janvier 2010 (16)

samedi 30 janvier 2010

L'autre tragédie d'Haîti

Nathalie Elgrably-LevyLa tragédie haïtienne est inqualifiable. On ne peut qu’être anéanti devant l’horreur, la douleur, la faim et le désespoir causés par l’impitoyable séisme. Et on ne peut que saluer l’aide humanitaire déployée par la communauté internationale. Une aide qui, en regard des besoins immenses et de leur urgence, restera malheureusement toujours trop modeste et trop tardive.

Les premiers secours étaient à peine arrivés que l’on songeait déjà à rebâtir. Seize pays se sont d’ailleurs réunis le 25 janvier à Montréal pour discuter de l’effort de reconstruction. On ne cherche pas qu’à sauver des vies et à apaiser les souffrances, on espère également mettre le pays sur le chemin de la prospérité.

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jeudi 28 janvier 2010

Un grand méconnu : le cycle immobilier de 18 ans

Steve HankeLe 3 janvier dernier,  lors de la réunion annuelle de l’American Economic Association, le Président de la Réserve fédérale Ben Bernanke prononçait un important discours.

Dans son texte officiel, « Monetary Policy and the Housing Bubble », le président Bernanke faisait valoir que ce ne serait pas la politique monétaire de la Fed qui était responsable de la bulle immobilière. Il prétendait que le grand coupable aurait été la mauvaise réglementation. 

Ce que le Président Bernanke cherche à nous faire croire n’est qu’un gros canular. Des bulles, la Fed ne cesse d'en fabriquer.

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mardi 26 janvier 2010

De la crise systémique à l'erreur systémique (2) : le syndrôme de l'Ile de Pâques, ou l'illusion d'une gouvernance mondiale.

Guillaume Trémeau Voici le deuxième volet de la réflexion de Guillaume Trémeau sur les risques systémiques. Trait_html_691a601b.jpg

« Penser c’est comparer » disait André Malraux. Pour bien étudier et comprendre un système complexe ne faut-il pas privilégier la diversité des approches plutôt que de tenter d’uniformiser celle-ci ?

En comparant les résultat de son voisin avec les nôtres on peut progressivement sélectionner les bonnes options et rejeter les mauvaises.

Mais si l’on ne peut plus comparer, on ne pense plus et on prend le grand risque de se tromper, tous ensemble, comme les habitants de l’île de Pâques.

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dimanche 24 janvier 2010

De la crise systémique à l'erreur systémique (1) : crise financière et réchauffement climatique

Guillaume Trémeau Ce texte est le premier volet d'une série de deux articles que Guillaume Trémeau, médecin à Lyon, consacre à une réflexion non-conformiste sur les risques systémiques.Trait_html_691a601b.jpg

L’analyse des « risques systémiques » que discute Daniel Cohen tout au long de son interview dans Spectacle du Monde (n°560, octobre 2009 : La prospérité n’est pas facteur de pacification. C’est l’inverse) est absolument passionnante.

Néanmoins, on est en droit de s’interroger sur les déductions qu’il en tire, sur les remèdes qu’il propose d’appliquer.

Ainsi, s’il est très probable que "nos sociétés ont du mal à penser le risque systémique" et que "La théorie des systèmes nous apprend que les crises deviennent fatales lorsqu’une complexité croissante se conjugue avec une uniformisation croissante'', faut-il forcément en déduire qu’il faille fabriquer une sorte directoire du monde pour maintenir un équilibre coopératif entre les nations ?

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vendredi 22 janvier 2010

La rémunération des dirigeants d’une entreprise ne concerne que ses actionnaires et administrateurs

Michel Kelly-Gagnon Dans un document qui vient d'être publié par l'Institut Economique de Montréal, Michel Kelly-Gagnon, Président de l'IEM, et Jasmin Guénette, répondent à tous ceux qui veulent réglementer primes et rémunérations des dirigeants d'entreprises.

Pour télécharger le texte intégral de l'étude, cliquez-ici. Le texte ci-dessous en résume les principaux arguments. Trait_html_691a601b.jpg

La rémunération des chefs d'entreprise est plus que jamais devenue un enjeu controversé. Des comparaisons à saveur populiste dénonçant l’écart de rémunération entre le travailleur moyen et les chefs d’entreprise les mieux payés ont récemment été relayées par les médias.

On peut s’indigner des salaires versés aux dirigeants des grandes entreprises, comme on peut envier un joueur de basketball de la NBA et son salaire moyen de 6 millions de dollars ou un acteur hollywoodien qui gagne 20 millions de dollars pour tourner un film. On peut aussi étudier la situation plus rationnellement et essayer de comprendre pourquoi les actionnaires – la plupart du temps par l’entremise de leurs mandataires élus, les membres du conseil d’administration – accordent de tels montants aux dirigeants de leur entreprise.

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mercredi 20 janvier 2010

Les trois péchés originels de la taxe carbone

On ne peut pas dire que les médias français aient fait preuve de beaucoup d'esprit critique à l'égard du projet de Taxe carbone. D'où l'intérêt de cet article de Rémy Prudhomme, économiste, Professeur émérite de l'Université Paris-XII, publié dans Les Echos du 5  Janvier 2010 - c'est à dire juste quelques jours après l'annonce de la décision d'annulation du Conseil Constitutionnel. Ce que l'on sait de la nouvelle mouture du projet de loi ne remet pas en cause les trois péchés originels. H.L. 

Il est fascinant de voir comment une bonne théorie se métamorphose en une mauvaise politique. 

Tous les économistes sont d’accord : la meilleure façon de lutter contre une externalité négative (un coût imposé à autrui par un pollueur qui ne paye pas pour ce coût), c’est de la taxer. Les rejets de CO2 sont une externalité, taxons-les. A 32 euros la tonne (17 pour commencer), toutes les réductions qui coûtent moins de 32 euros la tonne, et seulement celles-là, seront effectuées, ce qui suffira pour atteindre nos objectifs, et pour les atteindre au moindre coût. Mieux vaut un signal prix qu’un signal quantité. 

Cette théorie, bien argumentée dans le Rapport Rocard, est classique, et solide. La taxe carbone dont elle a accouché est pourtant rejetée par à peu près tous les Français, des agriculteurs aux membres de Conseil Constitutionnel. Cherchons l’erreur.

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lundi 18 janvier 2010

De la Justice privée : justice rétributive contre justice collective

François-René RideauFrançois-René Rideau est l'administrateur du site Bastiat.org. C'est un fin connaisseur de la philosophie libérale du droit. Ce texte, qu'il vient de publier sur Le Québécois Libre, est une remarquable critique libertarienne du fonctionnement de la justice moderne, en référence notamment à l'actualité française. Trait_html_691a601b.jpg

lI y a quelques années (en 2000), les politiciens français, « de gauche » et « de droite », se sont déchirés autour d'une loi « sur la présomption d'innocence ».

En fait de débat d'idée, il n'y a eu qu'insultes, invectives et appels corporatistes, et les Français ignorent toujours tout du contenu de cette loi.

Derrière le simulacre démocratique, les simples citoyens sont complètement dépossédés de la gestion de leur propre sécurité, effectuée en leur propre nom mais en dépit de leurs opinions. Leurs droits élémentaires peuvent être discutés, aménagés ou jetés aux orties, sans qu'ils n'en sachent ni ne comprennent jamais rien.

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samedi 16 janvier 2010

Le débiteur, le contribuable et le consommateur

Jacques GarelloQui fera les frais de la crise financière en fin de compte ?

Un enchaînement fatal aura conduit les contribuables à se substituer aux débiteurs, puis les consommateurs aux contribuables. Le cercle est allé s’élargissant : c’est sans doute ce que l’on appelle la socialisation des risques.

Certains ont l’impression qu’ils sont aujourd’hui obligés de payer pour des fautes, voire des malversations, qui leur ont été totalement étrangères.

Est-ce la vraie solidarité ? Est-ce la justice sociale ?

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jeudi 14 janvier 2010

Finance : comment rendre aux faillites leur rôle de régulateur systémique.

Vincent Bénard prolonge sa réflexion critique sur la régulation des marchés financiers, des banques et des assurances par des propositions concrètes.
 
Réguler, réguler, réguler... En ce qui concerne le secteur financier, la religion de l'état et des opinions publiques semble faite: l'état devrait beaucoup plus réguler, c'est à dire intervenir préventivement pour normaliser l'activité des banques, les contrôler au quotidien, et renforcer les règles prudentielles destinées à empêcher les banques de faire massivement faillite. 

Seul problème, cette philosophie de la régulation est déjà largement en vigueur et a amplement démontré son inefficacité, voire sa nocivité. Et si les gouvernements osaient parier sur une bonne gestion de la faillite des mauvaises banques pour parvenir à une véritable auto-régulation du secteur financier ? 

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mardi 12 janvier 2010

Assurance publique des dépôts bancaires : le révélateur de l'affaire islandaise (IceSave)

Vincent Bénard nous révèle les immenses implications d'un petit événement qui a échappé à l'attention de la plupart d'entre nous.

Le président Islandais, Olafur Ragnar Grimsson, vient de mettre son véto à un texte voté par son parlement concrétisant un accord intergouvernemental Islando-anglo-Néerlandais, forçant les islandais à rembourser les états britanniques et bataves qui sont venus au secours de leurs épargnants piégés par la faillite des trois grandes banques de l'île nordique. 
La presse internationale, et notamment française, présente l'affaire comme un dangereux reniement de parole et un quasi défaut sur la dette Islandaise, et les agences de notation dégradent la dette du Pays. 
Cette présentation des faits est elle la bonne ? La question est bien plus complexe qu'il n'y parait, et le président Grimsson ne mérite sans doute pas l'opprobre dont il est couvert hors de son île.

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lundi 11 janvier 2010

La crise financière : ce que nous n'en avons (toujours) pas appris

Sam GreggDes dizaines de livres et d’articles ont été publiés pour expliquer ce qui n'a pas marché.

Avec le temps, on verra des armées de doctorants explorer tous les coins et recoins de la crise de 2008.

Cependant, si l’on en juge par les politiques qui ont été données en réponse aux événements, il est clair que nous nous refusons encore aujourd'hui à tirer les véritables leçons que la crise devrait nous dicter - ou, tout au moins, que celles-ci continuent d'échapper à l’attention des décideurs.

Les principales leçons sont au nombre de cinq.

1 - La leçon méconnue la plus importante concerne sans doute le danger du risque moral. Le message qui a été envoyé aux entreprises est en gros celui-ci :

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samedi 9 janvier 2010

Climat : les deux grands perdants de 2009

Jean-Michel BélouveLe début de l’année 2009 les montrait en pleine gloire. Ils triomphaient. Barack Obama culminait dans les sondages, après ses victoires sur Hillary Clinton, d’abord, puis à la présidentielle. Il représentait le renouveau, l’espoir d’un peuple lassé des échecs de son prédécesseur. Il avait promis une politique radicalement différente dans le domaine du changement climatique et entendait faire de son pays le leader et le guide dans la croisade contre le réchauffement et les gaz à effet de serre.

Nicolas Sarkozy venait de mettre un terme à la présidence française de l’Union Européenne en se montrant comme l’incontestable champion de la lutte contre le réchauffement climatique, et en obtenant des vingt-cinq l’accord sur le Paquet Climat Energie qui faisait de l’Europe le continent le plus avancé dans les mesures de restrictions des émissions de gaz à effet de serre et de marché d’échanges des permis d’émission négociables.

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jeudi 7 janvier 2010

Le 10 décembre 2009 : Analyse monétaire de la crise et de l'après-crise, séminaire avec Florin Aftalion

Florin Aftalion, professeur émérite à l'ESSEC, était l'invité du séminaire organisé par Philippe Simonnot le 10 décembre 2009, dans les locaux du 35 avenue Mac Mahon. A cette occasion le Professeur Aftalion nous a donné sa représentation de la crise et de son déroulement. L'exposé était très structuré, et accompagné de la projection de quelques graphiques clés.

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Dans un premier temps, l'orateur s'est concentré sur le facteur déclencheur de la crise, à savoir la politique monétaire américaine. La responsabilité de la FED est écrasante.

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mardi 5 janvier 2010

Cessons de fantasmer sur l'islam : réponses à des stéréotypes dangereux.

Yves Montenay lors d'une réunion à l'Institut Turgot (avril 2009)Yves Montenay nous avait adressé ce texte au lendemain de l'annonce des résultats du référendum suisse sur les mosquées. Le débat sur l'identité française ainsi que la reprise de la menace terroriste lui conservent plus que jamais toute son actualité. Trait_html_691a601b.jpg

La Suisse a voté à 57 % contre le droit de doter une mosquée d'un minaret. Cela me rappelle qu'au Moyen Âge, dans je ne sais quel lieu où les rouquins étaient très minoritaires, on brûlait ces porteurs d'un signe évident du démon, avec l'accord, voire à la demande, de l'immense majorité de la population. Bref c'est ce qu'on appelle en jargon juridique un « abus de majorité ». Or les libéraux sont particulièrement sensibles à ce type d'abus, d'où leur appel au droit naturel.

Certes, comparaison n'est pas raison et il nous faut creuser davantage cette question.

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dimanche 3 janvier 2010

Proposition pour un meilleur emploi du Grand Emprunt

Dr. Guy-André PelouzeIl est frappant de constater que dans un pays surtaxé comme la France, une augmentation de la dépense publique ne soit pas contestée non pas sur le principe mais sur l'efficience. Cet emprunt pourrait servir à couper les taxes au lieu de servir à faire des chèques d'état. Personne ne pose la seule question importante : lequel des deux dispositifs est le plus efficace pour la croissance et l'emploi ?

Ce débat n'aura pas lieu car il n'a pas été imaginé par les politiques de ce pays, totalement idéologisés à la dépense publique. Pourtant il est essentiel car, comme je vais le démontrer, augmenter la dépense publique, même en la baptisant investissement, est une grave erreur du point de vue de l'efficience économique dans un pays au sortir d'une récession.

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vendredi 1 janvier 2010

Le 9 décembre 2009 : Biotechnologies et Biopolitique, les nouveaux défis de l'humanité - avec Laurent Alexandre et Alain Madelin

La réunion du 9 décembre dernier, avec le concours du Dr Laurent Alexandre et d'Alain Madelin, a été, sans contestation possible, l'une des plus passionnantes qu'il nous ait été donné d'organiser à l'Assemblée nationale (qui plus est dans le prestigieux décor de la salle Colbert).

Dr Laurent AlexandreNous assistons actuellement à une formidable accélération du progrès des technologies médicales, au point que toute les prévisions et prédictions qui pouvaient être faites il y a seulement quelques années se trouvent dépassées. Ce qui amène Alain Madelin à souligner qu' "en matière d'innovation nous n'avons encore rien vu !", et le Dr Laurent Alexandre à préciser que "tout va extrêmement vite".

Alain Madelin à l'Assemblée nationale (Salle Colbert), le 9 décembre 2009D'ores et déjà un certain nombre d'évolution technologiques très lourdes sont en cours qui, dès les années 2010/2020/2030, vont nous contraindre à devoir affronter, et discuter d'un certain nombre de questions fondamentales de nature politique, éthique et philosophique dont très peu de personnes parmi nous ont conscience. Ce sont ces questions que nos deux orateurs se sont efforcés de cerner.

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