de bulle, l’illusion s’installe que le gain de valeur d’un bien donné peut-être infini. Jusqu’au jour où il ne reste plus de ressources financières disponibles pour alimenter le mirage. Les derniers entrants sont, alors, les plus grands perdants. Car, ils rachètent toutes les hausses passées, juste avant l’effondrement des cours.

Une stratégie spéculative payante est bien entendu d’entrer en début de bulle et d’en sortir avant la fin. C’est d’ailleurs de cette façon que le père du président John Fitzgerald Kennedy a constitué sa fortune. Mais pour un individu disposant de cette aptitude à se retirer à temps – fondée sur l’intuition et/ou des informations privilégiées -, des dizaines de milliers d’autres verront leurs économies emportées par le malstrom boursier.

Ne pas suivre les mouvements de foule, cela signifie se méfier particulièrement de ceux qui les mettent en branle. C'est-à-dire des experts qui ne peuvent reconnaître leur incapacité à prédire l’avenir avec certitude. Ainsi, début janvier 2010 les experts de prestigieuses institutions financières prévoyaient une hausse du CAC 40 de 10% d’ici à la fin de l’année (25). En un mois, il vient de perdre 10%, passant de 4042 points, le 8 janvier, à 3560 le 5 février 2010 (26).

Peut-être le CAC 40 terminera-t-il à 4650 points, comme le prévoit la banque Barclays (mais il faudra alors qu’il gagne 30% sur la base du 5 février 2010) ou peut-être finira-t-il à 3300. Tout dépendra de la manière dont les agents réagiront aux stimuli monétaires des plans de relance et, plus encore, à l’explosion de la dette publique dans l’Union Européenne.

2.14 Assumer sa responsabilité

Le concept de responsabilité individuelle est au centre de la pensée libérale. En matière de gestion de patrimoine, on pourrait penser qu’il s’applique de soi : j’investis mon capital, je fais le bon choix, je suis récompensé. Je fais de mauvais choix, je suis sanctionné par le marché.

En pratique, toutefois, plusieurs facteurs s’opposent au plein exercice de la responsabilité individuelle. Parmi eux, on citera : le risque moral, la complexité des instruments financiers, l’altération du marché. Qui sait, par exemple, que les grandes banques européennes ne font pas exécuter tous leurs ordres boursiers en bourse ? Pour éviter de payer des commissions, elles exécutent les opérations en interne ou par compensation entre banques. Cette pratique n'aurait rien d'illégal. Pourtant, elle fausse les cours de bourse. Car, une partie des opérations se fait hors marché et sans véritable contrôle. On joue avec le temps. On exécute les ordres un peu plus tôt ou un peu plus tard. Plus les volumes échangés sont limités, plus les cours sont manipulés. Dés lors, il est difficile d’assumer sa responsabilité individuelle quand le marché ne fonctionne pas librement.

A ce manque de marché, il faut ajouter que la socialisation des comportements favorise les erreurs de jugement et facilite la formation des bulles. Cela peut paraître paradoxal, mais la social-démocratie keynésienne façonne les schémas mentaux de telle sorte que le revenu (partiellement public) est totalement déconnecté de l’effort (individuel) pour l’obtenir. Ainsi, les agents s’habituent à l’argent facile qui semble tomber du ciel et d’une manne sans limite. Ils sont prêts à croire toutes les promesses de rentabilité infinie. Ceci d’autant plus qu’ils n’ont pas reçu de formation économique digne de ce nom. Dans cet état de pensée, quasi magique, les agents sont enclins à prendre des risques inconsidérés. Ils ont l’impression que l’Etat interviendra toujours pour les tirer d’embarras, si les événements devaient prendre une mauvaise tournure.

Pour nous, la ré-appropriation de son destin économique est un moyen de prévenir et de se protéger des crises. Cela implique de i) faire une confiance modérée dans les intermédiaires financiers, ii) assumer pleinement le coût potentiel de ses choix privés sans chercher à socialiser les pertes – mécanisme par lequel la crise actuelle s’étend, iii) privilégier les investissements dans les entreprises qui offrent des biens ou des services réels (non des montages financiers).

Dans les circonstances présentes, seules les entreprises qui ont établi un monopole de facto peuvent espérer une rentabilité assurée. Comme certains producteurs d'électricité, par exemple, ou des compagnies pharmaceutiques disposant de solides brevets pour des médicaments indispensables à la santé humaine. Quelques entreprises pétrolières-gazières ayant de sérieuses réserves hors Opep et des compagnies de services pétroliers (prospection, pipe-lines, raffineries) offrent des profils intéressants. A condition, toutefois, que le rapport cours/bénéfice soit faible, le niveau d'endettement très bas (surtout à court terme), le dividende attendu élevé (supérieur au loyer de l’argent) et la valeur comptable supérieure au cours de bourse. Encore, faut-il prendre soin de répartir le risque sur plusieurs sociétés "non corrélées" (secteurs différents, zones géographiques différents...).

Quoi qu’il en soit, assumer la responsabilité de ses choix c’est aussi s’armer psychologiquement face à la crise et apprendre à ne pas sombrer dans le désespoir si l’on devait faire face à une grave dépression.

3. Conclusion : petit lexique commenté pour renforcer son autonomie de vie

L’une des caractéristiques des grandes crises est de plonger des franges entières de la population dans la pauvreté, voire la misère. Vue sous un autre angle, cette paupérisation se traduit par la perte d’autonomie financière. Une des précautions à prendre est donc de s’organiser pour ne pas tomber dans la dépendance.

Ne pouvant offrir de conseils universels à nos lecteurs, car chaque situation individuelle est unique, nous proposons un petit lexique de termes financiers et généraux où chacun pourra puiser les conseils pratiques qui semblent les mieux adaptés au renforcement de son autonomie de vie.

Alimentation

Pour les revenus modestes, l’alimentation représente presque 20% du budget mensuel, en deuxième position après le logement (27). L’alimentation figurant parmi les besoins physiologiques incompressibles, on conseillera aux ménages les moins favorisés de posséder un jardin ou de louer un lopin de terre capable de suppléer une partie de ces besoins. Ce conseil peut paraître archaïque et déplacé aux revenus les plus aisés. Il sera des plus précieux en cas de crise grave et de perte totale de revenus. Avec un toit, un jardin et des besoins énergétiques réduits, on est en mesure de se protéger efficacement contre les effets économiques d’une crise épique.

Banque

L’on insistera jamais assez : l’argent déposé sur un compte en banque n’offre aucune garantie d’aucune sorte. Les titulaires d’un compte en banque sont, en vérité, titulaires d’une créance de dernier rang.

Or le danger d’effondrement bancaire est réel. Certaines banques sont allées jusqu’à prêter 30 fois, voire 100 fois la valeur de leurs fonds propres. En d’autres termes, elles ont prêté la même somme 100 fois à leurs clients. Somme qu’elles ont emprunté à 1% auprès de la banque centrale. En supposant qu’elles vendent leurs crédits à 4%, elles obtiennent un rendement de 499%. La contrepartie d’un rendement aussi mirobolant, c’est que le plus infime mouvement de panique (3% des clients qui retireraient simultanément leurs encaisses) entraîne la faillite immédiate de la Banque en question.

Quoi qu’on en dise, la garantie des Etats sur les dépôts individuels n’aura de valeur que pour les premiers à retirer leurs avoirs. Les autres se retrouveront sans rien.

Aussi, face à la menace systémique qui pèse sur la monnaie scripturale, il convient de privilégier les banques de dépôt qui ne se servent pas de l’argent de leurs clients pour spéculer et ont un ratio de fonds propres / engagements de crédit élevé (au-dessus de 10%).

Tant que le loyer de l’argent sera bas et l’inflation quasi nulle, il est prudent de conserver une partie de ses économies en liquide dans un coffre en banque. On gardera aussi une somme raisonnable chez soi. Par exemple, de quoi subvenir à ses besoins alimentaires pendant trois semaines ou un mois. Le temps que le mouvement de panique bancaire cesse et que l’on puisse à nouveau accéder à son coffre.

Néanmoins, on invitera tous ceux qui seraient tentés de dissimuler leurs économies dans leur matelas ou de tout mettre dans un coffre de bien considérer le risque de cambriolage et celui que l’Etat interdise aux particuliers d’accéder à leurs coffres.

Bourse

Depuis que l’on est passé, en Occident, d’un capitalisme de dividendes (basé sur l’esprit d’entreprise et le travail) à une économie de services, socialisée et à effet de levier, la bourse ne remplit plus sa fonction première qui est de financer la croissance des firmes. Sauf, peut-être, en Chine et en Inde.

Dans cette nouvelle configuration, la bourse tend à rémunérer l’actionnaire par l’augmentation de valeur des instruments financiers (actions, options et autres produits dérivés) indépendamment de la performance économique du sous-jacent. Un phénomène accentué par les politiques keynésiennes d’argent facile (easy money) qui donnent l’illusion d’une croissance rapide des valeurs boursières, alors qu’il ne s’agit que d’un phénomène purement inflationniste. Par ce biais, la bourse devient un jeu spéculatif à somme nulle, voire négative. A notre sens, le traditionnel conseil de placer le tiers de son capital en bourse est dépassé. Il devrait être revu à la baisse (au lieu des 33% préconisé, plutôt 20 à 25%) avec une compréhension fine de la formation et de l’éclatement des bulles.

Déflation

De tous les maux économiques, c’est probablement le moindre, à la condition que le revenu disponible diminue moins rapidement que le prix des biens à la consommation. En période de déflation, il est recommandé de ‘’rester liquide’’, l’épargne prenant automatiquement de la valeur. On se méfiera, pourtant, du risque de krach systémique qui peut, en une nuit, annihiler l’épargne de toute une vie. De même, on n’accordera que peu de crédit aux statistiques macroéconomiques publiques. Celles-ci ne reflètent aucune réalité individuelle. Selon la structure de son revenu et de ses consommations, on peut vivre dans une économie officiellement en déflation et néanmoins subir une inflation réelle. En outre, les données officielles peuvent être truquées. Comme en Grèce dont les dirigeants :« ont triché pour entrer dans la zone euro, triché pour sortir de la procédure de déficit excessif » (28).

Dettes privées

De même que l’on se méfiera des conseilleurs qui promettent des rendements extraordinaires en bourse, n’écoutera-t-on pas ceux qui prônent l’endettement comme un mode assuré d’enrichissement. En période de crise, les dettes deviennent un facteur de fragilité économique extrême. Car, les revenus diminuent et les charges augmentent (c’est d’ailleurs pour ce motif que les entreprises saines se désendettent rapidement dans les périodes de récession).

En France, il est communément admis que les mensualités de remboursement (toutes charges comprises) ne peuvent être supérieures au tiers du revenu net, soit un taux d'endettement de 33 %. De notre point de vue, les épargnants modestes ne devraient pas dépasser un taux d’endettement de 20 à 25% de leurs revenus. Ils s’assureront de prendre un crédit à taux fixe et sans pénalité de sortie.

Dollar

Le dollar souvent perçu comme la monnaie refuge, par excellence, est en passe de devenir la monnaie de l’empire des dettes et des déficits. Avec 1600 milliards de déficit budgétaire en 2009 et 1400 milliards en 2010, les Etats-Unis vont créer plus de monnaie et de dettes publiques en deux ans que la Chine n’est parvenue à accumuler de surplus commerciaux en 25 ans (2000 milliards). Intrinsèquement, le dollar est donc voué à perdre de sa valeur. Même s’il se réévalue de façon circonstancielle par rapport à l’euro, il perdra, tôt ou tard, de sa valeur face aux biens physiques : or, argent, matières premières, terrains à bâtir, etc.

Euro

Monnaie technocratique dont nous avons décrit le fonctionnement dans notre article précédent.

Présente un risque inflationniste relativement moins grand que le dollar. Mais, comme toutes les monnaies de papier, n’offre aucune garantie de valeur sur le long terme. Sous forme liquide, l’euro ne devrait pas représenter plus de 15 à 20% du patrimoine et, pour les petits-épargnants, plus de six mois à un an de revenus.

Inflation

Dans les circonstances présentes, elle peut revenir à tout instant, particulièrement aux Etats-Unis. On s’en protège en transférant ses liquidités vers des biens réels qui conservent leur valeur intrinsèque : pièces d’or ou d’argent, terrains, actions d’entreprise… Deux facteurs influenceront grandement le retour de l’inflation : le niveau du chômage et la parité dollar-yuan. Tant que l’économie mondiale perdra des emplois et que la Chine refusera de décrocher sa monnaie du dollar, les facteurs déflationnistes devraient en grande partie annuler les facteurs inflationnistes.

Logement

Sur la pyramide de Maslow, le besoin de logement se situe tout en bas, presque au même rang que les besoins physiologiques. La possession de son logement est l’étape la plus importante vers l’indépendance personnelle (C’est l’une des raisons pour lesquelles les libéraux soutiennent la propriété privée et la raison pour laquelle les étatistes la combattent). En cette période de crise, l’acquisition de la résidence principale devrait rester une priorité pour tous ceux qui en auraient les moyens. Certes la déflation peut faire redouter des moins-values sur l’immobilier. Cependant, le logement ne représente pas qu’une valeur nominale. Il a aussi une valeur d’usage, particulièrement élevée en temps de crise. On recommandera également de réduire le plus possible l’empreinte énergétique de son logement (isolation, maison passive) afin de dépendre le moins possible de sources énergétiques aux prix volatiles, soumises à tous les aléas politiques.

Obligations d’Etat

Avec une dette publique qui atteint les 100% du PIB aux Etats-Unis et en Europe, les obligations d’Etat présentent un facteur de risque plus élevé que certaines obligations d’entreprises privées, faiblement endettées et disposant de bonnes perspectives de croissance. L’idée selon laquelle les Etats ne peuvent pas faire faillite est un concept purement légal, sans valeur économique. En pratique, les Etats disposent de plus d’un tour dans leur sac pour spolier les épargnants : i) suppression unilatérale de la dette (Etats-Unis, 1776 ; URSS, 1918), ii) suspension des remboursements (Turquie 1889-1902 ; Cuba, 1986 ; Argentine 2002…), iii) Inflation (une pratique bimillénaire aux innombrables exemples).

A ces artifices étatiques s’ajoute le krach obligataire (type Krach de 1987). Il survient, mécaniquement, quand les taux d’emprunt remontent brusquement. Notamment lorsque les Etats doivent lutter contre l’inflation ou perdent la confiance des investisseurs.

Or

Indéniablement, l’or est la valeur des valeurs refuges. Particulièrement dans des périodes d’incertitudes monétaires comme la nôtre. En posséder augmente sa sécurité personnelle, comme on détient une police d’assurance incendie. C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’il faut en acquérir, sans espoir de plus-value certaine. Car l’or, comme toutes les valeurs, est soumis à des phénomènes de bulle. A notre sens, la part d’or physique ne devrait pas être inférieure à 10% du montant de l’épargne liquide disponible et ne devrait pas dépasser 10% du patrimoine total.

On privilégiera les pièces d’or aux lingots. Car, au besoin, il sera plus facile d’échanger une pièce d’or contre un panier de victuailles que d’espérer la monnaie en pièces d’or d’un lingot.

Réseau social

Des études sociologiques montrent que les individus les plus connectés socialement sont ceux qui résistent le mieux aux crises économiques. Aussi, un ultime conseil : cultivez vos relations et vos amitiés. Outre les agréments qu’elles procurent, elles laissent une chance aux solidarités interpersonnelles de s’exprimer.

De tous les conseils que nous avons donnés, ce dernier est le plus précieux. Car, comme le disait l’excellent Jean Bodin, Il n’est de richesse que d’hommes.

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Notes

(1) Henri Lepage, Banques, les origines publiques de l'irresponsabilité financière privée.

(2) L'expansion en ligne 01/01/2010, L’embellie – l’atlas du retour de la croissance.

(3) Simone Wapler, 2010 reprise de la crise, 15/01/2010

(4) Société Générale, The worst case scenario, 4e trimestre 2010

(5) TF1, note de conjoncture, la dette publique enfle d’un milliard d’euros par jour.

(6) The Economist, compteur de la dette publique (choisir l’année 2010).

(7) Le Figaro, Stiglitz : les déficits publics ne sont pas un problème, 8 janvier 2010.

(8) Le Figaro, note de conjoncture du 15 janvier 2010, dettes publiques et faillite d'Etats au menu de Davos.

(9) Le Figaro, note de conjoncture du 25 novembre 2009, [L'émirat de Dubaï au bord de la faillite.

(10) Libération, 6 avril 2009, Strauss-Kahn prédit une reprise début 2010.

(11) Le Figaro note de conjoncture du 27 janvier 2010, Immobilier américain statistiques préoccupantes

(12 ) Magazine Finances, 29 septembre 2009, Bernanke nous a-t-il sauvé d’une autre grande crise ?

(13) Le Figaro note de conjoncture du 29 janvier 2010, Etats-unis croissance-exceptionnelle fin 2009.

(14) US department of Commerce, Bureau of Economic Analysis, 29 janvier 2010, estimations avancées du PIB des Etats-Unis au 4e trimestre 2009.

(15) Le Figaro, Flash actualités, 31 janvier 2010, Usa nouveau risque de crise financière

(16) Sujet traité par plusieurs auteurs de l’Institut Turgot, notamment Jean-Pierre Chamoux.

(17) Déclaration de Mme Christine Lagarde, ministre de l'économie, Paris le 15 janvier 2010.

(18) Référence

(19) Le Monde, 1er février 2010, La vigueur de la reprise-americaine n'est qu'une illusion

(20) Agefi, 21 janvier 2010, La-croissance économique chinoise dépasse les attentes

(21) Librement interprété du rapport Société Générale, The worst case scenario, 4e trimestre 2010.

(22) La théorie de l'agence permet de comprendre la manière dont se forment les contrats de délégation de pouvoir.

(23) Le Monde, Economie, 31 août 2009, L'inflation prix à payer pour éponger les excès (On observera qu’implicitement le titre de cet article ne considère pas l’inflation comme un excès..)

(24) Référence____

(25) Le Figaro, Bourse, 31 décembre 2009, Les experts anticipent une hausse de 10% en 2010

(26) Le Figaro, Bourse, 5 février 2010, Le CAC 40 attendu à nouveau dans le rouge

(27) référence

(28)Le Point Actualités, 15 janvier 2001, La patience des partenaires européens de la Grèce s’épuise