Pourquoi cette expérimentation ?

Il s’agit d’une expérience cruciale pour la thèse des climatologues « solaristes », c'est-à-dire ceux qui, comme le Professeur Vincent Courtillot, affirment que l’influence du soleil est importante, voire prépondérante, pour l’évolution du climat. Ils s’opposent en cela à la majorité des climatologues, et à nombre d’experts en sciences de l’environnement, qui considèrent les gaz à effet de serre, et particulièrement le dioxyde de carbone, comme les facteurs déterminants du réchauffement climatique.

En des temps ordinaires, il ne s’agirait là que d’une controverse scientifique, importante certes, mais aux enjeux limités aux développements de la connaissance. Mais notre temps n’est pas ordinaire. L’humanité, par ses maîtres que sont les décideurs politiques, économiques, ses intellectuels et ses communicants, a édifié un gigantesque système socio-économique et politique qui repose entièrement sur un dogme, celui de la responsabilité humaine dans la production de gaz à effet de serre, avec pour conséquence une évolution catastrophique du climat tout au long du siècle à venir.

Une expérience cruciale est telle qu’elle permet de trancher définitivement de la validité d’une théorie scientifique. Si CLOUD aboutit à valider la théorie solariste, alors le rôle des gaz à effet de serre doit être considéré comme mineur, voire infinitésimal ou inexistant. Le contraire, par contre, ne valide pas la théorie de l’effet de serre, mais l’état des esprits est tel, que la conclusion qui n’accorderait qu’une importance secondaire au soleil serait immédiatement considérée comme une preuve décisive de l’importance climatique de l’effet de serre. Voilà donc nos 70 chercheurs de CLOUD investis d’une mission que l’on pourrait comparer à celle des mille aviateurs britanniques de l’été 1940 chargés de faire échec à plusieurs millions de soldats allemands qui s’apprêtaient à envahir leur île, et l’on pourrait dire que jamais des enjeux d’une telle dimension n’ont reposé sur la compétence d’un si petit nombre de spécialistes.

Or les résultats de CLOUD sont désormais connus de ces chercheurs, et doivent être publiés dans les jours ou les semaines qui viennent.

Mais avant d’exposer les enjeux attachés à ces résultats, il convient de présenter succinctement le déroulement des faits scientifiques qui ont conduit à lancer l’expérience CLOUD.

Henrik Svensmark et les rayons cosmiques.

Je raconte dans mon livre, la Servitude climatique , l’histoire du scientifique danois Henrik Svensmark et de sa petite équipe, qui, à partir de 1990, a étudié le rôle des rayons cosmiques dans la formation des couches nuageuses basses. Ceux qui se passionnent pour l’histoire de la science climatique moderne peuvent en apprendre beaucoup plus en lisant le livre de Nigel Calder, The Chilling Star, malheureusement non traduit dans notre langue. Il s’agit d’un récit passionnant, qui nous montre dans quelles conditions la découverte scientifique se développe, de nos jours, et qui met en lumière les attaques et les agressions qui ciblent ceux qui, aujourd’hui, sortent du cadre de la pensée unique.

Le Soleil fournit 99,9 % de l’énergie que reçoit la Terre. L’activité du soleil varie légèrement, son irradiance (2)  augmente avec l’apparition de tâches solaires, et le nombre de celles-ci varie suivant un cycle d’une durée très approximative de 11 ans. Toutefois, les différences de température dues aux variations d’irradiance solaire ne peuvent provoquer que des écarts de température de l’ordre du dixième de degré centigrades, et ce constat a conduit le GIEC à écarter le rayonnement solaire en tant que facteur important de changement climatique. Mais il est un autre phénomène associé à l’apparition de tâches solaires, ce sont les variations de magnétisme de notre astre. Plus il y a de tâches, plus le magnétisme solaire est puissant, et ce magnétisme a pour effet de dévier une partie du rayonnement cosmique qui se dirige vers la Terre. Celle-ci reçoit donc plus de rayons cosmiques lorsque l’activité solaire est nulle ou faible, et nettement moins lorsque cette activité est intense. Tout cela fait partie de la connaissance scientifique établie, et n’est pas susceptible d’être remis en cause.

Henrik Svensmark avait constaté une corrélation significative entre l’activité solaire et les températures à la surface du globe. Il a alors pensé aux rayons cosmiques, et a de nouveau trouvé une corrélation inverse entre les températures et la densité du flux de rayons cosmique atteignant une région donnée de la Terre. Quelle était la relation de cause à effet ? Svensmark pensa immédiatement que les rayons cosmiques provoquaient la formation de nuages, et plus il y a de nuages, plus le flux de rayonnement solaire dirigé vers la Terre est réfléchi par ces nuages, et plus la température baisse. Cette hypothèse s’opposait aux affirmations du GIEC, qui ne voulait voir la cause du changement climatique que dans l’effet de serre et dans le mode de vie des hommes, et, en 1996, le Président du GIEC Bert Bolin qualifia de « naïve et irresponsable » l’idée de Svensmark. Cette qualification de naïve et irresponsable a été réitérée à maintes reprises par l’actuel président du GIEC, Rajendra Patchauri, alors que les indices en faveur de l’hypothèse de Svensmark s’accumulent. Le directeur du chercheur danois, Fritz Christiansen, se mit en quête de crédits pour financer une expérimentation destinée à étayer la thèse de son collaborateur, mais les fonds publics lui furent refusés, et ce n’est que grâce au mécénat de la firme Carlsberg qu’un budget put être réuni pour faire travailler une toute petite équipe dans un modeste laboratoire de Copenhague. L’expérience qui s’y déroula, baptisée SKY, montra bien que de puissants rayons ionisants comparables aux rayons cosmiques créaient des gouttelettes d’eau susceptibles de s’agréger en nuages, dans une enceinte renfermant un mélange gazeux identique à celui de l’atmosphère. Cette expérience ne suffit pas à convaincre la communauté scientifique, et nos chercheurs s’orientèrent vers un programme beaucoup plus ambitieux, et coûteux, destiné à démontrer, non seulement que les ions provoqués par le bombardement cosmique étaient à l’origine de formations nuageuses, mais à déterminer également par quelle succession de phénomènes physiques et chimiques ces transformations s’opéraient. L’obtention de crédits, puis le recrutement de chercheurs s’avérèrent un véritable parcours du combattant.

Entre temps, d’autres chercheurs avaient trouvé, par des recherches dans des sédiments, que les corrélations découvertes par Svensmark s’observaient depuis des millénaires. Le plus connu, et l’un des plus brillants d’entre eux, est israélien, et s’appelle Neil Shaviv. Il faut dire également que d’autres recherches aboutirent à affirmer que les corrélations n’étaient pas aussi évidentes que Svensmark l’affirmait, et affectaient une probabilité de 23% à la validité de la théorie du danois (il convient d’admirer la précision !).

Avant que Cloud ne puisse démarrer, on confia la direction de l’expérimentation à Jasper Kirkby, un scientifique écossais qui avait présenté une thèse décrivant la succession de phénomènes physiques et chimiques qui, à partir d’un ion résultant de l’impact d’un rayon cosmique, aboutit à la formation d’une gouttelette suffisamment grosse pour s’agréger à d’autres et former des nuages. Vérifier que la chaîne de Kirkby correspondait à la réalité, ou qu’elle en était proche, voilà ce qu’on attendait de CLOUD.

Cela dit, nous constatons tous les jours qu’un bolide traversant l’atmosphère crée des trainées nuageuses, et que dans les zones où de nombreux avions de transports circulent, leurs trainées finissent par former des nuages à haute altitude ! Ce qu’un airbus réalise peut-il être réalisé par une particule cosmique ?

CLOUD put démarrer à l’automne 2009. En 2010, les premiers résultats aboutirent à la formation de gouttelettes d’une taille légèrement inférieure à celle qu’on estime nécessaire pour que des nuages se développent. Enfin, on nous annonce aujourd’hui que la première phase de l’expérimentation est terminée et que les conclusions vont être publiées.

Interrogé à cet effet par le quotidien allemand die Welt, le directeur du CERN a fait la déclaration suivante (3) :

"L'expérience a pour but de mieux comprendre la formation des nuages. Il y a beaucoup de facteurs qui influencent ce processus: la température et l'humidité de l'air, la présence de poussières ainsi que le rayonnement cosmique. L'expérience CLOUD examine l'influence du rayonnement cosmique. Il utilise le rayonnement issu d'un accélérateur. Dans la chambre expérimentale nous pouvons examiner sous des conditions contrôlées comment la formation de gouttelettes dépend du rayonnement et des poussières. Les résultats vont être publiés prochainement. J'ai prié mes collègues de simplement présenter les résultats sans les interpréter. Autrement nous entrerions tout de suite dans le débat sur le changement climatique qui est hautement politisé. Nous devrions préciser que le rayonnement cosmique n'est qu'un facteur parmi beaucoup d'autres." (4)

Cette déclaration est révélatrice de l’état dans lequel se trouve la science d’aujourd’hui. Le grand patron du CERN, institution majeure, meurt d’angoisse à l’idée de la tempête politique qu’un exposé scientifique pourrait provoquer, et veut imposer à ses chercheurs une censure, en leur interdisant d’interpréter les résultats de leurs propres expérimentations. Le procédé est condamnable, car à quoi servent les expériences, sans l’interprétation scientifique appropriée.

Pour moi, journaliste, cette décevante faiblesse du directeur du CERN donne une indication forte sur le contenu des résultats de recherche. Le patron du CERN n’aurait pas pris une telle décision s’il n’avait pas conscience que la production de ses chercheurs allait mettre en péril les stratégies et les courants d’affaires engendrés par vingt années de politiques fondées sur les dires du GIEC.

Je suis d’autant plus à l’aise pour formuler une telle conclusion que l’Université d’Aarhus a pris de court les expérimentateurs de CLOUD et réalisé des expériences qui confirment les thèses de Svensmark (5). Tout cela, évidemment, n’est pas publié par nos médias traditionnels, y compris nos revues de vulgarisation scientifiques, et il faut faire de patientes recherches sur la toile pour le découvrir.

Bientôt la fin de la théorie de l’effet de serre.

Sitôt que seront publiés des résultats qui ontreront une succession de phénomènes physicochimiques équivalente à celle prédite par Jasper Kirkby, on peut s’attendre à ce qu’ils soient commentés et interprétés par les scientifiques. Il ne devrait pas être très difficile d’en tirer les effets sur la formation de nuages, puisque nous disposons de statistiques précises de l’évolution de l’activité solaire, de la densité du flux de rayons cosmiques, et que cette densité sera à mettre en balance avec celle des autres éléments qui concourent à la formation de gouttelettes qui font les nuages (les aérosols, ces particules microscopiques qui flottent dans l’atmosphère, qu’il s’agisse de particules d’origine naturelle comme les pollens ou le lœss, ou bien qu’elles soient émises par l’homme, comme les poussières soufrées ou les suies).

La première conséquence sera d’invalider purement et simplement toutes les simulations faites à partir des modèles climatiques, qu’il faudra modifier en tenant compte des cycles solaires, du magnétisme et des rayons cosmiques. Il ne sera plus possible de contester que l’impact du soleil sur les variations de températures terrestres a une importance au moins substantielle, et donc que l’effet de serre, s’il existe, est plus faible que ce que pensaient les experts du GIEC. Cela confirmerait les travaux de Richard Lindzen et d’autres, ainsi que les mesures faites dans le cadre des missions satellites ERBE (6)  et CERES (7), qui montrent que les nuages exercent une rétroaction (8) négative sur les variations de température, et non la rétroaction positive intégrée aux équations de tous les modèles climatiques. Cette cohérence des mesures satellitaires et de la théorie solaire viendrait encore renforcer la validité de cette dernière.

On peut s’attendre à un baroud désespéré de tous ceux qui ont tout misé sur les prévisions du GIEC et sur les campagnes de conditionnement du public. Les lecteurs de la Servitude climatique (chapitre IV) savent que l’argent drainé par les fonds d’investissement dans l’économie du risque climatique se chiffre en milliers de milliards de dollars, et que ces investissements seront en grande partie anéantis si les menaces de l’effet de serre disparaissent. Cela aura un impact lourd sur les patrimoines d’investisseurs et d’épargnants qui ont fait confiance au discours environnemental. Il ne sera plus tolérable de voir l’argent public largement distribué à des filières industrielles vertes qui ne peuvent équilibrer leurs comptes par le seul jeu du marché, et il ne sera plus acceptable, pour les consommateurs, de se voir accabler de surcoûts de facturation d’électricité et de taxes carbone. Le système des échanges de permis d’émission de CO2 n’aura plus aucune raison de se poursuivre, et ce sera une bonne chose pour l’éthique des affaires, tant ce système a donné lieu à des spéculations stériles et à des escroqueries de grande ampleur (9). Qu’adviendra-t-il des industries de l’éolien, du photovoltaïque, des agro-carburants, qui ne peuvent subsister que grâce à des réglementations qui les protègent, des subventions publiques et des contraintes réglementaires imposées aux pétroliers et aux producteurs d’électricité ?

Uns grande partie de la loi Grenelle II perdrait toute pertinence, et le Paquet Energie Climat européen n’aurait plus aucune légitimité. Il sera justifié de demander des comptes aux responsables politiques qui ont soutenu ces initiatives en dépit des doutes croissants sur l’état de la science climatique, des critiques de plus en plus sévères des climato-sceptiques, et des positions de plus en plus prudentes et réservées adoptées par plusieurs grandes académies des sciences. On s’apercevra que ces politiciens ont persisté dans l’erreur (ou la duperie !) pendant plus de vingt années, et qu’ils ont engagé leurs pays dans des impasses. Quand aux organisations écologistes, elles risquent fort de se voir prises à partie par les populations qu’elles ont trompées.

Le lecteur me trouvera peut-être hardi d’affirmer tous ces propos avant même la publication des résultats de CLOUD. Mais c’est à dessein que je fais cela. Il convient d’alerter le public dès maintenant et d’aiguiser sa vigilance. Déjà, les chercheurs de CLOUD se voient censurés par leur hiérarchie dans leur droit d’expression. Il serait étonnant de voir la presse et les médias français donner une quelconque publicité à leur rapport. Mon initiative interpelle tous les défenseurs des libertés, en leur demandant de se préparer à une contre-offensive résolue, de la même ampleur que celle qui a provoqué le climategate. Je n’ai aucune crainte de voir le rapport CLOUD infirmer mes prévisions. Les résultats obtenus par l’équipe de Svensmark dans le cadre de l’expérience SKY me paraissent déjà probants, les résultats partiels de CLOUD diffusés en 2010 étaient plus qu’encourageants, et la récente publication de l’équipe concurrente de celle de CLOUD à l’Université d’Aarhus donne des indications très claires.

Nous devons maintenant exiger que le rapport CLOUD soit publié très rapidement, et qu’aucune manœuvre ne vienne en retarder la diffusion. Nos sites internet et nos blogs doivent pallier les carences des médias traditionnels, et leur arracher tellement de lecteurs et d’auditeurs qu’ils finiront par être obligés de publier sur CLOUD. Nous devrons, bien sur, veiller aux interprétations de ces médias, et rétablir la vérité chaque fois qu’elle aura été malmenée. Notre offensive gagnera encore des adeptes à Internet, substitut d’une presse défaillante et décadente. Et bien entendu, nous devrons demander des comptes aux responsables politiques, exiger l’abrogation de lois injustes et injustifées, des sanctions contre le GIEC, qui nous a trompés et qui n’aura plus aucune raison d’exister, l’arrêt du gaspillage d’argent public investi dans l’effet de serre, etc.

Nous n’avons pas à craindre l’échec, car la rébellion à laquelle j’invite sera internationale. Il est bien évident qu’aux Etats Unis, le Parti Républicain, qui refuse d’obtempérer au GIEC et d’adopter la politique carbone d’Obama, utilisera l’expérience Cloud pour achever de discréditer le président démocrate en place, un an avant les élections présidentielles. Je ne doute pas non plus des britanniques, qui trouveront une occasion d’attaquer les politiques environnementales impopulaires de Cameron, Gordon Brown et Toni Blair. La politique d’austérité imposée aux britanniques s’accorde l’enchérissement continuel de l’électricité causé par le gigantesque programme d’éoliennes offshore du Royaume Uni (10)  .

Les politiciens qui ont construit leur fond de commerce sur des politiques de contraintes et d’intervention étatique motivées par le changement climatique continueront probablement à nier l’évidence. Ils ont tellement investi sur ces politiques là, et sur la menace climatique, qu’on devrait les voir s’obstiner, par dissonance cognitive, à marteler leurs slogans et leurs poncifs. Ce faisant, ils achèveront de se déconsidérer. Mais ils seront paralysés dans leurs initiatives par la résistance croissante de l’opinion, et n’auront pas d’autre choix que de finir par se soumettre.

Mesdames et Messieurs les chercheurs de CLOUD, au rapport !

REFERENCES

(4) [source : article de Welt online, en allemand . traduction Edgar Gärtner]