A savoir :

1. Les crises que traverse le capitalisme sont le fruit d’une insuffisance de la demande globale.

2. Seule une relance de cette demande globale peut éviter à l’économie d’un pays de sombrer dans une dépression et/ou récession.

3. Seul le gouvernement est capable de pratiquer la politique budgétaire et le dosage monétaire pour atteindre cet objectif de croissance de la demande globale.

4. La coordination des politiques économiques entre les pays d’une même zone économique peut permettre à ces pays de traverser une crise en atténuant les effets néfastes de celle-ci.

Nous le voyons, le schéma économique utilisé par l’ensemble des gouvernants du monde entier est totalement biaisé.

Revenons sur un point d’histoire. Keynes dans les années 1920 ayant perdu une fortune en Bourse a voulu en quelque sorte prendre sa revanche en tentant de bâtir une théorie qui lui permettrait de récupérer sa fortune en devenant le serviteur zélé des décideurs politiques, en leur permettant de justifier l’interventionnisme politique dans l’économie.

Pour Keynes l’épargne était une fuite dans le circuit économique et constituait un frein à l’augmentation de la demande globale. Il fallait, selon lui, tout faire pour augmenter la propension à consommer. Les gouvernements pouvaient alors mettre en place une politique de relance de la demande globale en dépensant l’argent du contribuable dans les politiques de soutien à la consommation, de soutien à l’investissement. Ces politiques permettaient à ceux qui en bénéficiaient de dépenser plus, et par conséquent de soutenir la croissance de l’économie.

Ne croit-on pas entendre là les partisans actuels de la mise en place de politiques de relance en Europe ? Est-il bien raisonnable de présenter les faits aussi simplement, et surtout sans voir que dès le départ le raisonnement est vicié !!

En fait Keynes a tout simplement oublié que l’épargne n’était qu’un renoncement à une consommation présente et était réservée à une consommation future.

Ce partage entre consommation présente et consommation future est capital, car il est la base sur laquelle va se former le taux d’intérêt originaire. Si la préférence pour la consommation présente est forte, alors l’épargne est peu abondante. L’offre de fonds prêtables est faible par rapport à la demande de fonds prêtables, qui n’est autre que la demande d’investissement pour l’avenir. La productivité ne va pas augmenter significativement dans ces phases où les investissements ne peuvent pas être financés. La rentabilité attendue pour les investissements sera donc élevée, et par conséquent un grand nombre d’investissements ne remplissant pas ces conditions de rentabilité seront reportés.

Mais, au fur et à mesure, les décisions des acteurs de l’économie se modifieront et l’épargne augmentera à nouveau, permettant un abaissement du taux d’intérêt originaire qui entraînera, dans son sillage, la réalisation d’investissements reportés précédemment, la productivité augmentera et le prix de certains biens, jusque là élevé, finira par baisser. Cette baisse du taux d’intérêt et cette élévation de la productivité permettront le déclenchement de cette fameuse croissance que tout le monde attend. Ce schéma est plus conforme à ce que connaissent les vrais acteurs de l’économie : les entrepreneurs, les consommateurs, les épargnants.

Les crises que nous avons traversées depuis la première guerre mondiale n’ont jamais résulté d’une insuffisance de la demande globale mais plutôt d’une manipulation de la monnaie et du crédit à des fins politiques de guerre ou de relance. En abaissant artificiellement le taux d’intérêt les autorités monétaires envoient de faux signaux aux investisseurs qui vont alors prendre des décisions fondées sur ces faux signaux. Une fois que ces autorités monétaires penseront que nous allons entrer dans une phase de « surchauffe », elles vont procéder à une élévation du taux d’intérêt : cela aura pour effet de révéler la fausseté des décisions prises dans la phase précédente. Les crises récentes de la Bulle internet dans les années 2000 et de la crise dite des « subprimes » relèvent de ces schémas. La crise de la dette souveraine n’est que l’aboutissement de ces politiques budgétaires et monétaires laxistes.

Rappelons-nous aussi de Keynes qui parlait de l’or comme d'une « relique barbare ». Là encore c’était une erreur, car pendant l’Etalon-or véritable, entre 1880 et 1914, l’économie se développait en adéquation avec ce partage épargne / consommation. A partir de 1914 et du passage à l’étalon de change-or (régime où seuls la livre sterling et le dollar étaient convertibles), les choses ont commencé à se compliquer, et les autorités monétaires ont commencé à s’organiser afin de mettre en place le système de réserves factionnaires à l’origine de l’effondrement actuel de l’économie mondiale.

Pour en finir définitivement avec les crises, il est impératif de revenir à des bases saines : un étalon-or et une concurrence monétaire, ainsi qu’un équilibre permanent des finances publiques sans recours à l’endettement et sans recours à l’inflation.

Dire qu’une solution à la crise actuelle n’existe pas relève tout simplement d'une analyse économique erronée; prétendre que la solution de l’étalon-or n’est pas possible relève tout simplement de la mauvaise foi des décideurs politiques.

Nous pouvons sortir de la crise et nous pouvons le faire par le haut, en rétablissant l’étalon-or avec, pour conséquence, des finances publiques assainies et des acteurs économiques fondant à nouveau leurs décisions sur de vrais signaux pour leur épargne et pour leur consommation.

Alors, si nous souhaitons véritablement sortir de la crise, mobilisons nous pour un retour rapide à l’étalon or et pour une vraie économie de marché au service de tous !!! Trait.jpg

Pascal Dray dirige Dray PhD Conseil - Wikane. La version originale de cet article est paru sur LeCercleLes Echos en date du 12 juin 2012.