Elections : de quel droit se permettent-ils... !
Par Patrick de Cazanove le mercredi 21 mars 2012, 11:45 - Article - Lien permanent
Les politiciens ne veulent pas voir les causes de la crise. Probablement parce que cela ne les intéresse pas, pour la simple raison qu’ils en sont responsables. Comme ils sont responsables des dettes et déficits publics.
Ils veulent faire croire aux gens qu’ils peuvent régler ces problèmes. Mais, prisonniers de leurs certitudes dirigistes, ils persistent dans leurs erreurs qui sont, de ne pas réduire la dépense publique mais d’augmenter les prélèvements obligatoires, de ne pas rendre la liberté économique mais d’accroître l’interventionnisme de l’État, de ne pas faire confiance à l’épargne mais de miser sur le crédit bon marché et la planche à billets.
Les pseudos propositions chocs se succèdent dans une course à la prédation. Les commentateurs discutent de la manière dont elle est perpétrée, de son niveau, de son affectation, de ses victimes, de ses bénéficiaires, de son efficacité, de ceux qui y échappent. Or c’est l’acte de prédation lui-même qu’il faut remette en cause.
Nul ne pose la seule question qui en vaille vraiment la peine : à quel titre, de quel droit, un individu se permet-il de voler ses semblables, d’intervenir dans leur vie privée ? À quel titre, de quel droit un politicien le fait-il ?
Normalement, personne ne peut légitimement porter atteinte aux biens d’autrui.
Si quelqu’un vient chez vous pour prendre, contre votre gré, une part importante de vos revenus, vous le mettez dehors. Même s’il vous dit que c’est pour la bonne cause. S’il revient avec un complice armé, vous appelez les gendarmes. Dans tous les cas, il commet un délit passible des tribunaux, et encourt des sanctions. Mais si cette même personne revient chez vous, accompagnée d’un gendarme ou d’un policier, elle vous contraint alors à payer. Cette fois, c’est vous qui êtes passible des tribunaux si vous ne vous exécutez pas.
Imaginez maintenant une réunion de quartier, où les adultes de plus de 18 ans décident à la majorité de mandater l’un d’entre eux pour aller s’emparer de tout ou partie des revenus d’un autre habitant. À leur profit, ou au profit d’un tiers décrit comme dans le besoin. Ce qui évite à chacun des votants de donner eux mêmes à ce tiers. Il y a de fortes chances que, là aussi, la police intervienne et que la justice s’en mêle. Supposons que toutes les réunions de quartier, donc tous les votes, aient lieu le même jour, avec des urnes, des assesseurs etc., pour élire des mandataires qui iront spolier autrui. Cela s’appelle une élection, le mandataire est le politicien, et c’est la dictature de la loi de la majorité. La police et la justice vous contraindront à vous y plier.
Dans les deux cas il y a une différence entre la première et la deuxième situation. Le but de la spoliation, que ce soit la noble cause ou le secours à un tiers, n’a pas changé. Ce qui a changé c’est que le spoliateur a "le Pouvoir". En France il a été élu. Le prélèvement, sous forme de taxe ou d’impôt, est devenu obligatoire de par la loi. La spoliation est devenue d’intérêt général. Elle est légalisée. Frédéric Bastiat a, dans « La Loi », fort bien écrit sur ce sujet.
Pour traiter différemment la spoliation illégale et la spoliation légale, il faudrait croire que les mêmes actes violent vos droits individuels s’ils sont effectués par un privé non élu, mais ne les violent plus s’ils sont accomplis par un privé élu.
Certains diront que l’État ne peut pas voler, puisqu’il prélève des sommes pour le bien de tous, tandis qu’un voleur le fait pour son bien propre. Par là même, des gens qui condamnent le vol illégal soutiennent le vol légal. Pour faire bonne mesure ils vous traiteront de mauvais citoyen si vous défendez vos biens! Ils ajouteront qu’il faut payer des impôts pour le bien commun. Mais ils ont bien du mal à définir précisément cet intérêt général.
L’intérêt général n’existe pas sans unanimité. Il émerge naturellement du marché, mais pas d’instances gouvernementales, fussent-elles élues.
Pour ce qui les concerne, on peut essayer de le cerner de manière pragmatique, en précisant les fonctions communes susceptibles de recueillir, à défaut d’unanimité, le consentement de la quasi-totalité des gens vivant ensemble. Le minimum est que ces fonctions ne fassent pas grief. Ce sont celles qu’ils ne peuvent accomplir, au mieux, eux-mêmes. Soient les fonctions de justice et de sécurité intérieure et extérieure. La Sécurité concerne les biens et les personnes, mais aussi la sécurité juridique, administrative et fiscale. La Justice rend à chacun son dû, dans le respect de tous les droits d’autrui. Il faut y ajouter un filet de sécurité « pour des circonstances extraordinaires, pour des cas urgents (…), secourir certaines infortunes, ménager certaines transitions ». L’État veille alors uniquement au respect des Droits individuels et des contrats.
Par conséquent, dans une société libre, un homme politique doit être élu dans un but précis et limité. Il doit recevoir un mandat, non pas flou avec des pouvoirs illimités, mais bien défini, avec des pouvoirs restreints. En aucun cas il ne peut porter atteinte aux droits naturels d’autrui qui sont la Liberté, la Propriété, la Personne. Il ne peut donc, légitimement, ni spolier quelqu’un au profit d’un autre, ni intervenir dans sa vie privée, en particulier dans l’économie.
Pour financer ces fonctions régaliennes, la moindre des choses serait que les politiciens demandent leur avis aux personnes à qui ils envisagent de faire payer une contribution, d’en préciser le but et les bénéficiaires. Personne ne peut faire payer un autre à sa place. Tout impôt, tout taux d’imposition, doit être voté et accepté par les individus qui le paieront. Et non pas voté par ceux qui en profiteront.
L’objection fréquente est que, dans ce cas là, personne ne voudra participer et que rien ne pourra se faire.
C’est oublier que, chaque jour, des millions de gens décident librement, au sein de secteurs importants, de dépenses groupées et paient leur quote-part. C’est le cas des copropriétaires qui votent les dépenses de copropriété immobilière. C’est le cas, en Suisse, où les habitants votent leurs impôts locaux et leurs affectations.
Par conséquent, si l’objectif de l’impôt est suffisamment « d’intérêt général », les gens le voteront. Parce qu’ils seront convaincus de son utilité, ils accepteront d’y contribuer volontairement. Cela obligera les politiciens à être très rigoureux dans la gestion des biens communs !
Or, le seul rôle du politicien aujourd’hui, en France est de gérer et d’organiser la spoliation légale. À quel titre le fait-il ? Un titre électif. De quel droit le fait-il ? Aucun !
Il est possible d’y remédier. En vertu de son titre électif il assure le fonctionnement de l’État régalien pour lequel il doit obtenir l’assentiment des individus à leur contribution. En vertu du droit « inviolable et sacré » de propriété, il doit respecter les droits individuels, et rendre la liberté économique au gens.
''Patrick de Casanove est Président du Cercle Bastiat.
Commentaires
Le principe de démocratie que vous dénoncez exige vertu et maturité pour régler une société. Malgré deux siècles d'agitation en tous sens, la République n'a ni l'une ni l'autre. Elle tombe du côté où elle penche, celui de la récompense immédiate de ses clients qui la protègent en retour, par la confiscation des autres, battus aux points !
Les démocraties latines sont des incongruités inadaptées à leurs peuples.
Nous allons nous en rendre compte dans la douleur d'une reprise en main drastique.
Depuis Bastiat aucun progrès n'a été enregistré.On aurait pu penser qu'avec le développement de l'éducation le Peuple serait plus compétent.on peut juste constater le contraire,l'endoctrinement commence à la maternelle.. quels sont les droits des enfants?
la plus grande manipulation mondiale se déroule sous nos yeux avec l'enseignement de la Religion verte
finalement le Pouvoir est obtenu par la force sous une dictature et par la manipulation dans une démocratie
Dans la Constitution de la République Française adoptée enAout 1789, il est bien précisé que "l'impot " est supprimé. Il est remplacé par une "contribution " qui par définition est volontaire. L'emploie de cette contribution est strictement controlé par les citoyens et éventuellement par leurs représentant.
Aucun gouvernement, jusqu'ici , n'a voulu respecté cette règle.
Aucun gouvernement, par conséquent, ne peut se prétendre Républicain.
Les gouvernements Socialistes , quant-à-eux sont résolument anti républicain puisqu'ils prônent comme principe de gouvernement, exactement le contraire;
ils considèrent que le gouvernement normal est celui de la tyranie et de la contrainte , tout à fait dignes en cela du grand Louis XIV.
"L’intérêt général n’existe pas sans unanimité. Il émerge naturellement du marché, mais pas d’instances gouvernementales, fussent-elles élues."
S'il faut l'unanimité, l'intérêt général ne peut pas exister dans une communauté dépassant quelques milliers d'individus (en étant généreux). Il s'ensuit logiquement qu'il ne peut pas émerger d’instances gouvernementales, fussent-elles élues. Mais je ne vois pas comment un marché peut traduire une unanimité car un marché ne regroupe que ceux qui s'y présentent et qu'il s'agit alors d'un groupe mouvant sans limite précise dans le temps ni l'espace. Que deviennent alors les opinions de ceux qui, pour de multiples raisons, a priori légitimes, ne s'y présentent pas ? Bien qu'attaché à la liberté individuelle et au droit de propriété, j'avoue être de plus en plus en plus sceptique sur l'aptitude des mécanismes de marché à régler, comme par magie, tous les problèmes d'allocation des ressources. Par ailleurs, je ne suis pas un fanatique de l'intervention publique et suis bien d'accord que, dans bien des cas, mieux vaudrait encore payer les fonctionnaires à ne rien faire plutôt qu'à intervenir constamment dans les affaires au nom d'un peuple plutôt mythique. Mais je crois que la bonne allocation des ressources se situe bien souvent quelque part entre le recours au marché et l'intervention publique. J'ai d'ailleurs lu, ici même, un article faisant état de recherches dans ce sens qui m'ont parues très intéressantes. Elles étaient centrées sur le recensement dans le temps et l'espace des solutions qui se sont révélées efficaces dans certaines circonstances. Si je ne fais pas erreur ces recherches étaient dues à une femme récemment récompensée par un prix Nobel. Dans le même sens j'ai lu dernièrement le livre d' Abihjit Banerjee et Esther Duflo "Penser la pauvreté". Ce livre expose des recherches basées sur l'évaluation, sur le terrain, de ce qui marche et de ce qui ne marche pas pour faire reculer la pauvreté. La leçon est que les solutions qui marchent ne sont orthodoxes au regard d'aucune théorie économique.
Vous raisonnez (comme beaucoup d'économistes) comme s'il existait plein de ressources non allouées et que le problème était des les "allouer". Ce problème fictif ne correspond à aucune réalité. Dans notre monde réel, toutes les ressources ou presque appartiennent à des individus précis (ou à des organisations) qui les allouent comme ils l'entendent. Le marché met en relation tous ces individus pour leur permettre de conclure une multitude de transactions bilatérales grâce auxquelles les ressources seront allouées à des utilisations plus efficaces qu'antérieurement à ces transactions (ce qui ne signifie pas "optimales", mot qui n'a pas de sens en économie). Pas question et pas besoin d'unanimité là-dedans.
PS: le prix Nobel dont parle Foidanimal est Elinor Ostrom.
@ gérard dréan
Je ne comprends pas votre objection.
Ce n'est pas moi qui parle d'unanimité mais Patrick de Casanove. D'autre part je ne vois pas pourquoi parler d'allocation des ressources oblige à supposer qu'il existe des ressources non allouées. Ceci dit, je maintiens ma critique en la croyance au marché comme automatisme assurant une allocation conforme à l'intérêt général, selon l'expression de l'auteur, qu'elle soit optimale ou non. Quant à l'efficacité qui s'accroit automatiquement je n'y crois pas non plus. Si c'était vrai il n'y aurait jamais de faillite. Tout au plus peut-on parler de tendance à l'accroissement.
Enfin, si je ne crois pas à l'omniscience des hommes de l'état qui leur permettrait de mieux savoir allouer lesdites ressources que tout un chacun, je ne crois pas non plus à l'omniscience des opérateurs de marché. Il y a beaucoup de frottements et de déperditions dans la machine économique et ce qui peut permettre de les diminuer n'est pas le mécanisme du marché mais bien les observations de terrain : Qu'est-ce qui marche ? Qu'est-ce qui ne marche pas ? Où sont les frottements ? Aucun marché ne permet de découvrir, ni où ils se nichent vraiment, ni comment les supprimer.
@Foidanimal
Donc je m’explique
D'abord mon commentaire ne s’adressait pas particulièrement à vous, mais aussi bien aux autres intervenants.
Vous évoquez une situation où les membres d’une certaine population décident ensemble, à travers une procédure de vote ou assimilée, d’une certaine « allocation » des ressources. Cette allocation est alors baptisée « l’intérêt général » et certaines personnes (le gouvernement) sont désignées pour l’imposer à tous, y compris ceux qui demandaient une allocation différente (par exemple les possesseurs actuels des ressources).
Dans une telle situation, l’unanimité serait une situation exceptionnelle, et donc cette procédure ne serait légitime que pour des ressources qui au départ n’appartiendraient à personne. L’alternative est que les exécutants de la prétendue « volonté générale » reçoivent le droit de confisquer préalablement les ressources à leurs détenteurs. C’est ce droit que conteste Patrick de Casanove, et avec lui tous les vrais libéraux. Autrement dit, allouer les ressources par une procédure de vote n’est légitime que pour des ressources non déjà allouées. C’est ce que je voulais dire en écrivant que parler d'allocation des ressources oblige à supposer qu'il existe des ressources non allouées.
Le marché est d’une toute autre nature. Ce n’est pas un acteur comme l’Etat ou les autres exécutants de la « volonté générale ». Ce n’est qu’un dispositif de communication qui permet à des gens de se rencontrer pour se livrer librement à des transactions bilatérales portant sur les ressources qu’ils détiennent. Or chacune de ces transactions accroit par définition la satisfaction de ceux qui y participent, sinon elle ne se ferait pas. Et donc (par composition) l’ensemble des transactions effectivement réalisées via le marché libre accroit la satisfaction de tous ceux qui y ont participé. C'est ce que dit par exemple Mises.
Moi non plus, je ne crois pas à l’omniscience des hommes de l’Etat, ni à celle des opérateurs de marché. Mais je crois que les opérateurs de marché, c'est-à-dire vous et moi, en savons plus long sur nos propres intérêts que les hommes de l’Etat. Je ne crois pas non plus au marché comme automatisme assurant une allocation conforme à l'intérêt général, d’abord parce que le marché n’est pas un automatisme, mais un outil de communication entre personnes, et que ce qui en sort, c'est le meilleur compromis possible entre les intérêts des uns et des autres. Je dis bien compromis et non optimum.
Comme disait Turgot : « L'intérêt particulier abandonné à lui-même produira toujours plus sûrement le bien général que les opérations du gouvernement, toujours fautives et nécessairement dirigées par une théorie vague et incertaine ». Il aurait pu ajouter "grâce notamment à la médiation du marché"
l' unanimité ? l'intérêt général?
moi très prosaïquement je crois que la démocratie c'est le pouvoir de 50%+1 et que cette majorité doit appliquer son programme pour le confronter à la réalité ,pas ,au lendemain de l'élection ,de le tempérer ou le modifier pour plaire à l'opposition
les marchés se trompent tout le temps et il y a toujours une contrepartie qui est flouée ,ils ne sont donc pas meilleur dans la gestion,
A postériori on peut dire j'ai pris une bonne ou une mauvaise décision
j'ai encaissé un gain ou j'ai perdu mon argent
il y a démocratie si les candidats respectent leur programme et acceptent les conséquences qui en découlent...
5 ans est trop court mais ça permet de voir si le pays va dans la bonne direction cad s'il y a plus d'emplois ,plus de richesses, et moins de dettes conduisant à moins d'impôts . Cette bonne direction cela s'appelle l'intérêt général
Remarquons que depuis 1974 nous n'allons pas dans la bonne direction
et que le personnel politique est toujours le même
l'intérêt de tous conduirait à ce qu'ils ne puissent plus se représenter pour cause d'incompétence....
et là je prends conscience que je parle pour rien dire
la dictature est le pouvoir par la force et la démocratie le pouvoir par la manipulation et l'abus
@ gérard dréan
"Chacune de ces transactions accroit par définition la satisfaction de ceux qui y participent, sinon elle ne se ferait pas."
La dessus je suis d'accord mais en fait l'opération ne s'arrête pas là. Chacune de ces transactions a, en général, des répercussions sur d'autres acteurs qui n'ont pas voix au chapitre. Et ce sont eux qui gagnent ou qui perdent. L'exemple type est celui des licenciements provoqués par une recherche de rentabilité qui, au delà d'un certain seuil, devient totalement déraisonnable et injustifiable. Toute la question est de déterminer le seuil. Mais comme le dit l'adage "nul ne peut se prévaloir de la turpitude d'autrui". La justification courante de ce genre de comportement est la suivante : "pourquoi ne pourrais-je pas exiger 15% de rentabilité ? Si je ne le fais pas un autre le fera à ma place". Raisonnement bien connu mais irrecevable devant un tribunal.
"Or, le seul rôle du politicien aujourd’hui, en France est de gérer et d’organiser la spoliation légale. À quel titre le fait-il ? Un titre électif. De quel droit le fait-il ? Aucun ! Il est possible d’y remédier."
Non, il ne sera pas possible d'y remédier. Les 1% qui gouvernent imposent la spoliation des ressources des autres 99%. Avec l'arrivée des ex-Goldman Sachs à la BCE et dans l'UE, le phénomène s'accélère. La BCE crée de plus en plus de dette pour "sauver" la Grèce, le Portugal ou l'Espagne, puis l'UE va se retourner contre les français et nous demander de payer. A cause du MES, nos politiciens diront "on n'y peut rien, on est obligé de vous voler"...Les gens ne voient pas ce que signifie la Dette des Etats. C'est une bombe qui va exploser d'ici 2 ans. Le discours libertarien n'a plus de sens quand les 1% qui gouvernent ont miné tout le système financier, des subprimes aux CDS pour créer une Dette inextinguible qui va nous tuer. Pour comprendre ce qui arrive : http://www.dailymotion.com/video/xo...
c'est sûr qu'avec Soral on serait nettement mieux...
Dans notre pays TOUT ce qui est prélevé est redistribué. Le PEUPLE n'est en aucun cas "spolié", l'Etat ne fait que prendre à certains pour distribuer à d'autres.
La seule question est : cette redristribution supposée légitime est elle bienfaisante? Efficace? Optimale?
@mécébiensur
Donc si je vous pique vos sous, vos meubles, vos vêtements ou votre voiture pour les "redistribuer" à quelqu'un d'autre, vous ne vous estimerez pas spolié ?
Et quelle différence ça fait que je les "redistribue" à quelqu'un d'autre (par exemple un de mes copains) ou que je me les "redistribue" à moi ?
Il y a spoliation dès que je vous prive du droit de disposer librement de ce qui vous appartient.
Sans l’unanimité il n’y a pas d’intérêt général. Tout au plus il y a un intérêt global ou majoritaire. Il ne faut pas croire que l’obtention de l’unanimité ne peut résulter que d’un vote. L’unanimité peut émerger spontanément d’un fonctionnement libre du marché. Le marché c’est tout le monde sans exception. L’unanimité ressort naturellement quand ces milliards d’individus échangent spontanément. C’est une vision erronée que de penser que dans un marché libre le bien de l’un n’est acquis qu’aux dépends d’un autre. Les hommes « socient parce qu’ils s’en trouvent bien ». C’est la coopération spontanée qui est innée à l’être humain. Tous les échanges libres sont harmoniques. L’échange est profitable pour les deux parties. Il est gagnant gagnant parce que chacun à l’impression de gagner plus avec l’échange que ce qu’il avait avant. Parce que le service qu’il en reçoit est supérieur à celui dont il bénéficiait avant l’échange. A partir du moment ou chaque échange est harmonique, et ou à chaque échange tout le monde gagne, L’ensemble des échanges est gagnant, aucun échange ne fait grief, personne ne perd. Il y a bien intérêt de tous, donc unanimité.
L’État par ses réglementations détruit cette harmonie. Les hommes de l’état n’échangent rien, ils prennent des richesses qu’ils n’ont pas créées, et les distribuent à qui ils veulent. C’est intrinsèquement destructeur. C’est le règne de l’arbitraire et non plus de la justice impersonnelle du marché.
La solution pour vaincre la pauvreté qui marche toujours, et sans aucune exception s’appelle la liberté économique. Il suffit d’ouvrir les yeux et de constater que les pays où règnent la liberté économique la plus grande sont les plus prospères, et sont ceux où la pauvreté est la plus faible. Ceux qui ne veulent pas regarder le monde en face peuvent simplement lire les Index of Economic Freedom publiés par Heritage Foudation.
Le marché essai des solutions, si elles ne marchent pas, la sanction est immédiate. Pour une entreprise c’est la faillite. Cela veut dire que ses produits ne rendent pas le meilleur service, au meilleur prix, aux consommateurs. Ce qui marche est naturellement retenu et la société humaine en bénéficie. Les déperditions sont ainsi minimes.
Les garde-fous naturels sont la responsabilité personnelle et la concurrence. Celui qui agit en assume les conséquences bonnes ou mauvaises. Cela incite à une gestion « en bon père de famille ». Grâce à la concurrence ouverte sur un marché libre, n’importe qui peut rencontrer quelqu’un qui fait mieux que lui, et qui anticipe mieux les besoins des consommateurs. Cela pousse chacun à s’améliorer sans cesse, sinon l’amélioration viendra d’un autre. Dans les deux cas tous en profitent. Grâce à ses deux mécanismes la régulation automatique du marché est bien plus efficace que tous les règlements étatiques.
La recherche du meilleur service au meilleur coût, ce que l’on peut appeler rentabilité, est gage d’une utilisation très adaptée des ressources. Juste celles qu’il faut pour une efficacité maximum, ce qui garantit un gaspillage minimum. Cette amélioration de la rentabilité permet de dégager des ressources qui seront disponibles pour des innovations. Par ressources il faut comprendre l’ensemble des possibilités humaines, financières, en matières premières etc. Grâce à cela les hommes progressent sans cesse. Les individus auront aussi d’avantage de moyens pour exercer leur libre choix sur ces innovations. Ainsi sans gaspillage et sans spoliation, il y a création de richesses, innovations et progrès de l’humanité.
Patrick de Casanove
A condition que tout le monde joue à la belote pas que d'autres jouent au poker ou à la bataille.. s'il faut que tout le monde soit d'accord cela prouve tout simplement que c'est impossible.....
one world ... que des hommes plein de bonne volonté se reconnaissant égaux acceptent la compétition ,la concurrence, le mot honnis de la Gauche... je te fais un bisou de bisounours...
L’unanimité peut émerger spontanément d’un fonctionnement libre du marché.
là nous ne sommes plus dans la réalité économique mais dans la discussion philosophique
Dès que plus de deux ou trois personnes sont en cause, l'unanimité est un cas tellement improbable qu'il vaut mieux raisonner à partir de l'hypothèse qu'elle ne se produira jamais.
Gérard Dréan plus haut (23 mars) a dit que le marché permet d'obtenir des "compromis" et pas des "optimums". C'est très intéressant. Pourrait-il développer un petit peu ? J'imagine qu'un optimum est le meilleur des compromis (si on sait ce que c'est qu'un compromis et si on dispose d'une échelle permettant d'ordonner les compromis). Des clarifications sont importantes parce que les ennemis du marché libre ont tendance à prêter aux partisans de celui-ci un idéalisme béat. Il faut dire aussi que, par ailleurs, beaucoup de partisans du libéralisme ont le chic pour défendre leur point de vue avec des arguments choisis en dépit du bon sens, notamment, de façon répétée :
(1) Utilisation complètement irréfléchie de la métaphore de la main invisible
Voir les corrections infatigables de Gavin Kennedy sur son site
http://adamsmithslostlegacy.com/
(2) Confusion entre recherche de son intérêt et égoïsme immoral (à grand renfort de Mandeville recyclé), comme si la recherche de mon intérêt ne pouvait pas être, selon les cas, immorale, moralement neutre, ou hautement morale, et comme si la recherche de mon intérêt était incompatible avec l'intérêt de l'autre !
@Curmudgeon
La différence fondamentale est entre le marché réel et la construction imaginaire que les économistes mainstream appellent marché. Que le marché réel ne puisse produire que des compromis et non un optimum me paraît évident, ne serait-ce que pour deux raisons: la réalité est entièrement faite de compromis, et il n'existe pas d'échelle objective (c'est-à dire unanimement acceptée) permettant d'ordonner les compromis. On retombe sur la question de l'unanimité.
Mais depuis Walras, les économistes raisonnent sur un modèle mathématique du "marché" pour lequel ils peuvent définir un optimum, ou plutôt des optimums selon le critère de classement choisi. Mais cet optimum est lié à une formulation mathématique particulière et sa pertinence vis-à-vis de la réalité dépend du réalisme des hypothèses retenues pour formuler ce modèle. En l'occurrence, cette pertinence est à peu près nulle.
Défendre le marché libre en disant qu'il conduit à l'optimum n'a donc en effet aucun sens. Aucun économiste, libéral ou non, n'utilise le concept d'optimum avant Walras, et les autrichiens ne l'utilisent toujours pas. A l'opposé, il est tout aussi faux de dire comme beaucoup d'économistes orthodoxes "puisque le libre marché ne conduit pas à l'optimum, il faut imposer cet optimum" (version stalino-polpotienne) ou "il faut structurer le marché de façon qu'il y conduise" (version socialisto-dirigiste).
Sur vos deux derniers paragraphes, bien d'accord.
Grand merci à Gérard Dréan pour sa réponse très claire. Ma formulation montre que j'étais retombé dans l'ornière habituelle en oubliant que, dans ce domaine, la recherche d'une échelle objective pour ordonner des compromis est une entreprise vaine. J'aurais dû avoir dans la tête une sonnerie stridente retentissant au mot "échelle", pour me rappeler que les échelles sont subjectives. J'espère que ça me servira de leçon. Sans en être sûr...
Dans le cas qui nous concerne l’unanimité ne signifie pas que tous les hommes soient d’accords sur un objet unique. Il s’agit que les multiples échanges, au service des buts particuliers et différents, des milliards d’individus qui peuplent la terre, concourent à un fonctionnement unanimement harmonieux de la société. Chacun y trouve un avantage et personne ne porte tort à autrui. Cela ce conçoit évidemment uniquement dans le cas d’échanges légitimes, qui seuls sont harmoniques. C'est-à-dire hors délit. Un délit est une atteinte aux Droits naturels des individus qui sont, la Liberté, la Propriété, la Personne. Cela est possible dans une société économiquement libre où l’État est limité à ses fonctions régaliennes et se contente de garantir les Droits individuels.
Il faut accepter le fait qu’une société de confiance est possible. Cela implique de sortir du schéma inepte : « tous des incapables sauf moi » qui traduit un mépris sans borne pour ses semblables et un orgueil démesuré. Mépris et orgueil très fréquents chez les politiciens dirigistes. A partir de là, ils se donnent le droit d’intervenir dans la vie privée des gens et dans l’économie, avec la complicité de leurs affidés et des « idiots utiles » comme aurait dit Lénine.
Quant à la concurrence, elle existe depuis aussi longtemps que la vie existe, elle existe dans une infinité de situation, que l’on y croit ou non, qu’on le veuille ou non. Même dans un pays totalitaire qui réduit l’économie de marché à néant, il existe une concurrence pour le pouvoir. Ce qui est nécessaire, et ce à quoi nous faisons référence, c’est la libre concurrence. Dans ce cas elle est libre choix et la caractéristique d’une société libre, en particulier économiquement libre. La concurrence parfaite n’existe pas, mais ce qui est nécessaire c’est le libre accès au marché. Elle est un puissant régulateur et facteur de progrès pour tous. L’autre est la responsabilité personnelle. Elles sont redoutablement efficaces, chacun subit les conséquences de ses actes, les bonnes et les mauvaises parce que nul ne peut y échapper dans une société libre. Il suffit de voir avec quel empressement les lobbies s’emploient à faire pression sur l’État pour les détruire dans une société qui ne l’est pas. Cela va du « too big to fail » des banques, qui détruit la responsabilité personnelle, au « protectionnisme intelligent » qui détruit la concurrence. En passant par une pléthore de règlements qui faussent le fonctionnement du marché.
Il n’y a pas de barrière étanche entre l’économie et la philosophie. La vie en société est la revanche des philosophes sur les scientifiques, qui triomphent dans l’éducation nationale d’État. Les plus grandes catastrophes du XXème siècle et probablement de l’histoire de l’humanité sont dues à l’application, par la contrainte, des idées des philosophes adeptes des constructions artificielles et de "l’homme incapable".
Le véritable courage consiste à les combattre et non pas à se joindre à eux contre la Liberté individuelle. La morale libérale est une morale altruiste et le libéral s’interdit d’obtenir quoi que ce soit par la violence et la coercition, écrit Jacques de Guenin dans « Logique du libéralisme ». Mais il ne faut pas oublier que, comme Frédéric Bastiat l’écrit dans « La loi » : « chaque homme a le droit de défendre, même par la force, sa Personne, sa Liberté, sa Propriété ». Autant éviter d’en arriver là.
après "éducation nationale d'état" manque "où la sélection, à la fin du cursus scolaire, est faite sur les mathématiques et la physique"