Sans entrer dans le détail du modèle mathématique de Becker, on retiendra que le coût du crime repose sur la fonction suivante C = (p Ai) (p Ji) (p Pi), où p représente la probabilité de chaque événement, A, l’arrestation, J, le jugement, P, la punition et i la pénibilité de chacune de ces étapes de la répression du crime.

Le coût d’opportunité d’un crime dépend du croisement de toutes ces probabilités. Cela signifie que la moindre défaillance dans la chaîne de répression du crime va considérablement abaisser le coût probable d’un crime donné.

Prenons un exemple : supposons qu’un criminel espère, de son méfait, un gain de 100 et que le coût de la peine encourue serait de 1000 (si Sigma p = 1).

Avant de se décider à passer à l’acte, le criminel va estimer les probabilités réelles d’être arrêté, jugé et puni. S’il estime ces probabilités respectives à p A = 10%, p J = 50%, p P = 20% on a alors un coût probable d’opportunité égal à 1000 x (0,1 x 0,5, x 0,2) = 10.

Dans ce cas de figure, le gain probable du crime est bien supérieur à son coût probable. Le criminel sera donc fortement incité à passer à l’acte.

D’ailleurs, c’est parce que la probabilité cumulée d’élucidation des crimes, de leur jugement et d’une condamnation à la peine maximale n’est jamais égale à 1 (100%) que le crime existe ; y compris dans les sociétés les plus répressives.

La répression des crimes est soumise à des contraintes qui en limitent l’efficacité. Parmi celles-ci, on citera, notamment, le coût d’élucidation, les choix de politique budgétaire, la loi des rendements décroissants, la corruption des policiers et des magistrats.

Toutes ces considérations peuvent sembler très théoriques à ceux qui ne sont pas familiers des sciences économiques. Elles n’en ont pas moins des développements très pratiques dans la réalité. Prenons, au gré de l’actualité, l’information diffusée par RTL info, le 31 août dernier, selon laquelle « seul un violeur sur cent est condamné en Belgique » et que certaines victimes ont été violées par des violeurs récidivistes (3). On apprend aussi, par cette dépêche, que le nombre de viols s’élève, en Belgique, à une dizaine par jour.

Cette information est riche d’enseignements. Elle nous indique que la probabilité, pour un violeur, d’être jugé est officiellement estimée à 1% (0,01). Quant à la probabilité d’être condamné à la peine maximale (10 ans selon l’article 375 du code pénal belge), elle doit être inférieure à 1, puisqu’il s’agit de violeurs récidivistes. Les condamnations à l’emprisonnement doivent, en toute logique, être minimales. Une simple recherche sur Internet valide cette hypothèse :

« Le tribunal correctionnel de Tournai a condamné jeudi, [20 décembre 2012], Jonathan D., 26 ans, à une peine de deux ans de prison pour le viol d'une jeune fille de 14 ans, à Tournai…. Le prévenu a de nombreux antécédents pour violence. Il a été condamné à un an de prison avec sursis probatoire pour un viol avec violence, en 2009, par le tribunal correctionnel de Namur. Il a par ailleurs été acquitté du viol d'une étudiante à Tournai, en janvier 2012, par le tribunal correctionnel de Tournai » (4).

Si on lit bien cette dépêche, un violeur récidiviste a été condamné à… rien pour son premier viol et à… presque rien pour le second. Bien qu’il s’agissait d’une mineure de 14 ans. Quant au troisième viol, probablement imputable au même individu, il en a été acquitté. La sanction n’existant plus ou presque plus, nul ne peut s’étonner que le nombre de viols, s’élève, chez nos voisins belges, à une dizaine par jour.

C’est un truisme enfantin de dire que si les peines étaient plus sévères et la probabilité d’être appliquées plus élevée, le nombre de crimes commis serait moins grand.

Selon Gary Becker, ce postulat était, jusque dans les années 1960, communément admis par tous les criminologues, quelles que fussent leurs écoles de pensée :

« Pratiquement, toutes les théories, aussi diverses soient elles, admettent que lorsque toutes les autres variables demeurent constantes, une augmentation de la probabilité d’inculpation ou de punition, pour un individu donné… diminuera substantiellement ou marginalement, le nombre de crimes que cet individu commet » (5).

Ce postulat se vérifie pleinement lorsqu’on dresse un tableau de la criminalité et lorsqu’on en analyse les causes.

1. Etat des lieux de la criminalité en France

Pour avoir une idée du niveau de la criminalité en France, nous pouvons reprendre l’exemple des violences sexuelles que nous avons déjà utilisé pour la Belgique. Qu’en est-il chez nous ?

Selon Laurent Obertone : 

« Les enquêtes de victimisation (Guiller et Weiler) révèlent que chaque année, 75.000 personnes sont victimes de viol, ce qui représente 200 viols par jour et concerne une femme sur six lors de son existence. 198.000 tentatives de viols sont commises chaque année. Ces chiffres sont parfaitement inconnus du public […] Pourquoi ce silence ? Selon les chiffres de la police, le viol s’est multiplié par cinq en l’espace de vingt ans, des années 1980 aux années 2000 (…) Les violeurs et délinquants sexuels représentent 21% de la population carcérale en l’an 2000, d’après un rapport du Sénat. Selon une enquête de l’observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale (ONDRP), publiée en 2011, 178.000 personnes sont chaque année victimes de violences sexuelles en France. 7% des Françaises ont été violées. Et, seulement 2% des violeurs sont condamnés (Ined, 2011). Le tout dans un silence médiatique assourdissant de complicité » (6).

Plus loin, nous reviendrons sur les causes de ce silence. En attendant, il faut relever qu’à l’instar des juges belges, les juges français font preuve d’une indulgence extrême à l’égard des violeurs. Obertone cite notamment plusieurs affaires où les agresseurs ont été condamnés à des peines allant de huit mois à un an de prison, toujours avec sursis. Ceci, pour des agressions sexuelles sur personne faible ou même envers des enfants. Un tel laxisme dépasse l’entendement. Si l’auteur n’indiquait ses références, on aurait du mal à croire que de tels jugements aient jamais été rendus.

Pourtant, le nouveau code pénal de 1992 prévoit cinq ans d’emprisonnement pour un viol. Dans les faits, cette peine est automatiquement réduite de moitié. Et, très souvent, ramenée à quelques mois de prison ferme ou avec sursis. Comme le souligne Obertone, non sans ironie : « Ça dissuade. Ça dissuade surtout les victimes de porter plainte ».

Cette absence de justice aboutit à des situations tragiques. Ainsi, il nous revient cette affaire évoquée par le journal Le Point, en décembre 2010, où une victime a été contrainte de vivre sous le même toit que son agresseur, décrit comme un prédateur sexuel particulièrement dangereux.

Là encore l’individu était un multirécidiviste et avait été condamné à des peines ridiculement faibles :

« Le 30 septembre dernier, le tribunal de Nanterre a condamné l'agresseur de Charlotte à quatre mois d'emprisonnement avec sursis et dix-huit mois d'obligation de soins. Le tribunal a tenu compte d'une précédente condamnation pour quatre affaires similaires qui, en mars 2009, lui avait valu trois ans de prison, dont deux ans avec sursis, et mise à l'épreuve. Cependant, au grand dam de la victime, le tribunal de Nanterre n'a pas jugé nécessaire de décider d'une mesure d'éloignement alors que Charlotte avait découvert, six mois auparavant, que son agresseur n'était autre que le concubin de sa voisine du dessus » (7).

La réalité dépasse la fiction. Les peines prononcées n’ayant plus le moindre caractère dissuasif, tout individu pris d’une ‘’pulsion’’ de viol peut s’y abandonner, sans à en avoir à en redouter les conséquences pénales.

L’absence de peine prévisible explique la multiplication, par cinq, des violences sexuelles au cours de ces vingt dernières années.

Fatalement, le nombre de viols tend à s’élever au nombre de violeurs potentiels que multiplie leur propension à violer. Rien ne dit que ce nombre soit stabilisé. Il peut encore augmenter, dans des proportions considérables, au fur et à mesure que les violeurs potentiels prendront conscience de la dépénalisation progressive des violences sexuelles.

Pour nous, il est symptomatique de constater qu’au moment même où les hommes de l’Etat relancent le projet de pénaliser les clients des prostituées, certains magistrats dépénalisent le viol de facto.

En apparence, cela semble absurde. En vérité, ce schéma de pensée est parfaitement cohérent avec le constructivisme égalitaire qui anime l’esprit de l’élite dirigeante.

L’idée sous-jacente, ici, est que seuls les hommes de l’Etat jouissent du droit d’allouer les ressources rares, aux fins d’assurer l’égalité des conditions. Dans l’échange sexuel, le corps des individus est une ressource rare. Dès lors, il est conséquent pour les constructivistes d’interdire la prostitution, car celle-ci se caractérise par un échange privé fondé sur une ‘’discrimination’’ par l’argent. Dans la même logique, dépénaliser le viol c’est nationaliser les corps et établir, par la force, un communisme sexuel, où il n’existe plus de ‘’discrimination’’ par la fortune, l’origine, la culture, la beauté, l’intelligence ou le pouvoir de séduction.

Le premier et le plus fondamental des droits de propriété est celui que l’on exerce sur son corps. La tolérance pénale à l’égard des violeurs et le nombre de femmes violées (7% des Françaises – rappelons-le) démontre que ce droit de propriété est gravement menacé. Un esclavage sexuel public s’instaure donc, à l’insu de nos compatriotes. Bien plus pernicieux que la prostitution privée puisque, pour ce qui est des viols, on a la certitude qu’aucune des victimes n’est consentante. On peut aussi se poser la question de savoir dans quelle mesure l’interdiction de la prostitution privée ne poussera pas un certain nombre d’individus à violer leurs congénères, étant donné que le coût d’un viol pourrait bientôt être moins élevé que celui de l’amende pour une relation tarifiée. C’est ce à quoi nous préparent les hommes de l’Etat et les médias, bien en vue, qui vantent les mérites du modèle de répression scandinave :

« Au royaume scandinave [de Suède, n.d.r], premier pays européen à avoir criminalisé la demande et non l'offre de prostitution, les amendes sont lourdes, proportionnelles au salaire du client. Les peines de prison peuvent atteindre un an (…) Et pour les Suédois, le bilan est largement positif: selon un rapport publié en 2011 pour le gouvernement, la prostitution de rue a baissé de moitié. 1 800 affaires ont été recensées les dix premières années. Près de 300 condamnations ont été prononcées, des amendes en général inférieures à 2000 euros, proportionnelles aux revenus du client. En 2011, la loi a encore été durcie: les condamnations peuvent aller jusqu'à un an de prison » (8).

De la prison ferme pour les clients de prostituées ? Et de la prison avec sursis pour les violeurs ? C’est bien dans la logique d’un collectivisme insidieux qui envahit tous les aspects de la vie privée.

En attendant l’ouverture de la chasse aux clients des prostituées, par une police déjà saturée par la criminalité ordinaire, les hommes de l’Etat réfléchissent à l’établissement d’une prostitution publique, payée par l’impôt. Les prostitué(e)s seraient, par la grâce du service public, promus au statut ‘’d’assistants sexuels’’, à condition toutefois qu’ils réservent leurs prestations aux handicapés :

« Sur le plan légal, l'assistance sexuelle est en France assimilée à la prostitution. Un membre du personnel médical qui organiserait une rencontre sexuelle (avec un handicapé) risquerait d'être accusé de proxénétisme. Un véritable engagement en faveur de l'accompagnement sexuel a cependant émergé à partir de 2007, année de l'organisation du colloque « Dépendance physique : intimité et sexualité » à Strasbourg, suivi en novembre 2010 d'un colloque à Paris sur « Handicap et sexualité ». Le député UMP Jean-François Chossy, qui a été missionné par le Premier ministre François Fillon pour réfléchir à "l'évolution des mentalités et le changement du regard de la société sur les personnes handicapées", travaille sur un projet de loi pour légaliser les assistants sexuels » [(9).

Notons que le métier ‘’d’assistant sexuel’’ est, parmi d’autres pays européens, reconnu par les Pays-Bas. Et, que les prestations desdits assistants sont remboursées par la sécurité sociale. Ceci confirme ce que nous avancions plus haut. Ces évolutions légales visent à conférer à l’élite dominante le droit exclusif de décider qui s’accouple avec qui et selon quelles modalités. Au fond, cela n’a rien d’étonnant. Les singes supérieurs procèdent de la même façon. C’est là un fait établi par les primatologues : dans les hordes de chimpanzés, les mâles dominants prennent le contrôle des femelles dont ils accordent les faveurs sexuelles aux mâles dominés. Ceci, en échange du maintien de leur pouvoir, quand leur force physique vient à décliner.

Quoi qu’il en soit des leçons de morale politique que nous pouvons tirer de la zoologie, il nous faut revenir à l’analyse des atteintes aux droits de propriété corporels. Selon nous, ces dernières dérivent mécaniquement de la tolérance à l’égard des atteintes aux droits de propriété matériels. Pourquoi ? Parce que dans un système de gradation des peines, toutes les peines se définissent les unes par rapport aux autres. Un peu comme le marché définit le prix d’un bien par rapport à tous les autres. Aussi, lorsqu’on sanctionne moins les délits matériels au motif qu’il s’agit d’une ‘’petite délinquance’’, on tire toute l’échelle des peines vers le bas. On entre dans un mécanisme où la production de crimes devient inflationniste, même si les peines pour les atteintes corporelles demeurent sévères.

Comment est-ce possible, si le coût d’opportunité des crimes les plus graves reste constant ? Pour appréhender ce phénomène, il faut revenir à notre formule : C = (p Ai) (p Ji) (p Pi).

Plus les peines pour les délits matériels diminuent, plus le nombre de ces délits augmente. Or, la probabilité d’élucidation d’un crime quelconque, et de son jugement, dépend de la production totale de délits sur le marché du crime.

Si la police est débordée et les tribunaux encombrés par les plaintes pour vol, tous les autres crimes voient leur probabilité d’être sanctionnés diminuer. Ainsi, les petits délits nourrissent les grands et vice-versa. Un phénomène bien intégré par le principe de la tolérance zéro, même s’il repose sur d’autres considérations. Rappelons brièvement les contours de ce principe.

Le principe de la tolérance zéro a été formalisé, en 1982, par James Wilson et Georges Kelling, dans un article connu sous le nom de La vitre brisée, paru dans The Atlantic Monthly (10).

En résumé, Wilson et Kelling soutenaient que si une vitre d'un bâtiment est brisée et qu’elle n'est pas immédiatement réparée, certains pourraient en conclure que le bâtiment est abandonné. Toutes les vitres seront, alors, brisées par les délinquants du quartier. Ceux-ci considérant que cela n'a aucune importance, puisque personne n’est prêt à défendre sa propriété.

Le principe de la tolérance zéro se fonde sur deux propositions essentielles : i) si le responsable d'un délit n'est pas condamné immédiatement, il est incité à récidiver. ii) Si les délinquants ne sont pas condamnés pour chaque infraction à la peine maximale autorisée par la loi, ils vont progressivement passer de la petite délinquance au crime. Les postulats de Wilson et Kelling soutiennent nos analyses. Ils se vérifient dans le champ empirique.

En faisant une revue rapide des agressions sexuelles en France et en Belgique, nous avons été frappés de constater que le plus grand nombre des criminels incriminés n’étaient pas des violeurs pathologiques, mais des voyous ordinaires qui ont commencé leur carrière dans la petite délinquance.

Pour Wilson et Kelling, le moyen d’empêcher l'escalade des infractions est de combattre le sentiment d’impunité général en sanctionnant immédiatement chacun des délits. Ainsi, le criminel prend conscience que tout délit sera sanctionné.

On peut penser ce que l’on veut du principe de la tolérance zéro. On doit constater que mis en application, il produit les résultats escomptés.  Pour la ville de New York, ces résultats furent, après une période de sept années, une baisse de : « 65 % pour les homicides, 68 % pour les vols de voiture, 62,5 % pour les vols à la tire, 62 % pour les cambriolages, 36 % pour les viols et 32 % pour les autres agressions physiques» (11).

Des chiffres qui feraient rêver tous les ministres de l’intérieur de France de Raymond Marcellin (1968) à Manuel Valls.

Au regard des douze millions de délits commis en France, en 2012, on peut imaginer que c’est le principe inverse à celui de la tolérance zéro qui y prévaut.

Encore une fois, c’est ce que montre Obertone avec ses très nombreux exemples de laxisme judiciaire. Parmi ces exemples, nous retiendrons celui de deux cambrioleurs du Val de Marne qui :

« ont reconnu 66 cambriolages. Un joli palmarès ! On se dit que la justice va cette fois se montrer exemplaire… Jugé en comparution immédiate, l’homme déjà incarcéré a été condamné à trois ans d’emprisonnement dont deux avec sursis et mise à l’épreuve, son complice a été relaxé et remis en liberté. Nous disons donc : 66 cambriolages commis par un multirécidiviste déjà responsable de 55 délits, ne valent qu’un an de prison ferme, c'est-à-dire rien, puisque les peines de moins deux ans sont rarement exécutées. Quant à se rendre complice de 66 cambriolages ? Voilà qui mérite la relaxe. Si les cambrioleurs peuvent cambrioler des centaines de maisons sans jamais payer l’addition pourquoi s’en priveraient-ils ? L’incarcération durable de ces deux individus, disons pour une période de 5 à 10 ans, leur aurait sans doute passé l’envie de cambrioler, tout en épargnant aux honnêtes gens des centaines de cambriolages » (12).

Tout le problème est là. Le coût du crime tendant vers 0, fatalement, le nombre de crimes tend vers l’infini. Ou, pour être plus exact, il augmente exponentiellement.

Ainsi, le Figaro daté du 9 septembre révèle que d'août 2012 à juillet 2013, les cambriolages ont encore augmenté de 9,3% alors que leur nombre était déjà à un pic historique en 2012 (13).

Ces chiffres agrégés ne reflètent, d’ailleurs, aucune réalité particulière. Selon les lieux, l’augmentation de la criminalité peut prendre des proportions vertigineuses. Entre janvier 2012 et janvier 2013, à Paris et dans les trois départements de la petite couronne (92, 93, 94), les cambriolages ont respectivement progressé de 58% et de 41%. Ce qui a été qualifié par la presse « d’explosion historique » (14).

Pour en revenir aux chiffres de juillet 2012 à août 2013, on apprend que les atteintes à l’intégrité physique ont augmenté de presque 3% et les violences sexuelles de plus de 10%. Or, il faut savoir que les victimes sont de plus en plus découragées de porter plainte, dissuadées par les procédures judiciaires ou les représailles des voyous. Moins d’un vol sur deux est signalé à la police. Moins d’une agression physique sur quatre. Les chiffres publiés par le ministère de l’intérieur ne sont donc que le pâle reflet d’un état véritablement catastrophique de la criminalité.

Sur la base des chiffres 2012, communiqués par l’INSEE, l’Observatoire National de la délinquance et des tendances du tableau de bord du ministère de l’intérieur, publié en septembre 2013, on peut s’attendre, cette année, à un nouveau record historique du nombre d’infractions réellement commises. Ces dernières devraient s’élever à 14 millions, dont 80.000 viols. Pour paraphraser la formule à succès d’Obertone, cela sera 14.000 vols, 2.060 agressions, 220 viols par jour. Oui, vous avez bien, lu : chaque jour de l’année.

Cette dérive témoigne de l’effondrement de l’Etat de droit. Progressivement, la loi de la jungle remplace l’ordre juridique sur lequel notre société a été construite. Toute la question est de savoir comment nous en sommes arrivés là.

2. L’explosion de la criminalité ou l’histoire d’une dérive idéologique

La criminalité de masse n’est pas le fruit du hasard. C’est un phénomène historique relativement récent dont l’élite dirigeante, depuis l’après seconde-guerre mondiale, porte toute la responsabilité.

Entre 1830 et 1945, le nombre de délits commis en France ne représentait que 1/28e du nombre des délits actuels. Sur plus d’un siècle, le taux de la criminalité est demeuré aussi constant que la valeur du franc-or. Malgré trois révolutions, cinq régimes politiques différents et plusieurs crises économiques de grande ampleur, le nombre de délits a très peu varié. Il s’est situé aux alentours de 500.000 par an. Cette constance s’explique par l’invariabilité de la politique pénale alors menée. Celle-ci misait principalement sur l’enfermement des délinquants, quelquefois dans des conditions très dures : inconfort extrême des prisons, punitions physiques, travaux forcés, bagne, etc.

Cela, sans parler de la peine de mort qui formait la clef de voûte d’un système reposant sur la gradation des peines.

Les délinquants potentiels sachant à quel coût leurs actes les exposaient n’étaient pas enclins à enfreindre les lois. De 1789 à 1945, cette politique pénale a fait l’objet d’un consensus social et politique indiscuté. Elle reposait sur deux principes fondamentaux consacrés par la constitution libérale de 1791 :

« La constitution garantit l’inviolabilité des propriétés ou la juste et préalable indemnité de celles dont la nécessité publique, légalement constatée, exigerait le sacrifice ».

« Les mêmes délits seront punis des mêmes peines, sans aucune distinction des personnes » (15).

Si l’on y prête toute l’attention qu’elles requièrent, ces deux dispositions constitutionnelles portent en elles de grandes vertus sociales. Elles ont pour objet de mettre l’individu à l’abri de toute forme d’arbitraire. L’individu ne sera plus victime des appétits prédateurs de l’élite dirigeante et des criminels. Quant à la justice, elle s’appliquera de la même manière pour tous. C’est le rétablissement de l’isonomie, mise à mal par la monarchie et sa justice de caste.

La combinaison de ces deux principes fixe des lignes claires pour l’établissement des lois et de l’ordre public (Law & Order). Le principe fondamental, c’est le respect des droits de propriété. Aucune prédation ne saurait être tolérée, ni publique ni privée. Toute atteinte publique à la propriété sera compensée. Toute atteinte privée sera sévèrement punie. Au centre du droit, on trouve l’individu souverain.

L’égalité des peines, pour les mêmes délits, indique très précisément aux criminels en puissance le prix à payer pour leurs forfaits. Les délits étant de natures différentes, les peines doivent l’être également.

Le but de la société étant l’inviolabilité des droits de propriété, le montant des peines à fixer, pour les protéger, s’établit facilement. Il doit être égal au montant du gain espéré du délit, auquel on ajoute un surcoût correspondant à la probabilité pour les criminels de ne pas être arrêtés. Ainsi, se met en place un système pénal rationnel dans lequel les délinquants sont dissuadés de s’emparer de la propriété d’autrui et où les citoyens peuvent tranquillement travailler à leur prospérité.

Que cela soit par une connaissance raisonnée de la psychologie humaine, ou par intuition, nos prédécesseurs sont parvenus, pendant plus d’un siècle, à contenir le nombre de crimes à un niveau sans doute incompressible. Avec les instruments conceptuels de leur époque, ils avaient intégré, dans le droit pénal, la formule C = (p Ai) (p Ji) (p Pi).

Cette philosophie du droit pénal était, aussi, partagée par la majorité des moralistes qui ne se faisait aucune illusion sur la nature humaine. C’était notamment le cas de Jacques Bainville qui, en 1931, écrivait :

« Le capitalisme a commencé avec le chasseur qui, au lieu de tout manger gloutonnement, fuma des quartiers de venaison. Le capitalisme repose sur l’épargne. Et qu’est-ce que l’épargne ? Du travail dont le fruit n’a pas été dépensé, ce qui représente un effort sur soi-même et un sacrifice, c’est-à-dire ce qu’il y a de plus noble au monde. Mais il y a toujours eu des hommes au monde qui n’ayant pas épargné ont désiré partager les provisions des autres (…) Toute l’histoire, s’y l’on y regarde de près, est un tissu de luttes entre épargnants et les autres » (16).

Cette analyse met en lumière le lien de parenté psychologique entre la prédation de l’épargne par les voleurs et par les hommes de l’Etat. Les uns se servent de la violence physique. Les autres de la violence légale pour s’emparer des fruits du travail d’autrui.

Il y a là une proximité psychologique qui, à notre sens, explique l’indulgence des constructivistes égalitaires à l’égard des criminels. Leurs motivations peuvent être différentes, leur but est commun.

On trouve, dans l’histoire judiciaire soviétique, une illustration de cette indulgence des hommes de l’Etat pour les gens de sac et de corde. C’est un fait connu, en U.R.S.S. les peines prononcés par les juges communistes étaient moins sévères pour les voleurs que pour les dissidents politiques. D’ailleurs, les témoignages des survivants du goulag reviennent, souvent, sur la terreur exercée par les détenus de droit commun sur les prisonniers politiques. Une terreur encouragée par les autorités carcérales qui cogéraient les goulags avec la mafia de l’époque.

En cela, on ne peut s’étonner du sort qui a été récemment réservé aux manifestants pacifiques de laManif pour tous, contre la loi Taubira autorisant le mariage homosexuel. Si un millier de manifestants onta été appréhendés, de manière arbitraire, et quelques-uns incarcérés, c’est dans la logique même d’un système qui persécute les opposants au dogme de l’égalité et tolère les délinquants qui le réalisent par d’autres moyens (17).

Mais n’anticipons point trop et revenons à la chronologie de la dérive idéologique qui a conduit la France de cinq-cent-mille à douze millions de délits par an.

Comme nous le laissions entendre, la criminalité commence à augmenter au lendemain de la seconde guerre mondiale. Précisément, en 1946. L’on pourrait penser qu’il s’agit là d’un phénomène provisoire, dû au désordre de l’après-guerre. Pourtant, la courbe de la criminalité n’a cessé d’augmenter depuis cette date. D’abord, selon une pente douce. Ensuite, après 1970, selon une pente à 90°.

Or, en 1945-1946, deux mesures de clémence pénale ont contribué à réduire les coûts d’opportunité de la délinquance. La première mesure est l’ordonnance du 2 février 1945, relative à l’enfance délinquante. La seconde est la décision de fermer le dernier bagne à Cayenne. Là où étaient envoyés les condamnés aux travaux forcés.

Cette évolution a clairement été dictée par le climat politique d’après-guerre. La gauche, très influente dans le gouvernement provisoire, a condamné le bagne en l’assimilant aux camps de concentration nazis. Elle a minoré la responsabilité des mineurs délinquants en accusant la société, dans son ensemble, d’être à la source de leur comportement délictueux.

En 1945-1946, l’heure n’est pas encore à l’inversion dialectique qui transforme le coupable en victime et la victime en coupable. Mais, elle en est déjà à la ‘’prévention’’, à ‘’l’encadrement social’’, à la ‘’réforme’’ et à ‘’l’admonestation’’, en lieu et place de l’enfermement.

L’ordonnance de 1945 stipule ainsi dans les articles premier et deuxième :

« Les mineurs de dix-huit ans auxquels est imputée une infraction qualifiée, crime ou délit, ne seront pas déférés aux juridictions pénales de droit commun, et ne seront justiciables que des tribunaux pour enfants. Le tribunal pour enfants prononcera, suivant les cas, les mesures de protection, d’assistance, de surveillance, d’éducation ou de réforme qui sembleront appropriées » (18).

Et, dans son article 21 :

« Les mineurs de dix huit ans ne seront pas soumis au droit commun en matière de contravention. Si la contravention est établie, le juge pourra, soit admonester le mineur, soit prononcer la peine d’amende prévue par la loi. Toutefois, les mineurs de treize ans ne pourront faire l’objet que d’une admonestation » (19).

Depuis son adoption, l’ordonnance de 1945 a été amendée plus d’une trentaine de fois. Toujours dans le sens d’une plus grande indulgence à l’égard des mineurs délinquants. La punition devenant l’exception, les mineurs bénéficient, de nos jours, d’une quasi immunité pénale.

Dès lors, on ne sera pas surpris de constater que la part des mineurs s’est élevée, en 2012, à 30% du total des vols perpétrés en France (30,4% pour les cambriolages). Le pourcentage atteint même 55% pour les vols de véhicules motorisés à deux roues (20). Un délit bien de leur âge, en quelque sorte.

De récents événements montrent que l’impunité des mineurs s’étend, depuis quelques années, à des crimes de plus en plus graves. Ainsi, les 13, 15 et 16 mars dernier, à la gare de Grigny, une vingtaine de mineurs ont pris d'assaut, plusieurs rames d'un RER D. Systématiquement, ils ont détroussé les passagers, les forçant à leur remettre leurs téléphones portables, leurs portefeuilles, leurs bijoux et leurs sacs à main. Plusieurs de ces passagers ont été violemment frappés. Sur la vingtaine de détrousseurs, la police en a interpellé une bonne quinzaine. Leur procès s’est tenu à la mi-juin 2013. Et, la majorité d’entre eux a été condamnés à… un ‘’avertissement solennel’’ (sic) Les plus malheureux ont écopé de quelques mois de prison avec sursis (21).

Nul doute que la solennité de ces avertissements produira tous ses effets pédagogiques sur ces brillants élèves de l’école du crime.

Pour en revenir à 1946, il est tout à fait saisissant de constater qu’aux premiers signaux d’un relâchement des peines, le marché du crime a réagi immédiatement et positivement. La corrélation est trop évidente pour être niée.

Pour en finir avec cette année charnière, on signalera que coïncidence, ou non, c’est aussi l’année où le MRP et le parti communiste ont accepté la proposition de Marthe Richard de fermer les maisons closes. Cela au nom d’un certain humanisme. Humanisme qui conduira des dizaines de milliers de prostituées à la précarité la plus totale.

Dans les années qui suivirent, on découvrit que Marthe Richard, égérie de la Résistance, était une affabulatrice de haute-volée : fausse héroïne de la première guerre mondiale, fausse détentrice de records sportifs, fausse résistante, mais véritable maître-chanteur. Proche de François Spirito - un collaborateur de la Gestapo et maffieux marseillais - Marthe Richard avait pu, en 1945, approcher les tenanciers des maisons closes parisiennes. Elle les avait menacés de fermer leurs établissements, s’ils ne lui versaient pas une forte somme d’argent. Comme instrument de son chantage, elle mettait en avant son influence politique sur le MRP et les radicaux-socialistes. Les propriétaires des maisons closes refusèrent de céder. On connaît la suite…

En 1954, cette dame de grande vertu sera arrêtée et emprisonnée pour vol et recel de bijoux. En 1955 elle bénéficiera d’un non-lieu, sans doute grâce à ses relations au MRP et au parti radical-socialiste dont le président, Edouard Herriot, avait été son amant.

Si nous mentionnons cette anecdote, c’est pour souligner le parallèle entre l’année 1946 et l’année 2013, où l’on voit les hommes de l’Etat réduire les peines pour les atteintes aux droits de propriété et s’attaquer, à nouveau, au commerce de la prostitution.

(Nous ne reviendrons pas, ici, sur la cohérence idéologique de cette démarche. Nous l’avons déjà analysée plus haut).

On constatera simplement que ce sont toujours les mêmes schémas égalitaristes qui motivent les décisions politiques de notre élite depuis plus de soixante ans.

Entre 1946 et 1960, le nombre de délits passe de 500.000 à 1.500.000. Un triplement en une quinzaine d’années. Cette progression de la criminalité ne suscite, alors, aucun débat. La croissance est là. Les médias sont étroitement contrôlés par l’Etat. Les Français n’ont que très faiblement conscience de l’augmentation du nombre de délits. Tout semble aller pour le mieux. Les hommes de l’Etat peuvent continuer à réformer la justice, selon leurs intérêts et leurs lubies.

Ainsi, 1960 marque une nouvelle étape dans le changement de l’échelle des peines. Le 2 juin de cette année, une ordonnance du gouvernement met fin aux travaux forcés. Or, les travaux forcés étaient, dans l’échelle des condamnations, la plus lourde peine infligée après la peine de mort. C’est un nouveau signal envoyé aux délinquants que les coûts associés au crime baissent. A nouveau, le marché du crime réagit positivement. Cette fois, le nombre de délits double en seulement dix ans. Il passe de 1,5 à 3 millions en 1970. Alors qu’il avait fallu quatorze ans pour passer de 500.000 à 1,5 million. La progression de la criminalité s’accélère donc.

Pour ce qui est des travaux forcés, on admettra aisément que les prisonniers ne soient pas soumis à des conditions de détention dégradantes. Est-ce pour autant une raison pour qu’ils soient totalement exemptés de travailler ? La privation de liberté n’est qu’une partie de la peine. Celle qui correspond à l’infraction des lois. Qu’en est-il de la réparation des dommages occasionnés aux biens et aux personnes ? Pourquoi ceux-ci ne seraient-ils pas obligatoirement réparés par le fruit du travail des condamnés ? S’ils en sont physiquement aptes ?

N’est-il pas paradoxal de dispenser les prisonniers de la loi du genre humain qui contraint tout à chacun au travail ? De condamner les victimes et leurs familles à entretenir, à leurs frais, les auteurs de leur malheur? Car la détention a un coût économique qu’on oublie souvent. Ce coût est, selon les sources, estimé entre 32.000 et 45.000 € par an et par détenu (22). Soit, entre 80€ et 126€ par jour.

Plus loin, dans notre analyse, nous verrons comment le coût de détention incite les hommes de l’Etat à favoriser la prévention aux dépends de l’emprisonnement et de la sécurité publique. Avant cela, il nous faut clore notre chronologie de la longue dérive judiciaire qui fait que, aujourd’hui, près d’un Français sur trois est, chaque année, victime d’un acte de délinquance.

Entre 1969 et 1974, juste avant le choc pétrolier, le nombre de délits passe de 3 à 6 millions. Un doublement en cinq ans. Puis, entre 1975 et 1980, le nombre de délits semble se stabiliser. Mais, en 1981, la criminalité reprend sa croissance exponentielle. En 1985, le nombre de délits s’élève à 10 millions.

Une étude plus fine de l’évolution de la criminalité montrerait que, contrairement à ce qu’affirme la vulgate marxiste, elle n’est pas corrélée par les cycles économiques. Elle l’est, par contre, par les réformes pénales (23).

Les années 1970 et 1981 marquent le point de départ d’un nouvel emballement de la criminalité. Le moteur de cet emballement est, incontestablement, l’idéologie confuse et utopiste qui a inspiré la révolte estudiantine de mai 1968.

Cette idéologie a progressivement pénétré les pratiques pénales. Elle a guidé la réforme Badinter en 1981. Elle est toujours portée par des magistrats formés dans les universités contestataires ou héritières du gauchisme soixante-huitard. Cette idéologie s’incarne, particulièrement, dans le très emblématique Syndicat de la magistrature, fondé le 2 juin 1968.

Ce syndicat regroupe, à ce jour, un tiers des magistrats syndiqués. Il revendique clairement sa filiation gaucho-libertaire, teintée de crypto-marxisme, de freudisme et de rousseauisme postcolonial. Le trait fondamental de cette idéologie est le refus de la punition comme mode de traitement de la criminalité. Selon sa personnalité, le délinquant doit être encadré, réformé, soigné, toujours traité avec les plus grands égards et non selon la loi. Ce qui fait dire très justement à Obertone :

« Certains juges ont oublié le caractère très concret et rigoureux de la justice. Ils motivent leurs verdicts par des critères arbitraires et abstraits, comme la dignité. Dans la course à la morale, le concept de droit a changé de tout au tout. La justice ne serait plus là pour punir ou maintenir l’ordre, mais pour comprendre ou aider le fautif. Le statut de victime a dérivé vers celui de coupable, et vice versa. S’accrochant à une capacité carcérale digne du Liechtenstein, la France s’est engagée dans la voie des ‘’peines alternatives’’, refusant mordicus de faire machine arrière, en dépit de chiffres de plus en plus alarmants. L’irruption massive dans les audiences des médecins, des psychologues, des sociologues et même des psychanalystes, où leur parole – militante – est d’évangile, n’a rien arrangé. Enfin, les lois elles-mêmes sont oubliées à loisir, voire inventées en urgence, sous la pression associative, au gré de la dernière mode morale » (24).

Tout est dit ou presque. On ajoutera, seulement que cette nouvelle manière de pratiquer la justice est à l’exact opposé des principes constitutionnels de 1791. Ceux-ci plaçaient la victime au centre du système pénal et combattaient l’arbitraire en instituant l’égalité des peines pour les mêmes délits, sans distinction des personnes. En outre, si les lois pénales votées démocratiquement ne sont plus appliquées, on sape l'Etat de droit, condition préalable à toute démocratie.

En cela, la réforme pénale, qui sera présentée par la garde des sceaux Taubira, au conseil des ministres, le 2 octobre prochain, achèvera le démantèlement de ces principes, au risque de l’implosion de la société.

3. Réforme Taubira : vers l’implosion de la société ?

La réforme Taubira renoue avec la pratique monarchique d’une justice de caste, par laquelle on octroie des immunités légales en raison d’une appartenance à un groupe donné. Ici, ce sont les criminels qui tiennent le rôle des anciens nobles.

Le principe fondateur de la loi Taubira se trouve dans l’article 2 du projet. C’est celui de l’individualisation de la peine. Ainsi, il n’y aura plus de peine automatique. La peine sera prononcée en fonction de la personnalité du délinquant.

Comme il existe autant de personnalités que de condamnés, la peine sera à la discrétion du juge.

Selon la tête de son client, le juge pourra infliger la peine que bon lui semble. Cela, d’autant plus facilement que l’article 5 du projet de loi abolit les peines planchers au-dessous desquelles les juges ne pouvaient descendre. La justice sera donc rendue sur la base d’a priori personnels qui sont la négation du droit, de l’universalité des lois et de la souveraineté populaire.

Tel manifestant, opposant au gouvernement, se verra incarcéré, pour un propos mal placé. Tel voyou multirécidiviste, réputé victime d’une société injuste, sera élargi. Telle personnalité politique impliquée dans des affaires de corruption, de détournement de fonds, d’emplois fictifs, d’abus de pouvoir, échappera aux rigueurs de la loi. A condition, toutefois, de ne pas être affichée au ’’ mur des cons’’ du Syndicat de la magistrature (25).

A la lecture de l’article 6, de la réforme, on se rend compte que le sursis deviendra la règle.

Même en cas de récidive pénale, la révocation du sursis ne sera plus automatique. Conséquemment, des condamnés à des peines de sursis pourront, pour chaque nouveau délit, être condamnés à plus de sursis…

Comme si cela ne suffisait pas, l’article 8 crée ‘’la contrainte pénale’’ qui, à sa lecture, se révèle être une antiphrase de la plus belle tournure. En fait de contrainte, le juge pourra décider, pour les délits passibles de 6 mois à 5 ans de prison, de peines de substitution, telles que des stages de formation, un travail d’intérêt général, des soins psychologiques. A tout moment de l’exécution de la peine, le juge pourra en alléger la durée, au gré de sa fantaisie.

On est en droit de se demander qui ira encore en prison quand le projet Taubira rentrera en application ? Selon une analyse du Figaro, 98% des délinquants échapperaient à l’emprisonnement :

« 98 % des condamnés pour des délits, même graves, pourraient échapper à l'incarcération avec la nouvelle ‘’peine de probation’’ dessinée par la garde des Sceaux. Proxénète, trafiquant de drogue international, récidiviste, casseur de flics, des métiers d'avenir? Si le projet de loi sur la probation épouse la version maximaliste évoquée, ces derniers jours, par la garde des Sceaux, Christiane Taubira, une bonne partie de la voyoucratie n'aura peut-être plus grand-chose à craindre de la loi. C'est, en tout cas, ce qui ressort des premières évaluations du dispositif par des experts du système pénal » (26).

Une perspective, pleinement assumée par le garde des sceaux qui a déclaré le 24 août :

«’’Nous créons une peine de probation, qui est une peine en milieu ouvert, restrictive de liberté, que nous appelons la contrainte pénale’’, précisant que cette peine ne concernerait que les délits punis de cinq ans de prison ou moins et que les juges pourraient «bien entendu» prononcer à la place des peines de prison. Il n'empêche qu'elle ouvre grand les portes des établissements pénitentiaires. Ce que d'ailleurs elle assume: ‘’Nous allons détruire, pulvériser les méthodes qui consistent à prétendre que le bon sens veut qu'il faut enfermer, enfermer et enfermer sans cesse, alors que cet enfermement sans cesse crée du danger pour la société’’» (27).

Ce que risque surtout de pulvériser Christiane Taubira, c’est la société française telle que nous la connaissons. L’extension de l’impunité légale dont les délinquants bénéficient déjà aura, sur la criminalité, le même effet qu’un vent violent sur un feu de forêt. Pour paraphraser le garde des sceaux, le nombre de délits pourrait très bien doubler, doubler et doubler sans cesse.

A quel nombre de délits faut-il, dès lors, s’attendre dans les prochaines années ? 28 millions ? 56 millions ? Difficile à dire.

De toute évidence, il y aura des seuils qui ne pourront être dépassés. Le seuil ultime est celui qui ferait de chaque citoyen un délinquant. Ce seuil est impossible à atteindre, puisque la production de biens s’arrêterait. Rapidement, il n’y aurait plus rien ni personne à voler. Ce seuil n’a jamais été atteint. Sans doute, parce que 80% des individus seraient, selon certaines études de psychologie sociale, naturellement honnêtes.

Une autre barrière à l’extension infinie de la criminalité est l’apparition de la sécurité privée. Lorsque la délinquance se généralise, les individus qui en ont les moyens s’isolent des malfaiteurs. C’est la formation d’une société dont l’espace est fragmenté, où apparaissent des ensembles résidentiels sécurisés par des hauts murs et protégés par des gardes privés. Conséquence dialectique de l’effondrement de l’Etat de droit : on libère les délinquant, les honnêtes citoyens s’enferment.

Reste une large fraction de la population qui n’a pas les moyens d’une protection privée. Celle là sera condamnée à la misère, car elle ne pourra jouir tranquillement des fruits de son travail.

Nul besoin d’aller en Afrique du Sud ou au Brésil pour rencontrer de telles résidences fermées. Leur nombre est, dans notre pays, en expansion continue depuis les années 1990 (28). Ces gated communities s’étendront au fur et à mesure que le coût économique de la criminalité augmentera. Jacques Bichot, professeur émérite d’économie, à Lyon III, estimait à :

« 115 milliards d’euros le coût total de la criminalité pour la période Juillet 2008 – juin 2009, ce qui représente 5,6 % du PIB. Le préjudice personnel et collectif de l’insécurité au sens large (violences et vols de toute nature) s’élève à près de 62 milliards d’euros » (29).

Pour les raisons que nous venons de mentionner, ce coût n’atteindra pas 100% du PIB. Cependant, il pourra encore considérablement s’élever.

Ce que promet la réforme Taubira, ce n’est pas seulement l’immunité légale pour 98% des délits, c’est la diminution de l’intensité des rares peines d’incarcération qui seront encore prononcées. Avec, les projets de prisons ouvertes, de prisons chalets, de détention à domicile, les délinquants ne pourront bientôt plus faire la distinction entre le statut d’homme libre et celui de détenu :

« Un petit chalet pour chacun, un emploi à plein-temps, des formations et un domaine ultra-sécurisé comprenant un supermarché : la prison du futur devrait ouvrir ses portes en 2012 dans la région parisienne. Chargé de mission sur le milieu carcéral par le gouvernement, l'homme d'affaire Pierre Botton, qui a lui-même connu les geôles françaises, et son association "Les prisons du coeur" ont mis au point ce concept unique au monde de village-prison qui a retenu selon lui l'attention de l'Elysée.

"Ce centre sera composé de 120 chalets-cellules individuels", a-t-il expliqué à Lyon en présentant le prototype de l'une de ces petites habitations de 11,5 m2 » (30).

Si ce projet n’a peut-être pas encore abouti, nos voisins belges offrent déjà des prisons qualifiées de Club Med, par leurs gardiens exaspérés de voir les détenus jouir d’un cadre de vie souvent meilleur que le leur (31).

Le non-emprisonnement des délinquants aura également des effets négatifs sur l’élucidation des crimes. Comment, en effet, les policiers resteraient-ils motivés ? Pourquoi arrêter les délinquants, s’ils sont immédiatement relâchés ? Cela au risque de blessures corporelles qui ne seront peu ou pas sanctionnées ?

La grève symbolique des P.V. contre la loi Taubira, le 9 septembre, témoigne de l’exaspération des fonctionnaires de police dont la mission même est menacée. Selon le syndicat Alliance :

« le projet de loi Taubira, qui promeut notamment la ‘’probation» en lieu et place des peines de prison ferme pour sanctionner de nombreux types des délits, parfois graves, représente la réforme pénale idéale pour mettre à mal le travail des policiers » (32).

On ne pourra, ensuite, reprocher aux policiers de s’enfermer dans leurs commissariats, de s’abriter derrière des procédures administratives pour traiter ad minima les plaintes des victimes. Tout le système judiciaire les y pousse. Et, les politiques les y encouragent pour minimiser les chiffres de la délinquance.

A ce sujet, tout le débat de cet été, autour des effectifs de police, à Marseille, est en partie un faux-débat. C’est moins le nombre de policiers qu’il faut augmenter que la durée des peines d’emprisonnement. De la sorte, les policiers n’auraient plus à arrêter trente ou quarante fois, le même délinquant (33). Leur temps disponible pour l’élucidation de chaque délit serait multiplié d’autant et leur motivation s’en trouverait accrue.

Parvenu à ce stade de nos analyses, il convient de répondre à une dernière interrogation : comment une idéologie, aussi éloignée du réel, a-t-elle pu se développer sans réaction du marché politique ? Il y a là un mystère à éclaircir. Et, si l’on posait la question aux électeurs de savoir, si un surcroît de laxisme permettra d’endiguer la criminalité, il est très probable que 99,99% d’entre eux répondraient par la négative.

4. L’ajustement par le marché politique

Les représentations idéologiques de la justice, que nous venons de décrire, sont à ce point hors-champ qu’elles jouent le même rôle que la corruption des magistrats par les cartels de la drogue en Bolivie ou au Mexique. Effectivement, que peuvent espérer les délinquants des magistrats ? Si ce n’est la peine la plus faible possible ? En son temps, c’est ce qui avait poussé Al Capone et sa bande à acheter la police et les juges de Chicago.

En France, comment les électeurs ont-ils, pendant des décennies, pu tolérer la corruption idéologique des mœurs judiciaires, sans faire pression sur les partis pour qu’ils opèrent un virage politique à 180° ? A cette question, les réponses généralement données nous semblent par trop génériques. Les plus courantes sont : c’est ‘’la crise de civilisation’’, c’est la ‘’décadence’’, ‘’c’est la faute à la gauche politique’’... Même si la criminalité a constamment augmenté sous tous les gouvernements de la IVe et de la Ve république, indépendamment des partis au pouvoir.

Si la dérive est systémique, c’est qu’il faut tenir compte du fonctionnement du marché politique. Certes, la composante idéologique de la dérive est forte. Néanmoins, il n’existe pas d’idéologie promue par les élites qui serait durablement contraire à leurs intérêts.

Pour comprendre, cette assertion, il nous faut revenir sur un postulat central de l’économie du public-choice. Le marché politique, c’est la vente de promesses de rentes – quelquefois sous forme de services gratuits - en échange de votes.

Les hommes de gouvernement ont donc intérêt à offrir les rentes dont le retour électoral est le plus élevé. En cela, l’offre future de sécurité publique a, sur le marché politique, une valeur moindre que la promesse d’une augmentation immédiate des rentes.

Les hommes de gouvernement, agissant sous contrainte budgétaire, ont un intérêt mécanique à sacrifier la sécurité de leurs électeurs et à privilégier la distribution d’allocations sociales. L’idéologie des bonnes intentions, hostile à l’emprisonnement, sert uniquement de paravent à leurs intérêts égoïstes. Elle donne une bonne excuse à leur motivation principale qui est la conquête ou la conservation du pouvoir.

Quant aux électeurs, ils acceptent la dégradation de la sécurité publique tant que le gain de la rente sociale promise est supérieur au coût d’une éventuelle agression.

Ceci explique pourquoi la France est particulièrement sous-équipée en établissements pénitentiaires. Quel serait, en effet, l’intérêt d’un gouvernement à mettre en place un programme, onéreux, de construction de prisons dont les effets sur la sécurité ne se feront pas sentir avant les prochaines élections ? Alors qu’une augmentation des allocations sociales, pour le même montant, produit des effets électoraux instantanés ?

Pour n’importe quel homme de gouvernement soucieux de conserver le pouvoir, le choix est entendu. Toutefois, ce choix en faveur des rentes sociales n’est pas soutenable dans la durée. Il vient un temps où, malgré la manipulation des statistiques, les hommes de l’Etat, ne peuvent plus dissimuler aux électeurs le véritable risque d’être agressé. Malgré le silence complice des médias et des autorités morales, les électeurs prennent conscience que les gains espérés par l’augmentation des rentes publiques perdent de plus en plus de leur valeur. Car tous les bénéfices pourraient en être confisqués par les délinquants.

L’électeur ajuste, alors, son vote et sélectionne les partis ou les personnalités qui promettent un renforcement de la sécurité publique.

Ajoutons que le mécontentement, à l’égard de la criminalité, augmente d’autant plus rapidement que les rentes publiques baissent. Un phénomène qui se produit en ce moment même, en France, et annonce la fin de l’utopie judiciaire portée par la future réforme pénale.

De ce point de vue, le projet de loi Taubira vient à contre-courant. Il est le dernier soubresaut d’une idéologie que condamnent les faits sociaux. Christiane Taubira n’a pas saisi la profonde redistribution des coûts d’opportunité qui s’est opérée sur le marché du crime et sur le marché politique.

Elle appartient encore à cette génération d’hommes et de femmes de l’Etat qui se sont persuadé que leurs profits électoraux passaient par une diminution des coûts d’opportunité du crime. Ce qui, en retour, a convaincu les électeurs d’une connivence certaine entre les premiers et les seconds.

Plusieurs membres du gouvernement et dirigeants du parti socialiste ont perçu l’évolution en cours et s’inquiètent de la réaction des électeurs. Aux dernières nouvelles, ils auraient obtenu le report de l’examen du projet, par l’Assemblée, à l’issue des élections municipales. Ce qui signifie probablement aux calendes grecques (34).

Pour conclure cette analyse, on ne peut s’empêcher de relever l’extraordinaire parallèle entre l’évolution de la courbe de la criminalité et celle des prélèvements obligatoires. Toutes les deux suivent, en France, la même trajectoire. Est-ce un hasard ou y-a-t-il une relation de cause à effet ? En quoi la social-démocratie pousserait-elle au crime ?

Comme nous l’avons montré, dans des travaux antérieurs, la social-démocratie offre un terreau idéal à la corruption (35). En social-démocratie, l’immixtion permanente des hommes de l’Etat, dans l’économie, démultiplie les opportunités de corruption. Plus la masse fiscale augmente, plus le volume des échanges de corruption est potentiellement important. Les hommes de l’Etat corrompus ont donc toutes les raisons d’augmenter les impôts pour en détourner la plus grande partie possible.

Ceci nous amène à deux constats. Le premier est d’ordre quantitatif. A politique pénale identique, le nombre de délits sera toujours plus grand en social-démocratie qu’en démocratie libérale. Car, le nombre de délits de corruption sera toujours plus élevé dans la première que dans la seconde.

Le second constat est plus qualitatif. Les liens de connivence entre les hommes de l’Etat corrompus et les délinquants corrupteurs créent un intérêt commun au laxisme judiciaire. Les hommes de l’Etat corrompus risquant de se retrouver, en prison, aux côtés de leurs complices, ils n’auront de cesse d’utiliser leur pouvoir politique pour améliorer la condition des détenus et réduire la durée des peines.

C’est ainsi que, en Italie, Silvio Berlusconi condamné à un an de prison ferme, en août dernier, sera dispensé de l’enfermement. Il pourra séjourner dans l’une de ses villas dorées ou l’un de ses somptueux palais, jouissant d’une mesure d’aménagement des peines adoptée par son gouvernement :

« Au terme de sept ans de procès, Silvio Berlusconi a été condamné jeudi à un an de prison ferme par la Cour de cassation. Mais du fait de son âge, 77 ans le mois prochain, il devrait échapper à la prison et devra choisir d’ici à la mi-octobre entre des travaux d’utilités sociales et l’assignation à domicile. Il est clair que le ‘’Cavaliere’’ tranchera pour la deuxième option. ’’ Je n’accepterais pas de faire des travaux d’intérêt général, comme un criminel qui doit être rééduqué’’, a-t-il récemment déclaré. A priori, Silvio Berlusconi pourrait choisir entre n’importe laquelle de ses résidences. Un choix cornélien…» (36).

Ces deux seuls constats suffiraient à nous faire penser que la social-démocratie est un régime pousse-au-crime. Il en est un dernier qui achève de nous en convaincre pleinement.

Dans l’analyse de l’économie du crime, Gary Becker rappelle que le coût d’opportunité du crime est, aussi, donné par la comparaison entre le gain potentiel d’un délit et celui d’un travail légal. Or, la social-démocratie se caractérise par un niveau très élevé de prélèvements obligatoires qui freine ou annihile la croissance. Le chômage y est souvent massif. Et, nous l’avons vu, le marché politique y joue contre la répression des délits.

Toutes ces forces combinées nourrissent la criminalité, puisque les délinquants auront mathématiquement une probabilité plus grande de trouver une occasion de commettre un délit, sans coût, que celle de trouver un travail honnête.

Dit, d’une autre manière, le point de comparaison entre les gains d’un crime et ceux d’un travail honnête faisant défaut, le délinquant en puissance ne retiendra, pour déterminer son choix, que le coût probable de la sanction. Compte tenu du laxisme ambiant, son choix sera vite fait. Il optera rationnellement pour le crime…

Ainsi, tous les cercles vicieux que nous avons décrits se bouclent. Pour en sortir, il n’est d’autre alternative que de rétablir, au cœur des lois pénales, le primat de l’individu et de ses droits de propriété.

Notes

  1. La France Orange mécanique. Document. Nul n’est censé ignorer la réalité. Editions Ring, Saint-Armand-Montrond, 2013.

  2. Gary Becker, Crime and Punishment, an economic approach, The Journal of Political Economy, Vol. 76, No.2 (Mar. - Apr., 1968), pp. 169-217

  3. RTL info, 31 août 2010

  4. 7sur7.be/Deux-ans-de-prison-pourle-viol d’une fille de 14 ans 20/12/2012

  5. Gary Becker, Crime and Punishment, an economic approach.

    (6) Laurent Obertone, op. cit., pp 61-62 et 110.

    (7) Le Point.fr, Quand une victime est contrainte de vivre sous le même toit que son agresseur 14/12/2010

   (8) Le Figaro.fr, 17 septembre 2013, En Suède la prostitution de rue a baissé de moitié depuis 1999

   (9) Wikipedia.org, Assistant sexuel

   (10) The Atlantic magazine/archives mars 1982/broken-windows

   (11) Source, Wikipedia

   (12) Laurent Obertone, op. cit. p. 205.

  (13) Le Figaro, Actualité-France, 9 septembre 2013, Sécurité les mauvais chiffres de Manuel Valls

  (14) TF1, faits divers les cambriolages en hausse de 58% à Paris en janvier

  (15) Constitution de 1791, Titre Premier - Dispositions fondamentales garanties par la Constitution.

  (16) Jacques Bainville, Paraboles hyperboliques, Editions du Capitole, Paris, 1931, p. 93.

  (17) Le Figaro, Actualité-France, 19 juin 2013, Manif pour tous 130 interpellés reçus à l’Assemblée

  (18) Ordonnance n° 45-174 du 2 février 1945 relative à l'enfance délinquante.

  (19) Ibid.

  (20) Source, insee.fr

  (21) Huffington Post.fr, 6 juin, 2013, Procès de l’attaque du Rer de Grigny

  (22) Le Monde.fr/Societé, 19 décembre 2012, un détenu coûte en moyenne 32000 euros par an et aussi Actu/Belgique un détenu coûte 126 € la journée

  (23) De 1973 à 1980, la France a subi deux chocs pétroliers. Pourtant, la criminalité est demeurée stable, alors qu’elle aurait dû augmenter selon les cadres d’explication marxistes.

  (24) Laurent Obertone, op. cit. p. 159.

  (25) L’Express.fr/Actualité, Mur des cons au syndicat de la magistrature

  (26) Le Figaro.fr, Actualité France, 27 août, 2013, Probation, pas de prison pour la majorité des délinquants

  (27) Ibid.

  (28) L’Express.fr, Economie, immobilier, propriétés très privées, 8 avril 2010

  (29) Institut pour la justice, Etudes et analyses, Jacques Bichot, le coût du crime et de la délinquance, avril 2010.

  (30) Le Point.fr, Un-chalet, un emploi, un supermarché : la prison du futur, 12 juin 2011

  (31) La Meuse.be, La vie dans les prisons belges c’est le club Med, 12 janvier 2013.

  (32) Le Figaro, Actualité France, 9 septembre 2013, grève des PV à Paris contre la loi Taubira

  (33) L’Express.fr, Trois arrestations dans le vol violent de la bijoutière veuve de Cambrai, 6 août, 2013.

  (34) RMC.fr, Taubira, La réforme ne passe pas, 13 septembre 2013.

  (35) Gilles Dryancour, L’économie de la corruption, Institut euro 92, Paris, janvier 1997.

  (36) Les Echos.fr, Les prisons dorées de Berlusconi, 2 août, 2013.