Millésime 2012 : l'humanité reste un fascinant projet
Par Drieu Godefridi le lundi 31 décembre 2012, 15:53 - Article - Lien permanent
L’humanité n’a jamais été aussi nombreuse (nous sommes sept milliards), elle poursuit l’exploration des immensités qui nous environnent (Mars) et ne cesse d’approfondir sa connaissance de l’infiniment petit (le boson de Brout-Englert, aussi appelé Higgs parce que Brout est imprononçable et que les Belges sont trop modestes).
Non seulement l’humanité n’a jamais été aussi nombreuse mais la proportion de nos frères qui souffrent de la faim n’a jamais été aussi réduite
Ce seul constat, que réitère chaque année le programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), suffit à démentir le pronostic de l’économiste britannique Malthus, qui conserve tant d’influence dans certains milieux intellectuels, selon lequel l’augmentation de l’humanité devait mécaniquement (on lit parfois : thermodynamiquement !) déboucher sur la famine et son effondrement. Par l’effet du progrès technique, notamment la révolution verte dans le domaine agricole, et la réorientation des régimes qui provoquaient des famines par idéologie (Russie, Chine), vers des cieux moins gourmands en vies humaines, la faim recule sur tous les continents. Comment ne pas s’en réjouir ?
Fait notable, l’exploration de l’espace se partage désormais entre les Etats et un certain nombre d’acteurs privés, en passe de commercialiser des voyages sub-orbitaux. Certes, ces voyages seront, dans un premier temps, réservés aux nantis : mais n’en a-t-il pas été ainsi de toutes les grandes innovations ? Bien que cette expansion extra-terrestre n’ait pas de valeur en soi, on ne voit pas que nous ayons à rougir du fait que l’homme parvienne à envoyer ses petits robots sur Mars. Il faut être singulièrement blasé des prouesses humaines pour ne pas saluer l’exploit, gros de nouvelles Chroniques martiennes qui ne devraient plus rien à l’imagination de Ray Bradbury.
Puis, il y a la connaissance de la matière. Grâce aux travaux parallèles des deux Belges et du Gallois, conjugués aux formidables capacités d’expérimentation de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), cet exemple d’un partenariat paneuropéen admirablement réussi, l’homme progresse dans sa quête des composantes ultimes de la matière. Une connaissance qui devrait, à son tour, nous aider à donner enfin un statut scientifique à la notion de libre-arbitre. L’homme est-il libre et, si oui, comment cette liberté s’articule-t-elle au déterminisme de la matière ? De répondre à cette interrogation, qui taraude les philosophes depuis deux mille cinq cents ans, ouvre de vertigineuses perspectives dans la compréhension de l’homme.
D’ailleurs, ce qui séduit dans ce millésime 2012 est moins ce qui a déjà été fait que la promesse de ce qui se fera : plus que jamais, l’humanité reste un fascinant projet. Bien sûr il y a la crise et tant de nouvelles pénibles, ici et ailleurs (plutôt ailleurs qu’ici, souvenons-nous en), mais si cela suffisait à disqualifier l’année, on serait bien en peine d’en identifier une seule dans toute l’histoire qui mérite nos faveurs.
Quelle est la meilleure attitude ? Se lamenter sur les malheurs du monde et les siens propres, ou tenter de contribuer au mieux à la formidable entreprise de coopération mondialisée qu’est devenue l’humanité, en en corrigeant les injustices et déséquilibres les plus flagrants ? Comme le disait Churchill en 1940 : de l’empire des négativistes, des déprimés et des défaitistes, préservez-moi, je me charge de Hitler !
Drieu Godefridi

Drieu Godefridi est philosophe et dirigeant d’entreprise, Il est l'auteur de "La réalité augmentée" (Texquis, 2011). Il est également journaliste-éditorialiste à La Libre Belgique qui publie ses papiers
Commentaires
Un peu d'air frais, merci ! Il y a eu dans le Spectator un article qui disait que 2012 était la meilleure année de l'histoire de l'humanité.
oui, merci pour ce point de vue roboratif et meilleurs voeux à la talentueuse équipe de l'institut turgot !
La proportion de nos frères qui souffrent de la faim n’a jamais été aussi importante et dépasse le milliard. La révolution verte est une catastrophe écologique. On a remplacé le travail des hommes par le pétrole et les pesticides. Le labour tue les sols, les pesticides déciment les abeilles. La biodiversité s'est effondrée. Néanmoins, on peut rester optimiste : la Nature peut reprendre le dessus. Il faut lire "La révolution d'un seul brin de paille" de Fukuoka. En 2013, prenez les bonnes résolutions : relisez Giono "L'homme qui plantait des arbres", achetez un terrain à la campagne, créez votre jardin potager, développez vos compétences en permaculture et aidez Kokopelli à sauver les graines d'héritage. Les années 2015-2020 seront des années de survie. Préparez-vous dès maintenant. Ne soyez pas des moutons.
L687, vous n'avez pas compris le sens du mot "proportion"; consultez un dictionnaire, ensuite les rapports du PNUD.
bonne année à tous et pourquoi simplement l'année à venir et pas les autres ?sans bien entendu tomber dans la fausse alternative que vous nous proposez candidement,et n'oubliez pas que vous êtes totalement libre dans les limites que vous vous imposez,je lirais votre conte du nouvel an à mes enfants.cordialement