« Alerte à la pollution », dit la première page d’un quotidien. « Les dangers du maïs OGM », titre un hebdomadaire. Les journaux télévisés évoquent une « taxe carbone », un « réchauffement global », des « dérèglements climatiques irréversibles ». Des commentateurs parlent, péremptoires, et clament que le « débat est clos ». Certains hommes politiques sont allés jusqu’à traiter ceux qui émettraient le moindre propos différent de « négationnistes ». En ce contexte qui a des allures d’hystérie collective, le livre de Paul Driessen vient rappeler à la raison. Mais il fait aussi bien davantage.

Pendant qu’ici, dans les pays riches, nous succombons à des délires suicidaires derrière lesquels avancent, masqués, des idéologues totalitaires, ailleurs sur la planète, des gens souffrent et meurent et, quand bien même nous ne voulons pas le voir, c’est notre faute. Nos engouements pour les « énergies propres » et durables, nos rejets phobiques des biotechnologies, notre tolérance vis-à-vis des ennemis des sciences, des technologies, du marché et de la liberté d’entreprendre créent de la stérilisation bureaucratique en Europe occidentale, permettent à des gens qui s’autoproclament vecteurs d’ « éthique » de participer à de coûteuses réunions aux quatre coins du monde et autorisent la tenue de « sommets » où il s’agit de « sauver la planète », mais ailleurs, chez les plus vulnérables, chez ceux qui n’ont pas la possibilité luxueuse de méditer sur le fait de savoir si « nous consommons trop », les conséquences sont bien plus graves, et elles prennent des allures criminelles.

Au cours des années qui ont suivi la décolonisation, nombre de pays pauvres ont été abandonnés à de monstrueuses expériences sur l’être humain qui ont été menées au nom du communisme, du « socialisme scientifique », du « développement autocentré » ou d’autres dogmes nés dans le cerveau enfiévré d’intellectuels qui n’ont pas eu à subir directement les conséquences de leurs propos irresponsables. Nous sommes aujourd’hui dans une ère où d’autres expériences sur l’être humain se mènent, et où les victimes sont encore et toujours les mêmes.

En un temps où le socialisme n’était pas tout à fait mort, mais où le dogme écologiste commençait à s’installer dans les têtes, on a pris des décisions très lourdes de conséquences telles que l’interdiction, directe ou indirecte, d’utiliser le DDT pour éliminer les moustiques porteurs de malaria. Il a fallu des millions de morts pour que, voici peu, l’Organisation Mondiale de la Santé reconsidère sa position et ses préconisations. Aujourd’hui, des centaines de millions de gens manquent d’électricité, d’eau potable, de technologies agricoles dont ils auraient besoin pour simplement survivre, mais, au lieu de considérer qu’il y a là des urgences auxquelles il faut se donner les moyens de répondre de manière scrupuleuse, nous laissons agir les donneurs de leçons. Et en notre nom, pour des raisons hautement « éthiques », ils proposent des éoliennes, des panneaux solaires là où il faudrait des moyens de production énergétique d’une tout autre ampleur. Ils parlent de « pénuries d’eau » sans dire que ce qui manque n’est pas l’eau, mais les moyens techniques de l’acheminer ou de la rendre potable. Ils parlent d’OGM qui pourraient « contaminer » des plantes issues d’une supposée « nature pure ». Et les famines perdurent, les cadavres s’amoncèlent dans des régions où des produits biotech seraient d’un grand secours. Plutôt que pointer du doigt la complaisance vis-à-vis de dictateurs et de circuits de corruption que le réglementarisme étatique planétaire entretient, et plutôt que dire que la réponse pourrait tenir dans la liberté d’investir et d’échanger, ils persistent dans la complaisance et face à des drames abominables comme celui du Darfour, osent dire que cela vient de l’excès de « gaz à effet de serre».

En ce livre, Paul Driessen nous confronte aux réalités et aux chiffres. Il nous incite à arracher de nos visages les masques de l’hypocrisie et à voir que notre irresponsabilité, notre docilité face aux charlatanismes et aux dogmes ont des coûts. Il parle au nom de ce que la civilisation occidentale a produit de plus fécond : la connaissance scientifique, la liberté, le respect de l’être humain. Et il combat avec une salutaire indignation les charlatans, les dogmatiques et tous ceux qui, par myopie, par aveuglement ou pour quelques milliers ou millions de dollars ou d’euros, leur font cortège.

On instille en nous, jour après jour, et depuis de trop nombreuses années, nous dit-il, des « peurs vertes », nous ne pouvons détourner les yeux du fait que sur l’envers de ces « peurs vertes », il y a des « morts noires ». Le marxisme a décrit autrefois la colonisation et ses suites comme un « impérialisme » : l’impérialisme contemporain n’est pas le fruit du capitalisme mondialisé, contrairement à ce que voudraient faire croire d’anciens marxistes recyclés en « verts », il réside dans l’écologisme radical et dans toutes ses séquelles délétères. Le livre de Paul Driessen le montre de façon minutieuse et magistrale.