avril 2009 (9)

mercredi 29 avril 2009

Faut-il réglementer les rémunérations des grands patrons ?

Victoria Curzon-PricePour analyser correctement la crise économique qui nous frappe, afin de concevoir des réglementations pour éviter qu’elle ne se répète, il faut impérativement distinguer les causes de la maladie de ses symptômes. Actuellement, nous courrons un grand risque de les confondre et d’adopter des remèdes inappropriés, voire nocifs. Tel est le cas, il me semble, du durcissement de la réglementation en matière de salaires actuellement en discussion devant de nombreux parlements.

Très brièvement, les causes du désastre financier actuel sont à chercher auprès de la politique monétaire laxiste de Mr. Alan Greenspan, poursuivie sans interruption depuis sa nomination en 1987 jusqu’en décembre 2005, mais qui a pris une tournure particulièrement vertigineuse après le 11 septembre 2001. Quatre années de taux d’intérêt réels négatifs, un torrent de dollars et un multiplicateur bancaire incompressible soutenu par la fameuse « exubérance irrationnelle » des marchés (le terme même de son instigateur !) a eu raison de la prudence normale des banquiers, mais a surtout détruit la « vérité des prix » sur tous les marchés.

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dimanche 26 avril 2009

La malhonnêteté des banquiers centraux

Steve HankeÁ défaut d'autre chose, la crise financière actuelle est en train de produire des tonnes d'éléments qui confirment la règle "des 95%" : à savoir que 95% de ce qui se publie ou se dit de l'économie ou de la finance est soit faux soit dépourvu de pertinence.

Une partie du problème vient des banquiers centraux, des ex comme des actuels.

Ils font des heures sup pour échapper à toute responsabilité d’avoir créé cette crise.

Leurs racontars font penser à l'histoire militaire.

L'histoire militaire, rappelez-vous que ce sont les vainqueurs qui l’écrivent.

Pour l'histoire économique, dans une certaine mesure, ce sont des banquiers centraux qui s’en chargent.

Et dans les deux cas, il vous faut prendre la version officielle magno cum grano salis.

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mercredi 22 avril 2009

G20 : attention aux réglementations toxiques

Alain MadelinAu G20 de Londres, il n'y a pas eu de big-bang de la refondation du capitalisme, mais une moralisation et quelques aménagements. Pourtant, ce sont bien les régulations et les interventions toxiques des États et des banques centrales qui ont généré et amplifié la crise et non la folie de marchés laissés à une soi-disant "autorégulation". Aux réglementations tatillonnes il faut préférer des principes de responsabilité plus clairs. Si des banques sont trop grosses pour faire faillite, il faut en limiter la taille ou les métiers.

Le big-bang de la refondation du capitalisme a fait pschitt. Certes, en imposant l'enjeu de la lutte contre les paradis fiscaux — qui ne sont pourtant pour rien dans la crise financière —, les dirigeants du G20 réunis à Londres ont pu montrer à l'opinion qu'ils étaient déterminés à « moraliser » le capitalisme. Mais le paquet réglementaire du G20 se limite à quelques aménagements de bon sens.

Il est vrai que la prudence s'impose, tant la responsabilité des régulateurs et des superviseurs est grande dans cette crisebanques sont trop grosses pour faire faillite, il faut en limiter la taille ou les métiers.

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samedi 18 avril 2009

Paradis fiscaux : les boucs émissaires de la crise

Me Patrick SimonLe G20 a annoncé, parmi les différentes mesures préconisées pour combattre la crise, la publication d’une liste de paradis fiscaux et l’engagement de prendre des sanctions contre eux s’ils ne coopéraient pas fiscalement.

Tout le monde ou presque, de la gauche à la droite, se félicite de cette tonitruante dénonciation et crie « haro sur le baudet ». Non seulement les îles Caïmans, Jersey, Panama, Macao, le Lichtenstein sont cloués au pilori comme étant les coupables d’où nous vient tout le mal, mais encore des pays connus et sérieux tels que le Luxembourg, la Suisse et même l’Angleterre subissent l’anathème. Derrière toute cette affaire se dissimule la stratégie mondiale du grand retour de l’Etat.

Depuis en effet au moins une vingtaine d’années la concurrence fiscale entre les Etats a placé les Etats qui étaient les plus chers, les plus dispendieux, les plus pesants, bref les plus socialistes en difficulté : puisqu’il était désormais légal en Europe d’aller travailler ou placer ses capitaux dans les Etats à fiscalité plus légère tels que la Belgique, l’Angleterre, le Luxembourg ou l’Irlande, les Etats à fiscalité plus lourde comme la France, l’Allemagne ou certains pays scandinaves sont devenus moins attractifs pour les gens dynamiques et entreprenants.

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mercredi 15 avril 2009

Environnement : ne pas abandonner le navire du marché.

Max Falque à un séminaire EIN (European Ideas Network)Terry Anderson du Property and Environment Resarch Center-PERC vient de publier un excellent plaidoyer (voir ci-dessous) pour ne pas céder à l'hystérie collective consistant à enterrer le libéralisme au profit d'un retour à un socialisme d'intensité variable.

J'attire l'attention des lecteurs du site Turgot sur ce document, car le message qu'il véhicule est particulièrement opportun pour la France qui n'a accepté le marché qu'à contre coeur, et qui se réjouit bruyamment, par media interposé, d'un retour à la fausse sécurité d'un état providence impécunieux et impuissant.

En matière environnementale ce retour en arrière est d'autant plus grave que la solution des  problèmes à venir passe de moins en moins par la réglementation (command and control) et de plus en plus par le recours à la gamme variée des droits de propriété et au marché.

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dimanche 12 avril 2009

Florin Aftalion, le 30 mars 2009 : Le mythe du New Deal

Qui a déclaré : « Nous avons essayé de dépenser de l’argent. Nous dépensons plus que nous n’avons jamais dépensé et ça ne marche pas…Nous n’avons jamais tenu nos promesses…Après huit années au pouvoir nous avons autant de chômeurs que lorsque nous avons commencé…Et une dette gigantesque en plus ! »  […]

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mercredi 8 avril 2009

Le G20 : printemps du droit international ?

François EwaldLondres (G 20), Strasbourg (Sommet de l’Otan), Prague (Conseil de l’Europe), dans ces trois capitales de la vieille Europe la mondialisation a pris un nouveau sens. L’euphorie qui s’est emparée des chefs d’Etats témoigne de ce qu’ils ont été eux-mêmes surpris de ce qu’ils ont découvert comme devant former le cadre de leur coopération commune future. Que s’est-il donc passé qu’ils n’avaient eux-mêmes anticipé ?

La mondialisation a changé de statut : elle est passée d’un état de fait, brutal, dérégulé, égoïste, violent, parfois sanglant, - un peu à l’instar de l’état de nature des philosophes politiques - , à celui d’état de droit, promesse de nouveaux jeux coopératifs.

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dimanche 5 avril 2009

Plans de relance et stimuli économiques (1): l'illusion de l'action

Gilles DryancourFace à la crise économique, les Etats-nations multiplient les annonces de plans de relance (1). Ces plans obéissent à l’idée qu’il faudrait traiter l’éclatement de la bulle financière comme une maladie dépressive et administrer au marché un puissant stimulant. Bien considéré, le théorème de la stimulation physiologique, du corps économique, est un concept-piège. Il nous enferme dans une vision clinique de la crise où l’Etat s’affirme comme le médecin, alors qu’il fait systémiquement partie de la maladie.

Nul n’est besoin, ici, de longues analyses pour s’en convaincre. Il suffit pour cela de rappeler, brièvement, quelques-uns des grands déséquilibres monétaires, engendrés par l’intervention publique. Le plus manifeste résulte du taux de change fixe, mis en place par les autorités monétaires chinoises, entre le RMB chinois et le dollar. Cette parité-fixe vise au soutien des exportations chinoises qui représentent plus de 40% du PIB de la Chine. La parité-fixe empêche la hausse du RMB, ce qui pérennise le déficit commercial entre la Chine et les Etats-Unis.

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jeudi 2 avril 2009

Vive la déflation !

DeflationLes politiques actuellement menées par la FED, mais aussi la banque d'Angleterre et du Japon tendent à essayer de faire redémarrer l'économie par augmentation de la quantité de monnaie en circulation, pour empêcher à tout prix l'arrivée de l'ennemie publique n°1, j'ai nommé la déflation.

La grande peur déflationniste

Si l'on en croit la plupart des économistes en vue qui hantent les plateaux des journaux télévisés et inondent les pages roses du figaro de leur savoir, il n'y aurait rien de pire que "le spectre de la déflation".

Selon ces analystes, qui pour la plupart bénissent les plans de relance, une baisse des prix durable et généralisée des biens et services pousserait les ménages à cesser de consommer, car tout serait moins cher demain, et multiplierait les chômeurs car les entreprises endettées ne pourraient pas faire face à leurs échéances dans un environnement où leurs marges se contractent. De plus, les salaires ne s'ajustant pas linéairement à la baisse (demandez aux employeurs qui veulent diminuer le salaire de leurs employés si c'est simple), l'ajustement se ferait de manière plus brutale: les entreprises qui ne pourraient pas faire les gains de productivité nécessaires au maintien de rémunérations élevées licencieraient massivement.

Cette description apocalyptique d'un monde où les prix provoqueraient des catastrophes en baissant heurte le sens commun. La baisse des prix ne serait pas une bonne nouvelle ? Comment croire à un tel paradoxe sans y regarder de plus près ? N'y aurait-t-il pas erreur tant sur le diagnostic que sur les remèdes ?

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