Pour sortir de la crise grecque: mettre (enfin) un terme à la Guerre de Troie
Par Jacques Delpla le vendredi 16 avril 2010, 23:39 - Note de synthèse - Lien permanent
Répondre à la crise budgétaire actuelle suppose de revenir à l’Iliade d’Homère et de comprendre qu'il faut mettre enfin un terme à la Guerre de Troie. Pourquoi ?
Parce que, malgré les craintes des marchés, la Grèce pourrait ne pas manquer à ses obligations concernant sa dette publique.
Comment ? Elle pourrait aisément réduire ses dépenses militaires d’au moins 3 points du PIB, si une initiative multilatérale de paix était lancée entre la Grèce, la Turquie et Chypre, à l’aide des Américains et des Européens. À la différence du Portugal ou de l’Irlande, la Grèce pourrait tirer un considérable bénéfice de la paix pour réduire son déficit budgétaire titanesque.
Retournons à l’Iliade d’Homère: mettons (enfin) un terme à la Guerre de Troie.
Depuis plus de 3000 ans, les Grecs sont, d’une manière ou d’une autre, perpétuellement en guerre avec les peuples successifs vivant en Anatolie. Cela a commencé avec la Guerre de Troie au cours des XIIIe et XIIe siècles av. J-C (bien qu’Hérodote affirme que les tensions en mer Égée ont commencé bien avant l’enlèvement d’Hélène).
Parmi les guerres gréco-perses du Ve siècle av. J-C se trouvaient les célèbres batailles de Marathon en 490 av. J-C, et des Thermopyles et Salamine en 480 av. J-C. Les conflits entre l’Empire byzantin et l’Empire sassanide étaient fréquents vers la fin de l’Antiquité, tout comme les guerres entre Byzance et le Grand Empire seldjoukide (XIe et XIIe); la chute finale de Constantinople eut lieu en 1453, après sa conquête par les Ottomans.
L’occupation turque de la Grèce jusque dans les années 1820 a marqué les esprits, ainsi que les guerres des Balkans en 1912-1913, et la guerre gréco-turque de 1919-1922, qui fut suivie de ce que les Grecs appellent «le désastre d’Asie Mineure» en 1922 – quand la quasi-totalité des Grecs d’Asie Mineure (plus d’un million et demi) durent fuir, avec des centaines de milliers d’entre eux morts à la guerre ou en exode, tandis qu’un demi-million de Turcs étaient forcés de quitter la Grèce pour s’installer en Anatolie (avec également des milliers de morts turcs, tués par les Grecs).
En 1974, l’invasion de Chypre par l’armée grecque dans un premier temps, puis par l’armée turque qui occupe encore aujourd’hui un tiers de l’île, a aggravé encore davantage la situation.
Des dépenses militaires spartiates.
Avec une telle histoire, il n’est pas surprenant que la Grèce consacre une grande partie de son budget à la défense. Les dépenses militaires de la Grèce représentent 4,3 % de son PIB (bien qu’elles aient été réduites au cours des 20 dernières années), celles de la Turquie 5,3 %, et celles de Chypre 3,8 % de son PIB (source: www.cia.gov), ce qui est très élevé comparé au reste de l’Europe.
En règle générale, les petits pays de l’UE dépensent entre 1% et 1,5% de leur PIB en dépenses militaires; pour l’Allemagne, le taux est de 1,5%. Les deux «grandes» puissances militaires européennes dépensent moins que la Grèce: la France 2,6% de son PIB; le Royaume-Uni 2,4 % de son PIB. Dès lors, la seule raison pour la Grèce d’avoir un tel budget militaire est la Turquie. La Grèce est également le seul pays de l’UE dans lequel la taille et la répartition du budget militaire sont classées secrets d’État, ce qui laisse entendre que ces données pourraient même se situer en deçà de la réalité.
Pour mémoire, quand la Grèce a menti pour la première fois (à la fin des années 1990) sur son déficit budgétaire afin d’entrer dans la zone euro (en 2001), c’était principalement parce qu’elle avait caché d’importantes dépenses militaires à travers les stratagèmes comptables de Maastricht. Au lieu d’acheter des avions militaires coûteux, le gouvernement socialiste les avait loués à long terme, et ensuite classés hors bilan. Quand Eurostat a découvert le stratagème en 2004, les déficits ont été considérablement ré-estimés. 6,4 % du PIB en 1997, 4,1 % en 1998, 3,4 % en 1999 et 4,1 % en 2000 (au lieu des 1,7 % donc), de sorte que, avec les véritables chiffres, la Grèce n’aurait jamais été admise dans la zone euro.
Je ne serais pas surpris que les nouveaux mensonges sur les données budgétaires, révélés en novembre 2009 par le nouveau gouvernement socialiste grec, soient encore une fois liés aux dépenses militaires, en particulier du fait que le coupable, cette fois le gouvernement conservateur sortant, craignait d’être contesté par les nationalistes de droite lors des élections législatives (comme ce fut le cas).
Comment aller vers la paix?
Depuis 1999, et les tremblements de terre dont elles furent toutes les deux victimes, la Grèce et la Turquie ont opéré un rapprochement diplomatique. La Grèce est maintenant favorable à l’entrée de la Turquie dans l’UE. A présent, vu l’étranglement financier qui assaillit la Grèce, elle serait peut-être plus encline à réduire les dépenses militaires. En Turquie, le gouvernement de l’AKP veut réduire l’influence de l’armée sur la société et peut également avoir besoin d’argent. Pendant ce temps, les pourparlers de paix continuent à Chypre, en dépit des hauts et des bas (dans la zone de Chypre occupée par les Turcs, les prochaines élections législatives du 8 mars devraient ramener au pouvoir les nationalistes qui s’opposent au plan de paix soutenu par l’ONU). Mais cela n’est pas suffisant: il faut un engagement venant de l’étranger pour dépasser la méfiance militaire des deux côtés et leurs griefs historiques (ainsi que les revendications sur le territoire chypriote).
En route vers une initiative de paix entre la Grèce et la Turquie?
Si le nouveau gouvernement socialiste veut réduire le déficit budgétaire sur une base durable, il devra réduire considérablement ses dépenses militaires. Ramener le budget défense de 4,3% du PIB à 1% en quelques années permettrait d’épargner à long terme 3,3% du PIB, c’est-à-dire un tiers du déficit budgétaire grec.
Au niveau national, cela représenterait une initiative positive de partage des responsabilités: l’ajustement budgétaire grec, s’il est mené à bien, doit être considéré comme équitable, c’est-à-dire qu’il procède à la fois à des coupes dans les dépenses sociales privilégiées par la gauche et les syndicats et à des coupes dans les dépenses militaires –chères à la droite et aux nationalistes.
À l’étranger, cela impliquerait une paix crédible et durable avec la Turquie, en mer Égée et à Chypre. Si la France et l’Allemagne ont réussi à passer du statut de pires ennemis à celui d’alliés privilégiés, il n’y pas de raison que la Grèce et la Turquie s’enlisent à jamais dans des relations conflictuelles.
L’intervention des Européens et des Américains est nécessaire pour sortir de la situation actuelle.
Dans l’idéal, la Turquie entrerait dans l’UE et le problème serait résolu pour les deux parties. Cependant, il y a peu de chance que cela se produise.
Tout d’abord, la Turquie ne va vraisemblablement pas entrer dans l’UE dans un futur proche (pour la simple raison que la France devrait se prononcer par référendum sur cette adhésion, et que le résultat serait probablement négatif). Ensuite, même si la Turquie adhérait à l’UE, cela ne se concrétiserait pas avant 10 ans, voire plus – autant dire trop tard pour régler les malheurs budgétaires actuels de la Grèce. Enfin, Chypre n’acceptera la Turquie au sein de l’UE que si la crise chypriote a été résolue au préalable.
L’UE a fort intérêt à favoriser la paix dans cette région. En premier lieu, car la paix est le moteur initial de la construction européenne, et parvenir à une paix durable à Chypre démontrerait que l’UE reste fidèle à ses origines. En deuxième lieu, le fait d’ancrer la Turquie en Europe, d’une manière ou d’une autre, est essentiel pour l’UE. Enfin, en troisième lieu, il est primordial pour la santé budgétaire grecque de réduire les dépenses militaires… ainsi que pour l’avenir de la zone euro (et éviter ainsi l’effet domino).
Les grands pays européens se sont également investis dans la promotion de la paix dans cette région. De lord Byron (qui a combattu et est mort pour l’indépendance de la Grèce face aux Turcs en 1824), à Winston Churchill, la Grande-Bretagne s’est révélée l’alliée principale de la Grèce; de plus, la Grande-Bretagne était la puissance coloniale à Chypre (1878-1960) et revêt donc une certaine responsabilité quant à à l’impasse actuelle sur l’île.
L’Allemagne ne peut oublier que les nazis ont été particulièrement violents (même d’après leurs propres critères) lorsqu’ils ont occupé la Grèce (1941-44): un demi-million de personnes (8% de la population) ont été assassinées (dont 300 000 morts de la famine); et dans le même temps, les nazis ont décimé l’économie grecque et quitté le pays en 1944 pendant l’une des pires crises d’hyperinflation jamais connue (les prix furent multipliés par 10 000 entre 1941 et le printemps 1944, et quand les nazis sont partis, l’inflation mensuelle a atteint le taux ahurissant de 8,5 milliards de pour cents en octobre 1944).
La France pourrait se montrer réticente: d’une part, elle est l’alliée de la Grèce (Giscard d’Estaing était le principal soutien à l’entrée de la Grèce dans l’UE en 1981); mais, d’autre part, elle est le fournisseur principal (après les États-Unis) d’équipements militaires à la Grèce (en particulier d’avions). Cependant, étant donné que le président Sarkozy tient plus que tout à poursuivre sa politique en Méditerranée, il pourrait également plaider pour une initiative de paix dans la région. Par ailleurs, l’endiguement des problèmes financiers de la Grèce profiterait également à l’Italie et à l’Espagne.
Toutefois, c’est essentiellement sous l’impulsion des États-Unis qu’une issue déterminante pourrait être trouvée. Les États-Unis ont grand besoin des Turcs pour redéployer leurs capacités militaires depuis la mer Égée et Chypre (où ils ne servent pas aux États-Unis) jusqu’à leur frontière orientale (l’Iran) et méridionales (la Syrie et l’Irak), avec une vue rapprochée sur le sud (le Levant et le Moyen-Orient). Les États-Unis (et en particulier l’administration Obama) plaideront probablement pour une initiative de paix et le désarmement en mer Égée et à Chypre, et ils pourraient bien forcer la Grèce, la Turquie et Chypre à passer des accords de paix.
Comment instaurer la paix?
Les États-Unis (et l’OTAN) avec l’UE prendraient des mesures de confiance et accorderaient des garanties mutuelles de sécurité à la Grèce et à la Turquie; les mesures de désarmement seraient soutenues et contrôlées par l’UE et les États-Unis (et par l’OTAN), qui enverraient leur propres forces militaires pour mettre en œuvre les mesures de confiance (comme les casques bleus de l’ONU) en mer Égée. Ils devraient faire de même à Chypre, avec des pressions diplomatiques (si la Turquie décide de se retirer de Chypre, les Chypriotes turcs n’auront d’autre choix que de faire la paix avec les Chypriotes grecs) et une compensation financière. Les trois pays abandonneraient alors la conscription militaire pour faire des économies.
La pression politique sera nécessaire mais elle ne suffira pas. L’argent doit faire le reste, c’est-à-dire qu’il faudra offrir des compensations à ceux qui se retrouveraient perdants si un accord de paix était passé. Les familles chypriotes déplacées en 1974 quand l’île a été envahie pour l première fois par l’armée grecque puis turque devront recevoir une compensation; l’armée et les colons turcs encore présents au nord de Chypre devront recevoir des compensations en cas de retour en Anatolie. Finalement, les militaires grecs et turcs devront être rémunérés pour accepter de devenir des civils et abandonner leurs rêves de gloire militaire.
Qui va payer pour instaurer la paix en mer Égée et à Chypre? Ni la Grèce, ni la Turquie n’en ont les moyens; les États-Unis affirmeront qu’ils ont rempli leur mission diplomatique. Comme d’habitude, l’UE devra payer la note. Et ce serait une bonne affaire. D’abord, pour instaurer la paix. Ensuite, pour la santé budgétaire de la Grèce, il est largement préférable pour l’UE (et pour les grands pays de l’UE) de payer pour une paix durable, plutôt que de renflouer les caisses du gouvernement. De plus, ce financement ne violerait pas la clause de «non renflouement» du Traité de l’UE (article 125) et ne créerait pas de précédent regrettable.
Combien cela coûterait/rapporterait-il
Mes suppositions sont sommaires et arbitraires. Les PIB s’élèvent à (en 2011, source Eurostat): Chypre 19 milliards d’euros, Grèce 250 milliards d’euros, Turquie 510 milliards d’euros. Supposons que:
La Grèce diminue de manière durable ses dépenses militaires de 4, 3% à 1 % de son PIB, et la Turquie de 5,3 % à 3 % de son PIB. Cela équivaut, ceteris paribus, à réduire la dette publique grecque d’environ 35 points du PIB pour les 10 années à venir; et de 25 points pour la Turquie. Cela devrait suffire pour calmer les attentes concernant la stabilité de la dette grecque, si le gouvernement met effectivement en œuvre l’ensemble des mesures budgétaires qu’il vient d’annoncer.
L’UE compense les deux pays par une année d’économies militaires (c’est-à-dire 3,3 % du PIB pour la Grèce et 2,3 % du PIB pour la Turquie). Le versement à effectuer par l’UE serait de 8 milliards d’euros à la Grèce et 12 milliards d’euros à la Turquie.
L’UE fasse un versement exceptionnel de 10 % du PIB de Chypre pour diverses compensations (civiles et militaires) sur l’île; soit 2 milliards d’euros.
En tout, le coût de l’ensemble des mesures prises pour instaurer une paix durable serait de 22 milliards d’euros, soit 0,15 % du PIB annuel de l’UE, et 15 % du budget de l’UE (ce qui représente une demi-année du budget alloué aux Fonds Structurels de la Commission européenne, qu’une étude BRUEGEL a qualifié d’inefficace dans une perspective de croissance).
Avec la crise financière grecque, il est temps de mettre un terme définitif à la Guerre de Troie (qui déjà à l’époque avait coûté beaucoup aux deux parties). En ce qui concerne les autres Européens, nous devons nous rappeler qu’après avoir été enlevée par Zeus, la Princesse Europe a fui en Crète, et plus tard, après avoir été abandonnée par le Roi des Dieux, elle a épousé le roi de Crète. Hérodote prétend que ce furent les Grecs eux-mêmes qui ont enlevé Europe à Tyr pour l’emmener en Crête. Après sa mort, les Grecs ont honoré Europe comme une déesse. Sans les Grecs, l’Europe n’existerait pas, ne l’oublions pas. Europe ne devrait-elle pas rendre une nouvelle visite à la Grèce?
Jacques Delpla est membre du Conseil d’Analyse Économique du Premier Ministre français et expert permanent de l'European Ideas Network.
Commentaires
Le président permanent de l'Union européenne, le Belge Herman Van Rompuy a présenté jeudi 15 avril à Bruxelles son premier recueil de haïkus, "une forme de poésie légère" à la mode du Japon.
"Trois vagues déferlent /
abordant ensemble au port /
le trio est rentré", avait-il déclamé sous le regard intrigué de la presse internationale.
Le petit recueil sobre et élégant de 124 pages à couverture bleu ciel, édité par une maison d'édition flamande spécialisée en poésie, rassemble un quart des haïkus composés par M. Van Rompuy. Tous écrits en néerlandais - sa langue natale - ils sont traduits avec beaucoup de finesse en français, anglais, allemand et... latin, respectant autant que possible l'un des sévères codes du haïku : écrire trois vers de respectivement cinq, sept, cinq syllabes.
"Absent deux jours /
un monde qui a changé /
le verger en fleurs".
http://www.lesechos.fr/depeches/ins...
En exclusivité mondiale, voici cinq nouveaux haïkus que vient d’écrire Herman Van Rompuy :
« Dans notre bateau /
Dont le nom est : ZONE EURO /
Coulant sous les flots ».
« Elle n’est pas pérenne /
L’Union Européenne /
Après l’iceberg ».
« Le Titanic coule /
L’eau salée s’engouffre /
Et remplit les soutes ».
« Quand vient le naufrage /
Nous partons à la nage /
Chacun pour sa peau ».
« Le capitaine dit : /
Les femmes et enfants d’abord /
Bonne chance à tous ».
Plus les jours passent, plus la Grèce doit emprunter sur les marchés internationaux à des taux d'intérêt de plus en plus élevés.
Plus les jours passent, plus la Grèce se surendette.
- Emprunt à 3 mois :
En janvier 2010, la Grèce a lancé un emprunt à 3 mois. La Grèce a dû verser un taux d'intérêt de 1,67 %. Mardi 20 avril, la Grèce a dû verser un taux d'intérêt de 3,65 % !
- Emprunt à 6 mois :
En janvier 2010, la Grèce a lancé un emprunt à 6 mois. La Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 1,38 %. Mardi 13 avril, la Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 4,55 % !
- Emprunt à 12 mois :
En janvier 2010, la Grèce a lancé un emprunt à 12 mois. La Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 2,20 %. Mardi 13 avril, la Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 4,85 % !
- Emprunt à 10 ans :
Mardi 20 avril, le taux de l'obligation à 10 ans a battu tous les records : il est au-dessus de 7,8 % !
Lisez cet article :
http://www.romandie.com/ats/news/10...
Mercredi 21 avril 2010 :
A 18H00, le rendement des obligations grecques était à 8,086 %, contre 7,851% mardi soir. Il a atteint en séance 8,3 % alors qu'il évoluait autour de 6,3 % il y a à peine un mois.
Le différentiel ("spread") avec l'emprunt allemand à 10 ans, qui sert de référence sur le marché obligataire, s'élevait à 501 points de base en fin de journée contre près de 520 en séance. Il était à 476 points mardi soir.
Sur le reste du marché obligataire en Europe, les pays périphériques, dont le Portugal, ont souffert dans le sillage de la Grèce.
Les taux longs portugais ont grimpé à 4,711 %, contre 4,616 % mardi soir, faisant craindre une contagion de la problématique de dettes souveraines à d'autres pays de la zone euro.
http://www.romandie.com/infos/news/...
Lundi 12 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 6,637 %.
Mardi 13 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 6,815 %.
Mercredi 14 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 7,034 %.
Jeudi 15 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,123 %.
Vendredi 16 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,366 %.
Lundi 19 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 7,618 %.
Mardi 20 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,851 %.
Mercredi 21 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 8,086 %.
La Grèce fonce vers le défaut de paiement.
D’autres Etats européens la suivront.
Grèce : les taux longs à 8,3 %, le déficit public 2009 revu à la hausse.
Les taux des obligations d'Etat grecques à 10 ans repartaient fortement à la hausse jeudi matin, atteignant de nouveaux sommets, après l'annonce d'une révision à la hausse du déficit public de la Grèce par Eurostat.
A 11H20 (09H20 GMT), le rendement des obligations grecques atteignait 8,323 %, contre 8,086 % mercredi soir. Il évoluait autour de 6,3 % il y a à peine un mois.
Le différentiel ("spread") avec l'emprunt allemand à 10 ans, qui sert de référence sur le marché obligataire, s'élevait à 525 points de base, un niveau encore jamais vu depuis l'entrée du pays dans la zone euro en 2001.
Depuis trois séances, les taux grecs connaissent une flambée qui fait craindre pour la solvabilité du pays.
http://www.boursorama.com/internati...
Jeudi 22 avril 2010 :
Lundi 12 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 6,637 %.
Mardi 13 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 6,815 %.
Mercredi 14 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 7,034 %.
Jeudi 15 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,123 %.
Vendredi 16 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,366 %.
Lundi 19 avril : le taux de l'obligation grecque à 10 ans était de 7,618 %.
Mardi 20 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 7,851 %.
Mercredi 21 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 8,086 %.
Jeudi 22 avril : le taux de l’obligation grecque à 10 ans était de 8,780 %.
La situation de la Grèce est en train de dégénérer.
La Grèce fonce vers le défaut de paiement.
Lisez cet article :
Flambée des taux, déficit record : la Grèce se rapproche de la faillite.
http://www.lemonde.fr/economie/arti...
Ce qui est inquiétant, c’est qu’on ne connaît toujours pas le nombre de centaines de milliards d’euros qui seront nécessaires pour sauver la Grèce.
Ce qui est inquiétant, c’est la phrase prononcée par un dirigeant européen à propos de la dette publique grecque : « Avec la Grèce, les chiffres changent tout le temps. »
On ne peut rien planifier à partir du moment où tous les chiffres de la dette publique grecque ne sont pas connus.
Le seul économiste qui a tenté de faire ce calcul, c’est à ma connaissance Nicolas Barré, et lui-même a conclu que la dette publique grecque ne pouvait être chiffrée qu’AU MINIMUM :
« il faut savoir que la Grèce a besoin non pas de 30 milliards (le montant du plan européen) mais au minimum de dix fois plus : 150 milliards d’euros d’ici 2015 au titre du principal de sa dette actuelle, et 90 milliards au titre des intérêts. Ceci sans compter la dette supplémentaire qu’elle va devoir souscrire d’ici là du fait de ses déficits. Le soutien à la Grèce est un enjeu à plusieurs centaines de milliards d’euros. En a-t-on encore les moyens ? »
http://www.lesechos.fr/info/inter/0...
Si nous acceptons ce chiffre d’ AU MINIMUM 300 milliards d’euros d’ici 2015, la situation commence déjà à s’éclaircir. La Grèce aura besoin d’au minimum 300 milliards d’euros d’ici 2015 : nous pouvons maintenant planifier ce qui va se passer :
les Etats européens ne pourront pas sauver la Grèce du défaut de paiement.
Je n’ose même pas imaginer ce qui se passera ensuite pour la dette publique du Portugal, de l’Irlande, de l’Italie, de l’Espagne, du Royaume-Uni, de la France, etc.
Je propose donc aux dirigeants du G20 de tirer les conséquences de cette réalité :
les dettes publiques des Etats occidentaux ne pourront jamais être remboursées.
Je suggère donc aux dirigeants du G20 de choisir entre quatre possibilités :
1- L’inflation.
2- La guerre.
3- La privatisation de tout (sauf la Justice, la Police et l’Armée car il faudra réprimer les émeutes).
4- Le défaut de paiement de tous les Etats du G20, annoncé à la fin du prochain G20 : « A partir d’aujourd’hui, nous arrêtons de payer nos dettes. Nous remettons les compteurs à zéro. Merci encore. Au revoir. »
Mardi 27 avril 2010 :
Les taux grecs à 10 ans restaient très élevés mardi matin (9,5 %), malgré les promesses d'Athènes de réduire son déficit, et les rendements portugais se tendaient au-dessus de 5 %, signe d'une méfiance des marchés à l'égard de ce pays, confronté aussi à un déficit public abyssal.
Vers 11h00, les taux grecs restaient accrochés au niveau des 9,5 %, et ceux du Portugal s'inscrivaient à plus de 5 %, tandis que ceux de l'Irlande s'approchaient de ce niveau.
"Maintenant, on est même au-delà de l'activation ou non du plan d'aide international (toujours en discussion en Europe) pour la Grèce, car celui-ci ne résoudrait les problèmes que sur le court terme. Désormais, les marchés parient sur un accident majeur de crédit de la Grèce", explique René Defossez, stratégiste obligataire chez Natixis.
"Le niveau élevé des taux longs grecs, malgré les promesses d'Athènes pour réduire son déficit et le plan d'aide financier, signifie clairement que le marché anticipe soit un défaut de paiement ou une restructuration de la dette grecque, soit une sortie de la zone euro", a-t-il ajouté.
Le seul moyen, selon lui, de calmer les marchés serait de créer "un système de mutualisation des obligations européennes", sujet qui a déjà été évoqué au sein de l'Europe et qui serait l'unique moyen de montrer un font uni européen.
Le Portugal, pays également dans l'œil du cyclone par le niveau élevé de ses déficits publics, voyait ses taux longs augmenter dangereusement, illustrant la méfiance des investisseurs. Même situation pour l'Irlande.
Le "spread" (différence de rendement) entre le Bund allemand, considéré comme la référence sur le marché des taux, et celui des obligations portugaises et irlandaise a atteint environ 200 points de base, un niveau considéré comme pivot à partir duquel la spéculation démarre, indique-t-on sur les marchés.
La crise grecque a réellement commencé quand le spread a atteint 200 points de base avec le Bund. Cette différence signifie concrètement que pour compenser la méfiance des investisseurs les Portugais ou les Irlandais doivent offrir des taux d'intérêt de 2 points de pourcentage plus élevés que ceux de l'Allemagne.
Mais s'ils empruntent plus cher, ils augmentent leurs échéances de remboursement et auront d'autant plus de mal à réduire leur déficit. Un cercle vicieux dans lequel la Grèce est d'ores et déjà entraîné.
http://www.romandie.com/infos/news/...
Une des prochaines victime sera la France, on sera bientôt dans la situation islandaise, avec la plus grave crise depuis la création de la bourse en France et un CAC 40 au mieux divisé par 4 par rapport à sa valeur actuelle et le double de chomeurs. Cela pourrait venir après l'Espagne et le Portugal.
Mercredi 28 avril 2010 :
Grèce : taux d'intérêt de l'obligation à 10 ans : 10,89 %.
http://www.bloomberg.com/apps/quote...
Suite du message précédent :
Mercredi 28 avril 2010 :
Grèce : taux d'intérêt de l'obligation à 2 ans : 18,50 %.
http://www.bloomberg.com/apps/quote...
Mercredi 28 avril 2010 :
Voici une information très importante concernant le conseiller officieux d’Angela Merkel, Hans-Werner Sinn.
Hans-Werner Sinn est un économiste allemand, président de l’institut de recherche économique Ifo. Il vient de dire tout haut ce que tous les dirigeants européens n’osent pas dire à leurs opinions publiques :
la Grèce ne remboursera jamais les prêts que pourraient lui accorder les Etats européens.
Lisez cet article :
La Grèce ne remboursera jamais l’aide financière à l’Allemagne, estime le président de l'Ifo.
La Grèce ne remboursera jamais l’aide financière que l’Allemagne entend débloquer dans le cadre d’un mécanisme de soutien européen à Athènes, a prévenu mercredi un influent économiste allemand.
A la question de savoir s’il croyait au remboursement de l’aide financière à l’Allemagne, Hans-Werner Sinn, président de l’institut de recherche économique Ifo, l’un de ceux qui conseille le gouvernement, a répondu sur la radio MDR : « à dire vrai, non ».
http://www.lesechos.fr/info/inter/a...
Nous pouvons donc maintenant prévoir ce qui va se passer :
1- l’Allemagne ne prêtera pas un seul euro à la Grèce, car l'Allemagne sait que la Grèce est incapable de rembourser quoi que ce soit ;
2- l’Allemagne laissera la Grèce se déclarer en défaut de paiement ;
3- l’Allemagne préfèrera renflouer les banques allemandes ruinées par le défaut de paiement de la Grèce ;
4- la France la jouera de façon plus sournoise : elle commencera par prêter quelques centaines de millions en urgence, puis, quand la Grèce aura fait défaut, la France renflouera les banques françaises.
De cette façon, les dirigeants français pourront dire :
« Vous avez vu ? La France a prêté à la Grèce ! La France a fait preuve de solidarité ! La France n’a rien à se reprocher ! »
Est-ce que quelqu'un croit encore au soi-disant "plan d'aide" des Etats européens pour sauver la Grèce ?
Selon ce soi-disant "plan d'aide", les Etats européens devraient prêter à la Grèce 30 milliards d'euros à un taux de 5 %.
1- Premier problème : les Etats européens sont eux-mêmes surendettés.
2- Deuxième problème : les Etats européens savent que la Grèce ne pourra pas leur rembourser ces 30 milliards d'euros.
3- Troisième problème : les Etats européens devraient d'abord emprunter sur les marchés internationaux, puis ensuite re-prêter ces sommes à la Grèce.
Exemple : le Portugal.
Le jeudi 28 avril 2010, le taux d'intérêt des obligations du Portugal à 10 ans atteignait 5,809 %.
http://www.bloomberg.com/apps/cbuil...
Le Portugal va donc emprunter à un taux de 5,809 %, pour pouvoir ensuite prêter à la Grèce à un taux de 5 % !
En clair : le Portugal va se surendetter encore plus, et il va perdre de l'argent encore plus !
Ce soi-disant "plan d'aide" est complètement pipeau ; il ne sert qu'à essayer de rassurer les marchés internationaux.
Cette analyse est complètement erronée et irresponsable. La Grece, le Chypre et la Turquie a fait la guerre dans les années 1970s et le Chypre du Nord est toujours occupé illégalement par la Turquie qui n'est pas reconnu ni par l'ONU, ni par l'Europe. Une nouvelle guerre est toujours possible. Au contraire, la Grece doit augmenter sensiblement son budget militaire et aussi construire des usines de fabrication des matériels militaires performants pour faire l'exportation. Une thèse pour la 2ème guerre mondiale est que les créanciers soit les banquiers sont les juifs et les états sont débiteurs. Donc, si les états tuent les créanciers, ils n'ont plus besoins de rembourser. C'est peut être la vraie raison de la chambre à gaz. L'OTAN et la Défense de l'Europe sont illusoire si on voit la guerre entre la Russie et la Georgie, l'installation de la flotte russe à la mer noire.
A propos des prêts à la Grèce :
Le dispositif, sur trois ans, prévoit des prêts de la zone euro et du FMI atteignant jusqu'à 45 milliards d'euros la première année, dont 30 milliards pour les pays de la zone euro.
Sur trois ans, l'enveloppe pourrait atteindre 120 milliards d'euros au moins, selon des députés allemands.
http://www.leparisien.fr/flash-actu...
En clair :
- la première année, le FMI prêterait 15 milliards, les Etats membres de la zone euro prêteraient 30 milliards ;
- la deuxième année, le FMI prêterait 15 milliards, les Etats membres de la zone euro prêteraient 30 milliards ;
- la troisième année, le FMI prêterait 15 milliards, les Etats membres de la zone euro prêteraient 30 milliards.
Concrètement, quels Etats prêteraient combien ?
- 1- L'Allemagne devrait prêter à la Grèce 27,92 % du prêt total.
- 2- La France devrait prêter à la Grèce 20,97 % du prêt total.
- 3- L'Italie devrait prêter 18,42 % du prêt total.
- 4- L'Espagne devrait prêter 12,24 % du prêt total.
Conclusion :
les Etats européens sont eux-mêmes surendettés ; ils vont se surendetter encore plus, pour re-prêter ces sommes à la Grèce ; ils vont prêter à fonds perdus car la Grèce est incapable de rembourser quoi que ce soit ; ensuite, il faudra un plan d'aide pour le Portugal ; ensuite, il faudra un plan d'aide pour l'Espagne ; etc, etc.
Conclusion numéro 2 :
l'Union européenne, c'est génial : ça consiste à prêter des milliards que l'on n'a pas ... à des Etats qui ne nous rembourseront pas.
C'est pas grave de prêter des milliards que l'on a pas et qui ne seront pas remboursés car ceux qui vendent leurs armemenents à la Grèce et continuent de s'en mettent plein les poches le font avec le quotionnement de l'Europe donc leur objectif est atteint et si demain l'Europe s'effondre avec la monté des antisémitismes bien percus comme origine des manoeuvres en cours, tous ces profiteurs du système qu'ils ont mis en place ont les moyens de se mettrent vite à l'abris