La préoccupation principale des gens en France est l’emploi. Refusant de croire que les différentes politiques suivies depuis plus de cinquante ans, ont induit cet état de fait, ils se tournent vers les hommes politiques pour qu’ils créent des emplois. Ces derniers sont bien en peine de le faire, le chômage est leur enfant  ! Ils ne sont pas avares de promesses démagogiques où l’interventionnisme de l’État dans la gestion des entreprises le dispute à la contrainte réglementaire du code du travail, à l’accroissement des prélèvements obligatoires, à une augmentation de la dépense publique « pour l’emploi », à une fiscalité lourde, complexe et stérilisante. L’État détruit la liberté économique.

Comme dirait Coluche:

« Y a 3 millions de personnes qui veulent du travail. C'est pas vrai, de l'argent leur suffirait. (Le chômeur, 1986) ».

Avec ironie nous conviendrons qu’il a raison.

D’où la question : un emploi pour quoi faire ?

« L'homme ne peut vivre et jouir que par une assimilation, une appropriation perpétuelle, c'est-à-dire par une perpétuelle application de ses facultés sur les choses, ou par le travail. » (Frédéric Bastiat « La Loi »).

« C'est, en effet, cette faculté donnée aux hommes, et aux hommes seuls, entre toutes les créatures, de travailler les uns pour les autres; c'est cette transmission d'efforts, cet échange de services, avec toutes les combinaisons compliquées et infinies auxquelles il donne lieu à travers le temps et l'espace, c'est là précisément ce qui constitue la science économique. » (Frédéric Bastiat « Besoins, efforts, satisfactions »).

Aujourd’hui, les politiciens confondent travail, emploi et occupation. Pour eux, n’importe qu’elle occupation, qui emploie une personne, est un travail. Les trois termes sont interchangeables.

Vu sous cet angle, pour la collectivité, il n’y a pas de différence de fond entre un chômeur, et n’importe quelle personne rémunérée pour un service qui n’est pas le fruit d’un échange libre entre des personnes, mais qui est le fruit de l’arbitraire des hommes de l’État. D’où les faux emplois, utilisés comme traitement social du chômage, qui ne sont pas un travail, et qui fournissent à peine une occupation dans le but de toucher une indemnité. Cette indemnité est versée par l’État. C’est un tarif administré donc un faux prix, qui donne une fausse information, sur un faux service. Un faux service aboutit à un faux emploi, donc, comme disait Coluche, autant donner simplement l’argent.

Nous dirons alors qu’a été créé un nouveau métier sur fonds publics : consommateur professionnel. Cet emploi correspond au travail suivant : consommer. C’est très utile, puisque Keynes nous a expliqué que la consommation est source de développement économique. Par conséquent les dépenses de l’État doivent suppléer le défaut d’investissement des entreprises privées, soutenir la consommation, même au prix de la dette et du déficit. Ceci pour aboutir au plein emploi.

Keynes nous a également enseigné que l’offre ne crée pas sa propre demande. Ça tombe bien, ce travail de consommateur professionnel ne crée rien. En France, créer des richesses et s’enrichir par la même occasion, c’est mal. Les innovateurs, créateurs et entrepreneurs qui osent prendre des risques pour multiplier l’offre de services sont inutiles. De plus ils s’enrichissent indûment sur le dos des travailleurs sous payés, et des consommateurs à qui ils vendent des produits trop chers. Ils seront donc lourdement punis par des impôts de 46%, 75%, ou 100%. Le peuple choisira le taux du racket lors d’une élection démocratique où chaque candidat, pour se différencier, propose son taux. Quand ceux qui entreprennent seront sur la paille, ou renonceront, l’État nationalisera leur entreprise pour la sauver, fixera arbitrairement le juste salaire, le juste prix et créera des consommateurs professionnels.

Présenté comme ça, n’importe qui se dira que ce raisonnement ne tient pas. Il aura raison.

Le Travail rend

« assimilables, appropriables des substances qui ne l'étaient pas. ».

Le travail est fourni par une personne, qui est employée pour exécuter ce travail, et qui rend un service. Les hommes travaillent les uns pour les autres, ils échangent des services dans le but de satisfaire des besoins. Chacun se spécialise dans ce qu’il fait de mieux, pour rendre à son semblable le meilleur service, au meilleur coût. Par un miracle quotidien chaque individu, même le plus humble, trouve sa place. Seul l’échange libre détermine l’utilité du service rendu et sa valeur. La valeur se traduit par un prix, donc une information. Cette information est juste parce que le prix est libre. Les informations justes entraînent des choix judicieux sans gaspillages. Il n’existe qu’une seule structure capable de gérer instantanément, simultanément et de manière la plus efficace possible, les milliards d’informations, d’interactions et d’échanges libres qui jaillissent spontanément des relations entre des milliards d’hommes. Cette structure, naturelle et informelle, s’appelle « le marché ». Pour fonctionner correctement au profit de tous il faut la liberté économique. Il faut l’État régalien qui garantit les Droits individuels et assure le respect des contrats.

Un emploi ne peut donc résulter que d’un travail, qui rend un service, échangé librement, et utile à autrui parce qu’il satisfait un besoin. Si les politiciens veulent créer des emplois, ils doivent se retirer de l’économie et laisser faire la liberté économique.