Pour une monarchie européenne...
Par Drieu Godefridi le samedi 1 octobre 2011, 12:03 - Article - Lien permanent
... avec un Roi du XXIe siècle, débarrassé des lourdeurs protocolaires, résolument tourné vers l'avenir.
Comment ? Nos Etats se délitent et vous nous proposez un gadget aussi passéiste qu’une monarchie européenne ?
Osons. Il apparaît distinctement que, dans le contexte de crise aiguë que nous traversons, deux voies s’offrent à l’Union européenne.
Soit l’UE persiste à ne pas choisir entre sa nature communautaire (fédérale) et sa nature intergouvernementale (ie, les gouvernements nationaux seuls maîtres à bord : quand Sarkozy veut plus d’Europe, par exemple, il veut plus de collaboration entre les gouvernements, en bref il veut plus de lui-même), alors l’UE s’affaissera progressivement dans une forme d’incongruité, à l’instar de ces ambitieuses fédérations que les Grecs bâtirent aux IIIe et IIe siècles avant J.-C., et qui s’effondrèrent presque aussitôt, à l’ombre des puissances montantes de Rome et Carthage.
Ou alors nous assumons l’avènement d’une Europe fédérale à part entière, avec un budget sérieux et des compétences régaliennes propres et exclusives.
C’est un acquis remarquable de la construction européenne que nous sommes nombreux, parmi les générations nées après 1945, à nous sentir chez nous à Bruxelles comme à Paris, à Rome comme à Prague, et à Amsterdam comme à Berlin.
Echouent, en revanche, à susciter un sentiment d’appartenance, les institutions européennes : qui sait la différence entre le Conseil et la Commission ? Qui sait ce que font le Conseil des ministres, et le Conseil européen ? Ecofin, kesako ? Quelle est la proportion des Européens qui connaît le nom de ses représentants au Parlement ?
On lit souvent que l’Europe souffre d’un déficit démocratique, ce qui n’est pas exact : après tout, les parlementaires européens sont élus au suffrage universel, et les gouvernements actifs à Bruxelles sont nos gouvernements, émanations d’autant de majorités démocratiques.
L’Europe ne souffre pas d’un déficit démocratique, mais d’un déficit symbolique : nul ne se reconnaît dans un salmigondis institutionnel qui reflète (légitimement) les exigences contradictoires d’unification européenne et d’atténuation des souverainetés nationales.
C’est pourquoi l’idée d’une monarchie européenne constitutionnelle devrait être envisagée.
Bien sûr, il est facile de montrer que la monarchie est une idée du passé, contraire aux principes démocratiques. Toutefois, cela n’est vrai qu’à la condition de ne considérer que l’histoire récente et de procéder d’une définition maximaliste de la démocratie radicale, comme il n’en a existé que dans la Grèce ancienne, et dans les rêves (sanglants) des révolutionnaires français.
Aristote a montré que tout régime politique est une composition de principes concurrents : monarchie, démocratie, aristocratie. Sous nos cieux, le principe démocratique l’emporte, mais nombre d’institutions s’inspirent des deux autres principes, et font, avec les institutions démocratiques, un équilibre d’ensemble (eunomia).
Alors pourquoi ne pas incarner l’unité européenne dans la personne d’un monarque, qui viendrait parachever la construction européenne ?
Un Roi du XXIe siècle, débarrassé des lourdeurs protocolaires, résolument tourné vers l’avenir; une Reine élue à vie par le Parlement, pourquoi pas ? Mais un monarque, un arbitre, une certaine idée de la pérennité.
Le Roi, ou la Reine, d’Européens conscients d’une riche tradition partagée, et désireux de la raviver pour embrasser, avec enthousiasme, un avenir commun. Voilà qui donnerait à l’unité de l’Europe une figure !
Philosophe et dirigeant d’entreprise, Drieu Godefridi est l'auteur de "La réalité augmentée" (Texquis, 2011).
Commentaires
Une monarchie européenne, les français n'en voudront pas !
L'Education Nationale a réécrit l'histoire de la ‘’ glorieuse ‘’ Révolution Française, invention du fascisme, qui a été reprise plus tard en Russie, avec succès.
Un peu gêné aux entournures, les historiens scindent cette histoire en deux parties : la Révolution Française et l’Empire !
Alors que les anglais ont bien coupé la tête d’un roi plus d’un siècle avant nous, pour d’autres raisons, ils n’ont pas mis l’Europe et le Moyen Orient à feu et à sang (les débris des armées cannibales napoléoniennes en Palestine)
La république américaine fonctionnait une quinzaine d’années avant que la guillotine devienne un instrument de ‘’notre démocratie’’
Non, la monarchie est honnie en France puisque nous aurions inventée la démocratie !
Puisque la provocation est authorisée, je suis d'accord avec votre idée de monarche européen.Mais on doit avoir le droit d'exécuter son roi si on est trop mécontent.
Ce serait probablement plus "démocratique " que le système actuel.
Vive Barroso 1er !
PS : fait gaffe José, il nous reste des guillotines dans nos musée !
lire monarque et autorisé
1/ Il est évident que l'UE a un énorme déficit de démocratie, car l'influence de chaque électeur sur les décisions de la bureaucratie européenne est tellement indirecte et diluée qu'elle est négligeable. Le parlement européen ne remplit aucune des conditions d'un parlement démocratique. (Lisez chez Hans Herbert von Arnim)
2/ Mais la démocratie est de toute façon le mauvais chemin. Je recommande la lecture de
- Hans-Hermann Hoppe, Democracy: The God that Failed
- Erik von Kuehnelt-Leddihn: Liberty or Equality, http://mises.org/resources/3092
Les deux livres libertaires vous donnent aussi plain d'arguments intéressants en faveur de la monarchie. Une monarchie européenne aurait par contre un énorme problème de légitimité. Il faudra se contenter avec des monarchie limités en terme de territoire. Enfin, la richesse de l'Europe a toujours été sa diversité.
Les commentaires avisés et tellement à propos de BA me manquent...
Pour qu'il y ait une Europe fédérale, il faut qu'il y ait un budget fédéral.
Exemple : aux Etats-Unis, les contribuables donnent au pot commun 25,3 % du PIB des Etats-Unis. Pour l'année 2011, le budget fédéral est de 25,3 % du PIB des Etats-Unis.
Et en Europe ?
Pour la période 2014-2020, le budget de l'Union Européenne sera de seulement ... 1 % du PIB de l'Union Européenne !
Pour la période 2014-2020, la Commission Européenne avait demandé une augmentation pour que le budget soit porté à 1,11 % du PIB de l'Union Européenne. Résultat : neuf Etats européens ont refusé cette minuscule augmentation !
Conclusion :
Une Europe fédérale, ça n'existe que dans les beaux discours.
Une Europe fédérale, ça n'existe que dans les belles paroles.
Une Europe fédérale, ça n'existe que dans les belles promesses des dirigeants politiques.
Mais dans les actes, l'Europe fédérale, ça n'existera jamais.
Quand il s'agit de passer aux actes, il n'y a plus personne.
La solidarité entre les Etats européens, ça n'existe pas.
L'Europe fédérale, ça n'existe pas.
Mais en revanche, les Etats, qui ne pensent qu'à leurs propres intérets, ça existe.
Alors arretons de croire au père Noel.
Lisez cet article :
http://www.romandie.com/news/n/_Bud...
@ BA
Et comme libéraux (nous sommes entre libéraux ici?) nous sommes très contents qu'une Europe fédérale, ce rêve des étatistes, n'existe pas et nous espérons qu'il n'existera jamais.
D'ailleurs, l'UE n'est pas les Etats-Unis (et pas la Chine non plus!)
Et aidez-moi, BA: C'est quoi, la "solidarité entre les états"?
Les précédents commentaires confirment de façon aussi éclatante qu'inattendue qu'un Etat n'existe qu'à travers la spoliation qu'il impose violemment à ses assujettis. Comme n'importe quel mafioso. Quelle légitimité !
Il est donc entendu que l'Etat n'est l'équivalent ni de la nation ni de sa population. Dès lors, pourquoi vouloir absolument imposer à cette population le cadre étriqué de la France ? Pour quelle raison un lillois devrait-il être plus "solidaire" avec un marseillais plutôt qu'avec un munichois ou un athénien, un strasbourgeois avec un nantais plutôt qu'avec un madrilène ou un londonien ? N'est-ce pas indifférent, pour un libéral, que les impôts soient le fait de l'Europe ou de la France, alors que le vrai débat tient dans ce qui légitime les impôts (finalité, assiette, etc.) ?
Il serait intéressant de comprendre la motivation profonde des prétendus libéraux qui s'égarent dans le constructivisme nationaliste, malgré plus d'un siècle d'expériences morbides pourtant édifiantes.
@ bubulle
- Mot clé: principe de subsidiaritié. Inventé en France, mais pas connue en France.
- "Solidarité", utilisé en ce contexte, est toujours mensongère. Car la vraie solidarité peut seulement être un acte personnelle basé sur une décision prise en toute liberté. Un état qui exige des impôts au nom de la "solidarité" abuse le mot.
Nous sommes d'accord. L'action des pouvoirs publics français correspond-elle à ces définitions ? La réponse est systématiquement négative. C'est ce même Etat français, tous gouvernements confondus, qui s'est constamment opposé à la libéralisation économique qui venait de l'Europe. C'est lui également qui a fait en sorte qu'aucune instance européenne ne puisse acquérir la moindre légitimité démocratique.
Il serait suicidaire d'abandonner le seul espoir qui nous reste de vivre enfin dans un environnement résolument libéral (l'Europe), sans passer par la case faillite / guerre civile. Profitons de la crise pour promouvoir une Europe libérale. Entrons résolument dans le XXIe siècle libéral et laissons aux extrémistes la pathétique défense des idéologies constructivistes du XXe finissant.
"La solidarité entre Etats européens", c'est accepter de donner 25 % du PIB au budget de l'Union Européenne.
De la meme façon, la solidarité entre les Etatsuniens, c'est accepter de donner 25,3 % du PIB des Etats-Unis au budget de l'Etat fédéral US.
En Europe, la solidarité entre les Européens, ça n'existe pas.
Or, ça n'existait pas hier.
Et ça n'existe pas aujourd'hui.
Et ça n'existera pas demain : le budget de l'Union Européenne restera à 1 % du PIB de l'Union Européenne pendant la période 2014-2020.
Je répète que neuf Etats européens viennent de refuser de porter le budget européen à 1,11 % du PIB de l'Union Européenne.
Donc continuer à parler d'une future "Europe fédérale", c'est perdre son temps.
@ BA "Donner 25% du PIB au budget de l'Union Européenne" - Allez-y! Donnez 25% de votre salaire à l'Union Européenne. Mais si vous proposez que l'état prend cet argent de tout le monde (impôts), vous êtes probablement mieux sur un site de socialistes. Ici, j'ai lu, c'set pour les idées libérales.
@ bubulle
Bien sur on a vu un effet de libéralisation qui venait de la Communauté Européenne. Mais depuis 20-30 ans tout cela c'est développé vers une économie du plan.Vous n'avez pas remarqué? L'espoir est ailleurs!
@ BA: addendum
L'état fédéral ("the feds") est le plus grand problème des Etats-Unis. Tous les libertaires se battent contre l'état fédéral. Si vous comprenez un peu d'anglais. Lisez:
www.mises.org
www.lewrockwell.com
www.ronpaul.com
@BA :
Comme déjà dit et répété maintes fois à ce propos (qui n'a par ailleurs rien à voir avec le sujet de l'article, une fois de plus) :
Le pouvoir central européen n'a aucun pouvoir (donc, n'a pas besoin de budget) ; par opposition à l'Etat Fédéral américain qui gère (entre autres, la Défense, la Sécurité Sociale et j'en passe).
De grâce, comparons des choses comparables.
Bon dimanche.
En réalité, c'est le contraire : je suis en plein dans le sujet du billet.
Drieu écrit :
"Soit l’UE persiste à ne pas choisir entre sa nature communautaire (fédérale) et sa nature intergouvernementale, alors l’UE s’affaissera progressivement dans une forme d’incongruité, à l’instar de ces ambitieuses fédérations que les Grecs bâtirent aux IIIe et IIe siècles avant J.-C., et qui s’effondrèrent presque aussitôt, à l’ombre des puissances montantes de Rome et Carthage..
Ou alors nous assumons l’avènement d’une Europe fédérale à part entière, avec un budget sérieux et des compétences régaliennes propres et exclusives."
Oui.
Je suis entièrement d'accord avec Drieu.
Mon pronostic : c'est la première proposition de Drieu qui va arriver. L'Union Européenne va s'effondrer, comme toutes les constructions supranationales se sont toujours effondrées en Europe.
J'aime bien les articles "provoc" de ce type. Ca multiplie les commentaires... Mais je vais faire du premier degre. Une monarchie ? On parle bien de nomme une famille qui va beneficier de privileges (ne pas payer d'impots et utiliser des biens publics gratuitement), et dont les privileges se transmettront de generations en generations par le sang c est ca ? Le seul argument que l'on trouve c'est de dire que ca aidera l'europe a se construire ? Revenons aux bases : Tout homme est libre et egaux en droit... Il me semble que notre combat c'est de lutter pour que cette phrase est un sens et soit appliquee (car cette regle est malheureusement trop souvent baffouee). Ca veut dire limiter les spoliations des hommes de l'etats et limiter leurs moyens qui sont par nature coercitifs. Les individus trouveront les moyens de se coordonner, par des moyens non coercitifs (et oui cela peut exister) que sont le marche, les contrats etc... Il existera cela dit toujours un espace public qui devra etre administre (le cout d'une privatisation integrale de l'ensemble des ressources etant trop improtante je pense)... Mais comme le disait Friedman la liberte est d'autant moins impactee que les decisions coercitives se prennent au niveau local (car le cout de l'exit est moins important si ce la ne nous plait pas)...
@ tous : merci pour vos commentaires éclairants. J'aurai réussi à faire que notre ami BA participe réellement au débat - autrement qu'en postant des indices Bloomberg - ce qui me paraît un motif de fierté légitime ;-)
Sur le fond, bien malin qui pourrait, maintenant, prévoir l'avenir de l'UE et de l'euro. Je crois que le jeu reste ouvert. La séquence d'événements qui me paraît la plus probable est : (1) un bankrun d'anthologie, déjà largement débuté, (2) crise financière donc économique suraiguë (3) chute de l'euro face au dollar et au yuan, (4) maintien ultime de l'euro et de l'UE par défaut d'alternative sérieuse. L'important est de comprendre qu'au delà des mots, nous vivons une crise de la dette publique et des banques géantes qu'on ne peut, du fait même, laisser tomber en faillite, et non une crise monétaire, de l'euro, et que de même que nous sommes les seuls responsables de notre misère (la crise financière US de 2008 et le mercantilisme chinois sont des révélateurs) nous, Européens, nous serons les seuls artisans de notre rédemption.
Sur la monarchie, je confesse la provocation. Il n'y a rien de plus agaçant que l'argument de l'évidence, toujours circonscrit dans une séquence spatio-temporelle limitée. Je veux dire que ce qui nous semble "évident" aujourd'hui ne l'était pas il y a dix ans et ne le sera plus dans 5. L'alternative n'est PAS entre la démocratie et la monarchie; le président allemand n'est pas élu au suffrage universel, pour autant, personne ne conteste à l'Allemagne son caractère démocratique. C'est que nos régimes sont TOUJOURS des composés d'éléments disparates, certaines institutions tirant leur légitimité du suffrage populaire, d'autre non (par exemple, le gouvernement, les juges). Quant au chef de l'Etat, il existe d'ailleurs des systèmes intermédiaires entre le suffrage universel et la monarchie héréditaire, tels qu'un souverain élu à vie, qui ne sont disqualifiés d'emblée qu'aux yeux des admirateurs naïfs des révolutionnaires français (qui n'avaient quant à eux aucune difficulté à envisager ce genre d'arrangements intermédiaires, avant que la folie de la pureté ne les prenne). Nul ne se reconnaît ni ne se reconnaîtra jamais dans un Van Rompuy, ce président de pacotille; il vaut la peine d'envisager autre chose, ne serait-ce qu'au titre d'exercice intellectuel et pour secouer les certitudes technocratiques établies.
Quant au détricotage de l'UE et le retour aux souverainetés nationales, P-L-E-A-Z-E ! Souvenons-nous du sentiment dominant la politique étrangère de la France de 1850 - 1945 : pour mémoire, la PEUR (cfr. Kissinger, "Diplomacy"). La peur, d'ailleurs bien justifiée, des Allemands. Les contempteurs de l'UE nous proposent quelle alternative ? Le retour à l'équilibre des puissances, c'est Sparte et Athènes qui rejouent la guerre du Péloponnèse tandis qu'à l'Ouest se lève le Léviathan romain. Ou leur mythique zone de libre-échange, qui implique elle-même des arrangements institutionnels et qui coule naturellement, comme expliqué dans un autre post, vers une union douanière, deux projets POLITIQUES de part en part. Il faut comprendre une bonne fois que l'économie pure n'existe pas; il n'y a d'économie que POLITIQUE.
Merci encore pour vos critiques !
Les Etats-Unis survivront, car il s'agit d'une nation.
L'Union Européenne va bientot mourir, car elle est un groupe de 27 nations, sans aucune solidarité entre elles.
- "La peur, d'ailleurs bien justifiée, des Allemands." - Pouvez-vous élaborer un peu? -- Ce que je trouve assez intéressant: On est toujours pour la paix et la coopération etc. On veut laisser la "passé derrière nous". Au même moment on ne peut pas s'empêcher d'un petit reflex anti-allemand - ce qui rend tout le reste pas très crédible, n'est-ce pas. C'est aussi pour cela que je n'ai pas envie de me faire gouverner par une bureaucratie basée à Strasbourg et Bruxelles, "structurée" à la française et dominée par le centralisme à la française.
- On devrait éviter les extrèmes. Les nations européennes peuvent bien vivre en paix et coopérer et aussi se donner les structures (limités!) pour cela. Pourtant, on a pas besoin d'un état fédéral.
- Personne, dans la discussion, s'est donné la peine, de revenir sur mon argument à propos de l'énorme déficit de démocratie en UE.
- Personne a repris le terme de la subsidiarité, pourtant essentiel dans la pensée libérale/libertaire.
- J'ai l'impression, qu'il n'y a pas grand monde ici, qui a passé du temps avec les oeuvres des plus importants penseurs libérals du dernier siècle ou même de l'époque actuelle.
- @ Drieu: Jamais entendu parler des deux oeuvres que je vous ai recommendés?? Pas intéressé?
- Encore un peu de lecture par rapport à ce qui se passe actuellement: http://mises.org/resources/6045/The...
@ otto : vous ne m'avez pas du tout compris. J'aime l'Allemagne et la moitié de ma famille est allemande. Ce que je rappelle est que, depuis Napoléon, lorsque la France a voulu jouer le jeu de la puissance, elle l'a systématiquement perdu, et systématiquement du fait de l'Allemagne. Cela n'a rien d'anti-allemand de le constater, que je sache ! Et qu'on ne me réponde pas que je suis anti-Français. Je suis pro-Européen et je m'inscris dans la tradition de l'ordre de droit international préconisé par Hayek (ce célèbre germanophone, mon cher Otto !).
Quant à Hoppe, non seulement j'ai lu son livre sur la démocratie, que j'ai trouvé faible, mais je l'ai analysé dans cette revue ALLEMANDE : http://www.ordo-jahrbuch.de/en/cont...
Vous n'avez pas, sur ce forum, le monopole des lectures intéressantes, rassurez-vous Otto.
La question fondamentale, c'est la nature et l'étendue des pouvoirs de l’État plus que le mode de désignation de ses titulaires. Et moins ces pouvoirs sont étendus, moins le mode de désignation est important. Que Miss France soit une fonction héréditaire ou élue à la majorité simple ne change pas grand'chose.
En revanche, entre un monarque constitutionnel comme il en existe plusieurs en Europe et un roi-président absolu élu par 51% des français et soutenu par une "majorité" artificielle fabriquée par la loi électorale, ma préférence va en effet à Juan Carlos, Harald de Norvège ou Beatrix des Pays-Bas.
@ Drieu
- Vous me rassurez sur plusieurs plans! Et c'était nécessaire. (Comparez vos deux commentaires.)
- Par rapport à la littérature, j'ai du insister car je n'avais eu aucune réaction à mes propos - qui avaient été quand même directement liés au sujet. Je ne veux surtout pas de monopole.
- Bien sur, Hoppe a ses faiblesses. Je suis curieux de lire votre analyse.
- Kuehnelt -Leddihn a aussi ses faiblesses. Reste très intéressant à lire.
- Et le principe de la subsidiarité?
- Par rapport au "maintien ultime de l'euro et de l'UE par défaut d'alternative sérieuse". Ce serait bien triste, car une défaite totale pour la liberté en Europe. L'euro ne peut pas fonctionner dans le model actuel avec une banque centrale, politique monétaire etc. Si vous voulez une monnaie unique, il faut revenir à l'or. L'UE, si elle n'est pas coupée au niveau d'avant Maastricht (corrections d'erreurs, pas détricotage!), va continuer son chemin vers plus de centralisation - et fatalement moins de liberté.
- "banques géantes qu'on ne peut, du fait même, laisser tomber en faillite" - pourquoi pas? Cela dépend de la manière.
- "personne ne conteste à l'Allemagne son caractère démocratique." - Mais oui, Hans Herbert von Arnim, par exemple.
@ otto : Hans-Herbert von Arnim s'inscrit dans la grande tradition allemande des juristes de droit public, celle du Rechtsstaat, de Kelsen et de Carl Schmitt, mais aussi, à sa façon, de Hayek (tradition qui était d'ampleur mondiale jusqu'en 1945 : on mesure avec tritesse la perte d'audience de la culture allemande). Mon point n'était pas de savoir si on conteste à l'Allemagne son caractère démocratique dans l'absolu, mais de savoir si on le lui conteste PARCE QUE son président n'est pas élu : quod non. Je vous répondrai sur le reste si vous le souhaitez (peut-être d'autres que moi souhaitent le faire) mais vous êtes vraisemblablement plus libertarien que je ne le suis, et sur l'or monétaire je partage la position de Charles Gave, Lord Keynes ou Churchill : a barbaric relic.
"Vivre en paix, coopérer et se donner les structures (limités!) pour cela" est la définition d'un Etat fédéral minimal européen, outil indispensable pour lutter contre les vieux constructivismes nationalistes. Je rejoins ici G Dréan quant à la véritable nature du débat sur les institutions. L'Etat doit-il être arbitre ou acteur de l'économie ?
Redonner la monnaie aux fonctionnaires nationaux au nom de la fausse théorie de la zone monétaire optimale me semble contraire à la pensée libérale, puisque cela revient à leur confier un rôle d'acteur prépondérant dans l'économie. Les monnaies monopoles publics (ainsi que l'or monnaie ou étalon) sont néfastes à la croissance. Seules les monnaies privées concurrentielles sans limites géographiques artificielle (celles des Etats) peuvent accompagner la croissance à long terme : voilà le fondement d'une zone monétaire réellement optimale.
"Les Etats-Unis survivront, car il s'agit d'une nation" participe de l'erreur habituelle des politiques constructivistes. La solidarité entre Etats ou contrainte au sein des Etats est une fiction. Seule la "solidarité" volontaire entre les individus existe : ça s'appelle la production et l'échange. Les Etats qui survivront seront ceux qui produiront des institutions ne contraignant pas cette "solidarité" individuelle volontaire, dans le respect de la vie, de la liberté et de la propriété.
Cela est valable tout autant aux USA qu'en Europe ou en Chine. Ne nous y trompons pas : les Etats ne respectant pas ces principes sont aussi fragiles que l'Europe des nations du XXe siècle.
@ Drieu
Au sujet du système monétaire je recommend Jörg Guido Hülsmann, L'éthique de la production monetaire (traduction française disponible sur Amazon), version originale anglaise disponible comme download gratuit sur www.mises.org
Je rappelle qu'avec le "barbaric relic" on n'aurait pas la crise actuelle.
@ Drieu
Sur le site indiqué par vous, le téléchargement de votre article ne fonctionne pas... Mais je peux voir dans le résumé, que votre critique cible surtout le concepte anarcho-capitaliste. Pourtant, ce que je trouvais particulièrement intéressant chez Hoppe, est la critique de la démocratie. Un bon complément dans ce contexte est Kuehnelt-Leddihn.
@ bubulle : d'accord avec vous, comme souvent.
@ otto : Hoppe dérive la totalité du droit et de la morale, et jusqu'aux relations internationales, de l'axiome de non-agression. Donc le politique n'est plus nécessaire. Le problème n'est pas la critique de la démocratie en tant que telle, elle est de nier la dimension politique des sociétés humaines, prérequis logique de l'avènement d'une société anarchique. Je ne veux pas paraître méprisant, mais les anarchistes nous font perdre notre temps. Là où il y a une société humaine, il y a du Pouvoir (au sens de Jouvenel, par exemple), et ce pouvoir, vous pouvez le morceller, l'arrêter, le découper, quoi qu'en ait Carl Schmitt (pour qui la souveraineté n'attend qu'une situation de crise pour se manifester sous sa forme une et indivisible); le supprimer, no way. Etat n'est qu'un mot, sur lequel il ne faut pas focaliser le débat.
@ Drieu
Je pense je vous comprend. - Hoppe contribue quand même des considérations et idées très intéressantes, surtout par rapport aux faiblesses considérables de la démocratie. Vous voyez, si on comprennait déjà partout, que "le pouvoir" doit être limité et qu'il ne devient pas plus légitime à cause des élections tous les 5 ans.
Kuehnelt-Leddihn pourrait aussi vous intéresser, et je promets, son approche et bien différent de celui de Hoppe.
@ Otto : eh bien merci pour cette référence à Kuehnelt-Leddihn, un auteur que je ne connais pas et que je vais découvrir avec beaucoup d'intérêt !
Finalement avoir un Roi républicain européen c'est facile,il suffit de recopier notre constitution au niveau européen -:)
l'argument sur les 25% me parait un peu faible
d'abord on n'est pas obligé de recopier intégralement le modèle US,
Ensuite certaines dépenses sont transférées du niveau national au niveau fédéral mais par définition les recettes aussi ... on peut même espérer des économies importantes vu les synergies à mettre en place(défense par exemple)
cependant comme j'ai eu l'occasion de l'écrire précédemment notre mille feuille administratif nous coûte trop cher et donc seule une cure drastique d'amaigrissement permettrait de trouver des marges de manoeuvre supplémentaire
Constatons que le programme socialiste est aux antipodes de cela et que les actions Sarkozienne ont amené plus de dettes,plus d'impôts
constatons que la population française dans son immense majorité est persuadée que si tout va mal c'est la faute du libéralisme qui est assimilé au Diable
sur un plan théorique je rejoins Drieu oui la solution est dans la construction d'un fédéralisme réel mais sur le plan de la réalité ,les réflexes nationaux n'ont pas disparu: l'Europe ça sert à avoir des subventions, des intérêts pas chers et en plus c'est une tête de "turc" pour les politiques et les populations .Quand ça va mal c'est la faute de Bruxelles...
les souvenirs des horreurs de la seconde guerre disparaissent ,ils appartiennent à l'histoire .Les allemands ont récupéré l'Allemagne de l'est
Notre pays a raté le coche: Gaulliste et communiste n'ont jamais voulu d'une Europe Fédérale et les anglais ,dés leur adhésion ont tout fait pour que cela ne se réalise jamais
c'est trop tard .il suffit de voir la montée de nationaux socialiste partout en Europe
l'Allemagne nous aurait bien fait déjà un bras d'honneur sauf qu'avec un modèle économique , basé sur l'exportation elle ne sait pas comment faire
l'explosion de l'euro aujourd'hui ferait du mark la référence monétaire européenne mais à un taux qui détruirait le made in Germany...L'Allemagne est dans une impasse ,tout comme la Chine avec ses dollars...
que va t il se passer?comme je ne le sais pas permettez moi cette pirouette attribuée à Lao Tseu on peut faire des prévisions sur tout sauf sur l'avenir-:)
votre proposition part d'une fausse alternative de vendeur de cravates:un choix obligé entre la peste et le choléra,il existe une troisième voie parmi bien d(autres: sortir de l'europe et reprendre notre destinée en main comme nous le faisions dans le passé
"... comme nous le faisions dans le passé"
Qui c'est, "nous" ? Si c'est nos gouvernements passés et probablement à venir, "de gauche" comme de "de droite", mieux vaut encore rester dans une Europe fédérale.
L"Europe fédérale est une couche de plus de Collectif. Nous n'en voulons donc pas.
Sur le Roi : depuis l'interruption du processus héréditaire, un Roi ne pourrait revenir en France que dans des circonstances exceptionnelles. Ce serait alors le peuple qui ferait don de sa souveraineté au Roi. Il faudrait en passer hélas par là même si tout royaliste conséquent sait parfaitement que la souveraineté du peuple est une des ses idées creuses et pompeuses enfantées par révolution.
Autant rêver que d'imaginer le retour du Roi.
Et pourtant je suis monarchiste.
Mais comme souvent nos opinions politiques sont faites pour nous construire (ou nous déconstruire!) plutôt que pour changer l'ordre du monde.
@BA :
Comme déjà dit et répété maintes fois à ce propos :
Le pouvoir central européen n'a aucun pouvoir (donc, n'a pas besoin de budget) ; par opposition à l'Etat Fédéral américain qui gère (entre autres, la Défense, la Sécurité Sociale et j'en passe).
De grâce, comparons des choses comparables.
Et merci de répondre sur le point principal d'une question et non sur son aspect secondaire.
PS : Voyez que je ne suis pas le seul à trouver vos liens Bloomberg ennuyeux (pour rester poli).
Mardi 4 octobre 2011 :
Grèce : le prêt de l'Eurogroupe est encore reporté, la réunion du 13 octobre est annulée.
La zone euro a demandé lundi soir des économies et privatisations supplémentaires à la Grèce pour combler les trous attendus de son budget pour 2013 et 2014, tout en annonçant le report d'une décision sur le versement d'un prêt crucial pour le pays.
"Nous demandons à la Grèce d'accepter des mesures supplémentaires" en terme d'économies pour 2013 et 2014, allant donc au-delà de celles qui viennent d'être annoncées pour cette année et la prochaine, a déclaré à Luxembourg le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, à l'issue d'une réunion du forum de l'Eurogroupe qu'il préside.
"Nous avons également pressé le pays d'accélérer ses privatisations dans l'immobilier" notamment, a poursuivi M. Juncker.
Il a ajouté qu'une réunion de l'Eurogroupe, envisagée un temps pour le 13 octobre afin de débloquer une tranche de prêts internationaux de 8 milliards d'euros dont le pays a absolument besoin pour éviter la faillite, avait été "annulée", faute de pouvoir disposer de tous les éléments d'évaluation nécessaires à cette date.
Conclusion : le point principal de la question est l'absence totale de solidarité en Europe.
Les Etats européens riches ne veulent pas payer pour sauver les Etats européens pauvres.
C'est terminé.
@ BA
- Quel état en Europe est riche? Pouvez-vous devenir concret?
- Cela a été dit 1000 fois: On payent le budget grecque on ne sauve pas la Grèce mais on arrive à retarder la faillite de quelques banques et on augmente ce qu’on appelle le moral hazard.
Dans le monde privé c’est un acte illégal et pas un acte de « solidarité ». En allemand cela s’appelle « Konkursverschleppung ».
- "Quel Etat en Europe est riche ?"
Par exemple : les Pays-Bas, la Finlande, le Luxembourg, la Suisse, la Suède, la Norvège, etc.
- Dans le monde privé c’est un acte illégal et pas un acte de « solidarité ».
Oui.
Et alors ?
Aucun rapport avec le billet de Drieu.
Nous ne sommes pas en train de parler du monde privé dans ce fil de discussion.
Nous sommes en train de parler de l'Union Européenne et des Etats européens.
Cher Drieu,
Vous avez un vieux troll du Liechtenstein sur le fil. Et il ne vous lâchera pas facilement.
Ceci étant, refaire l'empire de Charlemagne, pourquoi pas, s'il libère l'économie en périphérie et modère les Etats arrogants. Les nations (au sens de peuple) auraient un recours moral que les institutions européennes prolifiques n'assurent pas puisqu'il y a un mur entre Bruxelles, sa technocratie et les peuples qui la soupçonnent des pires complots à leurs dépens, à tort souvent.
Les présidents éphémères élus au suffrage universel sur un socle de premier tour de 20% des votants (ou 15% des inscrits !) sont parfaitement légaux mais n'ont aucune légitimité. Quand le sweepstake électoral est fini, on parle déjà de troisième tour. On ne peut rien construire de pérenne sur des cycles démocratiques de temps court. La monarchie apporte au moins du temps long.
On a pu penser un moment que si la fonction de président de l'UE avait été créée plus tôt, c'est feu l'archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine qui aurait le mieux convenu à cette nouvelle charge. Européen convaincu et la classe naturelle pour le job. Enfin, si on aime l'Europe.
Van Rompuy !!!
@ Catoneo (joli pseudo !) : c'est exactement à ce genre de personnalité que je pensais moi aussi, et vous avez bien saisi le sens de mon argument. De plus et au delà des motifs rationnels - je sais que c'est un aspect auquel on n'est pas obligé d'être sensible - cela ne manquerait pas de cachet d'avoir un référent comme celui-là à la tête de l'Europe. Van Rompuy comme Barroso sont typiquement les profils faibles dont les gouvernements feignent de s'embarrasser. Henri ne me contredira pas si j'affirme que Verhofstadt aurait fait un président de commission autrement intéressant et offensif. Pour ne rien dire de Tony Blair à la place de Van Rompuy !
Quoi qu'il en soit, un monarque européen n'aurait de sens qu'investi de pouvoirs, certes constitutionnels donc limités et constamment contresignés par une institution jouissant de la légitimité démocratique ou représentative, mais de pouvoirs réels néanmoins. Une monarchie-colifichet à la scandinave n'a aucun intérêt; elle a même quelque chose d'humiliant, et pour l'idée monarchique, et pour la personne même du monarque.
@ BA
- Vous rigolez? La somme de la population des pays que vous mentionnez est 44 millions, la dette moyenne de ces pays est déjà 50% du PIB.
L'Italie seule à une population de 61 millions. Encore des questions? (Et quelle est votre définition de "solidarité", qui pourrait justifier que le travailleur finlandais doit financer avec la dette de ces enfants "l'entrepreneur" grecque corrompu, qui n'a jamais payé des impôts? Et pourquoi pas financer le Zimbabwe avec le même raisonnement?)
- Et alors? Parce que la même logique s'applique. Si un état est en faillite à cause de son déficit structurel et vous donnez l'impression que ceci n'est pas le cas en lui donnant de l'argent, vous êtes un criminel, car vous êtes responsable des pertes encore plus importantes de tiers parties dans le futur, car la faillite est inévitable.
Otto, il y a deux points.
- Sur le premier point, nous sommes d'accord. Vous écrivez : "Et quelle est votre définition de "solidarité", qui pourrait justifier que le travailleur finlandais doit financer avec la dette de ces enfants "l'entrepreneur" grecque corrompu, qui n'a jamais payé des impôts? Et pourquoi pas financer le Zimbabwe avec le même raisonnement?"
Je suis d'accord avec vous : il n'y a aucune solidarité dans l'Union Européenne. Et c'est pour ça que l'Union Européenne va mourir dans quelques années.
- Sur le deuxième point, nous sommes en désaccord.
Vous écrivez : "Et alors? Parce que la même logique s'applique. Si un état est en faillite à cause de son déficit structurel et vous donnez l'impression que ceci n'est pas le cas en lui donnant de l'argent, vous êtes un criminel, car vous êtes responsable des pertes encore plus importantes de tiers parties dans le futur, car la faillite est inévitable."
Non.
Ce n'est pas du tout pareil.
1- Quand une entreprise privée fait faillite, elle meurt. Elle disparait.
2- Quand un Etat fait faillite, il se déclare en défaut de paiement. Mais ensuite, cet Etat continue à vivre. Cet Etat ne disparait pas : il vit encore.
Et enfin, quelques années plus tard, cet Etat retourne emprunter sur les marchés internationaux.
@ BA
- Et alors? Cela change quoi? Les créditeurs ont perdu leur argent.
- D'ailleurs, les états devraient arrêter d'emprunter sur les marchés internationaux. Et un faillite aide à apprendre cela.
"Les états devraient arrêter d'emprunter sur les marchés internationaux. Et une faillite aide à apprendre cela."
Et voilà.
Nous arrivons à la même conclusion.
Mais pour comprendre ça, nos dirigeants politiques ont besoin que le naufrage actuel aille jusqu'au bout.
Après, à la fin du naufrage, quand le Titanic aura coulé, nos dirigeants politiques comprendront enfin.
Encore une petite fille qui croit au père Noel.
J'ai deux mauvaises nouvelles pour toi, Alberta :
1- Les pays européens ne peuvent pas avoir la même monnaie.
2- Le père Noel n'existe pas.
Alberta, je te souhaite un bon atterrissage.
@ otto : je lis actuellement liberty or equality de von Kuehnelt-Leddihn, que vous me recommandiez (dans la belle édition de 1951) et, de fait, c'est un auteur intéressant, not. sur la monarchie. Rien que de penser qu'il tresse ces lauriers monarchistes pour le public américain ;-) Merci pour la référence !
@ Drieu
Merci pour votre réponse qui évidemment me fait plaisir.
Instaurer l’Union européenne fédérale relève du plus pur constructivisme.
C’est non, et ça devrait être « évident ».
La monarchie dont vous parlez n'a jamais existé, du moins en France (ou peut-être sous De Gaulle).
Les souverains étaient sous influence d'une organisation supranationale appelée "Eglise Catholique" qui, pour paraphraser Clausewitz, est la continuation de l'Empire Romain par des moyens religieux.
Clovis était chrétien arianiste. Ce n'est qu'à partir de sa conversion au catholicisme que l'Histoire officielle fait débuter la royauté.
Quand un roi prenaient des décisions qui ne "cadraient" pas avec les vues de Rome, il tombait sur un Ravaillac ou se prenait une guerre avec des voisins plus "fidèles".
Derrière chaque grande décision, on retrouve un cardinal ou un évêque, utilisant s'il le faut femmes et maîtresses (Clotilde, Mme de Maintenon, etc).
Un monarque n'a qu'une utilité symbolique : il représente la Nation, ses ancêtres représentent son passé, ses enfants son avenir. La famille royale bénéficie de privilèges en échange d'un "comportement représentatif" minimum (ex: ne pas emprunter un hélico de son unité pour aller voir sa fiancée, ou se balader à une soirée en uniforme de SA).
En France nous avons aujourd'hui Marianne, comme symbole elle me suffit.
@BA :
http://www.youtube.com/watch?v=H4NZ...
http://www.rense.com/general47/ariz...
http://www.standard.net/topics/opin...
http://en.wikipedia.org/wiki/List_o...
@otto :
http://www.archive.org/details/Ew-p...
http://www.webdesign-luene.de/aktue...
http://www.24hgold.com/francais/con...
http://www.youtube.com/watch?v=nXeF...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Résea...
http://www.lepoint.fr/monde/menace-...
L'histoire se répète, mais comme l'option politique avait foiré dans les années 30 (un grand merci au Général Smedley Butler !), on retente le coup avec l'option économique (le scénario est cette fois-ci un peu mieux bétonné, hélas).