Je rappelle que ce rapport résulte d’une demande faite à l’Académie par la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, saisie d’une plainte de 600 professionnels de la recherche climatique contre les écrits de Claude Allègre et de Vincent Courtillot.

Dans les minutes qui suivaient, le texte de l’AFP a été repris et commenté de façon lapidaire par un grand nombre de médias. Il en ressortait que la cause était entendue, l’Académie donnait tort à Claude Allègre, confirmait les thèses du GIEC, etc. Le Point, le Monde, les Echos, La Croix, Libération, nombre de quotidiens régionaux, Sciences et Avenir, et bien d’autres, aussitôt relayés par des centaines de blogs, répandaient le message sous des titres accrocheurs. Certains mentionnaient, en fin d’article, que l’Académie notait l’existence de quelques incertitudes, ce qu’ils présentaient comme des concessions mineures faites aux climato-sceptiques.

Je n’eus pas à attendre longtemps pour juger de la pertinence des informations rapportées par ces médias : à treize heures, le rapport de l’Académie était en ligne. Après l’avoir parcouru, je pouvais apprécier comment Madame Snegaroff avait sélectionné quelques phrases de ce rapport de 12 pages pour lui faire dire que l’Académie donnait raison au GIEC et tort à Claude Allègre.

La lecture du texte de cette institution montre au contraire que, si certaines connaissances climatologiques sont considérées comme fiables, les incertitudes demeurent nombreuses et exigent qu’on poursuive les recherches dans bien des domaines. Ce texte se démarque donc des affirmations du GIEC,- dont les porte-paroles affirment depuis 2007 que le débat est clos-, et nous éclaire en partie sur le manque actuel de connaissances scientifiques en matière de climat.

L’Académie, dans son document, ne prétend pas faire un état des lieux de la science, ni du changement climatique. Il déclare en liminaire :

« Le présent rapport est une synthèse des interventions et discussions prononcées lors du débat sur le climat le 20 septembre 2010 à l’Académie des sciences, des contributions écrites qui l’ont précédé et des nombreux échanges et commentaires qui l’ont suivi ».

La portée de ce document est donc limitée, et il ne saurait suffire à lui seul, pour des prises de décisions politiques, par exemple. Sa brièveté étonne : 12 pages, 4300 mots. C’est peu pour résumer une journée entière d’exposés très denses et 130 contributions écrites de scientifiques. D’ailleurs, nombre de commentateurs avaient fait observer qu’une journée d’exposés limités à sept minutes et à la présentation de cinq diapositives par intervenant était insuffisante pour faire une évaluation des thèses présentées par le GIEC et des multiples communications des scientifiques sceptiques.

Nombre de sujets importants n’ont été qu’effleurés, ou n’ont pas été abordés. La synthèse, à mon sens trop courte, qu’en fait l’Académie, laisse en suspens bien des questions demeurées sans réponse sur l’état de la science.

Il faut mentionner que le rapport a reçu l’approbation des 75 membres de l’Académie ayant participé à la journée du 20 septembre 2010. Claude Allègre et Vincent Courtillot l’ont approuvé, de même que leurs détracteurs Jean Jouzel et Edouard Bard. La brièveté du document s’explique probablement par le désir d’aboutir à une telle unanimité, et clore ainsi, non pas le débat scientifique, mais la polémique née de la pétition visant Claude Allègre et Vincent Courtillot. Il en résulte un texte dans lequel sont reconnues certaines conclusions des partisans du GIEC et sont présentées les arguments des contradicteurs de ce groupe d’experts, ainsi que certaines faiblesses des travaux des uns et des autres.

Dans ces conditions, clamer, comme l’ont entrepris les médias, que le rapport de l’Académie scelle la défaite totale des climato-sceptiques n’est qu’un procédé de manipulation de l’opinion. Un de plus !

Pour apprécier ce que nous apporte le texte des académiciens, et ce qui manque à ce texte, il est nécessaire d’en faire la lecture et l’analyse, paragraphe par paragraphe.

Le réchauffement, l’effet de serre et la responsabilité humaine 

Après avoir rappelé que

« l’analyse de l’évolution du climat impose de disposer d’observations globales de toutes les composantes du système climatique, sur de longues périodes»,

le rapport souligne que

« c’est seulement depuis le milieu des années 1970 que les programmes d’observations par satellites, complétés par des systèmes d’observation in situ, permettent d’obtenir des ensembles de données climatiques échantillonnées régulièrement dans l’espace et le temps ».

Dès le début, les académiciens font preuve de prudence, en mentionnant le peu d’années pendant lesquelles on dispose de données précises par rapport aux longues périodes d’observation qui seraient nécessaires.

Cette précaution prise, ils notent que

«L’augmentation de la température de surface sur la Terre est de 0,8 ± 0,2 °C depuis 1870….avec deux périodes de plus forte augmentation (approximativement de 1910 à 1940 et de 1975 à 2000) encadrées par des périodes de stagnation ou de décroissance »,

puis traitent de divers indicateurs à prendre en compte, pour conclure la première section ainsi :

« En résumé, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, plusieurs indicateurs indépendants montrent sans ambiguïté un réchauffement climatique, post‐Petit âge glaciaire, modulé dans le temps, avec une augmentation de 1975 à 2003 ».

La période cruciale est donc celle de vingt-huit ans qui commence en 1975 pour s’achever en 2003. La référence au Petit âge glaciaire n’est certainement pas fortuite, et peut suggérer que la variabilité du climat est faite d’alternan ces de froid et de chaud sur des périodes de plusieurs siècles. On aurait apprécié un peu plus d’information, et, par exemple, un rappel de la période chaude de l’Optimum médiéval.

Le rapport passe alors en revue le forçage provoqué par les gaz à effet de serre : dioxyde de carbone, méthane et protoxyde d’azote. Il attribue sans ambigüité l’augmentation de la concentration de ces gaz aux activités humaines. Il ajoute que les variations des radiations du soleil ne provoquent qu’un forçage de l’ordre de un dixième par rapport à celui des gaz à effet de serre, et que, d’autre part, l’activité solaire ne peut expliquer la hausse de températures intervenues entre 1975 et 2003.

C’est sur le contenu de ce dernier paragraphe que les médias concluent que l’Académie approuve les analyses du GIEC, sanctionne les théories solaires du réchauffement, et rend les hommes responsables du changement climatique. Des remarques qui portent sur la période précise de 1975-2003 sont présentées comme ayant valeur universelle pour le passé, le présent et l’avenir.

Or l’Académie poursuit en indiquant que

« Tous les mécanismes de transmission et d’amplification du forçage solaire, et en particulier de l’activité solaire, ne sont pas encore bien compris ».

Elle aborde également la question des effets indirects du soleil sur la formation des nuages, selon des mécanismes physiques encore mal élucidés et qui font l’objet d’importantes recherches expérimentales au CERN de Genève. Elle aborde le rôle régulateur du climat joué par les océans et par les perturbations naturelles, « encore insuffisamment connues », de type El Niño et Oscillation Nord-Atlantique.

L’effet direct d’un changement de concentration du CO2 atmosphérique est qualifié de « bien compris ». Un doublement de la concentration en CO2 aurait pour effet d’augmenter la température moyenne de surface de 1,1 ° C.

Il convient d’introduire ici une parenthèse. Un doublement de la concentration signifie que l’on atteigne 770 ppm (770 molécules de CO2 dans un million de molécules atmosphériques, tous gaz confondus), au lieu des 386 ppm d’aujourd’hui. Si on brulait toutes les réserves actuellement connues de pétrole, de gaz et de charbon, on serait encore loin d’atteindre le niveau de 770 ppm. Et, dans cette hypothèse, on aurait donc une augmentation « directe » de température inférieure au 1,1° C mentionné ci-dessus.

La parenthèse refermée, le rapport s’intéresse aux effets indirects d’une augmentation de la concentration en CO2, et note que

« les incertitudes sur l’effet global indirect d’un changement de concentration du CO2, avec toutes les rétroactions prises en compte, font l’objet de débats au sein de la communauté des climatologues ».

On aborde là un point crucial de la dispute entre partisans et détracteurs du GIEC. Il est certain qu’un réchauffement de 1,1 ° C qui se produirait en un siècle ou plus n’aurait rien d’alarmant. Les effets seraient même plutôt bénéfiques. Mais les climatologues qui inspirent le GIEC affirment que l’effet direct du CO2 est fortement amplifié par des rétroactions positives. Un réchauffement direct de 1,1° C aurait pour effet de charger l’atmosphère de quantités considérables de vapeur d’eau, résultant de l’évaporation des océans, des eaux de surface et de la transpiration des plantes. Or la vapeur d’eau est un gaz à effet de serre dont le forçage s’ajouterait à celui du CO2 pour augmenter la température atmosphérique bien au-delà de 1,1° C.

Les sceptiques, au contraire, exposent que la nature dispose de rétroactions négatives, la principale étant la formation de nuages, engendrés en plus grande quantité par cette vapeur d’eau supplémentaire. L’extension de la couverture nuageuse a pour effet d’augmenter la réflexion de la lumière solaire vers l’espace, et donc de diminuer le flux d’énergie qui vient chauffer la surface terrestre. Dès lors, l’effet global sur la température, en cas de doublement de la concentration en CO2, serait nettement au dessous de 1,1° C : la rétroaction est fortement négative.

Bien entendu, il aurait été instructif de connaître la position de l’Académie sur cette alternative. Mais cette institution va traiter habilement de cette question en évitant soigneusement de trancher entre les thèses contradictoires. A ce point de son exposé, en effet elle passe à une nouvelle section traitant des modèles climatiques. Et elle va se contenter de décrire quels types de rétroactions font apparaître les modèles. C’est probablement par de telles habiletés dialectiques qu’elle a pu obtenir l’assentiment d’un Jouzel, champion des rétroactions positives, et de Courtillot et Allègre, qui défendent les rétroactions négatives induites par la couverture nuageuse.

Les modèles climatiques.

L’Académie commence par exposer le dilemme auquel sont confrontés les modélisateurs face aux lacunes subsistant dans la connaissance du climat, et face aux limites de puissance de calcul des ordinateurs :

« La modélisation des processus doit tenir compte de deux types de mécanismes : tout d’abord ceux pour lesquels les processus physicochimiques sont bien compris et peuvent être traduits en équations, et les autres, trop complexes, qui ne peuvent être actuellement décrits que par des relations phénoménologiques fondées sur des observations ».

Qu’en termes subtils ces choses là sont dites ! Ces « relations phénoménologiques » ne sont que des équations créées par les scientifiques pour relier entre elles des séries de mesures ou d’observations dont on ne sait pas de quelles lois physiques elles résultent. Leur intérêt est de faire que les modèles reproduiront lesdites mesures et observations lorsqu’on les testera. Mais rien ne permet d’affirmer, ni même de penser, que ces équations correspondent à de véritables lois de la nature. Ce ne sont que des artefacts destinés à bâtir des modèles qui « fonctionnent », sans qu’on ait besoin de comprendre le mécanisme des phénomènes qu’ils sont censés simuler. L’itération de telles approximations dans des simulations portant sur plusieurs décennies peuvent conduire à des résultats complètement déconnectés des réalités envisageables.

L’analyse que fait l’Académie de ces modélisations empiriques est toute en finesse.

« La rétroaction radiative de la vapeur d’eau à une élévation de température de 1,1 ± 0,2 °C produite par un doublement du CO2, conduit, dans toutes les modélisations, à augmenter l’effet direct de 0,5 à 1 °C. Les recherches continuent sur d’éventuels effets complémentaires induits ».

Ce n’est pas l’Académie qui affirme, ce sont les modèles… Et la température, de 1,1 °C passe à 1°6 à 2,1° C.

Et puis, il y a les nuages :

« Les modèles les moins ‘sensibles’ prédisent un effet global des nuages approximativement neutre, alors que les modèles plus ‘sensibles’ conduisent à un réchauffement supplémentaire de l’ordre de 2 °C, pour un doublement de la concentration en CO2 ».

1,6 °C à 2,1 ° C augmentés de 0 à 2° C égalent 1,6° C à 4,1° C. Et voilà reconstituée la fourchette que le GIEC nous promet pour la fin du XXIème siècle. Cette présentation de l’Académie met en évidence que les modèles climatiques mettent en jeu des relations mathématiques qui différent d’un modèle à l’autre et aboutissent à des résultats sensiblement différents en matière de prévisions.

Suivent ensuite toutes les réserves à faire sur nos capacités actuelles à élaborer des modèles parfaits :

« Les modèles climatiques actuels ont une résolution spatiale de plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres, qui ne permet pas de décrire les nuages individuellement mais seulement statistiquement, au travers de modèles empiriques ».

En fait, les mailles des meilleurs modèles actuels sont de 110x110 km.

« Les variations multidécennales de l’océan (Oscillations Nord‐Atlantique, El Niño, …) sont encore difficiles à modéliser ».

« Les effets de la végétation ou de la biologie marine, qui affectent directement l’albédo des surfaces continentales ou marines, ne peuvent être modélisés à partir de processus biologiques fondamentaux. L’albédo est décrit par des relations empiriques, déduites d’une combinaison d’observations satellitaires et au sol ».

Concernant la validation des modèles, l’Académie note que

« la capacité des modèles climatiques à reproduire les évolutions passées du climat à l’échelle pluridécennale est limitée par le fait que des données homogènes ne sont apparues que dans les années 1970 ».

Suit une phrase dont le lecteur appréciera toute la subtilité et la substance :

« La validité des projections pour les décennies à venir et leurs incertitudes sont une question centrale. La comparaison des résultats de ces projections fournit une indication sur les incertitudes dues aux différences de modélisation de certains mécanismes. De plus, les mécanismes non encore identifiés ne sont naturellement pas inclus dans les modèles ».

La phrase suivante nous apporte plus de précisions sur la confiance à accorder aux modèles :

«Les corrélations directes purement statistiques entre deux quantités sont utiles pour mettre en évidence des couplages non modélisés ou mal représentés, mais non pour tester précisément les mécanismes internes aux modèles et leur pertinence quant à la simulation des variations du climat. C’est une partie des débats actuels entre scientifiques ».

  Cela signifie que le fait d’obtenir des simulations du passé dont les résultats concordent avec les observations ne suffit pas à garantir le fonctionnement pertinent des modèles!

« Les éventuels comportements fortement instables ou chaotiques du système atmosphère‐océan ‐cryosphère‐surfaces continentales sont un autre facteur important d’incertitude. La nature des comportements chaotiques ou de bifurcations entre états bien distincts du système climatique demeure ouverte et fait l’objet d’un intense effort de recherche au niveau international ».

Cette déclaration, qui conclut la section sur les modèles, est capitale. Elle pose le problème des phénomènes chaotiques inhérents aux systèmes complexes tels la météorologie ou le climat. La théorie du chaos, appliquée aux phénomènes météorologiques par Lorenz, en 1963, et universellement admise, popularisée par « l’effet papillon », démontre que les comportements à moyen et long terme de tels systèmes sont imprévisibles. Les lecteurs de mon livre, « la Servitude Climatique », peuvent relire à ce sujet les pages 92 à 94.

Malgré toutes ces réserves, les académiciens se hasardent à écrire dans les conclusions du rapport que

« Les projections de l’évolution climatique sur 30 à 50 ans sont peu affectées par les incertitudes sur la modélisation des processus à évolution lente ».

Il est probable que nombre de spécialistes s’interrogeront sur le bien fondé de cette affirmation.

Ce dont le rapport ne parle pas

Le rapport de l’Académie n’apporte rien de nouveau sur le plan scientifique. Ce n’était pas l’objectif de ses rédacteurs. Il ne tranche pas dans une querelle de scientifiques, mais classe les connaissances selon le degré de confiance qu’on peut leur accorder. Pour obtenir un consensus, elle a du faire des efforts de rhétorique, user de ruses de langage, de litotes et de formulations bien comprises des scientifiques mais qui peuvent dérouter le lecteur moins instruit.

L’inconvénient, c’est que le public, même cultivé, mais démuni d’expérience scientifique suffisante, peut se tromper dans l’interprétation de ce texte. La Ministre Valérie Pécresse a l’habitude de ces rédactions diplomatiques dans lesquelles il faut savoir découvrir des vérités qui ne sont pas explicitées mais simplement suggérées. Les bons journalistes ont également l’expérience de ce type d’écrits. Mais il est facile, pour eux, d’en faire l’interprétation qui les arrange. Cela fait dire à Madame Pécresse, dont le communiqué est cité par Libération :

«Il y a bien un réchauffement climatique et qui n’est pas provoqué par l’activité solaire. Ce réchauffement climatique s’explique par une concentration des gaz à effet de serre, et en premier lieu du CO2. Et cette augmentation du CO2 est due principalement à l’activité humaine. Nous avons ici un exemple clair de ce que la science apporte aux responsables politiques : un constat univoque de l’impact des activités humaines sur l’environnement.»

Jean Jouzel déclare à « La Tribune » qu’il lit ce rapport « comme un désaveu des thèses de Claude Allègre, Vincent Courtillot et d’autres », et passe sous silence les importantes réserves sur les modèles climatiques (qui visent donc également celui qu’il met en œuvre dans le cadre de l’Institut Pierre-Simon Laplace qu’il dirige).

Des questions majeures n’ont pas été abordées :

- Les modélisations climatiques montrent toutes que l’effet de serre provoque des augmentations de température nettement supérieures à celles constatées au sol lorsqu’on se situe à plusieurs milliers de mètres d’altitude dans les zones inter-tropicales, mais les mesures effectuées par satellites et ballons sonde montrent que les hausses de température sont équivalentes à toutes les altitudes.

- Les modélisations considèrent que l’humidité relative de l’atmosphère reste constante lorsque la température monte. Pourtant, les mesures montrent que l’humidité relative décroit de façon importante entre 1975 et 2000 à toutes les altitudes supérieures à 2000 mètres.

- Les modélisations montrent des apports d’énergie censées être absorbées par la Terre, mais dont aucune mesure ne permet de trouver où est stockée la part de cette énergie qui n’apparait pas dans les températures, ce qui pose la question de savoir où est passée « l’énergie manquante ».

- Les modélisations font état de flux d’énergie lumineuse quittant l’atmosphère qui décroissent lorsque la température augmente ce qui indique une rétroaction positive, alors que les observations par satellites montrent que ces flux augmentent avec la température et provoquent une rétroaction négative (plusieurs études et observations, portant sur les mesures satellitaires des missions ERBE et CERES).

Et l’on peut citer bien d’autres contradictions non examinées. Mais il faut rappeler que la démarche de l’Académie n’avait aucun objectif d’exhaustivité.

Ce qui apparait avec évidence au lecteur attentif de ce rapport, c’est que la somme des incertitudes est telle qu’on ne peut considérer comme science avérée les théories professées par le GIEC, et que les critiques de personnalités telles que Claude Allègre et Vincent Courtillot ne sont aucunement réfutées par le travail de l’Académie, quand bien même on ne saurait affirmer que tous les arguments de ces deux « climato-sceptiques » sont irréfutables. Le champ de l’incertitude reste ample, et les décisions politiques qui se prennent en fonction des propositions du GIEC sont bien téméraires.

Malheureusement, ce rapport fait déjà l’objet d’un battage médiatique qui vise à rétablir la confiance du public, quelque peu entamée, vis-à-vis des thèses catastrophistes du GIEC, d’Al Gore, de Nicolas Hulot, Yann Arthus Bertrand et consorts. A un mois de l’ouverture du sommet climatique de Cancùn, menacé de rencontrer l’indifférence générale, cela tombe à pic.

Ont peut penser que les nombreux scientifiques français qui vont lire le texte des académiciens tireront des conclusions bien différentes, et mesureront toutes les insuffisances de la science climatique actuelle. Un tel résultat serait positif, s’il contribuait à lever les censures qui s’exercent dans ce milieu et empêchent nombre de chercheurs d’exprimer leurs doutes ou leurs opinions. Trait_html_691a601b.jpg

En complément, voir et écouter l'excellente interview en vidéo de Vincent Courtillot diffusée par France culture dans son émission Science publique du 29 octobre.