• Les opérations de Quantitative easing comportent des effets pervers dont certains sont bien connus, mais d'autres beaucoup moins. Elles entraînent de profonds changements dans le fonctionnement des mécanismes monétaires (en particulier pour ce qui concerne le marché des réserves bancaires). Ces changements de régime monétaire incitent à rester profondément sceptique quant aux effets à attendre de l'actuelle politique de passage à des taux résolument négatifs. Combinés aux conséquences de la régulation prudentielle des banques, ils engendrent à long terme le risque d'une mortelle spirale de décapitalisation et d'attrition bancaires.

Il est encore beaucoup trop tôt pour juger si le programme d'achats d'actifs européens mis en place par la BCE au début de l'année dernière (la version européenne du Quantitative easing)est un échec ou non. Il n'en reste pas moins que la banque centrale européenne a totalement raté son objectif concernant la relance d'un minimum suffisant d'inflation. Celle-ci flirte de nouveau avec le seuil fatidique de la déflation que les autorités monétaires craignent comme la peste.

La BCE a donc décidé d'en remettre une bonne dose, d'autant plus que les perspectives de croissance mondiale semblent plus fragiles que jamais. D'où les décisions du jeudi 10 mars qui consistent pour l'essentiel à augmenter le volume des rachats mensuels d'actifs (de € 60 milliards à € 80 milliards par mois) et à adopter une structure de taux d'intérêt courts plus résolument négatifs.