Euro : les données cachées de l'accord du 21 juillet
Par Gilles Dryancour le mercredi 27 juillet 2011, 09:41 - Note de synthèse - Lien permanent
Faut-il, comme les dirigeants de l’Euroland, se réjouir du nouveau plan, adopté à Bruxelles le 21 juillet, pour sauver l’euro ?
Proclamer qu’il apporte une solution définitive à la crise de la dette publique en Europe ?
Au regard des décisions prises, cette annonce nous semble pour le moins prématurée.
Seuls les prochains mois, voire les prochaines années, nous diront si ce nouveau plan d’urgence aura véritablement sauvé la monnaie unique. Ce plan n’est d’ailleurs pas le premier, ni le second. En dix-huit mois, c’est déjà le cinquième censé définitivement sauver l’euro.
Pour ceux qui s’en souviennent, il y eut, en mai 2010, le premier plan destiné au renflouement de la Grèce. Ensuite, en décembre 2010, il y eut le plan de sauvetage de l’Irlande. Puis vint, en mars 2011, le plan de renflouement du Portugal. Sans omettre, au mois de juin, le programme d’austérité et de privatisations, adopté par le parlement grec. Lui aussi supposé sauver l’euro.
Après ces quatre premiers plans, on peut se demander en quoi le cinquième diffère des précédents ? Quels seraient les nouveaux facteurs institutionnels ou économiques qui nous permettraient de croire que cette fois-ci serait la bonne ?
Pour tenter de répondre à cette question, on se livrera à une évaluation générale du cadre adopté le 21 juillet, sachant que toutes les mesures d’application ne sont pas encore arrêtées.
Mais avant de nous livrer à cette analyse, nous voudrions revenir, un instant, sur la déclaration de Marc de Scitivaux que nous avions relevée pour indiquer que ces plans successifs n’ont rien d’altruiste. Ils ne visent pas à sauver tel ou tel pays en particulier. Ils sont davantage destinés à ménager les intérêts politiques des hommes de gouvernement en place :
« Il ne s’agit pas d’aider les Grecs ! Il s’agit de sauver l’euro jusqu’au dernier Grec vivant ! » (1).
Ce à quoi nous avions ajouté que les plans de sauvetage de l’euro s’arrêteraient au dernier contribuable européen solvable ou au dernier électeur allemand consentant.
Depuis, on nous a fait remarquer que cette formule rappelait celle de Margaret Thatcher pour qui :
« le socialisme ne dure que jusqu'à ce que se termine l'argent des autres ».
Sans doute l’idée commune est que l’interventionnisme économique et monétaire a ses limites. Toutefois, il y avait aussi dans notre remarque une dimension plus spécifique à la crise présente. Ce que nous souhaitions mettre en lumière, c’est que l’entente provisoire pour sauver l’euro ne durera pas éternellement. A chaque nouvelle crise, les intérêts économiques et politiques divergents des Etats membres de l’Euroland renforceront les forces centrifuges inhérentes au système monétaire formé par la monnaie unique.
Aujourd’hui, ces forces agissent de manière de plus en plus tangible. Elles se sont notamment manifestées dans les vives tensions qui ont, dans l’élaboration du compromis de Bruxelles, opposé la France et l’Allemagne.
Signe d’une dégradation certaine des relations entre membres de l’Euroland, la rhétorique des Etats bons samaritains et solidaires a laissé place à la froide logique dictée par la seule volonté de conserver la monnaie unique. Que l’on en juge au ton du préambule de la déclaration des chefs d’Etat ou de gouvernement, à l’issue du sommet de Bruxelles :
« Nous réaffirmons notre attachement à l'euro et sommes résolus à faire tout ce qui est nécessaire pour assurer la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble et celle de ses États membres. Nous réaffirmons également notre détermination à renforcer la convergence, la compétitivité et la gouvernance dans la zone euro. Depuis le début de la crise de la dette souveraine, des mesures importantes ont été prises pour stabiliser la zone euro, réformer les règles et élaborer de nouveaux outils de stabilisation. Dans la zone euro, la reprise est en bonne voie et l'euro repose sur des fondamentaux économiques solides. Mais les difficultés auxquelles nous sommes confrontés ont montré que des mesures plus ambitieuses s'imposent » (2).
Mesures qui, analysées dans le détail, se traduisent en tout premier lieu par un accroissement de la dette publique de la zone euro.
1. De nouveaux emprunts pour payer les intérêts de la dette publique grecque
Tandis qu’on nous présente le plan du 21 juillet 2011 comme une innovation salvatrice de toutes les difficultés, sa principale disposition ressemble à s’y méprendre à celle déjà adoptée en mai 2010. En effet, à cette date le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) et le FMI ont octroyé un prêt de 110 milliards d’euros sur trois ans à la Grèce.
Le second plan porte, quant à lui, sur un total de 160 milliards dont 109 milliards de nouveaux prêts publics, destinés à couvrir les besoins en liquidités du gouvernement d’Athènes.
Seule nouveauté réelle, les intérêts de ce second prêt passent de 4,5% à 3,5% et les maturités de 7,5 ans en moyenne à 15 ans, voire 30 ans. Cette réduction des intérêts est également étendue, à titre rétroactif, aux prêts octroyés par le FESF et le FMI à la Grèce en 2010.
En d’autres termes, on soulage le service de la dette en l’allongeant. Selon une note de conjoncture publiée par le Figaro, la réduction du service annuel de la dette porterait sur les montants suivants :
«Au lieu de payer 14 milliards d'euros de taux d'intérêt, soit 6 % du PIB, le pays en paiera 11,5 milliards » (3).
Faire chuter le service de la dette publique grecque de 2,5 milliards d’euros par an et le faire passer de 6 points à 5 points du PIB ne modifie pas structurellement la donne financière et économique de la Grèce. Aussi, l’on peut se demander quelle est la véritable finalité de ce nouveau plan de renflouement de ce pays.
Selon nous, celle-ci est principalement de gagner du temps. Combien de temps ? En l’état des mesures prises, c’est assez difficile à estimer. Probablement entre quatre et sept ans. Ce qui permettra aux dirigeants actuels de l’Euroland de finir leur mandat actuel ; d’en commencer un autre et peut-être même de l’achever avant que le problème grec ne revienne démultiplié. Cependant, si du temps politique a incontestablement été acheté en gelant le problème de la liquidité de la dette grecque, rien n’a véritablement changé au fond. On continue toujours à emprunter le capital des pays solvables de la zone euro pour payer les intérêts dus par la Grèce à ses créanciers.
Une autre innovation, passée inaperçue, est que les contribuables français vont devoir subventionner, par leurs impôts, les intérêts du prêt de 109 milliards octroyés à la Grèce. En effet, si le mécanisme de financement du plan 2011 est identique à celui du plan de 2010, la France va emprunter, sur les marchés financiers, 15 milliards d’euros à un taux de 3,42% (taux des OAT à 10 ans, au jour de l’article) qui seront, via le FESF, prêtés à la Grèce à un taux de 3,5%.
Or, le FESF perçoit 50 points de base de rémunération pour ses services. Ce qui implique que la rémunération réelle des prêts accordés par la France à la Grèce sera négative d’un minimum de 42 points de base (+3,5% - 3,42% - 0,5%). Cette perte de rémunération portant sur 30 milliards (en cumulant les plans 2010 et 2011), le coût de subvention des prêts à la Grèce pourrait atteindre, en 2014, 126 millions d’euros par an. Ce qui, au passage, invalide tous les propos que l’on peut entendre, ici où la dans les médias, selon lesquels la France a mis la Grèce à rançon en empruntant à un taux bas et en prêtant à un taux plus élevé. Pour cette raison, on ne peut davantage souscrire aux propos du nouveau ministre de l’économie, François Baroin, pour qui le nouveau prêt n’appauvrit pas la France :
« Ces 15 milliards prévus d'ici 2014 n'auront qu'un impact comptable sur la dette, et aucun sur le déficit, souligne-t-il, et cette dette sera émise par le FESF et non par la France. La France intervient sous forme de garantie. Or, depuis l'an dernier, les statisticiens européens nous ont indiqué que la dette du Fonds européen de stabilité financière devait être rattachée comptablement à chaque Etat pour la part qu'il garantit", déclare François Baroin. "Au-delà de cet impact comptable, la France n'a pas besoin d'emprunter davantage et notre déficit n'est pas impacté. Ni le Fonds ni a fortiori la France ne s'appauvrissent dans l'opération", poursuit-il. Le surplus d'endettement devrait modifier la trajectoire prévisionnelle d'évolution de la dette publique de la France, qui s'élève à environ 1.600 milliards d'euros. Le gouvernement prévoyait jusqu'à présent que le ratio de dette continuerait d'augmenter cette année et l'an prochain à 85,4% du produit intérieur brut fin 2011 et 86,9% fin 2012 puis baisserait à 86,4% fin 2013 et 84,8% fin 2014 » (4).
Sans vouloir jouer les mauvais esprits, il nous semble que cette explication est singulièrement alambiquée. Elle contrevient, également, au principe logique de la non-contradiction selon lequel une chose ne peut être et être son contraire à la fois. En l’occurrence, les 15 milliards de prêts de la France à la Grèce ne peuvent simultanément se situer dans et hors de la dette publique française. De toute évidence, ils y sont bien. Et, comme l’indique l’auteur de la brève, ils auront un impact négatif sur le ratio de la dette française. Ce qui nous rapprochera un peu plus de l’inévitable cure d’austérité à laquelle la France ne pourra plus se soustraire très longtemps.
Parmi les autres bizarreries que nous avons relevées, à propos du nouveau plan de sauvetage de la Grèce, il y a cette déclaration d’un président d’une grande banque grecque, toujours citée par le Figaro :
« Dans le milieu bancaire grec, le ton est à la discrétion. «Cette décision enlève de la pression sur la Grèce et lui permettra de revenir sur les marchés dans trois ans, pour emprunter des montants importants», espère le président d'une grande banque grecque, sous couvert d'anonymat » (5).
Ou il s’agit de la méthode Coué, ou cela traduit une véritable mentalité favorable aux opportunités de spéculation offertes par l’endettement croissant des Etats. Dans tous les cas, on ne voit pas comment la Grèce, dont l’endettement va encore gonfler d’ici 2014, serait en mesure d’emprunter massivement sur les marchés financiers tout en remboursant sa dette à terme. Ceci malgré les propos rassurants de nos dirigeants :
« La Grèce paiera sa dette, dont le montant nominal sera réduit de 24 points de PIB grâce à de nouveaux prêts de l'UE et du FMI et à une participation volontaire du secteur privé à un nouveau plan de soutien, a indiqué jeudi soir Nicolas Sarkozy » (6).
Même si la participation ‘’volontaire’’ des banques aboutit, par le défaut de paiement, à une réduction du montant nominal de la dette, il semble bien difficile de croire qu’il atteindra 24 points de PIB.
2. Quand la faillite financière est présentée comme succès politique
Selon les médias, la véritable ‘’nouveauté’’ du second plan se trouverait dans la décision de faire contribuer le secteur privé à une hauteur de 59 milliards.
De ce montant, 31 milliards proviendront d’un roulement de crédit (ou roll-over) – une méthode consistant à échanger des obligations arrivant à échéance contre d’autres obligations à taux réduit et à plus longue maturité.
Les 28 autres milliards viendront du rachat, à un prix décoté, des 135 milliards de la dette grecque détenue par les institutions financières. Pour parvenir à ces 28 milliards, la décote (perte nette) sera de 21%.
Il s’ensuit bien que ce n’est donc pas de 24 points de PIB dont la dette grecque sera réduite, mais de 28 milliards sur 365 (dernière estimation après le versement de la tranche de 15 milliards de prêts FESF/FMI début juillet).
Si l’on sait bien compter, l’endettement public de la Grèce passera de 365 à 337 milliards, soit de 152% du PIB à 140% du PIB. Ce qui correspond à une diminution de 12 points de PIB et non de 24%.
Quid, cependant, des 109 milliards supplémentaires octroyés par l’Euroland à la Grèce ? Certes, on peut imaginer qu’une partie sera utilisée pour rembourser le capital et les intérêts des obligations décotées, mais une autre partie viendra nécessairement s’ajouter au stock de dettes existant. En estimant, très grossièrement, que 50% du nouveau prêt s’ajouteront au stock de dettes actuel, on aurait une dette grecque approchant les 390 milliards en 2014, soit 162% du PIB.
Ainsi, à l’issue de ce second plan de sauvetage de la Grèce, il est fort à parier que sa dette publique sera encore plus élevée, à moyen terme, qu’elle ne l’est aujourd’hui. Ce qui n’a rien de surprenant puisque, excepté la demi-mesure impliquant le secteur bancaire, la méthode retenue consiste toujours à traiter le problème de la dette en empruntant davantage. C’est-à-dire à rajouter de nouveaux étages à la pyramide de Ponzi, chaque fois que l’on s’approche de son sommet.
Parallèlement à ces considérations, Il convient de ne pas se laisser impressionner par les discours présentant le défaut partiel imposé aux banques comme le gage de la réussite du plan de Bruxelles. Outre que le défaut porte sur un montant assez insignifiant, relativement aux enjeux, il n’est en rien un franc succès pour les contribuables de l’Euroland. Il l’est bien plus pour les hommes de l’Etat et les réseaux d’influence du monde financier.
Ce qui inspire cette remarque, c’est le constat que, contrairement aux apparences, la querelle entre le président Sarkozy et la chancelière Merkel, à propos de la manière de faire ‘’payer’’ les banques, ne portait pas sur le fond. Elle portait uniquement sur la manière de transférer le risque de la dette publique grecque, détenue par les banques allemandes et françaises, vers les contribuables.
Comme chacun le sait, la proposition française visait à imposer une taxe sur toutes les transactions financières pour refinancer la dette grecque. Ce qui aurait dilué le risque français entre toutes les institutions financières européennes, y compris les banques irlandaises, espagnoles, portugaises et grecques virtuellement en faillite.
Pour Merkel, ce plan était inacceptable. D’abord parce qu’il lui semblait irréaliste. Ensuite parce qu’il aurait été rejeté par 85% à 90% des électeurs Allemands. Ceux-ci étaient, en effet; exaspérés à l’idée qu’ils allaient devoir contribuer au renflouement des banques qui ont acheté de la dette grecque au-delà du raisonnable. De là est né le projet de faire aussi contribuer les banques concernées.
A ce propos, il ne faut pas être leurré par l’effet d’annonce politique. Dans les faits, ce sont encore les contribuables, essentiellement allemands et français, qui seront les dupes de la manœuvre. Pratiquement, la décision de racheter les obligations grecques à 80% de leur valeur nominale est un cadeau inespéré fait aux institutions financières. Car, au dernier relevé, les obligations grecques s’échangeaient sur le marché à 50% de leur valeur nominale.
En d’autres termes, on va obliger les contribuables européens à racheter les obligations grecques à une valeur de 107 milliards d’euros, alors qu’elles ne valent plus que 67. Soit un cadeau de 40 milliards d’euros au profit des organismes financiers.
Comment ne pas y voir un signe manifeste de la convergence d’intérêts entre les hommes de la banque et ceux de l’Etat ? Les premiers soutenant le pouvoir des seconds et les seconds protégeant les rentes des premiers.
Gageons aussi que tous ceux qui, bien informés, ont récemment acheté de la dette grecque au prix du marché (50% de la valeur nominale) et le revendront au prix public (80%) seront particulièrement heureux du bénéfice de 60% que les hommes de l’Etat leur auront permis de réaliser en un temps record.
Ajoutons que si l’on n’avait pas fait appel aux contribuables européens pour renflouer la Grèce, la sanction du marché aurait été bien plus douloureuse pour les institutions financières qui ont fait une confiance excessive dans l’Etat grec. Le défaut de paiement aurait, alors, amené de nombreuses banques, surexposées au risque grec, à être rachetées et leurs équipes dirigeantes liquidées par des concurrentes mieux gérées. C’est ce qui s’est, d’ailleurs, passé aux Etats-Unis après la faillite de Lehman Brothers.
Que l’on soit pour ou contre cette solution, on est de toutes les manières obligé d’admettre que le plan de Bruxelles, du 21 juillet, crée un certain nombre de précédents qui ne sont ni en mesure de rassurer les marchés, ni de stabiliser la zone euro.
3. Des précédents source de contagion
Pour le neo-keynésien Joseph Stiglitz le cadre adopté à Bruxelles est la solution politique qui évitera la contagion et sauvera l’euro :
« Les décisions des dirigeants européens sont une réponse à ceux qui contestent l'euro, une réponse qui semble être convaincante et peut contenir la contagion de la crise", a indiqué M. Stiglitz. Ces décisions constituent "une claire solution politique", "un pas vers l'intégration de la zone euro et de l'Europe", a souligné l'économiste (…) Il a relevé que "le renforcement du fonds de secours européen (FESF), le rachat des obligations sur le marché secondaire à des prix réduits, la substitution des obligations grecques par d'autres bénéficiant de conditions plus favorables ainsi que les garanties offertes par la Banque centrale européenne (BCE), constituent un plan important qui fait face au problème » (7).
Personne ne sera surpris de lire, sur ce site, que nous ne partageons pas l’avis du prix Nobel. Au contraire, le plan du 21 juillet nous semble contenir de fâcheux précédents qui pourraient susciter la montée des taux obligataires pour tous les PIIGS. Ces éléments négatifs sont les suivants :
a) Si la Grèce s’est vue accordée un traitement préférentiel et une réduction unilatérale de 12 points de PIB de sa dette, pourquoi l’Irlande, l’Espagne, le Portugal et l’Italie se verraient privé d’une telle facilité dès lors qu’ils ne parviendront plus à maîtriser leur dette et faire face à la hausse des taux ? Quelle serait la base économique, morale ou juridique pour leur refuser cette facilité à leur tour ?
b) Ces dernières semaines, la parole de la BCE a perdu toute crédibilité sur les marchés. Depuis le début du mois de juin, ses dirigeants ont solennellement affirmé que le défaut de paiement de la Grèce n’était pas une option. Car, il serait une source de contagion. Cette position a été désavouée, de la façon la plus cinglante, par les Etats de l’Euroland. Ces derniers ont pu ainsi montrer que la BCE n’est plus aussi indépendante que les traités ne le laissent croire. Avec le renforcement du FESF, les Etats pourront, partiellement, contourner les objectifs anti-inflationnistes de la BCE et reprendre en main la direction de la politique monétaire qui leur avait échappée au moment du traité de Maastricht. Techniquement, les Etats disposeront, effectivement, de la possibilité de monétiser, via le second marché, la dette des Etats jugés dans le besoin et aussi celle des banques qui financent les déficits publics. Ce qui renforcera les liens entre les hommes de l’Etat et ceux des banques, laissant présager une dangereuse dérive du système politico-financier.
c) Manifestement, les signes se multiplient que les Etats de l’Euroland veulent, aussi, s’affranchir du contrôle de la politique monétaire par les marchés. Ainsi, pour la première fois, il est fait allusion, dans la déclaration de Bruxelles, à la création d’une agence européenne de notation : « Nous convenons qu'il y a lieu de réduire la dépendance à l'égard des notations de crédit externes dans le cadre réglementaire de l'UE, en tenant compte des récentes propositions de la Commission dans ce sens, et nous attendons avec intérêt les propositions de la Commission » (8). Une éventualité que nous envisagions récemment et qui est cohérente avec la tentation de monétiser la dette via le second marché.
Dans tous ces éléments, on ne voit rien qui puisse être de nature à rassurer les marchés sur le long terme. Les porteurs d’obligations risquent, désormais, d’être lésés par le défaut des Etats déficients ou par la monétisation et l’inflation. Cette dernière ne pourra plus être aussi bien contenue par les marchés.
Bien que le plan de Bruxelles soit peint aux couleurs allemandes par la presse française, le nouveau système de ‘’gouvernance monétaire’’ qu’il dessine repose sur l’ancien modèle français. En cela, le risque de dérive de la dette publique européenne s’est accru, même si la déclaration de Bruxelles affirme le contraire :
« Tous les États membres de la zone euro respecteront à la lettre les objectifs budgétaires fixés, amélioreront la compétitivité et remédieront aux déséquilibres macroéconomiques. Les déficits publics dans tous les pays, à l'exception de ceux bénéficiant d'un programme, seront ramenés sous le seuil de 3 % d'ici 2013 au plus tard. Dans ce contexte, nous nous félicitons du train de mesures budgétaires présenté récemment par le gouvernement italien, qui permettra de ramener le déficit sous le seuil des 3 % en 2012 et d'équilibrer le budget en 2014 » (9).
L’expérience récente montre que cette déclaration de principe n’a aucune valeur. Elle reprend la condition formelle du traité de Maastricht de la limitation du déficit public à 3% du PIB. Or, malgré sa valeur constitutionnelle, cette règle n’est plus respectée depuis plusieurs années par la grande majorité des Etats membres de l’UEM. Aussi, rien ne pourra empêcher un scénario à la grecque pour le Portugal, l’Irlande et l’Italie si leur taux de croissance reste faible et leur déficit public élevé. Moody’s ne s’y est pas trompé. Après avoir, le lundi 25 juillet, à nouveau abaissé de trois crans la note de la Grèce de Caa1 à Ca, soit à un cran du défaut, Moody’s a exprimé ses doutes sérieux quant à la solvabilité future de l’Irlande et du Portugal :
« Le compromis, obtenu après des semaines d'atermoiements de la classe politique européenne, a également pour but de contenir le risque de contagion de la crise à d'autres pays fragiles de la zone euro. L'Irlande et le Portugal, deux autres pays en difficulté, vont ainsi pouvoir emprunter à des taux réduits à l'avenir. Mais d'après Moody's, pour les créanciers de ces deux pays, rien n'est certain: les points négatifs vont continuer à l'emporter sur les points positifs, ce qui devrait "peser sur leur note", fait savoir l'agence » (10).
Conclusion
En toute objectivité, on doit reconnaître que le plan de Bruxelles a déplacé la question de la survie de l’euro de la crise grecque à celui de la viabilité du Fonds Européen de Stabilisation Financière. Tant que le FESF pourra emprunter à un taux raisonnable, le nouveau système monétaire, mis en place à l’insu du grand public, survivra. Dès que ses capacités d’emprunt diminueront, à cause d’une crise majeure ou de la montée des taux d’intérêt obligataires pour la France et l’Allemagne, il est fort à parier que ce nouvel édifice keynésien s’effondrera à son tour.
Notes
(1) Voir notre précédent papier : Crise de la dette grecque: combien durera encore le jeu de dupes monétaires, Gilles Dryancour, Institut Turgot, le 8 juillet 2011.
(3)Le Figaro, Conjoncture, La Grèce doit maintenant tenir ses promesses, 22 juillet.
(4) Le Figaro, flash-éco, Pour Baroin, l'aide à la Grèce n'appauvrit pas la France, 23 juillet 2011.
(5) Référence
(6)Le Monde, Dépêches, 21 juillet, La Grèce remboursera sa dette dit Nicolas Sarkozy
(7) Le Figaro, Flash Eco, 23 juillet 2011, Grèce enrayer la contagion
(8) Conseil de l'Union Européenne, Déclaration des chefs d'État ou de gouvernement de la zone euro, Bruxelles le 21 juillet 2011.
(9) Idem
Commentaires
Mardi 26 Juillet 2011 :
Dette des Etats : Italie et Espagne se financent au prix fort.
L’Italie et l’Espagne étaient actifs sur les marchés ce mardi et ont subi de plein fouet la hausse des coûts de financement.
Le Trésor italien a émis des obligations à six mois pour un montant de 7,5 milliards d’euros. Les taux d’intérêts sont en forte hausse par rapport au dernier placement : 2,269 %, contre 1,988 % à l’occasion de la précédente émission de même échéance.
1,5 milliard d’euros de titres à deux ans ont également été levés, avec des taux qui se sont envolés à 4,038 %, contre 3,219 % lors de la précédente émission.
Le Trésor espagnol a pour sa part levé 2,885 milliards d’euros de bons à 3 et 6 mois. Tout comme l’Italie, l’Espagne subit tout autant l’envolée des taux d’intérêts.
Les taux sont montés à 1,899 % pour l’émission à 3 mois (contre 1,568 % lors de la dernière émission de cette échéance le 21 juin).
Les taux sont montés à 2,519 % pour l’émission à 6 mois, contre 1,776 % le 21 juin dernier à l’occasion de la précédente émission de même échéance.
Le répit n’aura donc été que de courte durée sur le marché de la dette des Etats. Et ce, malgré l’accord sur la Grèce entériné entre les ministres des Finances de la zone euro vendredi dernier.
La Banque d’Italie a annoncé que « cette hausse des taux illustre les inquiétudes et les doutes des investisseurs quant aux mesures prises lors du sommet européen de Bruxelles ».
Une fois de plus bravo pour cet exposé clair et précis de la situation! Il est fort regrettable qu'aussi peu de gens vous lisent car ils y gagneraient !
Quoi qu'il en soit la situation est toujours aussi explosive et les risques d'explosion de ce système néfaste sont omniprésents ; cela nous promet de sacrées réactions politiques dans les mois à venir...
@ l'auteur,
Merci pour cet article limpide.
A peine publié, les événements vous donnent raison.
Ce matin, Wolfgang Schäuble, a annoncé dans le Stern qu'il «serait faux de croire que la crise de confiance dans la zone euro va s'achever grâce à un seul sommet». Et Standard and Poor's a qualifié le plan d'insuffisant prévoyant un autre défaut de paiement de la Grèce à brève échéance.
Ce qui est plus pessimiste que vos 4 ans de votre fourchette basse.
Comment expliquez-vous cette différence ?
A quand un article de vous sur la dette US pour laquelle, je vous trouve très discret?
@ daredevil2007,
Suivant pour des raisons professionnelles la presse et les papiers sur la dette, j'ai l'impression que ceux de Mr. dryancour sont bien diffusés et lus dans les médias francophones.
Bien vous,
VS
@ Gilles Dryancour : Excellent article, aussi documenté que synthétique, qui souligne extrêmement bien les dangers de la situation actuelle.
Juste une remarque: comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire sur ce site, les critères de convergence - dont fait partie l'interdiction du déficit budgétaire en deca des fameux 3% du PIB - n'ont pas une valeur juridiquement contraignante. Si donc j'accepte tout à fait votre passage "L’expérience récente montre que cette déclaration de principe n’a aucune valeur" je ne peux souscrire à cette affirmation : "malgré sa valeur constitutionnelle, cette règle n’est plus respectée depuis plusieurs années par la grande majorité des Etats membres de l’UEM" puisque ni cette règle, ni les traités européens n'ont de valeur "constitutionnelle". Concernant les traités il s'agit de traités internationaux, donc il faut vérifier, article après article, s'ils sont dotés de l'effet direct et sont réellement invocables devant une juridiction.
Le véritable fondement juridique de cette règle est le pacte de stabilité et de croissance, lequel n'a aucune valeur.
Faute de mécanisme de sanction, la règle des 3% pouvait donc tout à fait être violée par les Etats.
Si donc un tel mécanisme de sanction avait été prévu - conformément aux voeux des partisans d'une interdiction institutionnelle des déficits publics - les Etats auraient été empêchés de dépenser, il n'y aurait pas eu de spéculation sur les obligations étatiques - qui seraient restées résiduelles - et le contribuable des années à venir n'aurait pas à résorber le déficit public actuel.
Je reprends la Conclusion
"En toute objectivité, on doit reconnaître que le plan de Bruxelles a déplacé la question de la survie de l’euro de la crise grecque à celui de la viabilité du Fonds Européen de Stabilisation Financière. "
Et il faut voir dans cette "facilité européenne de stabilité financière" un embryon de l'Etat européen - inéluctable selon eux - dont les hommes de l'Etat rêvent et qu'ils n'avaient pas pu obtenir par des voies démocratiques :
cf. http://blog.georgeslane.fr/post/201...
Merci pour cette synthèse. Peut-on essayer de regarder les conséquences de l'accord du point de vue de chaque partie concernée pour savoir qui perd quoi dans ce jeu à somme négative ?
Les rehausseurs de crédit, d'abord. Avant l'accord, il était possible qu'un défaut grec déclenche les clauses des CDS sur la dette grecque. Apparemment, les émetteurs de ces CDS sont désormais à l'abri.
L'Etat grec, qui doit maintenant générer un excédent primaire de 5% au lieu de 6% (au moins) et dont la dette passe de 150% à 130 ou 150% du PIB. Autant dire que sa situation n'est changée qu'à la marge et à court terme.
Les banques, notamment françaises et grecques, qui détiennent 150 Md€ sur une dette grecque totale de 340 Md€. Très difficile de savoir ce qu'elles perdent réellement dans l'opération. Elles auront la possibilité d'échanger leurs titres grecs contre d'autres titres, présentés comme "AAA" (?!?!?), d'une durée de 30 ans, 1) soit sans décote mais avec un rendement faible, 2) soit avec une décote mais avec un rendement plus élevé. La décote moyenne est estimée à 21% mais par rapport à quelle référence ? Ce chiffre n'est pas basé sur la valeur nette comptable des titres, ni sur leur prix de marché, mais sur un rendement moyen fictif de 9%. Surtout, je n'arrive pas à savoir si les titres que les banques obtiendront en échange seront garantis, et par qui. D'où vient ce "AAA" ? Un titre ne peut pas être AAA a priori... Bref, je soupçonne que l'opération permettra aux banques d'échanger de la dette grecque contre des titres plus sûrs, garantis par les Etats de la zone euro, et ce avec une décote minimaliste. En procédant ainsi, elles limitent fortement leurs pertes et sortent le risque grec de leur bilan pour le transférer sur le contribuable de la zone euro. Pour plus de précisions sur l'offre, voir cette note sibylline de l'IIF :
http://www.iif.com/download.php?id=...
La BCE semble avoir obtenu des garanties des Etats de la zone euro pour les titres qu'elle a actuellement dans son bilan ou en pension, et qui représentent au total 140 Md€. Mais ces garanties sont une barrière de papier. La BCE continuera de prendre en pension ou d'acheter des titres grecs, et risque d'être mise devant le fait accompli et de devoir les monétiser en cas de défaut ultérieur.
Les gouvernements encore vaillants de la zone euro. Comme aurait dit Rueff, ce sont les égouts collecteurs du risque souverain.
En bref : une trésorerie légèrement améliorée pour le gouvernement grec, avec une vision à court terme, ce qui permet de repousser le problème à plus tard. Des investisseurs qui bénéficient d'un plan de sauvetage sur mesure. Une BCE et des contribuables qui continuent prendre de plus en plus de poids sur leurs épaules.
J'ai loupé qqc ?
A darededevil2007,
Les politiques semblent avoir entendu votre message et comme le signale VS, le plan de Bruxelles passe très mal.
Schäuble, le ministre allemand des finances, a dû se rendre au Bundestag et faire cette double déclaration étonnante que la crise de l'euro était encore devant nous (contrairement à ce qui nous été dit la semaine dernière) et que l'Allemagne n'avait pas signé un chèque en blanc pour racheter la dette des pays déficients. Ce que la France croyait pourtant...
Les députés CDU/CSU et libéraux du Bundestag ont dû en avaler leur chapeau.
Malgré la pause estivale, on sent la pression politique monter en Allemagne.
Le système est sacrément secoué et tend vers ses limites.
Et comme indiqué plus haut par BA, l'effet sur les marchés a été quasiment nul. Si l'Italie saute la Banque (centrale) aussi.
Pour ce qui est d'être lu par plus de lecteurs, je ne demande pas mieux d'être repris ou cité par de plus grands médias qui n'aimeraient peut-être pas la tournure non-conventionnelle de mes analyses.
Toutefois, j'écris par plaisir, bénévolement et par sympathie pour les animateurs de Turgot.
Merci de nous lire,
GD
A VS,
Concernant le risque de défaut de la Grèce identifié par S&P's, je pense qu'il porte sur l'entrée en application effective du second plan et son possible retard. Avec le 1er programme (110 milliards) et le second (109 milliards), la Grèce sera en mesure de payer les intérêts réduits de sa dette pendant trois ou quatre ans minimum. C'est la raison technique de la divergence d'appréciation.
Pour la dette US, pourquoi pas à la rentrée. Le jeu politique qui se déroule au congrès et des plus intéressants. Mais, comme j'écris à mes heures perdues, si j'ose dire, je ne puis traiter tous les sujets.
Merci de votre fidèle lecture,
Bien à vous,
GD
A Philippe Jaunet,
Entre le traité de Maastricht, ses protocoles et la version consolidée du TFUE, un gréffier y perdrait ses petits (si vous m'autorisez ce jeu de mots).
J'ai eu quelque mal à trouver une analyse qui résume la question que vous semblez connaître mieux que moi.
Depuis mes chères années à la faculté de droit (avant la fac d'éco) je n'ai plus travaillé à fond les questions de constitutionnalité du droit européen dont je me souviens que le Conseil d'Etat interprétait les principes selon son humeur. Ceci d'autant plus que je vis en Allemagne. Néanmoins, il me semble que l'un des principes essentiels du droit international public est la supériorité des traités sur les règles de droit interne, a fortiori pour les traités européens.
Comment interprétez-vous alors le résumé ci-dessous que j'ai copié dans l'encyclopédie juridique Moussis en ligne à propos de l'article 126 du TFUE et des mécanismes de sanction prévus?
http://www.europedia.moussis.eu/boo...
Suggérez-vous que le mécanisme n'a pas de valeur juridique ?
Ou suggérez-vous plutôt qu'avec l'intervention du Conseil de l'UE et la nécessité de recueillir la majorité qualifiée spéciale pour mettre un Etat à l'amende en cas de déficit excessif, la règle de droit peut être gelée par une décision ou non-décision politique?
Sans vouloir trop argumenter, vous conviendrez que ce n'est pas tout à fait pareil.
Merci de me donner votre analyse qui m'intéressera au plus haut point.
Bien à vous,
GD
La Commission doit surveiller l'évolution de la situation budgétaire et du montant de la dette publique dans les États membres en vue de déceler les erreurs manifestes. Elle doit examiner notamment si la discipline budgétaire a été respectée, et ce sur la base des deux critères ci-après [voir aussi la section 7.2.3]: a) si le rapport entre le déficit public prévu ou effectif et le produit intérieur brut dépasse une valeur de référence (3% du PIB), à moins que le rapport n'ait diminué de manière substantielle et constante et atteint un niveau proche de la valeur de référence ou à moins que le dépassement de la valeur de référence ne soit qu'exceptionnel et temporaire; b) si le rapport entre la dette publique et le produit intérieur brut dépasse une valeur de référence (60% du PIB) à moins que ce rapport ne diminue suffisamment et ne s'approche de la valeur de référence à un rythme satisfaisant (article 126 TFUE, ex-article 104 TCE et protocole sur la procédure concernant les déficits excessifs).
Si un État membre ne satisfait pas aux exigences de ces critères ou de l'un d'eux, la Commission ténant compte de tous les facteurs pertinents, y compris la position économique et budgétaire à moyen terme de l'État membre, adresse un avis à l'État membre concerné et elle en informe le Conseil (article 126 § 5 TFUE, ex-article 104 § 5 TCE). Le Conseil, statuant à la majorité qualifiée sur recommandation de la Commission, et compte tenu des observations éventuelles de l'État membre concerné, décide, après une évaluation globale, s'il y a ou non un déficit excessif (article 126 § 6 TFUE, ex-article 104 § 6 TCE). S'il décide qu'il y a un déficit excessif, il adresse des recommandations à l'État membre concerné afin que celui-ci mette un terme à cette situation dans un délai donné (article 126 § 7, ex-article 104 § 7 TCE). En cas d'inaction de l'État membre, le Conseil peut, d'abord, rendre publique ses recommandations (article 126 § 8 TFUE, ex-article 104 § 8 TCE) et, ensuite, décider à une majorité qualifiée spéciale les mesures à prendre par l'État membre concerné, dans un délai déterminé, pour remédier à la situation. En pareil cas, le Conseil peut demander à l'État membre concerné de présenter des rapports selon un calendrier précis, afin de pouvoir examiner les efforts d'ajustement consentis par cet État membre (article 126 § 9 TFUE, ex-article 104 § 9 TCE).
Aussi longtemps qu'un État membre ne se conforme pas à une décision prise en vertu du paragraphe 9, le Conseil peut décider d'appliquer ou, le cas échéant, de renforcer une ou plusieurs des mesures suivantes:
• exiger de l'État membre concerné qu'il publie des informations supplémentaires, à préciser par le Conseil, avant d'émettre des obligations et des titres;
• inviter la Banque européenne d'investissement à revoir sa politique de prêts à l'égard de l'État membre concerné;
• exiger que l'État membre concerné fasse, auprès de l'Union, un dépôt ne portant pas intérêt, d'un montant approprié, jusqu'à ce que, de l'avis du Conseil, le déficit excessif ait été corrigé;
• imposer des amendes d'un montant approprié (article 126 § 11 TFUE, ex-article 104 § 11 TCE).
Merci pour votre aimable réponse et pour les efforts que vous et tous les autres intervenants dont M. Lepage, faites.
Quoi qu'il en soit, je pense que nous sommes un certain nombre à vous en être reconnaissant!
Au plaisir de vous lire
A Gu Si Fang,
vous n'avez rien loupé et poursuivi certaines de mes analyses que je n'ai pu développer. Notez que je m'en suis tenu à la version officielle du plan de sauvetage sans pourvoir approfondir un certain nombre de questions. Je vous livre quelques remarques supplémentaires au passage:
1. D'abord, je confirme bien que selon mes derniers calculs, la dette publique grecque est nettement supérieure à 150% du PIB, 152% est un chiffre bas. On voit circuler, 160%, voire même 165%. On passera donc d'un ratio de dette de 152% (ou 160%) à 140% au mieux, cela grâce à la contribution des banques. Si, comme vous le signalez, elle se réalise. Or, les modalités pratiques n'étant pas arrêtées, on ne sait rien de la manière dont le rachat va s'opérer.
2. Pensez-vous que la possibilité d'échanger la dette offerte parallèlement au rachat de la valeur nominale désactive la garantie des CDS? Je n'en suis pas juridiquement certain. Car, objectivement il y a défaut partiel. Ceux qui vendront à 80% de la valeur et qui ont des CDS ne pourront-ils pas exiger le remboursement des 20% manquants?
3. Il y a un conflit majeur entre les titulaires de CDS avec effet de levier et les détenteurs d'obligations sans CDS. Les premiers ont intérêt à pousser au défaut. Les seconds à faire payer les contribuables. Résultat du match entre les deux catégories de parieurs dans quelques années ou mois.
4. Je ne sais vraiment pas d'où peut sortir le AAA des futures obligations grecques qui seront échangées contre les anciennes. Comme la création des Eurobonds est renvoyée aux calendes grecques, ceux qui échangeront leurs obligations recevront du papier grec, noté CCC. Il ne me semble pas avoir lu que le FESF pourrait garantir les futures obligations. Mais je me demande si ce n'est pas ce qui sera exigé de la BCE qui verra alors son bilan totalement plombé.
Il me faut aussi préciser un point que je n'ai pas assez souligné : si la crise de l'euro est repoussée, c'est uniquement pour le problème grec. Mais, on ne peut exclure qu'un autre maillon faible des PIIGS fasse défaut. Cela sera alors un choc tel qu'il deviendra de plus en plus difficile de rançonner le contribuable.
Merci de nous lire et bien à vous,
GD
Merci à tous pour contribuer à animer ce débat de manière aussi sympathique.
Toutes vos remarques sont intéressantes et concurrent à enrichir le dossier.
Pour compléter celui-ci je vais prochainement mettre en ligne la vidéo enregistrée lors de la dernière conférence de Jean-Jacques Rosa. Bien évidemment,les décisions de la semaine dernière ne retranchent rien, au contraire, à l'analyse que nous a donné Rosa ce jour-là.
HL
@ l'auteur,
Merci de votre réponse mais je reste sur ma faim pour ce qui est de la dette grecque.
Vous avez vu cette brève parue il y a quelques instants :
"L'agence de notation Standard and Poors a encore abaissé la note de dette de la Grèce, de deux crans, à CC contre CCC auparavant. Le groupe évoque un risque de défaut de paiement du pays. Standard and Poor's a assorti cette note d'une "perspective négative", signifiant ainsi qu'elle envisage une nouvelle dégradation dans les mois à venir".
Désolée d'insister, mais qu'en pensez-vous. Le défaut total de la Grèce ne va-t-il pas faire pérécliter tout l'ingénieux plan de Bruxelles, conconcté par de savants technocrates ?
Meilleures salutations,
VS
@ l'auteur et Gu Si Fang
On a le sentiment que les gouvernements allemands et francais travaillent surtout a ce qu'un defaut grec ne fragilise pas trop "leurs" banques et eviter ainsi une crise bancaire dans leur pays respectifs et les recapitalisations subsequentes. En proposant au FESF de garantir le principal des nouvelles obligations echangees avec une decote "forfaitaire", ce qui constitue la demande de l'IIF (il reste effectivement a determiner sous quelle forme cette demande a ete acceptee), elles permettent en theorie une sortie de la Grece de l'Euro qui pourrait presque etre ordonnee. La facture pour le contribuable francais et allemand sera certes lourde mais le probleme redeviendrait purement grec.
Si un tel scenario se produisait les detenteurs d'obligations des autres PIIGS s'inquieteront du sort qui leur sera fait au prochain tour, creant une nouvelle crise, a nouveau "contenue" par un accroissement de la taille du FESF et ainsi de suite jusqu'a ce que le fonds explose.
En attendant, la population grecque "de base" trinque et celle qui s'est enrichie pendant la bulle s'est mise a l'abri ailleurs. Cette situation socialement explosive n'est pas sans rappeler les annees qui ont precede la revolution francaise. Les citoyens grecs ne sont pas dupes et commencent a trouver la piece qui leur est jouee maratre.
On peut se demander dans quelle mesure nous n'allons pas vers un retour de la violence en Europe.
Salutations d'Athenes
GBG
A la lecture de l'article puis des commentaires, il semble que la situation n'offre plus que deux alternatives : d'un côté une zone euro nécessairement keynésienne ou socialiste hyper-endettée, de l'autre le retour aux pseudo-monnaies nationales dans des pays, libérés de la "tutelle" de Bruxelles (laquelle, on se le demande encore), mais en faillite.
Une petite remarque en passant, en tant que contribuable français : la tutelle de Bruxelles apparaît infiniment moins lourde à supporter que celle imposée par Paris. A choisir, on se débarrasserait sans aucun regret de la pesanteur prétentieuse de la seconde pour la légèreté relative de la première. Mais passons sur ce détail.
C'est une erreur de la part des libéraux d'abandonner l'Europe, et d'abord l'euro, aux keynésiens ou aux socialistes. C'est également une erreur de penser que le retour aux pseudo-monnaies nationales, impliquant le repli sur soi des nations européennes, permettrait l'éclosion d'un quelconque libéralisme. C'est assurément tout le contraire qui se produira.
Il convient de refuser ce schéma de pensée artificiel et défendre au contraire une Europe intégrée libérale. A la faveur de la crise de l'Etat-providence, jamais nous n'en avons été aussi proche. Une Europe intégrée libérale est possible, d'abord aux sens juridiques et économiques bien sûr, mais également dans la mesure où elle serait enfin libérée des constructivistes, qu'ils soient violents ou providentiels. En attendant, il est évident que cette Europe libérale ne pourra se construire sans l'euro.
Certes, cela demandera quelques efforts minimes (en particulier à ces "pauvres" Grecs, mais également aux "malheureux" français, pour ne citer que les champions du défilé festif) mais c'est un prix à payer sans commune mesure avec le risque de revivre le XXe siècle, en particulier si on redonne aux personnels politiques des diverses nations l'immense pouvoir de gérer directement la monnaie.
Un avis sur l'hypothèse émise par GBG ? Je résume : en mettant à l'abri les institutions financières, l'accord facilite une sortie ultérieur de la Grèce de la zone euro en faisant porter les pertes par le contribuable et la BCE mais sans effondrer les banques de la zone.
A Bubulle, en quoi l'Europe actuelle est-elle libérale, avec divers représentants non élus? Désolé mais votre vision relève du pur constructivisme et ne tient aucun compte de la légitimité fort réduite de ses représentants...
Quant aux arguments que vous avancez, selon lesquels ces personnages seraient moins néfastes que ceux nationaux, permettez-moi d'en douter complètement! S'ils ne le sont pas - ou peu - c'est qu'ils ne disposent au final que d'assez peu de pouvoirs réels ; je ne doute pas un instant qu'ils agiraient exactement comme les autres politiques s'ils en obtenaient davantage mais avec un problème supplémentaire de taille : leur légitimité fort limitée! (s'ils étaient élus par les européens - je parle, bien sûr, des plus hauts représentants -, la situation serait évidemment toute différente).
Dernier point : en quoi les libéraux, comme vous dites, ont-ils abandonné l'euro? Il me semble qu'on ne leur a pas vraiment demandé leur avis ni laissé grande opportunité de l'exprimer... et ceux qui l'ont tout de même fait se sont bien souvent vus ridiculisés - en particulier quand il s'est agi de critiquer la création de la monnaie unique...
Contrairement à vous, enfin, je pense que la montée de l'extrémisme est bien plutôt due au caractère plutôt peu démocratique du système, renforcé par le jeu pervers et néfaste de nombre de politiques qui s'en servent comme d'un bouc émissaire ou d'un épouvantail selon leurs besoins...
@ daredavil2007
Internet étant un formidable moyen de faire circuler les idées, je crois que poster des liens sur le maximum de blogs ou de forum vers des articles comme celui-ci peut être un bon moyen de mettre les gens au courant de la situation.
A Georges Lane,
Merci pour votre commentaire et le lien vers votre article que j'ai lu avec intérêt.
Nous partageons la même analyse sur le fait que l'euro n'est pas une monnaie spontanée qui aide à la diminution du coût des échanges, une des clefs de la prospérité.
L'euro est par conception une monnaie technocratique. Le terme ''monnaie unique'' en dit déjà beaucoup sur son origine.
La monnaie unique ne peut fonctionner dans le cadre d'économies pluralistes, même fortement socialisées. De là toute la rhétorique pour la création d'un super Etat keynésien européen. Les partis socialistes ne s'y trompent qui soutiennent l'euro sans faillir.
Merci pour votre contribution.
Bien à vous,
GD
A VS,
Les dégradations successives de la note grecque sont purement techniques et constatent, avec retard, un état de fait.
Comme je l'ai souligné dans un papier précédent, la Grèce est en défaut de paiement depuis plus d'un an. C'est nous qui payons les intérêts de la dette grecque à nous-mêmes en empruntant toujours plus.
A ce jour, le défaut de paiement est partiel. Il me semble qu'il ne peut-être total que dans trois cas de figure :
1. le plan d'aide tarde trop à être mis en place. Il y aurait alors une interruption dans la circulation des liquidités.
2. Le Portugal et l'Italie font défaut. Tout le système éclate. Il n'y a plus d'argent pour personne.
3. Les taux d'intérêt obligataires allemands et français flambent, ces deux Etats ne peuvent plus emprunter pour eux-mêmes et à plus forte raison pour la Grèce.
A part ces deux hypothèses, dont la deuxième est la seule qui me semble plausible, les créanciers continueront à toucher les intérêts minorés de la dette grecque grâce aux sommes empruntées par les Etats.
Bien à vous,
Gilles Dryancour
A GBG,
Je souscris aux lignes générales de votre analyse.
L'élément le plus intéressant est cette idée que la garantie du FESF pourrait permettre de sortir la Grèce de l'euro sans nuire aux intérêts des porteurs d'obligations (les banques). Je ne pense pas que cela était voulu. Mais, théoriquement cela aurait pu fonctionner si la Grèce était seule en cause.
Mais, comme vous l'anticipez, si la Grèce sort de l'euro, cela sera la ruée vers les garanties du FESF pour les autres PIIGS. Et, pour faire court la ruée vers le contribuable allemand.
On comprend bien que l'Allemagne déjà mise à mal par l'aide à la Grèce ne prendra pas en garantie les dettes du Portugal, de l'Italie et de l'Espagne. Ce qui ferait grimper sa dette à des niveaux insoutenables.
Pour ce qui est de la violence, on ne peut l'exclure. La société grecque est bloquée et verrouillée par une classe poltique pour le moins clientèliste, sinon corrompue.
A ce carcan national, on ajoute celui de l'euro qui se traduit par une montée inexorable du chômage dans ce pays. Prisonniers d'un tel système qui sert les intérêts de la classe étatique dominante, les citoyens ont bien des raisons d'être exaspérés.
Merci de vos analyses.
Bien à vous,
GD
A daredevil2007.
Je n'avais pas pour but de décrire l'état de l'Europe, peu importe ce qu'elle est : vous interprétez trop largement mes propos. J'avance simplement que les nationalismes sont des constructivismes opposés aux idées libérales et que les monnaies nationales sont des constructions artificielles. Les seules monnaies légitimes sont nécessairement privées, non bornées par des frontières et en concurrence réelle. L'euro, parce qu'il supprime l'artifice des pseudo-monnaies nationales, est un cadre préalable utile à l'apparition des monnaies privées.
J'affirme également qu'abandonner le thème de l'Europe revient à laisser aux socialistes, notamment français, le champ libre pour concrétiser leurs idées nocives à l'échelle du continent. Il faut refuser ce schéma qui nous imposerait le choix entre un constructivisme nationaliste ou un socialisme européen, alors que la création d'une Europe libérale est tout à fait envisageable.
Mille mercis pour vos articles qui sont d'une rare précision et qui mériteraient d'être lus par plus de monde (en particuliers les journalistes "mainstream").
Pour ma part, suivant cette actualité économique et politique de prés, j'ai le sentiment de vivre un cauchemard Randien, en référence à Atlas Shrugged le magnum opus d'Ayn Rand, où chaque crise générée par ces institutions politiques est le prétexte à un renforcement et à un élargissement de ces mêmes institutions.
Cet emballement ou cet empilage institutionnel, n'est possible que si la majorité des gens est persuadée que la solution réside uniquement dans cette alchimie politicienne, véritable constructivisme dénoncé par Hayek.
Au final on se rend compte à quel point le problème, avant d'être politique et économique, est idéologique et épistémologique.
Petite note amusante : lors de l'intervention de notre chef d'Etat, je parle bien évidemment de Sarkozy, pour nous annoncer ce plan de sauvetage, il a dit qu'il fallait "profiter de la crise" pour avancer dans la construction Européenne, mais tout de suite après il s'est rattrapé en précisant qu'il n'appréciait pas l'usage de ces mots, mais on peut s'en réjouir, pour une fois il n'a fait que de dire la vérité.
Je ne comprends pas la conclusion : en anticipant une dégradation US (certaine), on peut supposer que la demande en produits AAA autre que américains va augmenter. Cela ne va-t-il pas faire baisser les taux obligataires allemands et français, et par conséquent perreniser le FESF?
Pouvez-vous me contacter par email par ailleurs? J'ai quelque chose à vous demander.
Bien à vous.
AG
A Bubulle et Daredevil2007, concernant leurs échanges n° 16 - 19 - 24,
je souscris à la recommandation formulée indirectement de ne pas surinterpréter les propos des uns et des autres. Personnellement, je conçois cette tribune comme un moyen d'échange d'informations et d'opinions. Chacun peut rester sur son quant à soi, cela n'a qu'une importance toute relative, si l'on parvient chacun à améliorer ses perceptions d'une réalité complexe.
Au-delà du conseil méthodologique, il faut éviter un piège logique qui nous est tendu et que je vais essayer de résumer par une série d'affirmations sophistiques :
a) L'euro serait une monnaie libérale, toute personne s'opposant à l'euro serait anti-libérale.
b) S'opposer à l'euro, c'est vouloir le retour des monnaies nationales et donc la politique monétaire à la française.
c) Sortir de l'euro serait pire que d'y rester.
Il y a dans toutes ces affirmations, un piège dialectique dans lequel il ne faut pas tomber.
Quand l'euro a été lancé, les monétaristes non-libertariens ont eu l'espoir que cela serait le modèle du mark qui prévaudrait : neutralité de la monnaie, maîtrise de la masse monétaire, modération salariale et faible inflation.
D'une certaine manière, c'est ce qui s'est passé. Mais, le modèle monétaire allemand a été calqué sur des pays qui n'ont changé ni leurs structures économiques, ni leurs mentalités. Il s'en est suivi la dérive budgétaire que l'on a connu. Dérive qui a été rendue possible par le fait qu'il y a eu une majorité d'Etats pour ne pas appliquer les sanctions prévues par les traités.
Le caractère sous-optimal de l'euro s'est accru avec les dérives keynésiennes non sanctionnées.
En cela, l'euro ne peut plus être considérée comme une monnaie libérale comparable au mark.
Le problème qui se pose maintenant est que le système est parvenu au bout de ses conséquences. Un coût d'opportunité se présente : le choix de rester dans l'euro ou d'en sortir.
Personnellement, j'ai toujours défendu l'euro monnaie commune pour soutenir le marché unique. Si l'éclatement de la zone doit se produire, cela demeure une option viable qui serait une alternative à la re-nationalisation complète des politiques monétaires qui n'est désirée que par les extrêmes de l'échiquier politique FN et extrême gauche.
Par contre les partis mainstream, veulent garder l'euro unique pour créer l'Europe fiscale.
L'option la plus libérale et la plus optimale me semble donc être l'euro commun avec la possibilité de faire circuler une monnaie nationale en parallèle.
C'est une hypothèse bien plus réaliste que les monnaies privées dont on peut aimer le caractère libre et spontané, mais qui a peu de chance de se matérialiser tant que les nations existeront.
Un grand merci d'animer le débat dans tous les cas.
Bien à vous deux,
GD
A BA,
Merci de ne pas poster des commentaires qui peuvent se résumer en une phrase et qui attirent les critiques des lecteurs de l'Institut.
Vos citations sont souvent illustrantes, mais vous gagnerez à les commenter personnellement.
Je compte sur votre aimable coopération.
Bien à vous,
GD
A BA,
Je rejoins l'excellent commentaire de Gilles Draycour à votre égard. Et merci aux modérateurs de nettoyer certains commentaires qui n'ont pas leur place ici.
Bien à vous,
André
Au premier chef, la situation problématique dans laquelle nous sommes résulte bien de l'endettement et non de la monnaie euro en tant que telle.
Mr Dryancour, votre développement tout le long de votre nouvelle note démonte de manière remarquablement détaillée les mécanismes qui relient ces deux éléments, ce dont je vous suis gré. De même très argumentée comment pour maintenir absolument le statu quo, le système monétaire européen est progressivement en train de se dévoyer.
Alors, erreur monumentale de ne pas avoir anticipé, de ne pas avoir suffisamment bien harmonisé fiscalement et socialement les économies des différents pays avant de créer la monnaie unique, sûrement.
Je ne pense pas pour autant qu'on pouvait prévoir quinze ans en avance le développement d'une économie et à fortiori de celles de plusieurs pays, en plus en voie d'intégration dans un espace commun. Sans compter le contexte de croissance ou pas. Qui le pourrait d'ailleurs aujourd'hui ?
Sans vouloir faire dans le constructivisme, il faut donc trouver à mon avis un système même provisoire de sortie de l'euro ou de mise en sous zone euro pour les pays en grosse difficulté financière. Est-ce si compliqué à concevoir et à mettre en place ? Cela exigerait assurément de la volonté et une certaine dose d'imagination de la part des acteurs responsables, ce qui je vous l'accorde s'y prête assez mal en période de crise.
.
Merci à vous, de même à Bubulle, pour son lien de l'autre jour et bon mois d'août à tous.
Le naufrage de la zone euro s'explique par une erreur commise en 1992.
En 1992, les partisans de la monnaie unique ont construit l'euro sur des fondations ... qui n'existaient pas.
En clair : les partisans de la monnaie unique pensaient que les Etats européens riches accepteraient de DONNER des dizaines de milliards pour aider les Etats européens pauvres.
Or, c'est faux.
- Les Etats européens riches ne veulent pas DONNER pour aider les Etats européens pauvres.
- Les Etats européens riches ne veulent pas augmenter le budget européen à plus de 1 % du PIB de l'Union Européenne !
1 % !
C'est minable !
- Les Etats européens riches ne veulent pas créer d'euro-obligations.
Conclusion :
Les Etats européens riches montrent que le fédéralisme en Europe, c'est du pipeau pour les bisounours.
On comprend pourquoi, cher "BA", vous ne commentez pas volontairement vos copier-coller habituels ; quand vous le faites on se retrouve au café du commerce.
Aux Etats-Unis, les citoyens acceptent de DONNER au pot commun : en 2011, le budget fédéral est de 25,3 % du PIB des Etats-Unis.
25,3 % du PIB : les Etats-Unis, ça existe. La solidarité nationale, ça existe.
Bon.
Et en Europe ?
En Europe, jeudi 30 juin 2011, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Finlande, le Danemark et la Suède ont refusé de porter le budget de l'Union européenne à 1,11 % du PIB de l'Union européenne !
Je dis bien : 1,11 % !
Les Etats européens riches veulent maintenir le budget européen à seulement 1 % du PIB ! 1 % du PIB ! Pas plus !
http://www.lepoint.fr/economie/plus...
Conclusion : la solidarité supranationale, ça n'existe pas.
Leur merveilleuse "solidarité européenne", ça n'existe pas.
Les fondations sur lesquelles ils ont construit l'Union européenne, elles n'existent pas.
"L'option la plus libérale et la plus optimale me semble donc être l'euro commun avec la possibilité de faire circuler une monnaie nationale en parallèle."
Bien.Mais,
L'état qui a le monopole de sa monnaie l'impose par la violence.(Charles Gave?)
Dans le cas d'une monnaie nationale libre en parallèle, les citoyens choisirons, vite fait, la meilleure monnaie. Non?
Cher BA,
Je rejoins le commentaire de Adrien Gévaudan à votre égard.
Je pense, en toute humilité, que la répartition des tâches entre l'état "fédéral" américain et le niveau "supranational" européen n'est pas tout-à-fait comparable.
En effet, il me semble, respectueusement, que comparer les transferts des Etats américains vers le niveau "fédéral" (qui gère la défense, la sécurité sociale, la santé, et j'en passe) avec les transferts des Etats européens dans un budget "supranational" (qui ne gère rien du tout ; sinon ses propres fonctionnaires), ce n'est pas vraiment la même chose.
Finalement, je me demande si je ne préférais pas vos copier / collers...
Respectueusement et bien à vous,
André Larfour
Mais alors pourquoi la mode intellectuelle et la mode médiatique nous expliquent que seul le fédéralisme peut sauver l'Union Européenne ?
Pourquoi ce tintamarre médiatique actuel en faveur du fédéralisme européen ?
Pourquoi faire miroiter le fédéralisme si le fédéralisme est impossible en Europe ?
@BA
Une caractéristique essentielle des zones monétaires optimales, est la concurrence fiscale, elle permet de sortir une région du marasme par la baisse des taxes (et non par des redistributions fédérales comme les keynésiens essayent de le mettre dans les cerveaux.) et réduit les forts déplacements de population.
"BA",
Lorsque vous posez une question, évitez de le faire malhonnêtement ; l'emploi d'expression telles que "la mode intellectuelle et médiatique" ou "tintamarre médiatique" prouve que vous nous prêtez des arguments qu'aucun de nous n'a tenu. De même, où avez lu que le fédéralisme était impossible? Qui aurait eu la bêtise de se prononcer sur la probabilité d'un évènement en décrétant qu'elle était nulle? Sachez qu'aucun évènement n'a une probabilité nulle, dans les limites de la physique.
Pour en venir au fond du sujet, et faire un peu de pédagogie : oui, un saut fédéral, y compris et surtout au niveau de la (non-)gouvernance économique européenne est l'une des solutions à la crise actuelle. Pas la plus probable, c'est évident (et on peut le déplorer, comme moi ; s'en réjouir ; ou y être globalement indifférent), mais tout de même une possibilité.
Et quand vous dites que la solidarité européenne n'existe pas, c'est non seulement faux, mais hors sujet ; il est question ici de l'avenir, par conséquent de la possibilité que cette solidarité se développe (car, mes excuses, mais elle existe).
A propos de la "solution fédérale".
Le problème de la sortie de crise actuelle par plus de fédéralisme européen n'est pas que cela soit possible ou pas, accepté ou pas, envisageable ou pas, bon ou pas... mais que, de toute façon, c'est une solution qui n'est pas à l'échelle du temps qui nous préoccupe actuellement. C'est peut-être une solution pour éviter la prochaine crise, mais pas du tout pour résoudre celle-ci. Songez tout simplement au temps qu'il faut pour que soit conçu, ratifié, mis en place le moindre traité, ou même amendement de traité européen. Au bas mot dix ans, le plus souvent. Et ce n'est pas le fait qu'on soit aujourd'hui passé à 27 pays-membres qui raccourcira les délais. C'est pourquoi je crois que, au delà des questions philosophiques et politiques, la fédéralisation ne peut être une réponse aux problèmes actuels. Ce n'est, le plus souvent, qu'une échappatoire rhétorique, une facilité, un refuge, pour ne pas admettre qu'il n'y a aucun moyen de s'en sortir sans une grosse casse pour tous.
A tous mes lecteurs:
Si je vois avec satisfaction le débat s'instaurer entre vous, je tiens particulièrement au respect des règles du jeu suivantes :
1) Les attaques personnelles sont à proscrire.On répond aux arguments par des arguments. La rhétorique émotionnelle n'est pas de mise dans ces colonnes.
2) En tant qu'auteur, je reçois volontiers toutes les formes de commentaires, tous les styles et accepte tous les niveaux de qualification, à la seule condition que l'intention générale soit le respect des uns et des autres. Comme le dit l'adage, il n'y a pas de question stupide. Ce sont souvent les réponses qui le sont.
A titre individuel, je remercie BA pour son effort et l'encourage dans la voie du commentaire personnel.
Merci d'avance à tous de suivre ces lignes de bonne conduite. Cela permettra de conserver à ce lieu d'échanges la qualité à laquelle il aspire et un moyen de m'accompagner dans ma démarche qui est celle de favoriser la réflexion intellectuelle sur des sujets déformés par le prisme des intérêts particuliers..
Je compte sur vous tous.
Gilles Dryancour
A Kafka,
Merci pour votre appréciation élogieuse. Ce qui distingue, peut-être, mes article de ceux de la presse générale et du mainstream, c'est que j'appartiens à une vieille école, celle où l'on apprenait la rhétorique et la logique. Ces enseignements ont aujourd'hui disparu (dans l'intérêt de l'élite au pouvoir).
A la construction logique du raisonnement, j'ajoute une bonne dose de doute sociologique. Ce qui me permet d'explorer plus à fond les motifs individuels ou systémiques de telle ou telle décision.
Kafka 1er avait, avant Orwell, compris que la déconstruction du langage créerait de nouvelles formes de pouvoir, bien plus absolues et arbitraires.
Votre remarque très intéressante à propos de Atlas Shrugged et d'Ayn Rand, m'ont donné l'envie de lire l'ouvrage dont on m'a signalé l'adaptation à l'écran au printemps dernier. Le film serait sorti aux Etats-Unis, mais je n'en ai pas entendu parler en Europe.
Auriez-vous une référence à ce propos ?
Oui, le schéma est bien celui que vous décrivez : les hommes de l'Etat nourrissent la propre croissance de leur pouvoir en faisant croire - l'erreur épistémologique est là - qu'ils offrent le remède aux maux dont ils sont à l'origine. C'est un piège dans lequel nous sommes tombés pendant la première guerre mondiale et dont nous ne sommes pas sortis depuis.
Nous n'en sortirons qu'au moment où le système implosera sous l'effet de ses contradictions. Mais, la social-démocratie, par rapport au communisme, présente des facultés adaptatives beaucoup plus grande, ce qui rend le processus de son implosion beaucoup plus lent, si ce n'est aléatoire.
La crise de la dette en Europe est un des signes d'une montée des contradictions systémiques.
Merci encore pour votre commentaire original,
bien à vous,
GD
A Adrien Gévaudan,
Réponse au commentaire 24.
Je vais demander au gestionnaire du site votre email et vous contacter.
Au plus tard la semaine prochaine.
Pour ce qui est de la dégradation de la note française et allemande, voici comment elle pourrait se produire :
a) Si plusieurs PIIGS sont mis en défaut, la dette de ces pays sera mécaniquement reportée sur la France et l'Allemagne qui verront une telle augmentation du volume de leurs engagements que leur capacité de remboursement et d'emprunt sera menacée. Les taux augmenteront mécaniquement. Cela indépendamment de la crise de la dette aux US.
b) Vous postulez qu'il y aura toujours une demande pour des obligations publiques. J'en doute personnellement. Un crack obligataire mondial est aujourd'hui envisageable, accompagné d'une crise économique majeure, car le sysème monétaire international est dysfonctionnel.
Une crise économique majeure aux US entraînerait une crise majeure en Europe qui aurait des répercussions foudroyantes sur les budgets des Etats surendettés. Allemagne comprise que plusieurs agences de notation indépendantes (chinoises notamment) ont déclassé de leur statut AAA.
Le AAA allemand est aujourd'hui maintenu par la demande des obligations allemandes qui fait chuter les taux. Pas sur son endettement presque identique à celui de la France en % de PIB.
J'espère que cette précision répond à votre question.
Bien à vous,
Gilles Dryancour
Ne pensez vous pas que les nations sont acculés par leurs dirigeants et les financiers pour parvenir à créer la nouvelle bulle d'endettement au niveau de la BCE ?
Car a produire des situations aussi fragiles qu'aggravantes, il n'y aura de salut que dans la création d'un masse monétaire plus résistante au niveau Européen comme le préconise Attila... pardon Attali avec ses, encore pardon nos 2000 milliards d'Euros, prix auquel il fixe la crédibilité de l'euro sur les marchés...
Alors si le plan est de rendre les états si dépendant et incapables de se réguler sur les marchés qu'il faille créer une dette de la zone Euro fédérale, il y a fort à parier que la situation n'ira pas en s'améliorant et que ces préliminaire nous acculerons bien là où nous devons arriver... CQFD
Reprise de mon commentaire en réponse à Wizard (commentaire 28) qui n'a pas été publié dans son intégralité sans doute à cause d'un problème de communication.
Premièrement, on pouvait prévoir la situation actuelle bien à l'avance. Il y a 13 ans environ, à la demande d'une personnalité politique bien connue de tous nos lecteurs, j'ai écrit une analyse sur les conséquences possibles de la monnaie unique. Tout ce que nous vivons actuellement y était décrit. Seule erreur de pronostic, je pensais que l'euro serait une monnaie plus faible que le dollar. Mais, il y a 13 ans je n'imaginais pas que la FED se lancerait dans une politique effrénée de quantative easing.
Pour écrire cette analyse, je n'ai pas eu besoin d'un recours aux sciences occultes, mais tout simplement aux enseignements de Friedman, de Mises, de Hayek et d'autres.
L'analyse m'est revenue avec cette remarque annotée en rouge dans la colonne : ''vous avez peut-être raison d'un point de vue économique, mais politiquement on ne peut pas le dire''.
La différence avec cette époque, c'est qu'aujourd'hui on peut le dire... Il est vrai que les faits parlent d'eux mêmes.
Pour ce qui est de la sortie de l'euro. Si on en sort, cela ne sera pas de manière provisoire. Cela sera pour un temps historique assez long. Il faut ne pas se le cacher. Il y a des coûts de sortie importants. Comme, il y a des coûts du maintien de l'euro en l'état. C'est le piège dans lequel nous sommes enfermés. Il n'y a déjà plus de bonne solution (sans coût majeur), car de bout en bout, les décisions relatives à l'euro ont été politiques.Et, le Politique agit dans l'urgence, sous la seule pression des événements. A plus forte raison quand les événements sont contraires aux fondements de l'idéologie dominante.
La seule manière de minimiser les coûts serait de garder un euro commun pour préserver les avantages du marché unique. Cela ne sera pas facile.
En attendant, l'euro est une machine à perdre économiquement pour les pays à faible productivité. La montée du chômage va faire entrer leurs marchés politiques en ébullition.
Les trois ou quatre années à venir seront passionnantes pour les analystes. Un peu moins pour les individus qui devront trouver un emploi et vivre dans une dictature monétaire unique.
Bien à vous,
GD
Réponse à numéro Y.
Avec un euro transformé en monnaie commune, vous auriez dans la pratique deux monnaies concurrentes imposées par des monopoles rivaux.
Dans le cas de la France, la Banque de France et la Banque Centrale Européenne. Ce n'est peut-être pas la meilleure des solutions, mais cela en est une bien meilleure que d'avoir une monnaie unique.
Entre deux monnaies a cours légal, les citoyens choisiront la meilleure pour leurs encaisse, ce qui va de soi. Mais, cela ne signifie nullement que la monnaie nationale disparaîtra pour autant. Elle perdra seulement de la valeur. Ce qui permettra toutes sortes de réajustement économiques.
On peut objecter que c'est sans précédent. Cela serait faux. Il y a de nombreux pays en développement où les transactions se faisaient en monnaie nationale et en dollars, avec une préférence marquée pour la monnaie américaine.
Bien entendu, les pays qui seraient dans une configuration économique et budgétaire proche d'un euro sain et commun pourraient se dispenser d'émettre une monnaie nationale. Cela leur donnerait un avantage concurrentiels supplémentaire.
Ai-je répondu à votre question ?
Si vous souhaitez d'autres éclaircissements, n'hésitez pas à me contacter.
Merci de nous lire et de nous commenter (pour la première fois ce me semble pour un de mes papiers).
Bien à vous,
Gilles Dryancour
A Henri pour son commentaire sur le fédéralisme,
C'est un excellent point que vous développez. Les coûts de transaction au renforcement de l'Union sont devenus insurmontables. Outre le fait qu'il faut prendre les décisions à 27 désormais, et bientôt à 28, avec l'entrée de la Croatie, les opinions publiques deviennent de plus en plus eurosceptiques précisément à cause des dysfonctionnements de l'euro.
Je ne vois pas les politiques allemands, irlandais et même grecs s'engager dans un débat institutionnel sur l'Europe en ce moment, alors que la crise de l'euro fait rage. Ils sont quelquefois irresponsables mais rarement suicidaires.
On voit aussi toute la difficulté à prendre de simples solutions de bon sens pour l'euro.
Je suggérerais une seule solution, qui n'a pas mon approbation morale, mais qui serait plus rationnelle que toutes les décisions prices ces 18 derniers mois.
Quand la crise grecque a commencé, l'endettement de la Grèce était aux environs de 200 milliards d'euros. Les Etats de l'UEM si généreux avec l'argent des contribuables, auraient pu annuler la dette grecque et l'échanger contre des euros trébuchants ou autres obligations. En contrepartie de cette décision immorale, il aurait fallu exiger la sortie de la Grèce de l'euro et l'arrêt des subventions européennes données par les fonds structurels à ce pays.
Le coût économique de cette opération aurait été trois ou quatre fois moindre que les schémas adoptés jusqu'à présent.
Hélas, c'est trop tard maintenant.
Ceci pour dire que les mécanismes de décision de l'Union sont devenus tellement difficiles, conflictuels, contradictoires et opaques qu'ils ne permettent plus minimiser les coûts du maintien ou de la sortie de l'euro. Nous payerons donc le prix fort..
Merci beaucoup pour cet éclairage auquel je n'avais pas pensé.
Amitiés,
Gilles
A Cédric,
Je ne suis pas certain d’avoir compris la fin de votre démonstration. Mais, les deux premiers paragraphes m’inspirent quelques réflexions. D’abord, en règle générale, je crois peu aux théories du complot. (Même si cela peut exister). Quand, il y a plusieurs acteurs avec des intérêts contradictoires, c’est la structure du jeu dans lequel ils sont placés qui dictent leurs comportements. Les ententes, plus ou moins officielles, n’en sont que le reflet. Une idée intéressante que vous développez est celle que l’affaiblissement du bilan de la BCE servirait les intérêts des hommes de l’Etat. C’est une idée puissante, car cela reviendrait à placer la BCE dans un état de dépendance systémique à l’égard des Etats membres de l’UEM et à renforcer le pouvoir du FESF. D’un point de vue systémique, cela se tient.
J’ai une tendance naturelle à me méfier des prévisions et analyses d’Attali. Sa technique consiste à dire tout et son contraire à la fois. Ensuite, ses relais dans les médias ne reprennent que les meilleures de ses prédictions. Ainsi, il a toujours raison, bien qu’il se trompe statistiquement une fois sur deux. Sans connaître les vrais motifs de votre Attila monétaire, je ferais la simple observation que l’explosion de la masse monétaire servirait bien les intérêts de toute une série de spéculateurs bien informés.
Une démocratie saine repose sur une masse monétaire qui ne croît pas plus vite que le taux de croissance du PIB.
Sinon, il s’opère des redistributions de fortune… des pauvres vers les riches.
Merci de votre commentaire,
Il me semble vous avoir lu dans le passé n’est-ce pas sur les placements à faire en cas de crise ?
Si ce n’était vous, c’était votre homonyme.
GD
A Pascale,
Merci de votre suggestion destinée aux autres lecteurs.
Si vous avez vous même l'occasion de poster les articles de ce site sui d'autres blogs, nous en serions enchantés.
Simple curiosité de ma part dictée par votre prénom : nous connaissons-nous ?
Bien à vous,
Gilles Dryancour
Un homonyme certainement.
Quoi qu'il en soit complot ou pas, il est certain que les grands gagnants sont toujours les mêmes quand aux perdants nous ne seront, encore une fois, que plus nombreux.
Les exemples de ce types d'action, pardonnez mon insistance, se vérifient depuis la création de la dette de la banque d'angleterre autour de 1630 jusqu'à nos jours en passant par toutes les grandes dates de crises (éco ou militaires) où, systématiquement, les banquiers ont su tirer parti de la situation en se plaçant en victime devant les politiques qui tous ont fini par céder au différentes pressions exercées. Les preuves et les faits sont légions mais le simple constat du considérable enrichissement des circuits de la finance internationale au détriment des habitants de cette planète me suffit pour croire en une intelligence de la finance... qui même sans une pensée unique réussie fort bien à tirer son épingle du jeu en asservissant une masse de "prolétaire" toujours plus importante.
Je crois pour ma part qu'une nouvelle forme de monnaie devrait émerger ! Nous sommes mûrs pour cela et avons tous les outils technique.
Une Justice d'Echange Universelle, dont les rouages seraient totalement dématérialisés et gérés par un système informatique neutre où des variables tiendraient compte des ressources réellement disponibles empêchant toute spéculation.
Ce système permettrait une réelle politique socio-économique encourageant certaine dépenses et pénalisant celles qui ont les impacts les moins bons.
Je vais tâcher de préciser ça en quelques pages cet été, si ça vous intéresse, je vous le transmettrai.
Cordialement,
Cédric
Mr Dryancour,
Je vous remercie pour toutes les précisions que vous apportez dans votre réponse. Dans mon commentaire 28 d'hier, une phrase était d'ailleurs assez mal tournée. Je voulais seulement dire que la construction européenne avait été une situation inédite, sans précédent en quelque sorte historiquement parlant et donc moins facile à évaluer dans son évolution.
Croyez je ne doute nullement de la capacité de prévision des outils d'analyse de la science économique actuelle. C'est pour cela que c'est une matière à laquelle j'ai toujours porté un vif intérêt et comme vous venez de l'exprimer passionnante en regard de l'appréciation du règlement de la crise actuelle.
Merci de nous lire
Mr Dryancour,
Je vous remercie pour toutes les précisions que vous apportez dans votre réponse. Dans mon commentaire 28 d'hier, une phrase était d'ailleurs assez mal tournée. Je voulais seulement dire que la construction européenne avait été une situation inédite, sans précédent en quelque sorte historiquement parlant et donc moins facile à évaluer dans son évolution.
Croyez je ne doute nullement de la capacité de prévision des outils d'analyse de la science économique actuelle. C'est pour cela que c'est une matière à laquelle j'ai toujours porté un vif intérêt et comme vous venez de l'exprimer passionnante en regard de l'appréciation du règlement de la crise actuelle.
Merci de nous lire
Bonjour,
Merci d'apporter votre éclairage.
Je signale votre article dans les commentaires du blog de Ch. Gave :
lafaillitedeletat.com
Cordialement.
Bernard
A M.Dryancour
Merci de votre réponse, c'est une qualité inestimable que de se donner la peine de répondre à tous les commentaires postés. Continuez dans la limite du possible!
En effet l'oeuvre d'Ayn Rand a été adapté au cinéma aux USA, mais d’après mes sources (http://boxofficemojo.com/movies/?id...) les résultats d'exploitation du film sur le marché américain, qui doit être le premier d'une trilogie couvrant l'ensemble du livre, ont été plus que mitigé et je crains qu'il n'y aura pas de second opus.
De plus selon les critiques (gauchistes et non gauchistes) (http://www.rottentomatoes.com/m/atl...) la qualité du film est médiocre. Il n'y aura probablement aucune sortie en France pour une adaptation d'un livre jamais traduit dans la langue de Molière.
Je vous conseille vivement de lire le livre, en anglais, qui est une œuvre excellente (avec quelques lourdeurs d'un point de vue littéraire et personnel).
La social-démocratie a cela de retors qu'elle se fonde sur aucune idéologie, ou du moins le prétend, alors que le communisme a le mérite, on peut lui concéder au moins cela, de se reposer sur un corpus d'idées bien affirmées, mais dont on sait que les prémices sont faux (pour nous libéraux).
La social-démocratie, au contraire, s'affirmant aujourd'hui anti-idéologique, se nourrit d'un paradoxe singulier, ( ce n'est pas le premier) : elle se réclame pragmatique et affilier à aucune idéologie, ce qui est le principe de son idéologie, l'idéologie de l'anti-idéologie. C'est assez cocasse.
Je vous renvoi a cet excellent article d'Ayn Rand (encore elle) qui nous décrit avec plein d'emphase et de convictions son analyse des idées qui sous tendent nos social-démocratie.( http://lemennicier.bwm-mediasoft.co...)
Cordialement
PS : Ne croyez-vous pas nécessaire d'ouvrir un forum sur le site de l'institut Turgot ?
A Cédric,
Si je ne souscris pas totalement à la thèse du complot, je pense qu'il y a du désordre systémique dans le monde financier. Pour certains acteurs, il existe des bonus (profits) qui n'ont sans rapport avec le capital détenu. D'autant plus que les banques sont les mandataires de leurs clients.
Dans le monde de l'industrie, de tels niveaux de rémunération et de profits n'existent pas.
Des profits extrêmement élevés me font immédiatement penser à des rentes de monopole public. Peut-être favorisées par la concentrayion monétaire.
L'interconnexion entre les hommes de l'Etat et les milieux financiers joue de ce point de vue comme l'octroi d'une ferme générale sous la monarchie française.
Quant aux manipluations diverses, elles ont toujours existé.. Un de mes amis m'a envoyé hier ce texte techniquement intéressant mais dont je ne peux évaluer la véracité téchnique :
http://liesidotorg.wordpress.com/20...
Les remèdes à ces dysfonctionnements me semblent être :
1) Moins de barrières réglementaires à l'entrée de la profession bancaire. Les réglements jouent comme une protection des monopoles. Moins de lois mais de meilleures lois.
2) La pluralité des monnaies.
3) La transparence de l'information.
4) La sanction des contervenants aux règles de concurrence.
5) L'interdiction de renflouer des pertes privées par de l'argent public.
Cela ne créera pas nécessairement un monde de la finance idéal mais meilleur.
Bien entendu, vous pouvez m'envoyer votre papier. Mais, je vous avouerais que le concept de justice universelle me laisse très sceptique. Vous trouverez difficilement des critères objectifs pour la fonder.
Quant à la spéculation, elle explose quand les Etats créent trop de monnaie. Tout bon spéculateur devrait se réjouir du quantative easing.
Qu'est-ce qu'un système informatique neutre programmé par des humains ?
Ajoutons qu'aucun système cybernétique ne pourra jamais atteindre la complexité de la catallaxie marchande...
Mais, je comprends vos inquiétudes.
Bonnes réflexions estivales,
Cordialement,
Gilles Dryancour
A Kafka,
Merci de me prêter des qualités inestimables. Mais, entre nous, je perçois le fait de communiquer directement avec mes lecteurs comme un privilège. Si j'écrivais pour de plus grands médias, comme le souhaitent certains, il me serait techniquement impossible de répondre à tous les commentaires. Or, j'écris pour vous et non pour moi. Et, c'est de vos réponses et de vos commentaires que dépendent la progression de mes réflexions.
Ainsi n'avais-je jamais pensé au caractère non-idéologique de la social-démocratie. C'est une rermarque très intéressante et qui ouvre des horizons. C'est au sens du XIXe siècle un régime purement opportuniste. Cela tient sans doute à la structure de son marché politique qui établit la ''dictature'' de l'électeur médian dont le vote oscille d'un camp à un autre en fonction de ses coûts d'opportunité.
De là l'immobilité politico-économique des Etats européens qui ont réussi (à deux ou trois exceptions près) à construire la zone économique la moins performante du monde.
Dommage pour le film adapté de l'oeuvre d'Ayn Rand. Je vais lire ses ouvrages en anglais, ce qui ne soulève aucune difficulté pour moi, même si quelques-uns ont été traduits en français.
Merci aussi de la référence vers le site de Bertrand que je connais un peu et apprécie encore plus. Je sais qu'il cite souvent Rand. BL est un dialecticien hors pair et je recommande souvent sur son site les pages consacrées à l'art du raisonnement et du discours. Elles devraient faire l'objet d'un enseignement obligatoire dans toutes les facultés en sciences humaines.
Pour ce qui est du forum, je vais en parler, si vous aviez quelques idées, merci de les résumer.
Cordialement,
GD
A Bernard,
Si vous êtes le Bernard auquel je pense, un double merci.
D'abord pour poster les liens de mes articles et ensuite pour les soutenir de vos appréciations.
Comme je le disais dans le commentaire précédent, c'est pour tous ceux qui veulent bien me lire que j'écris. Et, ma plus grande satisfaction n'est pas tellement d'être lu (mais quel auteur n'aime-t-il pas être lu ?), c'est de partager les connaissances, les schémas de réflexion, les modèles que d'excellents maîtres m'ont donné. C'est une forme de partage, même si je suis le premier à dire que dans le partage ''altruiste'' on satisfait encore ses préférences individuelles.
Quoi qu'il en soit, il me semble être un devoir de partager des connaissances en perdition. De soutenir la raison contre l'émotion.
Avec toute ma reconnaissance pour votre amical et dévoué soutien.
Gilles Dryancour
Mr Dryancour,
Merci infiniment pour votre réponse (43).
Je ne suis pas nouveau sur ce site comme lecteur, seulement comme intervenant..
Vous m'apportez une réponse excellente qui convient à un profane.
Cependant j'ai de nouvelles interrogations.
La circulation de 2 monnaies libres?
Pas tellement libre, la monnaie du pays doit être imposée pour les revenus dans ce pays.
Les citoyens en fonction de leur intérêt placent ces revenus dans la monnaie de leur choix, c'est en ce sens qu'elles sont libres?
Cela donne un système de monnaie qui s'apparente au flottement, à un détail près. Ce sont les citoyens qui suivent le sens de l'évolution, pas les politiques.
Cette nécessité leur est imposée par leur bon sens.
Cela leur coute cher tant que leur monnaie baisse.
Car le système se régule naturellement par l'économie privée exportatrice et la hausse des produits importés
Peut-on dire qu'il s'agit d'une dévaluation ou d'une réévaluation permanente selon que la politique économique du pays est bonne ou mauvaise?
La sanction serait radicale pour le gouvernement qui laisse arriver la baisse de sa monnaie?
Vraiment une bonne nouvelle sauf que.. Par qui les remplacer?
Comment se fixent les taux d'intérêts de chaque monnaie?
@ l'auteur,
Cette dépêche Reuters répond très clairement à un point que vous avez soulevé, à savoir où se trouve l'aide à la Grèce, dans le budget ou non.
Réponse très claire : dans le budget.
Le ministre Baroin déclare à la presse qu'elle n'est pas dans le budget mais présente l'aide de 15 milliards au Conseil des ministres pour adoption par le parlement...
On nous prend vraiment pour des imbéciles...
PARIS (Reuters) - Le budget de la France pour 2011 intégrant la nouvelle aide à la Grèce a été présenté lundi en conseil des ministres en vue d'une adoption en septembre par le Parlement. Ce deuxième plan d'aide augmentera la dette publique française d'environ 15 milliards d'euros d'ici à 2014, à un rythme qui dépendra des besoins de financement de la Grèce.
La trajectoire de réduction du déficit public reste inchangée à 5,7% du PIB fin 2011, 4,6% fin 2012, 3% fin 2013 et 2% fin 2014, cette nouvelle aide n'augmentant pas les déficits.
Les pays européens apporteront en effet leur garantie aux futurs emprunts du Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour la Grèce, sans emprunter eux-mêmes.
La charge d'intérêt de la dette reste elle aussi inchangée.
La nouvelle trajectoire d'évolution de la dette publique française sera présentée dans le cadre du projet de budget 2012.
La France prévoit pour l'instant que le ratio dette/PIB continuera d'augmenter à 85,4% fin 2011 et 86,9% fin 2012 puis baissera à 86,4% en 2013 et 84,8% en 2014.
Une augmentation de 15 milliards d'euros de la dette - qui dépasse actuellement 1.600 milliards d'euros - correspond à une hausse de ce ratio d'environ 0,75 point de pourcentage.
A Numéro Y
Sur la liberté de la monnaie, je me suis peut-être mal exprimé. La liberté de choix est, en effet, donnée par la concurrence entre deux monnaies monopolistiques. C’est exact, pour que le système fonctionne il faudrait que les revenus du pays soient payés en monnaie locale. Mais on peut imaginer que certaines entreprises qui en auraient les moyens payent leurs salariés dans la monnaie commune.
Votre réflexion sur la nature de la liberté attachée à ces deux monnaies est aussi celle que j’avais faite in illo tempore. C’était dans un article que j’avais appelé ‘’Monnaie unique, monnaie inique. Avec une monnaie commune parallèle à une monnaie nationale, ce sont les citoyens qui contrôlent les hommes de l’Etat et non plus les hommes de l’Etat qui les manipulent. Dès lors, on comprend la résistance des hommes de l’Etat à une telle perspective qui permet des comparaisons et des sanctions immédiates. Imaginez des citoyens qui détiennent leur épargne en euros mais qui payent leurs impôts en monnaie nationale, monnaie de rémunération de la fonction publique…
Pour répondre à vos questions précises :
Oui, la monnaie nationale s’apprécie et se déprécie en permanence par rapport à la monnaie commune en fonction de la performance économique du pays et de la confiance des citoyens. Les politiques publiques sont un des facteurs d’évaluation du prix d’échange de la monnaie, mais pas le seul. Les coutumes, les modes de gestion influent aussi sur la performance économique.
Comme indiqué plus haut : la sanction et la récompense du gouvernement et des comportements individuels sont immédiats. Ne serait-ce qu’en termes de rémunération des élites et de la fonction publiques. Le meilleur moyen d’arriver à l’équilibre budgétaire selon moi. Par contre, je ne saisis pas très bien la question : par qui les remplacer ? Ne voyant pas à quel sujet se rattache le pronom. S’agit-il du gouvernement ?
Il n’est pas certain que la Banque centrale d’une monnaie commune aurait besoin d’un taux directeur. La banque centrale oui, ne serait-ce que pour endiguer l’inflation. Mais, la banque centrale, je m’interroge. Son but serait de fournir des liquidités au tourisme et une monnaie de règlement pour la zone concernée. La gestion devrait donc se faire par la masse monétaire émise chaque année par cette banque centrale. C’est d’ailleurs ce qui permettrait son évaluation par rapport à toutes les autres monnaies. N’ayant pas réfléchi dans le détail à cet aspect, c’est la seule réponse que je trouve censée à ce stade. Des experts des questions monétaires seraient plus à même de vous répondre.
Merci de vos fidèles lectures et d’avoir pris le temps de commenter mon papier. Comme vous le constatez, c’est ce qui le rend vivant et nous ouvre de nouvelles pistes de réflexion.
Cordialement,
Merci à VS pour ce commentaire et cette dépêche.
Ceci prouve bien ce que je disais et confirme que l’aide à la Grèce est dans le budget.
Pour la question plus amusante de savoir si nous sommes pris pour des imbéciles, cela me rappelle cette consigne donnée dans une grande agence de publicité française, qui avait défrayé la chronique médiatique : ‘’Ne prenez jamais les gens pour des imbéciles, mais n’oubliez pas qu’ils le sont’’.
Il y a, dans une certaine partie de l’élite dite républicaine, une morgue qui lui laisse penser que l’on peut dire tout et n’importe quoi au bon peuple et que cela ne prête pas à conséquence.
Mais, les individus ne sont pas aussi stupides que certains ne le pensent. Ils arrivent encore à faire la différence entre une situation de plein-emploi et de chômage de masse. Entre une croissance quasi nulle et les belles heures de la prospérité, entre la baguette de pain à 1 franc (1980) et à 1 euro (2010).
La réalité de la dette est hélas nettement moins perceptible puisqu’on ne la relie pas à des prix tangibles. Mais, cela viendra aussi.
Bien à vous,
GD
Le sujet de la concurrence entre monnaies mériterait un fil de discussion à part, car je ne suis pas sûr que nous pensions à la même chose. Pourquoi par exemple faudrait-il "que les revenus du pays soient payés en monnaie locale" ? Dans un tel système toutes les monnaies seraient "locales", mais il y aurait une monnaie "d'Etat" imposée pour les paiements de et à l'Etat. Les autres acteurs, dont les entreprises, pourraient utiliser d'autres monnaies, et bien sûr les changer librement.
A Gérard Dréan,
En effet cela mériterait de plus longs développements, dissociés de la question de l'euro.
Car la crise de l'euro est réelle, inscrite dans notre destin économique.
Alors que le sujet de la concurrence de monnaies privées relève de la spéculation intellectuelle.
Une remarque cependant, le problème des monnaie privées, par rapport à une monnaie commune, ce sont les commissions de change pour passer d'une monnaie à une autre.
Au Moyen-âge, les échanges économiques étaient ralentis par la profusion des monnaies.
Avant l euro, pour faire un aller-retour du franc au franc en passant par toutes les autres monnaies, il ne restait plus que la moitié de la somme échangée.
A méditer,
Merci de continuer à animer ces échanges.
Cordialement,
GD
Bonjour merci pour cet article! je vous recommande vivement la lecture du site : Zone Franc CFA et Croissance Économique http://www.gohoudanon.com
A Gohou Danon,
Merci pour votre lecture et votre appréciation.
Merci pour vos références aussi.
J'ai consulté vos articles. Il y a un parallèle très intéressant entre le franc CFA et la zone euro. Apparemment une autre zone monétaire non-optimale.
Si j'ai le temps, j'y reviendrai.
Bien à vous,
Gilles Dryancour
Who care about Africa. Euro is dammaging the economy out there.
bonne journee
www.gohoudanon.com
Très très important le livre de Myret Zaki "Editions Favre" la fin du dollar je cite:
Le plus curieux, c'est que la plupart des analystes investisseurs et décideurs politiques préfèrent ignorer la menace très sérieuse que font planer le dollar et la bombe de la dette américaine sur la solvabilité globale.Les Etats-Unis sont plus endettés que l'Europe. La croissance économique à l'américaine est un acte de volonté qui consiste émettre de la dette de qualité hautement spéculative et de convaincre le monde qu'elle a valeur de "AAA". ...Oui, les Etats Unis recourent une comptabilité "créative* qui n'a rien à envier à la Grèce.N'oublions pas que le pays a besoin de 6 dollars de dette pour produire 1 dollar de richesse. Est-ce une économie performante? Et comment se comparent-ils vraiment à l'Europe? Mal en réalité, les E.U. sont plus endettés que l'Europe. Ainsi, dans son ensemble, la zone euro est en meilleure posture que les Etats-Unis sur le plan de la dette que des déficits annuels, alors même que les marchés financiers jugent le contraire. Il ne faut pas se leurrer. Les Etats-Unis ont atteint le point de non-retour. Par contre, l'Euro est une monnaie qui défie sérieusement le bloc américain en s'imposant aujourd'hui comme plus grande puissance commerciale du monde. Son volume d'exportations représente le double de celui des E.U., ses 27 membres générant un un PIB d'environ 5% supérieur au PIB américain et sa population atteint 500 millions de personnes contre 300 millions d'américains.Challenger bien réel, l'euro dérange, il est la monnaie à abattre.
A Anne-Lise,
Merci de votre message.
Quelques remarques rapides pour accompagner vos réflexions :
1. Les Européens sont 500 millions et les Américains 300 millions. Mais leur PIB n'est supérieur que de 5% à celui des Etats-Unis. Cela malgré une population plus nombreuse de 65%... Il y a là comme un manque de productivité quelque part d'autant plus qu'en termes de pourvoir d'achat, les USA nous dépassent de loin.
2. La productivité de l'Union Européenne est actuellement la plus faible du monde. Et si l'on retire l'Allemagne du lot européen, le tableau est encore plus noir.
3. Exact, le ratio de la dette publique américaine est passé au moment où je vous écris à 100% du PIB. Celui de l'Union Européenne est d'un peu plus de 80%.
Si on ajoute les dettes privées, c'est encore pire aux US. Cependant, ce n'est pas tout à fait comparable. Il n'y a pas de dette fédérale européenne. Il y a une dette grecque, une dette italienne, allemande avec pour chacune des perspectives de remboursement différentes.
Je serai assez d'accord pour dire que la note de la dette américaine est surévaluée, même si les perspectives de croissance y sont plus grandes.
4. Si les Etats-Unis trébuchent, nous sombrons. Les Etats-Unis sont le premier partenaire commercial de l'Union Européenne. De mémoire (à vérifier), le commerce entre les USA et l'UE dépasse le commerce cumulé de l'UE avec la Chine, le Japon et l'Afrique... Je ne vous fais pas un tableau.
5. En quoi l'euro indisposerait-il les USA ? Avec la parité actuelle de 1 € pour 1,5$, c'est du pain béni pour les entreprises amércaines qui rivalisent avec les grands produits côtés en dollars sur le marché mondial (aéronautique) et tous les pays exportateurs de l'Union Européenne à faible productivité (PIIGS et France). Au contraire, c'est la monnaie à conserver.
6. L'euro est moins attaqué qu'il ne se saborde tout seul. Avouez qu'il vaut mieux détenir de l'emprunt allemand (même si personnellement je n'achète pas de dette publique) que de l'emprunt grec. Il s'ensuit des tensions sur les taux d'intérêt obligataires qui menacent toute la zone.
Merci de nous lire et de nous apporter votre éclairage,
Bien à vous,
GD
En tant que simple lecteur non économiste du blog de l'Institut Turgot, je tiens à remercier M. Dryancour pour son travail bénévole d'éclairage économique.
Merci à Jean pour la reconnaissance de mon travail,
Votre commentaire me permet de rectifier un lapsus dans ma réponse n°65, dans le point 2. Ce n'est pas la productivité de l'Union Européenne qui est la plus faible au monde, c'est son taux de croissance. Ce que j'ai écrit ailleurs à plusieurs reprises.
Un taux de croissance européen en baisse car le taux de productivité n'augmente pas.
Désolé pour ce lapsus d'économiste... qui pourrait tromper les non-économistes.
Bien à vous,
Gilles Dryancour
D’abord merci pour vos analyses qui sont toujours très bien construites et très ‘logiques’.
La question essentielle je crois qui se pose aux citoyens français est celle de la valeur de leur monnaie (euro ou ‘nouveau franc’ en cas de disparition de la monnaie unique).
Au-delà en effet du débat sur la survie de l’euro (et de l’Union européenne), ce qui intéresse les gens est de savoir les effets concrets et immédiats de la situation actuelle sur leur niveau de vie.
Si le système devient ingérable (dettes espagnole et italienne insoutenables par exemple), je suppose que se posera la question du maintien ou pas d’une zone euro et surtout de l’appartenance de la France, pilier du système quoiqu’on en dise, à celle-ci.
Ne pensez-vous pas que politiquement, la France ne pourra se désolidariser de l’Allemagne et que nous nous retrouverons ainsi avec un ‘euromark’ dont la valeur par rapport au dollar notamment sera encore plus forte qu’aujourd’hui ? Avec tous les problèmes que cela peut engendrer…
Si en revanche la France revenait à une monnaie nationale, y-aurait-il alors retour de l’inflation, bien que beaucoup (dont Charles Gave) nous disent que c’est peu probable dans le contexte de la mondialisation ?
En résumé, quel est votre sentiment sur la valeur future qu’on peut imaginer de la monnaie que nous aurons dans notre poche dans quelques années (ou mois…) ?
Corollaire de la question : quels seraient les biens dont la valeur réelle resterait fixe ou s’apprécierait même dans le contexte actuel (or, franc suisse, etc.) ?
Bonne continuation !
Merci aussi à vous Philippe pour distinguer la construction logique de mes analyses. Comme je le disais plus haut, la logique formelle est une discipline oubliée à laquelle j’essaye de plier tous mes raisonnements, même si l’erreur est humaine.
Je vous avouerais franchement ne pas avoir toutes les réponses à vos questions, car la décision de sortir de l’euro, si elle doit se faire, sera politique et prise dans l’urgence. Or, ce que peuvent faire des hommes de l’Etat dépassés par une crise monétaire de grande ampleur est au-delà de mon imagination.
Mais, je peux quand même esquisser quelques réponses :
a) Logiquement la valeur du nouveau néo-franc devrait être égale à l’ancien euro. Cela de telle sorte que la dette publique puisse être convertie dans la nouvelle monnaie sans affoler les porteurs d’obligations et que les consommateurs qui résonnent en euro puissent sy retrouver (Je ne parle pas de ceux très minoritaires qui raisonnent encore en anciens francs...)
b) Si l’Italie et l’Espagne rentrent dans un scénario à la grecque, je ne vois pas comment le FSFE pourrait financer des milliers de milliards. Cela demanderait à la France et à l’Allemagne de financer en plus de leurs dettes celles de pays représentant 30% du PIB de l’UE. Autant dire que c’est financièrement insoutenable. L’euro sera alors condamné à terme.
c) Les effets concrets sur le niveau de vie dépendent de plusieurs variables. Mais s’agissant de la monnaie, on peut en retenir deux principaux. Le premier est le déficit budgétaire. Si la France s’achemine vers une politique à la Rueff, il n’y aura pas d’inflation. Si on continue une politique keynésienne de déficit structurel doublée d’une monétisation de la dette, il y aura de l’inflation sous plusieurs formes. Je connais la thèse d’Henri et de Charles Gave sur l’absorption de l’inflation dans les bulles, mais si la bulle est immobilière et qu’on ne trouve plus à se loger, on se moque de savoir que les téléviseurs plasma de dernière génération coûteront, en francs constants, relativement moins chers.
En outre, je suis persuadé que depuis l’introduction de l'euro il y a une inflation bien plus forte que l’inflation officielle et que la panier des biens représentatifs a été remodelé de telle sorte que l’inflation soit minimisée.
d) La seconde variable à tenir en compte est la balance du commerce extérieur. Elle bat des records de déficit en France et des records d’excédent en Allemagne. Pour cette raison, la France n’aura aucun intérêt à rester dans un euro-mark, elle serait dans l’impossibilité de dévaluer face au mark, ce qui arrangerait bien les Allemands.
En cas d’éclatement de l’euro le fameux couple franco-allemand aura mécaniquement intérêt à divorcer. Les écarts de productivité entre les deux pays sont trop grands pour avoir une monnaie unique. En cas de dévaluation du néo-franc, les voyages touristiques dans la Rhur seront plus chers (qui s'en soucie ?) et les BMW aussi.
Mais que l’on se rassure, les voyages redeviendront très bon marché en Grèce, en Espagne et d'Italie on pourra importer des FIAt, comme dans les années 1960.
e) Les biens qui conserveront leur valeur par rapport à une future monnaie nationale restaurée sont les biens réels : or et immobilier principalement. Pour les actions, c’est très difficile à dire. Je pense que le marché est surévalué et que la fausse reprise du marché boursier était imputable au Quantative easing. Mais entre nous, le seul bien durable qui échappe à la crise, c’est votre capacité personnelle à offrir un service indispensable à la société indépendamment des aléas économiques. Pour le franc suisse, cela dépendra de l’évolution des masses monétaires des deux pays. Si vous cherchez des conseils sur les moyens de se protéger de la crise, je vous suggère de vous reporter à mon article qui vous en donne les principales recettes, disponible sur ce site.
f) Considération finale : malgré mes analyses, je tiens à dire que nous ne sommes pas encore sortis de l’euro. Les hommes de l’Etat seront prêts à faire monter les garanties du FSEF à des montants faramineux pour se prouver qu’ils avaient raison contre les lois économiques et la volonté des peuples. Cela, jusqu’au moment où le FSEF ne pourra plus se financer lui même. Selon une estimation purement intuitive, je dirais que cela pourrait monter à 2000 milliards d’euros, peut-être 3000 mais pas beaucoup plus. Mais, il est possible que les marchés réagissent avant et que tous les beaux plans sur la comète s’effondrent rapidement.
Merci beaucoup pour vos questions très intéressantes,
Bien à vous,
Gilles Dryancour
"Mais entre nous, le seul bien durable qui échappe à la crise, c’est votre capacité personnelle à offrir un service indispensable à la société indépendamment des aléas économiques."
Bravo, c'est excellent.
L'or est immangeable et n'a aucune utilité pour un particulier sauf s'il devient une monnaie.Une monnaie ou l'état réclame 8% à la vente.
Mais le problème est insurmontable pour les rentiers qui n'ont plus cette faculté de travailler.
Dur dur de vieillir surtout sur la fin!
Grand merci pour votre réponse !
J’ai lu votre article précédent, très détaillé, notamment dans les commentaires sur les possibilités de protéger son patrimoine dans un contexte de crise.
Toujours dans l’optique de la valeur des actifs ‘liquides’ qu’un épargnant peut posséder, j’aurais une question subsidiaire, fondamentale à mon avis, qui m’apparaît peu traitée par les observateurs et qui est celle du taux de change euro/dollar.
Si on assiste à une envolée de l’or, côté en dollar, cela ne signifiera pas nécessairement un gain en euro si le dollar s’effondre ou baisse fortement.
Pensez-vous possible un scenario de baisse durable et forte du dollar par rapport à l’euro ? Cela impacterait-il la valeur en euro de l’or, qui pourrait même baisser, toutes choses égales par ailleurs ? Auquel cas, la détention de pièces d’or ne serait qu’une protection de son patrimoine assez illusoire, sans parler des restrictions légales que l’Etat pourrait imposer à l’achat et à la vente de l’or (comme ça a déjà commencé je crois aux Etats-Unis)…
La sécurité serait alors plus dans la détention d’une monnaie ‘traditionnellement’ forte, le franc suisse par exemple.
Dernière question (anecdotique, encore que…): certains épargnants conservent les billets émis par l’Allemagne (dont le numéro commence par un X…) en cas d’abandon de l’euro, qui se fera comme vous l’avez dit en catastrophe, pour les échanger éventuellement contre les 'néo' euros français. Que faut-il en penser ?
A n° Y,
J’espère que vous n’avez vu aucune ironie dans ma réponse sur les capacités personnelles à échapper à la crise.
Je me référais, sans l’expliciter, à des études faites sur les secteurs d’activité qui ont échappé à la crise de 1929, ainsi que les métiers qui ont le moins souffert. Celui de médecin, par exemple, était assez bien placé.
Vous avez bien raison de souligner que les rentiers (ainsi que les personnes à la retraite sans capital) souffriraient plus que les autres de l’explosion du système économique. Et, ils souffriront d’autant plus que leurs revenus dépendent d’un système public en faillite ou quasi-faillite. Hélas, toutes les erreurs passées finissent, un jour, par se payer dans le présent. Et nous ne cessons de les accumuler depuis le début des années 1970. Nul doute que la mauvaise gestion de l’Etat (ou d’entreprises) conduit à des drames humains.
Bien à vous,
GD
A Philippe,
Vos questions sont très pertinentes. Une fois encore, je n’ai pas toutes les réponses, car on raisonne toujours à partir de données et de tendances passées pour un anticiper un avenir imprévisible.
Comme je le disais ce matin à quelqu’un qui me faisait observer que plusieurs de mes analyses avaient récemment été confirmées par les faits, j’ai fait observer que si j'avais attribué à ces analyses une valeur prédictive infaillible, je serais devenu immensément riche. Ce qui n’est pas le cas.
L’aléa est donc toujours au rendez-vous des prévisions économiques.
Toutefois je puis vous faire part de mes observations sur l’or. Depuis des mois, la valeur de l’euro par rapport au dollar est assez constante (fluctuant entre 1,35 et 1,49$). Par contre, l’or n’a cessé de s’apprécier même en euros. L’or présente cet avantage qu’il est un bien physique réel. C’est une sécurité – une forme d’assurance – par rapport à une monnaie de papier qui peut du jour au lendemain valoir moins que le prix d’une feuille blanche qui elle conserve son utilité, tandis qu’un billet imprimé n’en a aucune.
A mon sens, tant que les déficits budgétaires se maintiendront et que la dette publique gonflera, l’or conservera une marge d’appréciation assez élevée. Sa valeur sera d’autant plus élevée que l’on risque de revenir à un système de monnaie nationale, où le néo franc serait dévalué.
Ainsi, dans l’hypothèse où le néo-franc dévaluerait de 20% par rapport à l’euro, l’or s’apprécierait automatiquement.
Tant que le taux directeur de la FED sera bas, les déficits commercial et budgétaire élevés aux Etats-Unis, le dollar aura une valeur faible. L’histoire monétaire a montré que cela peut rapidement changer. Quand Paul Volker, sous Reagan, est entré en fonction et a décidé de faire monter le taux directeur à 15% pour enrayer l’inflation, le dollar a doublé de valeur par rapport au franc en moins de 18 mois passant de 5 francs à 10. Un scénario équivalent est possible si les Républicains du Tea party pesaient considérablement sur le résultat des prochaines élections.
Tant qu’Obama sera au pouvoir et les Etats-Unis engagés dans des dépenses militaires astronomiques, je vois mal comment les taux de la FED pourraient baisser, ni le déficit budgétaire se réduire.
Si nous revenions aux monnaies nationales, je doute que les billets marqués d’un X feront la différence, car il faudra rendre l'euro partiellement inconvertible. (Imaginez que des épargnants étrangers détiennent plus de billets X que les épargnants allemands…).
Je pense que les bureaucraties nationales convertiront les anciens euros selon un critère objectif de résidence, d’imposition et de localisation de l’épargne. Ce qui serait logique, puisque dans les faits un euro allemand n’a déjà plus la même valeur qu’un euro grec. En cela, il me semble plus raisonnable d’avoir de l’or que d'autres formes de liquidités.
Dernier point, vous avez raison. Certains Etats peuvent réglementer l’achat et la vente de l’or, ou tout simplement le confisque. Cela s’est vu aux Etats-Unis.
Merci à vous,
GD
J'ajouterai que l'état peut non seulement réglementer l'achat et la vente de l'or ou de tout métal précieux mais aussi rétablir le contrôle des changes si les politiques qui sont à sa tête l'estiment nécessaire...
La résolution de la crise ne doit -elle pas passer par un retour à la réalité ?
Chaque pays doit arrêter avec l'état-providence à crédit.
La richesse réelle de la Grèce doit conditionner l'existence ou non des prestations sociales ainsi que leur niveau.
Idem pour la France :qu'est-ce qu'un système de retraites, qu'une sécurité sociale, qu'une éducation nationale, financés par la dette ?
Retour à la réalité : Absence de liberté économique + état obèse = fin du processus de création de richesse.
Les étatistes ont creusé leurs propres tombes avec les déficits publics.
Quant aux solutions efficaces, je suis très pessimiste sur leur application.
Seule l'arrivée au pouvoir de dix-sept Margaret Thatcher à la tête des dix-sept pays de la zone euro serait de nature à me redonner espoir
A Librexavier,
Nous partageons le même constat. A ce sujet je vous recommande mon papier :
Le modèle social européen : un mirage du passé sur le point de se dissiper
http://blog.turgot.org/index.php?po...
Je vous en cite deux extraits :
En 2013, la part des dépenses de santé publique se sera encore accrue dans le PIB de l’Union Européenne. Elle dépassera certainement 10% du PIB dans l’Euroland. D’ailleurs, plusieurs de ses membres ont déjà atteint ce seuil, notamment la France (11,2%), l’Autriche (10,5%), L’Allemagne (10,5%), la Belgique (10,2%), les Pays-Bas (10%).
En France, comme nous l’observions dans un article précédent, le conseil national des retraites a donné, mi-avril, une réponse prospective à ce que coûterait le maintien du régime actuel des retraites s’il n’était pas réformer :
« Si aucune mesure n'était prise, le besoin de financement cumulé des retraites à l'horizon de 2050 atteindrait 2600 milliards d'euros, selon des sources gouvernementales. Un chiffre à rapprocher du montant de la dette publique à la fin 2009 : 1 489 milliards d’euros » (12).
Il y a quelques mois, nous avions calculé que si l’on combinait le rythme actuel de la progression de la dette publique à celui de la dette des retraites, on dépasserait les 400% du PIB (base 2009) en 2050, soit 8000 milliards d’euros
la crise du modèle social européen est une des nombreuses facettes de la crise à laquelle s'ajoute : l'excès de règlementations, le dysfonctionnement du système monétaire international, la crise morale, etc.
On peut en effet être pessimiste à moyen-terme car l'effondrement ou la réforme brusque du système est inévitable. Mais, comme je le dis toujours, si les Russes ont réussi à se débarrasser du communisme il n'y a pas de raison que nous ne parvenions pas à nous débarrasser de la social-démocratie. L'avenir n'est jamais dicté d'avance.
Merci de nous lire.
Bien à vous,
GD
Bonjour M Dryancour et merci pour cet article de qualité, comme les autres d'ailleurs.
Vous avez, dans le commentaire 67, corrigé un lapsus. Mais l'erreur en est-elle vraiment une? La croissance n'est-elle pas le processus d'accroissement de la productivité économique (biens et services), et dans ce cas, la corrélation entre l'une et l'autre doit être très importante?
Quand à la production française je voudrais donner mon sentiment: comment pourrait-on avoir une croissance digne de ce nom lorsque la moitié de la population active occupe une professoin dans laquelle soit:
* ils surveillent et contrôlent l'autre moitié (le cas du ministère de l'agriculture est éloquent)
* ils créent des lois qui empêchent les gens d'entreprendre - ne serait-ce que la construction d'un poulailler en pleine campagne! - à un tel niveau qu'ils ne s'y retrouvent plus eux mêmes (Mon centre d'Impôts m'écrivait récemment: "Nous avons bien pris en compte les informations transmises et nous vous adresserons l'imprimé xxxxxx si nous parvenons à le trouver.")
* ils occupent des postes qui ne servent à rien (genre vendeur de tringles à rideaux par téléphone).
Bien à vous
A Erwan,
Votre remarque sur ma correction n'est pas inexacte. Plus qu'un lapsus, c'est un raccourci de ma pensée. Cela va de soi, il y a un lien très fort entre les gains de productivité et la croissance puisqu'elle permet d'augmenter la valeur ajoutée à production constante et aussi de dégager des ressources pour la création de nouvelle valeur. C'est le B A BA de l'économie de l'offre.
Toutefois, il serait faux de ma part de soutenir que l'Union Européenne aurait la plus faible productivité du monde. Et, pour mes lecteurs, je tiens à la précision des concepts que j'utilise.
D'ailleurs, il suffirait de comparer l'économie de la Bavière avec celle du Zimbabwé pour se faire une idée de l'inexactitude d'une telle affirmation.
La vérité est qu'en Europe, on trouve un certain nombre d'entreprises parmi les plus productives du monde. Et, il le faut bien pour supporter tous ces coûts réglementaires et soutenir les emplois fictifs (j'utilise volontiers l'expression d'emploi fantômes) du secteur public.
Vous ne pensez pas si bien dire sur le caractère ubuesque de certains métiers. J'ai récemment vu dans un reportage télévisé que des collectivités locales finançaient, dans des quartiers dits sensibles, des formations de cours de vélo à une roue et d'autres de Hula Hoop... Sans doute pour des carrières de saltimbanques. Emplois précaires s'il en est.
A tout prendre, c'est un peu mieux que d'obliger les policiers à former les jeunes voyous à la pratique du tir sportif dans les stands de la police - comme cela s'est fait ici et là.
Une société qui perd ses schémas de causalité (je travaille - je gagne de l'argent et non je travaille je suis puni par l'impôt et je ne travaille pas je suis récompensé par le système social) en vient à perdre le sens commun. Jusqu'au jour où la réalité revient au galop, comme les montagnes de dettes qui finissent toutes par s'effondrer. A ce sujet l'actualité du jour promet d'être mouvementée.
Merci de partager votre expérience personnelle.
Notez qu'en matière d'impôts, j'ai un de mes amis qui s'est vu réclamé, jadis, la somme de zéro franc et zéro centime. Et comme il ne payait pas les 0 franc dû, l'administration fiscale l'a menacé, avec mise en demeure, de saisir ses biens et comptes pour ladite somme. Depuis 25 ans, il attend toujours l'huissier...
Bien à vous,
GD
@ l'auteur,
Avez-vous-vu que la bourse ce matin après un petit moment dans le vert retourne dans le rouge.
11e séance de baisse consécutive à casue de la crise de la dette.
Qu'en pensez-vous ?
Est-ce le début du grand krach?
Que vont faire les états selon vous ?
Merci encore de vos réponse à vos lecteurs.
VS
A tous mes lecteurs,
Ceci est mon dernier commentaire en direct pour cet article partant en vacances, ce jour, jusqu'au 29 août.
A VS: si vous faites référence au CAC 40, il est à cette heure en baisse de 1,7%, malgré l'annonce faite par la BCE du rachat de la dette italienne.
De toute évidence, les moyens pour différer la crise s'épuisent.
Un krach peut intervenir du jour au lendemain ou dans deux ans. Toute l'économie européenne a été soutenue par des injonctions artificielles de liquidités et par la dette publique. C'est un traitement spéculatif de l'économie qui ne souffre pas le moindre retournement de la confiance. On peut être inquiet, en effet.
Pour ce qui est des Etats, ils vont certainement tenter de gagner du temps en faisant gonfler le bilan de la BCE, augmenter les facilités de prêt du FESF.
Qui sait même si on n'en viendra pas aux Eurobonds au nom d'un fédéralisme mal compris.
Mais cet argument du fédéralisme ne tient plus la route depuis que les Etats-Unis ont perdu leur note AAA. Pourquoi l'UE avec un taux de croissance inférieur aux Etats-Unis et une productivité plus faible s'en tirerait-elle mieux ?
Bon mois d'août à tous et préparez-vous à un été chaud... sur les places financières.
Gilles Dryancour
Bonnes vacances et merci encore pour votre excellent travail.
Quelqu'un peut-il m'expliquer ?
Je lis dans votre article que le FESF trouve ses fonds via les Etats... les Etats financent donc le FESF.... en effet, si le FESF empruntait sur les marchés avec comme "couverture", les garanties des Etats membres, on parlerait d'Euro-Bonds....
Voilà que je lis dans un article d'un auteur Libéral d'un site Libéral ceci >>>
En réalité, le FESF – une société de droit luxembourgeois – ne dispose pas de fonds en tant que tel. Il est en réalité une « coquille vide » qui agit au nom des contribuables européens sans qu’ils aient vraiment leur mot à dire. Tout ce qu’il possède ce sont des promesses de financement faites par les différents États-membres et qui se montent au total à 440 milliards d’euros.
Ces promesses permettent au FESF de s’endetter lui-même en empruntant sur les marchés financiers pour ensuite prêter aux États en difficulté. Il est supposé ainsi faire bénéficier de sa bonne réputation (et donc des taux bas auxquels il peut emprunter) des États qui risquent in fine de ne pas pouvoir rembourser. Cette réputation ainsi que les sommes qui sont prêtées dépendent à l’évidence directement du montant des garanties promises par les États-membres.
Quelqu'un peut-il m'expliquer où est l'erreur ?
Merci à vous !
Voilà un extrait que je trouve sur Bourso et qui confirme les dires plus haut>>>
Le FESF, qui lève de l'argent sur les marchés avec la garantie apportée par les Etats de la zone euro pour pouvoir le prêter à des conditions plus avantageuses que celles du marché aux pays en difficulté, est aujourd'hui doté d'une capacité effective de prêts de 440 milliards d'euros.
Cette enveloppe suffit actuellement à faire face aux problèmes de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal. Mais si la crise de la dette devait se propager en déstabilisant toutes les banques de la zone euro, voire gagner des pays comme l'Espagne ou l'Italie, ce filet de sécurité serait trop limité.
Face à l'aggravation de la crise, sa palette d'outils doit aussi être bientôt élargie pour qu'il fonctionne comme un FMI européen, avec la possibilité de racheter des titres de dette publique de pays en difficulté sur le marché où ils s'échangent entre investisseurs, et de prêter aux banques. Encore faut-il que les 17 membres de la zone euro ratifient ces changements.
A Wroclaw, l'objectif de départ qui était de concrétiser le second plan de sauvetage à la Grèce, de près de 160 milliards d'euros, n'a pas été atteint alors qu'il est pourtant vital pour éviter la banqueroute au pays.
La ministre espagnole des Finances Elena Salgado arrive à Wroclaw, en Pologne, le 16 septembre 2011
© AFP Adam Nurkiewicz
La zone euro bute encore et toujours sur les garanties demandées par la Finlande en échange de nouveaux prêts à Athènes. "Des progrès ont été réalisés" mais aucun accord n'a été trouvé, a indiqué M. Juncker.
La difficulté est d'éviter d'affaiblir le plan de soutien à la Grèce et d'empêcher que trop d'Etats demandent ensuite le même traitement.
Un mécanisme à l'étude pourrait prévoir que la Finlande renonce au moins à une partie de ses bénéfices sur les prêts octroyés à la Grèce via le FESF, selon une source gouvernementale européenne.