« Allo Berlin, on a un problème !»
Par Charles Gave le dimanche 2 janvier 2011, 17:00 - Article - Lien permanent
A mon humble avis, l'Allemagne a un problème.
Le but était de dégager des excédents extérieurs que les autorités allemandes, encore et toujours mercantilistes, ont toujours considéré comme le signe d’une bonne gestion, ce qui est une erreur intellectuelle gigantesque.Le fait que cette erreur fut partagée par bon nombre de lecteurs du JDF à l’époque, qui m’avaient violemment pris a partie n’en fait pas une vérité. La majorité peut avoir tort aussi, comme trop souvent l’histoire nous l’a prouvé ne serait-ce que pendant la dernière guerre. Une erreur reste une erreur, même si elle est partagée par 90 % de la population.Le mercantilisme a toujours amené à des désastres économiques ou financiers et nous en avons encore une preuve aujourd’hui.Nous sommes en effet en train d’arriver au point ou le monstre que l’Allemagne a réveillé va se retourner contre elle.
L’Allemagne a accumulé depuis 10 ans un surplus commercial d’environ 700 milliards d’euro avec ses partenaires de l’Euro.
Ce qui veut dire en termes simples que l’Allemagne a vendu pour 700 milliards de plus qu’elle n’a acheté et qu’en contrepartie, elle a reçu plein de jolis bouts de papiers émis par des Grecs, des Italiens ou des Espagnols reconnaissant qu’ils doivent de l’argent aux allemands pour la Mercedes dans laquelle ils roulent.
Eh oui, si vous avez un excédent des comptes courants, vous avez un déficit de la balance des capitaux, c’est-à-dire que vous prêtez de l’argent à ceux qui achètent vos produits. Et si vous êtes dans une monnaie unique, vous ne pouvez pas demander aux Irlandais de vous filer une partie de leurs réserves de change pour solder vos dépenses. Le règlement des différences de balance commerciale se fait par l’Allemagne acceptant de la dette émise par des Irlandais. Pas d’autre solution. Sauf pour les Allemands a bâtir des usines en Espagne, ce qu’ils n’ont pas fait puisque c’était moins cher chez eux.
Et tous ces bouts de papier sont domiciliés dans les coffres des banques allemandes. Par exemple, les banques allemandes auraient prêté 180 milliards d’euro aux banques irlandaises en achetant leurs obligations ou en leur prêtant directement, ce qui correspond a prés de trois fois le PNB Irlandais.
Ce qui laisse à penser que les autorités de contrôle des banques allemandes, Bundesbank en tète, ont complètement failli à leur devoir de surveiller les banques allemandes.
Qui, en Allemagne, a été assez fou pour laisser les banques allemandes s’engager à ce point sans y mettre le holà ? Et en faire autant en Espagne, en Grèce, dans les subprimes Américain etc…
L’irresponsabilité des autorités financières de contrôle en Allemagne dépasse l’entendement.
Et maintenant, les Allemands, ces préteurs irresponsables, se retournent vers les Espagnols ou les Irlandais et leur disent qu’il est hors de question qu’ils ne soient pas remboursés, et que s’il faut, les populations locales doivent être réduites à la misère pour sauver ces banquiers incompétents s’il en fut, outre Rhin
Si j’étais ministre des finances Irlandais ou Espagnol (ce que grâce au ciel je ne suis pas), je mettrais en avant les faits suivants.
- Si je dois $ 1 million à ma banque, j’ai un problème.
- Si je luis dois $ 1 milliard, c’est elle qui a un problème.
Ce ne sont pas, ou pas seulement les Espagnols ou les Irlandais qui ont un problème : après tout, eux ils roulent en Mercedes. Ce sont les banques et compagnies d’assurance allemandes qui sont bourrées des papiers émis par ces braves gens. Et que l’on ne me dise pas que la bonne foi des banquiers allemands a été surprise : prêter trois fois le PNB pour aider les banques en Irlande à spéculer à du laisser de grasses commissions qui n’ont sans doute pas été perdue pour tout le monde, suivez mon regard.
Bref, avec sa politique mercantiliste imbécile, l’Allemagne a créé un problème financier monstrueux, dont, par un juste retour des choses, elle va être la victime, et c’est pour cela que le mercantilisme est une imbécillité
Je dirai donc simplement à Madame Merkel (même et surtout parce qu’elle ne demande rien): « Vous êtes à l’origine du problème, les banques qui sauteront en premier ce sont les vôtres, il serait urgent que vous trouviez une solution comme de continuer à financer le reste de l’Europe et à déréglementer à toute allure les secteurs ou vous n’étes pas concurrentiels pour nous permettre de vous vendre quelque chose. Etre créditeur, ne vous donne aucun droit spécial tant vous avez été nuls dans la distribution des crédits
En termes simples: Abandonnez votre politique mercantiliste désastreuse, qui nous a mené la où nous en sommes.Ce n’est pas en appauvrissant les autres européens que les dettes que vous avez accumulées seront remboursées, bien au contraire.Au lieu de cela, coupez les impôts sur la consommation, déréglementez, cessez de pressurer les salaires, ouvrez vos frontières et redevenez ce que l’Allemagne d’Adenauer et de Kohl a toujours été, une force de croissance.
L’Europe ne se renforcera que si les économies, toutes les économies croissent. Sinon, elle échouera, ce qui serait tragique. Et l’Allemagne en portera la responsabilité.Pour l’instant, je ne pense pas que les allemands aient vraiment "

La version originale de cet article de Charles Gave a été publiée dans le Journal des Finances en date du 18 décembre 2010. Le 25 janvier prochain, François-Xavier Chauchat, économiste à Gavekal, sera l'invité de l'Institut Turgot pour évoquer de manière plus précise le bilan et les perspectives de l'économie allemande. Si vous êtes intéressé, prière de contacter infoturgot@gmail.com.
Commentaires
L'Allemagne n'a pas un problème.
L'Allemagne a cinq problèmes : le Portugal, l'Irlande, l'Italie, la Grèce, l'Espagne.
Dette publique : la Grèce négocie un délai.
La Grèce négocie avec des banques commerciales l'allongement du délai de remboursement de sa dette, après avoir conclu un accord semblable avec le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union européenne (UE), rapporte vendredi 31 décembre un hebdomadaire athénien.
Les craintes d'une restructuration de la dette grecque après l'arrivée à terme en 2013 d'une aide d'urgence de 110 milliards d'euros maintiennent les spreads grecs à un niveau élevé. Le gouvernement grec a assuré à plusieurs reprises ne pas envisager une telle opération, mais sans pour autant parvenir à convaincre le marché obligataire.
Plus de 70 % de la dette grecque est détenue par des investisseurs étrangers. Selon Realnews, qui ne cite pas de sources, l'ancien vice-président de la Banque centrale européenne (BCE) Lucas Papademos, qui conseille actuellement le Premier ministre George Papandréou, est en discussion avec les banques et les fonds qui détiennent de la dette grecque.
Le journal rapporte que la restructuration envisagée impliquerait un allongement du délai de remboursement compris entre 10 et 30 ans, notamment pour les papiers dont l'échéance était fixée entre 2013 et 2015.
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/20...
En clair : la Grèce ne peut pas rembourser ses emprunts.
La Grèce sera le premier Etat européen à se déclarer en défaut de paiement en 2011.
Après la Grèce, d'autres Etats européens se déclareront en défaut de paiement en 2011.
Bonne année.
Concernant les Etats européens :
Le Portugal est en faillite.
L’Irlande est en faillite.
L’Italie est en faillite.
La Grèce est en faillite.
L’Espagne est en faillite.
La Chine prête à aider l’Espagne à s’extraire de la crise économique.
Les discussions de M. Li avec le Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero et le ministre des Finances Elena Salgado vont « jouer un rôle-clé » dans la stabilisation financière, a assuré l’ambassadeur de Chine en Espagne, Zhu Bangzao, cité par l’agence Chine nouvelle.
Les entretiens devraient porter sur l’expansion des relations économiques et commerciales bilatérales et permettre de « restaurer la confiance des marchés », a dit M. Zhu, sans fournir de précision.
L’économie espagnole, la 5e de l’Union européenne, est tombée dans la récession au second semestre 2008, au moment de la crise financière internationale, et peine à redémarrer.
Récemment, la Chine, devenue la 2e économie mondiale et assise sur le plus gros matelas de réserves au monde, s’est dite prête à aider les économies européennes les plus exposées à une crise de la dette, après le sauvetage international de la Grèce puis de l’Irlande.
Fin décembre, se disant « très inquiète » de la capacité des Européens à venir à bout de la crise des dettes souveraines, la Chine a annoncé être prête à « investir ses réserves de change » dans l’Union européenne.
La Chine s’est engagée à souscrire des obligations d’Etat de la Grèce et du Portugal, mais sans préciser la taille de ses investissements.
http://www.boursorama.com/infos/act...
La Chine évitera-t-elle à ces Etats européens le défaut de paiement ?
Ou alors est-il déjà trop tard ?
Vous le saurez dans le prochain épisode.
(Quel suspens ! Mais quel suspens !)
Bien que l'article soit pertinent, il est par trop extrême. Il me semble que la situation de l'Allemagne est tout de même plus enviable que celle des pays emprunteurs, dépensiers et peu productifs que vous citez (grèce, espagne, irlande...).
Pauvres Allemands qui ont tout faux ! Quand ils se font tirer l'oreille pour tirer d'affaire les Etats irresponsables, tout le monde leur tombe dessus en les accusant d'être de vilains égoïstes sans aucun sens de la solidarité. Et quand ils finissent pas céder, voilà Charles Gave qui les accuse d'être "à l'origine du problème" !!!
Ah c'est dur d'être banquier central ! Moi je démissionnerais...
Lundi 3 janvier 2011 :
La Grèce vient de pulvériser son record.
Grèce : taux d'intérêt des obligations à 10 ans : 12,521 %.
Vous avez bien lu : 12,521 %.
http://www.bloomberg.com/apps/quote...
Grèce : les dépôts baissent toujours.
Les dépôts en banque des entreprises et des ménages grecs ont continué de diminuer en novembre, baissant de 1,04 % par rapport au mois précédent, montrent les chiffres publiés lundi par la banque centrale.
Les dépôts à vue s'inscrivaient à 208,9 milliards d'euros fin novembre, contre 211,1 milliards d'euros fin octobre.
Depuis décembre 2009, la baisse est de 12,2 %, ou 29,12 milliards d'euros.
Cette diminution du montant des dépôts a contribué aux difficultés des banques grecques qui doivent s'en remettre à la Banque centrale européenne pour trouver des liquidités, l'accès aux marchés classiques leur étant quasiment impossible.
(Source : lefigaro.fr )
Prenons les neuf Etats européens les plus importants.
En 2011, ces neuf Etats européens les plus importants vont emprunter 828 milliards d’euros sur les marchés internationaux.
En 2011, l’Italie va emprunter 220 milliards d’euros.
L’Allemagne va emprunter 195 milliards d’euros.
La France va emprunter 184 milliards d’euros.
L’Espagne va emprunter 94 milliards d’euros.
Les Pays-Bas vont emprunter 50 milliards d’euros.
La Belgique va emprunter 34 milliards d’euros.
Le Portugal va emprunter 19 milliards d’euros.
L’Autriche va emprunter 17 milliards d’euros.
La Finlande va emprunter 15 milliards d’euros.
Comme si ça ne suffisait pas, la Commission Européenne va emprunter 17,6 milliards d’euros.
Comme si ça ne suffisait pas, le Fonds Européen de Stabilité Financière (EFSF) va emprunter 16,5 milliards d’euros.
http://www.lesechos.fr/entreprises-...
Conclusion : quand un Etat européen est surendetté, il se surendette encore plus.
Quand nous sommes surendettés, nous nous surendettons encore plus.
C’est magnifique.
Mardi 4 janvier 2011 :
Allemagne : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 2,891 %.
Grèce : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 12,591 %.
http://www.bloomberg.com/apps/quote...
La zone euro va exploser.
"La zone euro va exploser."
Pourquoi donc ? Dans un même pays, avec la même monnaie, Schmolldu peut payer 2.9% d'intérêts et Duschmoll 12.6%, sans que ça ne fasse rien exploser du tout.
Ou y a-t-il quelque chose qui m'échappe?
Ce qui vous échappe, c'est ceci :
"Un Etat n'est pas un être humain."
Mardi 4 janvier 2011 :
Sur le site internet du journal allemand DIE WELT, le sondage du jour pose la question :
"Glauben Sie, dass die Eurozone 2011 zerbricht ?"
"Pensez-vous que la zone euro va éclater en 2011 ?"
Réponse des sondés : oui, à 72 %.
http://www.welt.de/debatte/kommenta...
Pour rembourser sa dette, la Grèce pourrait vendre quelques îlots à l'Allemagne, étant donné le prix du foncier !
Plus sérieusement, les Etats européens ne sont plus tout à fait des Etats : leur faillite à proprement parler (individuelle, un par un) relève du fantasme. La zone euro ne peut pas exploser parce qu'elle est un sujet politique bien avant d'être un objet économique.
BA, les écarts de taux que vous citez ad nauseam ne signifient rien d'autre que l'accélération du processus de création des eurobonds.
Décidément, il y a beaucoup de petits enfants sur ce blog.
Il y en a qui continuent encore à croire au petit papa Noël, à leur âge.
"La zone euro ne peut pas exploser parce que ceci, parce que cela".
"Lehman Brothers ne peut pas faire faillite parce que ceci, parce que cela".
"Les Etats européens ne peuvent pas se faire la guerre parce qu'ils commercent beaucoup entre eux".
"Un peuple civilisé ne peut pas tomber dans la barbarie parce que ceci, parce que cela".
Etc.
Ecoutez-moi, les bisounours.
L'Histoire (et surtout l'Histoire récente) nous a appris ceci :
tout est possible.
Ce qui semblait impossible hier peut se produire demain.
Bonne nuit.
Cher Monsieur,
§6,
Pouvez-vous, s'il vous plait et si cela est possible , reprendre votre énumération des emprunts d'état en 2011 en scindant la part du refinancement et la part de l'endettement nouveau.
Merci.
@BA
petit enfant, moi ? ça me rajeunit.
Je suis le premier à dire qu'un Etat n'est pas un être humain. Vous pouvez d'ailleurs considérer aussi bien que Schmolldu et Duschmoll sont des municipalités, ou des entreprises.
Mais vous ne répondez pas à ma question : pourquoi et comment une différence de taux d'intérêt pourrait-elle "faire exploser l'euro"?
Et d'ailleurs, "exploser", dans ce cas précis, ça veut dire quoi exactement?
Vous le faites exprès ?
Non, franchement, vous le faites exprès ?
"Un Etat n'est pas un être humain".
"Un Etat n'est pas une municipalité".
"Un Etat n'est pas une entreprise privée".
Vous n'avez pas encore compris ça ?
Dans le cas qui nous occupe, l' "explosion" de la zone euro veut dire "le fait d'éclater violemment" (définition recopiée dans le Petit Larousse).
Concrètement : plusieurs pays vont quitter la zone euro.
Mercredi 5 janvier 2011 :
A propos du Portugal :
En juin 2010, le Portugal avait lancé un emprunt à 6 mois : il avait dû payer un taux d'intérêt de 1,96 %.
Mercredi 1er septembre 2010, le Portugal avait de nouveau lancé un emprunt à 6 mois : il avait dû payer un taux d'intérêt de ... 2,045 %.
Mercredi 5 janvier 2011, le Portugal a dû payer un taux d'intérêt de ... 3,686 % !
Conclusion : plus les jours passent, plus le Portugal emprunte à des taux d'intérêt de plus en plus exorbitants.
Plus les jours passent, plus le Portugal se surendette.
Plus les jours passent, plus le Portugal se rapproche du défaut de paiement.
http://www.agefi.fr/articles/Le-Por...
Bien sûr que si, j'ai compris tout ça! C'est même ce que je me tue (figurativement...) à essayer de dire.
Mais en même temps, je dis que le fait de devoir emprunter à des taux différents, qu'on soit un individu, une entreprise, une municipalité ou un Etat, est une situation tout à fait normale qui ne risque par de faire "exploser" quoi que ce soit..Objection à laquelle vous ne répondez toujours pas (alors que si je me trompe, il devrait être assez facile de dire pourquoi).
1- Les Etats du Proche-Orient ne peuvent pas avoir la même monnaie. Si ils font l'expérience, ça explosera.
2- Les Etats américains ne peuvent pas avoir la même monnaie. Si ils font l'expérience, ça explosera.
3- Les Etats africains ne peuvent pas avoir la même monnaie. Si ils font l'expérience, ça explosera.
4- Les Etats asiatiques ne peuvent pas avoir la même monnaie. Si ils font l'expérience, ça explosera.
5- Les Etats européens ne peuvent pas avoir la même monnaie. Si ils font l'expérience, ça explosera.
Pourquoi ?
Parce qu'il n'existe pas de sentiment de solidarité à l'intérieur de ces cinq zones.
@BA
Bon, je renonce à avoir une réponse à ma question précise : "pourquoi et comment une différence de taux d'intérêt pourrait-elle "faire exploser l'euro"?
(et j'en déduis.que vous n'en avez pas - dont acte).
Parce que, à l'intérieur de la zone euro, il y a des Etats qui vont bien, mais il y a aussi des Etats qui sont en faillite.
Donc, plusieurs possibilités :
1- Soit les Etats qui vont bien acceptent de payer des centaines de milliards d'euros pour sauver les cinq PIIGS de la faillite.
2- Soit les Etats qui vont bien acceptent d'émettre des obligations européennes.
3- Soit les Etats qui vont bien n'acceptent pas de payer pour les Etats faillis : les cinq PIIGS seront alors obligés faire défaut, puis de dévaluer pour relancer leur économie. Pour dévaluer, les cinq PIIGS devront revenir à leurs monnaies nationales.
OK, j'aime mieux ça.
Pas de problème avec ce que vous dites dans ce dernier post, si ce n'est que je ne suis même pas sûr que la séquence revenir à la monnaie nationale et dévaluer soit concrètement possible, ni qu'elle soit efficace. Mais ceci est une autre histoire...
Mais je cherchais le lien CAUSAL entre différence des taux et éclatement de l'euro que vous sembliez présenter, alors que les différences de taux ne sont qu'un SYMPTOME - cqfd.
Entièrement d'accord.
@Gérard
Vous avez raison, ce n'est qu'un symptome. la prime de risque demandée pour les oblig des PIGS inclue la probabilité de défaut du trésor emprunteur - ou tout au moins la probabilité d'un rééchelonnement prochain de la dette.
L'augmentation de l'écart nous dit tout simplement que, pour les marchés, la probabilité de ce défaut augmente. Et donc par là même que les marchés donnent une probabilité de plus en plus forte à l'hypothèse de voir les pays les plus riches de la zone euro - en l'occurrence l'Allemagne - refuser de payer.
Le lien causal vient seulement de ce que plus l'écart croît, plus cela risque d'effrayer certains investisseurs, et plus l'hypothèse devient autoréalisatrice.
L'élément crucial, me semble-t-il, c'est l'évolution de l'opinion allemande - pas celle de son gouvernement. D'après les informations qui me viennent d'amis allemands il apparaît que le divorce entre l'opinion et Merket, sur ce sujet, va croissant.
Il faut savoir que si l'on fait remonter à la seule Allemagne (et les autres pays nordiques qui l'accompagnent) l'ensemble des dettes accumulées par les autres pays de la zone euro, comme cela se passe actuellement, et en y incluant l'Italie et la France, on arrive à des chiffres faramineux. La charge financière annuelle reposant in fine sur les contribuables allemands serait pratiquement équivalente au montant initialement demandé au lendemain du premier conflit mondial pour les indemnités de guerre exigées de l'Allemagne (par la France), et cela tous les ans, pour une durée pratiquement infinie - environ 7% du PIB PAR AN. On comprend l'inquiétude montante de la population, et donc des marchés.
Tout dépend donc de la capacité des gouvernements français et italiens à arrêter rapidement et de manière significative la dérive de leurs comptes publics. Pour la France, avant 2013. Pour l'instant, tout ce qui est fait est destiné aux marchés (aux agences de rating). Mais l'opinion allemande n'a pas l'air d'en être davantage rassurée.
C'est ce qui se passe en Allemagne qu'il faut maintenant suivre de près. L'avenir sera largement déterminé par la qualité du dialogue franco-allemand et la capacité du gouvernement français à convaincre l'opinion publique allemande, et pas seulement à se faire écouter par ses dirigeants. Ce qui est d'ailleurs dans la logique d'un fédéralisme européen. Mais, pour l'instant, il semble que c'est plutôt l'inverse qui se passe. Les poignées de mains et les sourires ou embrassades ne suffisent plus.
BA serait-il le nouveau Philippulus le Prophète, version euro ?
Bubulle ne vit pas dans notre monde réel.
Bubulle vit dans le pays de Charlotte aux Fraises.
Charlotte aux Fraises vit à Fraisi-Paradis, un pays magique aux couleurs acidulées, fait de fruits, de bonbons et de gâteaux.
Elle adore se balader avec ses animaux de compagnie : Pralinette, la chatte, Clafoutis, le petit chien, et Caramiel son cheval.
Elle joue souvent avec sa soeur Croque-Pomme et ses amis : Coco Berry, Fleur d'Oranger, Angélique, Cookinelle et Diabolo Menthe.
Le monde de Charlotte aux Fraises :
http://www.tiji.fr/Tout-Tiji/Ti-her...
Tout va bien, bubulle.
Tout va très bien.
Oui, M. Lepage, vous avez tout-à-fait raison de souligner le mécontentement des allemands - depuis le mois de mai, ils sont furieux d'avoir été roulés dans la farine... et je ne crois pas du tout qu'ils soient prêts à faire les sacrifices que vous évoquez - au contraire!
Reste donc à savoir quand cette exaspération atteindra un tel niveau que la chancelière n'aura plus d'autre choix que de siffler la fin de la partie de poker menteur...
Le réveil sera sans nul doute dur, très très dur, pour tout le monde! (sans oublier les dissensions de plus en plus marquées et manifestes entre la France et l'Allemagne au niveau des choix et perspectives stratégiques...)
Jeudi 6 janvier 2011 :
Italie : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 4,767 %.
Espagne : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 5,460 %.
Portugal : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 6,957 %.
Irlande : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 9,042 %.
Grèce : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 12,638 %.
http://www.bloomberg.com/apps/quote...
Vendredi 7 janvier 2011 :
Italie : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 4,815 %.
Espagne : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 5,529 %.
Portugal : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 7,117 %.
Irlande : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 9,087 %.
Grèce : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 12,640 %.
http://www.bloomberg.com/apps/quote...
Un plan de sauvetage pour le Portugal ?
Le Portugal finira par avoir besoin d'un plan de sauvetage similaire à ceux accordés en 2010 à la Grèce et à l'Irlande, estiment la plupart des économistes interrogés à ce sujet par Reuters.
Quarante-quatre des 51 analystes ayant répondu à la question supplémentaire ajoutée à l'enquête mensuelle Reuters sur les taux ont jugé que Lisbonne serait finalement forcée de solliciter une aide financière extérieure.
Sept sur 51 ont jugé que ce serait aussi le cas de l'Espagne, et cinq analystes sur 51 ont jugé qu'aucun pays n'aurait désormais besoin d'aide.
L'enquête a été essentiellement menée avant mercredi et l'adjudication de titres à six mois lancée par le Portugal, pour laquelle le rendement de la dette a nettement augmenté, quoique dans les limites attendues.
Mais les analystes étaient plus nombreux à estimer ce mois-ci que le Portugal aurait besoin d'aide que lors d'une précédente enquête, conduite en novembre. Ils étaient alors 34 sur 50 de cet avis.
"Nous prévoyons que la crise de la dette souveraine sera relancée par un plan de sauvetage du Portugal, où les taux d'intérêt seront probablement maintenus à leur niveau actuel encore quelque temps", a déclaré Azad Zangana, économiste chez Schroders.
Reuters.
Bien ,les allemands ont des papiers imprimés plein de zéro,les autres ont des marchandises allemandes .... les chinois ont plein de papiers imprimés verts avec plein de zéros ,les américains ont plein de marchandises chinoises. Question qui est la corde ?qui est le pendu?
nous assistons à un concours dans la course au plus pire si vous me permettez cette expression
quand les chinois promettent de sauver les Pigs en souscrivant leurs dettes ils répartissent leurs mauvaises monnaies, accessoirement ils achètent beaucoup de matières premières cotées en dollars .. et achèteront tout ce que des fous accepteront de vendre contre des dollars.....Pour terminer ils recolonisent à toute allure l'Afrique ,il y a plus de chinois enAfrique que de colonisateurs européens dans les années 50
Bref, on peut se tourner dans tous les sens ,l'avenir semble pavé de funestes promesses enfin c'est ce que disent les augures-:)
Vendredi 7 janvier 2011 :
Obligations : les inquiétudes sur les dettes des pays fragiles persistent.
Les taux des pays fragiles de la zone euro, notamment ceux de l'Espagne et du Portugal, ont poursuivi leur envol vendredi, franchissant de nouveaux sommets dans un marché obligataire toujours inquiet de leur capacité à mener à bien le redressement de leurs finances publiques.
Vers 18H00 (17H00 GMT), les taux espagnols à 10 ans se tendaient à 5,526% contre 5,460% la veille à la clôture, après avoir atteint un plus haut depuis 2000 à 5,543% dans la matinée.
Les taux portugais s'envolaient à 7,193% contre 6,957% jeudi, un record depuis l'entrée du pays dans la zone euro.
Les propos du Premier ministre portugais José Socrates, qui a réaffirmé vendredi que le déficit du pays serait bien ramené à 7,3% du produit intérieur brut en 2010, n'ont pas réussi à rassurer les opérateurs.
"L'Espagne et le Portugal ont une croissance et une inflation faibles. Ajoutez à cela des taux obligataires élevés et le cocktail est explosif", commente Patrick Jacq, stratégiste obligataire chez BNP Paribas.
Les investisseurs restent aussi prudents car "les vrais tests pour le marché sont à venir la semaine prochaine" où l'on attend des émissions du Portugal (mercredi), de l'Italie et de l'Espagne (jeudi), souligne René Defossez chez Natixis.
"Il y aura de la demande mais à quel prix voilà toute la question. Si les taux d'emprunt sont encore plus élevés, cela deviendra très alarmant", ajoute-t-il.
http://www.boursorama.com/internati...
Samedi 8 janvier 2011 :
Berlin et Paris veulent forcer le Portugal à demander l'aide de l'Union Européenne.
Les gouvernements allemand et français veulent contraindre le Portugal à demander à son tour une aide financière dans le cadre du plan de sauvetage européen, affirme l'hebdomadaire Der Spiegel à paraître lundi 10 janvier.
Sans citer de source précise, Der Spiegel affirme que "des experts gouvernementaux" des deux pays s'attendent à ce que le Portugal ne puisse bientôt plus se financer sur les marchés.
"Le signal d'alarme a été tiré, selon eux, lorsque le Portugal a dû proposer la semaine dernière 3,69 % d'intérêts pour une émission obligataire à six mois.
A titre de comparaison, le même jour, l'Allemagne a placé un emprunt à 2,87 % sur dix ans sur le marché", écrit l'hebdomadaire.
Le Portugal doit rapidement se placer sous l'assistance européenne pour éviter une contagion à l'Espagne voisine ou à la Belgique.
Les membres de la zone euro devraient s'engager dans le même temps à fournir tous les moyens nécessaires pour défendre la monnaie unique, quitte à dépasser les 750 milliards d'euros déjà mis à disposition, assure encore le magazine.
http://www.google.com/hostednews/af...
Mais l'Allemagne n'est-elle pas favorable à une restructuration des dettes publiques si besoin? Ce qui toucherait effectivement ses banques.
En Europe, la situation est la suivante :
Plus personne ne contrôle la situation.
Jean-Claude Trichet ne contrôle plus la situation.
Nicolas Sarkozy ne contrôle plus la situation.
Angela Merkel ne contrôle plus la situation.
Jose Socrates ne contrôle plus la situation.
Zapatero ne contrôle plus la situation.
Berlusconi ne contrôle plus la situation.
Lundi 10 janvier 2011 :
Un sauvetage du Portugal imminent.
Le gouvernement portugais se débat face aux rumeurs insistantes sur un sauvetage imminent de son économie, après celui de la Grèce et de l'Irlande.
Selon l'hebdomadaire Der Spiegel, le cas portugais fut au cœur de la rencontre, vendredi, à Strasbourg, entre la ministre de l'Économie Christine Lagarde et son homologue allemand Wolfgang Schäuble. Les deux gouvernements veulent pousser Lisbonne à faire appel, au plus vite, à l'aide financière internationale, afin d'éviter une contagion à l'Espagne et à la Belgique.
Pour sa première émission obligataire de l'année, à trois mois, le Portugal a dû concéder un prix exorbitant.
Vendredi, les coûts d'emprunt à dix ans ont battu de nouveaux records à 7,193 %. À ce prix, il devient préférable de se financer via le Fonds européen. D'autant que l'émission, prévue mercredi 12 janvier, de 2 milliards d'euros à trois et neuf ans s'annonce déterminante.
Mais le premier ministre José Socrates résiste aux pressions. Il redoute les contreparties qui lui seraient imposées par le FMI.
«Le Portugal fait ce qu'il faut et continuera ainsi… Tout ce que j'ai à dire, c'est que nous allons atteindre l'objectif budgétaire en 2010 qui était de réduire son déficit à 7,3 % du PIB», a-t-il dit samedi. Il n'empêche, la pression monte dans les salles de marchés, mais aussi du côté des politiques, pour un déclenchement du sauvetage.
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...
Le ministre japonais des Finances, Yoshihiko Noda, a annoncé mardi que son gouvernement prévoyait d’acheter des obligations du Fonds européen de stabilité financière (EFSF) afin d’aider à stabiliser la zone euro, ont rapporté des médias.
(Source : dépêche AFP)
- Le Japon est hyperendetté.
- Le Japon consacre 60 % de ses recettes fiscales à payer les intérêts de sa dette (dette publique du Japon : 200 % du PIB).
- Le Japon va utiliser ses réserves en euros pour essayer de sauver les cinq Etats européens surendettés.
- Le Japon hyperendetté va-t-il réussir à sauver les cinq Etats européens surendettés ?
- Vous le saurez dans le prochain épisode.
- Le suspens est à son comble.
Mardi 11 janvier 2011 :
Italie : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 4,860 %.
Espagne : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 5,581 %.
Portugal : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 7,015 %.
Irlande : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 8,923 %.
Grèce : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 12,295 %.
http://www.bloomberg.com/apps/quote...
J'ai un peu de mal à suivre Charles Gave sur tous les points. Que l'Allemagne ait un surplus commercial de 700 MM avec le reste de la zone euro et un déficit correspondant de la balance des capitaux ne me semble pas très pertinent puisque tous ces pays oeuvrent dans un marché unique avec une monnaie commune. Comme il n'y a (heureusement) pas de contrôle des changes, ce n'est pas "l'Allemagne" qui a un surplus, mais les entreprises allemandes.
Les entreprises allemandes sont compétitives et accumulent donc des profits bien mérités. Ces profits se retrouvent sur des comptes bancaires et les banques les recyclent. Là où Gave a raison, c'est qu'elles les ont très mal recyclés en prêtant à des banques étrangères et des Etats à haut risques. Il y a donc bien un problème de banques allemandes.
Au lieu de laisser les banques allemandes aller à la faillite (quitte à protéger les petits déposants), l'Etat allemand a décidé de venir au secours de leurs débiteurs, les Etats défaillants. Je ne pense pas que ce soit une bonne solution, car cela va faire trainer en longueur la crise. Mieux aurait valu la faillite des banques et le défaut des Etats insolvables plutôt que ces sauvetages à répétition. Je crois que c'est cela le problème et non un "mercantilisme" qui n'a pas de sens dans une même zone monétaire.
Je suis aussi d'accord avec Gave pour réclamer l'ouverture du secteur des services. Mais je n'entends pas la France le faire, ni auprès de l'UE, ni au G8, ni au G20. Sarko tient le micro, il pourrait en profiter. Bien au contraire, elle a été la première à hurler lorsque la directive "Bolkestein" a proposé une timide ouverture de ce secteur.
BA, de grâce, laissez les professionnels analyser l'économie ; vos élucubrations stupides constituent une perte de temps incroyable pour les gens intelligents qui se retrouvent sur ce site.
Merci d'aller faire vos pittreries ailleurs !