C’est une petite phrase. À la fin d’un long entretien. Prononcée à regret. Comme pour dire qu’il avait tout prévu, même cela.
François Hollande passe pour un optimiste invétéré. Le plus souvent possible, il arbore un sourire en V, sur des dents bien blanches, le V d’une victoire inattendue des caciques de son propre parti. Certes, il a reconnu la « gravité exceptionnelle » de la crise que nous traversons – un peu tardivement sans doute – mais pour justifier les mesures drastiques annoncées début septembre 2012 après la somnolence nonchalante des vacances, et pour montrer qu’il reste maître de la situation.
Mais le ton n’y était pas. On attendait Churchill. On a eu droit à une sorte de « Ballamou » de gauche. Impavide. Il a reçu tellement de coups, même de ses proches qu’il est blindé.

En acceptant le 10 mai de faire ce qu’il avait toujours refusé de faire, monétiser les dettes publiques d’Etats impécunieux, Jean-Claude Trichet a signé la mort de l’euro, ou du moins de l’euro dont il rêvait, c'est-à-dire une monnaie à peu près digne de ce nom et indépendante des pouvoirs politiques.
N’était le cortège de millions de victimes de la crise qui s’allonge chaque jour, le spectacle de nos banquiers centraux et de nos gouvernants donnerait plutôt envie de rire. Voilà des pyromanes qui se promeuvent eux-mêmes dans le rôle de pompiers. Hélas ! le feu qu’ils ont eux-mêmes allumé, et qu’ils prétendent éteindre, il est à craindre qu’ils en ravivent encore les flammes.