Le système bitcoin a déjà des émules, certains utilisant les mêmes techniques informatiques, d’autres expérimentant de nouvelles techniques de gestion et de certification du journal des transactions. Ils sont déjà dans l’ensemble plus efficaces et plus sûrs que les systèmes centralisés, et leurs problèmes techniques résiduels seront résolus au fur et à mesure qu’ils seront découverts, soit par des modifications progressives du système lui-même, soit par introduction de successeurs, qui intégreront dans l’architecture centrale pair-à-pair des fonctions aujourd’hui assurées par des systèmes périphériques vulnérables.

On peut donc parier que les systèmes de paiement « pair à pair » sont là pour durer. Dans une perspective à long terme, il convient donc de ne pas raisonner exclusivement sur le système bitcoin tel qu’il existe, mais aussi sur ses successeurs. Les promoteurs de bitcoin le décrivent d’ailleurs comme un système expérimental, reconnaissant ainsi les futures variantes qui pourront en découler.

En tant que monnaie, le bitcoin est l’objet de nombreuses critiques de nature économique, mais disparates voire contradictoires.

Les critiques d’inspiration « mainstream » ou keynésienne lui reprochent de ne pas être garanti par l’État, de ne pas pouvoir être créé à la demande pour satisfaire les besoins de l’économie, et d’être volontairement déflationniste. Les critiques d’inspiration autrichienne traditionnelle lui reprochent de ne pas satisfaire le « théorème de régression » de Mises et de ne pas être adossé à un bien matériel, donc de ne pas avoir de valeur intrinsèque, ce qui en ferait un feu de paille voire une escroquerie.

Est-ce vraiment une monnaie ?

A ce jour (mai 2013) un peu plus de 11 millions de bitcoins ont été créés. Sa valeur, initialement égale à 1 $, est montée très progressivement jusqu’à 20 $ en février 2013, puis a connu une brusque flambée qui lui a fait attendre 238 $ le 9 avril dernier. Après être retombée à 80 $ le 15 avril, elle est maintenant (fin mai) à peu près stable autour de 120 $ (90 €), ce qui se place très exactement sur la trajectoire qu’elle suivait avant la bulle d’avril.

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source : bitcoins charts

Actuellement, Bitcoin est de loin le plus utilisé des systèmes de paiement en « cryptodevises ». De nombreux sites marchands Internet acceptent le bitcoin en paiement, et leur nombre va croissant. On peut dire que pratiquement tout ce qui peut être acheté sur le Net peut être payé en bitcoins. Il existe également de nombreux sites de change en ligne permettant d’échanger des bitcoins contre des dollars (10 sites), des euros (9 sites) et une vingtaine d’autres devises dont la livre et le yen.

Première critique : « bitcoin n’est pas une monnaie au sens commun du terme, parce que ce n’est pas un moyen d’échange généralisé ». A cette aune, il n’existerait aucune monnaie « au sens commun du terme », et un grand nombre de monnaies pourtant reconnues mériteraient moins ce nom que le bitcoin.

Nous admettrons donc d’appeler « monnaie » tout moyen d’échange indirect, ce qui implique de remplir aussi les fonctions de réserve de valeur et d’unité de compte1, chaque monnaie ayant une sphère d’utilisation plus ou moins étendue. Et nous nous intéresserons exclusivement à la façon dont ce moyen d’échange remplit sa fonction, sans nous arrêter aux définitions restrictives des mots « monnaie » et « devise » que donnent certains auteurs.

Rappelons ce qu’est une monnaie et d’où elle tire sa valeur. Si j’accepte des euros aujourd’hui, c’est parce que je pense qu’un nombre suffisant de gens les accepteront demain en échange de choses que je désirerai. Plus grande est la variété des choses que je peux obtenir en échange de mes euros, plus nombreux et divers sont les interlocuteurs auxquels je peux m’adresser pour cela, et plus je vais désirer me procurer des euros, c’est à dire plus je leur accorde de valeur. Autrement dit, ce qui fait que la monnaie a une valeur, c’est le nombre et la diversité des biens et services contre lesquels il est possible de l’échanger.

Une monnaie étatique bénéficie du « cours forcé », qui garantit qu’elle sera acceptée par tous les acteurs dans toute la zone d’influence d’un État, ce qui suffit à lui donner une valeur quelle que soit la façon dont elle est gérée. Bien sûr, comme nous conservons la monnaie un certain temps avant de l’utiliser pour des achats, nous voudrions être sûrs que cette valeur ne diminuera pas, autrement dit que les prix des choses qui nous intéressent, exprimés dans cette monnaie, n’augmenteront pas.

A défaut, je voudrais que parmi les choses que cette monnaie me permet d’acheter, il en existe au moins une dont le prix n’augmentera pas. Si de plus cette chose peut se conserver indéfiniment, je peux me prémunir contre toute perte de valeur de la monnaie en l’achetant. C’était, au moins en théorie, le rôle de l’or dans le système d’étalon-or.

Ni les États ni le bitcoin n’offrent cette garantie. Pourtant nous utilisons les monnaies nationales, qui fonctionnent donc bien comme moyen d’échange indirect. Nous pouvons avoir notre opinion sur la gestion de la monnaie d’État, par exemple militer pour un retour à l’étalon-or, mais au final ce sont les gouvernements qui décident. Nous espérons qu’ils géreront la monnaie correctement, et nous pouvons avoir une opinion de ce que serait cette gestion correcte, mais faute de mieux nous utilisons la monnaie qu’ils nous proposent quelle que soit notre opinion. La généralité de son utilisation, qui fonde leur valeur, est garantie par le cours forcé.

Il en va différemment dans un contexte de monnaies parallèles en concurrence. Il n’y a par définition pas de cours forcé pour les monnaies autres que les monnaies étatiques, donc chacune doit mériter sa valeur. Peuvent-elles le faire simplement en étant assez largement utilisées et assez bien gérées pour qu’on leur fasse confiance, ou devront-elles nécessairement être garanties par une valeur « intrinsèque », sachant que de toute façon rien n’a de « valeur intrinsèque » autre que celle que chacun d’entre nous lui accorde de façon subjective ? Je pense qu’il est impossible de porter un jugement a priori sans connaître les caractéristiques propres de la monnaie en question, et j’aurais tendance à répondre que pour le bitcoin tel que défini actuellement, la réponse est oui. Mais ceux qui pensent que c’est une escroquerie ne seront nullement forcés de l’utiliser.

Certains, comme Shostak, fondent leur critique sur le théorème de régression de Mises. J’ai répondu à cet argument, en citant Mises, dans un commentaire au premier article sur le sujet. En résumé, ce théorème dit que si j’accepte une monnaie aujourd’hui, c’est parce que je pense qu’un nombre suffisant de gens l’accepteront demain, et si je pense qu’un nombre suffisant de gens l’accepteront demain, c’est parce que je sais qu’un grand nombre de gens l’ont acceptée hier. Donc, en remontant jusqu’au moment où quelque chose a été accepté comme monnaie pour la première fois, il fallait bien que ce quelque chose ait à ce moment une valeur autre que monétaire.

Mais dans le même texte, Mises dit aussi que par la suite, la valeur de la monnaie est déterminée par l’offre et la demande, quelle que soit la façon dont sa valeur à été déterminée à l’instant initial. Autrement dit, ce théorème ne concerne que la première utilisation d’un bien comme monnaie, et nullement la poursuite de cette utilisation. Il est abusif de lui faire dire qu’une monnaie doit toujours être « adossée » à un bien matériel.

De toute façon, dans un contexte de monnaies concurrentes qui est par définition celui du bitcoin, chacun décide quelle(s) monnaie(s) il veut utiliser. Pour cela, il doit se poser d’autres questions et y apporter lui-même la réponse, qui peut varier d’un individu à l’autre et justifiera la coexistence de monnaies reposant sur des principes différents. Les monnaies qui ne donneront pas satisfaction seront tout simplement refusées ou échangées par leurs détenteurs contre des monnaies considérées comme meilleures.

Au passage, notons que certaines objections consistent à dire implicitement que le bitcoin ne peut pas devenir la seule monnaie. Dans la mesure où ses promoteurs n’ont nullement cette ambition, mais sont partisans d’un système de monnaies concurrentes, cette objection est correcte mais non pertinente, tout comme celles qui comparent le bitcoin et les monnaies nationales en tant que monnaies par hypothèse uniques.

Une monnaie « déflationniste »

Une critique récurrente est que le bitcoin est intrinsèquement déflationniste, puisque sa production est limitée, et devient même nulle au bout d’un certain temps. Cette critique traduit la thèse keynésienne selon laquelle le volume de monnaie doit s’adapter à la création de richesses réelles, qui s’accompagne d’une phobie de la déflation. Cette thèse est vigoureusement contestée par les thèses autrichiennes.

La production globale de richesses réelles évolue en gros comme la productivité moyenne. Si donc il existait une monnaie unique en quantité fixe, le niveau général des prix baisserait chaque année du même pourcentage que l’augmentation de productivité, soit quelques %, le prix de chaque produit évoluant selon l’offre et la demande de ce produit, et selon les conditions de sa production. On assisterait donc à une lente dérive globale des prix vers le bas, ce qui ne présente aucun inconvénient, bien au contraire, si ce mouvement est assez lent pour que l’appareil productif, et notamment l’emploi, s’adapte en douceur et de façon continue. A cette condition, l’économie peut s’accommoder d’une légère déflation comme d’une légère inflation, c’est-à-dire d’une constance de la masse monétaire comme d’une légère croissance.

Le bitcoin est divisible jusqu’à la 8e décimale, ce qui autoriserait aujourd’hui des paiements de l’ordre de 1 millionième de $ ou d’euro. Avec une baisse moyenne des prix de quelques % par an, il arrivera un moment ou des prix en millibitcoins ou en microbitcoins seront courants, sans que cela pose de problème autre que de désigner ces sous-multiples par des noms plus conviviaux.

Une arnaque ?

Pourquoi alors le bitcoin serait-il cette « arnaque » que d’aucuns dénoncent ? Cette accusation part de la conviction que le bitcoin est inéluctablement destiné à s’effondrer brutalement, et donc à perdre instantanément toute valeur. Mais en admettant même qu’il soit voué à perdre toute valeur, ceci se traduirait, dans un environnement de devises concurrentes, par une migration de ses utilisateurs vers d’autres devises considérées comme plus sûres, et c’est justement cette migration qui provoquerait la perte de valeur. Il est probable que ce phénomène serait assez progressif pour limiter les pertes, ce qui est un avantage de l’existence de monnaies parallèles. En tout état de cause, tout investissement, y compris dans une monnaie, entraîne un risque. La question est de savoir si ce risque est plus grand ou moins grand avec le bitcoin qu’avec les autres monnaies.

L’affirmation que le bitcoin est une sorte de pyramide de Ponzi, le plus souvent assénée sans trop d’arguments, est plus difficile à comprendre. Elle semble partir de l’idée qu’à partir du moment où il sera devenu impossible de produire de nouveaux bitcoins, plus personne ne consacrera de ressources au « minage » et que de ce fait le bitcoin perdra toute valeur. Outre que c’est une étrange résurgence de la théorie de la valeur travail marxienne, c’est oublier qu’à ce moment le bitcoin aura acquis une valeur d’échange et réduire sa fonction à celle d’outil de spéculation. C’est aussi oublier que les « mineurs » resteront motivés par la perspective de se créditer les frais de transaction qui se généraliseront probablement d’ici là. C’est comme dire que quand les mines d’or seront épuisées, l’or perdra toute valeur et les gens qui ont investi en or seront ruinés, alors que c’est exactement l’inverse ; seuls les mineurs devront changer de métier.

L’avenir des systèmes de paiement

Les systèmes de paiement « pair à pair » peuvent-ils bouleverser le paysage monétaire mondial, comme certains de leurs auteurs en ont l’ambition ? La problématique est bien présentée dans une étude de la Banque Centrale Européenne (en référence), qui présente dans sa quatrième partie un bon inventaire des problèmes potentiels, même s’il est évidemment biaisé puisque ce qui est un problème pour la BCE peut être au contraire une voie de solution souhaitable pour d’autres, dont les promoteurs du bitcoin et les tenants de l’école autrichienne.

Les systèmes de paiement « pair-à-pair » deviendront de plus en plus efficaces, de plus en plus fiables et de plus en plus invulnérables, que ce soit aux attaques des « hackers » ou à celles des États. Leurs concepteurs trouveront des parades aux tentatives de prise de contrôle comme ils en trouveront aux tentatives de piratage ou de fraude (ce sont d’ailleurs à peu près les mêmes). Malgré toutes leurs tentatives, aucun gouvernement ne pourra en prendre efficacement le contrôle ni les interdire sauf peut-être des États policiers comme la Corée du nord. Même les gouvernements chinois et iraniens n’arrivent pas à dompter Internet.

Mais quelle que soit leur évolution et leurs mérites propres, l’impact de ces systèmes restera limité tant que leur utilisation restera marginale par rapport aux monnaies conventionnelles, comme elle l’est aujourd’hui. Or le processus d’adoption d’une telle innovation est nécessairement beaucoup plus lent et aléatoire que le processus d’innovation. Pour qu’ils soient utilisés à grande échelle pour les échanges marchands, ce qui est leur vocation, il faut que l’adhésion des particuliers et celle des professionnels progressent de conserve, la motivation des uns s’appuyant sur l’adhésion des autres et vice versa. Pour que beaucoup de vendeurs l’adoptent, il faut que beaucoup d’acheteurs l’aient adopté, et pour que beaucoup d’acheteurs l’adoptent, il faut que beaucoup de vendeurs l’aient adopté.

Le problème de la volatilité du bitcoin, aujourd’hui tant critiquée, procède de la même logique. Pour qu’il soit plus stable, il faut que son utilisation comme moyen de spéculation s’efface devant son utilisation comme moyen d’échange ; et pour qu’il soit largement utilisé comme moyen d’échange, il faut qu’il devienne moins volatil.

Mais pour autant que ce processus d’adoption se déroule, il arrivera très probablement qu’une fois un seuil critique franchi, le mouvement s’accélère brusquement par effet réseau. Tout pronostic, que ce soit sur le rythme d’adoption ou sur la hauteur du seuil critique, serait extrêmement hasardeux.

Un autre domaine d’incertitude est celui de l’attitude et de l’action des États. Les promoteurs du bitcoin et de ses successeurs ont l’ambition déclarée de subvertir le système monétaire actuel et sont donc intrinsèquement en conflit avec tous les acteurs de ce système, les banques centrales en particulier. Certains de ces derniers sont conscients des problèmes potentiels, comme le montre et le recommande notamment le rapport de la BCE, mais n’ont pas encore tenté d’agir contre le bitcoin. Quelle que soit la chronologie de l’évolution à venir, mon pronostic personnel est que quand les gouvernements voudront agir, les systèmes de paiement distribués auront largement atteint et dépassé leur seuil d’invulnérabilité, pour autant que ce ne soit pas déjà fait. Aucun gouvernement n’a pu arrêter des systèmes analogues beaucoup plus simples. Le seul moyen d’arrêter les successeurs de bitcoin ou d’en prendre le contrôle serait d’arrêter la totalité d’internet.

Les monnaies parallèles

Un développement à mon avis inéluctable va rendre ces problèmes plus aigus. Système de paiement et monnaie vont se dissocier. En réponse à la demande des utilisateurs, les systèmes de paiement intégreront des services de change en temps réel, ce qui permettra à un même système de paiement d’utiliser plusieurs monnaies et à une même monnaie de circuler sur plusieurs systèmes de paiement. Une même transaction pourra débiter un compte dans une devise et créditer un compte dans une autre, comme le propose déjà Ripple. La concurrence entre systèmes de paiement et la concurrence entre monnaies deviendront deux processus distincts.

Chacun de nous pourra choisir de ne conserver qu’une seule devise, tout en pouvant régler instantanément ses achats ou accepter un paiement dans n’importe quelle autre. La seule décision importante que devra prendre chaque agent, particulier, entreprise ou toute autre organisation, sera le choix de la devise ou des devises qu’il conserve dans ses comptes. Il tiendra compte pour cela de trois facteurs : les habitudes des gens avec qui il échange, les frais de change et le risque de perte de valeur. On peut s’attendre à ce que les deux premières considérations soient dominantes pour couvrir des dépenses à court terme et relativement faibles, la troisième pour des paiements importants et à long terme. Les monnaies, nationales et « virtuelles », seront ainsi mises en concurrence les unes avec les autres.

Cette fonctionnalité marquera un changement radical. Ce sera en effet la fin du contrôle des changes et le début d’une ère de flottement généralisé des monnaies, les taux de change étant déterminés en continu par l’offre et la demande. Chacun pourrait conserver ses liquidités dans la devise de son choix, normalement celle qui risque le moins de se déprécier, qui serait donc très demandée et peu offerte et tendrait à se valoriser. Les autres, peu demandées et offertes en grande quantité, perdraient de leur valeur, ce qui confirmerait les choix des utilisateurs et accélèrerait encore leur chute par une sorte de prophétie auto-réalisatrice. On se trouverait alors dans un processus de sélection naturelle des monnaies analogue à ce que propose Hayek dans « The denationalization of money ».

Dans cet environnement, en même temps que les monnaies nationales seront mises en concurrence, ce qui amènera inéluctablement à l’abandon de la majorité d’entre elles, des conceptions différentes des moyens de paiement et de nouvelles disciplines de création monétaire pourront être proposées au jugement des utilisateurs, d’où émergeraient les solutions les plus satisfaisantes. Le débat entre monnaies-métal, monnaies virtuelles et monnaies d’État serait tranché par les utilisateurs eux-mêmes. Il est néanmoins probable que ce processus ne laisserait aucune chance aux monnaies inflationnistes, ni à celles qui restent entre des mains discrétionnaire. Les gagnantes ne seront peut-être aucune des monnaies actuelles, mais des monnaies nouvelles créées spécifiquement dans le nouvel environnement technique et concurrentiel.

Pour les États, la seule politique monétaire possible serait de maintenir la valeur de leurs monnaies. Face à cette perspective de ce qu’ils considèreraient comme un abandon de souveraineté inacceptable, quelles seraient alors leurs réactions de défense ? Quelles mesures restrictives et nécessairement pleines d’effets pervers les États pourraient-ils alors prendre pour tenter de conserver le privilège de créer de la monnaie pour leurs besoins propres ? Et quelles seraient à ce moment les chances de réussite de ces mesures ?

Au total, il se pourrait bien que le plus grand service rendu par le projet bitcoin, même si le bitcoin en tant que monnaie disparaît un jour, sera d’avoir donné l’impulsion initiale pour nous faire entrer dans ce monde de concurrence entre monnaies, dont à la réflexion, on voit mal comment il aurait pu s’imposer autrement.

Il est à peu près certain que, dans l’esprit de ses initiateurs, le projet bitcoin n’était qu’une expérimentation destinée à fournir une « preuve de principe » (proof of concept). Il est probable que son essor est en grande partie du à des spéculateurs et des gens soucieux de dissimuler leurs mouvements de fonds. Certains ont pu y voir une occasion de faire fortune à bon compte. Mais peu importe : quoi qu’il en soit, le résultat sera comme toujours « le fruit de leurs actions et non de leurs intentions ».

Gérard Dréan

Références

- Un site donnant les cours et les volumes échangés en continu : http://bitcoincharts.com/

- Une étude de la Banque Centrale Européenne (octobre 2012) : Virtual currency schemes)

- Friedrich Hayek, The denationalization of money

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Gérard Dréan est l'auteur du livre "b.a.ba d'économie"