Le GIEC est, sinon démasqué, du moins plus que jamais suspect d’être une officine de désinformation. Je pèse bien la gravité de l’accusation que je porte. Je l’assume. Ses multiples défaillances mises en lumière au cours des dernières années ne peuvent plus être taxées simplement d’erreurs ou d’insuffisance. La volonté de tromper devient évidence. Cet article va le démontrer.

Je vais d’abord montrer que le « Climategate » ne constitue que la manifestation la plus spectaculaire parmi tout un ensemble d’erreurs et de fraudes perpétrées depuis la création du GIEC en 1988, et révélées par les sceptiques. Il ne faudra pas en déduire toutefois que les 2500 personnes qui travaillent au sein du GIEC sont complices. La plupart d’entre eux n’ont pas trempé dans les machinations que je dénonce. D’abord, ils ne sont que 600 scientifiques environ, et quelques 300 économistes ou membres d’ONG à apporter la matière aux rapports du Groupe d’Expert. Les autres ne sont que des fonctionnaires, des administratifs qui font marcher la machine GIEC. Parmi les 900 experts, le plus grand nombre ne fait qu’apporter une contribution dans un domaine très délimité d’analyse, et leur production, d’ailleurs, s’accompagne souvent de réserves, d’expression de doutes sur les travaux dont ils font la synthèse, réserves et doutes éliminés lors de la rédaction des fameux « résumés pour les décideurs politiques », les seuls qui soient largement diffusés et commentés par les médias et sont transmis aux gouvernants des différents pays membres. Que savent ces scientifiques et ces économistes des pratiques déviantes perpétrées par l’organisation ? Probablement beaucoup et peu de choses. Peut-on leur reprocher une certaine complaisance ? Ils sont peu nombreux, ceux qui ont claqué la porte du Groupe d’Expert, tels Richard Lindzen, révolté par les trucages et les mensonges dont il avait connaissance.

Dans une seconde partie, j’inviterai le lecteur à s’interroger sur le comportement des médias traditionnels, - presse écrite, radio, télévision -, et plus particulièrement celui des médias français, dont on se demandera si le peu d’importance accordée à l’événement du Climategate et la présentation souvent biaisée des faits ne provient que d’insuffisances dans l’accomplissement de leur mission d’information. J’analyserai également l’étonnante explosion d’information diffusée par le web, et à la faveur exceptionnelle dont cette information a bénéficié de la part de ceux qui, d’habitude, font confiance aux journaux, à la radio, à la télévision. J’ai, moi-même, été submergé de messages venant de mes amis informateurs, une centaine de messages par jour, chacun avec un ou plusieurs liens vers des articles « à lire à tous prix ». En pleine période de lancement de mon livre et de ma maison d’édition, il ne m’était pas possible de lire, et encore moins d’analyser cette abondance de nouvelles. Je n’ai fait que photographier de l’œil les textes, et ne prendre connaissance que de ceux qui, à l’évidence, apportaient des éléments nouveaux et essentiels. Le reste est stocké pour un examen qui durera probablement plusieurs mois. Mais il existe des milliers d’internautes passionnés et qualifiés qui ont pris le temps de lire le maximum, rapprocher les informations, faire de brillantes synthèses. J’en cite quelques uns, sans être exhaustif, bien sur. Objectif Liberté est de ceux là, ainsi que Skyfal, Pensée Unique, le blog du tchèque Lubos Motl, celui de Benny Peiser, le nouveau directeur de la fondation créée par Lord Nigel Lawson, « Global Warming Policies Foundation » , la lettre hebdomadaire du NIPCC de Fred Singer, réservée aux seuls abonnés, et bien d’autres encore.

En conclusion enfin, je rapprocherai l’évènement du Climategate et celui qui accapare en ce moment nos médias, heureux de pouvoir enfin encenser les travaux de ces pontifes qui, impavides, continuent à Copenhague à pérorer sur les catastrophes climatiques du futur et à échafauder leurs politiques déconnectées du réel.

LE GIEC EN ACCUSATION

Climategate : qui sont les coupables ?

L e seul étonnement que j’ai éprouvé en apprenant la nouvelle de la diffusion des fichiers confidentiels du Climate Research Unit britannique, ce fut la manière dont cette information a été extorquée : un acte de piraterie pure et simple, un vol de courriels et de documents. Car le fond du dossier ne faisait que confirmer les doutes que j’avais sur l’honnêteté de certains travaux traités par le GIEC et sur les pratiques des scientifiques auteurs des nombreux messages échangés. Ces doutes, j’en ai fait partager beaucoup aux lecteurs de « la Servitude Climatique », mais j’en ai tu certains, pour lesquels je n’avais que des présomptions mal étayées.

Que nous révèlent les courriels publiés ? Qu’un certain nombre de scientifiques, parmi les plus importants contributeurs du GIEC, s’entendent pour corrompre le processus de relecture des travaux scientifiques en vue de leur publication, des fraudes et des manipulations des données sur lesquelles sont fondées d’importants travaux scientifiques, la dissimulation de données essentielles, des biais de l’information destinée aux médias et au public, des manœuvres destinées à dénigrer ou à salir des scientifiques climato-sceptiques… A cela s’ajoute un tableau financier qui révèle les gains plus que confortables que l’affaire du changement climatique rapporte à tout ce petit monde.

Mais avant de développer, interrogeons nous sur le fait qui a permis la révélation de tout cela. Entrer par effraction dans une base de données et en dérober le contenu est un acte illégal, sans doute possible, sauf si le « prélèvement » a été opéré par quelqu’un disposant légitimement des codes d’accès et de l’utilisation du fichier, ce qui constitue une hypothèse parmi d’autres. Une enquête policière est menée rondement par Scotland Yard pour tenter de découvrir le ou les coupables. C’est la seule investigation, d’ailleurs, car la justice britannique n’a, pour le moment, décidé d’aucune action visant les faits révélés par la publication des fichiers. C’est regrettable.

Doit-on condamner moralement les auteurs du forfait ? Ceux-ci ont titré avec humour leur publication « FOIA ». Ces quatre lettres sont l’abréviation de « Freedom on Information Act», nom de la loi qui oblige les administrations à répondre favorablement à toute requête de communication de pièces des dossiers en leur possession. C’est là une allégation à un précédent scandale ayant impliqué Phil Jones , le directeur du CRU. Depuis longtemps, les sceptiques dénoncent le manque d’homogénéité des températures utilisées pour établir les statistiques du GIEC. Les mesures des stations météorologiques ne sont pas comparables : Certaines sont effectuées dans des villes, où l’effet « îlot de chaleur urbaine » augmente artificiellement les températures. On ne peut comparer les méthodes de mesure du début du XXème siècle à celles d’aujourd’hui. En un siècle, nombre de stations ont disparu, d’autres se sont créées… Il existe trois grands réseaux de recueil et traitement des mesures de ces stations : le Hadley Center britannique qui alimente le CRU de Phil Jones, le Goddard Institute for Space Studies (GISS) qui dépend de la NASA, et le NCDC (National Climatic Data Center) qui dépend de la NOAA américaine.

Le Hadley Center est un centre de recherche appartenant au prestigieux Met Office, l’office météorologique du royaume Uni. Le CRU fait partie de la vénérable Université d’East Anglia. Le Climategate est susceptible de ternir considérablement l’image de ces deux institutions.

Revenons aux températures collectées par le Hadley Center et traitées par le CRU. Ces deux centres affirment que les disparités affectant les méthodes de mesure sont corrigées dans les règles de l’art pour les rendre homogènes, ce qui permet d’affirmer que la température moyenne du globe s’est accrue de 0,6 à 0,8° C au cours du XXème siècle. Fort bien, ont répondu au CRU certains scientifiques. Alors communiquez-nous les données communiquées par les stations, avant toute correction. Le Docteur Phil Jones a toujours refusé de le faire. Plus pugnace que les autres, Steve McIntyre a réclamé, par voie de justice, la communication de ces données, et a obtenu satisfaction du tribunal, l’été dernier, sur le fondement du Freedom On Information Act (ou plutôt l’équivalent britannique de cette loi américaine). La réponse de Phil Jones fut stupéfiante : ces données ont été « détruites ou perdues ». J’ai commenté cet épisode, dans mon livre et dans de précédents articles. Je n’y reviendrai pas. Mais la lecture d’échanges de différents courriels entre Phil Jones et plusieurs de ses partenaires de recherche éclaire d’un jour nouveau cet épisode. Le ton des messages montre un certain affolement chez les scientifiques en cause, à l’énoncé du verdict favorable à McIntyre. L’un de ces courriels est particulièrement révélateur. Je cite un courriel de Phil Jones à Michael Mann tel qu’il apparait dans la base publiée:

At 09 :41 AM 2/2/2005, Phil Jones wrote

Mike,'I presume congratulations are in order - so congrats etc ! Just sent loads of station data to Scott. Make sure he documents everything better this time ! And don't leave stuff lying around on ftp sites - you never know who is trawling them. The two MMs have been after the CRU station data for years. If they ever hear there is a Freedom of Information Act now in the UK, I think I'll delete the file rather than send to anyone. Does your similar act in the US force you to respond to enquiries within 20 days? - our does ! The UK works on precedents, so the first request will test it.

Un site Internet a répertorié tous les documents de la base de données du CRU. Ce message y figure sous la référence 1107454306 . Il faut féliciter celui ou ceux qui ont fait ce travail de compilation et d’indexaion) Le site Skyfal rend compte ainsi de ce message:

Jones dit à Mann qu'il lui envoie les données des stations. Dit que si McIntyre les demande sous FoIA, il les supprimera plutôt que de les remettre. Dit qu'il va se cacher derrière les lois de protection des données. Dit que Rutherford a gaspillé énormément de temps en créant un répertoire FTP pour Osborn. Dit que Wigley s'inquiète d'avoir à rendre public le code de ses modèles. Discutent également de la version préliminaire de l'AR4 (rapport GIEC 2007). Mann dit que le chapitre paléoclimatiques sera controversé mais que les auteurs de ce chapitre ont les personnalités adéquates pour faire face aux sceptiques.

Phil Jones a-t-il mis sa menace à exécution, ou bien a-t-il déménagé et caché les données ? Peu importe. Il est curieux que la justice se contente de sa seule réponse, et que l’administration britannique n’ait pas réagi, en son temps, contre la faute professionnelle qui consiste à perdre ou détruire des données.

Tout cela serait inconnu sans le larcin commis par les pirates. Mais que faire, lorsque règne la censure et la désinformation entretenues par le pouvoir politique ? Rester dans la légalité, c’est faire le jeu des tricheurs. Nombre d’écologistes, et certains journalistes, dont le français Stéphane Foucart qui publie dans le Monde, ont choisi de stigmatiser les pirates et de dédouaner Phil Jones. Je respecte leur interprétation des faits, mais ne la partage pas. Je considère les pirates comme des rebelles, pas comme des délinquants. Il est curieux de constater que ceux qui portent un jugement sévère contre les « visiteurs » des fichiers du CRU sont souvent aussi ceux qui justifient les fauches de maïs transgéniques perpétrées par José Bové, au nom de la désobéissance civile. Je pense que l’acte commis contre les bases de données du CRU n’est que l’expression d’une résistance à l’oppression légitimée par la complaisance dont bénéficient Phil Jones et ses acolytes de la part de l’autorité britannique. De tels comportements « hors la loi » pourraient se multiplier bientôt devant le comportement des autorités des pays occidentaux sur le dossier climatique.

Les pirates ont publié les données telles qu’ils les ont recueillies, sans en modifier aucune. Les auteurs et destinataires des mails ont reconnu leur authenticité. Ils font seulement valoir que ces courriels sont « sortis de leur contexte ». Il faudrait alors que Phil Jones explique, par exemple, quel était le contexte dans lequel il écrivait qu’il détruirait les données de température plutôt que de les communiquer, et sa déclaration officielle ultérieure que les données avaient été perdues ou détruites.

Petites magouilles entre bons amis.

Je n’allongerai pas plus la liste des messages qui nous édifient sur les différentes déviances de leurs rédacteurs ou destinataires. Le lecteur la trouvera par exemple dans les publications de Skyfal du 22 novembre ou du 25 novembre .

Qui sont ces protagonistes, mis à part Phil Jones ?

Michael Mann est le célèbre créateur de la courbe en crosse de hockey, popularisée par le rapport du GIEC de 2001, et surtout par le film d’Al Gore, « an Inconvenient Truth », qui fait disparaître les températures élevées du Moyen Age (« l’Optimum médiéval ») et montre une ascension vertigineuse des températures au XXème siècle. McIntyre et Ross McKitrick ont démontré que cette courbe était truquée, ce qu’a confirmé une commission d’enquête américaine (Rapport Wegman. Voir « la Servitude Climatique », chapitre II).

Keith Briffa , a tenté de refaire une courbe semblable à celle de Mann en réalisant une étude de dendrochronologie sur des arbres coupés dans la péninsule de Yamal, en Sibérie. Malheureusement pour lui, il a été démontré qu’il n’avait retenu qu’une dizaine d’échantillons, parmi plusieurs centaines disponibles, afin de pouvoir réaliser « SA » crosse de hockey. Le GIEC a renoncé à reproduire son graphique dans ses documents de 2009.

Citons encore Tom Wigley, supérieur hiérarchique de Phil Jones à l’Université d’East Anglia, dont les mails révèlent qu’il fait pression pour interdire la publication d’articles de scientifiques sceptiques, qu’il cherche à fausser les températures des océans pour renforcer artificiellement la hausse des courbes de température, qu’il explique à ses partenaires comment contourner la loi Freedom On Information, affirme que l’article du Professeur Lindzen et de Choi, dans lequel la non pertinence des modèles cliamtiques est prouvée est « de la connerie ».

Kevin Trenberth, Grant Foster, Santer (contributeur prolifique du GIEC en études toujours dans la norme !), Steve Schneider (celui qui justifie la désinformation scientifique par la recherche du bien de l’humanité), Rob Wilson et quelques autres complètent ce petit cénacle de néo-climatologues qui opèrent au sein du Groupe I du GIEC (le groupe scientifique), et qui utilisent des méthodes bien bizarres pour conduire leurs travaux de recherche.

L’argent, toujours l’argent !

Un autre document révélateur est constitué par un tableau Excel montrant les gratifications reçues par Phil Jones entre 1990 et 2006. Une petite partie des versements est partagée avec Michael Mann et quelques autres partenaires. Le total s’élève à la somme rondelette de £27 437 094,00 ! Phil Jones est un fonctionnaire heureux ! Le document ne dit pas si la somme est partagée avec l’Université d’East Anglia (il est intitulé PhJ_Grant, ce qui incite à penser que les fonds ont été versés à Jones lui-même), et, si c’est le cas, quelle part revient au directeur du CRU ? Les gratifications proviennent essentiellement d’administrations et d’organisations internationales : Department of Energy américain, Department of Environment, Union Européenne, OTAN, etc. *

Est-il besoin de poursuivre. Je pourrais écrire un livre en me servant de la documentation accumulée. Que les lecteurs passionnés par l’affaire aillent sur Internet et tapent « climategate » dans la barre Google : ils y trouveront un choix illimité d’articles.

Ce qui m’interpelle, c’est la passivité des gouvernants face à l’événement. Phil Jones et le CRU sont pris la main dans le sac, et tout ce qui est entrepris, c’est une enquête interne décidée par l’Université d’East Anglia. Aux USA, on n’observe aucune réaction de l’autorité fédérale. Le CRU est-il le seul à avoir commis des fautes ? L’affaire ne mériterait-elle pas qu’on procède à un contrôle au sein des deux autres centres traitant des données de stations de mesure, le GISS et le NCDC. Dans le chapitre 2 de la Servitude climatique, j’expose toutes les réserves à faire sur la fiabilité des stations de mesures américaines. Là, c’est le GISS qui procède aux ajustements. Et le GISS, lui aussi, ne communique pas les données source. Il y a fort à dire également des mesures maritimes, domaine du NCDC. Et puis, ces Jones, Mann, Briffa, Wigley, Santer, Trenberth, Schneider, etc, se comportent-ils dans le groupe I du GIEC de la même façon que dans leurs laboratoires ? Depuis 20 ans, les Etats occidentaux versent des milliards de dollars à la recherche sur le changement climatique d’origine anthropique, sans jamais rien contrôler ! Ce qui est vrai des centres de traitement de mesure l’est aussi des modèles climatiques, seuls outils utilisés pour faire les prévisions à long terme. Dans le chapitre 7 de mon livre, je réclame un audit des différents centres qui créent et mettent en œuvre des modèles de circulation générale, et un audit des méthodes de travail du GIEC. Pas plus aujourd’hui qu’hier, cette question n’est à l’ordre du jour des gouvernants. Il faut que les contribuables sachent cela !

LE CLIMATEGATE ET LES MEDIAS

Médias traditionnels contre Internet !

Si l’on considère la place énorme prise par le changement climatique dans les politiques des Etats et son importance pour l’avenir de l’humanité, le « Climategate » constitue une énorme affaire, que les médias ne peuvent traiter à la légère, ni ignorer. Dès l’annonce du piratage, et de la diffusion des fichiers, le 17 novembre, les blogueurs et les sites d’information de l’Internet se ruèrent pour être parmi les premiers à s’emparer du scoop. Très vite, la totalité du fichier (61 mégabytes !) put être téléchargée par n’importe quel internaute, et ils furent des dizaines, puis des centaines à lire et analyser cette masse énorme d’information, de nuit et de jour, afin de rendre compte le plus rapidement possible du contenu du dossier et à en rendre compte sur leurs blogs. J’étais sur le web, la nuit du 19 au 20 novembre, un des sites où l’on pouvait consulter la base de donnée du CRU, ou le télécharger, et je voyais s’afficher, en bas et à droite de l’écran des bulles informant que, par exemple, « Lubos Motl is online ». Il était alors deux heures du matin ! Et les messages se succédaient, où apparaissaient des noms qui appartiennent à mes amis, ou qui me sont familiers. Ils passaient leurs jours et leurs nuits, ces blogueurs bénévoles, à travailler à informer le public ! Et beaucoup d’entre eux le font avec compétence, maitrisent parfaitement le dossier. Dans cette bataille de l’information, Internet a sans contestation possible gagné la première manche !

Car les médias traditionnels, la presse écrite, la radio, la télévision, ont marqué un temps d’hésitation avant de s’emparer du sujet. Deux jours après l’événement, des quotidiens anglophones rendaient compte. Certains fustigeaient les pirates et défendaient le CRU et Phil Jones, mais d’autres tiraient des conclusions sévères sur les rédacteurs des courriels. Parmi ces derniers, figuraient des titres prestigieux : le Wall Street Journal, le Times, le Guardian par exemple. La BBC diffusait à son tour l’information.

La France, friche médiatique !

En France, rien ! Dans les trois ou quatre premiers jours, aucun quotidien, aucune chaîne de télévision de diffusait la nouvelle. Prudence de journaliste devant une information qu’il convenait de vérifier ? Mais alors, pourquoi avoir des quotidiens, s’ils nous servent de la soupe froide ? Il a fallu cinq à six jours pour que nos quotidiens ne réagissent. Le Monde (Stéphane Foucart, déjà cité !), le Figaro publièrent alors des articles, en page intérieure, dans lesquels les pirates étaient présentés comme des malfaiteurs et le CRU comme la victime. Libération continuait à se taire. Stéphane Foucart, le Monde, analysait ainsi l’affaire  :

Qu'en est -il ? En réalité, au plan scientifique, seule une phrase pourrait accréditer une manipulation de données. Dans un message, Phil Jones, le directeur du CRU, dit ainsi avoir utilisé une "astuce" (trick, en anglais) pour "masquer le déclin" de températures. Dans un communiqué, M. Jones a reconnu avoir employé ces termes, précisant que le mot "astuce", utilisé dans un "contexte familier" signifiait "quelque chose d'intelligent à faire". Il n'y avait en outre nulle manipulation puisqu'il s'agissait de corriger une divergence bien documentée entre mesures de température et épaisseur des cernes d'arbres...

Puis il déclare sentencieusement :

Comment des pirates se sont-ils introduits dans les serveurs de l'université ? Pourquoi l'avoir fait à deux semaines de Copenhague ? Comment de simples hackers ont-ils épluché des centaines de milliers de courriels, couvrant plus d'une décennie, pour n'en sélectionner qu'un millier, les plus percutants sans doute? Seule certitude, ceux qui se sont livrés en quelques jours à cet énorme exercice d'édition connaissent le moindre des méandres de la littérature climatologique. Et il y a peu de risques à affirmer que les commanditaires de ce piratage, d'une violence inouïe pour les personnes visées, ont beaucoup à perdre à Copenhague.

A n’en pas douter, d’après le journaliste, c’est un complot. Excusez-moi, Monsieur Foucart, vous êtes un scientifique converti au journalisme. J’ai apprécié certains de vos écrits lorsque vous ne vous préoccupiez que de science. Vos inférences ne sont pas crédibles. Retournez à la science, et laissez à d’autres le métier de journaliste ! Mais la conclusion de votre article est proprement stupéfiante :

Mais tout cela ne remet rien en cause, loin s'en faut, de la science climatique. Celle-ci repose sur les travaux de milliers de chercheurs et, surtout, ne date pas du GIEC. En 1896, le chimiste Svante Arrhenius (Prix Nobel en 1903) évaluait qu'un doublement du CO2 ferait s'élever la température moyenne terrestre de 4 oC à 5 oC environ. Aujourd'hui, les modèles les plus élaborés ramènent cette évaluation entre 1,5 oC et 4,5 oC. Ce diable d'Arrhenius était sans doute, lui aussi, du grand complot... 

Il vous faut donc remonter à Arrhenius, 1896, dont les écrits sur le CO2 ont été réfutés de façon magistrale par Woods treize ans plus tard, et qui fut oublié jusque dans les années 1970, quand on s’avisa de reprendre ses thèses pour justifier l’anathème lancé contre le dioxyde de carbone ! « Rien n’est remis en cause… » !

Que Foucart me pardonne, mais j’aurais pu dire autant d’Yves Miserev, du Figaro, qui découvre subitement qu’il existe des gens qui ne croient pas aux théories du GIEC .

Internet au secours de la démocratie.

Ce comportement des médias a donc fait la fortune des sites internet qui se sont emparés du sujet. Au cours de la semaine écoulée, lorsqu’on tapait « climategate » sur la barre Google, on obtenait jusqu’à 36 millions d’entrée. C’est du jamais vu pour un sujet qui n’a que trois semaines d’existence.

Exemple frappant de l’audience acquise à l’occasion du Climategate, le blog de Vincent Bénard, Objectif Liberté, se situait à 1000-1500 pages visitées chaque jour avant l’affaire. Ce blog qui défend les valeurs libérales, publie des articles de qualité sur tous les aspects politiques et économiques. Il excelle notamment sur les problèmes de politique de logement ou l’analyse de la crise des subprimes, et consacre, depuis un mois, la moitié au moins de ses articles à rendre compte, avec le brio habituel de son auteur, de l’évolution des politiques de changement climatique. Le 23 novembre, il recevait en un seul jour 9300 visites, et son score quotidien se situe depuis dans la fourchette 4000-4500 visiteurs par jour. C’est donc un triplement de l’audience qu’a acquis ce média, et presque autant de visiteurs fidélisés. Je n’ai pas les chiffres de Pensée Unique et de Skyfal, mais je sais qu’ils ont, l’un et l’autre, vu la fréquentation de leur site augmenter considérablement. Il est manifeste que les demandeurs d’information, déçus de ce que leur offrent les médias traditionnels, vont massivement sur la toile pour trouver les renseignements et les commentaires qui les intéressent. Cette évolution a été constatée depuis longtemps déjà, mais des affaires telles le Climategate l’accélèrent considérablement. Et c’est heureux pour la démocratie.

Les médias traditionnels, enfin ?

D’ailleurs, une évolution semble s’amorcer, depuis deux jours, dans nos journaux et nos télévisions. Le vendredi 11 décembre, les Echos ouvraient leurs colonnes à Cécile Philippe (Institut Molinari) et à Mathieu Laine (Altermind), que nombre de lecteurs de l’Institut Turgot connaissent bien. Cécile et Mathieu, sous le titre « Entendre aussi les sceptiques » , font valoir que les contradicteurs de la pensée dominante doivent recevoir un accueil équitable de la part des médias et rétablissent un certain nombre de vérités sur le changement climatique.

Dans les blogs du Figaro « online », j’ai particulièrement remarqué un article d’Yvan Riofoul qui s’insurge contre l’alliance de l’Etat et de la nouvelle église écologique ! Aujourd’hui, vers six heures du matin, alors que je rédigeais le présent article, mon épouse m’appelle du salon : « viens voir, Courtillot passe à la télé ! ». Il s’agissait de l’émission « C dans l’Air » de la cinq, qui nous offrait un débat dont les vedettes étaient Vincent Courtillot, Directeur de l’Institut de Physique du Globe de Paris, et Jean Jouzel, Vice Président du GIEC, avec la participation du journaliste Laurent Cabrol (« Climat : et si la Terre s’en sortait toute seule ») : un débat équilibré, très courtois, mais pugnace de la part de Courtillot, contre un Jouzel sur la défensive, l’un et l’autre tenant un discours solide et argumenté, avec des interventions fort à propos de Laurent Cabrol. Messieurs de la télévision, des confrontations de qualité telles que celle-là, nous en redemandons. Il est seulement dommage que l’émission ne fût pas programmée à une heure de grande écoute. Je souligne l’investissement personnel remarquable de Vincent Courtillot, qui, depuis quelques mois, multiplie les interventions dans les médias et les salles de conférences pour rétablir la vérité scientifique sur le climat. On l’a vu intervenir brièvement mais excellement, comme toujours, dans le vingt heures de Pujadas, sur de multiples videos diffusées par Youtube et Dailymotion, dans les amphis des facultés de Strasbourg et de Nantes. Il est devenu l’incontestable leader des scientifiques sceptiques français, grâce à sa connaissance approfondie du sujet, ses qualités de vulgarisateur, son éloquence et sa pondération.

Est-ce le commencement de la fin de l’omerta médiatique française ? Les médias ont-ils enfin compris que leur lectorat fuyait vers d’autres sources, et commencent-ils à lâcher les commettants qui les engageaient sur la voie l’alarmisme climatique le plus primaire ? Si cette tendance perdure et s’amplifie, alors les politiques qui s’enferrent dans la voie prônée par le GIEC tomberont. J’ai bon espoir que nombre d’entre eux changeront de cap !

LA GEOPOLITIQUE CONFRONTEE AU CLIMATEGATE 

Comme je l’ai mentionné plus haut, le Climategate a été superbement ignoré des gouvernants. Aux USA, le Sénateur républicain Jame Inhoffe a entrepris une croisade médiatique pour réclamer des enquêtes publiques sur les hommes impliqués dans le scandale, mais aussi des contrôles plus rigoureux sur le GISS et d’autres institutions publiques œuvrant en faveur du GIEC.

En Grande Bretagne, l’ancien Chancelier de l’Echiquier conservateur, Lord Nigel Lawson, exerce de forte pressions sur un gouvernement Brown inactif pour diligenter une enquête indépendante et de haut niveau sur les agissements au sein du CRU. A ce jour, seule une enquête interne à l’Université d’East Anglia est prévue.

En France, rien !

On pouvait s’attendre à des remous au sein de la communauté réunie à Copenhague pour décider de la suite à donner au Protocole de Kyoto. Il semble bien que ces messieurs et ces (rares) dames poursuivent sans états d’âme la politique entamée par eux depuis vingt ans. Seul le délégué de l’Arabie Saoudite est venu troubler la quiétude de façade en protestant énergiquement et en exigeant une enquête internationale sur l’affaire. Le grand cirque de Copenhague poursuit sa représentation déconnectée du réel, au milieu de cohortes de militants écologistes agitées et bruyantes, qui réclament toujours plus de contraintes, de taxes et de sanctions contre les populations. La préoccupation majeure est de savoir qui paiera quoi, à qui et combien. Les USA sèment le trouble en réclamant un minimum d’efforts aux pays en développement, qui s’en scandalisent. Le débat reste clos sur la science : on n’aborde à peine ce sujet. Le climategate : on l’ignore !

Nos chaines de télévision françaises consacrent de longues séquences à l’événement, chaque jour, aux journaux de matin, de midi et du soir, multiplient les émissions spéciales, les clichés rabâchés depuis dix ans, les images de catastrophes climatiques, les appels aux restrictions et les leçons de morale.

Combien de temps encore la population supportera-t-elle cette forme d’endoctrinement qu’on croyait jusqu’ici réservée aux pays totalitaires ? L’effet conjugué de la saturation, de la mise en vigueur de la taxe carbone, le tout sur fond de crise, de restrictions et de chômage finira par mobiliser la masse. L’année 2010 s’annonce houleuse et pleine d’incertitudes.