Climat : le rapport de l'Académie des sciences s'annonce dévastateur pour les certitudes du GIEC
Par Drieu Godefridi le lundi 27 septembre 2010, 15:11 - Article - Lien permanent
On se souvient que face aux critiques des climato-sceptiques, des scientifiques français s'en étaient allés demander au Gouvernement de prendre parti dans la controverse scientifique.
A la suite de cette démarche au parfum délicieusement médiéval, la Ministre Valérie Pécresse avait chargé l'Académie des sciences d'organiser une « confrontation sereine des points de vue et des méthodes » pour « établir l'état actuel des connaissances scientifiques sur le changement climatique ».
Cette confrontation a eu lieu le lundi 20 septembre dernier ; un rapport sera publié avant fin octobre.
Toutefois, l'Académie des sciences a d'ores et déjà publié un communiqué (dans la nuit du 20 au 21 septembre), qui explique que la confrontation des points de vue a permis de « distinguer les faits scientifiquement acquis et les incertitudes », ainsi que « des questions non résolues », dans le but de « dégager des orientations de recherche prioritaires ».
« Dans les climats du passé, l’effet des variations de l’insolation liées à celles de l’orbite de la Terre est incontesté », poursuit le communiqué de l’Académie des sciences. « En revanche, l’importance de l’impact des cycles de l’activité solaire reste en débat. (...) Concernant les gaz à effet de serre, dont le CO2 émis par les activités humaines, s’il existe un consensus sur leur impact direct, le rôle de leurs effets indirects est encore controversé. » Enfin, « parmi les mécanismes identifiés pour comprendre l’évolution du climat, la physicochimie des nuages est apparue comme une direction de recherche active et à renforcer. »
Incertitudes, questions non résolues, débat sur l’influence de l’insolation, débat sur les effets indirects du CO2, nécessité d’approfondir la physicochimie des nuages : que reste-t-il des belles certitudes égrénées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) dans ses deux derniers rapports ?
Rappelons que les rapports du GIEC sont des cathédrales normatives (ne pas faire, obliger, interdire, taxer, éduquer, etc. : il n’est aucune politique environnementale, depuis une dizaine d’années, dont la généalogie ne remonte au GIEC) bâties sur le fondement des certitudes scientifiques dégagées dans leur première partie. Que se lézardent les fondations pseudo-scientifiques, et c’est la cathédrale normative qui choit.
Comme nous le montrons dans un ouvrage qui vient de paraître (*), s’est progressivement articulée au GIEC une formidable coailition d’intérêts convergents de toutes natures - économiques, idéologiques, politiques, de promotion personnelle, etc. - pour former une invicible armada politico-médiatique nimbée de l’aura sublime de la Science. Maintenant que le GIEC vacille, ceux qui s’en sont fait le relais servile se doivent de voler à sa rescousse.
Ainsi de ce journaliste d’un grand quotidien français, M. Sylvestre Huet, qui s’est procuré quelques-uns des rapports antécédents la réunion de l’Académie des sciences, et qui en donne un compte rendu d’une objectivité qui l’institue immédiatement en idéal-type du journaliste pour les générations futures. Opposant les rapports M. Jean Aubouin, plutôt sceptique face à la science du GIEC, et de l’expert du GIEC Jean Jouzel, M. Huet relève, en toute impartialité, que l’on « ne pourra manquer de remarquer l'énorme différence de niveau entre les deux documents. Celui de Jean Aubouin fait plutôt penser à un médiocre TPE d'un élève de terminale. (...) A l'inverse, le texte de Jean Jouzel montre une grande clarté, une précision et une volonté d'exposer les acquis et les questions de la paléoclimatologie qui font honneur à sa franchise. » Muet, parcellaire, absurde, le rapport d’un autre sceptique, Vincent Courtillot, pousuit gaiement M. Huet, alors qu’« à l'inverse, la communication d'Edouard Bard <pro-GIEC> se distingue par un fond d'une très grande qualité, de nombreuses références bibliographiques et la capacité à relier le débat en cours à l'histoire réelle de la science du climat comme aux études actuellement menée sur les relations Soleil/climat. Logique, puisqu'il est considéré comme un spécialiste de classe mondiale du sujet... alors que Vincent Courtillot, etc. »
N’en déplaise pourtant à l’ineffable M. Huet, le rapport de l’Académie des sciences s’annonce comme la deuxième station sur le chemin de croix de cette malheureuse construction hybride de science et de politique qu’est le GIEC, après le rapport du Conseil interacadémique, qui constatait le 30 août dernier que le fonctionnement de cet hybride onusien est lacunaire à tous les niveaux, du traitement des sources à la communication, en passant par la prise en compte des opinions scientifiques divergentes, la prévention et le règlement des conflits d’intérêt, la transparence sur les données factuelles retenues, etc.
La démission de M. Pachauri, l’actuel président du GIEC, désormais inéluctable, s’annonce comme la station suivante. Jusqu’à la crucifixion finale.

_Drieu Godefridi est docteur en philosophie (Paris IV-Sorbonne) et essayiste ; il vient de publier « Le GIEC est mort, vive la science__
Commentaires
"Que se lézardent les fondations pseudo-scientifiques, et c’est la cathédrale normative qui choit.
... une formidable coailition d’intérêts convergents de toutes natures - économiques, idéologiques, politiques, de promotion personnelle, etc. - pour former une invicible armada politico-médiatique nimbée de l’aura sublime de la Science"
Vous parlez de la science économique ?
Lézarder est un euphémisme, toutes les idées libérales s'effondrent actuellement devant les faits, sauf sur un site comme celui-ci ou contre vents et marées ..
Viva la science, j'apprécie votre comparaison, qui ne manque ni d'esprit, ni de pertinence. Mettons que les prétentions de certains économistes à flirter avec les sciences exactes ont été réduites à néant, ce qui est une excellente leçon d'humilité intellectuelle en effet.
J'attire toutefois votre attention sur le fait que dans le cas du GIEC il s'agit bel et bien de se revendiquer de la science dans ce qu'elle a de plus "dur", c'est-à -dire la physique, et que les normes "suggérées" par le GIEC ne font l'objet d'aucune discussion ouverte - au contraire de ces normes économiques qui forment, depuis toujours, le coeur du débat démocratique.
@vive la science
"Vous parlez de la science économique ?
Lézarder est un euphémisme, toutes les idées libérales s'effondrent actuellement devant les faits, sauf sur un site comme celui-ci ou contre vents et marées .."
Sans vouloir être discourtois, il me semble que lézarder s'appliquerait davantage à votre suivi des cours d'économie le cas échéant. Aucune des idées libérales proprement dites n'ont été remises en question par la crise actuelle, bien au contraire. Utiliser les codes verbaux de l'action politique ne relève en rien de la rigeur scientifique et persévérer dans leur emploi vous condamne à l'ignorance.
Si vous aimez la science comme votre pseudo le laisse accroire, prenez le temps justement de comprendre ce qu'est le libéralisme. Vous pourriez être agréablement surpris.
@ simple citoyen.
"Aucune des idées libérales proprement dites n'ont été remises en question par la crise actuelle, bien au contraire."
Je connais la thése des libéraux qui ne veulent pas voir ce qui crève les yeux, cette crise serait la crise du Keynesianisme et de l'intervention de l'état.
De 1945 à 1980 peu ou pas de crise financières dans les démocraties occidentales et des états forts, puis les 3 D (déreglementations, dérégulation ...) et le début des crises à répétitions, toujours plus rapprochées toujours plus violentes, voila ou mène la "liberté".
La liberté pour les chantres du libéralisme qui le vivent, c'est visiblement d'abord la liberté de corrompre les états à travers leurs élus.
@Drieu
Je n'ai pas la prétention de savoir a quoi est du le réchauffement climatique (il est sans doute multifactoriel) et nul doute que le GIEC est instrumentalisé.
Je suis par contre convaincu que l'homme à sa part de responsabilité en me fondant sur mes lectures.
Au delà , nous sommes rentrés dans l'anthropocène, une epèce est responsable de la diparition de la moitié des espèces du globe et ce n'est pas sujet à débat.
Bref si nous continuons à valoriser la prédation en abandonnant la Terre aux multinationales, "in the long run we're all dead" comme le dirait l'autre, à commencer par nos enfants.
En réponse à "E = MC^4"
J'ai rarement lu autant de bêtises en aussi peu de phrases. Manifestement, vous avez besoin d'étudier davantage les sujets que vous évoquez, en particulier sur le plan économique. Deux ou trois remarques rapides en passant (il y aurait trop à redire) : après 1945, le monde était à reconstruire. L'interventionnisme étatique ne pouvait réellement pas être un frein à l'économie. En revanche, les méfaits du keynesianisme sont devenus sensibles à la fin des années 60 et on a traîné ses excés pendant les années qui ont suivies. Ceux-ci ont nécessité des politiques de redressement douloureuses mais nécessaires. On était donc déjà en crise bien avant les 3 D dont vous parlez. d'autre part, il y a eu au moins autant de crises économiques au 19ème qu'au 20ème siècle. Cela n'a pas empéché le monde "libre" de se développer de façon considérable depuis lors. Le niveau de vie a en effet très fortement progressé entre 1800 et aujourd'hui. Le nier relève de l'aveuglement ou de l'ignorance. Renseignez-vous aussi sur la crise des subprimes. Vous verrez que le keynesianisme a sa part de responsabilités (politique de taux d'intérêts très bas à partir de 2003 et déficits budgétaires croissants sous Bush) au même titre que fannie mae et freddy mac (créés par le pouvoir politique) et la réglementation sur le marché immobilier (laquelle ne peut être imputée au marché!). Enfin, contrairement à ce que vous pensez (vous êtes décidément bien mal renseigné!), la régulation et ses moyens n'ont fait que croître depuis les années 80 aux états-unis et en europe dans le domaine bancaire et financier. Solvency, MIF, Bâle I II III, IFRS, Sarbanes-Oxley... vous connaissez? Enfin, sachez que les Etats ont beaucoup plus de poids dans l'économie aujourd'hui que pendant les trentes glorieuses. Mesurez cela, par exemple, à l'aune des dépenses publiques ou de la pression fiscale.
@ Lio.
Tant de haine j'adore ça ! La colère des faibles comme le pensait l'autre et son moulin.
"et la réglementation sur le marché immobilier (laquelle ne peut être imputée au marché!)."
Exact, ils sont seulement imputables aux lobbys financiers, aux Etats-Unis ce sont les Lobbys qui font les lois. Ils ont aussi fait abrogée la loi qui séparait la banque de dépot de la banque d'investissement, sans ça pas de crise enfin pas de cette taille. Les lobbys c'est le pouvoir legislatif de l'argent, un des nerfs du sytème néolibéral.
Un bon libéral est capable de faire voter une loi puis l'accuser de la rage quelques années plus tard, c'est à cela qu'on le reconnait.
Ahah la faute à Greenspan et ses taux d'intérêts .. c'est marrant un particulier qui profite de taux bas pour s'endetter, si il devient insolvable c'est de sa faute et on saisit ses biens, si c'est une banque c'est la faute à Greenspan et on la renfloue.
"Le monde libre", rien que le concept m'amuse.
"Enfin, sachez que les Etats ont beaucoup plus de poids dans l'économie aujourd'hui que pendant les trentes glorieuses. Mesurez cela, par exemple, à l'aune des dépenses publiques ou de la pression fiscale."
Effctivement, entre le chomage de masse et le viellissement de la population il faut bien que quelqu'un prenne le relaie, sinon le système abandonné à lui même doit faire face à trop de ses paradoxes et s'effondre. Je suis curieux de savoir combien de temps il va pouvoir être tenu à bout de bras.
Bref, le libéralisme y'a celui de la théorie qui n'existe pas et y'a celui de la réalité qui ne marche pas.
Mr Godefredi est philosophe, comment peut il avoir une opinion scientifique sur un sujet aussi pointu et aussi éloigné de sa discipline que la climatologie ??
Quant à ses commentaires sur les débats qui ont lieu sur le GIEC, ils apparaissent parfois fondés mais leur excès en amoindri la portée. La démission de Mr Pachauri est lié à un problème de gouvernance et n'est en rien une "station sur un chemin de croix" ! Pour une opinion plus objective je préfère lire les articles de The Economist, un hebdo liberal mais libre de toute idéologie...
JPF270, vous aurez noté qu'à aucun moment je ne me prononce sur le fond du débat climatique, ni sur ce forum, ni dans mon bouquin sur le sujet du GIEC. Qu'en revanche l'étude du GIEC comme structure institutionnelle relève de ma compétence de juriste et de philosophe, c'est ce qu'en effet je soutiens. Merci dès lors de ne pas m'assimiler à un Sylvestre Huet (de Libé) qui, tout équipé de son diplôme d'histoire, se prononce sur le fond du débat climatique et rabroue sévèrement les scientifiques "durs" qui ont le toupet de faire preuve de scepticisme face à la science du GIEC :
http://www.fahayek.org/index.php?op...
Enfin s'il y a bien un intervenant sur ce Blog qui excècre toute espèce d'idéologie, c'est votre serviteur. Demandez à Henri Lepage.
Un sondage montre que les femmes sont plus réceptives aux problèmes du RCA que les hommes...
Mais elles aiment le CO2, ces salopes !!
Depuis que je roule en Porshe Cayenne exemptée de malus...ça suce !
Eh les escrocs de l'institut turgot! pouvez vous nous rappeler vos propos sur le rapport de l'académie des sciences sur le changement climatique sorti ce jour.
Allez les nazes, continuez à fantasmer et délirer!!!!!!!!!!!!!