La presse européenne le décrit comme un « eurosceptique », voire même un « europhobe ». Elle dénonce son arrogance, son attachement dogmatique à l'économie de marché, et – comble de tous les crimes – son hostilité sans réserve aux mouvements environnementalistes qui, dit-il, propagent une idéologie fondamentalement contraire aux idées de démocratie et de liberté. Mais qui est-il vraiment ? Quelle est sa véritable vision de l'Europe ?

Le 'supranationalisme' ne vaut pas mieux que le 'nationalusme'

C'est pour en savoir davantage, et lui demander de préciser la véritable nature de ses positions sur les questions européennes, que, à la demande de Patrick Wajsman, Directeur de la revue trimestrielle Politique Internationale, je suis allé l'interviewer, en décembre dernier, dans son vaste bureau du Château de Prague, demeure traditionnelle des chefs d'état tchèques. Sa réponse est claire. Elle tient dans un néologisme : la dénonciation de la dérive « supranationaliste » de ceux qu'il considère comme des fanatiques de l'Europe. A ses yeux, le militantisme « supranationaliste » ne vaut pas mieux que les formes les plus communes de « nationalisme ». Il s'agit d'une même attitude à caractère idéologique dont l'expression, en s'appuyant sur des conceptions erronées de la politique et de la démocratie, ne peut que conduire au déclin de la liberté.

Vaclav Klaus à Paris le 11 février 2009 A ce titre, Vaclav Klaus – ami personnel de Milton Friedman, et membre de la Société du Mont Pèlerin - n'est pas seulement un économiste libéral formé à l'école Reaganienne ou Thatchérienne. Plus fondamentalement, sa pensée s'enracine dans les valeurs d'une vision philosophique libérale classique, à la Hayek ou à la Popper, qui soumet la politique au règne du Droit, et pour qui la pratique de la démocratie ne saurait se réduire au seul primat d'une volonté majoritaire.

C'est dans ce contexte qu'il faut apprécier et interpréter ses déclarations et prises de position, littéralement incompréhensibles pour des milieux européens qui, dans leur très grande majorité, ne peuvent imaginer d'autre horizon culturel que celui du positivisme juridique et de la démocratie illimitée. Sans prendre parti, il est clair que cette divergence philosophique est en définitive la vraie source de la profonde hostilité dont le Président Vaclav Klaus, véritable OVNI de la politique européenne, est aujourd'hui l'objet à Bruxelles et dans la plupart des capitales de l'Union.

L'interview, dont j'ai extrait seulement les passages relatifs à l'Europe et à la crise financière, vient d'être publiée dans le numéro 122, hiver 2008-2009, de la revue Politique Internationale. Le texte complet sera prochainement accessible sur le site internet de Politique internationale.

Au cours des dernières semaines, le Président Vaclav Klaus a fait d'autres interventions et accepté d'autres interviews qui complètent et précisent ses déclarations sur l'Europe. Voir notamment :

* ses déclarations au petit déjeuner organisé par Foreign Policy France, (Traduction française)

* son interview parue dans Paris-Match;

* son allocution au Parlement européen, le 19 février.

Cet ensemble vient combler une lacune dans la mesure où l'on ne disposait jusqu'à présent que de trop rares textes, généralement insuffisants, sur la politique et les institutions européennes vus d'un point de vue libéral.

Sur le thème "Europe, Droit et Libéralisme", voir aussi l'interview que j'ai accordée à l'équipe d'Un monde libre lors de la réunion de la Société du Mont Pèlerin à Tokyo (Septembre 2008)

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Extraits de l'interview du Président Vaclav Klaus à Politique Internationale

Henri Lepage — Monsieur le Président, la République tchèque, qui assume la présidence de l'Union européenne depuis le 1er janvier dernier, s’est donné pour devise : « une Europe sans barrières. » Quel sens faut-il lui accorder?

Vaclav Klaus — Ce slogan a été conçu par le gouvernement tchèque, pas par moi. Cela dit, je l'endosse car il correspond parfaitement à ma conception de l'intégration européenne : il faut se débarrasser de toutes les barrières qui ne sont pas indispensables. Je suis heureux de constater que le gouvernement tchèque partage ce point de vue. Ce qui est clair, c’est que, d’une façon générale, nous ne sommes pas favorables à une centralisation européenne ou à de grands projets qui concerneraient l’ensemble du continent.

Une autre Europe

H. L. — Vous êtes contre le traité de Lisbonne. Pourquoi ? Quelles sont les dispositions qui vous gênent le plus ?

V. K. — Il me faudrait y consacrer tout un article ! Ma principale critique, c’est qu'il représente un pas de géant vers la création d'un État supranational en Europe. On peut reprendre tous les paragraphes les uns après les autres pour le démontrer. Fondamentalement, le traité marque un glissement de l'  « intergouvernementalisme » vers le « supranationalisme ». C'est très précisément ce à quoi je m'oppose.

H. L. — Vous lui reprochez d'avancer vers la création d'un État fédéral…

V. K. — Utilisez ce terme si vous le voulez. Mais il ne s'agit que d'une étiquette parmi beaucoup d'autres possibles. Certains parlent de confédéralisme, d'autres de fédéralisme. C'est du pareil au même. Ce qui me pose problème, c'est le supranationalisme.

H. L. — C’est-à-dire ?

V. K. — Le supranationalisme consiste à concentrer l'essentiel des pouvoirs de décision, d'une part, dans Vaclav Klaus à Bruxelles (Parlement Européen), le 19 février 2009les mains de Bruxelles et, de l'autre, dans celles des régions. Or le traité de Lisbonne marque un pas radical dans cette direction.

H. L. — Devant la Cour constitutionnelle de votre pays, vous avez dénoncé le traité de Lisbonne comme contraire à la Constitution de la République tchèque…

V. K. — J'ai effectivement présenté un long et savant mémoire démontrant pourquoi le traité est incompatible avec la Constitution. Mais cet aspect légal ne représente qu'une partie relativement mineure du débat. Le vrai problème est de nature fondamentalement politique et, en la matière, mes objections sont plus fortes.

H. L. — Ne craignez-vous pas que votre position soit assimilée à du nationalisme pur et dur ?

V. K. — Cette accusation est tellement ridicule que j'espère bien que personne ne s'abaissera à la reprendre ! Je pense que l'entité « naturelle » où doivent être prises la plupart des décisions se situe au niveau de l'État membre. Ce n’est pas du nationalisme, au sens politique traditionnel du terme.

H. L. — Vous avez évoqué, en de nombreuses occasions, l'idée d'une « autre Europe ». Comment la définiriez-vous ?

V. K. — Pas de supranationalisme, voilà comment je la définis. Il faut admettre que ce sont les États membres qui sont les fondements de base de l'Union, et que ce n'est pas dans les individus ou les personnes qu'il faut rechercher ces fondements — comme le fait le traité de Lisbonne.

H. L. — Est-il encore possible d'inverser le cours des événements ?

V. K. — Mon pronostic est que nous finirons bien un jour par gagner. Mais ce n'est pas le plus important. L'essentiel est de se battre pour qu'il en soit ainsi. Je suis, en effet, persuadé qu'avec Lisbonne on s'éloigne radicalement de la démocratie, et que le traité porte atteinte aux libertés individuelles. Mais je crois aussi qu'on peut faire confiance aux Européens pour considérer que le combat pour la liberté reste une priorité essentielle.

"Nous finirons bien par gagner"

H. L. — L'Europe de 2025 sera-t-elle très différente de celle d'aujourd'hui ?

V. K. — Tout dépend des décisions que nous prendrons aujourd'hui. Si nous continuons à penser que le sens de l'Histoire est d'avancer vers « une Union sans cesse plus étroite », comme l'exprime le traité de Lisbonne, cet avenir ne sera pas très brillant. Je continue néanmoins d'espérer que de plus en plus de gens se réveilleront à temps pour éviter la catastrophe.

H. L. — Dans l'un de vos discours, vous n'hésitez pas à parler de « régression de la démocratie » en Europe. Pouvez-vous préciser votre pensée ?

V. K. — Ce que j’ai voulu dire par là, c’est que de très nombreuses décisions sont prises sans aucun mandat des gens qui vivent dans les pays de l'Union. Je prends bien garde à ne pas dire « sans aucun mandat des gens qui vivent en Europe », car cela pourrait implicitement signifier que j'accepte l'idée qu'il existe un « demos » européen — ce que je ne crois pas. Je fais toujours très attention à ne pas utiliser l'expression « peuple européen ». Je continue de me référer aux peuples des pays européens, pris individuellement. Ce qui, conceptuellement, est assez différent.

H. L. — L'un des débats qui fait rage à Bruxelles est celui des frontières géographiques de l'Union. La présidence tchèque prendra-t-elle des initiatives dans ce domaine ?

V. K. — La République tchèque est entrée dans l'Union européenne il y a seulement cinq ans. Elle en est un membre tout récent. À ce titre, nous considérons qu'il ne nous appartient pas de fermer la porte à quiconque, ni de décider que plus personne ne pourra adhérer. La République tchèque est favorable à la poursuite de l'élargissement. Je n'y vois aucune limite géographique particulière. Car ce dont nous parlons, ce n'est pas de l'Europe en tant qu'entité géographique, mais d'une organisation humaine qui a été spécifiquement créée et à laquelle on a donné le nom d'Union européenne. Celle-ci n'est qu'un groupe de pays sans aucune définition géographique particulière. Tout pays qui voudrait en être devrait, en principe, avoir le droit d'y adhérer.

H. L. — Récemment, un quotidien français décrivait M. Topolanek comme un « eurosceptique », alors qu'il vous appliquait le qualificatif d'« europhobe ». Que pensez-vous de cette différence de traitement ?

V. K. — Personnellement, je me définis comme un « euroréaliste ». Et, puisque vous vous référez à des étiquettes toutes faites, je pense qu’à la fin des fins nous l'emporterons tant sur les « euronaïfs » que sur les « eurofanatiques ».

H. L. — Allez-vous finalement hisser le drapeau de l'Union européenne sur le toit du Château de Prague ?

V. K. — Le drapeau et l'hymne européens figuraient dans le projet de Constitution européenne qui a été rejeté par les électeurs français et néerlandais. Ceux qui ont rédigé le traité de Lisbonne ont compris que l'intégration de ces symboles dans la Constitution avaient eu pour effet de la tuer. Ils ont donc décidé de sortir ces institutions du traité. Si le drapeau a été explicitement exclu des attributs de l'Union, tels qu'ils sont définis par le traité, il n'y a aucune raison de l'afficher ici, au Château de Prague.

Les origines de la crise

H. L. — Qui sont les responsables de cette crise financière ?

V. K. — Si je me réfère à ce qui se dit habituellement dans les médias, en Europe et aux États-Unis, ce serait la faute aux excès du capitalisme, à la politique de déréglementation menée depuis Ronald Reagan et Margaret Thatcher. C'est complètement faux. C'est exactement l'inverse. Les événements actuels s’expliquent, en réalité, par une insuffisance de capitalisme et un trop-plein de réglementations. La multiplication d’interventions politiques irrationnelles et intempestives est venue perturber le fonctionnement normal des marchés. Je pense, par exemple, au marché des dettes hypothécaires aux États-Unis, les fameux subprimes, mais aussi à la mise en place de réglementations financières spécifiques qui ont incité les banques et les établissements financiers à développer une grande diversité de produits et de techniques ad hoc, de plus en plus complexes, qui leur permettaient d'en contourner les effets. C'est un élément que tous les G7 ou G20 qui se réunissent les uns après les autres ne prennent pas en compte. Ils passent complètement à côté des véritables causes de cette crise. Le résultat inévitable est un renforcement des réglementations et des interventions dans le fonctionnement normal des marchés. C'est véritablement tragique. Infiniment plus tragique, à long terme, que les problèmes conjoncturels que nous allons rencontrer dans les mois qui viennent.

H. L. — Je viens précisément d'écrire un texte pour Politique Internationale dans lequel j'explique que tout a commencé avec les accords de Bâle en 1989.

V. K. — Absolument. Ces accords de Bâle sont contemporains de la chute du mur de Berlin et des régimes communistes en Europe centrale et orientale. À l’époque, je n'y ai prêté aucune attention. Je n'étais qu'un économiste subalterne, qui n'avait même pas de bureau. Je ne pouvais suivre les nouvelles qu'à travers ce que les journaux en disaient. Et, étant donné les circonstances, j'avais bien d'autres chats à fouetter. Je me souviens que, plus tard, lorsque je suis devenu ministre des Finances, au début des années 1990, j'ai piqué une vraie colère lorsque j'ai découvert l'existence de ces prétendus ratios prudentiels. J'ai essayé de faire comprendre que les banques centrales commettaient une grave erreur. Ce fut la même chose avec les accords de Bâle II (au début des années 2000). Et aujourd’hui, nous nous apprêtons à adopter des Bâle III, Bâle IV, et ainsi de suite... qui ne feront qu’aggraver les choses. La croissance économique en pâtira inévitablement — et je ne parle pas de tout ce que les nouvelles contraintes écologiques nous coûteront également, au même moment.

H. L. — Vous avez fait allusion au fait que la situation financière des banques tchèques était relativement meilleure. Pourquoi ?

V. K. — C'est une conséquence accidentelle de la crise monétaire que le pays a connue dans la seconde partie des années 1990. Ce fut une crise relativement limitée, marquée par une absence de croissance pendant deux ans, en 1997 et 1998. À l’époque, c'est aux banques que l'on a fait porter le chapeau. On a donc changé les règles au sein du secteur bancaire et financier. Les banques et les établissements financiers tchèques ont alors été contraints d'adopter un comportement hyper-prudent. Nous en avons payé le prix sous la forme d'une croissance ralentie au cours de la période 1999-2001. Mais, aujourd'hui, nous découvrons que ce fut une relative bénédiction dans la mesure où nos banques se sont révélées beaucoup moins exposées aux récents accidents financiers.

H. L. — Vous avez expliqué que, dans les circonstances présentes, il valait mieux que l'économie tchèque ne fasse pas partie de la zone euro…

V. K. — Bien sûr. Un système économique ne peut fonctionner que s’il existe une flexibilité des prix. Cette réalité est largement admise lorsqu'on parle de café, de jus d'orange ou de voitures. En tant qu’économiste, je peux vous dire qu’elle s'applique également, voire plus encore, au prix de la monnaie, c’est-à-dire au taux de change. C'est le prix le plus important de toute l'économie. Nous avons un taux de change qui flotte. Par les temps qui courent, c’est un énorme avantage.

Ce sont les politiciens qu'il faut blâmer

H. L. — Que pensez-vous des plans de sauvetage mis en place par les pays européens ?

V. K. — La Commission européenne parle d'un plan d'aide et de relance de plus de 260 milliards d'euros. Tout le monde la croit sur parole. En réalité, les gens sérieux savent qu'elle n'en a pas un sou. C'est une blague. C'est donc essentiellement au niveau des pays membres pris individuellement que tout se jouera. Il n'y a pas de plan européen. Mon sentiment est que le gouvernement tchèque adoptera une attitude rationnelle dans ce débat. Ce n'est certainement pas sur ce sujet que je critiquerai sa politique. Lui-même n'est pas très heureux de la tournure que prennent les événements en Europe. La Tchéquie restera sans aucun doute l'un des pays les moins interventionnistes de l'Union européenne.

H. L. — La comparaison avec les années 1930 et le New Deal vous semble-t-elle pertinente ?

V. K. — Je n'en suis pas si sûr. Je n'aime pas que l'on compare la crise actuelle à celle de 1929 et aux années de la Grande Dépression. Je ne pense pas que cette crise restera dans les mémoires comme la « grande crise » du siècle. Depuis cinquante ans, j'en ai connu bien d'autres, à commencer par celle du pétrole dans les années 1970, puis la fin du régime de Bretton Woods, l'époque de la stagflation, la récession américaine du début des années 1980, la faillite des Saving and Loans à la fin des années 1980, la crise boursière de 1987, la crise monétaire européenne de 1992, la crise asiatique de 1997, la bulle informatique de 2001… Je persiste à penser qu'avec le recul celle-ci n'apparaîtra pas comme une crise fondamentalement différente.

L'euro

H. L. — Pensez-vous que les banques centrales, comme la FED et la BCE, ont bien réagi ?

V. K. — Jouer avec les taux d'intérêt, voilà une réaction typiquement keynésienne. J'ai découvert la Théorie générale dans les années 1960, et je n'aurais jamais imaginé qu'un jour je verrais la FED ramener ses taux pratiquement à zéro. C'est invraisemblable. Pourtant on y est. C’est comme si on replongeait dans la malheureuse expérience japonaise des années 1990 ou la grande peur keynésienne de la trappe à liquidité. En réalité, je pense que le problème principal vient de la sur-réaction des pouvoirs publics aux événements.

H. L. — Que voulez-vous dire ?

V. K. — Loin de calmer le jeu, leurs multiples déclarations et interventions ont, au contraire, eu pour effet de déstabiliser les anticipations des agents économiques et d'aggraver les phénomènes de panique auxquels nous avons assisté. Là encore, ce sont les politiciens qu’il faut blâmer.

H. L. — La crise aura-t-elle des conséquences sur l'avenir de la zone euro ?

V. K. — Pour tout le monde, l'euro est un succès. Il est vrai que jusque-là tout allait bien ; le système avait atteint sa vitesse de croisière. Aujourd'hui la situation a changé, et les facteurs d'hétérogénéité de la zone euro sont en train de revenir à grand train sur le devant de la scène.

H. L. — À quoi faites-vous allusion ?

V. K. — Je pense aux différences de flexibilité des économies de la zone face aux chocs externes, ou encore à la variété des mécanismes nationaux d'ajustement en période de crise. Tout cela sans que l'on puisse compter sur l'effet compensateur des variations de change. C'est un problème qui va aller en s'aggravant.

H. L. — Existe-t-il un véritable risque de rupture ?

V. K. — Les tensions vont encore s'intensifier. Mais je ne crois pas à la fin de la zone euro. Les responsables européens ont tellement investi en capital politique dans cette idée qu'ils feront tout pour conserver l'euro, quel que soit le prix à payer. Le coût économique de l'euro a été colossal sur les dix dernières années, et il sera encore plus élevé à l’avenir. Mais personne ne veut envisager de supporter le coût politique d'y mettre fin.

H. L. — De quoi êtes-vous le plus fier  ?

V. K. — C'est de m'être battu pour la défense de l'économie de marché et de la liberté, contre la prolifération des interventions publiques et une conception omnipotente de l'État moderne. C'est un combat de très longue haleine. Nous avons remporté une grande victoire lors de la fin du communisme. Nous avons, en quelques années, introduit des changements fondamentaux dans un pays comme le mien. Mais j'ai bien peur qu'aujourd'hui la marche du temps ne se soit à nouveau inversée.