Toutefois, l'Académie des sciences a d'ores et déjà publié un communiqué (dans la nuit du 20 au 21 septembre), qui explique que la confrontation des points de vue a permis de « distinguer les faits scientifiquement acquis et les incertitudes », ainsi que « des questions non résolues », dans le but de « dégager des orientations de recherche prioritaires ».

« Dans les climats du passé, l’effet des variations de l’insolation liées à celles de l’orbite de la Terre est incontesté », poursuit le communiqué de l’Académie des sciences. « En revanche, l’importance de l’impact des cycles de l’activité solaire reste en débat. (...) Concernant les gaz à effet de serre, dont le CO2 émis par les activités humaines, s’il existe un consensus sur leur impact direct, le rôle de leurs effets indirects est encore controversé. » Enfin, « parmi les mécanismes identifiés pour comprendre l’évolution du climat, la physicochimie des nuages est apparue comme une direction de recherche active et à renforcer. »

Incertitudes, questions non résolues, débat sur l’influence de l’insolation, débat sur les effets indirects du CO2, nécessité d’approfondir la physicochimie des nuages : que reste-t-il des belles certitudes égrénées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) dans ses deux derniers rapports ?

Rappelons que les rapports du GIEC sont des cathédrales normatives (ne pas faire, obliger, interdire, taxer, éduquer, etc. : il n’est aucune politique environnementale, depuis une dizaine d’années, dont la généalogie ne remonte au GIEC) bâties sur le fondement des certitudes scientifiques dégagées dans leur première partie. Que se lézardent les fondations pseudo-scientifiques, et c’est la cathédrale normative qui choit.

Comme nous le montrons dans un ouvrage qui vient de paraître (*), s’est progressivement articulée au GIEC une formidable coailition d’intérêts convergents de toutes natures - économiques, idéologiques, politiques, de promotion personnelle, etc. - pour former une invicible armada politico-médiatique nimbée de l’aura sublime de la Science. Maintenant que le GIEC vacille, ceux qui s’en sont fait le relais servile se doivent de voler à sa rescousse.

Ainsi de ce journaliste d’un grand quotidien français, M. Sylvestre Huet, qui s’est procuré quelques-uns des rapports antécédents la réunion de l’Académie des sciences, et qui en donne un compte rendu d’une objectivité qui l’institue immédiatement en idéal-type du journaliste pour les générations futures. Opposant les rapports M. Jean Aubouin, plutôt sceptique face à la science du GIEC, et de l’expert du GIEC Jean Jouzel, M. Huet relève, en toute impartialité, que l’on « ne pourra manquer de remarquer l'énorme différence de niveau entre les deux documents. Celui de Jean Aubouin  fait plutôt penser à un médiocre TPE d'un élève de terminale. (...) A l'inverse, le texte de Jean Jouzel montre une grande clarté, une précision et une volonté d'exposer les acquis et les questions de la paléoclimatologie qui font honneur à sa franchise. » Muet, parcellaire, absurde, le rapport d’un autre sceptique, Vincent Courtillot, pousuit gaiement M. Huet, alors qu’« à l'inverse, la communication d'Edouard Bard <pro-GIEC> se distingue par un fond d'une très grande qualité, de nombreuses références bibliographiques et la capacité à relier le débat en cours à l'histoire réelle de la science du climat comme aux études actuellement menée sur les relations Soleil/climat. Logique, puisqu'il est considéré comme un spécialiste de classe mondiale du sujet... alors que Vincent Courtillot, etc. »

N’en déplaise pourtant à l’ineffable M. Huet, le rapport de l’Académie des sciences s’annonce comme la deuxième station sur le chemin de croix de cette malheureuse construction hybride de science et de politique qu’est le GIEC, après le rapport du Conseil interacadémique, qui constatait le 30 août dernier que le fonctionnement de cet hybride onusien est lacunaire à tous les niveaux, du traitement des sources à la communication, en passant par la prise en compte des opinions scientifiques divergentes, la prévention et le règlement des conflits d’intérêt, la transparence sur les données factuelles retenues, etc.

La démission de M. Pachauri, l’actuel président du GIEC, désormais inéluctable, s’annonce comme la station suivante. Jusqu’à la crucifixion finale. Trait_html_691a601b.jpg

_Drieu Godefridi est docteur en philosophie (Paris IV-Sorbonne) et essayiste ; il vient de publier « Le GIEC est mort, vive la science__