Richard Lindzen, la science au service de la raison.
Par Jean-Michel Bélouve le dimanche 30 janvier 2011, 08:47 - Article - Lien permanent
Le texte de Richard Lindzen porte un jugement actuel sur la question du changement climatique né des gaz à effet de serre émis par les activités humaines. La notoriété, le prestige, et la compétence de son auteur lui confèrent une autorité difficilement contestable.
Quelques commentaires méritent cependant d'accompagner la traduction de ce texte. Malgré sa clarté et sa simplicité d’écriture, il fait en effet parfois appel à des notions scientifiques dont certains lecteurs n’ont pas connaissance.
Ce n’est pas le cas de ceux qui suivent assidument le développement médiatique de la controverse entre alarmistes et climato-sceptiques, et encore moins celui des lecteurs du chapitre 2 de mon livre, « la Servitude Climatique », mais il reste un large public peu au fait de la climatologie, et qu’il convient d’éclairer. Pour ces derniers, je souhaite ajouter aux arguments développés par Richard Lindzen d’autres remarques de simple bon sens, et qui contribuent à mettre en question les certitudes claironnées à propos de l’avenir du climat et de la planète.
Un scientifique d’exception
Richard Lindzen est depuis près de trente ans titulaire de la chaire Alfred P Sloan au MIT, l’un des postes universitaires les plus prestigieux au monde dans le domaine de la science météorologique et climatique. Il a publié plus de 200 articles scientifiques et livres qui font autorité, il est membre de la National Academy of Science, consultant du Goddard Flight Space Center de la NASA, il a enseigné, avant de rejoindre le MIT, aux Universités de Washington, d’Oslo, de Chicago, d’Harvard et a dirigé des recherches au National Center for Atmospheric Research. Il a dirigé la rédaction d’un chapitre du rapport du GIEC de 2001, avant de quitter ses fonctions pour cause de désaccord avec la démarche de ce Groupe d’experts.
Quand à la liste des prix et distinctions dont il a été honoré, elle comporte entre autres le prix Meisinger et Charney de l’American Meteorogical Society, la médaille de l’American Geophysical Union, le Prix de la Fondation Wallin de Göteborg, le titre de Fellow de l’American Academy of Arts and Sciences et de trois autres grandes institutions scientifiques américaines ou norvégiennes.
Bref, il n’existe pas au monde de palmarès qui égale le sien dans le domaine de la science climatique.
Le combat de Richard Lindzen
Il est évident que les travaux et les écrits d’une telle sommité sont à prendre en considération avec le maximum d’attention. Or depuis vingt ans Richard Lindzen réfute les allégations scientifiques qui veulent faire des gaz à effet de serre émis par l’homme le principal moteur du climat.
Il a dirigé des travaux qui attribuent aux nuages et aux précipitations un rôle bien différent et plus important que celui que leur accorde le GIEC. Parallèlement à ses travaux purement scientifiques, il n’a cessé de dénoncer des dérives épistémologiques au sein de la communauté scientifique du climat, et de fustiger les manœuvres de certaines éminences de la climatologie qui discréditent les scientifiques qui contredisent les conclusions du GIEC ou proposent d’autres explications que l’effet de serre d’origine anthropique au changement climatique.
Ce comportement a fait de lui le champion emblématique de la cause climato-sceptique, en même temps qu’il le désignait comme la cible des diatribes et calomnies des alarmistes du climat, qu’il s’agisse de scientifiques bien en cour au GIEC, d’idéologues de l’environnement ou de journalistes.
Mais on n’abat pas facilement un monument de la stature de Lindzen, pas plus qu’on ne peut longtemps le faire taire ou le censurer.
Certains s’y sont essayés. A défaut de pouvoir l’attaquer sur sa compétence, des écologistes et des journalistes ont voulu mettre en doute sa probité, et l’on a tenté de faire accroire qu’il était à la solde du pétrolier EXXON MOBIL. Pour étayer la calomnie, on est allé chercher deux conférences qu’il a données au début des années 1990, lors de symposiums auxquels EXXON avait apporté son mécénat. Il a bien entendu confirmé sa participation à ces manifestations et déclaré que ses émoluments pour ces prestations s’élevaient à dix mille dollars. Et voila pourquoi une kyrielle de journalistes ont diffusé de par le monde la fable de sa soumission à l’industrie pétrolière, tentative dérisoire, lorsque l’on observe que Lindzen s’est tenu à l’écart de la pluie d’or qui a inondé nombre de scientifiques de renom qui ont été à la soupe, en recevant des prix somptueux et de multiples émolument pour abonder dans le sens voulu par les autorités qui financent la recherche scientifique.
Notons, à ce sujet, la carrière extrêmement lucrative du Directeur du Goddard Institute For Space Studies, James Hansen, qui passe le plus clair de son temps à courir d’une conférence à l’autre pour des tarifs de l’ordre de 80000 dollars chacune, qui est conseiller scientifique de maintes grandes banques et fonds d’investissements climatiques, au point que les défenseurs des contribuables américains ne cessent de demander si l’administration américaine lui verse son salaire pour se comporter en propagandiste plutôt que de diriger un service public ! Richard Lindzen aurait eu au moins autant d’atouts que James Hansen pour s’enrichir à exploiter le filon climatique. Il ne l’a pas voulu, ce que son traitement confortable de Professeur du MIT lui permettait de faire, contrairement aux dizaines de milliers de chercheurs anonymes qui sont bien obligés d’aller vers les études que les autorités publiques acceptent de financer.
Le consensus est une fable
Le seul fait qu’une autorité de la stature de Richard Lindzen s’oppose aux conclusions du GIEC suffirait à établir qu’il existe un problème scientifique à trancher. Mais Lindzen n’est pas seul, loin de là.
Il se colporte depuis plus de vingt ans que les scientifiques climato-sceptiques ne seraient qu’une poignée, un groupuscule noyé au sein d’un consensus qui régnerait dans une communauté scientifique unie sur l’effet de serre, le réchauffement, la responsabilité humaine et la prévision de cataclysmes à venir. Rien n’est plus faux ! Le consensus est une fable, une tromperie. Il n’y a pas de communauté plus divisée sur ces sujets là que celle des spécialistes des sciences de la nature.
Certes, les scientifiques dont les travaux veulent accréditer les affirmations du GIEC sont plus nombreux, bien plus nombreux que ceux qui explorent d’autres voies. Mais les effectifs se répartissent en proportion des budgets alloués aux différents travaux scientifiques. Avant la création du GIEC, en 1988, les budgets publics cumulés des différents pays en faveur des sciences climatiques s’élevaient à 280 millions de dollars, ce qui n’était pas rien. Quelques années plus tard, ils se situaient à deux milliards de dollars, pour atteindre les cinq milliards vers l’an 2000 et dépasser six milliards aujourd’hui.
Essentiellement alloués à des études allant dans le sens de la mission dévolue au GIEC, à savoir étudier le réchauffement climatique, la responsabilité humaine dans ce réchauffement et faire de la prévision à long terme, ces budgets ont permis de financer des dizaines de super-modèles climatiques informatisés, de nombreux lancements de satellites artificiels, et surtout la création d’une multitude de postes de chercheurs dont l’intérêt matériel était lié aux objectifs dictés au GIEC. Mais tous ces chercheurs qui travaillent à apporter une pierre à l’édifice du GIEC ne se concentrent que sur un petit aspect du problème, et surtout, ils n’ont pas l’occasion, ni la volonté le plus souvent, d’exprimer publiquement une opinion.
Sont-ils satisfaits du travail qu’on leur demande, celui-ci répond-il à leur vocation ? La réponse reste enfouie dans le jardin secret de leur conscience. Mais plusieurs d’entre eux ont avoué un mal-être, à l’occasion d’un changement d’orientation professionnelle ou d’un départ à la retraite qui les dégageait de la réserve qu’ils observaient par devoir, par obligation ou par prudence.
Ceux qui animent le débat public, qui parlent aux médias, qui soutiennent explicitement le GIEC, sont en nombre limité. Ils sont le plus souvent leaders de rédaction des rapports du GIEC, ou mieux, font partie des cent trente représentants des pays membres du GIEC qui valident les rapports finaux et publient le résumé pour les décideurs politiques. Ce sont des gens bien en vue dans la société, et certains d’entre eux font partie des « people », participant tous frais payés aux prestigieux congrès qui se succèdent aux quatre coins du monde, dans des lieux souvent paradisiaques. Ils sont courtisés par les télévisions, décorés, et, ce qui ne gâte rien, souvent bien rémunérés pour leurs conférences, leurs interviews et leurs prestations de conseil.
Certes, on ne saurait nier l’apport de leurs travaux à la science, même si parfois on découvre certaines dérives telles que la courbe truquée, dite en crosse de hockey, de Michael Mann, ou ses astuces pour masquer le déclin des températures, même si on s’aperçoit ici et là que des correctifs très contestables sont apportés aux mesures de température. Mais enfin, il résulte de leurs travaux une théorie, celle de l’effet de serre, l’étude de bilans radiatifs qui sont à la base de la science climatique d’aujourd’hui, et d’une manière générale, un ensemble de travaux synthétisés dans les volumineux rapports du GIEC.
Le problème réside dans le fait que le GIEC ignore volontairement une multitude de travaux scientifiques, à priori tout aussi respectables, publiés dans des revues scientifiques après avoir reçu l’agrément de pairs relecteurs.
Un site internet, Popular Technology, , essaye de recenser les études « climato-sceptique » publiées dans des revues scientifiques renommées après révision par des pairs, et, sans prétendre à l’exhaustivité, dresse la liste de 850 articles, avec leurs titres, le nom de leurs auteurs, date de parution, nom de la publication et référence, et lien vers l’article lui-même lorsqu’il est diffusé sur le web. 850 articles couvrant un large champ du domaine exploré par le GIEC ainsi que les voies de recherche non prises en compte par ce dernier, ce n’est pas rien.
On a présenté ci-dessus Richard Lindzen, mais il n’est pas la seule sommité à critiquer le GIEC ou à proposer d’autres explications de l’évolution du climat. La liste est trop longue pour que nous les citions, mais on peut en extraire quelques uns pour l’importance de leur contribution. Par exemple, Roy Spencer, Directeur de recherches à l’Université d’Alabama, directeur de l’équipe chargée par la NASA des mesures faites dans le cadre de la mission du satellite Aqua, fonction qui apporte une grande autorité à ses travaux sur les nuages, les précipitations et le cycle de l’eau. Citons également le Professeur russe Habibullo Abdussamatov, directeur de l’important programme de recherches russe Astrometria, qui étudie l’influence du soleil avec des moyens technologiques énormes, et avec lui, les scientifiques qui ont apporté des contributions importantes à la théorie solaire, tels Henrik Svensmark ou Nir Shaviv, pour leurs études sur le rayonnement cosmique et les nuages, relayés aujourd’hui par Jasper Kirkby, directeur de l’important programme CLOUD conduit au CERN de Genève et qui vise à nous éclairer sur les processus physico-chimiques qui conduisent à la formation des nuages. Les travaux d’Abdussamatov, Svensmark, Shaviv et Kirkby sont superbement ignorés par le GIEC.
Citons encore Roger Pielke, John Christy, Vincent Gray, entre autres pour leurs critiques bien étayées des modèles climatiques, et le Professeur Fred Singer qui a réuni sept cent scientifiques sceptiques de renommée internationale dans un groupe baptisé NIPCC rassemblant critiques sur les publications du GIEC et comptes-rendus des travaux non pris en considération par le GIEC. 700 scientifiques internationaux s’unissant pour proposer une autre vision du climat, cela compte !
La minorité du Sénat américain, forte de 40 sénateurs sur 100, a publié, en 2009, une liste de 700 scientifiques internationaux sceptiques du climat . Est-il besoin d’en dire plus pour constater que le désaccord règne chez les scientifiques, et que l’on manque singulièrement de certitudes sur les mécanismes du climat, l’importance et le rôle des divers facteurs, les prévisions à moyen et long terme ?
La climatologie en crise dans un monde en crise
Entendons nous bien. Je ne prends pas partie pour ou contre les théories de l’effet de serre, pour ou contre les théories solaires ou l’importance des facteurs océaniques. Je constate des insuffisances dans chacune de ces théories, et je pense qu’il reste beaucoup de travail à accomplir avant d’aboutir à une climatologie solide.
Je regrette les dissensions et les manœuvres qui empêchent les scientifiques partisans de ces différentes théories de travailler de concert. Mais je suis conscient que l’humanité est parvenue à un point où l’on ne peut exclure qu’elle ait une influence importante sur les phénomènes environnementaux qui impactent le présent et l’avenir du monde. Lorsque l’on construit et que l’on stocke des milliers d’armes nucléaires, des millions de tonnes de matières radioactives, qu’on crée, chaque année, des centaines de millions ou des milliards de tonnes de produits non naturels, solides, liquides ou gazeux, qui vont finir en grande partie par se perdre dans la nature ou dans de hasardeuses zones de stockage, qu’on détruit des ressources naturelles accumulées au cours de l’histoire de la terre, on crée des risques qui ne font que s’amplifier avec la prolifération des individus, la croissance des moyens technologiques, la consommation et les rejets de chacun. Il est légitime de se poser des questions sur l’atmosphère, les fleuves et les océans, les sols et les sous-sols, et sur la vie enfin. Encore faut-il apporter des réponses raisonnables et objectivement étayées. Traiter ces problèmes superficiellement et, pire encore, en biaisant, c’est impardonnable.
Les politiques dévoyées du climat
C’est pourquoi on ne peut que juger sévèrement les politiques construites par les nations occidentales à partir des rapports du GIEC. Les décisions prises et les projets envisagés conduisent à un coût énorme, qui pèsera lourdement sur les économies, appauvrira la majorité des individus et enrichira une petite minorité de profiteurs, créera du chômage. Elles répandront la misère et la mort dans les pays les plus pauvres. Et tout cela se fonde sur un dossier scientifique imparfait. Où se situe le principe de précaution ? Doit-on parer à des conséquences climatiques encore très hypothétiques pour le milieu ou la fin du siècle, et le peut-on d’ailleurs, ou bien doit-on prendre la précaution de ne pas engager des mesures économiquement et socialement désastreuses en l’état actuel de la science ?
Car toute cette politique repose sur des à-priori hasardeux : le dictat qui veut que le débat scientifique sur le réchauffement planétaire soit clos, le présupposé de l’action humaine sur ce réchauffement, la prétention absurde que les mesures envisagées puissent infléchir notablement les évolutions du climat et contraindre l’action conjuguée de sept milliards, puis neuf milliards d’hommes, l’idée qu’un réchauffement ne puisse être que nuisible et générateur de catastrophes, que le climat de l’année 1950 était le meilleur possible, et enfin que l’humanité, dont l’histoire a amplement prouvé qu’elle savait surmonter les pires adversités, serait incapable de s’adapter à un changement climatique.
J’attire l’attention sur le fait que je n’ai mis en cause que les nations occidentales. En effet, les pays en développement ont une toute autre vision de l’avenir, qu’il s’agisse des pays leaders de demain que sont la Chine, l’Inde, le Brésil et quelques autres, ou de pays plus défavorisés d’Afrique, d’Amérique centrale ou d’Océanie. Seule les motive l’accession à une prospérité qui les rapproche de nos standards de vie occidentaux. Pour eux, il n’est pas question de freiner leur progression en renonçant à émettre des gaz à effet de serre. D’ailleurs, ils ne croient pas aux prophéties du GIEC. Mais elles tombent à point nommé pour tenter d’imposer aux occidentaux qu’ils consentent à tous les sacrifices, en vertu de leur responsabilité historique dans l’accumulation de gaz à effet de serre. Il est évident que leur détermination condamne à un échec cuisant nos politiques occidentales de lutte contre l’effet de serre. D’ailleurs, le peuple des Etats Unis l’a bien compris et met en échec les projets environnementaux de son président. Mais nous, les européens, nous persistons dans une voie sans issue !
Parvenus à ce point de l’analyse, nous pourrions nous demander si nous sommes gouvernés par des inconscients, des fous ou des imbéciles. Qu’un ou deux pays soient dirigés par des incapables, passe encore. Mais qu’un aussi large accord se fasse sur des politiques irréalistes, cela fait naître des interrogations. Les réponses se trouvent dans l’histoire contemporaine, que j’ai exposée dans mon livre « la Servitude Climatique ».
Lorsqu’en 1988, les pays qui composaient le G7 ont créé le GIEC et lui ont attribué la mission d’examiner la responsabilité des hommes dans le réchauffement climatique, un ensemble de motivations politiques, et non pas scientifiques, fondaient leur décision.
Un premier facteur était constitué par la problématique énergétique, à savoir le recours grandissant à des ressources pétrolières épuisables et résidant massivement dans des pays du Moyen Orient, et la désaffection profonde pour l’énergie nucléaire, résultant de la récente catastrophe de Tchernobyl. Le Royaume Uni voulait en finir avec l’industrie charbonnière et ses syndicats responsables de l’épuisante grève de 1984-85, la France voulait relancer l’industrie nucléaire dont elle était devenue le leader mondial avant le coup d’arrêt de Tchernobyl, les USA et le Canada voulaient développer le nucléaire pour s’affranchir de leur dépendance croissante au pétrole d’importation, le Japon souhaitait se délivrer du tabou nucléaire issu d’Hiroshima et Nagasaki, l’Allemagne enfin avait à composer avec un puissant mouvement écologiste national. De plus, les dirigeants occidentaux subissaient l’influence de courants de pensée issus des travaux du club de Rome, qui formulaient les prévisions les plus catastrophistes sur la poursuite de la croissance globale et de l’expansion démographique mondiale. Enfin, il s’installait dans leurs esprits un dogme, posé pour la première fois en 1975 au sein d’un groupement élitiste, la Commission Trilatérale, qui professait que la démocratie est un système de gouvernement inefficace, et que, faute de pouvoir recourir aux dictatures du passé, on pouvait remplacer la coercition par la manipulation médiatique des masses populaires, et utiliser la stratégie de la peur, qui avait plutôt bien fonctionné du temps de la guerre froide.
Tout cela, je le développe dans « la Servitude Climatique » et je le prouve par des écrits publics que chacun peut se procurer. C’est alors que la Trilatérale, ainsi que le Club de Rome, préconisèrent le recours aux menaces de réchauffement climatique catastrophiques et d’origine humaine pour faire pression sur les masses.
Il ne s’agit pas là d’un complot. Toute cette stratégie a été dévoilée dès l’origine par les publications de ses inspirateurs, et nous pouvons facilement accéder à leurs écrits, disponibles sur le web ou en librairie. Le problème est que le public ignore ces textes, et les français plus encore que tous les autres ! Il serait plus que temps que nos concitoyens, et notamment les plus cultivés ou les plus influents d’entre eux, fassent l’effort de s’informer sur tout cela et exercent en conséquence leurs droits et leurs devoirs de citoyens.
Dès lors que ces prémices idéologiques ont été comprises, la suite est claire. Il fallait associer les grands milieux d’affaire à la stratégie géopolitique, et pour cela faire du changement climatique une aubaine pour les magnats de la finance et de l’industrie. Prendre l’argent aux contribuables et aux consommateurs d’énergie pour financer les nouvelles activités vertes est devenu la règle. Créer un marché planétaire de crédits carbone fait rêver les spéculateurs. De ces pratiques est née une connivence sans précédent entre affairistes et politiciens, au point qu’on ne peut déterminer aujourd’hui si les dirigeants du monde sont plutôt mus par des désirs de pouvoir ou par le goût du lucre.
Il résulte de tout cela qu’une bulle écologiste enfle, et que si les bases scientifiques sur lesquelles elle s’appuie s’effondrent, il résultera une cascade de banqueroutes, de destructions d’emplois et de patrimoines industriels.
Cette perspective exacerbe les disputes, les conflits géopolitiques, et renforce la détermination des politiques à s’enfoncer dans la voie sans issue dans laquelle ils sont engagés. 2012 sera le terme du Protocole de Kyoto. Sera-ce l’aboutissement de cette triste période de l’histoire ?
Commentaires
Tout à fait d'accord. Juger de la politique énergétique européenne des décennies à venir par le seul biais des émissions de gaz à effet de serre est une approche réductrice qui ne peut conduire qu'à des contre-sens. Le monde va devoir gérer durant le XXIème siècle une transition énergétique majeure avec un épuisement progressif de ses réserves en pétrole aisément exploitables, le tout sur fond d'accroissement puis de stabilisation des consommations énergétiques mondiales et d'un accroissement rapide du vecteur électrique dans un monde de plus en plus urbain.
Le seul prisme des émissions de CO2 peut amener à conclure trop rapidement de ce qui est bien ou de ce qui ne l'est pas. L'important pour l'Europe est de bâtir une politique énergétique soutenable dans les décennies à venir, les émissions de CO2 ne constituant qu'un paramètre parmi tant d'autres tels que les tensions sur les prix des importations énergétiques, le coût des solutions alternatives locales, la compétition probable pour les ressources avec les autres puissances grosses consommatrices (USA, Chine, Inde, Moyen-Orient, Brésil), la gestion parcimonieuse des champs pétroliers du Moyen-Orient (OPEP), le coût du développement des ressources alternatives (Sables bitumineux, huiles lourdes, huiles et gaz de schistes, biocarburants, etc.), les moyens financiers d'États européens de plus en plus endettés.
Un exemple: les biocarburants dont parle négativement Lindzen, ce qui est très à la mode et populaire. Vu sous l'angle des émissions de CO2 cette voie ne présente aucun intérêt, c'est évident. Mais si l'on parle d'ersatz agricole local comme alternative aux produits pétroliers dans un marché sous tension, la conclusion est alors inverse. Les deux millions de barils/jour de biocarburants qui vont être produits et consommés dans le monde en 2011 sont très utiles pour contenir les prix des produits pétroliers. Les 4 millions de barils/jour prévisibles en 2020 seront indispensables. Ils permettront entre autres de produire du kérosène qui permettra de faire voler les avions commerciaux et les tourteaux, riches en protéines, nourriront toujours les animaux.
La gestion du mix énergétique en Europe, de son évolution lente et des options possibles doit intégrer de nombreuses contraintes parmi lesquelles figurent les émissions de CO2. C'est une équation multifactorielle dont la complexité dépasse de beaucoup les compétences limitées de la Commission Européenne qui, pour l'instant, ne travaille qu'avec une seule variable: les émissions de CO2.
@ Raymond Bonaterre
Je comprends parfaitement votre point de vue. Vous posez la question de la sécurité énergétique. Mais ce n'est pas en ces termes que sont présentées les mesures qu'élaborent les états occidentaux, en particulier les états européens. Si l'on fait de la sécurité énergétique un axe politique majeur, alors il faut l'exprimer clairement, et ne pas tromper les citoyens et électeurs en agitant l'épouvantail climatique.
Le problème de la sécurité énergétique se pose essentiellement pour l'approvisionnement en carburants liquides. Il englobe plusieurs problématiques. D'abord celle de l'épuisement des ressources naturelles en hydrocarbure du fait du déséquilibre croissant entre volume des ressources et demande mondiale. En second lieu, il y a le risque, pour l'Europe particulièrement, de ruptures d'approvisionnement potentiellement dramatiques au cas où plusieurs pays gros producteurs, -au Moyen Orient notamment-, cesseraient de livrer, par suite de désordres intérieurs, de guerre, ou par des politiques délibérées d'embargo. Enfin, il y a le renchérissement des hydrocarbures, du fait du marché, qui finira par annihiler la compétitivité de toutes les activités qui consomment des produits pétroliers.
La lutte contre la menace climatique supposée n'est pas la bonne réponse, car elle pénalise la consommation de charbon plus encore que celle du pétrole et du gaz, alors que le charbon est encore très abondant, et qu'il constitue la matière première de carburants de synthèse pouvant concurrencer les produits pétroliers aux prix atteints par les hydrocarbures naturels. Les arguments écologistes contre le CO2 visent également l'exploitation de roches bitumineuses, de gaz de schistes et de chlarates de méthane, qui constituent des ressources nouvelles et abondantes dont l'exploitation commence en Amérique du Nord. D'autre part, la lutte contre le CO2 pousse à des solutions telles que la séquestration du carbone, qui enchérit de 60% l'électricité ou les carburants produits et gaspille 30% de la ressource naturelle. Ne parlons pas des projets de géo-ingénierie visant à refroidir la terre par pulvérisations d'aérosols soufrés dans l'atmosphère ou ensemencement en fer des océans, qui constituent des procédés d'apprentis-sorciers irresponsables.
La politique de recours aux agro-carburants a été très mal engagée dans nos pays occidentaux. Le subventionnement de production de céréales, d'oléagineux et de betteraves destinés à la fabrication de carburants n'est pas une politique soutenable, parce qu'elle devient vite ruineuse pour les budgets publics et qu'elle a des conséquences néfastes sur les productions alimentaires et sur leur prix. Les agro-carburants de la seconde génération, qui utilisent la partie non consommée des cultures alimentaires, ou mieux encore, ont recours à la photosynthèse des micro-algues, offrent de meilleures perspectives.
La sécurité énergétique en matière de carburants liquides peut donc être assurée par le développement des technologies précitées, tandis que les besoins globaux en énergie peuvent être garantis par un recours accru au nucléaire, dont la source primaire est assurée pour des dizaines de milliers d'années avec la filière de quatrième génération (surgénérateurs utilisant l'uranium fertile et le thorium). Certes, il reste à résoudre la question des déchets radioactifs. Mais la difficulté devient moins grande avec la persective de cette quatrième génération qui élimine les déchets radioactifs à très longue vie. Bien entendu, le nucléaire pourrait être utilement complété par la géothermie profonde et, moyennant un saut technologique raisonnablement prévisible, avec des solutions photovoltaïques plus rentables que les procédés actuels. Ajoutons à ce catalogue de solutions porteuses d'espoirs le développement d'accumulateurs (condensateurs) utilisant les nanotechnologies. Et n'oublions pas la nécessaire amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments et des transports, mais à un rythme compatible avec les capacités d'investissement des agents économiques concernés.
Voila donc les axes de développement d'une politique cohérente de sécurité énergétique.
Mais le plus critiquable dans les politiques climatiques occidentales, outre l'immoralité de la manipulation publique sur laquelle elles s'appuient, c'est le fait qu'elles ruinent progressivement notre compétitivité vis à vis des pays en développement, et qu'elles deviendront insupportables aux contribuables. Le paquet énergie climat européen est une menace considérable, même avec les atténuations qui lui sont apportées pour alléger la charge excessive qu'il fait supporter à la métallurgie, la chimie et la cimenterie (atténuations qui, d'ailleurs, diminuent beaucoup l'impact qu'on en attend). Les prétendues créations d'emplois qu'on promet sont un leurre, car ce seront des emplois qui ne compenseront pas les destructions d'emplois, des emplois subventionnés, qui ne seront durables qu'autant que durera la solvabilité des pouvoirs publics qui les soutiennent.
Quelques remarques:
1- les biocarburants de première génération avec l'augmentation des prix des carburants n'ont plus besoin de subventions pour être rentables. Le report pour un an des 50 cents par gallon d'éthanol aux USA est probablement l'un des derniers.
2- les biocarburants de deuxième génération n'existent toujours pas parce que la rentabilité n'est pas au rendez-vous (process complexes et de faibles tailles, cherté des enzymes, faible degré des bières). Le plus avancé semble être Poet aux USA qui est le premier producteur d'alcool de maïs et qui utilisera les rafles et en partie les tiges de maïs dans une boucle en parallèle au procédé existant dans ses usines ce qui limitera les investissements.
3- La ressource d'énergie la plus en vogue dans le mix des décennies à venir sera fort probablement le gaz naturel: parce qu'il est abondant (gaz conventionnel et non conventionnels) et donc peu onéreux, parce qu'il produit de l'électricité en cycle combiné avec un rendement énergétique de 60%, parce que les centrales très flexibles sont compatibles avec une ressource éolienne croissante. Les rejets de CO2 des centrales au gaz sont réduits par deux par rapport à ceux des centrales au charbon modernes.
4- En conséquence, les centrales nucléaires trop rigides et trop chères attendront leur tour...qui viendra bien un jour où l'autre, dans une cinquantaine d'années. EDF aux États-Unis a payé bien cher pour comprendre cette dure actualité.
le fameux peak oil est sans cesse repoussé par la hausse des prix du pétrole .mieux les nouvelles technologies du fractage ont fait baisser aux USA le prix du gaz ,au point que EDf considère qu'il n'est plus rentable de construire une centrale nucléaire
Le danger pour notre pays s'appelle écologisme.. ilsont déjà obtenu l'abandond 'un projet charbonnier dans le massif central ,ils partent désormais en guerre contre les projets Toreador et Vermillion .Normal ils pourraient remettre en cause leurs fonds de commerce
Il est certain que le développement récent des hydrocarbures non conventionnels, résultant des progrès des techniques de forage et d'extraction, permettent d'envisager une sécurité énergétique accrue pour les pays occidentaux. Il s'agit de l'exploitation des roches bitumineuses permettant de produire des hydrocarbures liquides ou du gaz de synthèse à partir duquel on élabore des carburants, et surtout des gaz de schistes, desquels on tire du gaz naturel. Il faut ajouter à ces ressources devenues économiquement exploitables le gaz de houille, et, dans un avenir plus lointain, les chlarates de méthane.
En Europe, on a identifié d'importantes ressources de gaz de schistes en France, Grande-Bretagne, Allemagne, Pologne, Lituanie, Italie, ainsi qu'en Turquie. On avance l'estimation de 14000 milliards de m3 de réserves. En France, Total est sur le point de démarrer l'exploitation d'un important gisement proche de Montélimar, et d'autres ressources importantes sont répertoriées dans différentes régions. La France dispose également d'un potentiel intéressant en roches bitumineuses. Le coût d'extraction de ces ressources reste à évaluer de façon précise et sera probablement plus élevé que celui atteint en Amérique du Nord, où la production est désormais importante et rentable.
L'intérêt de ces ressources devenues exploitables est qu'elles sont largement distribuées de par le monde, et qu'elles limitent la puissance de cartels tels que l'OPEP. Le risque de rupture grave d'approvisionnement sera moindre, le prix du pétrole conventionnel devrait être contraint dans une fourchette ne dépassant pas les 100 dollars le baril, l'hémorragie de devises vers un petit nombre de pays producteurs diminuera, et la menace du peak oil sera très largement différée.
Dès lors, on ne peut plus objectivement prétendre que la lutte contre le CO2 se justifie par les bénéfices tirés en matière de sécurité énergétique, ce qui constitue un coup sévère porté à l'écologisme politique.
Les militants écologistes, sous la conduite de leurs ONG et associations, mènent une campagne déterminée, dans les médias et sur le terrain, pour tenter d'empêcher l'exploitation de ces ressources. Ils arguent de conséquences qu'ils annoncent désastreuses pour l'écologie. Leur argumentaire s'appuie surtout sur les énormes besoins en eau de l'exploitation, aboutissant à diminuer la ressource disponible pour l'agriculture et au rejet d'eaux fortement polluées. Cela fut le cas au Canada, dans le passé. Aujourd'hui, les exploitants sont conduits à utiliser l'eau en cycle fermé, les eaux boueuses et polluées ramenées à la surface étant traitées, de la même manière que nos eaux domestiques, et réutilisées dans le processus d'exploitation. Au prix d'un surcoût raisonnable, la contrainte écologique parait donc maîtrisée.
On ne peut donc plus, objectivement, arguer du peak oil pour défendre la lutte contre l'effet de serre, et seule la question scientifique de l'influence des émissions de CO2 et autres GES est à considérer. Or la réponse scientifique est très incertaine et n'autorise aucune conclusion politique.
La vague anti-CO2 a été soutenue par le lobbying efficace des financiers et industriels ayant investi dans les activités vertes. Les intérêts économiques en jeu avec les nouvelles énergies fossiles changent désormais la donne, d'autant plus que les financement publics du green business deviennent plus que problématiques.
L'avenir repose donc sur les stratégies politiques. Là où les partis écologistes participeront à l'exercice du pouvoir, il y a de forts risques de voir aboutir des mesures allant à l'encontre de la sécurité énergétique, tout en détruisant peu à peu la compétitivité de l'économie.
Vous dîtes : "L'avenir repose donc sur les stratégies politiques. Là où les partis écologistes participeront à l'exercice du pouvoir, il y a de forts risques de voir aboutir des mesures allant à l'encontre de la sécurité énergétique, tout en détruisant peu à peu la compétitivité de l'économie".
Les écologistes sont très influents depuis longtemps en Allemagne et çà ne nuie en rien à sa compétitivité, bien au contraire.
Les suédois entre autres n'ont pas opté pour des énergies très polluantes, limitées en quantités, très nuisibles à l'environnement comme vous le préconisez et leur économie se porte bien mieux que beaucoup de pays qui exploitent leurs ressources fossiles (la fameuse "malédiction du pétrole") - voire ont trop de nucléaire comme la France - dont les revenus ne profitent qu'à une minorité, pays qui pendant ce temps ne font guère d'innovations et vous en connaissez les conséquences, historiquement les exemples de ce type de situations ne manquent pas.
Vous vous improvisez avec votre fils Vincent Benard "climatologues" en manipulant et mélangeant une multitudes de données en les présentant dans le sens qui vous arrange et non de façon complète et objective, ce pour tromper des non scientifiques ou de personnes peu cultivées ou naïves.
A présent vous voilà "spécialistes" en énergies et environnement. Formidable en effet le rendement des schistes bitumineux, le bilan énergétique et environnemental depuis les destructions initiales et conséquences finales et à long terme. Et pour le recyclage de l'eau et des sites, allez donc voir sur place la réalité à court comme long terme. Voudriez que votre Poitou soit l'Alberta.
Si des firmes comme BP ne prennent pas toujours les dispositions qui s'imposent comme ce fût le cas dans le Golfe du Mexique, c'est bien pire pour la multitude de sociétés exploitantes de pétrole ou gaz de schistes etc. pour ne pas rappeler la situation des mines de charbon au Chili (mineurs bloqués dans des mines de plus en plus souvent en fin de course) en Chine, Afrique du Sud (remontée d'eaux et pollution des nappes phréatiques prochaine à Johannesburg très difficile voire impossible à régler et extrêmement coûteux) etc.
Idem pour le gaz de schistes, la différence est grande entre la théorie et la pratique (1435 infractions rien qu'en Pennsylvannie en très peu de temps pour juste citer un petit exemple, pas de règles particulières bien contraignantes dans la baie de Vancouver etc). On peut présenter celà bien entendu sous forme d'image publicitaire attrayante comme vous tentez de le faire en évoquant l'indépendance énergétique, les emplois, le prix de l'énergie etc La réalité est assez différente au plan mondial, les spécialistes internationaux indépendants de la question ont des avis nettement moins tranchés que vous, comme d'habitude.
Les bonnes mines de charbon étant de plus en plus rares, là aussi votre vision est très théorique. Sur un plan environnemental, humain, de santé et en termes de bilans ce n'est pas brillant non plus. Faire disparaître des forêts avec leur faune et raser des montagnes comme aux Etats-Unis en expropriant souvent des gens pour exploiter le charbon, de même qu'en Australie etc l'accepteriez-vous dans votre Poitou-Charente, j'en doute.
Bizarrement les énergies renouvelables et les développements technologiques les plus pointus dans ce domaine ne semblent pas avoir votre faveur, pourtant il y a des études qui même s'il y a des points toujours discutables sont certainement plus intéressantes que "vos nouvelles énergies fossiles" (sic) qui ont des usages plus essentiels que d'être utilisées sous forme combustible comme vous le préconisez.
Une étude parmi d'autres, celle de Jacobson et Delucchi de Stanford qui s'ajoute à une étude allemande parmi les plus récentes :
In a world where fossil fuel provides more than 80 percent of energy, what would it take to go completely green? Could the world switch over to power from only the wind, sun, waves, and heat from the Earth in only a few decades?
http://news.stanford.edu/news/2011/...
Vous parlez de l'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments, il y a un gisement très important qui intègre également l'urbanisme, les modes de transport, c'est assurément plus intéressant et efficient que d'aller raser des fôrets, consommer de grandes quantités d'énergies et polluer durablement des eaux et sites en allant extraire des schistes bitumineux qu'il faut raffiner donc à nouveau coûts, dépenses énergétiques etc puis transférer par navires etc. pour finalement brûler des matières premières polluantes dans des sites à bas rendement (puisque l'efficacité énergétique n'arrive pas sans politique claire surtout lorsque les prix des énergies sont bas) qui ont encore une fois d'autres applications plus essentielles.
@ vivent les verts
Je suis tout à fait conscient des problèmes de pollution que vous citez en ce qui concerne l'exploitation des pétroles et gaz non conventionnels. Les risques sont sérieux et doivent faire l'objet de mesures de protection efficaces.
Lorsque je déclare en fin d'article que la participation de partis écologistes au pourvoir serait dangereuse pour notre sécurité énergétique et notre économie, je pense au contexte actuel, et uniquement aux positions prises en matière de changement climatique. Je plaide pour l'abandon d'un paquet énergie climat dangereux dans ces deux domaines et inefficace dans la perspective de changer le climat à long terme.
Cela ne veut absolument pas dire que je ne me préoccupe pas d'écologie. Je le rappelle d'ailleurs dans mon texte. J'ai la conviction que tous les efforts investis dans le risque climatique visent une mauvaise cible, et qu'ils nous écartent du traitement des vrais dangers environnementaux.
Concernant l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels, vous citez à juste titre les gaspillages d'eau douce et la pollution qui en est résulté, au Canada notamment. C'est une erreur à ne pas reproduire. L'eau utilisée pour faciliter l'extraction des gaz de schistes, par exemple, doit être remontée en surface, où elle doit être débarrassée de ses boues et particules toxiques, pour servir à nouveau dans l'extraction de gaz. Ce fonctionnement en cycle fermé limite les prélèvements d'eau dans la nature et évite la pollution. On peut prendre connaissance du procédé envisagé en France, à Montélimar, en lisant ce bon article de l'Institut Français du Pétrole:
http://www.ifpenergiesnouvelles.fr/...
Ne prenez donc pas ma remarque comme un parti pris global contre l'écologie, mais comme un jugement sur l'opportunité d'une politique bien précise.
@ jean-michel belouve
Je suis "tombé" sur vous par hasard à partir du site http://www.pensee-unique.fr/, et depuis quelques jours seulement, grâce à l'argumentaire scientifique détaillé de ce site, je me pose de sérieuses questions sur la réalité du réchauffement anthropique.
J'ai, du coup, commandé votre livre pour en savoir plus (ou du moins avoir votre avis) sur l'origine de cette "hystérie" (si hystérie il y a).
Contrairement à certains de vos commentateurs ("vivent les verts" et "scientifique") je ne vous connais pas, et n'ai donc aucun à priori "ad hominem", vous me semblez plutôt moins idéologue que beaucoup sur le site de l'Institut Turgot.
Personnellement , j'essaye sur les sujets clés pour l'avenir, que sont l'énergie et l'environnement, d'être le plus "rationnel" possible, mais ce n'est vraiment pas simple au milieu de cette immense "foire" idéologique et affairiste.
Si l'influence du CO2 sur le climat devient négligeable (à suivre), il ne reste "plus" que les problèmes de sécurité énergétique et d'environnement, et c'est déjà pas mal, pour nous occuper de façon utile.
A ce sujet, j'ai pour l'instant une, très, très mauvaise opinion sur l'exploitation des gaz de schiste, j'ai visionné le film Gasland: http://www.agoravox.tv/actualites/e...
,et les derniers développements sur la possible exploitation de gaz de schiste sur Montélimar (retrait du partenaire américain) http://www.lexpansion.com/entrepris...
semblent montrer qu'il y a , au sens propre, comme au figuré, de l'eau dans le gaz sur ce projet.
Si vous en avez le temps, j'aimerai beaucoup avoir votre avis sur ce que nous montre le film "Gasland" est-ce de la désinformation ??? ou une inquiétude légitime. de mon coté je vais regarder avec attention votre lien IFP sur ce sujet.
Bien cordialement.
@ema : si vous avez envie d'avoir une information objective ne faite pas confiance aux sceptiques, ni aux militants écolos. Un conseil d'ami : multipliez les sources et vous pourrez vous faire un avis personnel mais surtout sur le climat et au-delà sur l'environnement, il n 'existe pas de vérité. L'homme et son milieu interagissent constamment et il bien difficile de comprendre cette complexité. Toutefois, ne doutez pas de cela : plus on enverra de GES dans l'atmosphère, plus ça va chauffer. mais est-ce un bien, un mal ? En tout cas, vu ce que l'on fait déjà subir à notre environnement, cela ne fera qu'une pression de plus.
@ hema
Je viens de visionner une bonne partie de la video sur Gasland que vous citez. Ce film est un témoignage sur des pollutions graves de l'eau dues manifestement à des manques de maîtrise des risques industriels, en l'occurrence de risques géologiques miniers. Ce qui alerte particulièrement dans ce film, c'est l'accusation que la nécessaire enquête administrative (confiée à l'EPA en l'occurence) aurait été paralysée par des interventions politiques. Le film semble incriminer Dick Cheney, l'ancien vice-président des USA. Les collusions entre les décideurs politiques et les milieux d'affaire sont des forfaitures contre lesquelles il convient de s'élever.
Cette video, à l'évidence, a été réalisée pour soutenir les arguments environnementaux contre l'exploitation des gaz de schistes. Il est parfaitement légitime que des militants utilisent de tels médias pour soutenir leur cause, lorsque ces médias ne sont pas biaisés ou manipulateurs. Cela ne semble pas être le cas de ce film, même si l'accumulation de témoignages de victimes de la même source de pollution, et des images spectaculaires comme l'eau du robinet qui flambe, lui donnent un fort pouvoir de conviction. Pour se déterminer objectivement, cependant, il faudrait les résultats d'une enquête officielle faite dans les règles de l'art, ce qui manque.
Au vu d'un tel document, on peut en appeler au principe de précaution : la fragmentation des roches présente des risques environnementaux, interdisons là. On renonce alors au gaz de schiste, à l'exploitation "in situ" des roches bitumineuses, à la géothermie profonde, à la récupération ulitime de 15% des ressources initiales des gisements de pétrole conventionnel en voie d'épuisement, etc... C'est ce que voudraient les écologistes, qui veulent également, toujours à cause du risque, qu'on cesse de construire des centrales nucléaires et qu'on démantèle les centrales existantes, qu'on ne produise plus que des produits agricoles bio, qu'on condamne une grande partie des industries chimiques, etc. Les écologistes politiques s'allient en même temps à des partis politiques qui veulent maintenir la retraite à 60 ans, diminuer la durée du travail, maintenir un haut niveau d'assistanat, augmenter les revenus des classes modestes, etc. Tout cela fait un cocktail politique irréaliste et dangereux.
La video a le mérite de présenter un risque écologique bien réel et présent, et cela m'incite à affirmer encore plus fort qu'il convient de cesser de dilapider des masses astronomiques d'argent public à faire la chasse au CO2 et allouer plus de ressources aux risques clairement identifiés et bien présents.
La pression écologiste à le mérite d'inciter les industriels et les pouvoirs publics à consacrer les efforts et les dépenses nécessaires à la gestion des risques. Les dérives qui se sont produites çà et là en Amérique du Nord dans l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels ne doivent pas continuer à se produire, et il semble que nos industriels européens en soient bien conscients. La gestion des risques impose le développement de technologies de prévention, de contrôle et de mesures, d'intervention en cas d'accident, d'information et d'éducation du public. Elle ne supprime pas le risque, mais elle le minore grandement et atténue les conséquences de l'accident. On peut, à cet égard, se référer à la gestion du risque nucléaire industriel qui semble assez bien maîtrisée actuellement.
Maintenant, certains voudraient qu'on aboutisse au risque zéro. Le risque zéro consiste à ne jamais entreprendre quelque chose de nouveau. L'exigence du risque zéro est le plus effrayant des risques qu'encourt notre civilisation : la destruction progressive, par sclérose, de l'industrie et de l'agriculture.
@ la voix du doute
Vous écrivez: "Toutefois, ne doutez pas de cela : plus on enverra de GES dans l'atmosphère, plus ça va chauffer. mais est-ce un bien, un mal ? "
Et bien voyez-vous, cette affirmation que l'augmentation des émissions de GES conduisent à un échauffement perpétuel n'est devenue "vérité publique" que par sa répétition médiatique elle aussi perpétuelle. Cette affirmation est très contestée, par de nombreux scientifiques de renom, au travers d'études scientifiques bien étayées et publiées dans des revues scientifiques qui font contrôler ces écrits par des experts. Les bilans radiatifs présentés par le GIEC font l'objet de nombreuses critiques. Si les modèles du GIEC prévoient un réchauffement de 1,4° C à 5,6 ° C (admirez la marge d'incertitude!) pour un doublement de la concentration en CO2, Richard Lindzen et plusieurs autres (dont Roy Spencer), calculent un réchauffement de l'ordre de 0,4 à 0,6 ° C pour ce même doublement, Ferenc Miskolczi, auteur d'une remarquable étude théorique s'appuyant sur les principes fondamentaux de la thermodynamique fixe la limite du réchauffement à 0,24 ° C, et l'école russe de climatologie et son maître Oleg Sorokhtine dénie toute influence importante à l'effet de serre et limite à quelques centièmes de degrés l'influence du CO2 atmosphérique sur les températures. Et il s'agit là d'études solides, faites par des scientifiques de très haut niveau dont l'expertise peut difficilement être mise en doute.
Alors, qui a raison, et qui se trompe ? Avouez que la place demeure pour le doute en matière d'efet de serre !
@jean-michel belouve
Merci pour votre réponse sur le film gasland.
Personnellement, j'avais été particulièrement troublé, comme vous, par l'attitude des autorités administratives mais aussi par l'aspect extrèmement "low-tech" de ce mode d'exploitation.
Il est évident quand on voit ce film (et même si on lit la doc de l'IFP) que les technologies doivent être très nettement améliorées (voire modifiées) si on veut les utiliser en France (avec la densité de population correspondante).
Et ce qui est extraordinaire, c'est la maladresse (ou la bêtise) avec laquelle on essaye d'introduire cette technologie en France, on fait vraiment tout ce qui faut pour exciter l'écologiste moyen et honnête.
Accorder 6 permis d'exploitation sur le territoire Français avant d'avoir fait une étude de faisabilité et une étude d'impact sur un site ne me semble pas très sérieux.
J'ai eu le plaisir ce matin d'entendre à la radio M. Terzieff (pétrostratégie) qui n'a pas dit autre chose
Ca va faire comme le photovoltaïque ou on a distribué généreusement des milliards de subvention (et quasiment rien au thermique qui est beaucoup plus performant) et fait un moratoire au bout de 3 ans quand enfin on en prend conscience ( avec les dégats correspondants sur la nouvelle filière qui commençait à prendre ses marques)
En gros , on réfléchit pas, on y va, puis on arrête, puis tout le monde est paumé.
A votre avis, il y un plan global ou c'est simplement n'importe quoi???
@ hema
"A votre avis, il y un plan global ou c'est simplement n'importe quoi???"
Il y a eu un plan global, en 1988, lorsque le G7 a défini une politique et décidé de la création du GIEC, et au sommet environnemental de Rio de Janeiro, dit "Sommet de la Terre", en 1992. Ce plan a servi, jusqu'à aujourd'hui, de fil conducteur aux politiques de développement durable des états occidentaux. Ce plan s'est heurté à des résistances majeures, notamment aux USA, venant du Sénat, de Georges Bush, et maintenant d'une majorité de la population, mais surtout de la part des pays en développement, de la Chine et de l'Inde particulièrement. Ce plan s'est heurté à des contraintes économiques, sociologiques, et à des contradictions scientifiques. mais les personnalités politiques les plus en vue, qu'elles conduisent les majorités au pouvoir ou les oppositions, ont pris des positions radicales, et semblent aujourd'hui prisonnières de ce passé. Ces personnalités politiques semblent avoir des difficultés à maîtriser tous les enjeux dont elles ont la charge, surmenées par la quantité excessive de responsabilités dont leurs politiques dirigistes ont submergé l'Etat, contraintes par des impératifs à courte vue, électoraux, clientélistes, carriéristes...Elles manquent d'une culture suffisamment large pour appréhender toutes les données d'un problème, l'aide de leurs conseillers et de leurs états majors est trop souvent biaisée par des objectifs particuliers qui les éloignent de l'intérêt général. Les pressions qu'elles subissent, venant des médias et des lobbies leur font prendre des décisions précipitées. Alors, oui, cela ressemble de plus en plus à du n'importe quoi.
"Elles manquent d'une culture suffisamment large pour appréhender toutes les données d'un problème, l'aide de leurs conseillers et de leurs états majors est trop souvent biaisée par des objectifs particuliers qui les éloignent de l'intérêt général"
oui, vous avez raison, et c'est pour ça que j'ai tant de mal à mettre un bulletin dans l'urne.
Un petit film intéressant sur l'interaction climat et magnétisme terrestre, où l'on retrouve notre ami Stensmark
http://www.agoravox.tv/actualites/e...