Académie des sciences : l'analyse du rapport
Par Jean-Michel Bélouve le samedi 30 octobre 2010, 19:24 - Note de synthèse - Lien permanent
Une dépêche de l’AFP, tombée le 28 octobre à 11 h 30, nous informe de la publication du rapport de l’Académie des Sciences relatif au changement climatique.
La communication, signée de Claire Snegaroff, qui publie très régulièrement des papiers à sensation sur le réchauffement global, est titré : « Climat : l’Académie des Sciences réfute les thèses de Claude Allègre »
Je rappelle que ce rapport résulte d’une demande faite à l’Académie par la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, saisie d’une plainte de 600 professionnels de la recherche climatique contre les écrits de Claude Allègre et de Vincent Courtillot.
Dans les minutes qui suivaient, le texte de l’AFP a été repris et commenté de façon lapidaire par un grand nombre de médias. Il en ressortait que la cause était entendue, l’Académie donnait tort à Claude Allègre, confirmait les thèses du GIEC, etc. Le Point, le Monde, les Echos, La Croix, Libération, nombre de quotidiens régionaux, Sciences et Avenir, et bien d’autres, aussitôt relayés par des centaines de blogs, répandaient le message sous des titres accrocheurs. Certains mentionnaient, en fin d’article, que l’Académie notait l’existence de quelques incertitudes, ce qu’ils présentaient comme des concessions mineures faites aux climato-sceptiques.
Je n’eus pas à attendre longtemps pour juger de la pertinence des informations rapportées par ces médias : à treize heures, le rapport de l’Académie était en ligne. Après l’avoir parcouru, je pouvais apprécier comment Madame Snegaroff avait sélectionné quelques phrases de ce rapport de 12 pages pour lui faire dire que l’Académie donnait raison au GIEC et tort à Claude Allègre.
La lecture du texte de cette institution montre au contraire que, si certaines connaissances climatologiques sont considérées comme fiables, les incertitudes demeurent nombreuses et exigent qu’on poursuive les recherches dans bien des domaines. Ce texte se démarque donc des affirmations du GIEC,- dont les porte-paroles affirment depuis 2007 que le débat est clos-, et nous éclaire en partie sur le manque actuel de connaissances scientifiques en matière de climat.
L’Académie, dans son document, ne prétend pas faire un état des lieux de la science, ni du changement climatique. Il déclare en liminaire :
« Le présent rapport est une synthèse des interventions et discussions prononcées lors du débat sur le climat le 20 septembre 2010 à l’Académie des sciences, des contributions écrites qui l’ont précédé et des nombreux échanges et commentaires qui l’ont suivi ».
La portée de ce document est donc limitée, et il ne saurait suffire à lui seul, pour des prises de décisions politiques, par exemple. Sa brièveté étonne : 12 pages, 4300 mots. C’est peu pour résumer une journée entière d’exposés très denses et 130 contributions écrites de scientifiques. D’ailleurs, nombre de commentateurs avaient fait observer qu’une journée d’exposés limités à sept minutes et à la présentation de cinq diapositives par intervenant était insuffisante pour faire une évaluation des thèses présentées par le GIEC et des multiples communications des scientifiques sceptiques.
Nombre de sujets importants n’ont été qu’effleurés, ou n’ont pas été abordés. La synthèse, à mon sens trop courte, qu’en fait l’Académie, laisse en suspens bien des questions demeurées sans réponse sur l’état de la science.
Il faut mentionner que le rapport a reçu l’approbation des 75 membres de l’Académie ayant participé à la journée du 20 septembre 2010. Claude Allègre et Vincent Courtillot l’ont approuvé, de même que leurs détracteurs Jean Jouzel et Edouard Bard. La brièveté du document s’explique probablement par le désir d’aboutir à une telle unanimité, et clore ainsi, non pas le débat scientifique, mais la polémique née de la pétition visant Claude Allègre et Vincent Courtillot. Il en résulte un texte dans lequel sont reconnues certaines conclusions des partisans du GIEC et sont présentées les arguments des contradicteurs de ce groupe d’experts, ainsi que certaines faiblesses des travaux des uns et des autres.
Dans ces conditions, clamer, comme l’ont entrepris les médias, que le rapport de l’Académie scelle la défaite totale des climato-sceptiques n’est qu’un procédé de manipulation de l’opinion. Un de plus !
Pour apprécier ce que nous apporte le texte des académiciens, et ce qui manque à ce texte, il est nécessaire d’en faire la lecture et l’analyse, paragraphe par paragraphe.
Le réchauffement, l’effet de serre et la responsabilité humaine
Après avoir rappelé que
« l’analyse de l’évolution du climat impose de disposer d’observations globales de toutes les composantes du système climatique, sur de longues périodes»,
le rapport souligne que
« c’est seulement depuis le milieu des années 1970 que les programmes d’observations par satellites, complétés par des systèmes d’observation in situ, permettent d’obtenir des ensembles de données climatiques échantillonnées régulièrement dans l’espace et le temps ».
Dès le début, les académiciens font preuve de prudence, en mentionnant le peu d’années pendant lesquelles on dispose de données précises par rapport aux longues périodes d’observation qui seraient nécessaires.
Cette précaution prise, ils notent que
«L’augmentation de la température de surface sur la Terre est de 0,8 ± 0,2 °C depuis 1870….avec deux périodes de plus forte augmentation (approximativement de 1910 à 1940 et de 1975 à 2000) encadrées par des périodes de stagnation ou de décroissance »,
puis traitent de divers indicateurs à prendre en compte, pour conclure la première section ainsi :
« En résumé, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, plusieurs indicateurs indépendants montrent sans ambiguïté un réchauffement climatique, post‐Petit âge glaciaire, modulé dans le temps, avec une augmentation de 1975 à 2003 ».
La période cruciale est donc celle de vingt-huit ans qui commence en 1975 pour s’achever en 2003. La référence au Petit âge glaciaire n’est certainement pas fortuite, et peut suggérer que la variabilité du climat est faite d’alternan ces de froid et de chaud sur des périodes de plusieurs siècles. On aurait apprécié un peu plus d’information, et, par exemple, un rappel de la période chaude de l’Optimum médiéval.
Le rapport passe alors en revue le forçage provoqué par les gaz à effet de serre : dioxyde de carbone, méthane et protoxyde d’azote. Il attribue sans ambigüité l’augmentation de la concentration de ces gaz aux activités humaines. Il ajoute que les variations des radiations du soleil ne provoquent qu’un forçage de l’ordre de un dixième par rapport à celui des gaz à effet de serre, et que, d’autre part, l’activité solaire ne peut expliquer la hausse de températures intervenues entre 1975 et 2003.
C’est sur le contenu de ce dernier paragraphe que les médias concluent que l’Académie approuve les analyses du GIEC, sanctionne les théories solaires du réchauffement, et rend les hommes responsables du changement climatique. Des remarques qui portent sur la période précise de 1975-2003 sont présentées comme ayant valeur universelle pour le passé, le présent et l’avenir.
Or l’Académie poursuit en indiquant que
« Tous les mécanismes de transmission et d’amplification du forçage solaire, et en particulier de l’activité solaire, ne sont pas encore bien compris ».
Elle aborde également la question des effets indirects du soleil sur la formation des nuages, selon des mécanismes physiques encore mal élucidés et qui font l’objet d’importantes recherches expérimentales au CERN de Genève. Elle aborde le rôle régulateur du climat joué par les océans et par les perturbations naturelles, « encore insuffisamment connues », de type El Niño et Oscillation Nord-Atlantique.
L’effet direct d’un changement de concentration du CO2 atmosphérique est qualifié de « bien compris ». Un doublement de la concentration en CO2 aurait pour effet d’augmenter la température moyenne de surface de 1,1 ° C.
Il convient d’introduire ici une parenthèse. Un doublement de la concentration signifie que l’on atteigne 770 ppm (770 molécules de CO2 dans un million de molécules atmosphériques, tous gaz confondus), au lieu des 386 ppm d’aujourd’hui. Si on brulait toutes les réserves actuellement connues de pétrole, de gaz et de charbon, on serait encore loin d’atteindre le niveau de 770 ppm. Et, dans cette hypothèse, on aurait donc une augmentation « directe » de température inférieure au 1,1° C mentionné ci-dessus.
La parenthèse refermée, le rapport s’intéresse aux effets indirects d’une augmentation de la concentration en CO2, et note que
« les incertitudes sur l’effet global indirect d’un changement de concentration du CO2, avec toutes les rétroactions prises en compte, font l’objet de débats au sein de la communauté des climatologues ».
On aborde là un point crucial de la dispute entre partisans et détracteurs du GIEC. Il est certain qu’un réchauffement de 1,1 ° C qui se produirait en un siècle ou plus n’aurait rien d’alarmant. Les effets seraient même plutôt bénéfiques. Mais les climatologues qui inspirent le GIEC affirment que l’effet direct du CO2 est fortement amplifié par des rétroactions positives. Un réchauffement direct de 1,1° C aurait pour effet de charger l’atmosphère de quantités considérables de vapeur d’eau, résultant de l’évaporation des océans, des eaux de surface et de la transpiration des plantes. Or la vapeur d’eau est un gaz à effet de serre dont le forçage s’ajouterait à celui du CO2 pour augmenter la température atmosphérique bien au-delà de 1,1° C.
Les sceptiques, au contraire, exposent que la nature dispose de rétroactions négatives, la principale étant la formation de nuages, engendrés en plus grande quantité par cette vapeur d’eau supplémentaire. L’extension de la couverture nuageuse a pour effet d’augmenter la réflexion de la lumière solaire vers l’espace, et donc de diminuer le flux d’énergie qui vient chauffer la surface terrestre. Dès lors, l’effet global sur la température, en cas de doublement de la concentration en CO2, serait nettement au dessous de 1,1° C : la rétroaction est fortement négative.
Bien entendu, il aurait été instructif de connaître la position de l’Académie sur cette alternative. Mais cette institution va traiter habilement de cette question en évitant soigneusement de trancher entre les thèses contradictoires. A ce point de son exposé, en effet elle passe à une nouvelle section traitant des modèles climatiques. Et elle va se contenter de décrire quels types de rétroactions font apparaître les modèles. C’est probablement par de telles habiletés dialectiques qu’elle a pu obtenir l’assentiment d’un Jouzel, champion des rétroactions positives, et de Courtillot et Allègre, qui défendent les rétroactions négatives induites par la couverture nuageuse.
Les modèles climatiques.
L’Académie commence par exposer le dilemme auquel sont confrontés les modélisateurs face aux lacunes subsistant dans la connaissance du climat, et face aux limites de puissance de calcul des ordinateurs :
« La modélisation des processus doit tenir compte de deux types de mécanismes : tout d’abord ceux pour lesquels les processus physicochimiques sont bien compris et peuvent être traduits en équations, et les autres, trop complexes, qui ne peuvent être actuellement décrits que par des relations phénoménologiques fondées sur des observations ».
Qu’en termes subtils ces choses là sont dites ! Ces « relations phénoménologiques » ne sont que des équations créées par les scientifiques pour relier entre elles des séries de mesures ou d’observations dont on ne sait pas de quelles lois physiques elles résultent. Leur intérêt est de faire que les modèles reproduiront lesdites mesures et observations lorsqu’on les testera. Mais rien ne permet d’affirmer, ni même de penser, que ces équations correspondent à de véritables lois de la nature. Ce ne sont que des artefacts destinés à bâtir des modèles qui « fonctionnent », sans qu’on ait besoin de comprendre le mécanisme des phénomènes qu’ils sont censés simuler. L’itération de telles approximations dans des simulations portant sur plusieurs décennies peuvent conduire à des résultats complètement déconnectés des réalités envisageables.
L’analyse que fait l’Académie de ces modélisations empiriques est toute en finesse.
« La rétroaction radiative de la vapeur d’eau à une élévation de température de 1,1 ± 0,2 °C produite par un doublement du CO2, conduit, dans toutes les modélisations, à augmenter l’effet direct de 0,5 à 1 °C. Les recherches continuent sur d’éventuels effets complémentaires induits ».
Ce n’est pas l’Académie qui affirme, ce sont les modèles… Et la température, de 1,1 °C passe à 1°6 à 2,1° C.
Et puis, il y a les nuages :
« Les modèles les moins ‘sensibles’ prédisent un effet global des nuages approximativement neutre, alors que les modèles plus ‘sensibles’ conduisent à un réchauffement supplémentaire de l’ordre de 2 °C, pour un doublement de la concentration en CO2 ».
1,6 °C à 2,1 ° C augmentés de 0 à 2° C égalent 1,6° C à 4,1° C. Et voilà reconstituée la fourchette que le GIEC nous promet pour la fin du XXIème siècle. Cette présentation de l’Académie met en évidence que les modèles climatiques mettent en jeu des relations mathématiques qui différent d’un modèle à l’autre et aboutissent à des résultats sensiblement différents en matière de prévisions.
Suivent ensuite toutes les réserves à faire sur nos capacités actuelles à élaborer des modèles parfaits :
« Les modèles climatiques actuels ont une résolution spatiale de plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres, qui ne permet pas de décrire les nuages individuellement mais seulement statistiquement, au travers de modèles empiriques ».
En fait, les mailles des meilleurs modèles actuels sont de 110x110 km.
« Les variations multidécennales de l’océan (Oscillations Nord‐Atlantique, El Niño, …) sont encore difficiles à modéliser ».
« Les effets de la végétation ou de la biologie marine, qui affectent directement l’albédo des surfaces continentales ou marines, ne peuvent être modélisés à partir de processus biologiques fondamentaux. L’albédo est décrit par des relations empiriques, déduites d’une combinaison d’observations satellitaires et au sol ».
Concernant la validation des modèles, l’Académie note que
« la capacité des modèles climatiques à reproduire les évolutions passées du climat à l’échelle pluridécennale est limitée par le fait que des données homogènes ne sont apparues que dans les années 1970 ».
Suit une phrase dont le lecteur appréciera toute la subtilité et la substance :
« La validité des projections pour les décennies à venir et leurs incertitudes sont une question centrale. La comparaison des résultats de ces projections fournit une indication sur les incertitudes dues aux différences de modélisation de certains mécanismes. De plus, les mécanismes non encore identifiés ne sont naturellement pas inclus dans les modèles ».
La phrase suivante nous apporte plus de précisions sur la confiance à accorder aux modèles :
«Les corrélations directes purement statistiques entre deux quantités sont utiles pour mettre en évidence des couplages non modélisés ou mal représentés, mais non pour tester précisément les mécanismes internes aux modèles et leur pertinence quant à la simulation des variations du climat. C’est une partie des débats actuels entre scientifiques ».
Cela signifie que le fait d’obtenir des simulations du passé dont les résultats concordent avec les observations ne suffit pas à garantir le fonctionnement pertinent des modèles!
« Les éventuels comportements fortement instables ou chaotiques du système atmosphère‐océan ‐cryosphère‐surfaces continentales sont un autre facteur important d’incertitude. La nature des comportements chaotiques ou de bifurcations entre états bien distincts du système climatique demeure ouverte et fait l’objet d’un intense effort de recherche au niveau international ».
Cette déclaration, qui conclut la section sur les modèles, est capitale. Elle pose le problème des phénomènes chaotiques inhérents aux systèmes complexes tels la météorologie ou le climat. La théorie du chaos, appliquée aux phénomènes météorologiques par Lorenz, en 1963, et universellement admise, popularisée par « l’effet papillon », démontre que les comportements à moyen et long terme de tels systèmes sont imprévisibles. Les lecteurs de mon livre, « la Servitude Climatique », peuvent relire à ce sujet les pages 92 à 94.
Malgré toutes ces réserves, les académiciens se hasardent à écrire dans les conclusions du rapport que
« Les projections de l’évolution climatique sur 30 à 50 ans sont peu affectées par les incertitudes sur la modélisation des processus à évolution lente ».
Il est probable que nombre de spécialistes s’interrogeront sur le bien fondé de cette affirmation.
Ce dont le rapport ne parle pas
Le rapport de l’Académie n’apporte rien de nouveau sur le plan scientifique. Ce n’était pas l’objectif de ses rédacteurs. Il ne tranche pas dans une querelle de scientifiques, mais classe les connaissances selon le degré de confiance qu’on peut leur accorder. Pour obtenir un consensus, elle a du faire des efforts de rhétorique, user de ruses de langage, de litotes et de formulations bien comprises des scientifiques mais qui peuvent dérouter le lecteur moins instruit.
L’inconvénient, c’est que le public, même cultivé, mais démuni d’expérience scientifique suffisante, peut se tromper dans l’interprétation de ce texte. La Ministre Valérie Pécresse a l’habitude de ces rédactions diplomatiques dans lesquelles il faut savoir découvrir des vérités qui ne sont pas explicitées mais simplement suggérées. Les bons journalistes ont également l’expérience de ce type d’écrits. Mais il est facile, pour eux, d’en faire l’interprétation qui les arrange. Cela fait dire à Madame Pécresse, dont le communiqué est cité par Libération :
«Il y a bien un réchauffement climatique et qui n’est pas provoqué par l’activité solaire. Ce réchauffement climatique s’explique par une concentration des gaz à effet de serre, et en premier lieu du CO2. Et cette augmentation du CO2 est due principalement à l’activité humaine. Nous avons ici un exemple clair de ce que la science apporte aux responsables politiques : un constat univoque de l’impact des activités humaines sur l’environnement.»
Jean Jouzel déclare à « La Tribune » qu’il lit ce rapport « comme un désaveu des thèses de Claude Allègre, Vincent Courtillot et d’autres », et passe sous silence les importantes réserves sur les modèles climatiques (qui visent donc également celui qu’il met en œuvre dans le cadre de l’Institut Pierre-Simon Laplace qu’il dirige).
Des questions majeures n’ont pas été abordées :
- Les modélisations climatiques montrent toutes que l’effet de serre provoque des augmentations de température nettement supérieures à celles constatées au sol lorsqu’on se situe à plusieurs milliers de mètres d’altitude dans les zones inter-tropicales, mais les mesures effectuées par satellites et ballons sonde montrent que les hausses de température sont équivalentes à toutes les altitudes.
- Les modélisations considèrent que l’humidité relative de l’atmosphère reste constante lorsque la température monte. Pourtant, les mesures montrent que l’humidité relative décroit de façon importante entre 1975 et 2000 à toutes les altitudes supérieures à 2000 mètres.
- Les modélisations montrent des apports d’énergie censées être absorbées par la Terre, mais dont aucune mesure ne permet de trouver où est stockée la part de cette énergie qui n’apparait pas dans les températures, ce qui pose la question de savoir où est passée « l’énergie manquante ».
- Les modélisations font état de flux d’énergie lumineuse quittant l’atmosphère qui décroissent lorsque la température augmente ce qui indique une rétroaction positive, alors que les observations par satellites montrent que ces flux augmentent avec la température et provoquent une rétroaction négative (plusieurs études et observations, portant sur les mesures satellitaires des missions ERBE et CERES).
Et l’on peut citer bien d’autres contradictions non examinées. Mais il faut rappeler que la démarche de l’Académie n’avait aucun objectif d’exhaustivité.
Ce qui apparait avec évidence au lecteur attentif de ce rapport, c’est que la somme des incertitudes est telle qu’on ne peut considérer comme science avérée les théories professées par le GIEC, et que les critiques de personnalités telles que Claude Allègre et Vincent Courtillot ne sont aucunement réfutées par le travail de l’Académie, quand bien même on ne saurait affirmer que tous les arguments de ces deux « climato-sceptiques » sont irréfutables. Le champ de l’incertitude reste ample, et les décisions politiques qui se prennent en fonction des propositions du GIEC sont bien téméraires.
Malheureusement, ce rapport fait déjà l’objet d’un battage médiatique qui vise à rétablir la confiance du public, quelque peu entamée, vis-à-vis des thèses catastrophistes du GIEC, d’Al Gore, de Nicolas Hulot, Yann Arthus Bertrand et consorts. A un mois de l’ouverture du sommet climatique de Cancùn, menacé de rencontrer l’indifférence générale, cela tombe à pic.
Ont peut penser que les nombreux scientifiques français qui vont lire le texte des académiciens tireront des conclusions bien différentes, et mesureront toutes les insuffisances de la science climatique actuelle. Un tel résultat serait positif, s’il contribuait à lever les censures qui s’exercent dans ce milieu et empêchent nombre de chercheurs d’exprimer leurs doutes ou leurs opinions.

En complément, voir et écouter l'excellente interview en vidéo de Vincent Courtillot diffusée par France culture dans son émission Science publique du 29 octobre.
Commentaires
En fin de compte le rapport ne tranche pas, ce qui en soi est un désaveu pour les tenants mainstream du réchauffement anthropique. En effet ce qui avait été demandé par la pétition était quasiment une censure des théses sceptiques quant a l'origine anthropique du réchauffement.
Le rapport indique, si j'ai compris, que le modéles utilisés sont utiles mais laissent trop de données de côté pour être considérés comme aboutissant à l'établissement de lois scientifiques. Il est parfaitement possible que le réchauffement qui a suivi le petit âge glaciaire soit dû à l'activité anthropique; mais il est impossible de conclure.
En français celà s'appelle un désaveu, non pas de la qualité des recherches effectuées, mais de la pertinence des extrapolations puisque non basées sur des lois physiques établies sans conteste.
le rapport commence par exposer que "La complexité des rétroactions a conduit la majorité des scientifiques à conclure que les modèles sont indispensables pour évaluer correctement cet effet indirect [de l'augmentation de température de 1,1° C causé directement par le CO2]".
Noter que l'Académie ne s'implique pas cette affirmation.
Puis elle fait une liste des difficultés (non surmontées ou mal surmontées) rencontrées par les modélisateurs. Elle ne porte pas de jugement sur les conséquences de ces difficultés. Elle ne met pas en cause la pertinence des modèles, mais se garde bien de porter un jugement positif.
Mais il est évident pour des scientifiques et pour des gens avertis des questions de modélisation de systèmes complexes que cette énumération de limitations a pour conséquence de rendre les modèles peu fiables pour l'étude des phénomènes climatiques dans la durée, et dans tous les cas de ne pas permettre de faire des simulations pertinentes de ce qui se passera pendant plusieurs décennies.
Le problème de ces rapports "langue de bois", coutumiers en politique et en diplomatie, c'est qu'ils ne sont correctement décryptés que par des gens avertis, et habitués à ce genre de prose.
Jean-Michel,
Merci pour cette belle analyse fouillée du rapport de l'Académie : "La brièveté du document s’explique probablement par le désir d’aboutir à une telle unanimité, et clore ainsi, non pas le débat scientifique, mais la polémique née de la pétition visant Claude Allègre et Vincent Courtillot." Bien vu !
Notez également les premières phrases de la conclusion du rapport sur l'augmentation du réchauffement de 1975 à 2003 : "Cette augmentation est principalement due à l'augmentation de la concentration du CO2 dans l'atmosphère. L'augmentation de CO2 et, à un moindre degré, des autres gaz à effet de serre, est incontestablement due à l'activité humaine". Le réchauffement est PRINCIPALEMENT dû à l'augmentation de CO2, qui est INCONTESTABLEMENT due à l'activité humaine : le second adverbe renforce clairement la prégnance du premier, mais de manière parfaitement rhétorique puisque ce point n'est contesté par personne ! (l'Académie aurait pu poursuivre en écrivant que le CO2 est INDUBITABLEMENT composé de carbone et d'oxygène, lequel est TOUT A FAIT CERTAINEMENT indispensable à l'être humain - et notamment aux bébés - pour survivre, etc.). Le point est dans le principalement (réchauffement principalement dû au CO2), nettement en retrait, quant à lui, par rapport au dernier rapport du GIEC ("très probablement" : Quatrième rapport du GIEC, Résumé à l'intention des décideurs, p. 5).
Sur la force paradoxale de la propagande dans le contexte d'une information mondialisée et libéralisée, je recommande à nos lecteurs le chapitre VIII "Dissolution" du dernier ouvrage d'Henri ATLAN "De la Fraude" :
http://www.amazon.fr/fraude-monde-l...
dans lequel l'auteur, ayant retracé la généalogie de la propagande, décrit les ressorts de sa généralisation dans le monde moderne, qui conduit à la dissolution du vrai dans un océan de faux. Et d'idioties, serait-on tenté d'ajouter, puisqu'aujourd'hui n'importe quel clampin pontifie dès que le caprice lui en prend sur la Toile, qui offre ainsi aux caniches de Céline un second infini : l'immortalité de leur Pensée !
Bien à vous,
Drieu
NB EXXON fera suivre votre chèque suivant le circuit habituel; pourriez-vous rappeler à nos amis de la CIA et du Mossad que j'attends toujours le mien suite à la parution de mon livre sur le GIEC ?! J'ai des frais !
Cher Drieu,
Le rapport de l'Académie rejoint les conclusions exprimées par la Royal Society britannique dans son Guide de la Science du Changement Climatique: l'état actuel de la science climatique est loin d'avoir apporté des réponses définitives.
N'étant pas un professionnel des sciences de la nature, mais étant capable de lire et comprendre des publications scientifiques, je constate qu'il existe une diversité d'approches aboutissant à des conclusions qui diffèrent. Par contre, j'ai de bons éléments pour juger des coûts économiques et sociétaux des programmes et des propositions qui visent à lutter contre les émissions de CO2, et d'autre part des résultats pratiques qui peuvent découler de ces projets.
Les coûts sont énormes, les conséquences pour l'emploi, le pouvoir d'achat et le bien-être des occidentaux sont extrêmement préoccupantes. En l'état actuel du dossier scientifique, il est scandaleux de s'engager dans de telles aventures, surtout si l'on tient compte du délabrement des finances publiques et de la situation économique. Si nos gouvernants étaient sérieux, ils concluraient de la lecture du rapport de l'Académie que la seule urgence est de lever les doutes scientifiques qui subsistent. Ce n'est pas l'option de Madame Pécresse !
De plus, la détermination des pays en développement de ne pas se rallier à la politique de limitation des émissions fait que les efforts que nous entreprendrions seraient d'un effet nul sur le climat futur. Les sénateurs américains l'ont bien compris et bloquent la politique énergétique que voudrait faire aboutir Obama. Dans ces conditions, les efforts de limitation d'émissions de CO2 sont dérisoires sur le plan efficacité, et suicidaire au plan économique.
Ce message est de mieux en mieux compris dans les pays anglo-saxons. Il ne se fait pas entendre chez nous. L'information biaisée dont nous avons un nouvel exemple avec l'exploitation médiatique du rapport des académiciens en est la cause principale.
Cela dit, l'Union européenne peut sans trop de risques tabler sur une diminution de 30% de ses émissions de CO2, au train où vont les délocalisations industrielles et les difficultés des ménages qui auront de moins en moins d'argent à consacrer à leur chauffage et à leur voiture.
Mes commentaires du rapport de l'Académie des sciences.
« Académie des sciences
Le changement climatique
26 octobre 2010
Depuis des millénaires, le climat de la Terre varie selon les époques et les lieux. Les changements observés s’étalent généralement sur des longues périodes qui atténuent la perception que l’homme peut en avoir à un moment donné. Au cours des dernières décennies cependant, les changements climatiques semblent s’être accélérés. Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que le public s’interroge sur la réalité de ces changements, leurs causes, leur devenir et, plus encore, leurs conséquences immédiates et lointaines sur les modes de vie, la santé, les écosystèmes et l’économie. À ces questions, la Science peut tenter d’apporter des réponses autorisées, même si elles ne sont que partielles ou temporaires, dès lors qu’elles sont guidées par le souci d’objectivité qui doit présider à toute démarche scientifique. C’est dans ce contexte que la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche s’est tournée vers l’Académie des sciences pour qu’elle organise un débat scientifique, afin de faire le point des connaissances actuelles sur ce sujet. »
« Depuis des millénaires, le climat de la Terre varie selon les époques et les lieux. »
En effet, depuis 'toujours', ces millénaires sont des 'millionnaires', deux ou trois 'milliardaires'», dès lors qu'une atmosphère s'est formée, il variait.
Le climat : on lit LE climat mais en même temps on le dit variable dans toutes les dimensions, espace et temps, mais encore d'échelle ... difficile donc de parler DU climat comme objet, il faut donc le considérer comme concept. Dire que le climat change renvoie à un objet, en contradiction avec la notion de concept. Un peu plus loin on lit 'Les changements observés s’étalent généralement sur des longues périodes' alors qu'on vient de lire qu'il varie dans le temps et l'espace .
Le climat est donc variable depuis toujours,
variable selon les lieux,
et généralement lentement variable dans le temps.
On désigne donc par LE climat un truc qui change dans toutes les dimensions. On se déplace ça change, on ne se déplace pas ça change encore .. mais moins vite. On a un peu envi de dire qu'il y a DES climats, ceux d'ici, ceux d'à coté ceux d'avant et ceux d'après. Non on dit LE climat c'est donc un concept, cela ne dit pas ce que c'est – brumeux.
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« Les changements observés s’étalent généralement sur des longues périodes qui atténuent la perception que l’homme peut en avoir à un moment donné. »
Mais encore ? La perception du climat ? Mais si c'est un concept ? Non, La perception à un moment donné est atténuée par le changement ? Non la perception du changement du climat à un moment donné ? Encore non ; notre perception du changement du climat est faible du fait de sa lente variation.
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« Au cours des dernières décennies cependant, les changements climatiques semblent s’être
accélérés. »
Il ne s'agit plus de la perception du changement du climat mais des 'changements climatiques'. Bon mais quid des changements climatiques versus LE climat, ou du changement du climat ? La sémantique est faible. Non seulement sur le climat mais aussi sur la nature du ou des changements. Du ou des ? On a l'accélération des changements. Donc c'est un/des super/s changement/s. Un changement des changements d'un truc qui change de toute façon ... on reste dans le brouillard..
Simplement disons que les changements anciens observés ne suffisent plus à expliquer les changements récents. Il manque un terme pour décrire les variations expliquées versus les variations inexpliquées, entre le connu et l'inconnu. Le terme n'existe pas car dans tous les cas on ne comprend pas tout, difficile de dire les choses.
Ceci ne définit pas le climat – ensemble de paramètres physiques (grandeurs) catégorisés : tirés de valeurs de températures, ensoleillement, humidité, pluviométrie, ... - et le mélange est flagrant entre le concept et les formes qu'il peut prendre.
Après cette mise en contexte du sujet, mise en scène des auteurs :
« le public s'interroge. »
Autrement-dit, nous, les scientifiques, nous ne nous interrogeons pas, nous énonçons. Sans pousser trop loin, il y a le public qui ne comprend pas et nous qui savons ...
Rétablissons les faits scientifiques, ce n'est pas le public qui s'interroge c'est tout le monde, tous les humains, ou presque, ceux qui ont le loisir de penser à autre chose que de survivre.
Cette ségrégation est typique de l'élite qui se situe hors du monde, qui regarde les autres comme autres - je me retiens. Une forme de racisme/xénophobie indécrottable de nos cerveaux reptiliens et une réalité sociale, l'élite vit dans un monde différent du 'public', on a très bien compris la posture.
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« À ces questions, la Science peut tenter d’apporter des réponses autorisées, »
Cette séparation sectaire entre humains continue de plus belle, c'est la Science qui peut tenter de répondre, donc la Science édicte, et nous, scientifiques, que dis-je, l'élite des scientifiques, nous sommes les portes-parole de la Science. Le modèle monothéiste est reproduit, Dieu peut nous aider à comprendre, nous sommes les intermédiaires ... vous êtes le troupeau ... Ceci dit, le rôle des scientifiques est d'éclairer les non scientifiques, mais n'oublions pas, c'est la population qui paye et octroie.
Les présentations sont faites, voyons le programme.
Des réponses « autorisées » désolé de le dire, mais cela me fait rire. !
Cette parole est devenue sacrée ! Avec un soupçon de menace. Le temps se gâte.
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« ...même si elles ne sont que partielles ou temporaires, ... »
Ouf, les réponses autorisées sont perfectibles, à la fois incomplètes (partielles) et possiblement contradictoires, remises en cause, car 'temporaires'.
C'est une évidence bien sûr et c'est mieux de l'écrire. Le caractère sérieux du spectacle devient ambigu, la Science vous donnera des 'réponses autorisées' qui ne sont pas fiables ... i.e. ne valent peut-être rien. Le public s'interroge derechef, variable avec éclaircies.
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« [Les réponses de la Science] ... sont guidées par le souci d’objectivité qui doit présider à toute démarche scientifique. »
N'est-ce qu'un souci ? N'est-ce pas surtout un impératif, une nécessité sans quoi la démarche ne serait PAS scientifique. Autrement-dit, une pratique non objective de la science est-elle encore scientifique ? Est-ce bien utile d'en parler quand cela tombe sous le sens ? N'y-a-t-il pas là une réponse maladroite à un souci légitime du public du manque d'objectivité de l'Académie des sciences ?
J'ergote, mais ce discours est trop alambiqué pour être scientifique, c'est à dire non ambigu. On y lit de la suspicion, peut-être un manque de de reconnaissance de la part d'un public méfiant ?. L'atmosphère est plutôt froide.
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« C’est dans ce contexte que la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche s’est tournée vers l’Académie des sciences pour qu’elle organise un débat scientifique, afin de faire le point des connaissances actuelles sur ce sujet. »
Le débat scientifique est déjà organisé depuis quelques années autour du GIEC, lequel est nettement plus à même de 'faire le point des connaissances actuelles sur ce sujet', c'est sa raison d'exister. On s'étonne de l'argumentaire spécieux voir captieux alors que tout le monde sait que le problème est purement polémique, à cause des énormes enjeux financiers.
La polémique est telle que, fait unique (?), le 'débat scientifique' a eu lieu à huis clos ! L'objectivité de la Science ne le supportant pas, 'le public s'interroge' alors de ce qu'il peut rester de 'souci d'objectivité' dans cette Académie ? L'atmosphère du 'débat scientifique' serait-t-elle à l'orage ?
Les doutes les plus grands nous assaillent et malheureusement pour nous autre, pauvre public ignare mais pas sans mémoire, ce n'est pas la première fois que cela nous prend. L'atmosphère est glaciale.
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« Le débat, très riche et de haute tenue scientifique a porté sur les méthodes de prévisions climatiques ; »
Déception, le débat ne fait pas le point sur le sujet, mais discute des méthodes de prévisions climatiques. On comprend maintenant pourquoi le huis clos se justifiait. En effet, de serre, le public n'aurait rien compris, ou plus inquiétant encore, il aurait tout compris mais de travers et à tort ce que ces savants de toutes disciplines avec leurs jargons propres à chacune ont pu se dire. Merci de nous avoir épargné ce risque et de nous éviter de nous brouiller un peu plus avec la Science, même réduite aux méthodes de prévisions climatiques. Une sollicitude pour le public qui nous touche. Peut-être aussi les grands prêtres si disputaient-ils sur l'interprétation de la Science, la confusion des langues ? Le temps est-il bouché, de l'orage ?
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« il a permis de confronter les différents points de vue, de dégager des points de convergence et d’identifier les divergences et incertitudes qui persistent. »
Les mots manquent pour exprimer le ressenti de ce résumé, la délicatesse même. Tempête ?
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« Il est le point de départ d’une réflexion qui sera prolongée ultérieurement. »
Savant pléonasme.
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« Malgré les nouveaux outils d’investigations dont on dispose aujourd’hui et malgré le volume considérable de données accumulées ces vingt dernières années, il faut souligner que la Science ne peut répondre à tout, qu’elle procède par étapes et qu’elle ne peut fournir à un moment donné que l’interprétation de faits avérés et des prévisions. »
La Science devient d'une humilité de violette malgré sa majuscule ... Au moins elle travaille plus pour produire plus. Au passage, on remarque : outils, données mais quid des lois, théorèmes et autres invariants péniblement établis ?
Je ne comprends pas la fin de la phrase : « la Science ne peut répondre à tout, qu’elle procède par étapes et qu’elle ne peut fournir à un moment donné que l’interprétation de faits avérés et des prévisions. » Il faudrait lire : '... la Science ne peut répondre à tout, elle procède par étapes et ne peut fournir à un moment donné que l’interprétation de faits avérés et [ ne peut fournir ] QUE des prévisions' perfectibles.
Euh ! N'est-ce pas là la méthode scientifique ? N'est-ce pas cela les principaux objectifs de la Science ? Tenter d'expliquer l'observation et en déduire des prévisions ? Tant de rappels cachent maladroitement une incertitude mal supportée par une société en désarroi, des enjeux trébuchant et polémiques ?
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« C’est seulement depuis le milieu des années 1970 que les programmes d’observations par satellites, complétés par des systèmes d’observation in situ, permettent d’obtenir des ensembles de données climatiques échantillonnées régulièrement dans l’espace et le temps. »
Des programmes d'observation, des systèmes d'observation ... des données échantillonnées régulièrement ... je pléonasme à tous vents : 'C’est seulement depuis le milieu des années 1970 que les observations permettent d’obtenir des données climatiques suffisamment complètes.' Pourquoi insister sur les satellites ? Le reste serait-il méprisable ? Faut-il impressionner le public ?
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« De l’ensemble des données, on peut dégager les indicateurs du changement climatique, les facteurs de son évolution et les éléments permettant de fonder l’étude des climats du passé. »
Pour dire qu'on observe des grandeurs qui varient et des causes possibles ... Mais 'fonder l'étude' n'est-ce-pas risqué ? Les fondations restent fragiles, et les glaces fondent ...
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Passons sur ces chapitres intéressants :
1-1. LES INDICATEURS DE L’EVOLUTION CLIMATIQUE
1‐2. LES FACTEURS D’EVOLUTION DU CLIMAT
1‐3. L’ETUDE DES CLIMATS DU PASSE
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2‐ LES MECANISMES CLIMATIQUES
« Une partie de l’énergie solaire (principalement contenue dans la partie visible du spectre électromagnétique) est directement renvoyée vers l’espace par les nuages et la surface terrestre (albédo) ; »
On dit plutôt, une partie de l'énergie solaire reçue – incidente - (principalement contenue dans la partie visible du spectre électromagnétique – i.e. de sa lumière visible ou non) est réfléchie vers l'espace par l'atmosphère (nuages et aérosols) et par la surface terrestre ( phénomène de réflexion dit d'albédo – pour ne pas risquer de faire croire que la surface terrestre est l'albédo). Mais ajoutons, l'albédo est de l'énergie qui interagit avec l'atmosphère, ce qui complique. Donc on fait ce qu'on appelle des bilans, l'absorbé, le réfléchi, le transmis suivant les composants, atmosphère, composantes de la surface terrestre etc ...
On voit que le 'directement renvoyé' est très délicat à évaluer.
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« En situation d’équilibre, ces derniers rayonnent toute cette énergie dans l’infrarouge en direction de l’espace. Mais l’atmosphère7, à son tour, absorbe une partie de ce rayonnement terrestre et le réémet à la fois vers l’espace et vers le sol. La surface de la Terre est donc plus chaude qu’elle ne le serait sans atmosphère : c’est ce qui est connu sous le nom d’effet de serre. »
En situation d'équilibre signifie à peu près : La quantité d'énergie (incidente du soleil) reçue (par la
Terre) est égale à la quantité d'énergie totale rayonnée (par la Terre), c'est à dire 'perdue'.
Pour expliquer, l'effet de serre je dirais qu'il est du à l'énergie absorbée-restituée par l'atmosphère et la Terre , c'est à dire à la capacité de l'atmosphère à stocker de l'énergie (apportée en petite partie directement par le rayonnement incident du soleil et surtout du rayonnement (principalement infrarouge) de la Terre), laquelle se traduit par son élévation de température, plus des effets de cette élévation de température sur la surface terrestre. On a donc un double effet, la surface de la Terre chauffée directement par le soleil émet un rayonnement (principalement IR) fortement absorbé par l'atmosphère qui s'échauffe, laquelle rayonne à la fois vers la Terre donc la réchauffe en retour.
On peut le dire autrement et c'est plus simple peut-être plus 'utile ou pertinent dans l'étude des variations', le système surface-atmosphère est un 'ralentisseur' du flux d'énergie (énergie entrante, énergie sortante), donc il accumule momentanément l'énergie reçue, puisque ce système n'est pas un miroir parfait. En conséquence, ce système maintient ou conserve une partie de cette énergie qui se traduit essentiellement (*) par une élévation de température. Le réchauffement climatique serait du à l'augmentation du stockage d'énergie du système.
(*) une petite partie est utilisée dans des réactions chimiques sur différentes échelles de temps – mais ces réactions chimiques de tous ordres changent à leur tour le système (chimie des aérosols, plantes produisant/stockant plus ou moins de CO2 etc ... De même, si le système atmosphère-terre évolue et c'est le cas, les stockages d'énergie(s) (tant en quantités qu'en nature – variations de températures mais aussi disparition de masses (et surfaces !) de glace etc) varient, et c'est le sujet difficile des études actuelles.
L'interdisciplinarité est bien indispensable.
Dans les publications destinées au grand public, il manque toujours une perspective du sujet : les énergies mises en jeux. On nous bassine de petites variations de températures, alors qu'elles représentent des quantités énormes d'énergies jamais évoquées. C'est regrettable car cela aiderait à la compréhension de l'ampleur du problème.
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« 3. LES MODELES CLIMATIQUES
Les modèles climatiques se sont perfectionnés depuis 30 ans, prenant en compte de nombreux mécanismes ignorés dans les premiers modèles. »
On en déduit logiquement : les chercheurs d'avant 30 ans étaient nuls ou paresseux car ils ne perfectionnaient pas les modèles. Ce n'est peut-être pas ce que voulait dire l'auteur mais ce que signifie son texte.
« Cependant, l’évaluation des incertitudes est au centre des débats. »
On y vient, les incertitudes des modèles font les polémiques. La précision des modèles, leur validité ... C'est un sujet à part entière dès lors que l'on fait des modèles. La polémique ne vient que des conclusions que l'on en tire, faut-il arrêter ou non les productions de gaz à effet de serre ? En passant on se souviendra opportunément que l'Académie a déjà répondu sans hésiter à cette question mais avec une contradiction explicitement évoquée : le nucléaire ne pourra pas remplacer à court ou moyen terme les hydrocarbures avec en sus notre incapacité de stocker le CO2, mais il faut le développer massivement – comprenne qui pourra - n cherche à quoi servira le nucléaire dans ce contexte où de toute façon il restera très minoritaire dans le bilan ? Ou encore, il est indispensable de changer nos modes de vie, mais pas le plus petit mot pour dire en quoi ? ... C'était en passant. Les transformations de notre société pour ralentir l'accélération des changements climatiques impliquent de supprimer la production des gaz à effet de serre, donc essentiellement le CO2 des hydrocarbures/charbon, cela entraine à terme la quasi 'disparition' des plus grandes sociétés mondiales, les pétroliers, les constructeurs automobiles etc .. mais aussi toute l'agriculture conventionnelle qui en dépend à 100% ...cela fait des enjeux qui méritent que l'on s'y intéresse qui font naitre quelques polémiques non seulement sur comment en est-on arrivé à ce désastre comment faire pour l'atténuer et pour éviter que cela se reproduise ... vaste programme et guerres ouvertes. Dans ce contexte, l'objectivité de la Science semble utopique, au vu du passé.
Suit une description comparative intéressantes des modèles. On comprend que les modèles sont trop simples, malgré leur complexité élevée.
La chaine causale est trop complexe pour être prise en compte convenablement, mais elle est aussi trop méconnue. On tombe dans la glorieuse incertitude des sciences due non pas seulement aux indéterminations des lois, ou à des probabilités inconnues mais à des interactions tellement intriquées, que leurs effets sont imprévisibles – mis en évidence depuis longtemps (Lorenz). Exemple, on connait la loi du corps noir, mais on ne peut pas l'appliquer aux aérosols et nuages, qui sont des corps 'gris'. Donc leurs effets globaux sont trop incertains voir indéterminés, on sait qu'ils réchauffent, on sait qu'ils refroidissent, mais on ne sait pas grand-chose du bilan lequel varie suivant les conditions...
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« CONCLUSIONS
• Plusieurs indicateurs indépendants montrent une augmentation du réchauffement climatique de 1975 à 2003. »
Une augmentation du réchauffement, de la variation connue. Donc le changement anormal du changement normal est une réalité affirmée..Une affirmation énoncée depuis un certain temps parle GIEC mais contestée par les profiteurs des bénéfices gigantesques des plus grandes entreprises (quel hasard !) du monde qui se sentent menacées à juste titre. Quand la réalité est insupportable, on la nie, d'autant plus facilement qu'il suffit de payer des gens pour en faire la propagande. On retourne aux belles heures des propagandes de l'Union soviétiques tant dénoncées par ces mêmes capitalistes 'libres'.
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« Elle [ l'augmentation des concentrations des gaz à effet de serre dans l'atmosphère ] constitue une menace pour le climat »
Euh, est-ce bien la Science qui parle ? Le climat est menacé ? Par qui, Par quoi ? De quoi ? De changer ? Bigre, le cas est inquiétant. Mais de quoi parle-t-on ?
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« L’activité solaire, qui a légèrement décru en moyenne depuis 1975, ne peut être dominante dans le réchauffement observé sur cette période. »
A priori cela fait sourire : si le soleil envoie moins d'énergie – conséquence (hâtive ?) de : l'activité solaire a légèrement décru – le réchauffement ne vient pas de là ... Cela paraît logique mais ça va mieux en le disant ; nous autres public ignorant mais interrogateur, on ne mesure pas combien tout ça est compliqué à énoncer ... la guerre est sur tous les fronts.
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« Des incertitudes importantes demeurent sur la modélisation des nuages, l’évolution des glaces marines et des calottes polaires, le couplage océan‐ atmosphère, l’évolution de la biosphère et la dynamique du cycle du carbone. »
Cela fait encore beaucoup ... Dire que nos meilleurs calculateurs servent à faire de super bombes atomiques !
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« Les projections de l’évolution climatique sur 30 à 50 ans sont peu affectées par les incertitudes sur la modélisation des processus à évolution lente. »
Question de vocabulaire, de jargon, de définition. Le lent est une affaire de comparaison, un minimum d'ordre de grandeur eut été bienvenu, genre processus millénaire versus les 30-50 ans. Je risque une interprétation, sans conviction, la période glaciaire attendue (due aux paramètres astronomiques de la trajectoire/position de la Terre au soleil) alors qu'on en est encore au réchauffement 'normal' ne changera rien au réchauffement des 30-50 ans à venir, donc l'augmentation (du réchauffement) mesurée et projetée est anthropique. Autant le dire.
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« Ces projections sont particulièrement utiles pour répondre aux préoccupations sociétales actuelles, aggravées par l’accroissement prévisible des populations. »
J'ai des doutes. Les préoccupations sociétales sont immenses dans de multiples domaines et je n'ai pas vu de début de volonté de changements pour y faire face, au contraire, tout me démontre le contraire. Un peu hors sujet, mais pas tant que cela.
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'[préoccupations sociétales] Aggravées par l'accroissement prévisible des populations' ?
Mais serions-nous trop nombreux ? Comment se fait-il que l'on ne prenne pas de mesures concrètes devant cette préoccupation sociétale aggravée ? Plus facile que de prédire et faire face aux changements climatiques non ?
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« L’évolution du climat ne peut être analysée que par de longues séries de données, à grande échelle, homogènes et continues. Les grands programmes d’observations internationaux, terrestres et spatiaux, doivent être maintenus et développés, et leurs résultats mis à la libre disposition de la communauté scientifique internationale. »
L'analyse de l'évolution à venir (les programmes à maintenir) c'est tout de même délicat. L'analyse des variations passées je comprends. L'évolution c'est surtout le futur, analyser le futur ça me dérange. Admettons la proposition, donc on a besoin de mesures, oui certes. Et bien voilà, il faut faire plus, et plus de spatial – tient encore le spatial ? Une fixation ou une idée derrière la tête ?
Il faut que les petits cachotiers publient ! Comme cela est délicatement dit.
Des noms ! Et les gens qui débattent à huis clos, c'est quoi ? Des gens qui dénoncent des vilains dont on ne doit pas faire connaitre au public les noms ?
La Science est délicatement attentionnée pour les tricheurs, mais aussi pour les marchands de spatial.
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« Le caractère interdisciplinaire des problèmes rencontrés impose d’impliquer davantage encore les diverses communautés scientifiques pour poursuivre les avancées déjà réalisées dans le domaine de la climatologie et pour ouvrir de nouvelles pistes aux recherches futures. »
Apothéose.
« Le caractère interdisciplinaire ... impose d’impliquer » Ah ? Mais c'était déjà le cas que faire de plus ?
« impose d’impliquer davantage encore » Tant que cela ?
« pour poursuivre les avancées » Le faut-il vraiment ?
« ouvrir de nouvelles pistes aux recherches futures. » on se pâme !
La Science est grandiloquente et le soleil radieux.
Signé un individu pris au hasard dans le public.
Toujours l'incertitude.
Merci pour ce billet , ce qui est interessant .