Union monétaire : en route vers l'eurodrachme....
Par Gilles Dryancour le mercredi 3 novembre 2010, 19:26 - Note de synthèse - Lien permanent
Tard dans la nuit du 28 au 29 octobre, les dirigeants européens réunis à Bruxelles ont accouché, dans la douleur, de nouvelles mesures de discipline budgétaire pour sauver l’euro.
Cette réforme complaisamment présentée, par la presse nationale, comme un succès sans précédent pour la diplomatie française laisse, cependant, planer un doute sur sa véritable portée
De l’autre côté du Rhin, cette réforme, basée sur le compromis franco-allemand de Deauville du 18 octobre dernier, est perçue comme un véritable échec par les alliés de la chancelière Merkel et par la presse économique :
« En acceptant cet été, après beaucoup d'hésitation, de mettre la main au portefeuille pour sauver financièrement la Grèce, Angela Merkel avait promis d'imposer en échange une discipline budgétaire de fer à l'Europe (…) Pourtant, la crédibilité de la chancelière en matière d'orthodoxie financière européenne est bel et bien égratignée. Merkel est accusée par la presse allemande et par certains au sein de son camp d'avoir «capitulé» face à Nicolas Sarkozy. En vertu du compromis, annoncé lundi à Deauville, Berlin a renoncé à son exigence de sanctions automatiques des États de la zone euro, en cas de déficits excessifs. Au lieu de cela, il faudra une décision politique à la majorité qualifiée des pays de la zone pour mettre en œuvre des sanctions contre un État ayant un déficit excessif ou un niveau de dette trop élevé, et une majorité des pays pourront s'opposer à des sanctions financières » (1).
Or, si la vision politique de l’euro l’a emportée sur la vision économique, on ne voit pas ce qui fondamentalement a changé par rapport aux règles de convergence qui fondent l’actuel pacte de stabilité. Pas davantage ne distingue-t-on ce qui rendra l’Union Economique et Monétaire plus viable.
1. Même dans sa future configuration l’UEM ne sera pas viable
Selon nous, l’UEM ne sera pas plus viable demain qu’elle ne l’était hier. On semble l’oublier, mais les mécanismes de discipline budgétaire étaient, déjà, en place dans le pacte de stabilité. Ce sont les fameuses amendes qui peuvent aller de 0,2 à 0,5% du PIB et qui sont prévues au cas où la dette publique atteindrait 60% du PIB et où le déficit dépasserait les 3%. Si ces amendes n’ont jamais été appliquées, c’est précisément parce qu’elles étaient laissées à la discrétion des Etats membres.
De ce point de vue, le renforcement annoncé des sanctions ne modifie pas le mécanisme de décision par lequel elles seront adoptées. Les Etats membres de l’UEM auront toujours le dernier mot. Quant aux nouvelles sanctions prévues, elles n’apportent rien qui soit en mesure d’empêcher la dérive des finances publiques.
1.1 Des sanctions teintées de constructivisme technocratique
Quels sont, en effet, les nouveaux outils budgétaires adoptés par le sommet européen du 30 octobre ? Selon les communiqués officiels, la mesure phare consisterait à étendre le processus de sanction aux pays menant des « politiques économiques considérées comme dangereuses ».
Toute la question sera de savoir quels critères seront retenus pour définir le caractère dangereux d’une politique publique. Ceux cités à l’issue du sommet laissent perplexes :
« Si un pays développe une bulle immobilière (comme en Espagne ou en Irlande récemment) ou voit sa compétitivité chuter, il sera d'abord rappelé à l'ordre et pourra faire l'objet de sanctions s'il appartient à la zone euro » (2).
a) Pour ce qui est des bulles immobilières, on observera que leur formation dépend principalement de la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne et non des politiques nationales. En outre, l’exemple de la bulle immobilière espagnole est particulièrement mal choisi. Comme l’a observé Henri Lepage, celle-ci résulte essentiellement de l’entrée de l’Espagne dans l’euro :
« Prenons le cas de l'Espagne. Lorsque Madrid rejoint l'Union monétaire, le pays a besoin de tout sauf de taux d'intérêt bas. Du fait de la sous-évaluation du taux de conversion de l'ancienne peseta en euro, la péninsule ibérique bénéficie de niveaux de salaires extrêmement compétitifs et attire les capitaux de la vieille Lotharingie européenne qui viennent s'investir en masse dans le tourisme et la construction… En raison de sa participation à l'euro, l’Espagne profite désormais des mêmes taux d'intérêt qu'à Berlin, Paris ou Bruxelles — des taux qui sont donc inférieurs au taux d'inflation observé dans le pays. Pour réduire l'inflation et la ramener vers la moyenne européenne, l'économie espagnole aurait besoin d'une politique monétaire restrictive, avec des taux d'intérêt plus élevés. Mais c'est la norme européenne, dictée par Francfort et calculée par rapport aux intérêts allemands du moment, qui s'impose. La conséquence est immédiate. Le trop bas niveau des taux incite à l'endettement (notamment en allant chercher l'épargne étrangère) ; stimule les investissements dans les secteurs à forte intensité capitalistique ; entraîne la formation d'une formidable bulle immobilière » (3).
Ce que nous suggère l’analyse d’Henri Lepage, c’est que l’euro en tant que monnaie unique a des effets qui varient selon la structure économique de chaque pays. En conséquence, il sera très difficile, à l’avenir, de distinguer la part de responsabilité qui, dans la formation des bulles de prix, incombera aux politiques nationales ou à l’euro. Ainsi, selon la logique des déclarations du président du Conseil Européen, Herman van Rompuy, l’Espagne aurait, à cause de sa bulle immobilière, été mise en examen pour ‘’déviance économique’’. Alors qu’elle était, d’une certaine manière, la victime systémique de la gestion centralisée de la monnaie unique.
Dans ces conditions, on peut anticiper que lorsque le temps des mises en examen budgétaire viendra, les controverses politiques seront des plus vives. Nul doute qu’elles seront aussi perçues par les opinions publiques comme une ingérence de la technocratie européenne dans le fonctionnement du marché politique national.
Là où le bat monétaire risque de blesser, c’est que faute de règles claires du jeu (par exemple : ni déficit ni inflation), on va remplacer ces règles par des politiques économiques à géométrie variable, dictées au gré des aléas bureaucratiques et des majorités de circonstance au sein du Conseil Européen. Autrement dit, au lieu d’une meilleure gouvernance monétaire, on aura la formation d’un gouvernement économique centralisé, sans mandat ni contrôle, dont le but sera de faire converger des économies divergentes par nature. Ceci afin, de les conformer à la représentation constructiviste d’une monnaie artificielle. C’est ce que laisse aussi craindre le second critère retenu pour mettre en œuvre les sanctions préventives.
b) Ce second critère, c’est celui de la perte de compétitivité. Un critère des plus singuliers lorsqu’on songe rétrospectivement au fameux ‘’Agenda de Lisbonne’’ également adopté par un Conseil Européen, au mois de mars 2000.
L’objectif de cet Agenda était de définir : « une stratégie décennale visant à remédier à la faible croissance économique de l'Union Européenne et à la faible… » et de faire de l'économie de l'Union Européenne « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d'ici à 2010, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale » (4).
Dix ans après, quels sont les résultats de ce plan pour l’Union Européenne ? L’une des croissances les plus faibles au monde et des pertes constantes de compétitivité face à ses principaux concurrents. Pertes encore plus marquées dans la zone euro, comme nous l’avons montré dans un précédent papier (5). Là aussi, on est en droit de se demander quels critères seront adoptés pour mesurer ces pertes de compétitivité et quel remède y sera apporté.
A ce propos, notons que la monnaie unique amplifie, mécaniquement, les pertes de compétitivité des pays qui ont des coûts salariaux trop élevés par rapport au cours de l’euro sur le marché des changes. Comme les pays ‘’en perte de compétitivité’’ n’auront pas individuellement la capacité de dévaluer l’euro, ils devront théoriquement baisser les salaires pour restaurer le niveau de compétitivité attendu par Bruxelles. Une potion que sera particulièrement amère pour tous ceux auxquels l’euro a été vendu comme une promesse d’augmentation du pouvoir d’achat. (Dans la pratique on sait bien que les baisses de salaires sont très difficiles à réaliser. Elles sont psychologiquement inacceptables. Et, lorsqu'elles arrivent à être imposées, elles se traduisent par des dysfonctionnements de toute nature : absentéisme, travail au noir, sabotage, augmentation des primes ou des promotions...)
Aussi lorsque Herman van Rompuy affirme que : « L'euro a fait office de somnifère pour certains Etats, nous proposons maintenant un système pour les réveiller à temps» - grâce aux sanctions préventives -, il propose de conserver l’anesthésiant et d’y associer un excitant syndical (6). Un mélange qui risque d’être économiquement instable et politiquement dangereux.
Pour illustrer la dynamique en cause ici, on rappellera l’analyse de Martin Feldstein qui donne les raisons pour lesquelles l’euro agit comme un stupéfiant face à la réalité économique :
« L’appartenance à l'union monétaire encourage les pays à faire d'importants déficits budgétaires. Quand un pays qui a sa propre monnaie émet de la dette publique en grandes quantités, les marchés financiers augmentent progressivement le taux d'intérêt sur cette dette et peuvent également pousser à la baisse la valeur de la monnaie. Ces réactions du marché sont une indication du fait que le déficit est en train de passer les bornes. Cependant, parce que c'est en euros qu'empruntent les membres de la zone euro, le déficit exagéré d'un seul pays n'affecte que très peu l'offre totale d'obligations en euro, et donc le taux d'intérêt global et le taux de change en euro » (7).
1.2 Des sanctions inopérantes
Au-delà des effets d’annonce, il n’y a rien de bien nouveau dans les mesures adoptées par le Conseil Européen du 30 octobre. Celles-ci peuvent d’ailleurs se résumer de la manière suivante :
i)Des sanctions pourront être décidées à titre préventif. Elles prendront la forme de dépôts bancaires bloqués et rémunérés. Elles pourront intervenir avant que le déficit d’un pays ait dépassé le seuil des 3% du PIB. Par exemple, si le déficit est sur une pente trop ascendante. Le pays en infraction aura alors six mois pour adopter un plan de rigueur avant d'être sanctionné.
ii)Les sanctions s'appliqueront comme, auparavant, aux pays ne respectant pas les critères d’un déficit budgétaire plafonné à 3% du PIB et à ceux dont la dette dépasse 60%. La nouveauté, en la matière, serait de sanctionner les contrevenants qui ne réduisent leur dette ou leur déficit assez vite.
Sur ce dernier point, on s’interrogera de savoir à quelle vitesse le déficit devra être réduit, selon quelle méthode et si cet objectif est tout simplement réaliste. Car, à en croire la BCE, certains Etats surendettés mettront plusieurs décennies pour revenir dans les critères de Maastricht :
« Les Etats de la zone euro pourraient mettre vingt ans pour que leur niveau d'endettement redevienne inférieur aux critères définis par l'Union européenne, même si les pays prennent des mesures rapides pour gérer leurs problèmes budgétaires, estime la Banque centrale européenne » (8).
A ce stade de l’analyse, constatons simplement que, dans le passé, rien n’a empêché les Etats membres de violer les traités librement ratifiés. Or, comme l’observe une dépêche de l’AFP :
« Les sanctions ne seront pas automatiques… contrairement à ce que souhaitait l'Allemagne, ce qui vaut à la chancelière Angela Merkel d'être très critiquée dans son pays. Paris a obtenu que le pouvoir politique garde son mot à dire, notamment lors du déclenchement de la procédure initiale de "déficit excessif", préalable à toute sanction » (9).
En d’autres termes, rien n’empêchera la formation de coalitions majoritaires qui s’opposeront à l’adoption de ces sanctions. Si l’on en croit Eurostat, cette coalition existe déjà dans les faits puisque 12 Etats membres de l’UEM, sur 16, ne respectent plus les critères de convergence.
« Douze États membres ont affiché un ratio de dette publique supérieur à 60% du PIB en 2009 (5): l’Italie (115,8%), la Grèce (115,1%), la Belgique (96,7%), la Hongrie (78,3%), la France (77,6%), le Portugal (76,8%), l’Allemagne (73,2%), Malte (69,1%), l'Autriche (66,5%), l'Irlande (64,0%) et les Pays-Bas (60,9%) » (10).
Depuis la publication de ces chiffres, les ratios se sont tous détériorés et l’Espagne est venue rejoindre le club des douze contrevenants pour le porter à treize :
« Selon ses prévisions, l'Espagne prévoit un alourdissement de sa dette publique jusqu'en 2012. Alors qu'elle est estimée à 55,2% pour 2009, elle passerait à 65,9% en 2010, puis 71,9% en 2011, 74,3% en 2012, avant de redescendre à 74,1% en 2013 » (11).
Quant à la France, on comprend qu’elle tenait à garder la maîtrise du déclenchement de la procédure initiale de déficit puisque le déficit de l’Etat central devrait y avoisiner les 8% du PIB en 2010 (12). Encore, ce chiffre est-il trompeur. Il ne tient pas compte du déficit de la sécurité sociale qui à lui seul devrait se situer aux alentours de 1,2% du PIB. Tous comptes publics faits, on approche sans doute, en France, des 10% de déficit en termes de PIB. Un chiffre à la grecque qui laisse planer comme un doute sur les véritables motivations politiques de la réforme du 30 octobre. N’est-il pas, en effet, singulier de voir l’un des principaux contrevenants à l’orthodoxie budgétaire définir la méthode par laquelle les dépassements budgétaires devront être sanctionnés ?
Relevons, au sujet de la France, qu’on voit mal comment elle pourrait donner des leçons d’orthodoxie budgétaire à ses partenaires européens au moment même où elle vient de battre un record historique en matière de dépenses publiques :
« C'est un record historique dont l'économie française se serait bien passée: en 2009, les dépenses publiques ont absorbé 56% de la richesse nationale, d'après le rapport sur le sujet publié ce mercredi par Bercy. Du jamais-vu depuis 1945. (…) le ratio n'était que de 52,8% en 2008. Pire, la situation devrait s'aggraver cette année. Dans un autre rapport, Bercy estime que les dépenses publiques monteront à 56,6% du PIB en 2010 » (13).
Pour ces raisons, on ne peut affirmer, comme Jean-Claude Juncker qu’à l’issue de la réforme du 30 octobre
« La zone euro disposera de l’équivalent d’un FMI européen » (14).
Faut-il rappeler au premier ministre luxembourgeois que le FMI n’absorbe pas une part sans cesse croissante de la richesse de ses membres. Que sa survie ne dépend pas du sort des pays dont il restructure la dette.
Dans le jeu collectif dont il est à la tête, le FMI tient le rôle d’arbitre. Tandis que les membres de l’UEM y sont à la fois juges et parties. De là dérive cette contradiction insurmontable pour l’UEM que l’on peut résumer sous forme de questions : Qu’arrive-t-il quand un des Etats membres de l’UEM se trouve dans une situation telle qu’il n’est plus en mesure d’honorer le service de sa dette ? Quand les sanctions prévues risquent d’accélérer sa déconfiture ? Et que cette déconfiture menace la survie de la monnaie qui lie les joueurs entre eux ?
Dans la réalité, il advient ce qui s’est passé pour la Grèce : on change les règles du jeu et on permet au perdant de continuer à jouer. Ainsi, augmente-t-on l’entropie du système en y ajoutant de nouvelles contradictions pourtant censées le sauver. Comme nous allons le voir la réforme décidée, le 30 octobre, par le conseil européen n’échappe pas à cette fatalité.
2. Vers une instabilité accrue de l’UEM
Selon les discours officiels, les mesures arrêtées par le Conseil Européen visent à stabiliser le système monétaire qui sous-tend l’euro. Mais, ici comme ailleurs, les apparences pourraient être trompeuses. Les motivations réelles de la réforme pourraient être bien plus politiciennes qu’il n’y paraît.
2.1 L’affaiblissement politique de la chancelière Merkel au cœur de la réforme
Malgré la forte reprise de l’économie allemande, la chancelière Merkel ne cesse de perdre pied dans les sondages (15). Presque six mois après, l’opinion publique ne lui a toujours pas pardonné son soutien à la Grèce. Un soutien qui, à tout instant, risque d’être déclaré inconstitutionnel par le tribunal constitutionnel de Karlsruhe. Dans ces conditions, on comprend qu’il est devenu particulièrement difficile à la majorité CDU/CSU-FDP d’intervenir une deuxième fois en faveur d’Athènes. A plus forte raison lorsqu’on sait que le premier plan a été vendu aux Allemands contre la promesse d’un retour à l’orthodoxie financière au sein de la zone euro.
Un événement passé presque inaperçu, en France, en dit long sur le caractère extrêmement sensible du sujet. Alors que le FMI annonçait, le 10 octobre, que la Grèce aurait sans doute besoin de prêts supplémentaires, le porte-parole du ministère des finances allemand faisait savoir qu’il en était hors de question :
« L'Allemagne est opposée à une prolongation du délai de remboursement par la Grèce des prêts de sauvetage qui lui ont été accordés alors que le pays parvient à se refinancer correctement", a déclaré mardi 12 octobre un porte-parole du ministère des Finances."Tant que les Grecs s'acquittent du programme, ce qu'ils font très bien, il n'y a pas de raison pour prolonger le calendrier de remboursement", a déclaré le porte-parole, qui a requis l'anonymat.
Lundi, le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, avait indiqué que le gouvernement discutait d'une prolongation de la période de remboursement des 110 milliards d'euros d'aides accordés à Athènes par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (16.)
Or, tous les analystes un peu sérieux savent déjà que, si l’on veut conserver la Grèce dans l’euro, un second plan de renflouage sera nécessaire. Un plan qui ne donnera, d’ailleurs, aucune garantie du redressement des finances publiques grecques sur le long-terme. Dès lors, toute la question politique qui se pose à la chancelière Merkel est de savoir comment donner satisfaction à ses électeurs tout en sauvant l’euro et en évitant la sanction du tribunal constitutionnel :
« L'Allemagne, soutenue par la France, exige, pour pérenniser le fonds de stabilité ..., de modifier le traité de Lisbonne, dont l'encre est à peine sèche. Elle redoute un blocage de sa Cour constitutionnelle, car, actuellement, un pays européen ne peut pas être sauvé de la banqueroute par ses partenaires. Une modification du texte doit aussi permettre de priver les pays trop dépensiers de leurs droits de vote dans l'UE. L'idée même de se lancer à nouveau dans une révision à haut risque du traité de Lisbonne, procédure requérant le soutien unanime des 27 pays de l'UE, suscite de fortes résistances en Europe. Le texte a mis près d'une décennie à accoucher et n'est en place que depuis moins d'un an…. Face à l'insistance de Berlin, un compromis semble se dessiner autour d'une révision a minima du traité, ne nécessitant pas de référendums populaires » (17).
De toute évidence, la réforme du 30 octobre répond aux préoccupations d’un gouvernement allemand politiquement aux abois : i) elle donne l’illusion d’une discipline budgétaire renforcée, ii) elle pérennise le fonds européen de stabilité financière auquel l’Allemagne pourra abonder en toute discrétion - sans avoir besoin d’un vote préalable du Bundestag ni alarmer l’opinion publique, iii) elle devrait permettre l’abrogation, sans référendum, des clauses interdisant le soutien aux Etats faillis, iv) et si l’abrogation intervient à temps, le gouvernement allemand échappera à une condamnation du tribunal constitutionnel de Karlsruhe qui lui serait politiquement fatale.
En clair, la réforme fera sauter les derniers verrous politiques et constitutionnels européens qui s’opposaient à la transformation de l’euro en drachme. Car, si l’on a bien suivi toute la séquence de la réforme du 30 octobre, ce qui se profile à l’horizon c’est, d’une part, l’instauration d’un mécanisme automatique de soutien aux Etats faillis et, d’autre part, la mise en place d’un mécanisme incertain de sanction des Etats incapables de modérer leurs dépenses budgétaires.
Selon nous, c’est une nouvelle dérive systémique qui, un jour ou l’autre, pourrait aboutir à la monétisation massive de la dette par la banque centrale européenne. Monétisation qui a, d’ailleurs, commencé avec la crise grecque et se poursuit depuis (18).
2.2 A quand l’éclatement de l’UEM ?
S’il est toujours difficile de prédire le moment où un système s’effondrera sous le poids de ses contradictions, on peut, par contre, en déceler les éléments annonciateurs. Or, l’étude des données disponibles montre que les finances publiques en Europe sont à la dérive :
« La situation est en effet grave, car les niveaux de dette publique dans la zone euro sont passés de près de 70% du produit intérieur brut (PIB) avant la crise, à 84% du PIB attendus cette année, soit bien au-dessus du seuil de 60% défini par l'UE. En supposant des réformes réduisant de 0,5 point de pourcentage par an le solde budgétaire, le taux d'endettement dépasserait toujours les 70% du PIB en 2030. Même avec une moyenne des efforts d'assainissement de 0,5 point de pourcentage du PIB par an (...) le retour au niveau d'avant la crise des taux d'endettement de la zone euro devrait prendre deux décennies", estime la BCE (19).
La BCE estime d’ailleurs que la dette publique de la zone euro pourrait atteindre 100% du PIB en 2015 et 150% en 2026 (20).
Dans ces conditions, on comprend que plusieurs Etats de la zone euro redoutent une hausse rapide des spreads de taux au moment où leurs besoins de financement ne cessent d’augmenter :
« Le Portugal, l'Irlande, la Grèce et l'Espagne ont emprunté 21 milliards d'euros depuis le début du mois. Les rendements ont atteint des niveaux historiques, au-dessus des 6 % pour les obligations à 10 ans. En deux jours, les quatre économies réputées les plus fragiles de la zone euro, les «PIGS» ont fait appel aux marchés pour financer la dette. Après la Grèce, l'Espagne, et l'Irlande, mardi, c'était au tour du Portugal, mercredi, d'émettre pour 750 millions d'euros d'obligations à quatre et dix ans. Au total, sur le mois de septembre, les Pigs ont emprunté 21 milliards d'euros. C'est plus que prévu par les marchés » (21).
En d’autres termes, la dette publique dans la zone euro continue à croître à une vitesse telle qu’elle est sur le point de devenir structurelle. C’est ce que suggère, déjà, l’analyse basée sur l’excédent budgétaire primaire qu’il faudrait réaliser pour réduire, dans la zone euro, le ratio de dette publique à son niveau de 2008. Or, selon cette analyse l’excédent primaire devrait s’élever à 3,6 % du PIB de la zone euro en 2015. Soit un effort budgétaire de l’ordre de 7 points de PIB par rapport à 2010. Cette donnée est des plus préoccupantes pour ceux qui en saisissent la portée.
Comme l’observe Olivier Bizimana, économiste au Crédit Agricole, la dégradation des soldes et des dettes publics est, peut-être, devenue irréversible :
« En l’absence de mesures d’assainissement, la tendance des finances publiques va devenir insoutenable dans plusieurs pays de la zone euro L’arrêt des mesures de relance et la reprise de l’activité ne seront pas suffisants pour permettre un assainissement des finances publiques. Des mesures plus structurelles à court et moyen terme seront donc nécessaires (en particulier une réduction graduelle des dépenses totales et un arrêt des baisses d’impôt). Vu le contexte de vieillissement démographique et son impact négatif sur les dépenses publiques et sur la croissance potentielle, des réformes structurelles plus larges (marché du travail, systèmes de santé, retraites, marché des biens) sont nécessaires pour assurer la soutenabilité des finances publiques à plus long terme» (22).
C’est un fait, de simples mesures d’ajustement ne suffiront pas à redresser la situation. Pour sortir de la croissance molle, des abysses budgétaires et de la pyramide de la dette publique, il faudrait une véritable révolution paradigmatique par laquelle l’Etat serait ramené à ses fonctions régaliennes et les dépenses publiques réduites rapidement de 30 à 40% (23).
A défaut d’une révolution conservatrice des plus improbables, on peut donc s’attendre à une dégradation rapide et durable des ratios de la dette publique dans l’Euroland. Ce qui conduira fatalement à une réévaluation du risque-pays et à la montée des taux d’emprunt. C’est d’ailleurs ce à quoi l’on a assisté depuis le mois d’avril 2010. Malgré le plan de sauvetage de la Grèce et la mise en place du fonds de stabilisation européen en juin dernier, les taux des emprunts publics sont sur une pente haussière. A ce jour (1/11/2010) si la Grèce devait lancer un emprunt à 10 ans elle devrait payer 10,6% d’intérêts, l’Irlande 6,12%, le Portugal 5,7%, l’Espagne 4%. Des taux qui sont bien supérieurs à leur capacité de croissance ou d’augmentation des recettes fiscales. C’est ce qui fait dire à un des plus fidèles lecteurs de ce site que ces Etats foncent chaque jour un peu plus vers le défaut de paiement. C’est dans tous les cas une quasi-certitude pour la Grèce et une probabilité des plus élevées pour l’Irlande.
2.21 La Grèce est virtuellement en faillite
Si l’on reprend le critère du solde budgétaire primaire qu’il faudrait mobiliser en 2015 pour stabiliser la dette grecque sur la base 2008, on se rend rapidement compte que l’effort budgétaire est techniquement hors de portée. C’est en effet 12,3% de son PIB que le gouvernement d’Athènes devrait allouer, en 2015, au remboursement de la dette. Le défaut de paiement devient tellement prévisible qu’il commence à être publiquement évoqué par les hommes de l’Etat grec :
« Ce n'est pas un hasard si le ministre grec des Finances, Georges Papanconstantinou, a attendu la veille du sommet européen pour annoncer une mauvaise nouvelle : la révision du déficit public de 13,6 % à 15 % du PIB. (…) le gouvernement semble ainsi vouloir prendre part au débat sur la révision des traités soutenue par la France et l'Allemagne, sans se soucier pour l'instant de l'impact sur les marchés financiers, persuadés que la Grèce devra «restructurer» sa dette, c'est-à-dire négocier un report de remboursement". «Les Européens doivent prendre en compte l'exemple grec et prévoir la faillite de l'un des membres», explique l'analyste politique Giorgos Kirtsos, éditeur du quotidien City Press. «Il est impossible de rembourser les 110 milliards d'euros prêtés par le FMI et l'UE en trois ans seulement : on va devoir restructurer » (24).
On ne saurait être plus explicite : la Grèce devra restructurer. Elle pourrait ne pas être la seule et être rapidement suivie par l’Irlande.
2.22 L’Irlande un autre maillon fragile de l’UEM
Si l’on applique à l’Irlande le même critère, du solde budgétaire primaire, que celui retenu pour la Grèce, on trouve le chiffre astronomique de 19,4 points du PIB à mobiliser en 2015 pour stabiliser la dette irlandaise sur la base 2008 (25).
En cela, l’Irlande pourrait être le maillon le plus faible des PIGS. Un maillon d’autant plus fragile que ses finances publiques ne cessent de se dégrader. Depuis fin septembre et la quasi-faillite de l’Anglo Irish bank, de l’Allied Irish banks et de Irish Nationwide, le gouvernement irlandais a dû emprunter 20% de son PIB pour les sauver. Un record en la matière :
«Il va y avoir un bond très important du déficit public en 2010 en raison du soutien que nous apportons au système bancaire, et qui totalisera près de 20% du PIB», a expliqué le ministre dans un communiqué, précisant que cela porterait le déficit public «autour de 32% du PIB» cette année, au lieu des 11,6% prévus en décembre dernier. Et la dette publique irlandaise va également s'envoler à 98,6% du PIB cette année en données brutes, contre 64% fin 2009 » (26).
Conclusion
En conclusion, on peut affirmer que la zone euro est rentrée dans une phase d’instabilité profonde. L’édifice monétaire européen est en train de se fissurer sous nos yeux. Plusieurs événements peuvent conduire à son éclatement soudain, notamment : une panique sur le marché obligataire européen, le défaut de paiement de la Grèce, de l’Irlande, de l’Espagne ou du Portugal, voire la décision du tribunal de Karlsruhe d’invalider le soutien de l’Allemagne à la Grèce ou sa participation au pacte de stabilité...
Si, malgré tout, l’UEM échappait à l’éclatement et l’euro était maintenu contre vents et marée, il est fort à parier que cela se fera au prix d’une faible croissance, peut-être combinée à un retour de l’inflation.
Ce qu’il y a de certain, c’est que la période 2013-2016 s’annonce à hauts risques pour plusieurs Etats surendettés dont les principales tranches d’emprunts arrivent à échéance.
2016 sera également la première année où il sera constitutionnellement fait obligation à l’Allemagne de présenter un budget en équilibre. Cette obligation accentuera progressivement les divergences entre les Etats vertueux du Nord et les Etats dépensiers du Sud. Nécessairement, il en résultera des tensions politiques au sein de l’UEM qui pourraient faire éclater la zone en deux, comme plusieurs analystes l’avaient envisagé en mai-juin de cette année :
« Il suffit de regarder le profil économique des seize nations adhérentes à la monnaie unique pour voir émerger deux groupes. L'un regroupe des pays centrés sur la production et l'exportation qui cumulent les excédents de balance des paiements courants: on y trouve l'Allemagne, l'Autriche, les Pays-Bas et un peu la Belgique. L'autre est formé de pays centrés sur la consommation qui connaissent des déficits courants modérés (France, Italie), ou importants (Espagne, Grèce, Portugal). Partant de ce constat, l'économiste Christian Saint-Etienne estime qu'il existe de facto deux zones euro, et qu'il serait justifié de les séparer, car les tensions actuelles sur les taux ne font que refléter cette réalité. On aurait donc l'"euromark" et l' "eurofranc". Les dettes seraient séparées, avec une prime aux détenteurs ne faisant pas partie de la zone eurofranc, pour compenser la baisse de valeur de leur créance » (27).
Quoi qu’il en soit la crise actuelle aurait pu être évitée si chaque Etat membre de l’UEM s’était vu imposer l’équilibre budgétaire et des sanctions automatiques en cas de dépassement. Mais, une telle exigence serait allée à l’encontre du fonctionnement du marché politique des pays du Sud. C’est bien la raison pour laquelle elle n’a pas été adoptée. Toutefois, cette mesure nécessaire n’aurait pas été suffisante pour assurer le fonctionnement harmonieux de la zone euro. En l’absence de marché de l’emploi, de langue et de culture homogènes, les divergences économiques ne peuvent que persister. Or, il ne peut y avoir de monnaie unique optimale pour un ensemble économique hétérogène. De même qu’il ne peut y avoir de prix unique pour des biens différents. Tôt ou tard, le taux directeur de la banque centrale ou le cours de la monnaie collectivisée s’avèrent inadaptés aux besoins individuels des économies réelles.
C’est pour cela que nous avions, dès le milieu des années 1990, pris parti pour une monnaie européenne commune, qui aurait circulé parallèlement aux monnaies nationales et aurait rempli la seule fonction valable de l’euro : la suppression des commissions de change au sein du grand marché européen.
Mais, une telle monnaie n’aurait pas été dans l’intérêt des hommes de l’Etat. Ils n’auraient pu l’utiliser à des fins politiciennes puisqu’elle n’aurait pas permis la convergence des taux d’emprunt et, au-delà, le creusement des déficits budgétaires, sources de rentes électorales. Au contraire, une monnaie commune bien gérée – idéalement convertible en or - aurait donné aux citoyens de l’Union un étalon supplémentaire pour mesurer la valeur de chaque monnaie nationale. Ainsi, une monnaie commune aurait procuré aux citoyens de l’Union la liberté de voter contre l’inflation et les politiques keynésiennes menées par leurs gouvernements (28). Une liberté qui reste encore à conquérir.
NOTES
(1) Le Figaro conjoncture 21/10/2010-déficits l'accord franco-allemand très critiqué
(2) Le Monde 28/10/2010 les nouveaux outils de la discipline budgétaire en Europe
(3) Henri Lepage, L'Euro survivra-t-il ? Institut Turgot, 16 juillet 2010.
(4) Conseil européen de Lisbonne, 23 et 24 mars 2000, conclusions de la présidence
(5) Gilles Dryancour, Vers la dislocation de l’Euroland ? Institut Turgot, 15 décembre 2009.
(6) Le figaro conjoncture 29/10/2010 Comment l’Europe veut éviter les crises futures.
(7) Ce qu’il faut bien comprendre, au travers de cette analyse de Martin Feldstein, c’est que le cours de l’euro sera pour certains toujours sous-évalué et surévalué pour d’autres. C’est le propre de toute valeur qui se fonde sur une moyenne arithmétique dont les composantes individuelles ne peuvent être égalisées : en l’occurrence le coût des facteurs de production.
(9) L'Expansion, Economie, 28 octobre 2010
(10) Source Eurostat
(11) Source Romandie infos 3 février 2010.
(12) Le Figaro/conjoncture 19/09/2010, Le déficit public revu à 78% pour 2010
(13) Le Figaro conjoncture 20/10/2010, Record historique pour les dépenses publiques en France
(15) Le Figaro 21/10/2010, Merkel peine à rénover la droite allemande
(16) Le Figaro, /flash-éco, 12/10/2010, Aides à la Grèce, Berlin contre la prolongation
(17) Lepoint /Economie/ Sommet houleux à Bruxelles pour réformer la zone euro, 28-10-2010.
(18)The Wall Street Journal, Trichet supports Bond-buying, 17 octobre 2010.
(20) Référence
(21) Le Figaro /conjoncture 22/09/2010, Dettes la zone euro fait sa rentrée à prix fort
(22) Globalix, Olivier Bizimana, 12 décembre 2009.
(23) Comme cela a été le cas depuis la quasi-déconfiture de la Suède dans les années 1990. A ce sujet, on regardera avec intérêt la conférence de Charles Gave du 28 septembre 2010.
(24) Lefigaro 28/10/2010/10, Grèce le spectre d'une restructuration ressurgit
(25 ) Globalix, Olivier Bizimana, 12 décembre 2009.
(26) Le Figaro /conjoncture 30/09/2010, Les comptes de l'Irlande plombés par ses banques
(27) La Tribune, 11/05/2010/ Créer deux euros un du nord et un du sud.
(28) Ce vote s’exprimerait par l’échange des devises nationales contre des euros ou des écus.
Commentaires
Si je comprends bien, la zone Euro est un peu dans la situation de la centrale nucléaire de Tchernobyl dont les ingénieurs ont déclenché un test et qui se sont rendus compte trop tard qu'il étaient dans l'impossibilité de stopper l'emballement du système.
Et comme nous sommes dans l'enceinte de la centrale, nous risquons d'être irradiés par l'explosion finale qui ne manquera pas de se produire.
Une consolation : la classe politique et les fonctionnaires européens qui sont à l'origine de ce scandale feront aussi partie des victimes.
A Pierre :
"Une consolation : la classe politique et les fonctionnaires européens qui sont à l'origine de ce scandale feront aussi partie des victimes."
Non, ils diront encore que c'est la faute des marchés, le gros de la population les croira et ils pourront augmenter allègrement les impôts! Ce seront les derniers touchés.
"Non, ils diront encore que c'est la faute des marchés, le gros de la population les croira et ils pourront augmenter allègrement les impôts! Ce seront les derniers touchés."
C'est ce qu'ils tenteront de faire mais l'économie répond à des critères de physiques incontournables dont personnes ne peut échapper: ils souffriront de l'inflation qu'ils auront provoqués, tout comme le reste de la population. Et augmenter les impôts ne fera qu'aggraver les problèmes de productivités (et donc d'inflation).
passer des sanctions automatiques à un vote politique sur celles ci, c'est être assuré qu'il n'y aura pas de sanctions vraiment appliquées, en effet tous les pays en position de risquer de courir lesdites sanctions s'opposeront à celles-ci pour ne pas être les suivants.
C'est comme si on demandait aux automobilistes de voter les retraits de points suite à des excès de vitesse ...
et comme le fonds de stabilité est pérennisé, sa faillite est programmée ...
Je parie que ce seront les pays les plus vertueux qui chercheront à sortir de l'Euro mais ce ne sera pas simple ....
Vous avez vu le Portugal ?
Vous avez vu l’Irlande ?
Vous avez vu la Grèce ?
Vous avez vu les trois graphiques ?
Tous les G20 n’ont servi à rien.
Tous les plans de sauvetage n’ont servi à rien.
Tous les plans de stabilisation n’ont servi à rien.
Toutes ces centaines de milliards d’euros qui avaient soi-disant « rassuré les marchés » n’ont servi à rien.
Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 6,607 % !
Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 7,656 % !
http://www.bloomberg.com/apps/quote...
Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 11,212 % !
A Pierre :
La situation est certes préoccupante, peut-être même explosive au sein de l’UEM mais pas tout à fait comparable à Tchernobyl.
Avec la même facilité que nous sommes rentrés dans l'euro pouvons nous en sortir. Et, il n'y aura pas de dégâts irréparables
L'histoire monétaire regorge de changements de valeurs et de devises par les Banques centrales. L’un des exemples les plus connus est le Brésil où l’on est passé successivement du Réal au Cruzeiro, puis au Cruzeiro, au Cruzado, au nouveau Cruzado, au Cruzeiro, au Cruzeiro Réal, pour revenir au Réal. En Europe, on oublie qu’on a déjà connu une union monétaire – nommé l’Union Latine – qui a tant bien que mal fonctionné entre 1865 et 1927.
Union qui associait la France, la Belgique, l’Italie, la Suisse, le Luxembourg et, notons-le, la Grèce…
Cette union a disparu et tous ces pays s’en sont économiquement rapidement remis. Conservons toujours à l’esprit que la monnaie n’est qu’un vecteur des échanges. Là où il y a des compétences, du savoir-faire, un cadre institutionnel incitant au travail, à l’épargne, à la libre entreprise et à l’innovation, il ne manque pas de ressources pour se tirer des situations les plus difficiles.
Merci de nous lire,
Gilles Dryancour
Remarques à Lio, en deux parties à cause du commentaire de GM.
Pour l’avoir observé de près, je pense que ce sont en effet les fonctionnaires européens qui souffriront en dernier de la crise.
Avec un statut des plus protecteurs et des rémunérations sans comparaison avec le commun des salariés, ils sont parfaitement à l’abri de la crise.
Cependant, on notera que l’essentiel de la fonction publique européenne se concentre dans les effectifs de la Commission Européenne.
Même si presque tous les Eurocrates sont favorables à l’euro, on ne peut en leur attribuer ni la responsabilité de sa création ni celle de ses dysfonctionnements.
Cette responsabilité incombe totalement aux hommes de nos gouvernements qui ont eu le premier mot et ont conservé le dernier.
Et, l’Euro n’a été possible que parce qu’il sert les ambitions économiques des pays du Nord et les ambitions politiques de ceux du Sud.
En ce domaine, comme dans d’autres, il faut rendre ses deniers à César et l’euro à nos gouvernements.
Merci de votre commentaire,
Gilles Dryancour
A GM,
La technocratie a plus d’un tour dans son sac pour échapper aux conséquences de ses politiques keynésiennes : emploi à vie, rémunération indexée sur
l’inflation… C’est bien le seul secteur qui échappe aux récessions.
Certes sur le très long terme on peut imaginer que les fonctionnaires souffrent également de la crise, comme les fonctionnaires grecs partiellement mis à la diète.
Toutefois, on relèvera ce paradoxe que je n’ai pas pu développer – faute de temps – dans mon article. L’euro sert encore d’écran protecteur à la fonction publique pléthorique de nombreux pays membres de l’UEM, France en tête. Comment ? En exerçant toujours une pression mécanique à la baisse des taux d’intérêt. Ce qui permet aux Etats d’emprunter une grande partie de leur budget. Dans le cas de la France 50% du budget de fonctionnement a été financé par l’emprunt…
A l’opposé, la livre Sterling qui est directement exposée à la sanction des marchés, ne protège plus le Royaume-Uni face à la montée des taux. En conséquence, le gouvernement de David Cameron va supprimer 500.000 emplois dans la fonction publique dans les deux années à venir : http://www.dnaindia.com/world/repor...
Une réforme d’une grande ampleur, peut-être même plus profonde que sous Margaret Thatcher.
Votre remarque sur le fait qu'en fin de compte les lois de l'économie s'imposent est une de mes devises préférées.
Elles s'imposeront... mais quand. Là est la vraie question.
Bien à vous,
Gilles Dryancour
A Yves Demars,
J‘ai beaucoup apprécié votre remarque sur le permis à points.
J’avais pensé à une remarque analogue avec une audience au tribunal pénal où l’on demanderait à l’accusé déclaré coupable de fixer lui-même sa condamnation.
Cela marchera d’autant moins que dans le cas de l’UEM, les trois-quarts des pays membres sont des contrevenants, la très vertueuse Allemagne aussi dont le déficit devrait friser, en 2010, les 4% et la dette publique les 78% du PIB. Ce qui la rend plus indulgente à l’égard de partenaires tels que la France.
Le fonds de stabilité sera en effet en faillite s’il n’est pas renfloué régulièrement au profit de la Grèce et d’un ou deux autres Etats, Irlande et peut-être Portugal.
Mais, si la démocratie Allemande est court-circuitée et que le gouvernement peut y abonder par voie de déficit, il peut se perpétuer tout en un temps. Et ceci d’autant plus longtemps que la BCE monétisera la dette…
Cependant, cette mécanique dilatoire ne pourra tourner éternellement. A un moment donné, ce sont les taux des emprunts allemands eux-mêmes qui seront touchés. Là il n’y aura plus d’échappatoire et l’Allemagne sera peut-être contrainte de revenir au mark ou fonder un euro-mark. Mais, cela peut prendre beaucoup plus de temps qu’on ne l’imagine.
Bien à vous,
Gilles Dryancour
A BA,
Vous vous êtes certainement reconnu dans l’un des passages de mon article.
A lire les commentaires, je pense que vous êtes le lecteur le plus assidu de l’Institut Turgot.
Un grand merci donc au nom de toute notre équipe.
Surtout, vos interventions régulières nous permettent de suivre l’évolution des spreads de taux en direct sans que nous ayons à fournir l’effort de les rechercher nous-mêmes.
Les taux que vous communiquiez hier indiquent très nettement que la dette n’est pas viable, qu’elle devient structurelle et qu’elle s’auto-alimente.
Rien de très bon en perspective.
Cela ne peut déboucher que sur du rééchelonnement à l’Argentine ou de l’inflation via la monétisation. Les choix se réduisent chaque jour, car on est est de plus en plus dans le sommet de la pyramide de Ponzi.
Dans vos recherches et travaux sur les courbes, je vous recommande de commencer à travailler sur la France. Il me semble que le spread commence à augmenter légèrement, comme il l’a fait pour la Grèce… On pourrait alors faire face à une crise tout à fait épique de la dette française, l’une des élevées au monde (la 17e si mes souvenirs sont bons en termes de PIB/habitant et la 3e en valeur absolue). Or, une augmentation de un point des taux d’intérêt signifie le doublement du service de la dette pour la France… Inutile de faire un dessin.
Il serait aussi intéressant de corréler la montée des spreads avec la montée en valeur de la dette par rapport au PIB.
Avec toute notre reconnaissance pour vos interventions fréquentes.
Cordialement,
Gilles Dryancour
Deux autres articles que vous auriez pu citer et qui confirment que la Grèce est ruinée et que son gouvernement panique:
"La plupart des Grecs parlent à nouveau d'une faillite de leur pays. Le plan de rigueur, imposé par le Fonds monétaire international et l'Union européenne en échange d'un prêt de 110 milliards d'euros, est très impopulaire et le gouvernement panique. "
http://www.lefigaro.fr/internationa...
"Déficits abyssaux
Le gouvernement de George Papandreou traîne également le lourd fardeau des déficits abyssaux et maquillés des dirigeants précédents. Fruit d'une enquête d'Eurostat, des nouveaux chiffres de la dette et de déficits des années passées devraient être publiés le 22 octobre. De mauvaises nouvelles en perspective: selon des informations de presse, le déficit 2009 laissé par le gouvernement précédent pourrait atteindre 15,1% du PIB (contre 13,8% précédemment estimé) et la dette culminer à 127% du PIB, au lieu de 115,4%.
«Si ces informations sont exactes, les marchés remettront en cause les déclarations du gouvernement selon lesquelles ces corrections n'affecteront pas le budget 2010», s'inquiète Luigi Speranza. "
La Grèce pourrait donc ne pas avoir d'autre choix que de requérir une prolongation de l'aide internationale. Les échéances de remboursement de sa dette seront en effet monstrueuses dans les années à venir. Si les prêts ne sont pas prolongés, calcule Ciaran O'Hagan, stratège chez Société Générale CIB, «les échéances grecques doubleront à l'horizon 2014-2015, atteignant les 70 à 80 milliards d'euros». Des montants auxquels Athènes ne pourra pas faire face.
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...
A Le FIG :
Merci pour ces références. J'avais identifié le premier des deux articles mais pas le second. Ce que mettent en évidence ces analyses, c'est a) l'échéance 2014-2016 qui risque d'être très mouvementée, b) l'impossibilité pour la Grèce de rembourser, c) l'hypothèque du marché politique des pays clientélistes. Je n'y insisterai jamais assez : dans ces pays-là, le modèle social fonctionne selon le schéma suivant : on augmente les salaires, on augmente la masse monétaire et on dévalue. Imaginer que l'on y transposera le modèle allemand est une utopie politique. Les opinions publiques se révolteront dans un contexte où il n'existe plus de cadeaux à distribuer. L'instabilité politique risque aussi d'être le prix à payer pour la stabilité de l'euro. C'est alors que l'intérêt électoral des hommes de l'Etat pourra les conduire à sortir de l'euro.
Au fond, ce à quoi l'on assiste c'est à la fin du compromis basé sur le malentendu des années 1997-2000.
Tout cela c'est bien joli mais l'euro est repassé au-dessus de $1,40, comment expliquez-vous qu'une monnaie aussi malade se porte aussi bien sur le marché des changes...
Curieux non?
SM
Réponse rapide à SM :
Plusieurs variables définissent la valeur d'une monnaie sur le marché des changes. Notamment, la quantité de monnaie émise, le taux d'inflation, la balance commerciale, le taux directeur de la banque centrale... Toutes ces variables interfèrent d'ailleurs entre elles.
En prenant le dollar, vous avez simplement pris un référent plus faible que l'euro (émis en plus grande quantité). Si vous aviez pris l'or ou d'autres biens réels, vous constateriez que le pouvoir d'achat de l'euro diminue aussi. Juste un peu moins vite que pour le dollar.
Personnellement, je n'y vois pas un signe de confiance particulière en l'euro. Ce dernier pourrait un jour atteindre le cours de 1 pour 2, face au dollar, et quand même disparaître le lendemain.
Il n'y aurait là rien d'étrange.
Merci de nous lire.
GD
A l'auteur de l'article :
Merci pour votre analyse pour le moins convaincante et qui laisse de la place à l'aléa politique qui reste naturellement puissant et peut in fine contrecarrer les prognostics les plus économiquement cartésiens.
Comme SM, la vigueur actuelle - certes relative - de l'euro me surprend aussi mais, à la lumière de votre article, on peut estimer cette vigueur très fragile. Une "petite" étincelle devrait suffire à inverser de nouveau la tendance, non ? On peut du moins l'espérer...
Au sujet de l'euro, toujours,
à supposer qu'elle soit acceptée par l'Allemagne et ses pairs ; l'adoption par la BCE d'une politique inflationniste (de quantitative easing, par exemple...) n'est-elle pas la moins mauvaise solution pour l'UEM ? Ou dit autrement, la mise en oeuvre de tous les instruments participant à une baisse sensible de la valeur de l'euro (y compris par rapport au dollar) n'est-elle pas in fine la seule solution pour soutenir (sauver ?) la plupart des économies européennes, pour stimuler leur croissance et, plus indirectement, pour "sauver" l'euro (même dévalué) ? Et comme il y a fort à parier que les gouvernements européens voudront (malheureusement) défendre longtemps LEUR monnaie unique "coûte que coûte", la baisse de l'euro n'est-elle pas à court et moyen terme hautement probable ?
Réponse à Benoît B.
Merci de votre commentaire très éclairé.
Je souscris tout à fait à votre analyse sur l'aléa politique qui laisse le champ ouvert à plusieurs scénarios.
Observons aussi que dans un jeu collectif à plusieurs inconnues, il est très difficile de faire des pronostics monétaires. De ce point de vue, votre question est extrêmement complexe.
Par exemple, on peut se poser la question de savoir si le retour de l'inflation traditionnelle serait possible - sans même se poser la question de savoir si elle serait souhaitable.
Ce qui est plus probable, c'est que l'on verrait se former des bulles de prix plutôt qu'une inflation sur les biens de consommation.
En regardant le passé proche on peut extrapoler un scénario où l'on aurait une montée des prix des actifs immobiliers et boursiers avec une inflation enregistrée des plus faible. Puis s'ensuivrait l'éclatement des bulles avec une forte poussée déflationniste. Le résultat final serait : de la destruction d'actifs, mais une augmentation de la charge de la dette par l'Etat entraînée par une baisse de l'activité économique. Le quantative easing ne serait alors d'aucune utilité.
Observez que ce scénario n'est pas une fiction puisque c'est celui que nous vivons.
En d'autres termes, les politiques keynésiennes peuvent entraîner des effets indésirables d'une autre nature que ceux généralement attendus. Le Japon en est le meilleur exemple. La dette y frise les 200% mais la croissance est quasi-nulle.
Si, à mon sens, les PIGS et la France ont intérêt à la dévaluation pour retrouver des marges sur les marchés internationaux, c'est exactement l'inverse pour les pays du Nord. En cela, il n'y a pas d'entente possible sur la politique monétaire à mener. Merkel perdra le pouvoir sans doute pour cette raison.
Mes propres recherches m'ont convaincu que l'inflation ne sauvait personne si ce n'est, à très court terme, les intérêts de l'Etat. La charge de la dette diminue, certes. Mais, les impôts augmentent mécaniquement dans les pays où l'on fixe des taux de prélèvements par tranche de revenus. Quant à l'épargne, elle est laminée. Le XIXe siècle européen qui a connu une croissance double que celle du XXe fut tendanciellement déflationniste. Le XXe fut clairement inflationniste et beaucoup moins créateur de richesses qu’on ne le croit.
Intuitivement, je dirais que nous acheminons en Europe vers un épisode marqué par de nouvelles bulles, une inflation un peu plus élevée et une croissance très faible.
Bien à vous,
Gilles Dryancour
Merci pour votre réponse.
Et je partage plutôt votre intuition quant à notre avenir à court/moyen terme (pas d'inflation généralisée en période de chômage élevé et de demande atone, spéculation subie et ciblée sur certaines classes d'actifs, très faible croissance).
Mais, alors, si on ajoute une autre hypothèse probable selon laquelle les classes politiques européennes manqueront globalement de courage (et de marges de manoeuvre...) pour rectifier sérieusement et rapidement le tir des finances publiques, on peut s'attendre au pire en Europe. Et les marchés internationaux ayant une prise sur nos finances sensiblement plus élevée qu'au Japon (largement auto-financé), on peut s'attendre ici à des secousses violentes (plutôt qu'à une lente léthargie économique).
Heureusement, selon l'adage, le pire n'est jamais sûr...
Très jeune, et professionnellement engagé pleinement dans l'industrie, je n'ai pas envie d'y croire !
Autruche-ment vôtre,
BenoitB.
A Benoit B,
Je suis parfaitement votre raisonnement. La dette publique du Japon est principalement détenue par les Japonais, ce qui signifie que les marchés internationaux ont peu de prise sur le taux à laquelle elle est négociée. Si elle s’avérait insolvable, elle se transformerait de facto en impôts. Notons également que la dette nette japonaise est un peu plus faible dans la mesure où la banque centrale nippone détient toujours d’énormes réserves de bons du trésor américain.
Pour ce qui est de l’Europe, je partage votre avis dans les grandes lignes : la classe politique manque en règle générale de courage. Mais, les événements peuvent devenir très vite contraignants. Regardez ce que doit faire le gouvernement de Papandréou en Grèce. Voici un gouvernement socialiste qui doit mener le programme d’austérité le plus sévère de l’histoire de la Grèce depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Que ce programme soit insuffisant et arrive trop tard par rapport au niveau de la dette publique, c’est une possibilité. Mais, on doit quand même constater que ce gouvernement de culture social-clientéliste prend des mesures.
C’est encore plus visible au Royaume-Uni où, après les années travaillistes, on entre dans une période de rigueur sans précédent. Mais dans ce cas précis, les conservateurs ont reçu un mandat pour remettre les pendules à l’heure et l’économie du pays est bien plus solide et diversifiée que l’économie grecque. Sa capacité à rebondir est donc plus grande.
Moi aussi, je travaille dans l’industrie. Celle qui fabrique des biens lourds et des plus utiles, bien plus utiles que des sub-primes à mon sens (il n’y a aucune connotation marxiste dans cette remarque). Et, bien que certainement beaucoup plus âgé que vous (si vous approchez des 25 ans, je ne suis pas loin du double de votre âge), je demeure très optimiste pour l’avenir de la société pour laquelle je travaille. Principalement parce qu’elle a su diversifier ses risques en produisant dans plusieurs grandes zones monétaires (dollar, yen, euro…). Elle parvient ainsi à laisser les risques et les cycles.
Les véritables attributs de la jeunesse me semblent être : l’optimisme, le goût du risque et l’engagement dans les projets que l’on conduit. Aussi, il n’est pas très utile – au sens microéconomique – de se faire du souci pour l’euro. Ce n’est après tout qu’un bout de papier sans vertu magique. Il peut disparaître demain comme il est apparu hier, ce qui n’empêchera pas l’économie de tourner.
Dans tous les cas, je vous félicite pour la qualité de vos observations.
Bon courage et bonne chance dans votre vie professionnelle.
GD
@ l'auteur:
Que pensez-vous de cette dépêche de Yahoo :
http://fr.news.yahoo.com/4/20101106...
Est-ce que vous croyez que c'est vraiment l'Italie et l'Espagne ?
D'avance merci pour votre réponse.
Viviane S.
LES VRAIS DANGERS PLUS TARD ?
"Les tensions politiques pèseront encore pendant plusieurs mois sur les cours de bourse et les emprunts d'Etat, mais les véritables dangers pour le continent pourraient survenir dans un deuxième temps, jugent certains observateurs.
"La situation politique a piètre allure au Portugal, en Grèce et en Irlande, mais il s'agit essentiellement de postures et de battage", juge Ian Bremmer, analyste chez Eurasia, groupe de conseil en risques politiques.
"En termes macroéconomiques européens, ces trois pays sont modestes et maîtrisables en cas de crise. Les deux qui posent des risques systémiques sont l'Espagne et l'Italie. Tous deux vont bien jusqu'à maintenant, mais 2011 pourrait être très agité"
Réponse rapide à Viviane S.
Merci pour la référence.
Pour l'Espagne, l'effort de réduction du déficit semble porter ses fruits.
Le déficit de cette année devrait se situer entre 6 et 7% mais avec un service de la dette ne représentant que 3% du PIB contre 5% en France.
Quant au déficit italien, il se situe aussi aux alentours des 5% et sur une pente descendante.
A mon sens, ces pays présentent un risque systémique moins élevé que la Grèce et l'Irlande.
Mais tout dépendra de la dynamique des taux.
Conservons à l'esprit que si un maillon saute, toute la chaîne risque de sauter.
Bien à vous,
GD
Lundi 8 novembre 2010, vers 13h30 :
Si le Portugal devait lancer un emprunt à 10 ans, il devrait verser un taux d’intérêt de 6,551 %.
Si l’Irlande devait lancer un emprunt à 10 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 7,741 %.
http://www.bloomberg.com/apps/quote...
Si la Grèce devait lancer un emprunt à 10 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 11,286 %.
La proposition euro/mark et euro/franc ne verra jamais le jour c'est comme si militairement les allemands avaient abandonné le parapluie nucléaire américain face à l'Urss.
Nous allons droit sur l'implosion du système avec chez nous une population anti UE qui ne comprendra pas ce qui lui arrive,d'autant que les prochaines élections devraient nous amener de nouveaux keynésiens au pouvoir.Culturellement les Français ne sont pas prêts aux épreuves qui sont devant nous et je ne vois pas comment nous allons nous en sortir quand une mini réformé des retraites même pas
faites a provoqué une quasi paralysie du pays provoquée par des syndicats que nous finançons et une gauche anti capitaliste
A BA,
La progression de la courbe iralandaise est des plus impressionnantes
A ce rythme là, l'Irlande ne pourra bientôt plus emprunter et devra faire appel au fonds européen de stabilisation financière.
La grande inconnue sera l'Espagne.
Si l'Espagne dévisse, l'euro est pratiquement condamné.
Merci de suivre l'évolution des taux pour nous.
GD
A Konebien,
Il y a un constat que je partage avec vous : le conservatisme social des Français ou, du moins, d'une partie d'entre eux.
Vu d'Allemagne où je vis, les manifestations contre la réforme des retraites a un côté ubuesque. Les Allemands ont compris, sans protester, qu'ils devraient travailler jusqu'à 67 ans. Sans doute parce qu'on leur a mieux enseigné l'arithmétique.
En France, les manifestants ne semblent pas s'être souciés un instant du fait qu'il n'y aura plus un franc vaillant en caisse. Cela reflète, en effet, un état d'esprit qui sera rappelé brutalement à la dure réalité le moment venu. Notons au passage que la présente réforme ne serait que financée à moitié selon le calcul des experts. Nul doute qu'il y aura des révisions déchirantes et le choix de société qui se posera aux Français sera entre la réforme douloureuse ou l'appauvrissement durable.
Pour ce qui est de L'UEM rien n'est certain à ce stade. Tout ce que l'on peut dire, c'est que le nombre des options économiques et politiques se réduit de jour en jour.
Cela sera soit la monétisation, soit des transferts massifs et antidémocratiques de richesses du Nord vers le Sud, voire une combinaison des deux.
J'aurais tendance à parier sur l'acharnement du Politique à conserver l'euro coûte que coûte. Et, cela peut durer tout un temps.
Pour ce qui est de l'euro partagé en deux zones, je l'évoquais plutôt comme un cas d'école destiné à illustrer l'hétérogénéité de la zone.
Dans tous les cas, l’histoire monétaire des cinq prochaines années à venir réserve bien des surprises aux gouvernements de l’UE et à leurs administrés.
Merci pour votre commentaire et de prendre le temps de nous lire,
Gilles Dryancour
A l'auteur:
Cette réforme de l'UEM n'est-ce pas aussi un coup d'arnaque à l'égard des banques ?
Que pensez-vous des récentes déclarations de Juncker sur la garantie ueropénne des dettes nationales ?
Réponse à Ben,
Merci pour vos questions très pertinentes. Je n'ai pu traiter du sort réservé aux banques faute de temps et de place. J'ai pris connaissance des déclarations de JC Juncker qui me semblent irréalistes et m'inspireront sans doute de nouveaux commentaires.
J'y reviendrai dans un papier complémentaire à cette note de synthèse. Vous y trouverez assez rapidement des réponses à vos questions.
Rendez-vous à très bientôt,
Gilles Dryancour
Mardi 9 novembre 2010 :
La Grèce a levé 390 millions d’euros de bons du Trésor à six mois, à un taux d’intérêt de 4,82 %, en hausse par rapport à la précédente émission à six mois le 12 octobre.
Ce qui est incroyable, c’est l’évolution des taux d’intérêt de la Grèce depuis un an.
Comparons les mois d’octobre 2009 et 2010.
Comparons les mois de novembre 2009 et 2010.
13 octobre 2009 : pour un emprunt à 6 mois, la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 0,751 %.
26 novembre 2009 : pour un emprunt à 6 mois, la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 0,767 %.
12 octobre 2010 : pour un emprunt à 6 mois, la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 4,54 %.
9 novembre 2010 : pour un emprunt à 6 mois, la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 4,82 %.
http://www.bloomberg.com/apps/quote...
Conclusion : plus les jours passent, plus la Grèce se surendette.
Plus les jours passent, plus la Grèce se rapproche du défaut de paiement.
Dans le prolongement des analyses de BA on lira avec intérêt l'entrevue de Rogoff parue ce jour dans le Figaro.
Si on ne sera pas d'accord sur toutes ces analyses on souscrira à celle-ci particulièrement qui explique pourquoi il y a des acheteurs pour les bons du trésor grec alors qu'on sait que le pays est quasiment en cessation de paiement :
"Faut-il s'attendre à des faillites parmi les Etats européens ?
dit toujours que les Etats ne font jamais faillite, mais sur une longue période, cela arrive périodiquement. Dans ce contexte, un mécanisme de restructuration de la dette permet de dédramatiser le processus.
... Surtout, un tel mécanisme rend les investisseurs plus nerveux lorsqu'ils prêtent aux Etats, ce qui est une bonne chose. Jusqu'à présent, ils reçoivent une prime de risque lorsqu'ils prêtent à un Etat européen en difficulté, tout en sachant que ce dernier ne peut pas faire faillite. Faire payer un risque qui n'existe pas, c'est intolérable! Et cette situation se reproduit à chaque crise. Le Fonds monétaire international est confronté à ce problème à chaque fois qu'il intervient."
"La Grèce sera très chanceuse si elle parvient à éviter une restructuration de sa dette. Le défaut n'est pas non plus à exclure en Irlande, au Portugal et même en Espagne. Certains pays d'Europe de l'Est sont également en grandes difficultés et le Fonds monétaire international se montre particulièrement généreux avec eux".
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...
En d'autres termes, le soutien de l'Union Européenne augmente le risque moral de la dette grecque et nourrit la spéculation...
Mercredi 10 novembre 2010, vers 21 heures :
Aujourd’hui, il y a plusieurs groupes de pays dans la zone euro. Nous devons bien regarder deux groupes de pays, qui s’éloignent l’un de l’autre de plus en plus vite.
1- Dans le premier groupe, nous trouvons les pays du centre de l’Europe : la France, et l’ancienne zone mark. Ces pays centraux empruntent à des taux d’intérêt très bas, pour le moment.
Si la France lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de seulement 2,895 %.
Si l’Allemagne lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de seulement 2,441 %.
2- Dans le second groupe, nous trouvons les pays de la périphérie de l’Europe.
Le Portugal, l’Irlande et la Grèce vont de plus en plus mal. Leur dette publique s’est emballée. Plus personne ne peut plus la contrôler.
Conséquence : les marchés internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité de ces trois Etats à rembourser leurs dettes.
Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 7,036 % !
Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 8,636 % !
http://www.bloomberg.com/apps/quote...
Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 11,551 % !
Conclusion : ces deux groupes de pays s’éloignent l’un de l’autre de plus en plus vite.
Cette divergence est de plus en plus intenable.
La zone euro va exploser.
A BA,
Vos constatations sont relayées par les marchés et les médias. A la Grèce et l'Irlande vient s'ajouter le Portugal dans les pays qui devraient bientôt faire appel au fonds de stabilisation.
Il est aussi de plus en plus question d'une restructuration de la dette grecque. En clair, les 110 milliards empruntés pour sauver la Grèce n'ont servi à rien.
Les contribuables apprécieront. Les électeurs aussi.
Voir l'article paru dans le Figaro Economie paru hier :
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...
Après la Grèce, quel sera le prochain pays sur la liste des pays en situation de quasi-faillite? La question qui tourmentait les marchés au printemps est revenue hanter les investisseurs ces derniers jours. Leur attention se porte dorénavant sur le Portugal et, surtout, l'Irlande.
Pour ces deux pays, les taux d'intérêt du marché sont tellement élevés qu'ils paraissent insoutenables, s'inquiètent les analystes. Lors d'une émission de 1,24 milliard d'euros organisée ce mercredi, le Portugal a dû payer un taux d'intérêt historiquement élevé de 6,806% pour des obligations à échéance 2020. Dans le même temps, la dette irlandaise à 10 ans se traitait sur les marchés à des niveaux également record de 8,35%. A titre de comparaison, la Grèce profite, grâce au plan d'aide européen, d'un taux d'environ 5%.
Vendredi 12 novembre 2010 :
La Grèce s'enfonce profondément dans la crise.
La Grèce s'enfonce un peu plus profondément dans la récession, avec un PIB trimestriel en chute de 4,5% sur un an, de loin le plus mauvais des 27 pays de l'Union européenne (UE), qui donne à la crise grecque une allure de quasi-dépression.
Alors que les magasins ferment les uns après les autres à Athènes, que l'inflation et le chômage s'envolent, le pays, qui prévoit pour 2011 une troisième année consécutive de croissance négative, n'en finit pas d'aligner les mauvais indicateurs, malgré un relatif assainissement de ses finances budgétaires imposé par l'UE et le FMI.
Le décrochage est d'autant plus sévère que ces trois années noires interviennent après 13 ans de croissance ininterrompue, où la moyenne de hausse du PIB grec s'élevait à 3,7% par an.
Vendredi 12 novembre, en publiant les chiffres du troisième trimestre 2010, l'autorité des statistiques grecque (Esa) a noirci le tableau des deux trimestres précédents en affichant des contractions plus sévères du PIB qu'annoncées initialement : à - 2,7 % au premier trimestre (contre - 2,5 %) et à - 4 % au deuxième (contre - 3,7 %).
Par ailleurs, une série d'indicateurs publiés depuis le début de la semaine illustrent tous l'ampleur du ralentissement subi par le pays : chute de 7,1% de la production industrielle en septembre sur un an, hausse du chômage à un taux record (12,2%) en août. Les jeunes grecs sont les plus touchés, avec près du tiers de la génération des 15-24 ans non scolarisés, qui sont sans emploi.
Seule l'inflation a semblé marquer le pas en octobre, mais à un niveau très élevé, plus de double de la moyenne des pays de la zone euro (+ 5,2% sur un an contre + 1,9% en moyenne dans les 16 pays de la zone euro).
Pour Dimitrios Maroulis, économiste à la banque Alpha, il s'agit bien de la "pire" récession traversée par la Grèce au cours des vingt dernières années.
La Grèce a enchaîné deux crises successives qui l'ont laminée, d'abord la crise financière internationale fin 2008, qui a conduit à une récession (-2%) en 2009, puis la fameuse "crise grecque" liée au poids de sa dette souveraine et de ses déficits, démarrée fin 2009, et toujours pas terminée, souligne-t-il.
"Les chiffres sont difficiles à digérer pour un des plus vieux pays de l'Union européenne", ajoute Jens Bastian, économiste à la Fondation hellénique pour les politiques européennes (Eliamep).
"Le sentiment de confiance dans l'économie aussi bien du côté des consommateurs que des aspirations des chefs d'entreprise, s'est considérablement détérioré", note M. Maroulis.
"Nous avons besoin de faire renaître la confiance afin que les consommateurs soient persuadés que le pays ne va pas à la faillite et recommencent à dépenser" ajoute-t-il en espérant que les réformes passées en 2010 (flexibilité du marché du travail, ouverture des professions fermées à la concurrence, etc.) allaient porter leur fruit en 2013.
Mais pour M. Bastian, les chiffres montrent plutôt "une accélération de la récession" qui n'a "pas encore atteint son point de non retour".
"Réalistement, je crains une chute sévère de la consommation" au moment de Noël, ajoute-t-il, qualifiant la situation "d'inquiétante". Selon lui, les Grecs ont le sentiment que le gouvernement, qui se trouve de fait sous tutelle budgétaire de l'UE et du FMI depuis le prêt de 110 milliards d'euros accordé en mai, "ne leur dit pas tout".
A part la Chine et le Qatar, qui ont, selon lui, "les poches pleines", aucun investisseur étranger ne veut actuellement investir en Grèce, "ni même rester en Grèce", souligne M. Bastian.
Les industriels italiens, allemands et d'autres pays européens sont "en train de regarder comment ils pourraient quitter le pays".
Après la décision l'été dernier de la Fnac (France) de fermer ses magasins, les supermarchés Aldi (Allemagne) ont annoncé la fermeture de leurs succursales en Grèce. "Les résultats du troisième trimestre de Mercedes, comme de Puma sont tirés vers le bas par leurs activités en Grèce", note cet expert.
http://www.boursorama.com/infos/act...
De l'auteur :
Illustration en direct de ce que nous anticipions dans cet article écrit fin octobre : l'insolvabilité de l'Irlande a des répercussions sur le taux des autres PIGs et... ainsi de suite.
C'est ainsi que les crises deviennent systémiques.
Petite remarque incidente un déficit public à 32% du PIB doit certainement dépasser 100% du budget de l'Etat. Dans la course au défaut de paiement, les paris sont ouvert entre la Grèce et l'Irlande.
Les hommes de l'Etat s'imaginent être au-dessus des lois de l'économie, mais ils les apprendront bien vite aux dépens... de leurs électeurs.
"L'ancien "tigre celtique" affiche désormais un déficit équivalent à 32 % de son PIB, le plus important d’Europe. Une situation qui inquiète les investisseurs qui doutent d'un possible redressement.
C'est en voulant sauver trois de ses banques nationales, au bord de la faillite après la crise financière, que le pays s'est retrouvé dans cette situation.
9 % de taux d’emprunt
Dublin promet qu'elle va adopter un plan de rigueur d'une sévérité sans précédent, mais sa capacité à redresser la situation est mise en doute par les investisseurs.
Par voie de conséquence, l'Irlande peine à se refinancer sur les marchés. Ses taux d'emprunt à dix ans ont frôlé jeudi les 9 %, avec un différentiel avec le Bund allemand jamais atteint, provoquant un effet de contagion sur le Portugal et l'Espagne."
http://www.radiobfm.com/edito/home/...
@ TOUS :
Scoop Reuters : Le Portugal pourrait être obligé de renoncer à l'euro :
Le Portugal a pâti ces dernières semaines d'une dégringolade de la confiance des investisseurs, au moment où des tensions se manifestaient dans la zone euro sur la solidité de la politique budgétaire de l'Irlande. Ces craintes ont fait grimper les rendements à des montants les plus élevés depuis l'intégration du Portugal à l'euro.
"Le pays a besoin d'une grande coalition lui permettant de traverser la situation actuelle. Je crois que les partis (politiques) comprennent que la solution de rechange à la situation actuelle serait de quitter finalement l'euro", ajoute le ministre. "C'est une situation qui peut nous être imposée par les marchés".
http://fr.news.yahoo.com/4/20101113...
Dernier commentaire avant une absence d'une semaine en raison d'un déplacement à l'étranger :
Les tensions autour de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal conduiront très probablement à l'intervention massive du fonds européen de stabilisation financière. Intervention en vain qui ne règlera aucun problème.
Les deux prochaines années pourraient bien être homériques.
Merci à tous,
GD
Dimanche 14 novembre 2010 :
Grèce : Papandréou n'exclut pas d'étendre la durée de remboursement de la dette.
Le Premier ministre grec Georges Papandréou n'a pas exclu dimanche "l'éventualité" d'un prolongement de la durée de remboursement du prêt de 110 milliards d'euros accordé en mai à la Grèce par l'UE-FMI, "une question qui a été déjà mise sur la table".
"Le fait qu'on puisse aujourd'hui évoquer la renégociation, c'est pour une seule raison : nous avons prouvé notre crédibilité, nous avons montré notre volonté de changer", a déclaré M. Papandréou dans un entretien accordé à l'hebdomadaire "Proto thema".
Le gouvernement socialiste de M. Papandréou, qui fait face dimanche à une échéance électorale locale, un test pour sa politique d'austérité, entame lundi 15 novembre avec les représentants de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI) une difficile négociation sur la poursuite des efforts de rigueur nécessaires dans le budget 2011 pour réduire le déficit public.
Au terme de leur visite, ces institutions doivent décider si elles accordent un feu vert au versement de la troisième tranche (9 milliards d'euros) du prêt accordé en mai au pays pour le sauver de la banqueroute et éviter un probable éclatement de la zone euro.
Parallèlement, l'Office européen des statistiques (Eurostat) doit aussi rendre public lundi le chiffre révisé à la hausse du montant du déficit public grec en 2009, qui devrait finalement dépasser 15 % du PIB contre 13,6 % initialement annoncé.
Cette révision alourdira d'autant les efforts à réaliser dans le budget 2011 d'Athènes pour respecter les engagements de baisse de la dépense publique pris en mai lorsque l'UE et le FMI ont débloqué leur prêt.
"Notre lutte pour réduire le déficit commence d'une base plus haute. Nous avons commencé un marathon et nous apprenons au milieu de la route qu'il faut parcourir plus de kilomètres ; cela veut dire qu'il faut faire encore plus d'efforts", a déclaré M. Papandréou dimanche à "Proto thema".
Le ministre grec des Finances Georges Papaconstantinou avait assuré vendredi que toute nouvelle mesure porterait sur des réductions de dépenses publiques.
En échange de ces efforts nouveaux, qui passeront vraisemblablement par un programme de privatisation, M. Papandréou a admis que l'idée d'une renégociation de la durée de remboursement du prêt faisait partie des possibilités envisageables.
Les spéculations sur une restructuration de la dette grecque agitaient les marchés financiers depuis des semaines, régulièrement démenties jusqu'à présent par le gouvernement.
"Nous, le gouvernement et le peuple grec, avons prouvé notre volonté de changer, sinon personne ne discuterait avec nous pour une renégociation possible", a déclaré M. Papandréou à "Proto thema", en se référant aux mesures d'austérité draconiennes prises en mai en échange du prêt (réforme des retraites, baisse des salaires dans la fonction publique, etc).
L'analyste de l'agence de notation Fitch, Chris Prais, qui se trouvait à Athènes la semaine dernière pour évaluer les comptes grecs, a indiqué au quotidien dominical Kathimérini que "la note de la Grèce était Ba1, avec des perspectives négatives".
Selon ce journal, "M. Chris Prais a estimé qu'une telle dégradation de la note du pays pourrait entraîner la renégociation de sa dette".
Toutefois, M. Prais n'a pas exclu une stabilisation de la note du pays, ce qui dépend des mesures prévues dans le budget 2011, selon Kathimérini.
http://www.boursorama.com/infos/act...
Grèce : voici les chiffres révisés.
Déficit budgétaire 2009 : 15,4 % du PIB.
Dette publique 2009 : 126,8 % du PIB.
Dette publique 2010 (prévisions) : 144 % du PIB.
Source : dépêche de l'agence Reuters, reprise ici :
http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...
Selon le Figaro de ce jour l'Union Européenne ferait pression sur l'Irlande pour accepter l'intervention du Fonds de Stabilisation financière au prétexte que si elle refusait cette aide la crise s'étendrait au Portugal.
On saisit mal ce genre de raisonnement technocratique, car si l'Irlande place le financement de sa dette hors-marché, cela confirmera que les PIGS ne sont plus en mesure de gérer leur dette publique.
Ce qui fait monter les taux c'est la montée du risque du défaut de paiement.
La crise de l'euro prend une tournure de plus en plus systémique.
Gageons que les électeurs/contribuables de dernier ressort finiront par se lasser de soutenir les Etats mal gérés de l'Euroland.
Suite au prochain épisode :
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...
Dublin doit faire appel à l'aide européenne pour ne pas entraîner dans sa chute les autres pays européens fragiles, insiste le Portugal. Le gouvernement irlandais, lui, semble refuser cette éventualité.
Chers Irlandais, attrapez la bouée, sinon vous allez entraîner vos camarades dans la noyade. C'est, en substance, le message envoyé à Dublin par le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos. Si l'Irlande, qui est acculée par les marchés, ne fait pas appel à l'aide européenne, elle contaminera les pays en difficulté de la zone euro comme le Portugal, voire l'Espagne.
Le Portugal n'est pas le seul à s'inquiéter. La situation en Irlande suscite des «tensions» et des inquiétudes pour la stabilité financière «dans l'ensemble de la zone euro», a estimé lundi un porte-parole de la Commission européenne.