Institut Turgot

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mercredi 3 février 2016

Guerre au cash et taux négatifs

Dans la rubrique commentaires de mon article « Economie US : normalisation, cul de sac ou Armageddon », j'ai trouvé la question suivante (signée Philippe):
« Merci pour cet article, un peu technique pour les non spécialistes.
D'une façon plus générale, que pensez-vous des bruits de plus en plus insistants sur les 'avantages' d'une société cashless, qui permettrait de relancer plus facilement l'inflation, véritable bouée de sauvetage des gouvernants de tous bords pour échapper à leurs responsabilités?
Par ailleurs, quel est votre pronostic à long terme de sortie de crise: déflation, hyperinflation, les deux successivement?... »
Voici ma réponse à l'auteur de ce message.

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jeudi 21 janvier 2016

Economie US : normalisation, cul de sac, ou Armageddon ?

Le 16 décembre dernier la Fed américaine a entamé la première phase d'une remontée progressive de ses taux d'intérêt. Celle-ci s'inscrit dans un plan de « normalisation » de sa politique monétaire qui s'étend sur six ans. Que faut-il en attendre ?

L'article qui suit a été fini d'écrire dans les premiers jours de janvier. Les informations conjoncturelles auxquelles il se réfère sont celles qui étaient disponibles à la fin du mois de décembre. Les chiffres publiés depuis lors n'ont fait que renforcer la thèse présentée ici. Voici quelles en sont les principales conclusions :

- L'optimisme de J.Yellen sur les perspectives de l'économie US sont contredites par l'avalanche de nouvelles qui annoncent la récession.

- C'est le première fois que la banque centrale américaine remonte ses taux en fin de cycle. Ce qui n'est pas le plus approprié.

- Encore faut-il qu'elle obtienne cette remontée. Il n'est pas du tout certain qu'elle y parvienne en raison de changements importants dans les rouages de sa régulation monétaire.

- La Fed se lance dans une aventure hasardeuse. Elle ne dispose plus du colossal volume de mémoire et d'informations nécessaire à la gestion d'un système aussi complexe que celui qui préside à la création de monnaie.

- Il faut avoir une foi de charbonnier dans les recettes keynésiennes pour continuer de croire aux vertus des QE. Ils ont principalement servi à assurer la permanence des mécanismes et « incentives » financiers qui ont généré la formidable inflation d'atifs à l'origine du krach.

- Le résultat est la reconstitution d'une nouvelle « méga bulle » que la politique US de quantitative easing a exportée au reste du monde (en premier lieu la Chine) et qui, aujourd'hui, emporte les économies émergentes vers un processus cumulatif de déflation du fait de son arrêt.

- Nul étonnement donc que se multiplient les scénarios les plus apocalyptiques annonçant pour 2016 un nouveau krach mondial, encore plus violent que le dernier en date.

- Le plus vraisemblable est qu'il n'y aura ni normalisation à la Yellen, ni Armageddon, mais plutôt une sortie de QE en cul de sac – c'est à dire finalement une non-sortie .

Au moment même où la Fed, par la voix de sa présidente, Janet Yellen, la Fed confirmait avoir décidé de s’engager dans la voie du relèvement des taux d’intérêt, une autre nouvelle apparaissait sur les écrans qui, elle, est passée complètement inaperçue, malgré son importance. Le Center for financial stability de New York publiait un communiqué indiquant qu’en novembre l’augmentation de l’aggrégat monétaire Divisia M4 (la masse monétaire au sens le plus large) avait été de +4,6 % d’une année sur l’autre - un chiffre élevé par rapport à la tendance enregistrée depuis la crise, et qui correspond à la croissance moyenne de la masse monétaire américaine sur la longue période.

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mercredi 28 octobre 2015

Dossier : des "monnaies parallèles" sans tuer l'euro ?

Henri Lepage est de ceux qui, comme Gilles Dryancour, considèrent que si la zone Euro s'était construite autour du projet britannique de "monnaie commune", avec un euro et des monnaies nationales en concurrence,  plutôt que du plan franco-allemand de "monnaie unique", il n'y aurait  jamais eu de problème grec. L'économie européenne s'en porterait sans aucun doute beaucoup mieux.

D'où les textes qui suivent, écrits sous forme de notes au mois de juillet 2015, en plein feu de l'actualité, alors que l'on découvrait les projets de l'ancien ministre grec Yanis Varoufakis pour lancer une éventuelle monnaie grecque parallèle sans pour autant sortir de l'euro. Ces textes sont reproduits dans leur rédaction originelle. Leur objet : essayer de comprendre concrètement comment une telle opération pourrait se faire et voir s'il y a des idées à en tirer.


NOTE 1 (6 juillet 2015) - LE PLAN B DE VAROUFAKIS : UNE IDEE A RECUPERER ?

Est-il possible de mettre la Grèce en congé d'euro pour un période de quelques années, tout en lui permettant de retrouver plus tard une place de partenaire à part entière ? Telle est la question qui, au début du mois de juillet de cette année, était au coeur des discussions sur l'avenir de la Grèce. Il s'agirait d'obtenir en quelque sorte un Grexit provisoire où, pour ne pas pousser l'humiliation trop loin, on demanderait aux grecs de commencer par remettre en profondeur de l'ordre dans leurs affaires, après quoi on rééxaminera si l'on peut procéder à leur réintégration. S'il s'agit vraiment d'épargner les susceptibilités grecques, il me semble qu'il serait beaucoup plus astucieux de se demander s'il ne serait pas plutôt possible pour la Grèce de recréer l'équivalent d'une Drachme nationale, qui lui permettrait de bénéficier des effets bénéfiques d'une dévaluation (abaisser le niveau général des prix et salaires internes de l'ordre de 30% par exemple), tout en ne quittant pas la zone euro. Est-ce possible ?


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lundi 21 septembre 2015

Interview : Le nuage noir d'une gouvernance fiscale mondiale

Cette interview, signée par le journaliste Gilles Pouzin, fait partie d'un dossier spécial "Santé publique et politique fiscale" qui vient d'être publié en supplément de Politique Internationale, la revue trimestrielle de Patrick Wajsman.

Gilles Pouzin : Les instances internationales comme le G20, l’ONU, le FMI ou l’OCDE s’ingèrent de plus en plus fréquemment dans la politique des états. Est-ce une réponse à la crise financière ?

Henri Lepage : C’est vrai, il y a un mouvement de transfert de l'intiative réglementaire des états vers la sphère supranationale, avec pour effet de doter certaines organisations internationales du pouvoir d'interférer de plus en plus avec la liberté d'action des états. Mais le rôle croissant des institutions internationales en matière économique et financière est davantage une conséquence des crises financières qu'une solution pour les éviter.

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lundi 14 septembre 2015

Shadow banking et bulle financière : l'autre vision

Rédigée il y a quelques mois, cette note a été conçue pour expliquer ce qui se cache réellement derrière le concept de Shadow banking (finance de l'ombre) et les idées reçues concernant la responsabilité des excès et emballements de la finance moderne dans la crise financière 2007-2008.

Là aussi n'oublions pas que les pouvoirs publics, par ignorance ou incompétence, sont eux-mêmes souvent à l'origine de ce qu'ils reprochent aux autres; et que l'élément déterminant de la montée de la bulle et du déclenchement de la crise se trouve en définitive du côté des organes de l'Etat et de la conception angélique de l'action publique qui les inspire.

Qu'est-ce que le Shadow banking ? La meilleure définition est celle que suggère l'économiste américain Gary Gorton : ce qu'on appelle Shadow banking n'est en fait qu'un deuxième système bancaire qui s'est développé en complément du système bancaire classique et s'est greffé sur lui.

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vendredi 4 septembre 2015

La chine, la mondialisation et le papillon américain

HL2014_A.jpgQue s'est-il passé cet été ? Quelle est l'origine du coup de chien qui, pendant la seconde quinzaine d'août , a semé la panique sur les marchés ?

On est tous d'accord : cela a commencé en Chine, avec la méga chute de la bourse de Shanghaï à la fin du mois de juillet, les mauvaises nouvelles sur la croissance chinoise (d'une croissance habituelle à deux chiffres on est tombé à 7 % pour 2015, puis probablement 6 % pour 2016), la dévaluation de 2% du taux de change de référence (currency peg) du Yuan par rapport au dollar.

Mais pourquoi cette crise, et à ce moment-là, en Chine ?

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jeudi 20 août 2015

Taux zéro et Quantitative Easing : "Why non conventional monetary policies cannot succeed".

HL_Dax2.jpg Ci-dessous le texte en anglais d'une note rédigée au début du mois de mai dernier, avant que le mélodrame de Bruxelles sur l'affaire grecque ne se mette à accaparer toutes nos attentions. Il s'agit d'une analyse de l'ensemble des effets pervers des politiques de bas taux d'intérêt et de "quantitative easing" menées par les banques centrales depuis la fin de la Grande récession 2008-2009.

Je maintiens toujours ma conclusion : nous courrons tout droit à une nouvelle méga-crise financière. Pas seulement à cause de la Chine, mais parce que l'Amérique connait un épisode de fausse croissance (non durable) portée par une économie de bulle, fruit de six années d'illusion monétaire.

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lundi 16 mars 2015

Sortie de crise : de la Grande récession à la Grande stagnation

HL2014_A.jpgCet article, publié dans le numéro Hiver 2014- 2015 de la revue Politique Internationale, a été écrit au début du mois de novembre 2014. Depuis lors un certain nombre d'événements sont intervenus – notamment le lancement du QE européen. Le climat conjoncturel a quelque peu évolué. Des retouches ont été apportées ici et là pour en tenir compte mais, globalement , cela ne change rien ni à l'analyse, ni au diagnostic, et encore moins aux perspectives.

Six ans après la fin officielle de la grande récession la sortie de crise n'est toujours pas en vue. Certes l'économie américaine a repris quelques couleurs, mais la zone euro n'a toujours pas retrouvé son niveau de production d'avant la crise, et les économies émergentes, Chine en tête, semblent à leur tour gagnées par le ralentissement général de la croissance.

Pourquoi cette lenteur désespérante du processus de sortie de crise ? L'explication la plus courante consiste à accuser les dirigeants des pays développés d'avoir trop vite arrêté leurs politiques de soutien massif à l'économie pour retrouver les contraintes de l'austérité budgétaire. Cet article a été écrit pour attirer l'attention sur une toute autre analyse qui met en cause une accumulation d'effets pervers dont les politiques de taux zéro et de rachats massifs d'actifs (Quantitative easing) menées par les banques centrales seraient la cause.

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lundi 2 février 2015

Thomas Piketty, le bluff du XXIème siècle

 "Inference" est une toute nouvelle revue internationale des sciences exclusivement publiée sur le net. Principalement publiée en anglais, mais avec des articles écrits également en français, elle vise à redonner à l'esprit critique et à l'expression d'un libre scepticisme rationnel toute leur place dans l'évaluation des théories et travaux scientifiques soumis aux effets de mode de la société politique et médiatique contemporaine.

L'article qui suit a été publié au mois d'octobre 2014 dans le premier numéro de cette nouvelle revue "on line", sous le titre "Le spectre des inégalités" (inspiré par la célèbre première phrase du Manifeste du parti communiste de Marx et Engels de 1847 : "un spectre hante l'Europe : le communisme").

L’ÉCONOMISTE français Thomas Piketty a concentré l’attention des économistes professionnels, comme du grand public, sur la vieille question marxiste : les sociétés capitalistes conduisent-elles inexorablement à des conditions d’inégalités extrêmes ?Cette question a elle-même connu, depuis Marx, une histoire intéressante : la vision prévalant depuis les travaux d’après-guerre effectués par l’américain Simon Kuznets, prix Nobel d’économie 1971, et la publication de son célèbre article « Economic growth and income inequality1 », est celle selon laquelle les inégalités de revenus sont inévitablement appelées à s’atténuer au fur et à mesure du développement économique.

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lundi 30 juin 2014

Bernanke : pompier ou pyromane ? La Fed réinvente l'illusion planiste - Comparaison avec les années Trente

Troisième volet de notre retour sur les événements économiques et monétaires de l'année 2008.

Bernanke avait juré que, compte tenu des connaissances accumulées depuis les années trente, la Fed ne commettrait plus jamais les mêmes fautes. Et pourtant c'est ce qui s'est passé. Même si l'erreur a été moins grave, et si l'entêtement dans le déni a duré beaucoup moins longtemps, et donc les conséquences ont été bien moins dramatiques, les points de ressemblance sont néanmoins plus importants qu'il n'est généralement admis..

Fin 2008/début 2009 : Ben Bernanke a victorieusement arrêté l'engrenage d'une grande dépression. Il faut cependant s'attarder un instant sur la nature des instruments utilisés, et donc le montage opérationnel pour arriver à ce résultat. En moins de deux années, Bernanke a profondément changé les caractéristiques mêmes de l'organisme qu'il présidait. Aujourd'hui, la Federal Reserve américaine n'a plus grand chose à voir avec ce qu'elle était, et la manière dont elle fonctionnait, avant les événements de 2007-2008.

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lundi 23 juin 2014

Bernanke : pompier ou pyromane ? Comment la Fed a, de fait, provoqué la tragédie de l'automne 2008

Suite de notre retour sur les évènements économiques et financiers de l'année 2008. 

Au cours de l'été, parce qu'elle se trompe d'adversaire (cf notre article du 16 juin), la banque centrale US laisse passivement se produire, à contre-temps et sans en être consciente, un brutal resserrement de la liquidité monétaire. Résultat :  un "choc monétaire" non anticipé qui est le responsable direct des dramatiques enchaînements de l'automne.
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Pendant toute la première partie d'émergence de la crise (été 2007 – printemps 2008) la banque centrale américaine avait apparemment plutôt bien réagi, prenant rapidement, et de manière résolue, les mesures qui s'imposaient.

Les débuts de la crise des subprimes datent de l'été 2006. Dès cette époque, suite au dégonflement de la bulle immobilière, on assiste à une chute très rapide de la croissance dans toutes les activités liées à la construction et à l'immobilier. Le taux de croissance de ce secteur devient négatif dès le premier semestre 2007. Pourtant l'incidence sur l'activité globale reste relativement limitée. 

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lundi 16 juin 2014

Bernanke : pompier ou pyromane ? Retour sur 2008, l'année de la Grande Récession

Dans son dernier article, notre ami Gilles Dryancour évoque le concept de "taux d'intérêt naturel", et le rôle que celui-ci aurait joué dans la genèse des processus qui ont mené à la Grande Récession 2008/2009.

Cette mention me conduit à proposer à nos lecteurs une série de trois textes dont la leçon est qu'à l'été 2008 la Fed a bel et bien commis le même type d'erreur que dans les années trente.

Ces textes reviennent  en détail sur ce qui s'est passé entre le troisième trimestre 2007 et le second trimeste 2009 - c'est à dire le moment où sont clairement apparus les premiers signes de la crise et le moment où finalement la Grande Récession a atteint son point le plus bas. Le second sera mis en ligne la semaine prochaine.

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Pour les keynésiens la régulation conjoncturelle repose sur l'usage concommittant tant de l'outil monétaire que budgétaire. La politique monétaire consiste fondamentalement à utiliser le maniement du couple taux-réserves pour baisser les taux lorsque la conjoncture est en panne, ou au contraire à les relever lorsque l'on a le sentiment qu'il y a surchauffe. Les deux données macroéconomiques à surveiller sont l'emploi et l'inflation, d'ailleurs en principe liées entre elles par une relation relativement stable (courbe de Phillips).

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lundi 26 mai 2014

14 mai 2014 :"J.F. Revel, libéral intégral" - conférence d'Alain Laurent à l'Assemblée nationale

Philosophe et essayiste, Alain Laurent est aussi directeur de la collection Penseurs de la liberté, aux éditions des Belles Lettres. A l'occasion de la sortie du livre de Philippe Boulanger "Jean-François Revel : la démocratie libérale à l'épreuve du XXème siècle", Alain Laurent nous a présenté une remarquable conférence où il a retracé la formidable évolution intellectuelle et politique qui a mené Jean-François Revel, à partir de la fin des années 1970, des rivages d'un engagement de gauche au service du socialisme jusqu'à l'écriture d'ouvrages relevant d'une pure philosophie "libérale intégrale", voire même, par certains aspects, franchement libertarienne.

Vous trouverez ci-dessous les enregistrement vidéo de cette conférence et de la session questions/réponses qui a suivi :

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vendredi 10 janvier 2014

Sortie de crise : le "QE" divise les économistes

Lepage.jpgMalgré les meilleures nouvelles des dernières semaines (sanctionnées par la décision de Ben Bernanke d'entamer le processus de réduction - bien timide - de ses interventions au titre de sa politique de "Quantitative Easing"), l'économie américaine n'est pas encore sortie de l'auberge.

Taux zéro et « Quantitative Easing » ne sont pas la panacée que décrivent généralement les médias. Voici pourquoi.

Même si, depuis peu, cela semble aller mieux, jamais une reprise américaine n'a été aussi désespérément faible et longue à se manifester – taux de croissance annuel moyen pour la période 2008-2012 : + 0,6% - (1), malgré des taux d'intérêt quasiment égaux à zéro et une politique monétaire réputée extrêmement laxiste (Quantitative Easing).

Cette situation inédite pose un véritable défi aux économistes. Nous vivons une période passionnante avec le retour de véritables affrontements entre grandes écoles de pensée, tels que nous n'en avions plus connus depuis les grandes joutes des années trente. Chacun, selon ses penchants idéologiques, y va de son explication.

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mardi 31 décembre 2013

Ethique et Capitalisme (rappel de quelques notions de bon sens)

Lepage.jpgLa réflexion sur l'Ethique est un sujet de circonstance en cette période de fêtes de fin d'année.

Pour compléter le très beau papier de Douglas Rasmussen, ci-dessous la reprise d'un texte récemment retrouvé dans les archives de l'Institut Euro 92 et qui n'a jamais été diffusé. Il faisait partie d'un dossier sur" l'Ethique des Affaires".

Si la métaphysique peut être définie comme "la science de l'existence", et l'épistémologie comme "la science de la connaissance", l'Ethique n'est rien d'autre que la science "du bien et du mal" , la science "du juste et de l'injuste".

Sa fonction est d'apporter un code de valeur qui sert à guider les choix et les actions humaines. Elle indique comment les gens doivent se comporter, vis à vis d'eux-mêmes et vis à vis des autres, pour obtenir une coopération sociale pacifique.

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vendredi 25 octobre 2013

Initiative individuelle, prise de risque et responsabilité : retour sur les fondamentaux de la propriété privée


L'histoire de l'Occident s'identifie avec un double processus d'extension et d'approfondissement continus de la propriété privée . 

En symbiose avec les forces de l'innovation et du progrès technologique, ce mouvement est le véritable moteur de la création de valeur, donc de la croissance des sociétés.

Ce texte est la version écrite d'une conférence présentée lors du 5ème week end de la Liberté organisé à Dax par le Cercle Frédéric Bastiat, début juillet 2013

Nous vivons, par définition, dans un univers marqué par un phénomène général de rareté. Dès lors que l'on se trouve en situation de rareté, se pose un problème: celui d'arbitrer l'inévitable compétition économique que les hommes se livrent entre eux pour accéder au contrôle et à l'usage des ressources rares. Or, c'est précisément le rôle du droit, et des règles de propriété qui en découlent, de définir les conditions dans lesquelles cette compétition peut se dérouler de manière pacifique.

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mercredi 11 septembre 2013

How Central Banks are Failing the Recovery

Voici pourquoi il n'y a pas de miracle à attendre des politiques keyneso-monétaristes de "quantitative easing" et de taux d'intérêt zéro. Note rédigée à l'occasion de la réunion organisée par l'ISIL (International Society for Individual Society) à Lausanne du 22 au 25 août.

Over the last four years the post Great Recession recovery has been disappointingly slow, much slower than is usual during after-recession upturns. In the United States there is a persisting nominal GDP gap of about 10% compared to the US economy long term trend.

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mercredi 5 juin 2013

Pourquoi la "sortie de crise" n'en finit-elle pas de se faire attendre ?(2)

Henri LepageVoilà quatre années que les banques centrales ont ouvert toutes grandes les vannes de leur création monétaire. Mais la sortie de crise n'en finit pas de se faire attendre. Pourquoi ?

Second volet de notre enquête sur les réponses présentées par les économistes de la pensée "main stream", l'explication par l'approche monétaire.

Pour les disciples contemporains de l’école monétariste le coeur de l'explication se trouve dans les données monétaires.

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lundi 3 juin 2013

Pourquoi la "sortie de crise" n'en finit-elle pas de se faire attendre ?(1)

Henri LepageVoilà quatre années que les banques centrales ont ouvert toutes grandes les vannes de leur création monétaire. Mais la sortie de crise n'en finit pas de se faire attendre. Pourquoi ?

Ecrit pour la revue Politique Internationale (numéro Printemps 2013) ce texte - découpé en deux morceaux - présente les principales réponses qui s'affrontent au sein de la pensée économique "main stream". Il n'aborde pas la question de savoir quelles chances, et à quelle échéance, les politiques actuellement poursuivies ont de nous en sortir. Ceci sera traité, plus tard, par un autre article, à venir.

Inquiétudes, mais aussi et surtout perplexité. tel est le maître mot qui, début 2013, résume au mieux l’état d’esprit des responsables économiques, qu’ils soient ou non aux commandes.

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vendredi 19 avril 2013

Chypre : vers l'agonie du système de banque à réserves fractionnaires ?

Salerno.jpgRétrospectivement, il se pourrait que la crise de Chypre apparaisse un jour comme l'un des tournants décisifs de l'histoire monétaire contemporaine. Tel est ce que suggère Joseph T. Salerno, l'un des principaux animateurs du Mises Institute à Auburn (Alabama), dans un article traduit du Mises blog.

En complément, nous vous proposons également quelques paragraphes extraits d'un blog britannique où l'auteur, Frances Coppola, attire à juste titre l'attention sur la manière dont l'accord de Chypre a toutes chances d'intensifier encore davantage la crise de la zone euro.

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lundi 8 avril 2013

Depuis seize ans la température moyenne du globe s'est stabilisée : que faut-il en déduire ?

Les faits sont là : depuis le début de 1997, la température moyenne du globe a cessé d'augmenter (voir graphique ci-dessus). Même Rajendra Pachauri, le Président du GIEC, vient de le reconnaître. Le mouvement de réchauffement climatique semble s'être arrêté.

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mardi 19 février 2013

Charles Comte et Charles Dunoyer, les méconnus du libéralisme français

HL2011b.jpgUn échange de courrier avec des amis américains m'a rappelé l'existence d'un texte datant de 2007 qui n'a jamais été publié et qui porte sur l'épopée du Censeur Européen et la contribution de Charles Comte et Charles Dunoyer à l'histoire de la pensée libérale lors de la Restauration

En Janvier 2007 se tenait à l'ancienne Ecole Polytechnique un colloque organisé par l'Institut d'Histoire de l'Industrie, sur le thème : « Modernité des pères fondateurs de la science économique française ». Ce fut l'occasion de revenir sur les contributions d'un certain nombre d'auteurs libéraux.

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lundi 10 septembre 2012

Pourquoi la survie de l'euro reste problématique

Henri Lepage Mario Draghi a oublié de préciser qu'"illimité" ne veut pas nécessairement dire sans limite.

Le problème n'est plus de savoir s'il faut ou non sauver l'euro, s'il faut ou non sortir de l'euro, pourquoi, pour quoi faire. Les coûts ne peuvent en être que colossaux. Mais le coût de conserver l'euro à tout prix serait non moins colossal. Quoi qu'il se passe, quelle que soit l'issue qui se dessine, la note sera très salée, tant économiquement que politiquement.

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mardi 31 juillet 2012

Manifeste pour l'Europe

Drapeau_EU.jpg Rédigé à l'initiative de l'institut Bruno Leoni (Turin) et de la Fondation Magna Carta (Rome), ce manifeste a été diffusé au début du mois de Juin sur le Corriere della Serra en réaction aux appels à la fuite en avant dans toujours plus de fédéralisme.

La crise de l'euro fait apparaître en toute lumière les faiblesses inhérentes de la gouvernance européenne. Les discours des partisans du «toujours plus d'Europe" (fédérale) et d'une relance de la croissance par les dépenses publiques sentent le renfermé des reliques du passé mangées par les mites.

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lundi 23 juillet 2012

Heures supplémentaires : il n'y avait certainement pas de quoi faire une crise !

Henri Lepage D'après les spécialistes, l'analyse des coûts et avantages du dispositif de défiscalisation des heures supplémentaires mis en place en 2007 ferait apparaître que son rendement économique a beaucoup déçu par rapport aux espoirs qui, à l'origine, étaient placés en lui.

Il a couté (en manque de recettes fiscales) relativement cher par rapport aux dividendes économiques perçus (en termes de contribution au soutien de la conjoncture ou de l'emploi).

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lundi 21 mai 2012

Europe : comment déconstruire l'Etat-providence et reconstruire l'Union européenne "par le bas"

Henri LepageLa crise de l'endettement public, et celle subséquente de l'euro, sonnent la mort du modèle européen d'Etat-Providence de type social-démocrate.

Celui-ci est à bout de souffle, comme l'était le modèle soviétique à l'époque de Gorbatchev. Les hommes politiques feront tout ce qui est en leur pouvoir (c'est à dire 'beaucoup') pour le maintenir en vie à coûts de rustines, aussi longtemps que possible. Mais son effondrement est inévitable. Le problème reste à savoir comment on en sortira, par quoi le remplacer, et à quel prix.

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mercredi 7 mars 2012

Protectionnisme, la grande arnaque idéologique

Le combat contre le retour des fausses solutions protectionnistes n'est pas seulement une affaire pour économistes. C'est aussi une question de cohérence philosophique et éthique, et surtout de ne pas se laisser abuser par le caractère idéologique du discours de ceux qui en sont les bénéficiaires.

La plupart des gens voient le commerce international comme une sorte de Jeux Olympiques où les concurrents seraient les nations, et où il ne pourrait y avoir qu'un pays gagnant par course. Ce genre d'analogie est une erreur complète.

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dimanche 19 février 2012

L'Etat et la politique du logement... ou l'Art d'entretenir la pénurie

Henri LepageParmi les soixante propositions présentées par François Hollande dans son discours du 22 janvier, il y en trois qui concernent la politique du logement – directement inspirées, d'ailleurs, par le rapport de la Fondation Abbé Pierre sur le mal-logement en France.

Une semaine plus tard, ce fut le tour de Nicolas Sarkozy d'ouvrir sa prestation télévisée du 29 janvier par l'annonce de plusieurs mesures d'urgence visant à accroître l'offre foncière constructible.

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jeudi 24 novembre 2011

Euro et « balances Target » : pourquoi les jeux sont faits...

Henri LepageCet été une polémique est née autour d'un rapport de l'Institut économique de Munich IFO mettant en lumière comment le fonctionnement du système de paiements intra-européen (TARGET) aboutirait en fait à une forme de sauvetage (« bail out ») clandestin de la Grèce et des autres pays méditerranéens les plus menacés par la crise de la dette et son extension.

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lundi 24 octobre 2011

France/Allemagne : deux conceptions différentes de la monnaie, mais aussi de la démocratie

Henri LepageL'analyse qui suit a été écrite en 1997, alors que l'euro n'était pas encore né. Quatorze ans plus tard, l'acuité des divergences franco-allemandes révélées par la crise de l'euro lui confère une nouvelle actualité.

L’un des grands problèmes méconnus de la construction européenne est la persistance d’énormes décalages entre la manière dont chacun projette sur l’autre ses propres schèmes culturels et politiques, et une réalité qui leur est souvent complètement étrangère.

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dimanche 16 octobre 2011

Que s'est-il passé cet été ? 2007, 2008, 2011, bis repetita...

Henri Lepage À partir de la mi-juillet, avec la relance de la crise de la dette grecque, s'est mis en branle un processus déflationnaire à caractère cumulatif.

Par sa nature, ce processus rappelle les précédentes paniques financières de septembre 2007 (Northern Rock), mars 2008 (Bears Sterns) et septembre 2008 (Lehman Brothers) sur les célèbres marchés de CDS (credit default swaps) et de produits dérivés, sauf que, cette fois-ci, il concerne le marché des dettes d'État.

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samedi 17 septembre 2011

Cour constitutionnelle allemande : ce qu'il faut en retenir

Markus Kerber est professeur à l'Université de Berlin, et fondateur du think-tank berlinois "Europolis". Il fait partie du groupe d'économistes qui ont introduit auprès de la Cour constitutionnelle allemande un recours contestant les projets de sauvetage de la Grèce aux frais des contribuables européens.

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mardi 28 juin 2011

Des droits de propriété sur l'eau : comment faire ?

Henri LepageAvec raison, notre ami Max Falque rappelle qu'on ne peut résoudre efficacement le problème de l'eau que par l'institution de droits de propriété librement échangeables permettant l'émergence d'un véritable marché. Mais comment mettre de tels droits sur l'eau ?

Cette question m'incite à republier le texte qui suit, qui date de 1991 (avant la publication de la loi de 1992 qui a "nationalisé" les ressouces aquifères).

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samedi 21 août 2010

Le secret des nuages : la vidéo à ne pas manquer

Gràce au commentaire de l'un de nos lecteurs (cartedd), que nous remercions, j'ai retrouvé la trace de ce remarquable documentaire danois dont la diffusion sur les antennes d'Arte, le 2 avril dernier, m'avait beaucoup surpris compte tenu du caractère non strictement "GIEC compatible" du contenu, et que je regrettais de ne pas avoir pensé à enregistrer.

Lien: Le Secret des Nuages

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vendredi 16 juillet 2010

L'euro survivra-t-il ?

Henri LepageCe texte a été écrit pour Politique Internationale, la revue de Patrick Wajsman. Il vient de paraître dans son numéro 128 (été 2010). Trait_html_691a601b.jpg

Il y a seulement quelques semaines, poser une telle question, ou même seulement l'évoquer, eût été jugé particulièrement inconvenant.

Certes, depuis la naissance de l'euro, il y eut toujours des économistes pour afficher leur scepticisme. Il s’agissait cependant de personnalités solitaires, très minoritaires au sein de leur profession et portant souvent bien haut — mais pas exclusivement — la bannière provocatrice de l'ultra-libéralisme.

En réalité, ils n'étaient pas seuls.

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dimanche 21 mars 2010

Le retour de la menace mercantiliste

Henri Lepage lors d'unséminaire TurgotIl est au moins un point qui, au milieu de cette tourmente économique et financière, fait l'unanimité : il faut, à tout prix, éviter le retour des processus protectionnistes qui, dans les années 1930, furent directement responsables de l'aggravation de la crise et de sa transformation en Grande Dépression.

La mémoire collective a été durablement impressionnée par les événements de cette époque. Tout le monde se souvient, en effet, des ravages qui ont immédiatement suivi, au printemps 1930 — soit moins d'un an après le début de la récession qui a mené au grand crash boursier du mois d'octobre 1929 —, le vote par le Congrès américain du Smoot Hawley Act, la plus spectaculaire hausse de droits de douane jamais enregistrée dans l'histoire moderne des nations industrielles. Cette décision a immédiatement déclenché à travers le monde entier une chaîne de représailles commerciales dont les économies développées ont mis près de trente ans à se relever.

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mardi 22 décembre 2009

Une approche schumpétérienne de la crise et de la sortie de crise - entretien avec Jean-Jacques Rosa

Il y a presque un an (le 13 janvier 2009), Jean-Jacques Rosa, professeur émérite à Sciences-Po Paris, avait participé à la réunion organisée par l'Institut Turgot sur la Crise, avec notamment la participation d'Alain Madelin.

A cette occasion, il avait évoqué le rôle déterminant de l'innovation dans la genèse des événements qui ont mené à la crise financière 2007/2008. Je suis retourné le voir pour lui demander de s'expliquer plus longuement sur ce thème.

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Dans cet entretien, filmé dans les locaux de l'Institut Turgot, Jean-Jacques Rosa présente une interprétation Schumpétérienne de la Crise, sensiblement différente de l'explication monétaire et hayékienne que j'ai moi-même présentée sur ce blog, mais très proche de la vision offerte par Charles Gave (développée dans les commentaires qui ont suivi la publication de l'entretien filmé au début de l'été).

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vendredi 20 novembre 2009

Banques : les origines publiques de l'irresponsabilité financière privée.

L’attitude la plus commune (surtout en France) est de considèrer que l’origine de la crise actuelle se trouve dans les politiques de déréglementations menées depuis le tournant des années Reagan et Thatcher. 

La crise financière serait la sanction de l’échec des idées néo-libérales. Elle marquerait la faillite de l’idéologie outrancière du tout-marché capitaliste. Banquiers et financiers seraient les principaux coupables qu’il s’agirait désormais de ramener à la raison par une reconstruction appropriée de l’ensemble du cadre réglementaire applicable à leurs professions.

Il est incontestable que le comportement des banques et des marchés financiers est au coeur des processus qui ont conduit à la crise. La vague d’innovation financière qui a marqué les vingt dernières années a amené des excès, des erreurs dont l’économie paie aujourd’hui le prix. 

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jeudi 5 novembre 2009

Pourquoi les banques centrales n'ont rien vu venir : essai d'analyse hayékienne de la crise

H_lepage__Thellier_.JPGLe consensus est que la FED a commis, dans les années 2002-2005, une erreur majeure de politique monétaire. Elle a laissé les marchés financiers américains sombrer dans l'euphorie d'un déluge de liquidités abondantes et bon marché.

La question est cependant de comprendre pourquoi. Comment cela fut-il possible de la part de spécialistes aussi intelligents et bien informés ? Comment se fait-il que personne n'ait rien vu venir, à l'exception de très rares personnalités, comme quelques économistes de la BRI (Banque des règlements internationaux, la 'banque centrale des banques centrales' ) ? (i)

La réponse réside dans l'inadaptation des mentalités et des analyses des banquiers centraux face aux changements intervenus dans le monde depuis la chute du Communisme et le déclenchement de la mondialisation.

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samedi 19 septembre 2009

L'après-crise : crise en Europe, boom en Asie - un entretien avec Charles Gave

Notre ami Charles Gave vient de publier un nouveau livre où il s'attache à décrire les différents ressorts de la crise financière et économique. Son titre : "Libéral mais non coupable", chez Bourin éditeur.

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D'ores et déjà cet ouvrage vient de faire, à juste titre, l'objet d'une série d'excellentes revues dans la presse : dans le Figaro, sous la plume d'Yves de Kerdrel, dans le journal des finances hebdo sous la plume d'Henri de Castries, dans Valeurs Actuelles, sur France Culture...

Fin mai, nous nous êtions rencontrés pour réaliser une interview, publiée au mois de juillet dans la revue Politique internationale de Patrick Wajsman. Cette interview a fait l'objet d'un enregistrement vidéo, dont voici un long extrait où Charles Gave nous donne son sentiment sur la façon dont le monde va sortir de la crise. Son diagnostic est enthousiaste dès lors qu'il s'agit de l'Asie, mais plutôt franchement inquiet quant à l'avenir de l'Europe.

Charles Gave sera à nouveau l'invité de l'Institut Turgot et de l'Institut Euro92 lors d'une réunion à l'Assemblée nationale prévue pour le 7 octobre au soir. Les invitations seront prochainement envoyées par mail.Si vous ne figurez pas sur nos listes, inscrivez-vous en envoyant un courrier à infoturgot@gmail.com

Pour avoir une bonne écoute, n'oubliez pas de vous équiper d'un casque audio réglable.

jeudi 10 septembre 2009

Pourquoi plus de liberté économique signifie plus de prospérité

Les 3, 4 et 5 juillet 2009, le Cercle Frédéric Bastiat, fondé et présidé par Jacques de Guénin, organisait à Dax un Week end de la liberté. Une soixantaine de participants - venus de toute la France - ont écouté une dizaine d'exposés dont l'objectif était "d'établir de manière radicale et définitive que la liberté économique engendrait la prospérité et le plein emploi et que, a contrario, l'intervention de l'État dans l'économie engendrait du chômage, de la pénurie ou du gaspillage".

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Les travaux de cette réunion ont été introduits par une présentation du Dr Patrick de Casanove, secrétaire général du Cercle, qui a présenté les résultats de l'Index of Economic Freedom, publié chaque année par la Heritage Foundation de Washington.

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vendredi 24 juillet 2009

Retraites : les finances de la capitalisation, un entretien avec Georges Lane

L'effondrement des bourses provoqué par la crise financière semble apporter de l'eau au moulin de ceux qui défendent à tout prix le régime de répartition contre l'idée d'un passage à la capitalisation. Nous sommes allés demander à Georges Lane, qui enseigne l'économie et la finance de l'assurance à l'Université Paris IX-Dauphine, ce qu'il fallait penser de ces arguments.

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Georges Lane est, avec le professeur Jacques Garello, l'auteur d'un livre en trois volumes "Futur des retraites et retraites du futur", édité par les éditions de l'IREF et Contribuables associés. Le troisième volume, qui traite de "La transition" vient de paraître. Ils y rappellent que l'un des principaux mérites économiques de la capitalisation est de réactiver une épargne qui fait actuellement défaut à un grand nombre de pays notamment la France; et que cela permet d'espérer 1. le retour d'une croissance plus forte, et 2. des périodes de transition plus courtes que ce qui est généralement planifié au départ. Au Chili, par exemple, le passage à la capitalisation généralisée a pris seulement quinze ans, au lieu des vingt cinq initialement prévus.

Georges Lane évoque le rôle des innovations financières et en quoi elles viennent renforcer les arguments économiques en faveur de l'adoption de la capitalisation (20'). L'entretien contient également une digression où Georges Lane revient sur l'un des aspects peu évoqués de la crise financière : le rôle des CDS (Credit Default Swaps) et l'abus d'usage du concept d'assurance qui leur est associé (30').

dimanche 12 juillet 2009

Une autre fausse bonne idée : réglementer le salaire des dirigeants

Henri Lepage lors d'unséminaire TurgotLe coup est parti. Le député UMP Philippe Houillon, rapporteur de la mission sur les nouvelles réglementations économiques, a présenté seize propositions pour encadrer les rémunérations des chefs d'entreprises. De son côté, Hervé Novelli, secrétaire d'état aux PME, au commerce et au tourisme, vient de se déclarer pour une limitation 'provisoire' des salaires des dirigeants (dans un entretien vidéo publié sur le site du Figaro).

Que faut-il en penser ? En ces temps de crise, il peut paraître choquant de voir par exemple s'envoler à nouveau les rémunérations et les bonis offerts à certains banquiers et financiers que la presse cloue depuis des mois au pilori, en les désignant comme les principaux responsables des événements. Il n'en reste pas moins qu'indépendamment de tout jugement éthique sur le niveau de ces rémunérations, une telle politique n'est en réalité dans l'intérêt de personne. Certainement pas de ceux qui se sentent si petits en regard de ces énormes sommes dont la presse s'efforce chaque jour de nous révéler les secrets. Une fois de plus, il ne s'agit que d'une de ces fausses bonnes idées dont nos dirigeants politiques sont désormais si friands. Une de ces fausses bonnes idées dont les conséquences vont régulièrement à l'encontre des objectifs recherchés.

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lundi 15 juin 2009

George Selgin, la crise, et l'économie de la banque libre

George Selgin Pour les libéraux, ce que nous vivons n'est pas une crise de l'économie de marché, mais une crise de la réglementation.

En fait, à la réflexion, l'expression "crise de la réglementation", ou même "crise de l'interventionnisme", n'est pas tout à fait exacte. Elle ne rend pas pleinement compte de la nature de ce qui est en cause. Elle laisse traîner l'impression que si la réglementation entraine de multiples effers pervers dont la crise est l'une des manifestations, ces effets pervers pourraient être corrigés par une "meilleure" réglementation, mieux conçue, mieux réfléchie, plus étudiée.

En réalité, ce que nous vivons est, de manière plus exacte, 'une crise de l'ingénierie réglementaire'; c'est à dire une nouvelle illustration des limites intrinsèques et des conséquences catastrophiques auxquelles peut un jour conduire ce qu' Hayek désignait sous le terme de 'constructivisme'.

Cette manière de concevoir le monde se heurte au caractère nécessairement limité de la connaissance humaine

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dimanche 22 février 2009

Vaclav Klaus s'explique sur sa conception de l'Union européenne

Vaclav Klaus au Parlement européenElu Président de la République Tchèque en février 2003, Vaclav Klaus est un cas unique parmi les chefs d'états de l'Union européenne. Non Vaclav Klaus à Paris le 11 février 2009))seulement il est libéral, et se revendique ouvertement comme tel – ce qui, par les temps présents de crise financière et économique, n'est plus très politiquement à la mode - mais, surtout, il est le seul de tous les chefs d'états européens à exprimer publiquement, et de manière répétée, son désaccord avec la façon dont évoluent les institutions politiques de l'U.E.

Vaclav Klaus était contre le projet de Constitution européenne rejeté par le double non français et hollandais. Aujourd'hui encore, alors même que son pays vient de prendre en charge la Présidence du Conseil de l'Union européenne pour les six prochains mois, il n'hésite pas à se présenter en adversaire résolu du Traité de Lisbonne, version allégée et révisée du défunt projet de Constitution. Une situation inédite et paradoxale qui fait de Vaclav Klaus la cible privilégiée de tous ceux qui, à Bruxelles, et notamment au Parlement européen, n'imaginent l'avenir que dans une conception fédérale de l'Europe, sans autre voie possible.

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lundi 17 novembre 2008

Crise financière : l'autre vision

'Nous ne manquons pas d’analyses qui expliquent comment la crise financière s’est déclenchée, puis comment elle s’est diffusée, au point de susciter les inquiétudes les plus extrêmes sur l’avenir de l’économie mondiale. Mais, sauf rares exceptions, toutes partagent un point commun : si elles décrivent parfaitement les enchaînements déclenchés par l’implosion de la bulle immobilière US et l’affaire des subprimes, elles négligent de mentionner la part de responsabilité qui incombe aux effets pervers de l’idéologie réglementaire. Or celle-ci est, en l’occurrence, essentielle, centrale, pour comprendre ce qui se passe et en tirer des conclusions pour l’action.

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