octobre 2009 (15)

vendredi 30 octobre 2009

Développement durable : rappel sur l'histoire d'un concept dévoyé

Jean-Michel BélouveLe langage politique d’aujourd’hui se réfère peu à l’écologie. Nous sommes à l’ère du développement durable. Ces deux vocables associés sonnent bien, ils motivent, car qui ne souhaite que nos sociétés et nos économies ne se développent, à part quelques esprits chagrins chantres de la décroissance ? Et qui se plaindrait d’un développement qui dure ?

L’analyse de ce concept et de ce que les gouvernants en font révèlent une réalité bien différente.

La politique de développement durable est celle d’une évolution étroitement encadrée par l’autorité administrative, qui multiplie les contraintes à l’intérieur desquelles la créativité naturelle aux hommes s’exerce sous un étroit contrôle et se voit imposer mille obstacles. Le prétexte en est la nécessité de sauver notre planète, censée être menacée par les initiatives incontrôlées des irresponsables que sont les humains.

Le domaine du développement durable ne cesse de s’étendre et d’imposer la force des politiques à la plus grande partie de nos activités, si bien que l’on peut craindre que la créativité ne se tarisse, comme elle s’était éteinte sous le régime soviétique ou au temps de la révolution culturelle de Mao Tsé Toung.

Comment en sommes nous parvenus à ce point ?

Lire la suite

mercredi 28 octobre 2009

Autour de Jacques Rueff et du "péché monétaire de l'Occident", séminaire du 18 juin 2009, avec Charles Le Lien

Une conséquence de la crise est de remettre en tête de l'ordre du jour de la réflexion économique le problème de la monnaie, des institutions monétaires, et de leur régulation. Sur initiative de notre ami Philippe Simonnot, l'Institut Turgot a mis sur pied un groupe de travail dédié aux questions  […]

Lire la suite

lundi 26 octobre 2009

Elinor Ostrom: le Prix Nobel qui renouvelle l'approche des politiques environnementales.

Elinor Ostrom, Prix Nobel d'économie 2009Elinor Ostrom, diplômée de sciences politiques, et peut-être à cause de cela, est probablement la plus iconoclaste des prix Nobel d'Economie.

Son apport en matière de politique environnementale est considérable et s'inscrit dans le débat intellectuel qui depuis les années 60 oppose les tenants d'un État réglementaire tout-puissant à ceux qui font confiance au marché et aux droits de propriété.

Garrett Hardin publia en 1968 un article retentissant, dans la revue Science «The Tragedy of the Commons », où, à partir de l'exemple des pâturages communaux de l'Europe médiévale, il démontre que le libre accès à une ressource entraîne inévitablement sa destruction.

Lire la suite

samedi 24 octobre 2009

Les libéraux sont-ils statophobes ?

Gilles DryancourIl y a quelques mois, l'Institut Hayek a rendu public un échange épistolaire entre Henri Lepage et Drieu Godefridi, suite à la publication par ce dernier d'un article dans lequel il dénonçait « la faillite de l'idéologie libérale » (1).

Henri Lepage et moi-même avons souvent discuté des thèmes abordés dans cet échange. Il m'a été suggéré de mettre par écrit mes propres remarques sur la question de savoir si la crise financière traduit aussi, comme l'affirme Drieu Godefridi, la faillite du libéralisme.

Pris par l’analyse de ladite crise, je n’avais pu, jusqu’à ce jour, répondre à cette aimable invitation. La pause estivale m’a, heureusement, donné le loisir de consacrer quelques réflexions aux prises de position de Godefridi. Elles se résument en trois propositions principales qui forment le corps de ce papier :

Lire la suite

jeudi 22 octobre 2009

Ne confondez pas le capitalisme libéral avec le capitalisme "à la Davos" !

Michael Miller de l'Acton InstituteSi nous devions aujourd'hui décerner un prix pour le meilleur article sur le capitalisme écrit à l'occasion de la crise, c'est sans aucun doute à Michael Miller, auteur de "Davos Capitalism: Adam Smith's Nightmare", paru sur le site de l'Acton Institute, le 25 mars dernier, que nous l'attribuerions. Trait_html_691a601b.jpg Dans « La Richesse des Nations », Adam Smith lançait cet avertissement : «  les gens du même métier se réunissent rarement, même pour s’amuser et se divertir, sans que la conversation se termine par une conspiration contre le public ou par quelque procédé visant à faire monter les prix ».

Les manigances des dirigeants d’entreprise au cours de l’année dernière, qui ont provoqué une grave perte de confiance dans les marchés et à des appels à davantage d’intervention étatique, montrent malheureusement qu’Adam Smith avait raison. Malheureusement, le problème va plus loi que Fannie Mae, Freddie Mac, Merrill Lynch, AIG ou toute société qui aurait fait la une des journaux.

Lire la suite

mardi 20 octobre 2009

Le 23 septembre 2009 : "Ce que la PAC nous rapporte réellement" - séminaire à l'Assemblée nationale

En collaboration avec le Groupe d'économie mondiale de Sciences-Po (Paris), dirigé par le professeur Patrick Messerlin, l'Institut Turgot a organisé à l'Assemblée nationale, le 23 septembre 2009, un séminaire dont l'objet était d'évaluer ce que, en définitive, la politique agricole commune européenne rapportait réellement à l'économie française.

Pierre Boulanger, assistant de recherche au Groupe d'économie mondiale de Sciences-Pô (Paris)Le premier intervenant, Pierre Boulanger, assistant de recherche au groupe d'économie mondiale, a résumé l'ensemble des réformes qui, depuis vingt ans, se sont succédées pour modifier le mode de fonctionnement de la politique agricole commune et les techniques d'attribution des soutiens aux agriculteurs.

Il montre que, contrairement aux intentions politiques initiales, ces politiques n'ont guère réussi à modifier l'inégalité de la distribution des revenus au sein de cette profession, puisque 16 pour cent des exploitants continuent de se partager la moitié des aides. De ce point de vue, la PAC est clairement un échec.

Lire la suite

dimanche 18 octobre 2009

La taxe carbone, c'est un peu comme la gabelle d'Ancien régime...

Philippe Jaunet La taxe carbone mobilise nos amis. Les arguments se rejoignent dans leur opposition au projet. Mais chacun apporte sa propre touche personnelle. Philippe Jaunet est un jeune étudiant en faculté de droit de Bordeaux qui s'intéresse notamment aux liens entre la philosophie libertarienne et l'accomplissement de l'état de Droit. Trait_html_691a601b.jpg

L’heure est à la protection de l’environnement. On devrait s’en réjouir, notamment lorsqu’on connaît l’état de dégradation avancé de certaines ressources naturelles, ou certaines disparités inacceptables. Ainsi, trop de gens sur cette terre n’ont pas accès à l’eau potable, et la gestion des ressources existantes requiert indiscutablement des investissements plus importants.

Pour autant, ce ne sont pas les projets concrets de ce genre qui passionnent les écologistes – du moins, les plus médiatiques d’entre eux. Non, ce qui les intéresse, c’est la remise en cause de tout ce qui structure notre existence et, en premier chef, du modèle libéral, qu’ils abhorrent.

Lire la suite

vendredi 16 octobre 2009

Les indices du malheur : une occasion de revenir au réel

Steve HankeDans le sillage de la panique de 2008, la recherche des coupables est devenue à la mode. D’après certains éléments de gauche de la classe qui monopolise la parole, ce seraient le libéralisme, le capitalisme, les spéculateurs, qui auraient provoqué la crise économique.

Aux États-Unis, force politiciens ont enfourché ce dada-là. Le député Barney Frank, président haut en couleur de la puissante Commission des Services financiers à la Chambre des Représentants, s'exprimait de la sorte :

"C'est la fin de l’époque du laisser-faire extrême, du refus des impôts et de la réglementation. Ça s’est complètement évaporé."

Les éditorialistes sont également entrés en action. Par exemple Paul Krugman, chroniqueur du New York Times, a écrit:

"Car plus on se penche sur les origines de la catastrophe actuelle, plus il devient clair que le mauvais tournant - celui qui a rendu la crise inévitable – s’est produit au début des années 1980, pendant les années Reagan."

Lire la suite

mercredi 14 octobre 2009

La fiscalité carbone : incohérente, inutile et désastreuse

Jean-Michel BélouveLorsqu’on dénonce les méfaits de la taxe carbone, on se voit répondre : Les Suédois l’ont bien faite, et ils ne s’en portent pas plus mal.

En effet la Suède, et la Finlande, appliquent une taxe sur les énergies fossiles. La province de Colombie britannique, au Canada, taxe également le CO2. La Suède est particulièrement en évidence, puisque l’impôt atteint 108 euros par tonne de carbone, ce qui équivaut à payer 25 centimes par litre d’essence.

Mise en application dès 1991, au prix de 27 euros la tonne, la taxe n’a pas soulevé la tempête de protestations que nous connaissons actuellement en France.

Lire la suite

lundi 12 octobre 2009

Le 7 octobre 2009 : "Libéral mais non coupable", conférence de Charles Gave à l'Assemblée nationale.



Mercredi dernier, 7 octobre 2009, notre ami Charles Gave était l'invité de l'Institut Turgot ainsi que de l'Institut Euro92, pour la présentation de son dernier livre, publié chez Bourin Editeur, "Libéral mais non coupable ".

Nombreux étaient les amis de l'Institut Euro92 et de l'Institut Turgot qui s'étaient déplacés pour écouter et converser avec Charles Gave. Trop nombreux même, puisque, la salle étant trop petite pour contenir tout le monde, plusieurs dizaines de personnes ont été refoulées par les huissiers de l'Assemblée nationale.

Lire la suite

samedi 10 octobre 2009

Dialogue sur Islam et Libéralisme

Yves Montenay lors d'une réunion à l'Institut Turgot (avril 2009) Le mardi 13 octobre 2009, à 19h30, l'Institut Turgot reçoit Youssef Courbage, Directeur de recherches à l'INED, et Yves Montenay pour une réflexion sur le thème "Islam et ouverture". En avant-propos à cette réunion nous vous invitons à lire ce document où Yves Montenay dialogue avec François Facchini, Maître de conférence à l'Université de Reims, sur les rapports entre Islam, monde musulman et libéralisme. Trait_html_691a601b.jpg

Ce dialogue cherche à cerner les rapports entre d’une part l’islam, les musulmans et leurs pays avec le libéralisme. Nous distinguons d’emblée dans le terme « musulmans » trois idées : la religion, les individus et les pays où ils vivent, d’où les trois parties de ce dialogue.

.

Lire la suite

jeudi 8 octobre 2009

Comment fonctionnent les marchés de droits à polluer : bilan et évaluation

Jean-Michel BélouveA l'approche de la réunion de Copenhague, notre ami Jean-Michel Bélouve explore plus en détails le fonctionnement des mécanismes en jeu. Dans la note ci-dessous il nous explique tout ce qu'il faut savoir sur les marchés d'échanges de permis négociables. Il reviendra ensuite sur l'économie et les conséquences à attendre de la mise en place d'une taxe carbone. Trait_html_691a601b.jpg Lorsque le Protocole de Kyoto fut négocié, les nations membres se sont accordées sur une démarche que le langage populaire qualifia de « principe pollueur-payeur ». Partant de l’hypothèse que l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère conduisait à des élévations de températures globales excessives à long terme, il fut admis que la concentration maximum en « équivalent CO2 » devait se situer aux alentours de 450 ppm (soit 450 molécules de CO2 pour un million de molécules de tous les gaz constituant l’atmosphère). J’ai déjà développé le caractère contestable de cette théorie fondée sur de la pseudoscience ».

Je n’y reviendrai pas. Nous allons donc faire comme si le CO2 et les autres gaz à effet de serre représentent un réel danger pour l’humanité, considérer que cette limite de 450 ppm est la bonne, et évaluer les mesures financières prises pour modifier le comportement des « pollueurs » à l’aulne de ce critère.

Lire la suite

mardi 6 octobre 2009

Dépression ou pas dépression ? Arthur Laffer lance un avertissement

Arthur Laffer Arthur Laffer, le grand gourou de l'économie reaganienne, est de retour avec un article paru dans le Wall Street Journal du 22 septembre 2009 sous le titre : "Taxes, Depression, and Our Current Trouble" .

Arthur Laffer revient sur l'histoire de la Dépression pour nous avertir que, en dépit de tous les gigantesques plans de relance mis en place, et n'en déplaise à Ben Bernanke, le grand spécialiste universitaire de la crise, nous ne pouvons pas encore définitivement exclure le pire.

Sa grande crainte est qu'un nouveau mouvement généralisé de hausse des prélèvements fiscaux, fût-ce de manière subreptice, ne vienne casser le processus de reprise et entretenir la crise, comme ce fut le cas dans les années trente. Trait_html_691a601b.jpg

Les années 1930 sont devenues la seule référence historique de la politique monétaire aujourd'hui. Au cours des 12 derniers mois, la Réserve fédérale a plus que doublé la base monétaire (les réserves des banques plus la monnaie manuelle en circulation).

Lire la suite

dimanche 4 octobre 2009

Une vision iconoclaste de l'histoire économique : les "valeurs" aux origines de la croissance.

Deirdre McCloskey à Stockholm, Août 2009Deirdre McCloskey est une économiste libertarienne américaine connue pour ses travaux non conformistes en matière d'histoire économique, mais aussi de critique méthodologique.

Son exposé présenté lors de la réunion européenne de la Société du Mont Pélerin à Stockholm, à la mi-août ( sous le titre : ''pourquoi les économistes ne peuvent pas expliquer la révolution industrielle'" ) remet en cause bien des schémas reçus, même parmi ceux auxquels nous adhérons. Il vaut la peine d'être lu et discuté.

Trait_html_691a601b.jpg

Nous devons expliquer l'enrichissement étonnant des pays bourgeois de 1800 à nos jours, tel que le passage de la Norvège de 3 $ par jour en 1800 à 137 en 2006. L'explication ne peut être d'ordre économique. Si cela était une affaire de commerce, d'investissement, d'incitations économiques – le phénomène serait apparu plus tôt, ou en d'autres endroits.

Lire la suite

vendredi 2 octobre 2009

Retraites : il n'y a aucun avenir pour un système fondé sur la répartition

Jacques GarelloVous connaissez l'histoire : un noctambule éméché a perdu ses clés de sa voiture et les cherche sous un réverbère. « C'est ici que vous les avez perdues ? », demande un passant. « Non, mais ici il y a de la lumière. »

En matière de retraites, on n'a jamais cherché la solution là où elle est réellement. Certes, je comprends la colère des assurés. On leur dit : « Travaillez plus longtemps, cotisez davantage, et si vous le pouvez souscrivez à un plan d'épargne. »

Pourquoi leurs droits acquis, payés par les cotisations de toute une vie, sont-ils remis en question ?

Certes, je comprends aussi la bonne volonté du gouvernement, du patronat et de certains syndicats : à travers la réforme de l'âge de la retraite, du travail des seniors, ils cherchent à rééquilibrer les finances de l'assurance-vieillesse, et il est méritoire et courageux d'ouvrir enfin un dossier explosif.

Lire la suite