HL_2011_B.jpg Avec la venue de la nouvelle année, nous saluons la naissance d'une nouvelle revue on-line créée par notre ami Drieu Godefridi. Il s'agit de la revue ARGUMENTS (revue européenne de science), dont le premier numéro a été mis en ligne à la fin du mois de septembre, et le second au premier janvier.

Dans ce second numéro vous trouverez un remarquable article d'Alain Préat. Professeur à l'Université Libre de Bruxelles, il montre comment la géologie nous incite à beaucoup de prudence pour ce qui concerne le rôle du C02 dans les évolutions climatiques. De son côté, Drieu Godefridi dénonce les fantasmes de Jean-Claude Michéa dans son dernier essai sur la civilisation libérale. Pour ma part, j'y répond aux questions de Grégoire Canlorbe, dans une longue interview dont vous trouverez ci-dessous un extrait où j'attire l'attention sur les fâcheuses conséquences de l'hystérie réglementaire des années qui ont suivi la crise.

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Grégoire Canlorbe : Alarmé par la régulation prudentielle des banques, les opérations effrénées de quantitative easing, et le développement sans précédent des taux négatifs — au niveau des taux courts gérés par les banques centrales, mais aussi sur le marché des obligations à plus ou moins long terme — vous jugez la situation de l’économie mondiale fort préoccupante. Vous appréhendez le recours à des mesures de plus en plus extrêmes telles que « Helicopter money » et l’interdiction du cash. Pourquoi les approches théoriques et méthodologiques qui encadrent actuellement la politique monétaire sont-elles impuissantes à prédire et comprendre les effets délétères de ces procédures dites non conventionnelles ?

Henri Lepage : Actuellement (décembre 2016), c'est presque l'euphorie. En quelques semaines, le climat économique en Amérique s'est complètement retourné. Et, par contagion, il se passe un peu la même chose sur les marchés européens. C'était déjà le cas avant les élections US, mais l'élection de Donald Trump y a donné un sacré coup de fouet. Sa promesse de retour à un grand programme keynésien de dépenses publiques a dopé les Américains. Le mot à la mode actuellement est celui de reflation. On y parle même de Growthflation pour évoquer l'idée d'un retour à une croissance inflationniste.