novembre 2009 (15)

lundi 30 novembre 2009

“Breaking up the bank”, le retour du Glass Steagall Act ?

Jean-Claude Gruffat Le retour à une forme d'organisation bancaire de style "Glass Steagall Act" est impossible et conduirait à des dérives encore plus dramatiques.

Le modèle n'est économiquement viable que dans un univers de taux administrés, qui supposerait le retour à un système planifié avec service public crédit.

Mais des mesures ciblées de recapitalisation modulées et de responsabilisation des organes de contrôle, internes et externes, permettraient d'arriver à un résultat analogue à celui recherché. Trait_html_691a601b.jpg

Un peu plus d’un an après la faillite de Lehman, deux ans après le début de la crise des « sub primes » aux Etats Unis, beaucoup d’esprits avertis observateurs de la scène bancaire et financière s’interrogent fort légitimement.

Au delà de multiples réunions, rapports et autres, et de restrictions sur les modalités de paiement de boni aux opérateurs, notamment employés par des établissements ayant reçu des fonds et/ou des garanties de l’Etat, qu’avons-nous changé aux règles qui organisent le cadre et la supervision des activités bancaires et financières ?

Bien peu…

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dimanche 29 novembre 2009

Le 15 octobre 2009 : la dette, et comment s'en débarrasser - séminaire avec Jean-Marc Daniel

Le 15 octobre dernier, dans le cadre du Séminaire monétaire dirigé par Philippe Simonnot, Jean-Marc Daniel, professeur d'économie à ESCP-EAP, chargé de cours à l'Ecole des mines de Paris, directeur de la revue Sociétal et chroniqueur au journal Le Monde, a analysé la dérive inquiétante des finances publiques françaises.

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Dans sa dernière étude sur la France, l’OCDE anticipe un déficit public pour 2010 de 8,5 % du PIB et la Cour des comptes a évalué le poids de la dette publique en fin 2012 à 83 % du PIB . Jean-Marc Daniel n’a pas fait mystère de la nécessité de relever certains impôts sur les citoyens et de faire des coupes claires dans lzs dépenses publiques pour résoudre le problème.

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jeudi 26 novembre 2009

Contre le Pompiérisme d'état !

Jean-Pierre Chamoux à l'Institut TurgotLe Salon d'automne 2008_ avait inspiré à notre ami Jean-Pierre Chamoux un papier d'humeur sur les rapports entre l'Art et l'Etat français. Sa réaction suivait la lecture d'un manifeste d'artistes rendu public à cette occasion. Ce papier n'est jamais sorti. Le Salon d'automne 2009, qui a fermé ses portes le 16 novembre à l'Espace Champerret, lui offre une nouvelle chance. Trait_html_691a601b.jpg Cela faisait un moment que la révolte couvait dans les ateliers des peintres, graveurs, sculpteurs et graphistes de tout bord : tenue par la petite coterie des « experts » du ministère de la culture, le ministère français que le monde entier ne nous envie pas tant il fleure cet art officiel qui a tant marqué les utopies liberticides du vingtième siècle, de Pékin à Berlin, de Rome à Moscou, la commande d’Etat se concentre en effet sur un petit cénacle international marqué par le laid, le scatologique, le sale et le défi verbal.

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mardi 24 novembre 2009

Témoignage sur l'évolution contemporaine du monde scientifique

Xavier DriancourtLes controverses autour des méthodes scientifiques mises en oeuvre par les instances dirigeantes du GIEC ont inspiré à Xavier Driancourt, lui même docteur en statistiques et spécialiste de modélisation, des réflexions sur les perversions qui, à l'heure actuelle, entachent le processus de création du savoir scientifique placé sous la contrainte politique et financière.

Ce texte a été initialement publié sur le site de l'Institut Hayek.

Trait_html_691a601b.jpg J’ai été chercheur durant quelques années dans le domaine du machine learning, (disons pour simplifier : statistiques appliquées), à l’occasion d’un doctorat, puis une fonction d’ingénieur de recherche dans une équipe universitaire, puis une start-up toutes deux en pointe au niveau mondial.

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dimanche 22 novembre 2009

Controverse : de quel côté sont les deux derniers Prix Nobel ?

Oliver WilliamsonL'attribution du Prix Nobel d'économie 2009 à Elinor Ostrom et Oliver Williamson a donné lieu à des interprétations contestables.

Par exemple, Michel Rocard, dans un éditorial de Libération, n'hésite par à faire d'Elinor Ostrom une sorte de prophétesse de l'autogestion. De même, selon un article du Wall Street Journal, la caractéristique de la décision du jury de Stockholm serait de renvoyer dos à dos le marché et l'Etat, et de proposer une sorte de "troisième voie" scientifique.

Comment doit-on juger l'apport de ces deux lauréats à la pensée économique et politique contemporaine ? Cette question sera le thème d'une réunion organisée le 2 décembre prochain à l'Institut Turgot. Pour préparer cette rencontre, et redresser la vérité, vous trouverez ci-dessous la traduction de deux commentaires publiés par David Henderson et Mario Rizzo en réaction à l'annonce du Prix Nobel. '' Trait_html_691a601b.jpg

Mario Rizzo : "Elinor Ostrom et la pertinence de l'économie politique"

Les travaux d'Elinor Ostrom, première femme à recevoir le Prix Nobel d'économie, ne sont pas très connus des économistes. En fait, je me risquerais à supposer qu’avant l’annonce de son prix hier matin, la plupart des économistes n'en avaient pas entendu parler.

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vendredi 20 novembre 2009

Banques : les origines publiques de l'irresponsabilité financière privée.

L’attitude la plus commune (surtout en France) est de considèrer que l’origine de la crise actuelle se trouve dans les politiques de déréglementations menées depuis le tournant des années Reagan et Thatcher. 

La crise financière serait la sanction de l’échec des idées néo-libérales. Elle marquerait la faillite de l’idéologie outrancière du tout-marché capitaliste. Banquiers et financiers seraient les principaux coupables qu’il s’agirait désormais de ramener à la raison par une reconstruction appropriée de l’ensemble du cadre réglementaire applicable à leurs professions.

Il est incontestable que le comportement des banques et des marchés financiers est au coeur des processus qui ont conduit à la crise. La vague d’innovation financière qui a marqué les vingt dernières années a amené des excès, des erreurs dont l’économie paie aujourd’hui le prix. 

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mercredi 18 novembre 2009

Le 13 octobre 2009 : Transition démographique et convergence des civilisations, rencontre avec Youssef Courbage

Youssef Courbage est directeur de recherches à l'Institut national de la démographie (INED) et co-auteur, avec Emmanuel Todd, d'un livre - ''Le rendez-vous des civilisations" (Le Seuil, septembre 2008, La République des idées) - qui développe une thèse très iconoclaste sur l'évolution culturelle et politique du monde musulman.

Le 13 octobre dernier, il était notre invité dans les locaux de l'Institut, lors d'une séance introduite par Yves Montenay.

Les recherches de Youssef Courbage portent sur la révolution démographique actuellement en cours dans le monde musulman. On y assiste à une chute rapide, et très largement méconnue en Occident, de la fécondité des populations.

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lundi 16 novembre 2009

Ras le bol de la crise !

Gave_s.jpgJ’ai commencé ma carrière en 1971. Cet été-là, le dollar cessait d’être convertible. Puis nous sommes passés à la première crise pétrolière, suivie de la seconde, puis de la faillite de l’Amérique Latine, et ainsi de suite. Tant et si bien que la France est le seul pays au monde,apparemment, où le mot crise n’est jamais sorti des media

Ceci me parait un signe de paresse intellectuelle. Certes, nous avons eu une crise financière, certes elle a été importante, certes elle n’est peut être pas finie, mais tout cela ne constitue pas une raison pour cesser de penser.

Je m’explique.

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samedi 14 novembre 2009

Débat sur la morale : l'étatisme, agent corrupteur du capitalisme


Profitant de la crise actuelle pour exciter les penchants anti-capitalistes d'une partie de l'opinion, nos gouvernements, au niveau national, ou mondial, prétendent prendre des mesures visant à "réformer" le système financier, et à le rendre plus "moral". 

Sont visés les "paradis fiscaux", qui permettent aux banques d'amoindrir le racket fiscal pesant sur leurs clients, les bonus des traders, dont le rôle dans le déclenchement de la crise est pour le moins difficile à définir (j'y reviendrai un autre jour), réglementer les "hedge funds", qui n'ont joué absolument aucun rôle dans le déclenchement de la crise, et ainsi de suite. 

Naturellement, l'entreprise de "moralisation" menée par l'état ne prétend pas s'arrêter au secteur financier mais s'étendre à tout le "capitalisme", qui serait par essence sauvage et indifférent au sort de l'individu et de l'environnement, et qui, suprême inconvenance, essaie de réduire sa facture fiscale par tous les moyens.

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jeudi 12 novembre 2009

Pollution : une solution de marché pour les nitrates

Dominique GarriguesL’Union européenne met la France sous haute pression pour la question des nitrates dans l’eau, puisqu’elle ne respecte toujours pas la directive du 12 décembre 1991.

Nous risquons de fortes amendes. L’aggravation du problème des algues vertes n’améliore pas notre dossier.

De multiples actions sont en cours pour redresser la situation, tout particulièrement du côté des exploitants agricoles de Bretagne, qui ont pris la bonne mesure des enjeux.

Pourtant, il existe une technique qui a fait ses preuves dans d’autres pays et n’a pas encore été essayée chez nous : c’est la « banque du lisier ».

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lundi 9 novembre 2009

Le 24 septembre 2009 : séminaire monétaire autour d'Antoine Jeancourt-Galignani sur les dysfonctionnements responsables de la crise

Le séminaire monétaire de Philippe Simonnot a repris ses travaux le 24 septembre 2009 avec un exposé introductif d’ Antoine Jeancourt-Galignani, ancien président de Indosuez et des AGF.

Le thème de la discussion portait sur le dysfonctionnement des entreprises bancaires et financières, d’abord aux Etats Unis puis, par contagion, dans de nombreux autres pays.

La crise a révélé de profondes défaillances chez tous les acteurs de la chaine d’origination, de gestion et de distribution de larges catégories d’actifs de crédit , principalement, mais pas exclusivement, liés à l’immobilier.

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dimanche 8 novembre 2009

La taxe carbone : injuste et inefficace

La taxe carbone ressort davantage du calcul politique que du calcul économique. Elle est un symbole plus qu'un outil. Dans la panoplie d'instruments destinés à tenter de remplir l'engagement pris par la France de diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050, la taxe carbone est assurément l'instrument le plus inefficace. Contrairement à ce qui est parfois avancé, la taxe carbone n'est pas une fiscalité réparatrice destinée à faire payer à chacun les coûts environnementaux de ses comportements selon le principe pollueur-payeur. Dans la guerre au réchauffement climatique, la taxe carbone se veut une arme de dissuasion progressive de la consommation d'énergie fossile. Elle est censée modifier le comportement des Français.

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jeudi 5 novembre 2009

Pourquoi les banques centrales n'ont rien vu venir : essai d'analyse hayékienne de la crise

H_lepage__Thellier_.JPGLe consensus est que la FED a commis, dans les années 2002-2005, une erreur majeure de politique monétaire. Elle a laissé les marchés financiers américains sombrer dans l'euphorie d'un déluge de liquidités abondantes et bon marché.

La question est cependant de comprendre pourquoi. Comment cela fut-il possible de la part de spécialistes aussi intelligents et bien informés ? Comment se fait-il que personne n'ait rien vu venir, à l'exception de très rares personnalités, comme quelques économistes de la BRI (Banque des règlements internationaux, la 'banque centrale des banques centrales' ) ? (i)

La réponse réside dans l'inadaptation des mentalités et des analyses des banquiers centraux face aux changements intervenus dans le monde depuis la chute du Communisme et le déclenchement de la mondialisation.

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mardi 3 novembre 2009

L'économie de marché ne peut pas se fonder sur n'importe quel système de valeurs

Sam GreggDepuis 2 000 ans, l'Eglise catholique s’acharne à planter dans l'humus de la civilisation humaine un ensemble d’idées aujourd’hui impopulaires : que la vérité existe ; que celle-ci n’est pas seulement de la variante scientifique ; que l’on peut la connaître par la foi et par la raison ; et qu’elle n'est pas ce que vous voudriez, ou « sentiriez » qu'elle soit.

Tout au long de sa vie, Benoît XVI a insisté sur ces thèmes, justement parce que beaucoup de monde, y compris de nombreux chrétiens, a perdu de vue leur importance.

Il se peut que la plus importante prétention à la vérité de la dernière encyclique papale "Caritas in Veritate" sur la vie économique est que l'économie de marché ne peut pas se fonder sur n'importe quel système de valeurs.

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dimanche 1 novembre 2009

Il est idiot de dire que l'eau n'a pas de prix

Nathalie Elgrably-LevyPériodiquement, la question de l'eau revient au coeur de l'actualité et nous replonge dans l'éternel débat: l'eau est-elle un bien marchand ou une ressource commune?

Il y a quelques jours, deux voix se sont élevées pour prendre position. Il s'agit de Maude Barlow, présidente du Conseil des Canadiens et ex-conseillère principale en matière d'eau auprès des Nations Unies, et de Riccardo Petrella, politicologue, économiste et président de l'Institut européen de recherche sur la politique de l'eau.

Pour l'un comme pour l'autre, l'humanité vivra bientôt une crise hydrique majeure. Madame Barlow affirme que l'eau est un bien commun qui devrait n'être ni embouteillée, ni exportée, ni tarifée. Quant à monsieur Petrella, il réclame que «l'accès à l'eau soit reconnu comme un droit humain, universel, indivisible, inaliénable et imprescriptible par les Nations Unies». En d'autres termes, tous deux refusent de considérer l'eau comme une marchandise, et défendent l'idée qu'elle est un «don du ciel», qu'elle appartient à tout le monde, et qu'elle doit être distribuée gratuitement.

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